« Il faut savoir ce que l'on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire, quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. »
Georges Clemenceau
James était assis sur le sable, les yeux dans le vague. Depuis qu'ils étaient ressortis de l'infirmerie, Lily l'évitait. Cela n'avait rien d'étonnant au vu de leur dernière conversation, mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir blessé. Lily avait eu l'air tellement choquée, tellement en colère lorsqu'il l'avait demandée en mariage qu'il se demandait s'il avait bien fait. Mais il l'aimait, il l'aimait de tout son cœur. Il ne pouvait pas concevoir qu'il n'était qu'une passade pour elle. James voulait faire avancer les choses dans leur couple, c'est pour cela qu'il s'absente, il voulait rendre Lily heureuse. Mais la jeune femme ne semblait pas vouloir lui parler.
Le sorcier ne se retourna pas lorsqu'il entendit des pas se rapprocher. Il savait qui c'était. Remus s'assit à côté de lui, et soupira lorsqu'il vit des traces de larmes sur les joues de son meilleur ami. Il ne savait pas ce qu'il s'était passé, mais il y avait quelque chose. Il l'avait remarqué au chevet de Helena, lorsque Lily avait évité le regard de James et que celui-ci avait semblé particulièrement blessé. Il n'avait pas pu poser de questions, l'endroit n'était pas propice, mais il savait maintenant qu'ils pourraient parler tranquillement.
—Qu'est-ce qu'il s'est passé Cornedrue ?
—J'ai demandé à Lily de m'épouser.
Voyant le regarde de son ami, Remus se doutait de la réponse, mais il connaissait Lily et il savait que la jeune femme aimait profondément James. Alors il se demandait ce qu'il avait pu se passer pour que les deux sorciers en viennent à s'éviter ainsi.
—Qu'est-ce qu'elle a répondu ?
—Rien. C'est ça le pire. Elle n'a rien dit. Elle m'a regardé d'un air… Je crois que j'aurais préféré qu'elle me hurle dessus, comme à Poudlard. Je l'aime tellement qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire sans elle ?
—Eh, doucement. Lily t'aime d'accord ? Il a sûrement dû se passer quelque chose pour qu'elle ne dise rien. Comment tu lui as demandé ?
—On se disputait à propos de mes absences et—
—Je crois que tu as touché le cœur du problème James. Lily ne sait pas ce que tu fais pendant tout ce temps. Il n'y a que moi et Sirius. Il est là-bas d'ailleurs. Je sais que tu voulais attendre que tout soit fini pour lui faire la surprise, mais tu ne crois pas que c'est précisément maintenant qu'il faut lui montrer.
—Je ne sais pas. Et si malgré tout elle n'accepte pas ? J'ai sacrifié tellement de choses. En premier, Sirius.
—D'abord, nous n'en sommes pas encore là alors attend un peu avant de te morfondre plus. Ensuite, ce n'est pas de la faute de Lily si Sirius et toi vous vous êtes éloignés. C'est la vie, la guerre. Je sais que c'est dur pour vous deux mais vous êtes toujours des frères. Et c'est à toi de faire en sorte de jongler entre ta vie de couple avec Lily et ton amitié avec Sirius.
—Tu t'oublies aussi Lunard. Même si Patmol est mon frère, tu restes mon meilleur ami, ne l'oublie pas. Et tu as raison. J'ai mis sept ans à sortir avec Lily, je ne vais pas me décourager maintenant.
Remus sourit et vit son ami se redresser et marcher avec hâte jusqu'à la maison. Il sortit des barrières de protection pour aller prévenir Sirius, il fallait mieux qu'ils soient partis lorsque le couple arriverait. Ça valait mieux pour tout le monde.
James entra dans la maison et vit Lily sur le canapé, sa tête entre ses mains. Elle tremblait et le sorcier savait que si elle relevait le tête, elle aurait des traces de larmes sur les joues, comme lui quelques minutes plus tôt.
—Lily.
La sorcière releva brusquement la tête et comme James s'en doutait, elle avait les yeux rougis et des larmes coulaient le long de ses joues.
—Je crois qu'on devrait parler.
La jeune femme hocha faiblement la tête et se leva pour rejoindre le sorcier. Sa démarche était hésitante, ses jambes tremblaient, ses yeux émeraude rencontrèrent ceux de James et il dut se retenir de ne pas la prendre dans ses bras lorsqu'il vit la douleur qu'il y avait à l'intérieur.
—James, je—
—Je dois te montrer quelque chose avant.
Ils sortirent des protections et James attrapa le bras de Lily et les fit transplaner.
—On est… On est à Godric's Hollow ?
Le jeune homme ne lui répondit pas tout de suite et ils se dirigèrent vers le centre du village. Aux abords de la place centrale, Lily crut voir les deux autres maraudeurs mais secoua rapidement la tête, Remus était au QG lorsque James et elle étaient partis. James s'arrêta devant une maison que Lily ne connaissait pas. Elle semblait presque terminée mais il y avait quelques ouvriers qui étaient tout de même présents. James lui prit la main et la fit entrer par un joli petit portail, ils remontèrent l'allée avant que Lily ne se rende compte brusquement qu'elle ne savait pas où elle allait.
—James, on ne peut pas rentrer ainsi chez les gens !
—Fais-moi confiance.
Ils entrèrent dans la maison et tombèrent sur une très belle pièce de vie, éclairée de toutes parts. Lily tourna sur elle-même, comme pour se persuader qu'elle était bien là. Les murs étaient blancs et la pièce n'était pas meublée, mais la jeune femme se pouvait s'empêcher de trouver un certain charme à cet endroit.
—James, c'est vraiment très beau ici, mais je ne comprends pas qu'est-ce qu'on fait là. Où sommes-nous ?
—Ici, c'est chez moi, c'est ma maison. Et aussi la tienne si ça te plaît.
Lily semblait complètement stupéfaite et James ne put s'empêcher de la trouver terriblement magnifique à cet instant.
—Je sais que tu ne te sens pas à l'aise au Manoir Potter, que tu le trouves trop grand, trop impersonnel, alors j'ai fait construire cette maison pour qu'on s'y sente tous les deux à notre place, pour qu'on y construise notre famille. Enfin, si tu le veux bien.
Les yeux de la sorcière se remplirent de larmes et elle sauta au coup de son petit-ami.
—Bien sûr que je veux qu'on construise notre famille ici, et bien sûr que je veux d'épouser sombre crétin ! Par Merlin ! On va se marier !
Un merveilleux sourire vint orner le visage de James et Lily entre ses larmes de joie, lui répondit d'un sourire tout aussi ravissant.
—Tu vas devenir une Potter, tu ne jures plus que par Morgane maintenant, fit-il en la faisant tourner dans les airs.
James sembla se rendre compte de quelque chose lorsqu'il termina sa phrase mais il secoua la tête, il avait tout le temps d'y penser plus tard. Le jeune couple profita de leur maison, car ils pouvaient désormais l'appeler ainsi. James fit visiter la totalité de la maison à Lily. Ils étaient sur un petit nuage, en dehors de la réalité, de la guerre. Ce fut Sirius qui vint briser leur bulle quelques heures plus tard.
« Cornedrue, il est onze heures. Il n'y a personne d'autre dans le QG que Lunard et moi. Je crois que c'est le moment. »
De retour sur Terre, Lily et James se regardèrent brièvement avant que la sorcière attrape le bras de son fiancé et transplana au dit QG. Ils rejoignirent Remus et Sirius dans le salon. Ce dernier semblait être très heureux de les voir.
—Cornedrue ! Tu sens le sexe à plein nez ! Et ce sourire niais ! Elle a accepté ?
—Sirius ! le réprimanda Remus, bien qu'il avait un sourire en coin. Félicitations tous les deux.
—Je vais être témoin !
—Pas sûr Black, fit Lily avec un petit sourire. Après tout Elle a accepté donc elle peut décider. On peut très bien choisir Remus…
Sirius les supplia avec un regard de chien battu, sous les yeux rieurs des deux fiancés.
—Je ne veux pas vous couper dans votre élan de bonheur, mais l'heure tourne, remarqua Remus.
Leurs visages reprirent une expression sérieuse et ils se dirigèrent tous les quatre vers l'infirmerie. Ce qu'ils virent les laissa stupéfaits.
Un halo de lumière entourait toujours trois personnes, les trois bijoux étaient toujours posés sur un livre, mais ce n'était pas ça le plus déroutant. Il y avait trois personnes, comme lorsqu'ils avaient quitté l'infirmerie la veille. Sauf que sur ces trois personnes, deux leur étaient inconnues.
—C'est quoi encore ce bordel ? s'énerva Sirius. Pourquoi Helena et Remi ressemblent à ça.
Ça. Sirius n'avait pas trouvé d'autres mots pour décrire les corps qui se trouvaient devant lui. Chaque centimètre de peau des deux personnes semblait être traversé par une cicatrice, plus ou moins ancienne, plus ou moins douloureuse. Ils n'étaient pas défigurés comme Maugrey, mais ils faisaient très certainement peur. Et ils ne connaissaient pas ces deux personnes. La fille lui disait bien quelque chose, mais il n'arrivait pas à se souvenir où il avait pu voir ce physique.
—Vous croyez que c'est eux ? demanda James avec hésitation.
—C'est forcément eux. Regarde les cicatrices de la fille, ce sont exactement les mêmes que celles qu'Helena avait hier.
—Ça veut dire quoi alors ?
—Cela veut dire que Remi et Helena ne sont pas ceux qu'ils prétendent être. Ils cachent leur véritable apparence, ils cachent bien d'autres choses. Et je pense que ça peut avoir un lien avec ces bijoux. Sérieusement, vous avez déjà vu Helena sans sa bague ? Et on apprend qu'elle a des propriétés magiques qui influencent la vie d'Helena. Leur vie est reliée à des bijoux. Et vu leur allure, c'est loin d'être des bijoux ordinaires.
—Et que Minerva est dans le coup.
—Je suis prête à parier qu'elle connaît toute leur histoire, elle ne leur ferait pas confiance si elle n'était pas au courant de tout.
—Tout de même, c'est étrange.
—Réveillons-les. On n'a plus que trois minutes. Et on aura des réponses.
La conversation pour savoir qui serait celui qui irait les réveiller fut animée. Chacun voulait y aller. Pendant que Lily affirmait à James qu'elle n'était pas une petite chose fragile, Remus assurait aux autres qu'il était le plus indiqué à y aller. Remi avait dit que la personne qui irait, souffrirait mais il pensait que la douleur pourrait être atténuée grâce à son métabolisme.
Avant que ses amis n'aient pu l'en empêcher, il passa à travers le halo de lumière. Il se trompait. La douleur était terrible. Peut-être plus que la transformation. Enfin il ne savait pas vraiment. Là, il avait mal, mais ne perdait pas son objectif de vue. Il était capable de garder la tête froide et d'avancer malgré la douleur. Il réveilla d'abord McGonagall, la sorcière papillonna avant de se redresser brusquement. Elle se chargea d'aller sortir Remi de sa léthargie pendant que Remus sortait du cercle lumineux. Combattre la douleur lui avait demandé beaucoup d'énergie, physique comme magique et il s'effondra. Sirius se précipita vers lui, vite rejoint par Lily et James.
Pendant ce temps-là, Remus, parfaitement réveillé se penchait sur Hermione tentant de la réveiller.
—Par la Magie du Temps, Réparez votre bague et délivrez-là de son Mal.
La phrase venait du livre, il y était indiqué ce qu'il fallait faire un cas de faible blessure d'un des bijoux. Enfin faible… Hel Poudlard avait bien précisé que une rayure, aussi infime soit elle revenait à un coup de poignard dans la vie et l'essence magique de la personne qui portait le bijou.
Mais avec eux, rien ne se passait jamais comme il fallait. Au lieu de se réveiller, Hermione se mit à convulser et à cracher du sang.
—Remi.
—Minerva, aide-moi, ce n'est pas bon du tout!
—Remi !
Le sorcier ne l'écoutait pas il tentait d'arrêter les convulsions d'Hermione. La jeune femme ne cessait de cracher du sang et dans l'urgence de la situation, il n'avait pas remarqué qu'elle avait retrouvé sa véritable apparence.
—Remi!
—Quoi ?
—Il faut qu'on remette les bijoux ! Et regarde-toi !
Le sorcier la regarda avec un air d'incompréhension. Il observa bêtement ses mains, comme s'il était soudainement devenu bleu mais ce n'était pas le cas. Ses mains étaient toujours les mêmes. Il y avait peut-être plus de cicatrices que les jours précédents, mais rien d'extraordinaire. Puis ses yeux tombèrent sur le corps d'Hermione. Le corps d'Hermione. Pas celui d'Helena.
Il se tourna vers les maraudeurs et Lily, qui le regardait avec un visage fermé.
—Remi, les bijoux !
Remus acquiesça et remit le bracelet du Temps à Minerva et prit lui-même le collier. Les remettre leur fit du bien, leur essence était liée aux bijoux et s'ils ne les portaient pas, ils mourraient, tout simplement. La puissance qu'émanait des bijoux surpris les quatre autres sorciers, qui ne comprenaient vraiment pas ce qu'il se passait. Comment d'aussi petit bijoux, aussi magnifiques et magiques qu'ils soient pouvaient contenir autant de puissance ?
L'effet fut immédiat, ils se sentaient à nouveau complet, en pleine forme, mais ce n'était pas le cas d'Hermione. La jeune femme crachait beaucoup de sang et son rythme cardiaque s'affaiblissait de seconde en seconde.
—Minerva ! Aide-moi, supplia Remus.
—Je ne sais pas quoi faire.
—Moi non plus. Elle se respire plus bordel !
Remus paniquait. Il tentait de garder son calme mais voir Hermione qui se respirait plus, cela commençait à faire trop pour lui. Il fallait absolument qu'il se calme et qu'il réfléchisse. Il ne connaissait pas d'autre sort que enervatum pour réanimer quelqu'un, et il n'avait pas marché sur Hermione.
—Accio sac de perle d'Helena.
Le sac arriva et il attrapa un défibrillateur. Hermione avait prévu cela dès la première chasse aux horcruxes en 1997 et heureusement elle n'en avait pas eu besoin. Mais comme souvent, elle avait raison et il allait effectivement servir.
—Minerva, écarte-toi.
Il plaça les électrodes sur la peau d'Hermione et un courant électrique vint soulever le corps de la jeune femme. Il recommença plusieurs fois et ses efforts payèrent, le rythme cardiaque d'Hermione revint à la normale. Minerva mit un masque à oxygène sur le visage d'Hermione et ils attendirent.
Les maraudeurs se regardaient, comme s'ils ne réalisaient pas vraiment ce qu'il venait de se passer. Aucun d'eux n'avait jamais vu de défibrillateur, seul Lily connaissait cet appareil, mais elle ne l'avait jamais utilisé. Après tout, elle souhaitait faire des études de médicomagie à la fin de la guerre, et elle avait appris quelques sortilèges de réanimation. Ils ne savaient pas combien de temps Helena mettrait à se réveiller mais honnêtement, ils étaient impatients.
Elle mit plusieurs heures. Les maraudeurs et Lily s'étaient retirés dans le salon au bout d'une demie-heure. Minerva et Remus étaient partis se doucher, ce dernier était couvert de sang et même s'il avait hésité à laisser Hermione seule, Minerva lui avait assuré que ce n'était l'affaire qu'une dizaine de minutes. Le sorcier en avait mis deux. Il aurait pu se lancer un simple récurvite mais Minerva avait affirmé que ce serait bien mieux pour lui de faire une vraie douche complète. Il avait fait un effort, il n'allait pas non plus laisser son amie aussi longtemps seule dans son état.
Dire qu'il était inquiet serait un euphémisme. Il se contrôlait pour ne pas trembler de peur, mais cela était dû à un entraînement sur lui-même de plusieurs années. Comment pourrait-il survivre si Hermione venait à mourir ? Elle était devenue son pilier depuis maintenant plusieurs années et il savait sans prétention qu'il était le sien. Il s'était relevé à la mort de James et Lily, très difficilement, seul au monde, mais il avait réussi. Il s'était relevé de la mort de Sirius, Dora avait été là pour le soutenir et certes, il n'avait pas voulu la laisser l'approcher pendant plusieurs mois, mais la jeune femme n'avait pas abandonné et avait réussi à percer sa carapace. Elle l'avait aidé à surmonter la mort de son dernier meilleur ami au-delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer.
Puis la grande bataille était arrivée et avec celle-ci, la mort de Harry, celle de Nymphadora ainsi que celle de Teddy. Il n'était pas mort, il ne s'était pas infligé la mort car il ne pensait pas la mériter, mais il était clair que si Hermione ne l'avait pas retrouvé dans cette cave humide du Manoir Malefoy, il serait mort. Hermione l'avait sauvé et il avait sauvé Hermione. Depuis des années, ils ne pouvaient compter sur personne d'autre qu'eux deux. Ils étaient les derniers survivants, les derniers espoirs. Si Hermione venait à mourir, Remus n'y survivrait pas. Parce qu'elle n'était plus qu'une simple amie. Elle était son pilier.
Mais heureusement pour la santé mentale de Remus, Hermione se réveilla. Ce fut en fin de soirée, Remus tombait de fatigue mais ne la quittait pas des yeux, il avait dormi pendant vingt-quatre heures, même si en réalité sa magie avait été puisée pendant vingt-quatre heures, il pourrait dormir plus tard.
—Harry, potion de force, mon sac, marmonna-t-elle à Remus, à demie-consciente.
—Mione. Ce n'est pas Harry.
La sorcière sembla se rendre compte de ce qu'elle venait de dire et s'excusa. Remus était plus que surpris, la dernière fois qu'elle avait pris quelqu'un d'autre pour Harry, cela ne s'était pas passé aussi facilement mais après tout, tant mieux si elle ne refaisait pas de crises. Sa sortie de coma magique devait l'aider. Le sorcier lui expliqua calmement les derniers événements.
Hermione savait que l'heure de vérité arrivait. Elle ne voulait pas avoir cette conversation, pas avec eux, mais elle n'avait pas le choix. Les autres membres de l'Ordre poseraient des questions et avec un peu de talent, ils n'auraient aucune réponse, mais ce n'était pas le cas des maraudeurs et encore moins celui de Lily.
Elle aurait aimé prendre une douche chaude et changer de vêtements, après tout elle était couverte de sang, séché ou non, et même si Lily en avait épongé une partie. Mais elle ne tenait pas sur ses jambes et elle savait que si Remus devait l'aider, ça prendrait beaucoup de temps et du temps, ils n'en avaient plus tellement. D'autres membres de l'Ordre pouvaient débarquer au QG à tout moment et même s'ils révéleraient des choses aux maraudeurs, il était hors de question de leur divulguer leur passé plus que nécessaire, mais Remus connaissait ses amis et lui-même et savait pertinemment qu'ils ne lâcheraient pas l'affaire aussi simplement.
Les deux Élus du Temps allaient devoir trouver des réponses aux questions, et des réponses contenant des parts de vérité. Ils ne devaient compter que sur eux-mêmes, Minerva étant retournée à Poudlard le plus tôt possible.
Le danger planait au-dessus de leur tête. Peu à peu, leur couverture qu'ils avaient mis tant de temps à créer volait en éclat. Les Bijoux, tout comme eux, n'étaient pas invincibles, ils ignoraient encore comment la Bague du Temps avait pu être abîmée. Mais des ennemis semblaient sortir de l'ombre.
Qui avait pu blesser Hermione ainsi ? Qui connaissait l'existence des Bijoux du Temps, ou au moins ses propriétés magiques reliées à son porteur ?
Toutes ces questions demeuraient en suspens et c'était le pire. Ils détestaient les mystères. Plus que tout. Mais ils y étaient toujours confrontés. De plus en plus fréquemment, et à des mystères de plus en plus mystérieux. Ils haïssaient cela mais comme la discussion qui les attendait, ils n'avaient pas le choix. Ils avaient des obligations. Ils étaient des Élus.
