« La vengeance est boiteuse, elle vient à pas lents, mais elle vient. »
Victor Hugo
Hermione Granger était à cet instant précis, passablement énervée. Elle haïssait Dumbledore et Maugrey pour l'avoir envoyée en mission avec les maraudeurs. Jamais elle n'aurait cru que cela serait aussi horrible.
Premièrement, Hermione s'était, selon elle, totalement remise de sa convalescence, mais selon eux, pas assez. Ils se concentraient plus sur elle que sur la mission.
Deuxièmement, ils étaient si maladroit qu'ils semblaient le faire exprès. Pour Pettigrow, elle comprenait, il était déjà du côté des mangemorts et il n'était pas sensé donner des informations sur les mangemorts à l'Ordre, mais pour les autres... Ils étaient pire que Tonks, par Morgane ! Ils ne faisaient aucun effort.
Troisièmement, le supposé mangemort qu'ils suivaient les avaient repérés et les avaient attaqués, ce qui expliquait pourquoi Sirius avait un oeil au beurre noire et boitait. Hermione quant à elle pensait s'être cassé le bras et les maudissait pour cela. Etait-ce si dur d'éviter de rentrer dans la première poubelle qu'ils voyaient ?
Quatrièmement, bien qu'elle ne l'avouerait jamais, c'était le vingt septembre et la veille, elle avait eu vingt-quatre ans. Une année de plus s'était écoulée dans sa vie, une année sans Harry, sans Ron, sans tous ses amis, sans ses parents. Remus avait essayé de la réconforter, mais cela n'avait fonctionné qu'un temps.
—Je vais vous tuer. Je jure que je vais vous tuer, murmura-t-elle entre ses dents aux quatre hommes, penaud.
Ils avaient transplané au QG, en plein milieu d'une mission d'apprentissage ! Personne n'était blessé grièvement, il n'y avait aucune raison d'abréger la mission ainsi. Il avait choisi une personne avec quelques attraits pour la magie noire, mais ils n'étaient pas sûrs qu'il soit un mangemort. Elle n'osait penser à ce qu'il se serait passé si cela était un mangemort confirmé, comme Dolohov ou les Lestrange.
—Qu'est-ce que vous faites là ? demanda Lily.
—Je vais tuer ton petit-ami, je vais tuer ses amis, un par un.
Lily perdit de ses couleurs et grimaça légèrement.
—La mission s'est si mal passée que ça ?
—Tu n'imagines même pas. C'est un miracle qu'on ne soit pas tous morts. On pouvait voir à un kilomètre qu'on le suivait. Je ne sais pas à quoi Maugrey et Dumby ont pensé, mais je vais les tuer aussi.
—Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de t'énerver ainsi.
—Je vais bien !
—Si James n'avait pas été là pour te réanimer après la pleine lune, tu serais morte !
Hermione, bien qu'elle savait pertinemment que Lily avait raison, lui jeta un regard noir et sortit de la pièce en trombe, continuant de pester sur ces incapables que Dumbledore et Maugrey lui avait fourni. Lily attendit patiemment que les maraudeurs entrent dans la maison et les questionna, l'air désespéré, sur ce qu'il s'était passé. Pendant ce temps-là, Hermione réfléchissait à ce qu'elle allait pouvoir faire de ces quatre-là, puisqu'elle n'allait pas être débarrassée d'eux avant un long moment, elle devait les former à suivre des mangemorts et elle le ferait, il fallait juste qu'elle trouve la bonne méthode. Elle aurait bien demandé à Remus, il avait toujours de bonnes idées, il était bien plus pédagogue qu'elle, il avait été professeur pendant deux ans tout de même, mais son ami était en mission et il ne reviendrait pas avant deux jours.
La solution apparut soudainement devant ses yeux, elle savait comment les aider, mais avant, elle allait se venger des maraudeurs. On n'énervait pas Hermione Granger ainsi sans en payer les conséquences.
Le lendemain, Hermione qui avait peaufiné son plan toute la nuit s'habilla rapidement. Elle fit tout ce qu'elle avait à faire pour que sa petite vengeance soit parfaite. Elle s'assit dans un fauteuil et déclancha l'alarme qui retentit dans la maison. Tous les habitants de la maison, à savoir uniquement les maraudeurs à l'heure actuelle, dévalèrent les escaliers et demandèrent ce qu'il se passait. Hermione ne put retenir un sourire les voyant là, en caleçon et les cheveux en bataille.
—Règle numéro un, ne jamais oublier sa baguette. Des mangemorts auraient pu entrer dans la maison et vous auriez été tué en moins de deux. Ton caleçon est magnifique Potter, finit-elle en souriant, désignant le caleçon rouge orné de vifs d'or du jeune homme.
—Keçkispasse ? marmonna Sirius dans un murmure peu compréhensible.
—Vous n'avez pas vu le soleil dehors ? Il est dix heures, on part en mission, après le désastre de hier, on ne peut se permettre d'attendre plus.
—On va... s'habiller.
Remus n'avait pas pu finir sa phrase qu'ils portaient tous les quatre un tee-shirt et un short. James indiqua à Hermione que même s'il était en septembre, il faisait tout de même froid. C'était l'Angleterre, pas l'Espagne !
—Vous exagérez ! Le soleil est levé depuis un moment, il est dix heures !
—Tu nous laisses manger avant ?
Hermione leur lança un sac rempli de croissants et de pain au chocolat en souriant
—Des croissants ? Où as-tu trouvé des croissants à Londres ?
—On trouve de tout à Londres je te signale. Sinon, je suis ravie de t'apprendre que le transplanage existe. Paris est une très belle ville.
Avant que les maraudeurs n'ait pu répondre, Hermione les saisit tous et transplana dans une petite ruelle. La rue était noire, il faisait très froid et les sorciers regardaient la jeune femme se demandant ce qu'ils faisaient là.
—Tu nous as emmené où ? En Russie ?
—Nous sommes toujours au Royaume-Uni, Black.
—Mais pourquoi il fait nuit ? Ça caille !
Remus, qui était le plus sensé des quatre amis, jeta un tempus et fit avec stupéfaction l'heure apparaître.
—Quatre heures dix-sept ? Tu nous as dit qu'il était dix heures. Il faisait jour à Londres !
—Il est quatre heures du mat', on est en short, on a pas mangé, il doit faire moins quinze !
—Je vous ai apporté de quoi manger, et nous ne sommes pas en Russie, alors non, il ne fait pas moins quinze degrés à Londres en septembre.
—Mais pourquoi ?
—Pourquoi ? Vous avez eu la même journée que moi hier ? Je suis censée vous former à la guerre, à suivre les ennemis, et cela peut se faire la nuit. Et oui, j'ai prit un malin plaisir à vous réveiller aussi tôt, à déclencher l'alarme d'urgence, mais vous étiez insupportable. Maintenant, vous avez trois minutes pour manger et on y va.
Étonnement, ils obéirent et engloutirent leur petit déjeuner. Hermione n'avait pas mangé, au milieu de la nuit, elle en était bien incapable, mais cela n'avait pas l'air de déranger les maraudeurs.
—On y va.
—Quel est ta solution miracle pour nous aider ?
—Vous avez des talents que la plupart des sorciers ne possèdent pas. Vous avez beaucoup de ressources mais ne les utilisez pas à bon escient.
—De quoi tu parles ? demanda Peter.
—Qu'est-ce qui vous rend unique et est illégal, donc quelque chose que les mangemorts ne connaissent pas.
—Tu veux parler des animagi ? comprit James. Mais Remus n'en est pas un et—
—Il faut que vous utilisiez vos talents.
—Tu sais ce qu'on est comme animal ? Mais comment ?
—Je vous ai déjà vu transformé, dit-elle, ce qui était vrai pour Peter et Sirius, même s'ils avaient près de quinze ans de plus.
—Pettigrow et Black, vous pourrez vous fondre dans la masse, personne ne remarquera un chien errant et un rat. Potter, ton cerf n'est pas très discret, mais si les mangemorts sont proches d'une forêt, tu devrais être là-bas en priorité. Lupin, tu n'es pas animagus, mais vous avez d'autres ressources. Pettigrow, suis la personne que tu vois là-bas. Tu dois voir s'il porte la marque et en apprendre plus sur lui. Vas-y maintenant.
Elle tendit ensuite la cape d'invisibilité de James à Remus avec un sourire.
—Tu devras être extrêmement vigilant, faire attention à ne rentrer dans personne, mais cela ne devrait pas être trop compliqué, dit-elle à Remus.
—Comment as-tu pris ma cape ?
—Je suis allée récupérer certains de vos vêtements pour aujourd'hui, la cape était à côté.
—Comment as-tu connu la cape ? On n'en a jamais parlé à personne.
—Vous m'êtes rentré dedans la dernière nuit de l'année.
—Tu l'as su avant, quand tu as donné la potion à Lunard, tu nous as dit de ne pas l'utiliser.
—Je vous ai dit que je vous ai vu vous transformer en animagi, je vous avais vu enlever la cape avant.
—On aurait pu se cacher sous un sort, les capes d'invisibilité sont très rares.
—Je connais l'existence des Peverell. Je connais l'existence des reliques de la mort.
Sa déclaration laissa un blanc avant que Sirius n'éclate de rire.
—T'es tarée. Ça n'existe pas, dit Sirius.
—Je te l'assure Black. Le troisième des frères, Ignotus est enterré à Godric's Hollow. Qui vit à Godric's Hollow depuis des siècles ?
—Bien, admettons que la cape existe, ce que je ne crois pas. La baguette de Sureau. Aucune baguette n'est assez puissante pour être invincible. Et une pierre pour faire revenir les morts ?
—Aucune pierre ne peut faire revenir les morts à la vie. Ce n'est qu'une empreinte, un peu comme des fantômes.
—Tu dis ça comme si tu l'avais eu entre tes mains.
—C'est la vérité. C'est comme ça que je suis devenue amie avec Mary.
—Où est-elle alors ?
—Avec Mary, je l'ai laissée avec elle.
—Intelligent de penser à la seule personne à qui on ne pourra pas poser de questions. Comment expliquer la présence de la baguette ?
—Vous connaissez tous les trois la personne qui la possède. Dumbledore.
Les trois paires yeux s'agrandirent sous le choc. Le directeur de Poudlard, la personne qu'ils admiraient le plus, possédaient la baguette la plus dangereuse du monde magique.
—Il l'a prise à Grindelwald.
—Mais il ne l'a pas tué.
—Un expelliarmus suffit. Il faut désarmer son adversaire. Ne faites pas cette tête, il est hors de question que vous essayez, c'est bien clair ? Ne parlez à personne de cela. Personne. Pas Lily, Pettigrow ou je ne sais qui. Maintenant, assez parler, l'heure est à la mission.
Remus lui demanda ce qu'elle allait faire, il ne pouvait pas savoir qu'elle possédait la même cape d'invisibilité que James et qu'elle était également un animagus, qui pouvait voler qui plus est. Elle attribua à chaque personne un suspect à suivre et se transforma en phénix, pour mieux les observer du ciel. Elle espérait fortement que cela fonctionne. Il fallait qu'ils réussissent pour que la voyageuse du Temps puisse se concentrer sur sa propre mission, détruire les horcruxes.
En cette soirée de mi-octobre 1978, Hermione et Remus se battaient l'un contre l'autre depuis presque une heure. Combat moldu uniquement, ils avaient tous les deux besoin de se défouler après les semaines précédentes. Une attaque avait eu lieu dans une école maternelle moldue la semaine précédente et ils avaient eu du mal à s'en remettre. Personne de l'Ordre n'avait été tué, mais on ne pouvait en dire autant des moldus.
Hermione avait observée un instituteur se faire tuer devant sa classe entière, qui était composée d'enfant de quatre ans, avant de tuer le mangemort qui venait de le faire. Remus avait vu une institutrice être violée dans la cour de récréation, devant ses collègues impuissants, qui ne comprenaient pas ce qu'ils se passaient. Une classe entière avait été décimée, ils n'avaient rien pu faire. Vingt-six enfants de trois ans étaient morts lorsqu'ils étaient arrivés sur les lieux de la bataille. Ils avaient toute la vie devant eux, mais les mangemorts leur avaient injustement retiré ce droit.
Hermione avait à peine parler pendant la scène, elle s'en voulait beaucoup et n'arrivait pas à se pardonner, bien que ce n'était en rien sa faute. Elle avait été invivable, alors qu'elle n'était pas déjà très ouverte aux autres, et tout le monde n'en pouvait plus. Même Remus, qui était pourtant habitué à ses sautes d'humeur, lui avait dit de se calmer avant de lui passer un savon. Ce n'était pas sa faute, il fallait qu'elle arrête de le penser. On aurait dit Harry qui prenait tout le malheur du monde sur ses épaules.
Remus eut alors l'idée de la faire combattre, mais de se défouler sur quelqu'un d'autre que son mannequin, elle le faisait déjà tous les jours. Puisque personne d'autre ne pratiquait le combat moldu et que le combat sorcier ne lui vidait pas assez la tête, il se retrouva à se battre contre elle. Il n'était pas idiot, il savait pertinemment qu'elle était bien plus douée que lui, il avait donc fait en sorte que les coups ne l'atteigne pas directement. Il préférait ne pas se retrouver avec une côte cassée, un oeil au beurre noir et des bleus sur tout le corps.
Cela faisait du bien aux deux amis de combattre, cela pouvait être étrange mais ils adoraient le combat moldu et se battre en duel contre quelqu'un d'autre que le mannequin leur avait beaucoup manqué. Avec tout ce qui s'était passé, ils n'avaient pas pu commencer la chasse aux horcruxes, mais Remus avait un étrange pressentiment, comme s'il fallait qu'ils attendent un peu plus.
—Grace, Lucas, il est vingt-deux heures trente !
La voix de Marlène les surprit et Hermione se prit un dernier coup de poing dans le nez sous le regard désolé de Remus.
—Rem' ! Pas le nez, je vais saigner pendant trois heures.
—Tu es une sorcière, tu n'as pas besoin de sort pour arrêter de saigner du nez.
Les membres de l'Ordre avaient décidé d'un commun accord d'arrêter tous les entraînements à vingt-deux heures trente, maximum. La dernière personne était toujours Hermione, parfois accompagnée de Remus, mais tout le monde s'était mis d'accord sur le fait qu'il ne fallait pas qu'elle se fatigue trop et vingt-deux heures trente semblait toujours très tard pour la plupart d'entre eux, cela était toujours très tard. Hermione, sous l'insistance de Remus, avait bien été obligée d'accepter les conditions de ses camarades, ils avaient raison d'une certaine manière, même si elle ne l'aurait pas avoué devant eux.
—Vous voulez manger quelque chose ?
—Merci Lily, je vais d'abord aller me laver. Je m'occuperai moi-même de mon repas, ne t'en fais pas.
Vingt minutes plus tard, les deux amis revinrent dans la salle à manger et s'installèrent à table. Ils mangèrent en silence, l'ambiance n'était pas à la discussion privée, ils écoutèrent alors les conversations des autres.
—Alors Alice, comment se passent tes études ?
—Pour l'instant, on ne va pas encore en mission, c'est plus de l'apprentissage, du perfectionnement dans ce qu'on connaît déjà, on apprend de nouvelles choses, mais j'ai hâte d'aller sur le terrain, faire des vraies missions.
—Mais ces trois ans d'apprentissage sont essentiels pour être un bon auror. C'est Gideon qui m'en a parlé.
—Oui, mais j'ai tellement hâte d'aller en mission. Et toi, je suis plus qu'étonnée que tu n'ais pas suivi d'étude. Lily Evans qui s'arrête aux ASPICs, c'est plus qu'improbable. Je veux dire, j'ai mes études d'aurors, Dorcas ses études d'histoires de la magie. Mary... aurait continué dans la recherche sur la magie, comme sa mère.
—Je sais, mais quand le professeur Dumbledore nous a proposé de rejoindre l'Ordre du Phénix, je me suis jurée de faire du mieux que je pouvais pour aider. Je ne pouvais pas me concentrer sur mes études en étant à la fois membre de l'Ordre. Quand tout cela sera terminé, je ferais peut-être des études de médicomagie. J'ai toujours aimé cela.
—Et vous les garçons, qu'est-ce que vous ferez ?
—Personnellement, j'ai assez d'argent pour vivre jusqu'à la fin de ma vie sans travailler, mais Lily ne me laisserait pas rester toute la journée à rien faire, alors, je verrais en temps et en heure.
—Je ne sais pas ce que j'aimerais faire. Ma mère m'a reniée, alors il faudrait que je me trouve un travaille, j'avais pensé à auror, mais je ne sais pas si cela me conviendrait.
—Je ne peux pas envisager de faire quoi que ce soit au Ministère avec mon... problème de fourrure comme tu dirais Cornedrue, je ne me vois pas médicomage, contrairement à ce que dit Sirius, et je ne suis même pas sûr que ce serait possible. Alors, je n'en ai absolument aucune idée.
—Je te verrais bien professeur Remus. Professeur Lupin, ça sonne plutôt bien non ?
Remus s'étrangla avec sa nourriture pendant que les autres la regardaient avec des yeux ronds.
—Ça va Rem' ?
Le voyageur du Temps acquiesça, lui jetant au passage un regard noir.
—Un maraudeur professeur ? Tu as complètement déraillé ! éclata Sirius, de rire.
—Helena a raison, Remus est un bon pédagogue, je te verrais bien dans ce rôle.
—Non, c'est Sirius qui a raison, un maraudeur professeur... Ce serait très bizarre, rétorqua James.
—Et puis je ne pense pas que je pourrais. Tout d'abord, quelle matière je pourrais enseigner ? Les professeurs actuels vont encore rester vingt ans !
—La défense contre les forces du mal. Les professeurs ne restent qu'un an, depuis que le poste a été refusé à Tom Jedusor. Peut-être quand on l'aura vaincu, le poste ne sera plus maudit.
—Tom Jedusor ? Qui est-ce ?
Hermione inscrivit les lettres TOM ELVIS JEDUSOR dans l'air avant de les transformer en JE SUIS VOLDEMORT, sous les yeux ahuris des jeunes adultes présents.
—Tu-sais-qui a maudit le poste ? Pas étonnant qu'on ait eu que des profs nuls !
Remus se racla la gorge, sous les rires des filles, qui s'amusaient du tact de James.
—Je ne voulais pas parler de vous, s'empressa-t-il de rétorquer. Vous étiez le meilleur qu'on a jamais eu.
—Dans tous les cas, je ne pense pas que ton "problème de fourrure" pourrait t'empêcher d'enseigner, assura Hermione
—Pourquoi ?
—Tu oublies à qui tu parles, continua Remus.
Dorcas et Alice ne semblèrent pas comprendre, mais Lily ouvrit la bouche, toute étonnée.
—Vous êtes un loup-garou ?
—Vous ne leur avez pas dit ? s'étonna Remus en regardant les maraudeurs.
—Lunard ne voulait pas. Il disait qu'il ne voulait pas que son secret soit révélé et que ce serait peut-être pareil pour vous. Il ne voulait pas qu'on le crie sur tous les toits.
—Ce n'est pas très grave, et oui Lily, je suis un loup-garou.
—Je n'avais jamais rencontré de loup-garou avant d'aller à Poudlard, et voilà qu'il y en a deux dans la même pièce que moi ! s'exclama Dorcas.
—Trois.
—Quoi ?
—Grace est aussi un loup-garou.
—Par Merlin ! Ne vous sentez pas offensés, mes parents étaient un peu conservateur, ils n'étaient pas sang-pur depuis des générations... Mais ils ont toujours mal vu les loup-garou. Mais je ne suis pas d'accord avec eux, après tout, je suis amie avec Remus, continua Dorcas
—Il y a autant de discriminations en Espagne ? demanda Lily, curieuse.
Hermione soupira et acquiesça. Cela la révoltait depuis son plus jeune âge, mais à sa petite échelle elle ne pouvait pas faire grand chose. Elle avait essayé avec les elfes de maison lors de sa cinquième année et cela s'était révélé un pur échec. Elle eut un petit sourire en repensant à cela.
—Qu'est-ce qui te fait sourire ? la questionna Remus.
—Je repense à la S.A.L.E.
—Qu'est-ce que c'est ? Le gouvernement espagnol ?
—Pas du tout. C'est une association que j'ai créé il y a quelques années. Société d'Aide à la Libération des Elfes, j'avais tout d'abord pensé à « Arrêtons les Mauvais Traitements Scandaleusement Infligés à nos Amies les Créatures Magiques et Luttons pour un Changement de leur Statut » mais le nom ne rentrait pas sur le badge. J'étais effarée par l'esclavage des elfes et j'ai voulu créer une association pour lutter contre cela. Les seuls adhérents étaient là parce que je les avais tellement saouler avec ça qu'il avait cédé et avaient payé l'adhésion. Je cousais des vêtements pour eux et les déposais dans les maisons. Ça n'a absolument pas marché, il faut croire qu'il n'y a que Dobby qui voulait être libéré.
—Tu ne m'avais jamais raconté cette histoire, s'étonna Remus.
—Un elfe qui veut être libéré ? Qu'est-ce qu'il a fait pour être renvoyé ?
—Il servait une vieille famille de sang-pur espagnol, Harry a donné quelque chose à son maître et il a donné l'objet à Dobby, il y avait la chaussette d'Harry à l'intérieur.
—J'aimerais beaucoup rencontrer cet elfe. Il doit être complètement taré.
—Il est mort il y a plusieurs années. Il nous a protégé jusqu'à sa mort. Sans lui, je serais morte dans le manoir des ses maîtres, Harry et Ron aussi.
Cela jeta un froid sur l'assemblée, Hermione s'en rendit compte, s'excusa rapidement et sortit prendre l'air, une cigarette à la main. Elle ne refoulait plus ses larmes, la mort de Dobby avait été très dure à diriger, c'était la première fois que quelqu'un mourrait pour elle et avec cette mort, le souvenir de la première torture de Bellatrix était là, ancré dans sa peau et son esprit. Remus qui l'avait laissée seule le temps qu'elle se calme et qu'elle extériorise ses sentiments, la prit dans ses bras et la berça doucement.
—Ils me manquent tellement Rem'. C'est tellement dur, sanglota-t-elle.
—A moi aussi ils me manquent, Mione. Un peu plus chaque jour.
