« La justice, c'est quand on gagne le procès. »
Samuel Johnson
Le froid s'engouffrait sous les vêtements de Hermione. Son sortilège de chaleur ne fonctionnait pas. Il faut dire qu'il faisait très froid, même pour le mois de février. L'endroit où elle était n'aidait pas non plus, bien au contraire. Elle s'approcha du gardien et s'annonça.
—Je veux voir Sirius Black.
—Z'avez l'permis ?
Hermione sortit un papier de sa poche et le tendit à l'homme devant elle. Il l'inspecta minutieusement durant de longues minutes. La jeune femme s'impatienta et le gardien fut obligé de se rendre compte que le papier était un original.
—Bien étage huit. Vous pouvez y aller. Z'avez une heure.
Elle ne prit pas la peine de lui répondre, elle était tellement abasourdie. L'étage huit ! Comment avaient-ils osé ? Lorsqu'elle était encore dans le présent elle avait fait des recherches sur Azkaban. La prison avait été construite au quinzième siècle mais était devenu un centre de détention seulement en 1718. Il y avait dix étages. Plus on montait, plus l'étage abritait des prisonniers dangereux. Les trois premiers abritaient des prisonniers mineurs qui ne restaient jamais très longtemps mais les trois derniers... Personne n'avait encore fait de crimes assez horribles pour aller à l'étage dix. Les étages huit et neuf étaient réservés aux très grands criminels. Peu de prisonniers dépassaient l'étage six alors le huit !
Hermione était presque arrivée. Elle n'était jamais montée aussi haut.
Elle n'arrivait plus à faire de patronus mais les détraqueurs —heureusement pour elle— préféraient rendre encore plus fous les prisonniers. Elle traversa tout l'étage, évidemment Sirius n'était pas à l'entrée. Elle s'approcha de sa cellule et s'arrêta net. Il avait beaucoup maigri et ses vêtements étaient très sales. Cela n'avait bien sûr rien à voir avec le Sirius qu'elle avait connu et qui y avait passé douze ans mais tout de même, cela restait choquant.
Le sorcier était assis, à même le sol, le regard vide. Il semblait perdu dans ses pensées, à attendre que quelque chose se passe. Il ne hurlait plus, tout le monde finissait par se taire, certains plus vite que d'autres. Il aperçut Hermione et plissa les yeux, comme s'il avait du mal à la reconnaître.
—Grace ? C'est toi ? demanda-t-il d'une voix rauque.
—C'est moi Sirius.
La surprise se peignit sur son visage. Il se demandait ce qu'elle faisait là, pourquoi elle utilisait son prénom et non son nom de famille.
—Je peux entrer ?
—Tu n'as pas la clé, répondit-il simplement.
—J'ai une baguette. Alohomora.
Le jeune homme se précipita dans les bras de Hermione. Ils en furent tous les deux surpris, ce n'était pas dans les habitudes de Sirius de montrer des signes d'affections ou ses sentiments, encore moins devant les personnes qui n'était pas ses amis, mais il en avait sûrement besoin.
—Black tu m'étouffes !
—Désolé, je n'ai pas l'habitude de voir du monde. C'est long. Je suis là depuis combien de temps ?
—Un peu plus d'un mois.
—Un mois ? J'ai l'impression que ça fait plutôt un an.
—J'avais un ami qui y ait resté douze ans.
—Oh ! Et au bout de douze ans ? demanda-t-il, bien qu'il supposait qu'il était mort.
—Il s'est échappé. Mais ce n'est pas le sujet, je suis venue te voir pour te parler de ton cas.
—Je suis innocent ! Je te le promets, je le jure.
—Eh, doucement. Je te crois Sirius, mais très peu de personnes pensent comme moi.
—Pourquoi tu as pu venir me voir ? Pourquoi pas Remus ou James. Ou même Dumbledore ?
Hermione hésita une fraction de seconde et Sirius s'en aperçut, il se rembrunit encore plus, déjà bien trop sombre au goût d'Hermione.
—Non ! Non, putain ! Ils ne me croient pas. C'est pas vrai ! Et notre amitié ?
—C'est ce que je leur ai dit. J'ai passé un savon à James, j'ai secoué Remus qui était dans un état déplorable, je ne l'avais jamais vu comme ca. Quant à Dumbledore, ce n'est pas la première fois qu'il regarde les choses telles qu'elles sont sans creuser plus.
—Tu ne peux pas dire ça ! Dumby, le plus grand sorcier de tous les temps !
—Est-ce que ton « plus grand sorcier de tous les temps » est là pour t'aider ? Non. Moi oui. Alors je dis ce que je veux parce que je suis la seule qui veut bien t'aider !
—Désolé.
—Et arrête de t'excuser ! Tu ne le fais jamais alors arrête !
—Très bien. Qu'est-ce que tu voulais me dire.
—Je vais t'aider à sortir d'ici.
—Non tu vas te faire prendre. Je veux sortir d'ici mais pas au point de t'entrainer avec moi.
—Ne rêve pas ! s'exclama-t-elle. Je n'ai pas non plus envie de me retrouver ici. Je t'ai obtenu un procès. Comment ai-je fait ? dit-elle en voyant le regard du jeune homme. Très simple une petite menace sur le ministre et j'ai un procès et un laisser-passer pour Azkaban. Je vais te défendre. Tu feras exactement ce que je te dirais. Tu seras poli et tu ne parleras que si on t'interroge. Tu sortiras d'ici alors rends-moi la tâche plus facile.
—Tu as menacé le ministre ? bafouilla-t-il. Pourquoi tu fais tout ça pour moi ? Je ne vais pas m'en plaindre mais on ne s'est jamais superbement entendu ou été ami. Je me pose juste la question.
—Je le fais parce qu'un innocent n'a rien à faire en prison, parce que tes amis sont trop cons pour voir plus loin que leur nez ! s'énerva Hermione. Et parce que je ne veux pas que l'histoire recommence, continua-t-elle plus bas.
—C'est à propos de ton ami qui est resté douze ans ?
Hermione détourna le regard, sentant les larmes monter. Elle évitait de penser au passé, du moins de manière consciente mais après tout ce temps, cela faisait toujours aussi mal. Elle l'avait vu mourir.
—J'ai vu trop de ravages sur des innocents.
—Desol-, non, comment vas-tu me défendre ? dit-il pour changer de sujet.
—Je ne vais pas tout te dire mais tu seras interrogé par du véritaserum.
En voyant la panique sur le visage de Sirius, elle se dit qu'elle avait vu juste et qu'il était immunisé contre la potion.
—Ne t'inquiètes pas, ils ne peuvent pas savoir que tu es immunisé.
—Ça ne va pas me tuer leur truc ? Parce qu'on sait jamais, ils pourraient essayer de me tuer. Ils feraient tout pour. D'accord je le prendrais, fit-il en voyant le regard d'Hermione. Mais je ne suis pas sûr que ce soit suffisant.
—Ne t'inquiètes pas, je m'occupe de tout. Je vais devoir y aller ça fait presque deux heures que je suis là et le gardien va bientôt revenir.
—Tu n'avais pas le droit d'entrer dans la cellule ?
— A ton avis ? Je t'ai ramené des vêtements propres et un peu de nourriture. On ne pourra pas se voir avant le procès. Il est dans deux semaines. Je sais que c'est long mais par rapport aux six mois qu'ils voulaient te mettre... Tu vas t'en sortir Sirius. Un dernier conseil, Patmol supporte mieux les détraqueurs.
Hermione partit sur ces mots, elle referma la cellule et se précipita hors du couloir. Elle se dépêcha de sortir et vit le gardien endormi sur sa chaise à l'entrée. Elle dépassa la barrière de protection et transplana.
—Nous sommes ici pour juger la culpabilité ou non de Monsieur Sirius Black. Faites entrer l'accusé.
Sirius entra menotté, encadré par deux aurors. Les aurors étaient inconnus. Le ministre avait évidemment choisi des aurors extérieurs à l'Ordre du Phénix, bien qu'ils ne pouvaient pas savoir précisément qui en faisait partie, ils connaissaient les proches de Dumbledore. Hermione avait conseillé au maraudeur de refuser les vêtements qui lui avaient été proposé à sa sortie d'Azkaban, cela montrait le traitement qu'il avait reçu.
—La parole est à l'auror Smith, chargé d'enquêter sur l'affaire.
—Merci Monsieur le Ministre, dans la nuit du seize au dix-sept janvier 1979 une explosion a eu lieu au dix-huit Farm Place à Londres. Deux personnes ont été retrouvé mortes, Dorcas Meadows et Benjy Fenwick. Trois personnes disparues dont deux retrouvées à ce jour. La troisième Peter Pettigrow a été déclarée décédé. Sirius Black a été vu aux abords de la maison après l'explosion sans raison valable et nos experts ont retrouvé ses empreintes sur de nombreux murs. La cause de l'explosion reste encore inconnue à ce jour.
Durant tout ce temps, Sirius n'avait pas quitté des yeux le public. Il eut un pincement au coeur en voyant ses amis se tenir là. Il y avait McGonagall, Lucas, James, Lily, presque tous les membres de l'Ordre. Et Remus. Pendant longtemps ils se fixèrent sans détourner le regard. Puis ses yeux glissèrent vers d'autres personnes. Il reconnut quelques mangemorts. Beaucoup de monde était là. Ce n'était pas tous les jours qu'un Black était en procès.
—Sirius Black plaide non-coupable, Monsieur le Ministre.
—Miss Grace ! Vous n'êtes pas avocate alors que faites-vous là ?
—Personne au ministère n'a daigné donner un avocat à Sirius Black et aucun professionnel n'a accepté. Ils craignaient tous des représailles du ministère. Etrange, n'est-ce pas ? Et illégal surtout. Toute personne a le droit à un procès ET à un avocat. Mais ne vous en faites pas, j'ai des notions de droit, et je le défendrais sûrement mieux que n'importe qui. Pour prouver sa bonne volonté, Sirius Black souhaite être interrogé sous veritaserum.
—C'est un Black ! Il doit être immunisé ! Cette famille regorge de magie noire !
—Enfin Monsieur le Ministre, ce sont des accusations très grave, sans preuves. Vous devez vous douter qu'un nom ne veut rien dire. Nous ne faisons pas le procès de la famille Black. Or, ils n'ont jamais eu un procès pour Magie Noire. Cela n'a donc pas été prouvé.
—Bien, soupira-t-il. Faites entrer le véritaserum.
Un auror arriva, injecta le sérum à Sirius, il papillonna un peu, fit un signe de tête à l'auror qui repartit.
—Votre nom complet.
—Sirius Orion Black
—Votre date de naissance.
—Trois novembre 1959.
—Etes-vous coupable de la mort de Dorcas Meadowes, Benjy Fenwick et Peter Pettigrow ? Avez-vous réalisé cette explosion ?
—Non je suis innocent.
—Que faisiez-vous le seize janvier au moment de l'explosion ?
—Objection, cela fait partie de la vie privée de mon client.
—Rejetée. Son cas n'est pas éclairci.
—J'ai des insomnies alors je suis parti prendre l'air près du parc. J'y suis resté vingt minutes. J'ai entendu du bruit, je me suis approché et j'ai vu la maison exploser.
—Pourquoi étiez-vous dans cette maison ? Elle appartenait à Dorcas Meadowes.
—Dorcas est une amie. Elle m'avait proposé de rester dormir chez elle. C'était plus prudent.
—Pourquoi prudent ? Vous êtes en danger ? demanda bêtement le ministre.
—Nous le sommes tous avec la guerre !
—La guerre ? Voyons Monsieur Black, c'est un peu tôt pour parler d'une guerre.
—Objection, aucun rapport avec le procès. Monsieur le ministre, j'aimerais savoir pourquoi mon client s'est retrouvé à Azkaban sans procès, c'est illégal, aucun avocat ne lui a été assigné.
—Il est suspect ! Un suspect ne pouvait pas rester indéfiniment dans une cellule du ministère.
—Alors pourquoi ne pas faire le procès plus tôt ? Je doute que tout le magenmagot et tous les juges soient débordés. Surtout pour l'affaire Black, comme l'appelle les journaux. Mais soit. Vous êtes tous des hommes et des femmes de lois ici. Alors comment se fait-il que ce soit moi, n'ayant jamais fait d'étude de droit, qui remarque que les suspects se trouvent à l'étage un ?
Le ministre eut une hésitation avant de continuer et d'assurer que tout le monde le savait.
—Si tout le monde le sait, alors pourquoi Sirius Black s'est retrouvé à l'étage huit ?
Des murmures se firent entendre dans toute la salle. Que ce soit le public ou le jury, toutes les personnes avaient quelque chose à dire. Les jurés s'étaient presque étouffés avec leur salive, se demandant comment ils avaient pu rater cela. Leur ministre était-il devenu fou ?
Sirius se tourna vers l'ordre du Phénix. Tous les membres étaient choqués, personne ne le savait. Certains pleuraient même. Il se retourna vers Helena et lui fit un signe de tête. La sorcière lui répondit. Elle savait qu'ils avaient gagné. L'opinion publique avait parlé, dont le Ministre craignait des cohues, se retournait contre lui.
—J'attends ma réponse monsieur le ministre. La plupart des violeurs et des tueurs d'enfant se retrouve à l'étage six, ce qui en mon humble avis montre le fléau de cette société, alors pourquoi un innocent s'est retrouvé à l'étage huit ?
—Ce n'est pas le procès du ministère ! Il n'y a aucun moyen de savoir si Sirius Black ne ment pas. Et s'il n'a pas réalisé cette attaque, qu'est-ce qui l'empêcherait d'en faire une autre ? Il a peut-être un complice.
—Cela suffit ! Vous ne pouvez pas faire des accusations à tout va sans preuve. Acceptez la réalité, vous avez eu tort ! La moitié du public serait prêt à témoigner en faveur de Mr Black.
—Ce sont ses amis, vous aussi, vous faites partie de son entourage, vous ne devriez pas avoir le droit de le défendre.
—Il n'y a aucun article dans le code magique qui certifie cela Monsieur le ministre, répondit-elle avec dédain.
Le ministre demanda confirmation à sa voisine, une petite sorcière qui était chargée de vérifier chaque article du code magique. Celle-ci ne put qu'être d'accord avec Hermione. Le ministre murmura dans sa barbe que cela allait changer mais il ne put plus attaquer Hermione là-dessus.
—Rien ne nous prouve que Sirius Black est totalement innocent, ou bien le restera, intervint un sorcier, qui selon Hermione, ressemblait beaucoup à Ombrage.
—Il faudrait qu'une personne se porte garante pour lui.
—On ne peut pas se porter garant aussi facilement Madame Bones.
—J'ai fait des études de droit, je le sais Monsieur le Ministre, répondit sèchement la sorcière. Et personne ne pourra le faire, il faut quelque chose d'important sur lequel jurer, et que cette personne ne soit pas proche de l'accusé.
De nouveau, le public se mit à murmurer, la seule personne assez importante pour le faire serait Dumbledore. Beaucoup se tournèrent vers lui, il s'apprêtait à se lever, mais Hermione l'interrompit d'une phrase.
—En tant que personne non-proche de Sirius Black, je me porte garante pour lui.
La sorcière laissa quelques secondes défiler puis continua avec un grand sourire :
—Sur mon ordre de Merlin première classe.
Sirius était scotché. Alors c'était donc ça son coup miracle pour le défendre ? Un ordre de Merlin. Peu de personne refuse quelque chose à un ordre de deuxième classe alors première !
—Puis-je savoir comment avez-vous eu cet ordre ?
—Non vous ne pouvez pas, cela relève de ma vie privée, mais il est vrai, je ne l'ai pas volé. Vos experts pourront l'analyser. Pouvez-vous conclure ce procès Monsieur le Ministre ? Les preuves sont là, Sirius Black n'a tué personne. Cela fait presque cinq heures qu'il dure.
—Bien, dit-il en après un coup d'oeil au jurés. Ceux qui sont pour une condamnation.
Quelques mains se levèrent, dont celles du ministre et de l'homme qui ressemblait à Ombrage.
—Ceux qui sont pour l'abandon de toutes les charges.
Une forêt de bras se leva, sous les sourires du public, excepté ceux qui étaient venu voir l'aîné des Black couler.
—Sirius Black est innocent. La séance est-
—Vous n'oubliez pas quelque chose ? intervint Hermione d'une voix sèche.
—La note, évidemment. Sirius Black demande 150 000 gallions de dédommagement, la réouverture de l'enquête et les suspects n'iront plus à Azkaban tant qu'ils ne seront pas déclarés coupables. Vous demandez beaucoup.
—Mon client ne demande rien par rapport aux deux mois dans l'étage huit. Je suis sûre que vous comprenez.
—Bien tout ceci lui est accordé. La séance est levée.
Toutes les personnes se levèrent d'un coup et Hermione se faufila pour descendre voir Sirius. Les aurors venait juste de lui retirer ses menottes quand elle l'approcha.
—Merci mille fois Helena Grace. Je ne sais pas comment te remercier. Je te dois quasiment la vie.
—Ce n'est pas grand chose. Tu ne me dois absolument rien. Comme je te l'avais dit, un innocent n'a pas sa place en prison.
—Je suis sincèrement désolé pour ton ami.
—Profite juste de tes amis, de Remus. Ne leur en veux pas trop. La vie est trop courte pour avoir des regrets.
Hermione commença à partir en voyant l'Ordre arrivé. Elle se retourna une dernière fois.
—Mais tu peux quand même les engueuler. Ils l'ont bien mérité.
Elle ponctua sa phrase d'un sourire et d'un clin d'œil puis repartit. Sirius se retourna et aperçut une personne qui courrait vers lui. Il eut un grand sourire en voyant Remus se précipitait vers lui. Il pensa à ce qu'Helena lui avait dit et l'embrassa à pleine bouche, devant l'Ordre au complet, sous les yeux de James qui étaient prêts à sortir de leur orbite, sa bouche était grande ouverte. La plupart des membres de l'Ordre avait eu la même réaction, excepté Hermione qui avait un grand sourire, Minerva qui les regardait émue et Maugrey qui s'en foutait royalement.
—Tu m'as tellement manqué Sirius, je suis désolé de pas t'avoir cru. Heureusement que Helena est venue me voir après la pleine lune, je ne serais pas comment j'aurais fait sinon, déblatéra Remus après s'être séparé de Sirius.
—Comment ça après la pleine lune ?
—Elle s'est réveillée à ce moment-là. Elle était dans le coma. C'est là qu'elle est allée voir James et moi. Puis elle t'a demandé un procès.
—On en parlera plus tard je veux profiter de toi. Tu m'as manqué. Beaucoup.
De l'autre côté de la salle, Hermione discutait avec Minerva et Remus. Ils étaient fiers de sa défense et aussi très surpris.
—Un ordre de Merlin ! Première classe ! Hermione !
—Assurdiato. Ça va Remus, mon petit effet de surprise à bien marché non ?
—Tu peux le dire ! Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je croyais que tu m'avais tous raconté !
—C'était sans importance. Je ne pensais pas qu'il allait me servir un jour.
—Mais quand même, je croyais qu'on était am-
—En tout cas je suis très fière de toi Hermione. Tu as su défendre Sirius comme personne. J'espère qu'il t'a remercié, l'interrompit Minerva, qui sauva ainsi Hermione de longues minutes d'explications.
—Oui il l'a fait mais c'est normal. Je ne voulais pas que l'histoire recommence. Un innocent n'a pas sa place en prison.
Les visages des trois amis s'étaient fermés à la mention du Sirius du passé mais essayèrent de ne pas trop y penser. Ils étaient là pour tout changer après tout.
—Alors, comment as-tu eu cet ordre ? continua Minerva, curieuse malgré tout.
—C'était en décembre 98, Kingsley avait réuni toute la résistance pour leur remettre un prix. Quasiment tout le monde avait eu l'ordre de troisième classe, quelques personnes l'ordre de deuxième classe et Ron et moi avions eu celui de première classe. Ce fut la plus belle soirée de la résistance même si avec Ron on ne voyait pas trop à quoi ça aller nous servir. Mais finalement aujourd'hui ça permet de sauver un innocent alors je suis fière de l'avoir. Kingsley est mort deux semaines plus tard, finit-elle, impassible.
Elle essayait de garder son masque impassible, il fallait qu'elle le fasse, mais évoquer le passé faisait toujours aussi mal. Elle regarda Sirius, qui sortait du Ministère, main dans la main avec Remus.
Sirius était heureux. Revoir ses amis, ils étaient sa famille. Tous les membres de l'ordre étaient venus le voir mais il n'en pouvait plus, il sortait d'Azkaban et avait juste envie d'aller dormir, avec Remus de préférence. Il lui fit signe. Ils décidèrent de transplaner chez Remus. Ils allèrent se coucher. Heureux d'être à nouveau réunis, enfin remplis, avec leur moitié à leur côté.
