«Tu ne peux pas faire la même erreur deux fois, car la deuxième fois, ce n'est plus une erreur mais un choix »

Inconnu·e

Hermione était dans la merde. Il n'y avait pas d'autre mot. Elle était à Terre, entourée de deux mangemorts qui avaient leurs baguettes pointées sur elle. Jamais elle n'aurait pu penser quelques mois auparavant se retrouver dans cette situation. Deux novices avaient réussi à la mettre à terre. Pour un peu, elle en rougirait de honte, mais elle n'avait pas le temps d'y penser. Il fallait qu'elle trouve une solution et vite.

Un sortilège fusa vers elle et ne put l'éviter, mais heureusement, ce n'était pas un jet de lumière verte. Le doloris la frappa de plein fouet mais elle ne s'effondra pas, être au sol aidait déjà beaucoup. Les deux mangemorts semblaient ne pas être très puissants, elle n'avait pas tant que cela mal, ce n'était qu'une faible imitation comparé à ceux de Voldemort ou de Bellatrix Lestrange. Elle ne hurlait pas, seuls quelques gémissements de douleur franchissaient ses lèvres.

Sa baguette avait été projetée à quelques mètres d'elle lorsqu'elle était tombée, mais il fallait qu'elle se ressaisisse. Elle ne pouvait pas utiliser le combat moldu, elle était trop vulnérable. Sa seconde baguette, la baguette de Harry donc, était sous sa veste, mais elle ne pouvait l'attraper, ou les deux idiots en face d'elle le verrait immédiatement. Elle analysait encore la situation lorsque l'un des mangemorts tomba raide mort devant elle. L'autre ne tarda pas à le rejoindre dans la mort et le sauveur d'Hermione lui prit la main et l'aida à se relever.

—Besoin d'aide ? demanda-t-il avec un sourire en coin.

—Ne te moque pas Rem' !

—Tu t'es faite avoir comme une débutante. Heureusement que je t'ai vue. Tu vas bien ?

—Je ne suis pas une demoiselle en détresse, bougonna-t-elle. Et oui, ça va, leur doloris n'était pas très puissant.

—Cela n'enlève en rien tes capacités de combattante parce que je t'ai sauvée une fois.

Les deux sorciers n'eurent pas le temps de discuter plus, un sortilège fonçait sur eux. Ils étaient en pleine bataille, ils ne devaient pas l'oublier. Ils se séparèrent de nouveau. Remus se dirigeait vers trois mangemorts qui terrorisaient une enfant, qu'est-ce qu'elle faisait là ? Tandis qu'Hermione avait repéré le mangemort qu'elle cherchait.

Elle envoya le premier sortilège et il répliqua immédiatement. Il eut un temps d'arrêt lorsqu'il vit qui lui avait lancé le sort. Hermione put le voir trembler, même à travers son masque de mangemort, lorsqu'elle prit la parole.

—Bonjour Black. Comment vas-tu depuis le temps ? Maintenant que Poudlard est finie tu peux participer à toutes les batailles ?

—Tais-toi.

—Être à la solde de Voldemort te convient toujours ?

—Tais-toi. Et ne prononce pas son nom.

Le jeune homme ne paraissait plus très sûr de lui, s'il l'avait été un jour, ce qui était une autre question, il tremblait mais Hermione pouvait voir ses yeux gris caractéristiques des Black lancer des éclairs. Réaction classique lorsqu'on avait peur.

—Tu as vu ton frère ? Il paraît en forme n'est-ce pas ? On dirait que la traîtrise lui réussi. Plus qu'à toi en tout cas. Tu as perdu du poids Black.

—Arrête.

Sa voix n'était plus qu'un murmure. Regulus n'allait pas bien. Il ne fallait pas être devin pour le voir. Il flottait dans sa robe de mangemort, sa voix était rauque et tremblante. Il ne devait pas s'exprimer beaucoup. Hermione ne voyait pas son visage, mais elle était certaine que son teint était blafard et ses joues creusées.

—J'espère qu'un jour, tu comprendras tes erreurs Black.

Ce fut en prononçant cette phrase qu'Hermione s'aperçut du temps qu'il restait avant que Regulus ne meure. Elle n'avait aucune idée du jour exact, mais elle savait qu'il était mort avant octobre 1981. L'année 1979 touchait à sa fin, et il ne lui restait que quelques mois à vivre. Elle ne savait pas s'il aurait le courage de quitter les mangemorts avant que Kreattur n'aille dans la caverne, mais c'était peu probable. Le Seigneur des Ténèbres avait déjà en sa possession le médaillon et Hermione était certaine qu'il l'avait déjà transformé en horcruxe. Ce n'était plus qu'une question de mois avant qu'il le cache dans cette caverne d'Irlande. Ce n'était donc plus qu'une question de mois avant la mort de Regulus si elle ne faisait rien, ce qui était hors de question. Il fallait qu'elle trouve une solution, et vite. Car elle n'avait aucun contrôle sur les actions de Voldemort ou celles de Regulus concernant son elfe de maison.

Elle s'était détournée de lui, prête à retourner combattre, mais il ne sembla pas l'entendre ainsi.

—Où est-ce que tu vas ?

—Je vais combattre les mangemorts Black.

—Je suis là.

—Tu n'as aucune envie d'être là Black. Pas besoin d'être sang-pur pour avoir le bon sens de s'en apercevoir. Je te connais plus que tu ne le crois. Tu es dégoutté par tes camarades lorsque tu les vois violer et torturer. Tu tues seulement les moldus pour abréger leurs souffrances.

—C'est faux !

—Alors pourquoi t'énerves-tu ? Pourquoi j'entends des tremblements dans ta voix ? Tu crois à ta supériorité, mais tu n'approuves pas le meurtre et la torture.

Hermione glissa quelque chose dans la cape de Regulus, sans que celui-ci ne s'en aperçoive puis se détourna une bonne fois pour toute, laissant le jeune homme pantois, en proie à de nombreux questionnements.

Elle analysa de nouveau les combats et vit avec effarement un sortilège se diriger vers Lily et Alice qui était de dos. Elle courut le plus vite possible avant de les expulser violemment de la trajectoire du sort. Elles tombèrent brutalement au sol, et Alice manqua de se cogner la tête, mais se rattrapa à temps. Elles virent Hermione se prendre de plein fouet le sort, qui s'avérait être le doloris, qui leur était destiné. Et le plus surprenant, c'était qu'elle ne tomba pas, elle ne flancha pas, non, elle parla.

—Bonjour Tom, dit-elle d'une voix haineuse mais parfaitement contrôlée.

Elles Le virent alors. Helena n'avait pas esquisser un seul geste après s'être prise un doloris du Seigneur des Ténèbres.

—C'est impossible, murmura Alice, effrayée.

Lily hocha la tête, puis une lumière se fit. C'était Severus qui le lui avait dit il y a plusieurs années, quelques semaines avant que leur amitié se brise. Elle n'eut pas le temps de s'y pencher plus que Helena leur parla.

—Ne restez pas là !

Les deux jeunes femmes se relevèrent et pour une fois, obéirent sans discuter. Voldemort s'avança vers Hermione et la jeune femme répliqua immédiatement en lançant une dizaine de sortilèges à la suite, magie noire comme blanche.

—Qui es-tu ? demanda Voldemort.

Il paraissait intrigué par Hermione, elle n'était pas tombée sous son sort. Il n'avait même pas remarqué qu'elle l'avait appelé par son véritable nom. Il ne resta pas déconcerté longtemps puisque ses sorts continuaient de s'enchaîner.

—Cela a-t-il vraiment de l'importance Tom ? Ou tu me demandes cela car je connais ton ascendance ?

Ses sortilèges d'attaques redoublèrent de puissance lorsque Hermione partagea son prénom. Cependant, peu de personnes les écoutaient, les combats ne s'étaient pas arrêtés pour autant. Leur duel était presque sur-réaliste, les sorts s'enchaînaient à une vitesse folle. Ils usaient tous deux la magie noire, bien que Hermione alternait avec quelques sorts de découpe de magie « blanche » pour ne pas s'épuiser magiquement.

Remus combattait trois mangemorts à la fois, assez puissant il fallait le reconnaître, lorsqu'il s'aperçut de ce que faisait Hermione. Il entra dans une rage folle et abattit l'un des mangemorts. Les deux autres étaient plus coriaces.

—Rappelle-toi de mon visage Jedusor, parce que je serais celle qui causera ta perte. Tu craignais Dumbledore, tu me craindras.

Une seconde d'inattention fut de trop et Voldemort fut touché par un sortilège lui lacérant le visage, tandis que Hermione reçut un sectusempra en pleine poitrine. Elle s'effondra et Voldemort ordonna à ses mangemorts de partir. Certains lui obéirent, d'autres, trop occupés dans leur combat n'y firent pas attention et continuèrent d'envoyer des sorts.

Les membres de l'Ordre continuaient de combattre et ne faisaient pas attention à Hermione qui se vidait de son sang quelques mètres plus loin, à l'écart du champ de bataille. Une personne vêtue d'une cape noire et d'un masque s'agenouilla près d'elle en tremblant. Peu à peu, son sang se répandait sur le goudron et imprégnait ses vêtements. Sa conscience s'envolait, elle ne distinguait qu'une ombre près d'elle. L'ombre murmura d'une voix rauque et elle discerna à peine les paroles.

Vulnera sanentur, Vulnera sanentur.

Elle connaissait cette voix. Ce fut sa dernière pensée avant de sombrer dans les ténèbres. Elle connaissait cette voix et elle l'avait sauvée.

La marque des Ténèbres dût les rappeler à l'ordre puisque les derniers mangemorts transplanèrent d'un seul coup. Remus se précipita vers Hermione et vit avec surprise, et soulagement, que ses blessures avaient été refermées. Il n'avait pu voir qui l'avait approchée, mais il doutait que beaucoup membres de l'Ordre connaissaient les contre-sorts de sortilèges de magie noire. Il administra les premiers soins et peu à peu, elle reprit connaissance. Les aurors faisaient le compte des morts et des blessés tandis que les oubliators arrivaient déjà pour oublier les moldus qui avaient eu le malheur d'assister à la bataille.

Hermione était fatiguée et ses muscles se faisaient douloureux. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas combattu Voldemort ainsi, en face à face. On en pouvait dire que cela lui avait manqué. Certes, il était moins puissant qu'en 2002 lorsque Remus et elle étaient partis, mais tout de même, sa puissance magique et son savoir de la magie noire n'étaient pas à négliger. Remus s'assura qu'ils étaient tous les deux en état de transplaner et ils atterrirent dans le jardin, à la limite des barrières de protection.

Avoir une maison aussi bien protégée pouvait être un problème dans ces cas-là. Ils devaient marcher plusieurs dizaines de mètres après des batailles qui généralement durent des heures. Et encore, aujourd'hui bien que Hermione venait de se prendre un puissant sort de magie noire qui l'avait vidée de son sang pendant de longues minutes, ils étaient à peu près en forme. Comme à chaque fois, ils avaient gagné une dizaine de cicatrices en plus, mais il n'y avait pas eu de pertes du côté de l'Ordre, deux aurors avaient péri et moins de cinq moldus étaient morts.

Ils entrèrent dans l'infirmerie où James, Lily, Alice et Frank étaient déjà présents. Ils se tournèrent d'un coup et les deux hommes se jetèrent presque sur Hermione lorsqu'ils la virent.

—Comment as-tu pu les blesser ainsi ?

—De quoi tu parles ?

—Lily et Alice ! Tu les as projetées à une dizaine de mètres de toi ! Lily s'est cassée la jambe et Alice a un traumatisme crânien !

—Je leur ai évité de se prendre un doloris de Voldemort et tu me parles d'une jambe cassée ?

—Est-ce que tu étais obligée de le faire aussi violemment ? Tu as vu leur état ? On n'a même pas fini d'analyser leurs blessures.

—Frank, c'est bon…

Hermione était fatiguée et elle ne comprenait pas pourquoi James et Frank venaient lui prendre la tête maintenant, mais cela l'énervait. Et quand Hermione était énervée, son côté Gryffondor-je-ne-fais-pas-attention ressortait.

—J'ai sauvé la vie de vos fils ! Est-ce que vous avez idée des conséquences d'un seul doloris sur une femme enceinte ? Vous devriez m'être reconnaissant au lieu de m'emmerder. Oui je les ai poussées, oui elles sont tombées. Avoir une jambe cassée à la place d'être torturée à un point que vous n'imaginez même pas et en plus perdre votre enfant ? Dites-moi ce que vous préférez ?

Ils restèrent tous les quatre déconcertés par son éclat tandis que Remus se demandait comment ils allaient s'en sortir cette fois.

—Comment peux-tu savoir ? demanda Frank. Nous n'en avons parlé à personne, pas même ma mère !

Alice acquiesça pendant que Lily et James étaient toujours figés devant les paroles de Hermione.

—Je pense que tu te trompes. Je ne suis pas enceinte Helena.

—Tu passes ton temps à vomir. Toute la nourriture t'écœure, tu fais des malaises. Ce sont des signes qui ne trompent pas. Et toi Alice, tu passes ton temps à mettre ta main sur ton ventre et Frank fait la même chose.

—Je. Ne. Suis. Pas. Enceinte. C'est impossible.

—On se protège, intervint James.

Son intervention n'était pas nécessaire, mais il ne réfléchissait plus très bien. Helena disait que Lily était enceinte. Enceinte en temps de guerre où ils sont tous les deux des cibles de choix. Une née-moldu et un traitre-à-son-sang. C'était impossible. Ils ne pouvaient pas être inconscients à ce point.

—Peu importe. Si tu le savais, tu aurais dû faire plus attention.

—J'aurais dû faire plus attention ? Es-tu assez inconscient pour laisser ta femme enceinte aller combattre contre des mangemorts dont le seul but est de vous exterminer au dernier ? Je lui ai évité de faire une fausse couche. Vous auriez pu perdre votre bébé et tout ce que tu trouves à me dire c'est que j'aurais dû faire plus attention ? Ça fait des mois, des années même que je suis ici pour sauver vos fesses à tous, à tout le monde et je n'ai jamais eu une once de reconnaissance, mais ce n'était pas grave, je ne le fais pas pour être aimée. Je sacrifie ma vie pour vous aider, pour aider ce putain de pays qui sombre de jour en jour et je n'ai jamais rien demandé en retour. Mes amis sont morts. Tous. Alors préoccupe-toi de ta famille avant de me donner des leçons de morale.

Hermione tourna les talons et s'enfuit de la maison. Elle renonça à courir au vu de son état de santé, mais elle ne voulait pas rester là, devant leurs regards accusateurs et plein d'incompréhension. Remus jeta un dernier regard aux quatre amis et intima à James et Lily de vérifier les propos d'Helena, bien qu'il ne doutait pas du résultat. Sauver les apparences, même s'il n'en restait plus grand-chose. Il partit rejoindre Hermione avec précipitation, il fallait que les Élus du Temps parlent.

—Hermione !

La jeune femme marchait vite malgré son état, c'était à se demander comment elle faisait pour tenir debout. Il la rattrapa à la frontière entre leur terrain et la plage. Elle était en colère, mais aussi incroyablement lasse.

—Comment as-tu pu être aussi inconsciente ? Tu fais voler notre couverture ! Ils en savent déjà beaucoup trop ! Ils savent que nous mentons, et je suis sûr que Sirius et James n'ont pas vraiment cru à nos excuses. Tu veux qu'on soit découvert ? C'est vraiment ça que tu veux ? Et qu'est-ce qui t'a pris sérieusement ? Vos fils ? Comme si ça ne suffisait pas ?

—JE NE L'AI PAS FAIT EXPRÈS ! Tu crois que je ne m'en rends pas compte ? Qu'est-ce que j'aurais dû faire hein ? Laisser Lily et Alice être torturée ? Laisser Neville et Harry mourir ? C'est ça que tu aurais voulu que je fasse. C'est mon meilleur ami ! Ça me tue et tu ne comprends même pas !

—Parce que tu crois que tout ça ne me détruit pas non plus ? Tous les jours je vois mes meilleurs amis heureux, en pleine forme ! Je ne peux pas leur dire qui je suis, je ne peux pas leur montrer ma gratitude pour tout ce qu'ils m'ont apporté dans la vie. Je ne peux pas leur dire ce qui est arrivé aux maraudeurs dans le futur ! Je suis seul, Hermione. Tout autant que toi mais tu ne t'en rends pas compte. Tu n'as pas Harry, Ron ou Neville qui sont vivants, en face de toi, heureux à qui tu ne peux rien dire. Toutes les personnes qui sont ici, tu ne les as pas vues mourir, tu ne les as pas vu déchiqueter, brûler—

—J'ai vu mourir Sirius !

—Tu n'étais pas tellement attachée à lui.

—Tu ne peux pas dire ça ! Bien sûr que je n'étais pas tout le temps avec lui ! Je le connaissais à peine, il sortait d'Azkaban. Qu'est-ce que j'aurais pu lui dire ? C'était le parrain de Harry.

—Il n'était pas que ça ! Tu ramènes tout à Harry. Sirius, son parrain. James et Lily, ses parents. Mais ils ne sont pas que ça. Pour moi, ils ne sont pas que ça. Ce sont des personnes entières, la parentalité ne les définit pas. Je les ai connus la majorité de leur vie, sans enfants. A leur mort, plus personne ne s'est intéressé à eux. Lorsqu'on les mentionnait, c'était les parents du Garçon-qui-a-survécu. Mes amis n'existaient plus !

Les deux sorciers se faisaient face, tous les deux rouges par leur tirade et le froid de décembre qui leur effleurait les joues.

—Chaque jour, nous prenons le risque d'être découvert. Et ce n'est pas en ayant ce comportement que nous resterons encore caché longtemps. Voldemort va faire attention à toi maintenant que tu l'as combattu. Frank qui était déjà très soupçonneux envers nous va le devenir encore plus. Il faut que tu réfléchisses un peu aux conséquences de tes actes ! Ils pourront se souvenir que tu connaissais le sexe de leurs enfants des mois avant que cela ne soit possible !

—Ce n'est qu'un détail. Je savais qu'elles étaient enceintes et—

—Tu n'en savais rien. Harry ou Neville auraient pu être prématuré. Lily est enceinte de deux semaines ! Alice d'un mois et demi. C'est ce genre de détails auxquels il faut faire attention. Tu n'aurais jamais dû faire ça.

—Mon excuse est plausible ! Qu'est-ce que tu voulais que je leur dise ? Je vous ai poussées parce que vous êtes enceintes de mes meilleurs amis. Toi Lily, tu portes Harry. Tu sais la personne la plus importante au monde pour moi. Celui qui a perdu ses parents à un an, qui a été maltraité par des moldus pendant des années, celui que Voldemort a traqué, torturé, tué. Et toi Alice, tu as Neville, un de mes plus proches amis qui a vécu avec sa grand-mère parce que ses parents sont devenus fous suite au doloris. Tu sais, le sortilège que j'ai pris à ta place. Neville lui aussi a été malheureux toute sa vie, sa famille le prenait pour un cracmol ! Il est mort aussi, évidemment. C'est Ron, mon troisième meilleur ami qui l'a achevé pour abréger ses souffrances. Les mangemorts se sont amusés sur son cadavre et l'ont accroché à Poudlard. C'est ça que tu voulais que je leur dise Remus ?

Hermione tremblait et ses yeux lançaient des éclairs. Remus était dans le même état. Ils se faisaient face l'un à l'autre, redressé, la colère visible sur leurs deux visages. Leurs magies pulsaient dans l'air. Ils étaient tellement accaparé dans leur dispute qu'ils n'avaient pas entendu une personne s'approcher.

—Quoi ?

Les deux Élus du Temps se retournèrent d'un coup et virent Fabian Prewett devant eux, incompréhensif et la peur marquant son visage. Leurs visages se décomposèrent et avant qu'ils n'aient pu faire un geste, l'auror tourna les talons et courut hors de la vue des deux sorciers. Il arriva devant le regard surpris de son frère, essoufflé et tremblant.

Hermione était définitivement dans la merde. Et cette fois-ci, elle ne savait absolument pas comment elle allait s'en sortir. Au moins, Remus était dans la merde avec elle.