« Les guerres sont gagnées sur les champs d'entraînement, pas sur les champs de bataille. »
Général Philip Sheridan
Les membres de l'Ordre du Phénix était tous réunis dans le salon de leur quartier général, pour la première fois depuis longtemps. Ils ne se réunissaient pas toujours ensemble, par manque de temps, chacun avait ses obligations, mais si Dumbledore avait décidé de le faire, il avait certainement une bonne raison.
Toute le monde l'attendait, des affaires à Poudlard l'avait retardé et certains, en particulier les maraudeurs, commençaient à s'impatienter.
—Le nombre de retenue que je me suis pris parce que j'arrivais en retard en cours ! Si j'avais su que le directeur était comme moi…
Comme pour appuyer les dires de Sirius, Dumbledore fit son entrée à cet instant précis. Il salua tout le monde avant de commencer.
—Avant que je ne vous parle plus en détails des missions. Emmeline, peux-tu nous faire le compte rendu de la tienne ?
Emmeline Vance prit la parole sous les yeux penseurs d'Hermione. La sorcière était l'une des seules opposantes à Voldemort à avoir survécu à la première guerre des sorciers, mais Hermione ne lui avait que très peu parlé. Elle était décédée en 1996, sa mort fut un grand choc pour tout l'Ordre.
—Les mangemorts commencent à parler de l'Ordre, bien qu'ils pensent que nous ne sommes que des petits opposants. Cependant, ils se méfient de nous, la bataille d'Oxford Street les a interpellés, ils se demandent comment nous avons eu cette information. Cependant ils ne nous prennent pas totalement au sérieux non plus.
—Ils vont envoyer des espions.
Tout le monde se retourna vers Hermione qui se sentit obligée de se justifier.
—Je ne voulais pas t'interrompre, mais Voldemort est intelligent, même s'il pense que nous sommes pas de tailles à lutter contre lui, il ne prendra pas le risque de nous laisser tranquille. Il voudra savoir ce qu'on connaît sur lui, ce que l'on ne sait pas, qui fait partie de l'Ordre, qui peut potentiellement nous trahir, qui l'a déjà fait. Il y a peut-être déjà des espions parmi nous.
La voyageuse du Temps se contrôla pour ne pas fixer Pettigrow. Elle dut recourir à tout son contrôle pour le faire mais elle réussit.
—Personne n'est encore venu me voir dans mon bureau pour faire partie de l'Ordre, intervint Maugrey.
—Tout le monde n'est pas aussi direct que moi.
—Elle a raison. Cela peut arriver un jour, fit Frank
—Qu'est-ce que tu proposes ?
—Faire passer les nouveaux arrivants sous veritaserum.
La proposition d'Hermione resta suspendue dans le vide, la plupart la regardait avec des yeux ronds, excepté Maugrey et Dumbledore qui avaient gardé leur visage impassible et Remus qui en avait discuté avec Hermione.
—Mais... c'est illégal !
—Dorcas, loin de moi l'idée de te faire sortir de ton monde, mais nous sommes dans une association illégale, soupira Hermione.
—Je doute sérieusement que les mangemorts ne soient pas immunisés contre le veritaserum, intervint Sirius.
Ce fut Remus qui prit les devants et sortit une petite fiole de sa cape. Il la montra à tout le monde qui n'y comprenait pas grand chose.
—Ceci est du veritaserum amélioré, ils ne peuvent pas être immunisés contre puisque c'est nous qui l'avons créé.
—Êtes-vous sûrs que ce n'est pas dangereux ?
—On l'a testé sur plusieurs personnes, il a toujours fonctionné. Immunisées avant ou non. Je comprends cependant que vous ne vouliez pas le tester par vous-mêmes et nous croire.
—Il y a aussi plusieurs autres points importants, la maison n'est pas assez protégée. Il suffit de quelques sorts pour pouvoir entrer. Pour un quartier général, ce n'est pas très sûrs.
—Que proposez-vous ? demanda Dumbledore à l'assemblée.
—On pourrait utiliser le fidelitas, proposa Alice.
—Non !
Remus avait crié avant même qu'il ne s'en rende compte. Il détestait ce sortilège, rien que l'entendre dire lui donnait la nausée. Lorsqu'ils avaient dû le reproduire au Square Grimmaurd, cela avait été une torture, pour lui comme pour Sirius. La mort de James et Lily les avait profondément traumatisés et elle était en partie due à ce sort et cela, il ne pouvait le revivre. Hermione lui posa délicatement une main sur son bras et le pressa légèrement.
—Ça va aller, Rem'. Dumbledore sera le gardien secret, il ne nous trahira pas comme Il l'a fait. Tout le monde sera en sécurité, personne ne mourra à cause de ce sort.
Les sorciers présents les regardaient étrangement, mais Merlin merci, Maugrey changea rapidement de sujet. Ils embrayèrent sur les missions à venir pendant qu'Hermione essayait de réconforter Remus.
—Miss McKinnon, Mr Londubat et Miss Evans, vous serez chargé de repérer leur quartier général. Cela est d'une importance capitale pour la suite des événements et—
—Inutile. Leur quartier se trouve en Angleterre, à cinquante kilomètres de Boston, dans un manoir appartenant aux Black, intervint Remus.
—Comment savez-vous ça ?
—Lorsque j'ai transplané il y a quelques jours, il jeta un regard entendu aux maraudeurs, j'ai atterri dans une prairie et il se trouve que j'ai senti une empreinte magique. Je n'ai pas pu résister à aller un coup d'œil. Oui je n'ai pas respecté les cinq règles d'Helena Grace en temps de guerre, résultat, j'ai été blessé, ne faites pas ça, dit-il aux maraudeurs. Je disais que j'y suis allé et ils ne semblent pas craindre le fait d'être découvert puisque peu de sortilège le camouflait. J'ai vu Voldemort en compagnie de Rabastan, Rodolphus et Bellatrix Lestrange.
—Pourquoi ne pas l'avoir dit avant ?
—J'étais blessé. Je savais qu'il y avait une réunion ce soir, cela pouvait attendre.
—C'est étrange tout de même, de trouver aussi facilement leur repère.
—Je pourrais vous faire transplaner, mais je pense qu'ils ont d'or et déjà renforcé les protections.
Remus se tut et observa ses camarades, qui avaient pour la plupart un regard suspicieux. Il savait bien sûr que les mangemorts résidaient là-bas, le changement d'époque n'avait pas impacté cela, mais il ne pouvait décemment pas le leur révéler.
—Bien, si cette mission est faite, vous irez en repérage avec Monsieur Lucas, décida Dumbledore.
—Les Prewett et Vance, vous serez chargé de surveiller les trafics d'objet de magie noire dans l'allée des embrumes. Le bureau des aurors ne pourra pas vous le reprocher puisque vous enquêterez aussi sur des affaires. Caradoc et moi seront à la recherche du moindre petit problème relatant de magie noire et nous vous enverrons sur place. Black, Potter, Lupin et Pettigrow, vous espionnerez les mangemorts et ferez des rapports bi-hebdomadaire à Albus et moi. Quant à vous trois, dit Maugrey en désignant Alice, Dorcas et Lily, vous renouvellerez le stock de potions de soin, de vérité, toutes celles dont on a besoin. Vous serez aussi de garde, ce qui veut dire que s'il y a une attaque, vous nous envoyer un patronus et vous transplaner immédiatement sur les lieux de l'attaque.
—Quoi ? Mais c'est trop dangereux, j-
—Pas de discussions Potter. Chacun sait à quoi il s'engageait en venant ici.
Hermione attendait patiemment son tour, mais elle se questionnait. Les missions étaient répartis, tout le monde avait eu quelque chose à faire, excepté elle. Elle sursauta lorsqu'elle entendit la voix froide de Maugrey l'appelait.
—Grace, dans mon bureau, tout de suite.
Elle le suivit alors, jetant un regard à Remus où elle pu lire sur ces lèvres « qu'est ce que tu as encore fait ? » Elle haussa les épaules et entra dans la pièce où Dumbledore et Maugrey venaient d'arriver. Ce n'était pas vraiment leur bureau à proprement parlé, mais personne d'autre ne l'utilisait, l'auror avait donc décidé de se l'approprier.
—Premièrement, tu vas apprendre aux garçons à faire une filature correcte, je doute qu'il l'ait appris. Mais cela ne devrait pas te prendre plus de quelques jours. Ta mission principale, cela peut paraître étrange, mais nous ne la connaissons pas.
—Excusez-moi ? Je ne suis pas sûre de comprendre ce que vous voulez dire.
—Minerva m'a parlé d'un moyen de détruire Voldemort, que seuls Monsieur Lucas et vous connaissez.
—Je ne vous dirais pas de quoi il s'agit.
—Nous l'avions deviné. C'est pour cela que nous vous laissons carte blanche pour accomplir votre mission. Pas besoin de rapport journalier ou hebdomadaire, rien.
—Cela prendra plusieurs semaines, peut-être plusieurs mois.
—Vous devrez cependant revenir ici au minimum une fois par semaine, s'il y a une attaque, vous devez rappliquer immédiatement.
—Vous le laissez vraiment faire mes recherches seule de mon côté ?
—Une aide vous sera toujours apportée si vous en avez besoin.
Ce fut une Hermione toute abasourdie qui sortit du bureau et fit signe à Remus de la suivre, elle lui annonça d'une voix blanche ce qu'elle devait faire, sous les yeux incompréhensifs de celui-ci. Ce n'était clairement pas dans les habitudes de Dumbledore de faire cela.
—Vas-tu enfin le dire ce que tu as derrière la tête, Albus ? On ne sait pas ce qu'elle prépare. Tu ne vas pas la laisser seule, n'est-ce pas ?
—Une personne la suivra, ils ne la connaissent pas. Elle fait partie de l'Ordre mais n'a pas encore été officiellement présentée. Je trouverais ce qu'elle fabrique. Ils ont beaucoup trop de secrets pour seulement deux personnes.
Pendant ce temps-là, les personnes encore présentes dans la salle commencèrent à parler.
—C'est incroyablement sexiste ! s'indigna Alice. Vous, les hommes, vous allez en mission, et nous, les femmes, on doit rester ici, à attendre toute la journée et à jouer les infirmières pour soigner les blessés. Je fais une formation d'auror par Merlin !
—James n'a pas l'air de penser comme toi, il ne voulait pas que Lily fasse ça.
—Il n'a rien à m'interdire de toute façon. D'ailleurs, pourquoi tu ne voulais pas que j'y aille ? demanda la sorcière.
—S'il y a une bataille, tu seras la première sur place. Il y aura une cinquantaine, une centaine de mangemort, et vous serez les premières là-bas. C'est très dangereux.
—Et quatre-vingt-dix pourcent de notre temps, nous serons dans cette maison, à rien faire.
—Comme tu l'as si bien dit, tu as tes études, tu devrais te concentrer sur elles. Plains plutôt Lily.
—Oh, je ne vais pas m'ennuyer, je ferais des potions, je lirai des livres de médicomagie.
Hermione, à l'aide d'un sortilège d'attraction, saisit son mannequin d'entraînement et s'entraina sous les yeux des jumeaux Prewett. La plupart des membres de l'Ordre était parti dès la fin de la réunion, mais les deux sorciers lui avaient proposé d'évaluer son niveau en duel tant qu'ils étaient présents au QG. La sorcière alluma le programme pour les duels sorciers uniquement et s'échauffa en quelques sorts, avant de commencer à attaquer sérieusement. Elle enchaînait les sorts avec une rapidité déconcertante, elle était douée, cela était un fait. Fabian et Gideon la regardaient, essayant de voir quels points étaient à travailler en particulier.
Soudainement, Hermione lâcha sa baguette, elle n'avait pourtant pas prit de sortilèges. Elle tomba quelques secondes plus tard et du sang commença à couler de son bras et de sa nuque. Les jumeaux s'approchèrent d'elle, l'air inquiet.
—Sang-de-bourbe, tu vas mourir ! hurla-t-elle avant que de ses lèvres ne s'échappent un cri de souffrance.
Elle hurlait de tout son être, saignait abondamment, avant de vociférer de nouvelles atrocités.
—Endoloris !
Les cris d'Hermione avaient interpellé les occupants de la maison, en particulier les maraudeurs. Ils virent avec stupéfaction Hermione se tordre de douleur sur l'herbe, un mannequin jetant des sorts à tout va.
—Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda James.
—Elle combattait et elle est tombée d'un seul coup. Elle a commencé à saigner et à crier.
—Elle recommence.
—Qu'est-ce que tu veux dire ?
—Elle a fait une crise comme ça en métamorphose. Elle hurlait dans toute la classe, c'était terrifiant.
—Et vous aviez fait quoi ?
Avant qu'un des maraudeurs n'ait pu répondre, le mannequin, que les sorciers n'avaient toujours pas arrêté, lança un doloris sur Hermione qui hurla encore plus.
—Comment on arrête ce truc ?
Les deux Prewett s'approchèrent de lui, mais il bougeait trop pour pouvoir le désactiver manuellement.
—Qu'est-ce qu'il se passe par ici ? Par Merlin...
Remus se précipita vers Hermione, qui hurlait et se débattait toujours. Elle hurlait de douleur, criait des « sang-de-bourbe » et des « endoloris ». Il vit le mannequin d'entraînement s'approcher d'eux et le mit hors d'état de nuire à l'aide d'un bombarda.
—Faites quelque chose, vous ne pouvez pas la laisser comme ça ! Elle souffre, souffla Fabian, paniqué.
—On ne peut rien faire, attendre que ça passe.
—Combien de temps cela avait-il prit la dernière fois ? demanda Remus.
—Plus d'une heure.
—Elle a hurlé pendant une heure et vous ne savez pas pourquoi ?
—D'ailleurs, pourquoi elle saigne autant ?
Voyant que Gideon s'approchait de son amie, Remus l'arrêta d'un geste.
—Ne touchez pas ces blessures. Elle ne vous le pardonnerait jamais, l'avertit le sorcier. Vous n'êtes pas obligé de rester, elle va crier pendant un bon moment.
—On pourrait lui jeter un silencio.
—Sirius ! le réprimanda Lily.
—Cela ne fonctionne pas. Rien ne peut la faire sortir de cette crise.
—Même pas un aguamenti ?
Remus lança un petit sourire contrit à Lily, tout en lui expliquant qu'il avait déjà essayé cela avec Minerva. Il s'assit à côté d'Hermione, la maintenant du mieux qu'il pouvait, évitant ainsi qu'elle se blesse en se débattant. Elle hurlait encore et encore sous les yeux à la fois choqués, empathiques et horrifiés de l'assemblée.
—Pourquoi elle réagit ainsi ? Qu'est-ce qu'il a pu se passer pour être ainsi.
—Espèce de sale sang-de-bourbe, le seigneur des ténèbres te fera payer d'être venu au monde ! Lord Voldemort vous exterminera tous !
—Cela à un rapport avec vous-savez-qui, affirma Dorcas.
—Non.
Toutes les personnes présentes, excepté le voyageur du Temps, se retournèrent vers Sirius, des airs d'incompréhension ornant leurs visages.
—Pourquoi tu dis ça Patmol ?
—Regardez-la, les expressions qu'elle a sur le visage, la façon de dire sang-de-bourbe, je ne connais pas vous-savez-qui, mais ce n'est pas lui que je retrouve en elle à cet instant. Mais je ne vois pas par quel sort elle peut être possédée, par elle. Comment s'est-elle retrouvée entre les griffes de ma cousine ?
Remus ne lui répondit pas, il savait que son absence de réaction confirmerait les propos de Sirius. Hermione avait été torturée par Bellatrix Lestrange. C'était un fait. La jeune femme commençait d'ailleurs à fatiguer, son corps le montrait, mais elle ne s'arrêtait pas. Enfin, le coup de grâce fut donner.
—Avada Kedavra !
—Ses yeux, ils ne sont plus vitreux, observa Fabian.
—Nous n'avons pas l'épée, ce n'est qu'une copie, une simple copie. Harry ! Ron !
Remus se pencha vers la jeune femme et murmura lentement « Helena », il ne pouvait faire autrement devant toutes les personnes présentes.
—Qui êtes-vous ? demanda-t-elle, apeurée.
—Hermione, c'est moi, Remus, murmura-t-il pour qu'elle soit la seule à pouvoir l'entendre.
—Mais où sont Harry et Ron, on a été attrapé par les rafleurs, j'ai changé son apparence, pleura-t-elle. Mais, où est Dora ? Elle a accouché ?
—Les événements auxquels tu penses se sont passés il y a presque cinq ans.
—Quoi ! Mais c'est impossible... J'étais avec Harry, bredouilla la voyageuse du Temps.
Hermione semblait complètement perdue, ses yeux semblaient chercher une réponse qu'elle ne connaissait pas. Elle avait beau se refaire le film des événements dans sa tête, elle restait bloquée en 1998. Elle observa les personnes aux alentours et son regard tomba sur les jumeaux Prewett, ils étaient roux, quasi-identiques physiquement, mais ce n'était pas Fred et George. Elle continua sur Sirius et Remus, ils étaient bien plus jeunes que ceux qu'elle avait connu, et puis, comment se faisait-il qu'il y avait deux Remus ? Enfin, elle vit Harry et Ginny, se tenir la main dans le noir. Elle s'habitua à l'obscurité et vit que ce n'était malheureusement pas eux. Ginny était plus grande, avait le visage plus rond. Harry, lui, avait les yeux émeraudes.
Tous ses souvenirs lui revinrent d'un seul coup, Dobby, la chaumière aux coquillages, Gringotts, la bataille de Poudlard, les Weasley, Harry, Neville, Ron, Remus, Ella, Alex, les gardiens, Poudlard, le voyage dans le Temps.
—Par Morgane, fut la seule chose qu'elle put dire avant de s'évanouir.
Remus la regarda, les larmes aux yeux. Il les ravala puis la prit délicatement dans ses bras, il monta dans leur chambre, soigna ses blessures et l'endormit à l'aide d'un sortilège. Il aurait pu en faire de même mais en était bien incapable.
Les membres de l'Ordre rentrèrent à l'intérieur, ils n'étaient pas nombreux, Alice et Frank étaient rentrés chez ce dernier, Peter chez ses parents, il ne restait que Lily, James, Sirius et Remus, les frères Prewett ainsi que Dorcas, c'était sa maison après tout. Lily fit du chocolat chaud et en proposa aux autres, Remus se jeta presque dessus, les jumeaux acceptèrent mais les autres déclinèrent poliment.
—Est-ce qu'on a vraiment vu la même chose ? dit Gideon en brisant le silence qui s'était installé.
—Si tu as vu Helena tomber, saigner et crier pendant plus d'une heure alors oui, on a bien vu la même chose, lui répondit son frère.
—Ce qui m'intrigue, c'est comment elle a pu être torturée par la cousine de Sirius. Mais en est-on vraiment sûr que c'est elle ?
—Ça ne fait aucun doute. James, tu l'as déjà vue, elle avait les mêmes expressions.
—La seule fois que je l'ai vu, c'était à son mariage il y a six ans, ça remonte un peu. Et elle n'avait torturé personne ce jour-là.
—Mais être torturée, ce n'est pas rien tout de même.
—Bellatrix n'est jamais loin lorsqu'il s'agit de torturer quelqu'un, encore plus si ce n'est pas un sang pur. Savoir comment elle a pu s'en sortir sans mourir, cela devrait être intéressant à connaître.
—On devrait peut-être voir s'il y a un dossier sur eux au Ministère.
—On l'a déjà fait frérot. Ils sont blancs comme neige. Ils existent bel et bien, mais il n'y a rien sur eux.
—Je pense qu'on devrait garder cet incident entre nous. Ne pas le révéler aux autres membres, intervint Dorcas.
—Y compris Dumbledore ou Maugrey ? ajouta Lily.
La sorcière brune hocha la tête et leur conversation s'arrêta là. Chacun partit se coucher, Fabian et Gideon transplanèrent dans leur appartement mais ne s'endormirent pas tout de suite. Ils aimaient tous les deux beaucoup Helena, bien qu'ils ne la connaissaient pas vraiment, elle avait des connaissances très importantes, était très douée au combat, et même si elle ne le montrait pas souvent, pouvait se révéler très agréable. Helena et son oncle cachait quelque chose et foi d'aurors Prewett, ils allaient découvrir ce que c'était. Ils ne le savaient pas encore, mais neuf personnes s'étaient déjà fait la promesse de le découvrir et la seule personne qui l'avait fait était malheureusement décédée.
Remus, comme les trois jours précédant, était assis sur son lit, à fixer Hermione l'air préoccupé. La sorcière ne s'était toujours pas réveillée, et cela commençait à l'inquiéter sérieusement. Il avait, avec l'aide de Lily, branché des perfusions pour qu'elle soit nourrie un minimum, mais cela ne suffisait pas. En seulement trois petits jours, elle avait perdu du poids et la nature était mal faite, c'était ses muscles qui avaient fondu en premier. Elle qui n'arrêtait jamais de s'entraîner allait probablement en vouloir au monde entier pour cela.
Elle ne voulait pas perdre sa forme physique, c'était ce qui lui restait le plus, son mental avait été fortement blessé de nombreuses fois. Remus s'inquiétait du temps qu'Hermione mettait à se réveiller. C'était la seconde fois qu'il la voyait faire une crise de ce genre, mais la fois précédente, elle s'était parfaitement souvenue de ce qu'elle faisait avant, avait pu leur expliquer, à Minerva et lui, ce qu'il s'était passé, avant de courir vers la forêt interdite. Pourquoi cela était si difficile cette fois-ci ?
Il entendit frapper à la porte et vit les maraudeurs, moins Peter qui était toujours chez ses parents, entrer. Cela lui faisait toujours aussi bizarre de leur parler, alors qu'ils n'avaient pas la moindre idée de la personne à qui il parlait été en réalité l'un des leurs. Ils venaient voir Hermione tous les jours mais au grand étonnement de Remus, ne posaient pas de questions sur leur vie passée.
—Bonjour Remi, commença poliment Remus.
La seule victoire que Remus avait pu tirer de ces trois derniers jours était que les maraudeurs avaient enfin cessé de l'appeler « professeur ». Même si Remi n'était pas son vrai nom, cela créait une barrière de moins entre eux.
—Comment va-t-elle ?
—Aucune amélioration. Je ne sais vraiment pas comment je vais faire pour demain soir.
—Qu'est-ce qu'il y a demain soir ? demanda Sirius sans réfléchir, ce qui lui valut un coup de coude de son meilleur ami.
—Aiie, Cornedrue !
—C'est la pleine lune sombre idiot !
—T'entends ça Lunard ? On dirait Lily. Evans déteint trop sur toi mon pote, tu vas finir par quitter les maraudeurs si tu continues.
—Pour en revenir à Helena, il faudrait lui enlever sa perfusion et l'enfermer dans cette chambre. Il faudrait aussi que vous la surveillez pendant la nuit.
—La transformation pourrait la tuer, n'est-ce pas ?
Les trois autres sorciers se tournèrent vers James, lui jetant un regard noir. Il ne pouvait pas prendre plus de pincettes ? C'était semblait-il trop lui demander.
—Il faudra un jour que je t'apprenne le tact Cornedrue, plaisanta Remus. On le sait tous, mais on ne le dit pas.
—Pour en revenir à votre proposition, je ne peux pas surveiller Helena.
—Mais on sera avec Remus, on ne pourra pas le faire.
—Et vous ne serez pas dans la même pièce, il faudra juste la surveiller depuis le couloir.
—Vous ne comprenez pas. Je suis celui qui l'a mordu.
Les trois maraudeurs ouvrirent la bouche, horrifié. Ils ne s'attendaient vraiment pas à ce genre de révélation.
—Mais... non... Vous êtes contaminé ?
—Oui, Remus. Je suis un loup-garou.
—Mais, qui ? Quand ?
—J'avais quatre ans. Greyback a toujours aimé les enfants.
—Vous avez été mordu par Greyback ? Comme moi.
—Helena me l'a dit. Elle est tellement... Elle ne m'en a jamais voulu et quand je me suis excusé, elle m'a engueulé parce que ce n'était pas grave. Alors que je venais de lui transmettre le fardeau de ma vie.
—Qu'est-ce qu'il va se passer alors ? demanda Sirius. On ne peut pas la laisser seule dans son état.
—Un de vous deux restera avec elle, trancha Remus qui ne laissa passer aucune protestation.
—Lunard...
—Ma décision est prise. J'ai su m'en sortir sans vous pendant dix ans, j'aurais la potion tue-loup et un de vous deux. Ce sera largement suffisant.
—D'ailleurs, comment peut-elle prendre la potion tue-loup ?
—Je ne vous l'avais pas dit ? s'étonna Remus. Elle m'a dit qu'elle était allergique. James, tu resteras avec elle, tu es le plus grand, cela sera plus facile de la maîtriser si nécessaire.
Remus remercia les maraudeurs pour leur générosité, il était fier de ses amis, il ne se rappelait pas d'avoir autant grandi depuis la fin de Poudlard. Lorsqu'il le vivait sous son regard de jeune adulte, il ne l'avait pas particulièrement ressenti, mais désormais, avec vingt ans de recul de plus, il vit que la guerre les avait changés énormément, dès les premiers mois. Le sorcier se fit la promesse de ne pas laisser la même chose qu'il avait vécu se reproduire. Les maraudeurs ne pouvaient être séparé à nouveau. Il devait être celui qui les garderait unis.
