« Truth hurts. But lies can kill. »
Karen Marie Moning, Fæfever

Remus aidait Hermione à se nettoyer à l'aide de sortilège, même si la jeune femme n'aimait pas vraiment cela. Il comprenait parfaitement qu'elle trouvait cela légèrement humiliant d'avoir besoin de quelqu'un d'autre pour faire sa toilette, comme une personne âgée, mais elle n'avait pas le choix, elle était blessée. Remus savait qu'elle mettrait plusieurs jours à se rétablir complètement de l'attaque et du coma qui avait suivi. La sorcière ne voulait pas se l'avouer, mais elle aurait encore besoin de lui, que ce soit pour un nettoyage comme celui-ci, à l'aide de sortilèges ou une douche plus complète. Au moins, ils avaient une baignoire à leur étage.

Lorsqu'ils eurent finis et que Hermione se trouvait à peu près présentable, c'est-à-dire qu'elle n'avait plus de sang sur sa peau ou ses vêtements, il en faudrait plus que quelques sortilèges pour retirer tout le sang séché de ses cheveux, Remus la porta jusqu'au salon où se trouvaient Lily et les maraudeurs, tous avaient le visage fermé et une expression froide, plus ou moins glaciale selon les personnes. Il déposa délicatement Hermione sur le canapé, mais la jeune femme ne put retenir une grimace de douleur.

Elle se sentait nue face à ces regards inquisiteurs. Elle avait beau avoir un pyjama sur elle, elle savait qu'elle était sous sa véritable apparence, l'apparence d'Hermione. Mais il fallait qu'elle garde à l'esprit qu'elle était Helena, et qu'elle devait continuer à jouer son rôle. Elle n'avait pas remis le sortilège d'objets cachés sur les chevalières Potter et Black. Et cela la faisait également se sentir nue. Depuis des années, elle cachait les chevalières que Harry lui avait confiées, elle en prenait le plus grand soin et les voir ainsi, révélées à la vue de tous, même si le «tous» était seulement cinq personnes. Toutes ses cicatrices visibles, la rendant vulnérable. Et elle détestait cela. Pourtant c'était d'un commun accord avec Remus qu'ils avaient décidé de garder leur véritable apparence.

Voir les quatre sorciers en face d'eux ainsi, alignés, le visage fermé montrait l'ampleur du problème dans lequel ils s'étaient fourrés. Comment allaient-ils pouvoir s'en sortir tout en révélant le moins d'informations possibles ? C'était un mystère pour Remus comme pour Hermione.

Ils semblaient tous aussi impatients les uns que les autres à poser les questions qui les tiraillaient mais ce fut James qui posa la première.

—Qu'est-ce qui est vrai sur vous ? demanda-t-il d'une voix glaciale. Est-ce que une seule putain de chose dans tout ce que vous nous avez raconté est vrai ?

Hermione et Remus se jetèrent un regard en coin, ils étaient énervés, la conversation allait être dure, non pas qu'ils s'attendaient à autre chose, mais ils avaient espéré que les maraudeurs puissent se montrer compréhensifs.

—Nous sommes des loups-garous.

Leurs regards incitaient Hermione à continuer, mais elle demeura silencieuse.

—C'est tout ? La seule vérité c'est que vous êtes des putains de loups-garous ?

Sirius s'était levé en commençant à s'énerver mais Remus lui avait rapidement intimé de se rasseoir. Ce dernier prit la parole, fixant son homologue dans les yeux.

—Alors toute l'histoire est fausse ? Sur Juan, Lea et Sergio ? C'était seulement pour me réconforter ? termina-t-il avec un rictus.

Ses amis s'interrogeaient du regard, n'ayant pas eu vent de cette histoire tandis que Hermione prit sa tête entre ses mains, se demandant pourquoi Remus avait choisi des prénoms aussi proches de la réalité.

—Non, bien sûr que non ! Et Helena n'a pas fini, nous sortons réellement d'une guerre où tous nos amis et notre famille sont morts.

—Alors pourquoi venir ici, à l'aube d'une nouvelle ?

—Parce que nous sommes des espions. Enquêter, combattre, tuer, c'est tout ce que nous savons faire.

—Des espions à la solde de qui ?

—Du diable, répondit-elle, très sérieusement.

Cela ne semblait pas leur convenir, la moue de Lily le montrait bien, mais devant l'expression catégorique d'Hermione, ils décidèrent de ne pas les interroger plus, du moins pour l'instant.

—Cette guerre, elle n'avait pas lieu en Espagne, n'est-ce pas ? Est-ce que vous avez déjà ne serait-ce que mis les pieds en Espagne ?

—Oui, une semaine, à l'hôpital de Madrid, je venais de mordre Helena.

Son visage se ferma encore plus qu'il ne l'était tandis que dans les yeux du jeune Remus, un bref éclair de compréhension passa.

—J'y suis aussi allée lorsque j'étais petite, mon grand-père était espagnol.

—Ce qui nous amène à la principale question, intervint Lily. Qui êtes-vous ?

Hermione soupira pendant que Remus se massait les tempes. Les véritables questionnements démarraient seulement maintenant, ils en étaient parfaitement conscients.

—Tout d'abord, je jure sur ma vie de ne pas légalement faire partie de la famille Black ou Potter.

Remus en fit de même puis déclara qu'en effet, ils avaient tous les deux menti sur leur identité sur ordre de leur supérieure, ce qui était vrai, c'était Hel Poudlard qui les avait prénommés Remi Lucas et Helena Grace, mais il leur affirma que sous aucun prétexte ils ne révéleraient leur véritable identité.

—Vous n'allez même pas nous dire vos vrais prénoms ? Enfin, si vous ne vous appelez pas Remi et Helena. Comment faites-vous pour ne pas vous tromper ?

—C'est de l'entraînement. Nous avons été habitués à nous parler avec différents noms. C'est toujours un peu difficile au début mais on s'y fait.

Une fois encore ils disaient la vérité. Ils s'étaient tous d'abord appelés respectivement Professeur Lupin et Miss Granger, puis Remus et Hermione, et enfin Rem' et Helena en public, Rem' et Hermione ou Mione, cela dépendait des circonstances, en privé. Quoi de mieux qu'une part de vérité dans tous ces mensonges ?

—Ce qui ne nous explique toujours pas pourquoi tu portes la chevalière de ma famille ainsi que celle de Sirius.

—Cornedrue ! Ce n'est plus ma famille !

—Je ne peux pas vous le révéler.

—Tu ne jures que par Morgane.

La déclaration de James laissa pantois les deux autres maraudeurs ainsi que Lily. Aucun d'eux ne comprenait ce que venait faire Morgane dans la conversation. Sirius et Remus, depuis qu'ils avaient onze ans ne juraient plus que par Morgane également, à force d'entendre James le faire, il s'était habitué et avait fini par l'imiter. Lily le regardait, attendant qu'il continue, avant qu'elle ne se rende compte-elle de quelque chose.

—Tu m'as dit que maintenant que j'allais devenir une Potter —Hermione retint avec peine un glapissement de surprise et de contentement, enfin ils allaient se marier, ce n'était pas trop tôt, elle attendait cela depuis qu'elle était arrivée dans le passé— qu'il fallait que je jure par Morgane, Pourquoi ?

James n'avait pas quitté Hermione du regard, son visage était froid, mais il paraissait également déçu, presque triste.

—Depuis des siècles, alors que la plupart des sorciers jure par Merlin, les Potter jurent de génération en génération. C'est une tradition assez particulière puisqu'elle est fondée sur les maisons de Poudlard. Merlin est allé à Serpentard, la majorité des Potter sont allés à Gryffondor, la maison ennemie de celle de Merlin. Mes ancêtres ont refusé de jurer par un Serpentard et ont préféré choisir une sorcière qui est allée à Ilvermovy, aux États-Unis. J'ai été surpris la première fois que tu as juré par Morgane, mais tu étais étrangère, tu n'avais peut-être pas les mêmes traditions que nous. Mais maintenant, tu portes la chevalière de ma famille, qui à ce que j'en sais, est au doigt de mon père.

Les trois sorciers qui ignoraient l'histoire tandis que Remus demandait discrètement à Hermione comment elle avait pu être aussi négligente. Après tout, lui aussi avait été habitué à jurer par Morgane durant ses années à Poudlard, mais à la mort de James et à l'emprisonnement de Sirius, il s'était retranché dans sa solitude, ne parlant qu'à peu de personnes, quelques loups-garous, quelques moldus, très rarement des sorciers et cette habitude l'avait quitté. Il ne se sentait plus légitime à le faire, sachant que son ami était mort. Il avait donc dû, comme tous les sorciers, apprendre à jurer par Merlin, les premiers temps, cela avait été dur, mais il ne voulait plus se démarquer, se fondre dans la foule, cela avait été son plus grand souhait, et il y était parvenu, du moins pour un certain temps.

Hermione, elle, c'était le contraire. C'était Sirius qui avait appris à Harry que tous les Potter juraient par Morgane depuis des générations. Le jeune homme avait rapidement pris le pli, trop heureux de connaître quelque chose de sa famille et de se rapprocher ainsi de son père et ses ancêtres. A force de l'entendre jurer par Morgane, Hermione s'y était habituée et sans s'en rendre compte, elle avait commencé à en faire de même. C'était Harry qui le lui avait fait remarqué lors d'une de leurs soirées à la Tour d'Astronomie. Elle avait eu peur qu'il soit vexé, après tout c'était une des seules choses qu'il connaissait des traditions familiales, et Hermione l'avait imité. Harry lui avait affirmé que cela ne le gênait pas le moins du monde, il préférait même qu'elle le fasse, il avait l'impression d'appartenir à une famille.

Hermione aussi, simplement en jurant par Morgane, avait l'impression de faire partie de la famille de Harry. C'était pour cela qu'elle avait insisté sur le légalement lorsqu'elle avait juré sur sa magie. Parce que pour elle, elle faisait partie de la famille Potter, la famille de Harry , tout simplement. Et elle savait que la Magie connaissait son attachement et son amour pour cette famille. Alors oui, elle ne faisait pas légalement partie de la famille Potter, mais dans son cœur, c'était tout autre chose.

—J'ai connu un Potter, il y a quelques années, commença-t-elle tranquillement.

—Helena !

Hermione jeta un regard à Remus, lui faisant signe de se taire. Elle n'avait pas vraiment de plan, mais les mensonges coulaient tout seul, facilement, comme si elle ne détruisait pas l'image de son meilleur ami.

—Aux États-Unis. Une branche mineure de ta famille, des cousins éloignés, trop éloignés pour qu'ils soient même considérés comme de la famille. L'un deux m'a fait beaucoup de mal, je ne me pencherais pas là-dessus. Je n'ai jamais pu oublier son nom, et je ne le voulais pas non plus. Il m'a détruite. De même que Bellatrix.

Pardonne-moi Harry, d'associer ton nom de famille, ta bonté, ton courage, toute ta personne à la pire personne qui n'ait jamais existé.

—J'ai fait des recherches sur chacun d'eux. J'ai appris pour leur famille. J'ai vu à quoi ressemblait les chevalières des Potter et des Black, et j'ai décidé, pour ne jamais oublier, de les reproduire. Ce ne sont pas des vraies, je ne fais pas partie de votre famille, la chevalière n'aurait jamais pu m'être passée au doigt si c'était le cas.

Toutes les personnes présentes restèrent bouche-bée devant les paroles d'Hermione, Remus pour le culot du mensonge, les quatre autres pour l'histoire et se fut Sirius qui sortit le premier de sa torpeur.

—Tu es masochiste.

—Bien sûr que non ! Tu ne peux pas me juger. Tu ne sais pas ce que j'ai traversé pour venir ici, tout ce que j'ai sacrifié pour tenter de vous sauver, de sauver la Grande Bretagne et le monde de cette abomination qu'est Voldemort. J'ai des cicatrices, que je n'ai pas voulu, elles sont là me rappelant chaque jour ce que j'ai vécu. Elles ne me rappellent pas la douleur physique. Ce n'est pas leur putain de rôle ! Mes cicatrices sont là pour me rappeler la terreur, l'humiliation ! Elles sont là, pour que chaque fois que je me regarde dans un miroir, je me souvienne. Il y a des sortes de cicatrices et je vous assure que celles que vous discernez ne sont pas les pires !

La voix d'Hermione mourut à la fin de sa tirade et elle luttait pour ravaler ses larmes. Personne ne devait la voir aussi faible, personne à l'exception de Remus qui pouvait l'aider et la réconforter. Elle ne voulait pas déballer ainsi ses états d'âme qui la tiraillaient depuis des années. Bien sûr que les cicatrices physiques n'étaient pas les pires, mais beaucoup de personnes semblaient oublier leur véritable rôle. Jamais en observant une seule de ses cicatrices, Hermione n'avait senti une douleur physique la traverser. Jamais. Elle aurait aimé se taire, mais sa bouche s'était ouverte toute seule, elle ne semblait plus contrôler ses paroles.

—Je ne peux pas faire disparaître mes cicatrices, même avec de la métamorphose avancée. Mes putains de cicatrices sont là, visibles au premier venu. Pourquoi crois-tu que particulièrement celles-ci soient visibles ? Pourquoi ai-je réussi à en atténuer une et pas d'autres ? Parce que celles qui sont bien là ne peuvent pas partir ! Parce que l'humiliation, la terreur que j'ai ressenties sont bel et bien là, toujours présentes dans mon esprit !

Remus prit Hermione dans ses bras pendant que la jeune femme se blottissait contre son torse, retenant avec peine ses larmes. S'énerver ainsi avait ravivé ses blessures et maintenant, en plus d'être fatiguée, énervée, triste, elle avait horriblement mal.

—Qui êtes-vous l'un pour l'autre ? Déjà que vous ne vous ressembliez pas beaucoup sous sortilèges, alors maintenant… Vous êtes vraiment de la même famille.

Remus répondit que non alors qu'Hermione affirmait que oui. Les quatre sorciers les regardaient fixement, attendant la suite puisque leurs deux interlocuteurs ne semblaient pas avoir le même vécu. Ce qui était fort s'ils étaient de la même famille.

—Nous ne sommes pas liés par le sang, mais Rem' est ma famille. C'est la dernière personne qu'il me reste, mais ce n'est pas pour cela que je suis attachée. Quant à nos liens, c'est un peu compliqué. Je pense que c'est un mélange entre un ami, un père, un oncle, un mentor. Tout en fait. C'est Rem'.

Le sorcier était ému qu'Hermione se confie à lui, même si c'était au départ pour répondre à la question de Lily. Elle ne lui avait jamais fait part des sentiments qu'elle avait à son égard. Il savait bien qu'elle le considérait comme son ami, mais il doutait que son affection aille si loin. Les maraudeurs semblèrent remarquer son trouble puisqu'ils ne dirent rien de plus, même si ce n'était pas l'envie qu'il leur manquait.

Remus déclara d'une voix ferme que la discussion était close, sous les protestations des autres personnes présentes. Hermione n'était pas passée loin de mourir, ils n'allaient pas continuer à les interroger ainsi pendant des heures. Bien que leurs regards montraient qu'ils voudraient plus de réponses, Remus doutait qu'il y aurait une autre conversation. Hermione et lui avaient déjà révélé beaucoup de choses qu'ils n'étaient pas censés savoirs et même s'ils avaient menti sur certains points, il y avait toujours une part de vérité. Ils ne pouvaient se permettre d'en dire trop, où cela les perdrait.

A peine eut-il déposé la sorcière dans son lit que l'alarme sonnait déjà. Une bataille avait lieu dans le sud de Londres.

Hermione tenta de se relever mais de puissants bras l'en empêchèrent. Elle essaya de se soustraire à l'emprise de Remus, mais il était trop puissant pour son état.

—Tu restes là, tu ne bouges pas et tu te reposes.

Avant qu'elle n'ait pu enchaîner, il la coupa de nouveau, elle était trop faible pour marcher, elle n'allait pas pouvoir se battre contre une horde de mangemorts. Hermione le retint par le bras, le suppliant de faire attention, les yeux larmoyants.

Il hocha la tête et partit précipitamment rejoindre la bataille. Une fois Remus sorti de la chambre, Hermione voulut se glisser hors de son lit mais la magie la ramena immédiatement à l'intérieur de sa couette chaude. Avant qu'elle n'ait pu pester sur Remus et le fait qu'il la couvait trop, son esprit s'alourdit et le sommeil l'emporta.

Son sommeil fut agité. Elle bougeait beaucoup, transpirait, gémissait. Elle rêvait de Remus. Un Remus qui était ensanglanté, le visage lacéré, une jambe en moins, la maudissant pour l'avoir amené dans cette époque qu'il détestait tant. Son rêve se termina sur la mort de Remus et une Nymphadora sortit de nulle part menaçant de la tuer. Elle se réveilla en sursaut, les cheveux humides, plaqués sur son visage, la peur tiraillant ses entrailles. Elle ne se souvenait plus de son cauchemar. Seulement qu'elle avait eu peur, le rythme effréné des battements constituait une preuve. Elle tenta à nouveau de sortir du lit pour descendre, sans succès, et s'assurer que Remus allait bien. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il était et sa baguette n'était pas sur elle, chose qu'elle détestait.

L'attente fut interminable. Elle parvint enfin à sortir de son lit après plusieurs heures d'essais. Elle avait rusé et combiné plusieurs magies pour s'en sortir, tant qu'elle restait emmitouflée dans sa couette, cela suffisait, quel que soit l'endroit où elle se trouvait dans la maison. Elle ne parvenait toujours pas à marcher mais elle pouvait voler.

Depuis plusieurs années, en réalité depuis la mort de Harry, Hermione tentait de maîtriser le vol sans objet. Voldemort y parvenait, pourquoi pas elle ? Elle avait cherché, ce n'était nullement un don réservé aux héritiers de Serpentard mais un travail de longue haleine que seuls les plus persistants parvenaient à réaliser. Et Hermione avait de la volonté. Voler lui permettrait beaucoup de choses, elle ne pouvait pas manquer cela. Bien sûr, c'était un procédé de magie noire qui avait demandé beaucoup de sacrifices, mais la sorcière ne s'en était pas souciée. Certes, elle était un phénix et pouvait ainsi voler, mais ce n'était pas toujours pratique. Il fallait qu'elle baisse sa vigilance le temps de sa transformation et même si elle gardait sa conscience humaine, un phénix ne pourrait jamais combattre aussi bien que les sorciers. Elle ne déniait pas le rôle de Fumseck dans la survie de Harry en deuxième année, mais combattre n'était pas sa vocation.

Au bout de plusieurs années d'entraînement, elle était enfin parvenue à voler. Elle ne pouvait s'élever à plus de cinq mètres, mais elle était déjà heureuse d'avoir accompli ceci. Et cela lui était très utile dans des situations comme celle-ci. Elle devait se concentrer pour voler, mais ne déployait pas une trop grande puissance magique pour y parvenir, ce qui était un bonus non négligeable.

Hermione était donc descendue et avait attendu sur le canapé avec angoisse pendant de longues heures avant que quelqu'un n'apparaisse enfin.

Gideon entra le premier, rapidement suivi de Frank et Lily. La jeune femme, ne voyant pas Remus commença à s'énerver, demandant à le voir. Le sorcier n'arrivait pas et Hermione devenait de plus en plus hystérique. Elle se remit à voler sous les yeux ébahis des membres de l'Ordre qui se soignaient les uns les autres. Elle sortit dans le jardin et son cœur manqua un battement lorsqu'elle reconnut Remus, le visage plein de sang, mais sauf. Elle fut tellement choquée par son visage qu'elle ne contrôla pas sa magie et chuta lourdement.

—Qu'est-ce qui t'est arrivé Rem' ? murmura-t-elle d'une voix tremblante.

Hermione ne vit pas l'incompréhension de son ami. Elle ne pouvait détacher le regard de son visage. Ses yeux étaient fixés sur sa nouvelle cicatrice. Une cicatrice en forme d'éclair qui ornait son front.