« Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier. »

Martin Luther King

—Miss Grace, Miss Grace vous m'entendez ?

Les yeux d'Hermione papillonnèrent quelques instants puis s'ouvrirent d'un coup donnant un mal de tête à la jeune femme. Elle observa son environnement, elle voyait un plafond blanc et une silhouette au-dessus d'elle. Une femme d'âge mûr se tenait là, elle avait les cheveux grisonnants et l'air sérieux. Hermione tourna la tête et ne vit que du blanc, les murs blancs, le lit blanc, la blouse blanche. La pièce était silencieuse excepté les bruits de l'électrocardioscope près d'elle.

Les mouvements étaient fixes, régulier, toujours les mêmes. Elle essayait de les arrêter, cela lui donnait l'impression que ses oreilles bourdonnaient. Elle voyait flou et essayait de reconnaître quelque chose. Son regard se fixa sur la femme qui se tenait devant elle et Hermione vérifia si elle la connaissait. Elle avait beau chercher dans ses souvenirs, ce visage ne lui disait rien, et cela n'était pas forcément positifs.

—Bonjour, je suis médicomage, vous êtes à Sainte Mangouste il y a eu une explosion, vous vous souvenez ?

—Je pense qu'il ne faut pas la brusquer Madame, elle vient à peine de se réveiller, elle doit être légèrement perdue, conseilla un homme d'une quarantaine d'années, qui était assis dans le fauteuil réservé aux visiteurs.

Il avait l'air épuisé, tout comme la femme qui se trouvait à ses côtés. Une expression soucieuse et inquiète ornait leurs visages, ils avaient tous les deux d'énormes cernes, certainement dû au manque de sommeil en raison des événements récents. Ils demandèrent à la médicomage de bien vouloir sortir pour les laisser tous les trois, après quelques vérifications de routine, elle accepta, promettant à la patiente de revenir sous peu.

—Hermione, tu te souviens ? Nous sommes en 1979, on a voyagé dans le temps, pour tout le monde, excepté Minerva et moi, tu t'appelles Helena Grace. Il y a eu une explosion au QG. Le quartier général de l'ordre du phénix. Les membres se méfient de nous car nous sommes arrivés ici il y a quelques mois seulement. Je suis connu sous le nom de Rémi Lucas ici.

—Oui, dit-elle d'une voix enrouée, comme si elle n'avait pas parlé depuis longtemps. Oui je me souviens Rem'. Il y a eu une explosion. J'allais rentrer dans la maison et je me suis sentie expulsée. Tout le monde va bien ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Hermione vit les deux adultes se renfrogner. Cela ne lui disait rien qui vaille. Elle connaissait ces expressions pour les avoir déjà rencontrée un trop grand nombre de fois.

Non, il ne pouvait pas y avoir de morts pas encore ! Pas après tous les efforts qu'ils avaient faits. Remus semblait retenir ses larmes et ce fut Minerva qui prit la parole avec difficultés :

—Dorcas et Benjy n'ont pas survécu. Ils étaient dans la pièce où l'explosion a eu lieu.

Hermione n'avait pas vraiment eu le temps de connaître Benjy Fenwick, il était arrivé dans l'Ordre quelques temps avant elle et c'était en partie grâce à lui qu'elle n'avait pas succombée au sort de l'étranglement sanglant. Elle lui avait parlé quelques fois au cours des derniers mois, mais ne l'avait pas vraiment connu. Pour Dorcas, c'était un peu différent, elles avaient été ensemble à Poudlard et elle l'avait plus côtoyée. C'était également grâce à ses soins qu'elle n'était pas morte pendant la bataille d'Oxford Street. Deux membres de l'Ordre étaient morts et Hermione leur devait la vie. Cela l'attrista beaucoup, encore de nouveaux morts mais elle s'aperçut qu'il y avait quelque chose d'autre, de peut-être plus grave encore, en analysant le visage de ses interlocuteurs.

—Ce n'est pas tout n'est-ce pas ? demanda-t-elle la voix tremblante.

—L'explosion a eu lieu le seize janvier pendant la nuit. Les aurors ont été prévenu et ont débarqué. Ils ont accusé quelqu'un.

Le visage de ses amis montrait que ce n'était pas une bonne nouvelle du tout. Hermione, qui était toujours faible, s'inquiéta encore plus et posa la question fatidique.

—Qui, qui ont-ils accusé Rem' ? souffla-t-elle, craignant la réponse.

—Sirius.

Un hurlement sortit de la chambre 394, effrayant au passage une pauvre infirmière ainsi que son patient à côté d'elle. Hermione était désormais pleinement réveillée et s'apprêtait à quitter le lit sur le champ.

—Ah ils vont m'entendre, je les déteste ! Je vais au ministère ! Maintenant.

—Tu ne bouges pas d'ici. Tu viens de sortir du coma, tu es encore faible et puis... Nous ne t'avons pas encore tout dit.

—Qu'est-ce qu'il peut y avoir de pire ? soupira-t-elle.

—Pettigrow a disparu. Les aurors pensent qu'il est mort dans l'explosion mais ils n'ont pas retrouvé son corps.

Hermione se releva brusquement, et retomba immédiatement, encore fatiguée. Peu importe l'époque, l'histoire se répétait inlassablement. Contre l'avis des médicomages et de ses amis, elle décida de sortir de Ste Mangouste pour aller au Ministère.

—Il faut que je vois Sirius. Je vais au ministère, ils me laisseront le voir.

Minerva ne sut pas comment réagir face à la détermination de la jeune femme. Remus, lui, savait qu'elle n'abandonnerait pas, elle était en trop en colère, il n'aimerait pas être à la place de la personne qui s'attirerait ses foudres. Leurs visages étaient graves et Hermione pensa qu'elle n'était pas au bout de ses surprises.

—C'est trop tard, Mione.

—Non Rem', non ! On est quel jour ? Minerva ?

—Le onze février. Ils l'ont emmené à Azkaban, presque aussitôt après son arrestation.

—Il n'a pas eu de procès ! Comme dans le passé. Je vais demander un procès. Tout de suite.

—Hermione, personne ne te connaît ici. Tu n'obtiendras rien.

Minerva intervint, expliquant à la jeune femme qu'il fallait ruser pour obtenir le procès ainsi que prouvé que Pettigrow était coupable.

—Mais il ne peut pas boire du véritaserum ?

—Le veritaserum est très peu utilisé lors d'un procès et Sirius est un Black. C'est pour ça qu'il a été enfermé aussi vite. Sa famille est pleine de magie noire. Ils l'accuseront de pouvoir résister à la potion. Et puis la pleine lune est ce soir. On commencera à agir dès demain.


Le trio d'amis étudiait avec acharnement la loi, cherchant à libérer Sirius le plus tôt possible. Cependant, après plusieurs heures d'acharnement, épuisés ils firent une pause.

—Et qu'en est-il des maraudeurs, qu'est-ce qu'ils en pensent ?

Remus se rembrunit, ce qui ne fit pressentir rien de bon à Hermione. Minerva expliqua le visage fermé, la réaction de chaque personne. Remus broyait du noir toute la journée, restait enfermé dans sa chambre et ne mangeait quasiment plus. Chaque objet qui passait sous ses mains finissait en miettes. James était effondré d'avoir perdu son frère mais il avait Lily et Minerva avait entendu le jeune homme dire à sa compagne que Peter suspectait Sirius d'être un mangemort.

—Oh cette face de rat, je vais le tuer. Arhh je le hais ! Et James, comment peut-il pensé que Sirius le trahirait ?

—Je l'ai pensé Hermione, soupira Remus. Je l'ai pensé comme toute la société sorcière en 1981. On est deux ans plus tôt mais c'est la même chose. L'histoire se reproduit mais survient plus tôt, à cause de nous. On n'a pas pu empêcher ça.

—Et toi Rem' comment le vis-tu ? demande-t-elle en voyant l'expression de son ami.

Il avait d'énormes cernes noirs, ne semblait pas avoir dormi depuis des siècles et il paraissait avoir vieilli de dix ans.

—Comme je peux. J'ai l'impression d'avoir échoué que tout va recommencer et qu'on ne pourra rien y faire. Je n'arrive pas à croire que ça s'est passé si vite, si tôt. Bon. Il faut qu'on trouve un moyen d'avoir ce procès.

Hermione eut soudain une illumination et se mit à chercher frénétiquement dans le livre de droit qu'elle avait trouvé. Minerva voulut lui demander quelque chose mais Remus lui indiqua d'un regard qu'il ne fallait pas déranger la jeune femme lorsqu'elle était ainsi.

—Je le savais, c'est écrit là. Noir sur Blanc. Toute personne a le droit d'avoir un procès, c'est obligatoire. L'emprisonnement de Sirius est illégal. Je vais au ministère.

—Un procès sera très long à obtenir. Il faut trouver un argument pour qu'ils acceptent de le faire rapidement. Personne ne nous connaît et nous aidera.


Les talons d'Hermione claquaient sur le sol du ministère. Elle avait fait un effort et s'était entraînée à marcher avec. Minerva l'avait avertie que le ministre n'était qu'un idiot —il y avait des choses qui ne changeait pas, peu importe l'époque— mais qu'il appréciait les traditions et qu'il aimait que les femmes portent des robes et des escarpins. Un gros macho incapable de comprendre le progrès et l'émancipation des femmes selon Hermione. Elle bouscula une pauvre femme qui avait eu le malheur de se trouver sur son passage. Tous les autres employés s'écartèrent sur son passage. Elle salua Maugrey qui sortait de son bureau mais continua son chemin, avant même que l'auror n'ait pu la questionner sur le motif de sa visite. La colère de son visage ne laissait aucun doute sur le fait que la personne avec qui elle allait s'entretenir allait passer un mauvais quart d'heure. Ah qu'est-ce qu'ils avaient tous à la regarder comme ça ! Elle arriva devant le bureau de la secrétaire du ministre et entra, sans frapper.

—On ne vous a jamais appris à frapper ? Vous êtes ? demanda-t-elle de sa voix perçante.

—Je demande une audience d'urgence avec Monsieur le ministre de la magie.

—Monsieur n'est pas disponible. Vous êtes ? répéta-t-elle.

—Il n'a pas le choix, dit-elle d'une voix glaciale.

Hermione bouscula cette insupportable bonne femme qui lui avait fait perdre assez de temps et entra dans le bureau du ministre.

—Excusez-moi Monsieur le Ministre, je n'ai pas pu empêcher cette furie d'entrer.

—Ce n'est rien Miss Stevens, lui répondit un homme d'une cinquantaine d'année, avec un embonpoint proéminent et une attitude joviale. Tout le contraire de Hermione.

—Que me vaut le plaisir de votre visite Miss ? dit-il en reluquant Hermione de la tête aux pieds.

—Je veux que vous donniez un procès à Sirius Black.

Le ministre eut l'air ennuyé et ne sut pas immédiatement comment répondre à cette jeune femme, ou cette furie, qui avait débarqué dans son bureau de si bon matin. Il risqua une réponse, mais en observant le visage de son interlocutrice, il se douta que c'était loin d'être la réponse qu'elle voulait entendre.

—Cela risque d'être compliqué Miss. L'opinion publique vous comprenez... Les gens ont lu la presse, je ne peux pas les laisser croire que mes aurors n'arrêtent pas les criminels.

—Je n'en ai absolument rien à faire de l'opinion publique. La presse ne raconte que des mensonges. Comment pouvez-vous savoir si Sirius Black est coupable sans avoir eu de procès ? C'est la loi. Il a le droit à un procès.

—Bien je vous rappellerai dans six mois, abdiqua-t-il.

—SIX MOIS ! Ah non non non, murmura-t-elle d'une voix doucereuse qui aurait fait pâlir de jalousie le Rogue de son époque. Si dans un mois, le procès n'a toujours pas démarré vous pouvez être sûr que je demande votre destitution. Et vous aurez de sérieux ennuis. Vous ne me connaissez peut-être pas, mais je peux me montrer très persuasive. Je n'hésiterai pas un instant à vous faire couler. Vous n'avez aucune idée des moyens que je dispose. Je sais quel genre d'homme vous êtes Harold Minchum ! Un homme qui aime le pouvoir, qui ne peut plus s'en passer alors le choix va être simple. Soit, vous faites en sorte que Sirius Black est un procès le plus rapidement possible. Soit, vous perdez tout ce que vous avez. Je vous le promets. Je tiens toujours mes promesses. Sur ceux, je vous prie d'agréer mes salutations les plus distinguées Monsieur le ministre. N'oubliez pas, destitution.

Sur ces paroles, la jeune femme sortit du ministère laissant un ministre et sa secrétaire légèrement désorientés. Bien qu'elle ne l'avouerait à personne, elle était assez fière de son petit effet.


Hermione transplana à Godric's Hollow et marcha jusqu'au Manoir Potter, heureusement qu'elle était déjà venue avec James et Lily, sinon elle aurait atterrit devant leur futur maison, qui n'était pas encore construite, sans savoir où les trouver. Elle entra et arriva directement dans le hall. Elle eut un élan de nostalgie en pensant à Harry, qui aurait tellement aimé connaître cette maison. Elle prit le temps d'admirer l'architecture et la décoration. Tout était simple, sobre et luxueux. Un elfe de maison apparut devant elle.

—Une inconnue dans la maison des maîtres ? Qu'est-ce que Windy peut faire pour Miss ?

—Je voudrais parler à James s'il vous plaît, c'est très important.
Hermione ne s'embarrassait que très peu des politesses mais avait toujours trouvé important de respecter les elfes de maison, à cette époque comme dans la sienne. La S.A.L.E. avait était un grand échec, mais ce n'était pas une raison pour ne pas leur montrer un peu de respect. La créature magique prit la main de la sorcière et la fit transplaner devant la chambre de son maître.

—C'est ici Miss.

Hermione la remercia et l'elfe transplana. Hermione inspira un grand coup, elle sentait que la conversation n'allait pas être simple.

—POTTER ! Tu vas ouvrir cette porte tout de suite ! ordonna-t-elle d'une voix forte.

James exécuta nonchalamment l'ordre et fit entrer son interlocutrice dans sa chambre. Il s'étonnait de la trouver devant lui alors qu'aux dernières nouvelles elle était toujours à Ste Mangouste.

—Qu'est-ce que tu fais là ?

—Ça va ? Tu ne t'inquiètes pas trop pour tes amis ? Tu sais, les maraudeurs.

—Pas la peine de m'attaquer comme ça ! Je n'ai pas vu Remus depuis l'explosion, Peter a été enterré même si on n'a pas retrouvé son corps et Sirius...

Sa voix changea lorsqu'il prononça ce nom. Le nom de son meilleur ami, son frère.

—Sirius nous a trahi, continua-t-il en baissant la tête, comme un enfant prit en faute.

—Non.

—Comment ça non ? interrogea le sorcier, en se redressant brusquement.

—Sirius ne t'a jamais trahi, dit-elle d'une voix sévère. Pas toi plus que tous les autres. Comment peux-tu penser qu'il pourrait ne serait-ce qu'imaginer le fait de te trahir ? Je croyais que vous étiez frère. Plus soudés que n'importe qui ! Ou c'était des mensonges ? Alors oui il y a bien un traître mais ce n'est pas lui ! Penses-tu vraiment qu'il est capable de cela ? Je pensais que tu valais mieux que ça James. Je pensais qu'après toutes ces années tu avais fait abstraction des préjugés sur sa famille. Tu me déçois beaucoup. Et Remus ! Vous devez tous vous soutenir dans cette épreuve. Tu n'as même pas passé la pleine lune avec lui alors que tu savais qu'elle allait être plus dure que les autres ! Tu ne l'as pas vu depuis UN MOIS ! Tu ne t'es soucié que de toi, je croyais que les maraudeurs étaient plus fort que tout. Je me suis trompée en beauté. Et toi, aveuglé par Pettigrow —la jeune femme mit toute sa rancœur dans ce nom— tu as cru que ton frère pouvait te trahir ! Quelle belle amitié !

Le jeune homme était resté médusé pendant toute la tirade d'Hermione. Il savait qu'il n'avait peut-être pas très bien réagi, en particulier avec Remus, il avait pour ainsi dire abandonné son ami, mais il ne s'attendait pas à ce que Helena lui dise de tels propos, avec autant de colère. Il avait l'impression d'avoir huit ans et de se faire gronder par sa mère pour avoir fait une bêtise. Et quelle bêtise ! Il avait abandonné son meilleur ami, seul à son sort pendant un mois, avait cru son frère coupable, qui selon les dires d'Helena, ne l'était pas.

—J'ai demandé au ministre qu'il y ait un procès pour Sirius. Nous ne nous sommes pas toujours entendus, mais un innocent n'a pas sa place en prison et puisque ses amis ne sont pas capables de le faire à ma place.
Hermione conseilla à James de réfléchir avant de partir en lui jetant un regard noir. Elle atteignit les limites de la propriété et transplana. Lily arriva quelques secondes plus tard dans la pièce.

—Je vous ai entendu, dit-elle d'une voix douce.

—Et tu en penses quoi ? Je suis complètement perdu, soupira-t-il d'une voix lasse.

—Je pense qu'elle a raison sur certains points. On peut en parler si tu veux.


Ministre, fait
James, fait
Il ne manque plus que Remus. Elle aurait pu se soucier de l'avis de Dumbledore mais ne le fit pas. Elle n'avait pas assez confiance en lui.

Hermione transplana à plusieurs endroits sans parvenir à trouver Remus. Cela l'inquiétait un peu, elle avait peur qu'il ait fait une bêtise, sans que personne ne soit là pour l'aider. La dernière destination qu'elle n'avait pas vérifiée se trouva être la bonne. Elle arriva à Pré-au-Lard et marcha jusqu'à la cabane hurlante.

Elle vit le jeune homme nu, en position fœtale, des sillons de larmes étaient présents sur ses joues et il semblait dormir.

—Remus, murmura-t-elle doucement.

—Helena ?

—Oui, c'est moi. Tu n'as pas bougé d'ici depuis la pleine lune ? Oh, Remus je suis désolée, j'aurais dû venir plus tôt.

—Tu étais dans le coma. On est quel jour ?

—Mercredi soir. Ça fait deux jours et demi. Aller rhabille-toi, on va parler.
La jeune femme détourna le regard, pour lui laisser un minimum d'intimité.

—Ne restons pas là. Je n'aime pas cette ambiance ni cet endroit.Où veux-tu aller ?

—À Azkaban.

Hermione se mordit les lèvres, se maudissant d'avoir été si maladroite. Elle maîtrisait le tact d'habitude. Un mois de coma n'était pas très bon pour ses réflexes il semblerait. Elle lui prit le bras et transplana, atterrissant sur une petite plage.

—Où sommes-nous ?

—Sur la plage de l'Ile Vierge en France. Je venais ici quand j'étais plus jeune. C'est assez touristique mais puisque nous sommes en février... J'avais besoin de te parler au calme et cet endroit est reposant. C'est assez important.

Hermione ne savait pas comment entamer le sujet sans blesser Remus. Elle prit sa respiration et commença.

—C'est au sujet de Sirius.

—Il m'a trahi, sanglota-t-il. Mais en même temps je ne lui en veux pas. Il me manque tellement, chuchota le jeune homme avant de pleurer de plus belle. Je ne peux pas croire qu'il ait fait ça, ça ne lui ressemble tellement pas.

—Remus, calme-toi, il est innocent. Sirius est innocent. Jamais il n'aurait fait ça. Et je lui ai obtenu un procès. Dans moins d'un mois.

—Mais... mais, comment c'est possible ? Je veux dire qui a pu faire ça ? Et le procès. Tu ne dis pas ça pour me réconforter ?

—Non bien sûr que non. Ce n'est pas mon genre de mentir pour réconforter les autres. Je sais qui est le coupable. Je ne peux pas te le dire tout de suite mais ça va venir vite. Personne n'acceptera de défendre Sirius alors je vais le faire.

—Pourquoi ?

—Parce que Sirius est un Black. Les gens ont beaucoup de préjugés, même maintenant, alors qu'il s'est détourné de sa famille. Il faut que je prépare sa défense et trouve des témoins.

—Pourquoi es-tu aussi obstinée à le faire sortir de prison ? Vous vous détestez.

—Je n'ai jamais détesté Sirius. Il est souvent insupportable mais il a aussi beaucoup de courage. Je le défends parce que c'est ce qu'il me semble juste. Je le défends parce qu'il le mérite, parce qu'il est innocent et parce que je ne veux pas que l'histoire se répète.

—De quoi parles-tu ?

—Je ne peux pas te le dire. Je ne fais jamais de promesses Remus, parce qu'il y a toujours des facteurs à prendre en compte et on ne sait jamais ce qu'il peut arriver. Mais ce soir, je te jure que je ferais sortir Sirius de prison. Je t'en fais le serment. Je te le promets.