« Parfois les gens ne veulent pas entendre la vérité parce qu'ils ne veulent pas que leurs illusions se détruisent. »

Friedrich Nietzsche

Les membres de l'Ordre du Phénix se trouvaient tous dans le bureau d'Albus Dumbledore à Poudlard. Depuis que leur quartier général avait été détruit quelques semaines plus tôt, ils n'avaient toujours pas fait de réunion au complet. Cela était en partie dû à l'absence d'endroit pour le faire, mais il manquait aussi certains membres. Malheureusement, certains ne reviendraient jamais, mais deux d'entre eux les avaient à nouveau rejoints. Helena Grace avait quitté sa chambre de Sainte Mangouste et Sirius Black sa cellule à Azkaban.

—Bon. Tout le monde est là ? Bien. Deux points prioritaires à l'ordre du jour, trouver un nouveau QG, on ne va pas pouvoir continuer les réunions dans le bureau d'Albus et connaître la ou les personnes qui ont causé l'explosion, commença Fol-œil.

Les regards se firent plus durs à l'évocation de l'explosion qui avait coûté la vie à plusieurs d'entre eux.

—Est-ce que quelqu'un connaîtrait un endroit où on pourrait établir notre QG ? continua Dumbledore.

—J'en connais un. Il faudrait que j'achète des meubles puisque la maison est vide, mais elle pourrait être un bon QG, dit Remus.

—Elle est à qui ? Elle est où ?demanda Maugrey.

—A quelques kilomètres de Bristol. C'est la nôtre, continua Hermione.

—Pourquoi elle n'a pas encore de meubles alors ?

—On vient de l'acheter. Je vous l'ai dit, ça fera un parfait QG.

—Vous avez acheté une maison seulement pour en faire le QG de l'Ordre ?

—Pas tout à fait, on avait pas mal d'argent à jeter par les fenêtres, alors autant se faire plaisir en même temps.

—Voilà un problème résolu. Albus et moi, nous viendrons poser les sortilèges de protection autour de cette maison. Deuxième problème, l'explosion. Qu'est-ce qui a bien pu se passer ?

—On n'était pas beaucoup cette nuit là. Il y avait Dorcas et Benjy, qui était dans le salon, Marlène et Emmeline qui étaient dans leur chambre et Helena et moi, dehors. La maison était protégée, qui a pu entrer sans qu'on s'en rende compte et déposer une bombe ?

—Les sorts étaient-ils en place correctement ?

—Dumbledore et Maugrey les ont fait, ils étaient on ne peut plus sûrs.

—Je crois que vous vous cassez la tête pour rien, intervint Hermione.

—Qu'est-ce que tu veux dire Grace ?

—La maison n'est pas visible aux personnes extérieures à l'Ordre. Seul l'un d'entre nous peut y entrer.

—Tu nous accuses ?

—Laisse-moi finir Londubat. Comme Sirius l'a si bien dit, on était très peu dans la maison, mais l'auror chargé de l'enquête à mentionner une autre personne. Un disparu.

—Peter.

—Exact Potter. Pettigrow aurait été dans la maison au moment de l'explosion. Comment expliquez-vous que personne n'est retrouvé son corps ? Il n'a pas pu disparaître sous les décombres, un sortilège et on savait s'il restait quelqu'un d'autre. Il n'y avait personne. Pettigrow ne se trouvait pas au QG au moment de l'explosion.

—Il pourrait être chez ses parents.

—Ne sois pas idiot Black ! Il serait revenu vers vous.

Hermione sortit sa baguette et créa un écran de fumée où elle fit une simulation de la soirée.

—Pettigrow rentre dans la maison, Dorcas et Benjy le reconnaissent, aucun problème, il installe dans le salon, sort discrètement et active la bombe quelques mètres plus loin, il s'enfuit et court rejoindre son maître.

—Peter n'aurait jamais pu nous trahir. Les maraudeurs à la vie à la mort... déclara Sirius.

—C'est vrai que les maraudeurs ont été très présents pour toi dernièrement, répliqua Hermione méchamment.

—Helena !

La voix de Remus claqua d'un ton sec et le silence se fit. Les maraudeurs la regardèrent, le regard douloureux, cet épisode ne les rendait pas fiers d'eux bien au contraire. Le reste de l'assemblée était gêné, Helena n'avait pas tout à fait tort.

—Si l'on suit votre simulation Miss Grace, comment expliquez-vous que vous ou Monsieur Black n'ayez pas vu Monsieur Pettigrow sortir de la maison ?

—Oh, je le sais bien, mais cela ne le concerne pas uniquement et je ne trahirais pas les autres personnes concernées en vous révélant leur secret.

—Qu'importe, Peter ne nous aurait jamais trahi, assura James.

—Regarde les choses en face James, commença Alice. Ce n'est pas si improbable que cela. Vous êtes tous les trois beau, charismatique, courageux, intelligent, vous plaisez aux autres, même si vous êtes en couple, cela reste un fait. Ce n'est pas vraiment le cas de Peter. Il a toujours suivi. Toutes vos farces, vos plans, ce n'est jamais Peter qui en a eu l'idée.

—Vous étiez bien plus fort en cours que lui. Queudver a eu besoin d'un an de plus pour pouvoir aider Lunard, il n'y serait jamais arrivé sans Parmol et Cornedrue, mais Patmol et Cornedrue ont réussi, sans l'aide de un nouveau sentiment d'infériorité.

—Mais Peter est un Gryffondor, il n'a pas pu nous trahir !

—Arrête, on dirait ton frère. Il pensait que parce qu'il était un Serpentard, il devait forcément être un mangemort. On dirait bien que je n'ai pas réussi à le faite changer d'avis. Bref, c'est pas important. Il faut arrêter avec les clichés. Les Gryffondor ne sont pas les gentils et les Serpentard ne sont pas les méchants. Le monde n'est pas tout noir ou tout blanc. Et puis petite information, la loyauté, c'est une caractéristique de Poufsouffle, pas Gryffondor.

—Mais...

—Pettigrow est un lâche, ce n'est même pas si surprenant que ça. Ce n'est qu'un tr—

Hermione s'interrompit brusquement, elle continuait de bouger mais plus aucun son ne sortait. Elle se retourna vivement et lança un regard noir à Remus, mais celui-ci haussa les épaules.

—Bien, nous allons enquêter sur Pettigrow. Grace, Lucas, je viendrais dans deux jours installer des sorts de protections. Black, Potter, Lupin, restez ici, les autres, dehors !

Tout le monde obéit devant l'air sérieux de Maugrey, il n'y avait pas de discussion possible avec lui. Les seuls qui auraient pu protester étaient bien trop choqués pour le faire, leur meilleur ami, qu'ils connaissaient depuis huit ans, leur soutient de toujours était a priori un mangemort et venait de les trahir, causant ainsi la mort de deux d'entre eux.

Certains sortirent de la pièce par la cheminée, d'autres, comme les élus du Temps, descendirent les escaliers pour se diriger vers Pré-au-Lard.

—Mais qu'est-ce qui t'a pris de me jeter un sort devant tout le monde ? Tu te rends compte de l'humiliation ?

—Je n'ai rien fait, protesta le sorcier.

—C'était moi, dit soudainement une voix derrière eux.

—Minerva ! Mais pourquoi ?

—Helena, tu pourrais dire des choses que tu n'ais pas sensé dire, connaitre. Ta haine envers Pettigrow est parfaitement justifiée pour moi, mais ils ne peuvent et ne doivent pas le savoir. Dans ta colère, tu pourrais révéler malencontreusement des choses sur le futur. Tu ne peux pas garder ton masque impassible tout le temps et t'emporter ainsi en réunion. Cela n'a aucun sens.

—Mais, il les a trahis et—

—Justement. Tu n'étais pas là Hermione, continua la professeure en utilisant son véritable prénom, s'il y a quelqu'un qui doit se plaindre ou être en colère, c'est Remi. Tu as beau être attaché plus que tout à Harry, c'est Remi, qui a perdu ses meilleurs amis cette nuit là, à cause de lui.

—Bien, répliqua-t-elle, vexée, avant de partir à grandes enjambés.

—Il fallait bien que quelqu'un le lui dise, continua-t-elle en regardant Remus.

—Je sais, mais elle ne va plus te parler pendant quelques jours, tu l'as vexée.

—Oh, je ne la reverrai pas avant un moment, Albus ira aux réunions de l'Ordre mais ne pourra pas laisser l'école sans surveillance, je devrais rester. Comment avance la mission ? Vous en avez détruit d'autres ?

—Toujours pas, les dernières semaines, on s'est concentré sur le procès et le nouveau QG, alors... Pour celui de Little Hangleton, on ne pourra pas y aller seuls, la magie noire qui émanera de la bague sera tellement puissante qu'on voudra revoir les morts. Et il y en a beaucoup. On doit y aller avec quelqu'un qui n'a jamais perdu personne de proche, ce qui est assez compliqué.

—Pourquoi vous ne me l'aviez jamais dit avant ? Je vais vous accompagné.

—Vraiment, il n'y a personne qui...

—Mes parents et mes frères sont toujours vivants et je n'ai jamais été très proche des autres membres de ma famille. Mais il faudra attendre les vacances. Albus n'est pas souvent là et je ne vois pas comment je pourrais expliquer mon absence.

—Il faudra tout de même trouver un créneau. Plus le temps passe plus on prend le risque que...

—Quelqu'un meurt, je sais. Je trouverai une solution et vous recevrez mon hibou.

Remus rejoignit Hermione à Bristol, devant leur nouvelle maison. Elle était assise, les genoux ramenés vers sa poitrine et regardait la mer fixement. Elle s'aperçut d'une présence derrière elle, elle n'avait pas besoin de se retourner pour savoir que Remus était là. Elle pouvait reconnaître sa démarche les yeux fermés. Au moins une chose était sûre, si quelqu'un prenait son apparence sous polynectar, une des nombreuses choses qui le trahirait serait sa démarche.

—Je suis désolée de prendre autant de place dans tes combats. Minerva a raison, ce n'est pas à moi de le faire. Ça me met tellement en colère, et j'ai l'impression de t'étouffer avec mes sentiments, mes frustrations, ma colère.

—Je suis heureux d'avoir cette maison, dit-il simplement.

—Tu as entendu ce que je t'ai dit ?

—Tout à fait, tu t'es décrite comme une très mauvaise personne, tu as tort, je t'ai laissé une fenêtre pour changer de sujet mais tu ne sembles pas intéressée, alors ce n'est pas grave, on va en parler.

—Ça me bouffe de savoir qu'il va s'en sortir, encore une fois. J'ai tellement la haine contre lui, et je me rends compte que je ne devrais pas, du moins pas autant. C'est toi qu'il a trahi, pas moi.

—C'est vrai que parfois, tu prends beaucoup de place devant les autres, mais je ne t'en veux pas, c'est dans ta nature. Il faut bien que l'un de nous garde les pieds sur Terre et ne s'emporte pas à la moindre contrariété. Mais ce n'est pas parce que je ne le montre pas que je ne suis pas en colère, que je ne souhaite pas du plus profond de moi-même de me venger.

—Malefoy m'avait conseillé de devenir comme lui, lorsqu'il m'a sauvé. Aussi froide que la pierre, garder un masque constant, je l'ai fait, je me suis entraînée, durement, ça n'a pas été facile, mais j'y suis parvenue. Et puis tu es arrivé, je ne pouvais pas faire semblant avec toi, mais à l'extérieur, j'étais toujours aussi froide que la pierre, ça n'a jamais été un problème, jusqu'à ce qu'on débarque ici. Plus on avance dans le temps, moins j'arrive à me contrôler et je déteste ça. Je n'arrive plus à être impassible dans n'importe quelles circonstances, je n'arrive plus à contrôler mes crises, à contrôler mon corps, et ça me tue.

Remus ne répondit pas tout de suite à son amie, il savait que perdre le contrôle de soi même pouvait être perturbant, il l'avait appris à ses dépends lorsqu'il était devenu loup-garou. Le masque impassible, il n'avait jamais su le garder, mais contrairement à Hermione, cela s'améliorait depuis qu'ils étaient dans le passé.

—Je suis contente qu'on achète cette maison.

—Ce n'est pas vraiment mon argent.

—Ce n'est pas vraiment le mien non plus. C'est celui de Harry. Et Harry te dirait que c'est celui de ses parents et de Sirius. Personne ne le sait mais on est les sorciers les plus riches d'Angleterre. Alors on peut s'acheter une belle maison, qui servira aussi à l'Ordre, alors autant en profiter. Surtout que celle-ci était ta préférée.

—Elle est magnifique, j'ai toujours trouver très beau les maisons en pierre et cette vue est à couper le souffle.

—Ouais... J'ai eu ma dose de mer pour le restant de mes jours.

—Tu veux dire que tu n'iras même pas te baigner une seule fois ?

—On est de retour en Angleterre Rem'. Elle ne sera pas à la même température que la mer de Corail. Je verrais bien. Ça fera bizarre d'avoir chacun sa chambre. Depuis qu'on est dans l'Ordre on dort dans la même pièce.

—Au moins je ne t'entendrai plus ronfler.

—Je ne ronfle pas ! s'indigna Hermione avec un petit sourire.

—Sérieusement, on dirait presque un hôtel.

—Un petit hôtel.

—On pourrait garder le dernier étage pour nous.

—On n'a pas besoin de quatre chambres.

—On pourrait utiliser une pièce pour étaler nos recherches, mettre des cartes, les endroits où ils pourraient être.

—Et si quelqu'un tombe sur cette pièce ?

—Hermione tu connais plus de sorts que la plupart d'entre nous. Je suis sûr que tu trouveras un moyen pour qu'on soit les seuls à pouvoir passer.

—Et la deuxième pièce ?

—J'aimerais un endroit où on pourrait entreposer nos souvenirs. Je ne pourrais jamais voir Nymphadora, tous les jours, me sourire sur une photo dans ma chambre, mais dans une pièce à côté... Je pourrais y aller lorsque je sentirais que j'en aurais besoin.

—Une pièce avec des photos de tout le monde ? Je ne sais pas si je pourrais.

—Tu ne seras pas obligée d'y aller. Mais j'aimerais beaucoup. Je n'ai pas beaucoup de photos, j'ai presque tout perdu.

—D'accord. Je ne sais pas si je pourrais le faire tout de suite, mais si ça te fais du bien, je ne peux pas le refuser, c'est notre maison. Autant ma mienne que la tienne, alors, on va la construire cette pièce ? Tu te rends compte, on ne trimballera plus toutes nos affaires dans un petit sac. On aura un vrai chez nous.

Remus acquiesça furtivement. Un vrai chez lui. Cela n'était pas arrivé depuis des années, cela semblait presque irréel après toutes ces années à vagabonder sans cesse. Leur vie était un ramassis d'événements surnaturels, tous plus aberrant les uns que les autres, mais cela avait quelque chose de réconfortant de savoir qu'il y aurait un endroit qui les attendrait, lorsqu'ils rentreraient de mission, éreintés.

Ils décidèrent d'un commun accord d'aller aménager leur maison, c'était toujours étrange à prononcer, et de la préparer à devenir le quartier général de l'Ordre du Phénix. Ils avaient fait venir des meubles depuis un magasin du chemin de traverse et les installer avec l'aide de la magie. Ensuite, ils placèrent des sortilèges de défense tout autour de leur terrain, Hermione s'occupait des sorts de magie noire et Remus de ceux dits « blancs ». Ils savaient qu'il ne devait pas avoir trop de sorts noirs puisqu'ils étaient plus facilement repérables. Il ne manquait plus que les mangemorts repèrent leur QG parce qu'il y avait trop de magie noire !

Ils partirent s'endormir aux alentours de deux heures du matin, fiers de leur nouvelle habitation et de ce qu'il avait fait pour la rendre plus agréable.

Le lendemain matin, Remus se réveilla comme tous les jours vers sept heures, mais ne réalisa pas immédiatement que quelqu'un était entré dans sa chambre. Hermione s'était pourtant chargée de faire tout le nécessaire pour qu'ils puissent être les seuls à monter à cet étage. Si quelqu'un d'autre voulait monter, il aurait dû s'y mettre pendant plusieurs années avant de pouvoir y parvenir.

Totalement réveillé désormais, Remus se leva et s'aperçut que c'était Hermione elle-même qui se trouvait avachie dans se fauteuil, dormant tranquillement. Sachant qu'elle avait comme lui beaucoup de mal à dormir, il s'apprêta à sortir se préparer, mais c'était sans compter sur le vieux plancher et ses horribles craquements. Hermione se réveilla en sursaut et dégaina sa baguette avant de s'apercevoir que ce n'était que Remus.

—Rem' ! Tu m'as fait peur.

—C'est toi qui m'a fait peur, j'ai cru que les sortilèges n'avaient pas fonctionné et que quelqu'un était entré dans ma chambre.

—Je suis désolée, je n'arrivais pas à m'endormir, et dans ses moments-là, comme toujours, j'ai revu ma sixième année. Quand je me suis enfin endormie, j'ai commencé à rêver de l'AD, puis de la bataille des Mystères et de la mort de Sirius... Je n'ai pas pu me rendormir, le silence était trop pesant, et avant, le bruit de ta respiration me berçait alors j'ai tenté de venir ici. Je sais que je n'aurais pas dû, mais je ne savais vraiment pas quoi faire d'autre.

—Il n'y a pas de problème, je préfère le savoir plutôt que de me réveiller sans savoir ce qu'il s'est passé pendant la nuit. La prochaine fois, métamorphose toi un lit, ce sera bien plus agréable que ce fauteuil.

—Tu m'autorises à revenir ?

—Hermione, tu dors trois-quatre heures par nuit tout au plus. Je ne vais pas te priver du peu de sommeil que tu as. Si tu peux dormir plus paisiblement, ce n'est pas moi qui vait t'en empêcher. Maintenant va d'habiller, on doit faire transplaner Maugrey et il ne supporte pas le retard et un Maugrey en colère... Je préfère éviter ça.

Remus fit transplaner Maugrey une dizaine de minutes plus tard et l'auror s'approcha, avant d'être violemment expulsé du terrain. Il revint et ne se fit pas avoir une deuxième fois, il analysa d'un coup de baguette tous les sorts qui avaient été mis en place.

—Vous auriez pu m'attendre, c'était à moi de faire le nécessaire pour protéger le QG, ronchonna-t-il.

—Mais c'est notre maison, et c'est à nous de décider quels sorts on préfère pour être protéger.

—Repousse moldu, sortilège de dissimulation, sortilège de silence, sortilège d'expulsion.

Il s'arrêta brusquement en s'apercevant quels étaient les autres.

—Vous avez mis des sortilèges de magie noire ! Mais c'est pas le quartier général des mangemorts hein !

—Ces sortilèges sont très utiles. Le premier expulsera très loin quiconque porte la marque des ténèbres et il est associé à un sort qui permet de lire dans le cœur de la personne. Si elle a des intentions honorables, elle pourra passer, mais si elle entre pour nous nuire, son voyage en Sibérie devrait lui changer les idées.

—Bien, il ne manque plus que le fidelitas. Albus devrait pouvoir être là bientôt.

—Nous souhaitons un double fidelitas. Cela permettra plus se sécurité.

—Lequel d'entre vous veut le faire.

—Moi vivant, jamais je ne serais gardien secret, déclara Remus d'une voix froide.

—Nous voulons que vous soyez le second gardien.

—Vous êtes au courant qu'Albus et moi-même sommes probablement les deux personnes à abattre dans cette guerre.

—Si vous venez à mourir, nous reconsidérons notre sort, mais pour l'instant, nous voulons que ce soit vous. Avant de partir, donnez-nous votre sang, ça vous évitera d'être expulsé à chaque fois que vous viendrez.

Il revint une heure plus tard, accompagné de Dumbledore. Hermione dut faire appel à tout son contrôle pour s'empêcher de rire en voyant Dumbledore se faire expulser ainsi. Remus lui expliqua ce qu'ils avaient fait. Dumbledore parut surpris pendant quelques secondes, il ne s'attendait sûrement pas à voir la maison aussi bien protégée alors que lui et Maugrey n'avaient rien fait. Ils firent ensuite le rituel pour rendre la maison invisible sous le fidelitas.

Ils retournèrent tous les quatre dans le bureau de Dumbledore, où les autres membres de l'Ordre les attendaient. Ils les firent transplaner et Hermione ne put se retenir de sourire lorsqu'elle les vit tous se faire expulsés.

—Dumbledore est devenu fou !

—Tu crois vraiment que c'est Dumbledore qui aurait mis un sort comme ça Sirius ?

Le sorcier se releva et vit Helena sourire. Son sang ne dit qu'un tour et il s'apprêta à lui montrer son mécontentement lorsqu'il fut de nouveau expulsé.

—Pourquoi ils ont pu entrer et pas moi ? demanda-t-il en voyant ses amis passer une seconde fois la barrière sans aucun problème.

—Tu étais animé de mauvaises intentions, alors la magie la sentit.

Sirius rejoignit James et Remus, tout en râlant contre Hermione. Dumbledore et Maugrey leur dévoilèrent la maison et ils y entrèrent. Remus leur fit faire le tour de la maison sous leurs regards curieux.

—Au rez-de-chaussée, il y a le salon, la salle à manger, la cuisine et un bureau pour traiter les affaires de l'Ordre. Le premier étage est une grande pièce de combat. Même si on s'entraîne plus souvent dehors, on a pensé que ce serait bien d'avoir une salle pour s'entraîner. Le deuxième et trois étages sont constitués uniquement de chambres. Cette maison est un ancien hôtel donc chaque chambre à aussi sa propre salle de bain. Pour ceux qui ne dormiront pas ici, il y a des toilettes et un lavabo à côté du bureau, expliqua-t-il.

—La maison n'était pas sur quatre étages ? fit remarquer Sirius.

—Vous avez interdiction formelle, tous autant que vous êtes de pénétrer au quatrième étage. C'est notre maison, il est donc normal que nous ayons notre propre espace. N'essayez même pas d'y entrer, sauf si vous voulez perdre un membre, dit Hermione d'une voix froide.

—Il y a le jardin et la mer à côté, vous pouvez y aller sans problème.

—Une dernière chose, il nous faut votre sang pour éviter que vous ne soyez expulsé à chaque fois que vous transplaner.

Chacun donna de bonne grâce son sang, l'expulsion n'était pas très agréable. Les membres les plus âgés repartirent tandis que ceux qui resteraient dormir allèrent choisir leur chambre.

Cette maison était une renaissance, autant pour l'Ordre du Phénix que pour les élus du Temps. Ils espéraient tous que cela se passe bien, qu'il n'y ait pas de nouveaux traîtres, de nouveaux morts, mais au plus profond d'eux-mêmes, ils savaienr qu'ils se voilaient la face. Une guerre sans morts relevait de l'utopie. Hermione et Remus, eux, espéraient simplement pouvoir sauver le plus grand nombre et détruire à tout jamais Voldemort. Parce que les morts ne pourraient être évitées. C'était la guerre, pas un conte de fée.