Une vie cache une âme, un sourire cache une larme, un rire des souffrances, le meilleur cri pour celui qui souffre est le silence et il sait se faire entendre.
Anonyme
Remus passa son bras autour de l'épaule d'Hermione tout en lui soufflant que cela se passerait bien. Les deux voyageurs du Temps venaient d'entrer dans une propriété appartenant aux Black, que Remus connaissait bien. Ce manoir était le quartier général des mangemorts, ou plutôt ce qu'il en restait. Il y avait eu une terrible bataille, deux jours auparavant, qui avait coûté la vie à de nombreuses personnes, que cela soit du côté des aurors et ou du Seigneur des Ténèbres.
Aucun membre de l'Ordre n'avait été tué mais plusieurs étaient salement amochés. Fol-oeil avait perdu sa jambe, Hermione savait désormais comment il avait eu sa jambe de bois. Gideon Prewett était dans le coma, mais d'après les médicomages, il avait de bonnes chances de se réveiller dans la semaine. Emmeline Vance avait perdu la moitié de sa vue, seul son oeil gauche étaient encore fonctionnel. Caradoc Dearborn quant à lui avait été touché par un sortilège inconnu et était en ce moment-même examiné par les meilleurs médicomages de Sainte Mangouste. Les autres avaient eu des blessures bénignes, comme des coupures ou des membres cassés, rien qui ne pouvait être réparé.
Remus et Hermione s'étaient tous les deux pris de plein fouet un même sortilège, lancé par les frères Lestrange. Chacun arborait une cicatrice qui partait du front et qui se terminait à l'oreille, en traversant tout le visage. Comme s'ils n'avaient pas assez de cicatrices... Mais aucun d'eux n'avait été blessé sévèrement.
Les mangemorts, à la fin de cette bataille avait abandonné leur QG et Dumbledore avait ordonné une inspection approfondie du Manoir, pour peu que Voldemort soit assez inconscient pour laisser ses plans alors qu'il partait. Hermione trouvait cela stupide, elle commençait à connaître son ennemi, mais elle devait obéir, sauvegarder les apparences, qu'elle qu'en soit le prix. Elle s'était laissée bien trop aller ces dernières semaines, en révélant aux maraudeurs qu'elle avait été violée et torturée et à Fabian pourquoi elle détestait tant le deuxième jour du mois de mai.
Les membres de l'Ordre les plus qualifiés en magie noire s'étaient déplacés sur les lieux et malheureusement pour eux, Hermione en faisait partie. Remus l'avait accompagné, il était hors de question qu'elle aille seule dans ce manoir alors qu'ils ne savaient pas ce qu'ils allaient trouver. Ce manoir appartenant aux Black, il était sûr qu'ils allaient avoir affaire à un tas d'objet de magie noire, mais quoi ? Nul ne pouvait le savoir. Lorsqu'ils entrèrent dans le salon, ils s'aperçurent que très peu de personnes étaient présentes.
Maugrey était là malgré sa jambe en moins. Ils ne savaient pas comment il avait pu s'échapper de la surveillance des médicomages, parce qu'ils ne seraient pas inconscients au point de laisser quelqu'un avec une jambe sortir de Sainte Mangouste moins de quarante-huit heures après son accident, mais cela n'avait pas dû se faire en douceur. Frank et Alice se tenaient l'un à côté de l'autre, en tant que (futur) auror, ils devaient connaître la base des arts sombres et pouvaient donc être utile. Sirius était là, après tout le Manoir appartenait à sa famille, même si le sorcier n'y avait jamais mis les pieds. Hermione s'aperçut que Dumbledore n'avait même pas fait le déplacement, pourtant, les élèves de Poudlard devaient partir le matin même du château. La voyageuse temporelle se retint de grincer des dents et de lancer une réplique cinglante, mais puisqu'il n'était pas là...
—Bon, commença Fol-oeil. Les Prewett nous auraient été utile, mais étant donné que l'un d'eux est dans le coma, ils ne viendront pas. Emmeline voulait venir mais elle a eu un empêchement mais nous avons avec nous la meilleure connaisseuse de magie noire, plus que certains mangemorts alors ça devrait aller.
Hermione soupira et jeta un regard noir à l'auror, qui ne s'en préoccupa nullement. Ils partirent chacun de leur côté. Hermione fouillait l'étage qui lui avait été attribué de fond en comble, elle avait trouvé quelques livres qui pourraient être intéressant, mais comme elle s'en était doutée, aucun plan sur les projets des mangemorts. Elle avait récupéré quelques objets de torture, qu'elle s'empresserait de brûler une fois partie. Elle entama la dernière pièce et commença par ouvrir le placard. Elle s'éloigna brusquement lorsqu'elle vit une silhouette sombre sortir de celui-ci.
Remus inspectait lui aussi un étage, il avait dû se retenir de vomir lorsqu'il était entré dans une salle de torture, là où il y avait encore du sang séché et des cheveux. Il espérait finir au plus vite, tout faire brûler et s'éloigner le plus rapidement possible, sans un regard en arrière. Il était perdu dans ses pensées lorsqu'il entendit un hurlement à glacer le sang de n'importe qui. Il se précipita vers la source du cri, mais les autres membres de l'Ordre avaient été plus rapide que lui. Il poussa Frank et Alice qui lui bouchaient la vue et vit Hermione au sol, qui hurlait. Elle pleurait beaucoup et ses larmes salées se mélangeaient à son sang, qui coulaient tout le long de son corps. Elle était à genoux, ses cheveux noirs étaient en bataille et ses yeux, il y avait une telle détresse. Remus se retourna vers l'objet, ou plutôt la personne, de l'état d'Hermione.
Bellatrix Lestrange se trouvait devant lui. Elle avait comme toujours son expression sadique, mais elle ne disait rien. Voyant qu'elle n'attaquait pas, Remus s'approcha et lorsqu'elle le vit, elle se transforma en une jeune femme aux yeux noisettes et au cheveux chatains, étendue sur le sol, les yeux grands ouverts, morte. C'était Hermione. Bien qu'il fut très troublé par cela, le sorcier se ressaisit et murmura Riddiculus vers le corps qui se transforma en une poupée et fut aussitôt renfermé dans le placard.
Remus se précipita vers Hermione, qui n'avait pas bougé, seuls ses hurlements s'étaient tus et elle s'était retranchée dans un mutisme effrayant.
—Helena, dit-il de sa voix la plus douce. Ce n'était pas elle, ce n'était qu'un épouvantard. Elle ne te fera plus de mal. Je ne le permettrais pas. Je te protégerais. Tu es plus forte qu'elle, tu peux la battre.
Le sorcier ne savait pas si son amie entendait ce qu'il disait. Elle paraissait tellement loin de lui. Elle ne répondit pas, elle ne bougea pas d'un cheveux, en apparence, rien avait changé.
—Helena, je vais te toucher, d'accord ? Je vais te prendre dans mes bras et te porter. On va rentrer à la maison, personne ne va te faire du mal.
Remus s'approcha d'elle et la prit dans ses bras, prenant garde à ne pas lui toucher la peau. Ses vêtements étaient pleins de sang, ses mains aussi. Il fallait qu'il se dépêche s'il voulait qu'elle ne fasse pas d'hémorragie.
Maugrey ordonna à tout le monde de déguerpir sur le champ puis lorsqu'ils furent tous partis, il mit le feu au manoir. Rien d'étonnant, la visite n'avait été d'aucune utilité, Voldemort n'avait laissé aucun document. Cependant, l'auror avait tout de même appris quelque chose, l'épouvantard de Helena Grace est Bellatrix Lestrange, ce qui veut dire qu'elle l'avait rencontré il y a plus de deux ans parce qu'elles n'avaient jamais pris part à une même bataille toute les deux depuis la création de l'Ordre et Grace n'avait pas pu la rencontrer à Poudlard. Mais selon les dires d'Albus, les deux sorciers arrivaient tout juste d'Espagne lorsqu'ils avaient demandé à rejoindre Poudlard. Et qui était donc cette fille que Lucas craignait de voir morte ? Pourquoi n'était-elle pas avec eux ? Le Mystère Helena Grace et Remi Lucas s'épaississait encore, pour son plus grand déplaisir. Mais Maugrey avait l'habitude des enquêtes complexes, c'était son métier après tout, alors il trouverait ce que ces deux personnes cachaient, même s'il devait mettre des années, il trouverait.
Hermione n'avait pas quitter son lit depuis deux jours. Elle n'avait pas non plus prononcé un seul mot, c'est à peine si elle adressait un regard à Remus lorsqu'il entrait dans sa chambre. Elle semblait comme enfermée dans sa propre tête. D'autres membres de l'Ordre avaient tenté de venir la voir, mais dès que quelqu'un s'approchait trop près d'elle, elle faisait une crise de panique, totalement incontrôlable. L'état d'Hermione inquiétait grandement Remus, si la seule vue de Bellatrix la mettait dans cet état, qu'est-ce que ça donnerait si elles étaient à nouveau confrontées ? Comment Hermione arriverait-elle à outrepasser sa profonde terreur pour Lestrange ? Il était peu probable qu'elle y arrive, elle l'avait marquée à vie, littéralement. A chaque fois qu'elle baissait les yeux, elle voyait le sang-de-bourbe gravé sur son avant-bras. Lorsqu'elle se regardait dans un miroir, elle ne pouvait s'empêcher de voir le serpent tatoué sur sa nuque. Bellatrix Lestrange lui avait fait beaucoup plus de mal que Voldemort, c'était sa plus grande peur et on peut réussir à vaincre ses peurs, mais dans le cas d'Hermione, elle n'était pas anodine. Elle ne pourrait jamais vivre en paix tant qu'elle serait vivante.
« Aucun ne pourra vivre tant que l'autre survit. »
Voilà ce que disait la prophétie au sujet de Voldemort et Harry. Mais survivre, c'est ce qu'Hermione et lui faisaient depuis des années. Vivre leur paraissait si lointain. Mais Hermione ne pourra jamais survivre si Bellatrix vit pleinement. Même dans le passé, cette foutue prophétie continuait à avoir du pouvoir.
Harry et Voldemort
Hermione et Bellatrix
Un survivant à chaque fois.
Harry était mort.
Hermione semblait l'être mentalement.
Pourtant, contrairement à son ami, elle était encore là, il fallait qu'elle se ressaisisse, qu'elle se batte pour vivre. Elle devait vivre, pour tout ceux qui était mort, pour tout ceux qui ne faisait que survivre, comme elle depuis plusieurs années.
La jeune femme avait été un tel soutien ces dernières semaines qu'il devait lui rendre la pareille. La destruction de l'horcruxe présent dans la bague des Gaunt et l'approche de l'anniversaire de Teddy avait complètement fait vriller Remus. Pendant plusieurs jours, il n'avait fait que boire, comme plusieurs années auparavant, à la mort des maraudeurs, en 1981. Hermione l'avait retrouvé le deux mai, ivre, mais ne lui avait rien reproché, pas même un regard de travers. Elle avait encaissé, mettant sa peine de côté pendant ce jour si funeste. Elle avait fait de son mieux pour aider Remus, l'avait fait décuver, lui avait donné une potion anti-gueule de bois et l'avait écouté pleurer, l'avait réconforter. Elle ne l'avait pas engueulé pour avoir disparu de la circulation pendant deux semaines et demi, pour l'avoir inquiétée durant tout ce temps, craignant d'apprendre sa mort. Elle l'avait pris dans ses bras, avait refoulé ses émotions, avait dirigé les opérations et maintenant elle craquait.
Tout le stress accumulé, sa fatigue, sa peur, son désespoir, tout cela elle le transformait en silence. En un silence si pesant, si assourdissant, que Remus aurait préféré l'entendre crier. Parce que ce silence était un appel à l'aide. Revoir Bellatrix Lestrange, même à travers l'épouvantard, lui avait ramené tout son passé en pleine figure, plus encore que pendant ses crises. Hermione, à cause de Voldemort, avait vécu à nouveau ses tortures et ses viols et même si elle avait été sacrément ébranlée, elle s'en était remise. Remus savait que toutes ces batailles, tous ces plans n'étaient pas bons pour eux. Il vivait cela une troisième fois pour lui et une seconde pour Hermione. C'était déjà beaucoup trop. Il fallait qu'ils s'éloignent quelques temps de la Grande Bretagne, pour leur santé mentale.
Sirius était assis dans la salle de combat le regard vide. La plupart des membres préférait aller marcher sur la plage ou se reposer sur le sable pour réfléchir, mais pas lui. Cela lui rappelait les longues heures qu'il avait passé avec sa famille, dans un manoir appartenant aux Black dans le sud de la France. La mer lui rappelait les prémices de la magie noire qu'il avait appris avec Bellatrix en torturant des animaux lorsqu'il était gamin.
L'épouvantard de Helena était Bellatrix, sa cousine. Comment pourrait-il la regarder à nouveau en face ? Sa cousine l'avait tellement marquée que c'était devenu ce qu'elle redoutait le plus au monde. Elle l'avait torturé, elle pouvait posséder Helena, par Merlin ! Sirius se sentait affreusement mal par rapport à cela. Il avait beau avoir quitté sa famille il y a maintenant plusieurs années, il était toujours un Black, son enfermement à Azkaban l'avait bien montré. Toute sa vie, il devrait vivre avec ce fardeau : faire parti de la Maison des Black.
—Sirius.
Le sorcier ne prit pas la peine de se retourner en entendant son petit-ami. Il ne voulait pas qu'il le voit comme ça. Il ne fallait pas qu'il flanche devant les autres, encore un foutu héritage de sa famille, être digne en toute circonstance.
—Tu n'y es pour rien Patmol. Tu n'as rien avoir avec elle. Lorsque Helena reviendra à elle-même, elle ne t'en voudra pas.
—Comment ai-je pu ne pas m'en douter ? Comment peut-elle ne pas la voir à travers moi ? On est des Black, on est tous pareil : cheveux noirs et bouclés, yeux gris, caractère de merde. Il n'y a que Narcissa qui a échappé à cette foutue tradition et qui a les cheveux blonds. Bellatrix, Andromeda, Regulus, mes parents, mes oncles, on est tous pareil. J'ai beau avoir quitter cette famille de fou, je resterai toujours un Black ! J'aurais toujours cette noirceur en moi. Tu as vu ce que ma famille a fait à Helena. Je ne pourrais plus jamais la regarder dans les yeux.
—Eh, doucement. Helena a subi on ne sait quoi avec Bellatrix, mais elle sait très bien que tu n'es en rien responsable. Cela s'est sûrement produit avant qu'elle entre à Poudlard. Est-ce que cela l'a empêché de t'aider lorsque tu en avais besoin ? Est-ce que cela l'a empêché de te sauver lorsque tu t'es pris un sort inconnu ? Est-ce que cela l'a empêché de te faire sortir d'Azkaban ? Tu connais toutes ces réponses. Jamais Helena ne pourrait t'en vouloir pour quelque chose que tu n'as pas fait. Qu'est-ce que tu aurais pu faire de toute façon ? Tu ne la connaissais même pas. D'autres personnes se font torturées en ce moment-même et je comprends pourquoi le sort d'Helena t'atteint plus, mais tu n'y peux rien Sirius.
Remus fit une pause dans sa tirade pour laisser le temps à Sirius d'assimiler tout ce qu'il venait de lui dire. Il respira un grand coup avant de finir :
—Alors oui, tu seras toujours un Black, mais ce n'est pas cela qui doit te définir.
Les paroles de Remus semblaient faire effet jusqu'au cerveau de Sirius puisqu'il tourna la tête vers lui. Son regard s'était un peu adoucit, et Remus soupira lorsqu'il vit qu'il n'y avait aucune trace de larmes sur les joues de Sirius. Un Black ne pleure pas. Voilà encore quelque chose dont Sirius ne se détachait pas. Mais il devait le faire, parce que pleurer, c'était être humain tout simplement, laisser ses émotions sortir.
—Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.
—Tu devrais te trouver un plan-cul, railla-t-il.
—Sérieusement Rem'. Tu es la personne la plus importante au monde.
—Tu oublies James.
—C'était vrai avant. James restera toujours mon meilleur ami. Mais il est avec Lily et même si on n'en parle pas, on s'est un peu éloigné. Pas beaucoup, mais la Guerre nous éloigne. On fait des missions différentes, on ne se voit plus vingt-quatre heures sur vingt-quatre comme avant. Il va se marier, construire sa petite famille. Et je pense ce que j'ai dit, tu es la personne la plus importante pour moi.
—Tu penses vraiment que James et Lily vont se marier si rapidement ?
—Je parie cinq gallions que ce sera avant la fin de l'année.
—Lily n'est pas encore prête. Mais ils seront mariés avant l'été prochain, j'en suis persuadé. Cinq gallions.
—Prépare-toi à perdre mon chéri.
Remus avait fait venir les membres de l'Ordre dans le salon, à la fin de la réunion hebdomadaire. Habituellement, les plus âgés partaient aussitôt la réunion terminée mais aujourd'hui, il avait quelque chose à leur annoncer.
—Merci d'être resté, je vais être bref pour ceux qui sont attendus, Helena et moi-même allons partir quelques temps.
—Partir ? C'est-à-dire ? demanda Lily.
—Nous allons quitter le pays.
—Quoi ! Mais, vous ne pouvez pas nous abandonner ainsi, on a besoin de vous ! Et comment on va faire pour le QG ? Vous allez partir en vacances en pleine guerre ?
—Non, nous n'allons pas vous abandonner. Vous pourrez garder la maison comme QG. Et non, nous ne partons pas en vacances. Nous allons accomplir une mission, très importante et qui sera décisive dans la lutte contre Voldemort. Avant que vous ne posiez de questions, je ne vous dirais pas en quoi cela consiste. Et puis Helena a besoin de s'éloigner de l'Angleterre, c'est l'occasion parfaite. Même si ce qu'on va faire ne sera pas très agréable.
—Vous partez où ? Pour combien de temps ? s'interrogea Sirius.
—Je ne sais pas. On peut le trouver en deux jours, comme en deux semaines, comme en deux mois. Et pour votre sécurité, c'est mieux si vous ne savez pas où on va.
Sur ces paroles, les sorciers qui ne dormaient pas au QG transplanèrent chez eux et les autres, à savoir les maraudeurs, Lily et Alice qui avait décidé de rester là puisque Frank était en mission.
—Comment vous pouvez nous faire ça ? Je voulais que vous soyez là pour le mariage.
—Mais on pensera à vous Alice. Je sais que tu aurais voulu qu'on vienne, mais c'est la période idéale, il n'y a personne à Poudlard donc en cas de problème, Dumbledore et Minerva seront là. Vous n'allez pas avoir besoin de nous. Tout ira bien.
—Mais si vous mourrez ? Personne ne le saura et on attendra désespérément que vous reviendrez d'on ne sait quel pays.
—Du calme. On ne compte pas mourir, ni moi ni Helena malgré ce qu'elle dit. Et si par malheur c'était le cas, Minerva a le moyen de nous localiser.
—Et si l'un d'entre nous meurt ? Il y aura forcément des batailles pendant votre absence. Vous faites partis des meilleurs. Vous allez rentrer, tout heureux d'avoir accompli votre mission et vous tomberez des nues en voyant la moitié d'entre nous mort.
—Alice. Qu'est-ce qui te tracasse autant ?
—Je ne sais pas. Toutes mes amies auraient dû être présente. Et puis Mary est morte sans qu'on ne puisse rien y faire. C'était ma meilleure amie. Et puis en janvier, Dorcas est partie. Il ne me reste que Lily et j'ai peur de la voir mourir et de me retrouver seule. Et Helena, même si elle a tenté de nous repousser mainte fois, je la considère comme mon amie. Et malgré toute cette fichue guerre, je veux que mon mariage soit un jour heureux mais l'absence de mes amies planera au-dessus de nos têtes.
La sorcière avait les larmes aux yeux, Lily s'était rapprochée d'elle et la prenait dans ses bras tout en lui caressant les cheveux.
—Je ne vais pas mourir. Tu vas encore me supporter pendant longtemps.
—Quant à toi, fit Alice en regardant Remus. Tu as intérêt à revenir en vie et Helena aussi. Sinon je vous ressuscite et je vous tue !
Remus eut un sourire contrit devant l'expression de la jeune femme. Même si les autres ne s'étaient pas autant exprimés qu'elle, le voyageur temporel avait lu dans leurs regards qu'ils n'en pensaient pas moins. Les dernières missions qu'ils avaient faites n'avaient pas été couronnées de succès, mais ils devaient aller chercher cet horcruxe, sinon Voldemort continuerait d'être immortel. C'était le cas de le dire, c'était une question de vie ou de mort.
