Chapitre 8 : Le journal de Skeeter.


Lorsque Daesyn Potter reprit finalement conscience, elle put immédiatement situer l'endroit dans lequel elle était allongée. Le silence stérile, l'odeur inamicale des potions et autres breuvages infectes dans l'air, les pas feutrés sur le marbre, les draps de coton sous ses doigts qu'elle savait blancs, l'infirmerie ne changerait jamais.

La jeune femme prit encore quelques minutes pour elle-même avant d'ouvrir les yeux et faire face aux conséquences. Elle se souvenait parfaitement de la sensation d'eau qui montait et submergeait ses poumons. Par ailleurs, sa gorge la piquait horriblement et elle retint avec peine une quinte de toux qu'elle imaginait particulièrement douloureuse. Daesyn savait aussi qu'elle avait réussi à remonter sur le ponton avant de s'évanouir inconfortablement sous les yeux des centaines de spectateurs. Son dos était raide, ce qui signifiait qu'elle avait très certainement une bonne dizaine de jolis hématomes.

Daesyn ouvrit lentement les yeux et distingua faiblement deux personnes endormies sur les chaises disposées à côté de son lit, avant qu'elle ne les referme, assaillie par la blancheur éclatante de la pièce. Elle essaya à nouveau, laissant ses globes bleus s'habituer petit à petit à la lumière environnante.

Ilya avait le cou penché contre le dossier de sa chaise, ce qui lui causerait sûrement un torticolis plus tard. Ses cheveux habituellement soignés se tenaient pour la plupart, droits sur sa tête, et il avait des cernes violets sous les yeux marquant profondément son état de fatigue.

La seconde personne, au plus proche de son lit était Remus Lupin. La personne qu'elle avait -sauvée- du lac. Ses habits étaient tout aussi démodés que l'année dernière, bien que moins usés. Elle avait l'impression qu'il avait moins de cheveux gris et de rides que la dernière fois qu'elle l'avait vu. Effet secondaire de la potion Tue-loup, certainement. Ses mains croisées sur son ventre, il dormait dans une position assez semblable à celle du bulgare, la bouche entrouverte.

Sans qu'elle ne le veuille, un gémissement sortit d'entre ses lèvres sèches et gercées. L'effet fut immédiat. Remus se leva d'un bond, conséquence de son audition de loup-garou et fixa son regard soulagé et très inquiet sur elle. Ilya, conscient de l'agitation qui régnait, s'éveilla à son tour en frottant ses poings sur ses paupières à la manière d'un bébé.

Personne ne put même penser à dire un mot, que Mme Pomfresh, l'infirmière, arriva d'un pas cadencé vers son lit. La vieille femme sortit sa baguette et s'en servit pour faire de longs schémas compliqués, qu'elle ne prit pas la peine de suivre avant de fixer son attention sur elle.

-Vous avez eu beaucoup de chance. Commença l'infirmière d'un ton extrêmement pincé. Penser au sortilège d'Expulsion alors même que vous vous noyiez était une idée intelligente. Vous n'avez aucune séquelle Mademoiselle Potter, mis à part la quantité d'ecchymoses que vous avez sur le dos. Beaucoup de chance, je me répète. Je vous garde en observation jusqu'à ce soir encore après cela, libre à vous de partir.

En claquant des talons, Poppy Pomfresh ressortit à grandes enjambées de la salle les laissant seuls.

-Tu m'as fait peur, dit Remus en la soulevant pour l'appuyer contre la tête de lit. Quand j'ai vu que tu ne remontais pas j'ai paniqué.

Il s'interrompit et se racla la gorge, essayant d'effacer les nombreuses larmes qui s'étaient accumulées dans ses yeux.

-Combien de temps suis-je restée là ? Demanda-t-elle en grimaçant lorsque sa gorge la piqua douloureusement.

-Trois jours. Répondit Ilya, toujours dans son fauteuil.

-Comment va la sœur de Blondinette ? Ils lui lancèrent des regards incrédules.

-Blondinette ? Répéta Remus.

Ilya cacha son rire derrière une toux factice.

-Oui, la candidate de Beauxbâtons. Précisa-t-elle. Daesyn attrapa facilement le verre d'eau sur la table de chevet et le but d'un trait. L'irritation permanente dans sa gorge s'apaisa et elle soupira de soulagement.

-Bien, très bien. Vint la réponse courte.

Ilya s'excusa et sortit de l'infirmerie, comprenant qu'ils avaient besoin de parler seuls. Un silence inqualifiable s'installa entre eux pendant lequel la jeune femme remarqua que son parrain honoraire parcourait son visage de ses yeux ambrés, à la recherche de blessures éventuelles.

-Tu vas bientôt repartir, dit-elle rhétoriquement.

Il était évident que Dumbledore ne lui avait permis de rester seulement parce que la dernière tâche s'était mal terminée pour elle. Maintenant qu'elle était réveillée, le loup-garou ne pourrait pas s'attarder très longtemps.

-Bientôt.

Il se prit la tête entre les mains puis se redressa et la souleva à nouveau pour qu'il puisse s'installer sur le lit avec elle. La sorcière appuya la tête sur son épaule et se laissa bercer par les respirations profondes de l'adulte.

-Les potions Tue-loup sont d'excellente qualité, elle entendit le sourire dans sa voix. J'ai cru comprendre que tu avais aimé ton cadeau de Noël ? Demanda-t-il, amusé.

Daesyn posa sa tête contre le mur et laissa ses cheveux prendre une teinte rouge de vin. Elle fit tournoyer entre ses doigts le pendentif en or et se recula pour voir la tête de Remus, qui avait une expression nostalgique sur le visage.

-Tu changeais tout le temps tes cheveux de couleur quand tu étais petite, commença-t-il affectueusement, -particulièrement en rouge, même s'il t'arrivait de changer pour le bleu ou le noir. Tu adorais ressembler trait pour trait à Sirius, il te faisait tellement rire.

-Vraiment ? S'enquit-elle, hypnotisée par ses mots.

-Oui ! Remus rigola doucement. Mais tu le faisais seulement les derniers mois, avant…avant la mort de James et Lily.

-Pourquoi ?

-Tu ne parlais pas encore Daesyn, mais Lily était absolument certaine que tu pleurais parce que tu voulais ton papa. James était inquiet que tu ne puisses jamais t'habituer à eux, alors il te gâtait énormément. Il était si paniqué à l'idée que tu ne l'aimes pas ! Raconta-t-il, en se moquant doucement de son défunt ami.

-Tu te souviens d'autres choses ? Supplia-t-elle presque. Daesyn avait parfois l'impression que rien n'avait existé avant les Dursley mais l'entendre de la bouche de Remus lui donnait un sens bien plus réel.

-Sur ton père biologique ? Questionna-t-il, un sourcil levé, faisant rougir Daesyn.

-Ouais ? Proposa-t-elle.

-Je ne sais pas grand-chose, je n'étais même pas au courant que Lily et James cherchaient à adopter. Lily m'a un peu expliqué le fonctionnement quand ils t'ont ramenée mais elle ne s'est pas trop penchée dessus. Je pense qu'elle voulait que tu connaisses d'abord la vérité toi-même avant tout le monde. Il s'interrompit quelques instants. Ils sont allés te chercher en Amérique et tu es entrée dans le monde magique pour la première fois trois jours après.

-Pourquoi m'a-t-il abandonné ? Demanda-t-elle plus brusquement qu'elle l'aurait voulu.

-Ça c'est bien l'une des rares informations que James a laissé échapper. Ton père n'avait pas le choix, Daesyn, c'est tout ce que je sais.

Un immense soulagement l'envahit. Quelque part, elle avait été voulue et non pas abandonnée sans aucuns regrets. Ce qu'elle pensait avait dû transparaître sur son visage car lorsque Remus reprit la parole, son ton était plus doux qu'elle ne l'avait déjà entendu.

-Qui qu'il soit, il t'a aimée plus que jamais, je n'en ai aucun doute.

-Tu penses que j'ai une chance de le retrouver ? S'inquiéta la sorcière.

-Oui mais je ne te dis pas que ça va être facile. Les Etats-Unis sont bien plus perfectionnés que nous au sujet de la protection de la magie aux yeux des Moldus. De ce que j'entends, ils ont trouvé un moyen pour détecter un enfant magique chez un moldu presque au moment de sa conception.

Daesyn émit un bruit de dégoût dont son parrain se moqua.

-Généralement, MACUSA donne l'autorisation et nomme un guérisseur pour rencontrer la famille et lui expliquer la magie. Si le couple décide de poursuivre la grossesse malgré la condition magique de l'enfant, ils sont accompagnés tout au long de celle-ci, dans le cas contraire, ils peuvent avorter. Je ne te garantis rien mais si tu commençais par chercher le nom du guérisseur qui t'a mise au monde ?

-C'est génial ! S'exclama-t-elle en ignorant le tiraillement de sa gorge.

-Mmh, fredonna-t-il. Tu as de la compagnie, je vais te laisser d'accord ? Envoie une lettre à l'occasion. L'homme descendit du lit, l'embrassa affectueusement sur le front et fit un signe de tête poli à l'adolescent Poufsouffle qui attendait honteusement devant le pied du lit.

-Salut.

-Salut. Répondit-elle du bout des lèvres avec un peu de colère. Comment aurait-elle pu oublier qu'il l'avait laissée plantée au fond du lac avec deux personnes à tracter ?

-Je suis désolé. S'excusa Cédric en la regardant dans les yeux. -Je n'ai pas réalisé que…

Daesyn l'observa patauger un moment avec les mots puis prit pitié et désigna la chaise dans laquelle il s'assit avec un soulagement visible.

-Je ne voulais pas que tu remontes avant moi parce que je voulais rattraper le nombre de points de retard que j'avais par rapport à toi. Au final, comme tu as ramené Gabrielle nous sommes ex-æquo. C'était stupide et complètement insensé. Tu es presque morte par ma faute. S'épancha le Poufsouffle en se prenant la tête entre les mains. J'aurais été responsable de ta mort. Tu ne peux pas savoir comme je suis content que tu te sois réveillée. Murmura-t-il.

-Je suis d'accord, c'était totalement nul. Acquiesça-t-elle. Alors, pourquoi était-ce si important que tu me rattrapes ?

La sorcière n'en voulait pas vraiment à Cédric. Elle s'en était sortie, pas besoin de s'étendre sur le sujet. Elle devait cependant avouer qu'elle ne saisissait pas tout à fait voire pas du tout le concept de ce Tournoi. Chaque concurrent était-il prêt à voir mourir un de ses semblables seulement pour un morceau de gloire ?

-Eh bien, euh, je n'ai pas voulu m'inscrire en fait. Daesyn sursauta à la confession. Il avait mis son nom dans la coupe, elle était certaine de ne pas avoir rêvé sur ce coup-là. C'est ma mère qui me l'a demandé. Il était tellement gêné qu'elle fut elle-même mal à l'aise.

-Tu obéis toujours à tes parents ?

Il passa la main dans ses cheveux noirs ébouriffés par le geste continuel. Ses yeux gris contenaient une juste mélancolie et elle se repoussa sur le côté du lit pour qu'il vienne s'installer plus confortablement. Elle n'était pas douée pour le réconfort, et n'était même pas bonne auditrice. La plupart du temps, elle laissait son esprit naviguer et agitait positivement la tête de temps en temps sans retenir un mot de ce que la personne lui disait. Fred se moquait d'elle pour ça. George, de son côté aimait beaucoup cette partie de sa personnalité car il pouvait lui raconter toutes sortes de choses qu'elle ne pourrait jamais répéter, pas qu'elle le voudrait. Même s'il se livrait le plus souvent à Fred, parfois, une autre personne était bien. C'était ce qu'il lui avait en tout cas dit quand elle lui avait avoué qu'elle n'avait pas écouté un mot de ce qu'il racontait.

Peut-être que pour une fois, elle pourrait faire un petit effort. Après tout, le Poufsouffle semblait réellement mal.

-Je dois toujours être parfait pour eux, dit-il immédiatement en fixant un point imaginaire devant lui. Meilleures notes, populaire, apprécié, le reflet de mon père, la sagesse de ma mère, l'héritier du siège Diggory au MagenMagot. Le Tournoi, ce n'est qu'un seul truc de plus pour mettre leur fils parfait en avant. Ce n'est pas ce que je veux. J'aimerais être guérisseur mais mes parents veulent que je fasse le même métier que tous les hommes de la famille. Je déteste ça.

La métamorphomage ne répondit rien. Elle ne pouvait pas dire qu'elle comprenait, presque personne ne se souciait d'elle, surtout chez les Dursley. Toutefois le cas de Cédric était complètement à l'autre extrême. Ses parents l'empêchaient de prendre des décisions par lui-même jusqu'à l'en étouffer. Ils décidaient tout de sa vie, y compris son avenir.

-Si je ne gagne pas ce Tournoi j'ai peur des conséquences. Avoua Cédric.

La tête de Daesyn se tourna si vite qu'un craquement sinistre lui parcourut la nuque. D'une main, la sorcière se massa distraitement le cou.

-Comment ça ?

Elle ne s'offusquerait pas s'il ne répondait pas, après tout, elle n'était rien de plus qu'une inconnue. C'était une question assez ouverte pour qu'il puisse répondre mais aussi pour qu'il ne le fasse pas s'il n'en avait pas envie.

-Je pense qu'ils me renieraient. Ce serait honteux pour eux que leur fils parfait ne réussisse pas contre une gamine de quatorze ans. Répondit-il naturellement.

-Se faire déshériter ? Ils te mettraient à la rue tu veux dire ? Explicita-t-elle en se soulevant du lit pour lui faire face. Son dos marqué protesta contre le mouvement qui lui arracha une grimace. C'était plus douloureux qu'elle ne le pensait.

-Exactement. De toute façon ce n'est pas grave. Ils n'ont jamais fait attention à moi mais à mon image. Son expression neutre ne la rassura pas. Malgré ses fautes, Cédric était quelqu'un de bien. Un peu comme Ilya. Elle trouvait révulsant l'idée de renier son enfant simplement parce qu'il ne réussissait pas.

-Mademoiselle Potter, vous êtes autorisée à sortir. Que je ne vous vois plus pour cette année, vous occupez bien trop souvent cette place dans mon infirmerie. Mme Pomfresh se planta devant le lit avec les mains sur les hanches, une position semblable à la généreuse Mme Weasley, bien qu'un petit sourire tire sur les coins de ses lèvres.

-Evidemment ! S'exclama-t-elle dramatiquement, réussissant à arracher un petit rire du Poufsouffle déprimé. Elle attrapa ses vêtements posés sur la pile vers la table de chevet et s'enferma dans la petite salle de bain pour se changer.

Lorsque la jeune femme jeta un coup d'œil bref dans le miroir pour examiner son état, elle grimaça en voyant son dos. Comme elle l'avait prédit, il était couvert de bleus qui formaient une peinture étrange sur sa peau légèrement plus pâle qu'à l'ordinaire. Sur le visage, une coupure fraîche traversait son sourcil, en dessous de la célèbre cicatrice en forme d'éclair déchiquetée sur son front. Elle ne constata rien de plus et supposa que Mme Pomfresh avait traité le plus gros quand elle dormait.

Daesyn sortit et regarda Cédric, toujours sur son lit dans la même position. Elle hésita puis s'approcha doucement pour ne pas le faire sursauter et ne parla que lorsque son attention se fixa sur elle.

-Tu veux aller dîner aux cuisines ? Personnellement, j'ai super faim, dit-elle alors que son ventre émettait un bruyant gargouillement.

-OK, un sourire brillant sur ses lèvres. Je peux inviter Cho ?

-Tant que je ne fais pas que tenir la chandelle. Elle haussa les épaules en souriant à son tour. Je vais demander à Ilya de nous rejoindre.

Ce fut à ce moment-là que commença leur petit rituel. Tous les samedi soir, les quatre se rassemblaient et allaient prendre un dîner dans les cuisines, lui permettant de voir Dobby, plus que ravi d'obéir à tous leurs désirs.

Cho plutôt timide au début, malgré sa popularité au collège ; eut vite fait de se décoincer avec l'aide de Daesyn et quelques blagues bien placées. Avec elle, la plus jeune comprit la définition de -discussions de filles-. La Serdaigle était de bonne compagnie et drôle lorsqu'elle était à l'aise, Daesyn dirait presque qu'elle était enchantée d'avoir une amie féminine. Ilya s'entendait bien avec Cédric. Le bulgare lui avait proposé de déposer sa candidature à Durmstrang, réputé pour enseigner les bases de la médicomagie aux futurs guérisseurs, quelque chose d'impossible à Poudlard. Elle avait senti le Poufsouffle hésiter, puis sous les encouragements de sa petite amie, il avait empoché la brochure que l'autre garçon lui tendait.

Le second vendredi de mars, Daesyn se dirigea vers son cours de potions presque avec bonne humeur. Tôt ce matin-là, Sirius lui avait envoyé une nouvelle lettre lui demandant de le trouver à Pré-au-Lard pour deux heures de l'après-midi le lendemain.

Les Serpentard et Gryffondor se moquèrent bruyamment en la voyant arriver, ce qui la mit tout de suite sur ses gardes. Malfoy, un sourire narquois et une expression fière sur son visage avança de quelques pas vers elle et lui jeta son journal à la figure.

Daesyn l'attrapa sans difficulté et roula des yeux. Elle se doutait bien de qui était l'article et sur qui il était. Au même moment, la porte du cachot claqua et tous entrèrent silencieusement dans l'antre de Rogue.

Elle fila tout au fond de la classe et observa son professeur donner un coup de baguette en direction de la craie qui commença à écrire les instructions pour la potion d'Aiguise-Méninges.

Daesyn soupira et sortit les ingrédients de son sac, laissant son esprit dériver sur des sujets plus importants alors que ses mains exécutaient des gestes mécaniques. Discrètement, elle poussa son tabouret juste devant ses pieds et fit tomber le journal Sorcière Hebdo dessus pour pouvoir le lire.

CEDRIC DIGGORY LE TROMPEUR !

Champion de Poufsouffle à l'occasion du Tournoi des Trois Sorciers, préfet-en-chef, gentil, serviable, populaire, intelligent, drôle, sportif, amoureux et extrêmement beau, Cédric Diggory, n'est que l'incarnation de la perfection au sein du collège de Poudlard, rapporte Rita Skeeter, journaliste de renom.

Personne ne peut rien faire d'autre que chanter les louanges du Poufsouffle au visage sympathique, qui n'est pourtant qu'une façade.

Devant l'ensemble des étudiants, Cédric Diggory montre le côté brillant de sa personnalité. A l'abri des regards cependant, le Poufsouffle n'hésite pas une seconde à s'allonger dans le lit de Daesyn Potter, seconde candidate pour Poudlard au Tournoi. Une relation d'autant plus ambigüe puisque le garçon est publiquement en couple avec Cho Chang, sorcière de Serdaigle. Il est évident que la jeune fille ne sait rien de leur entreprise secrète.

-Je ne comprends pas que Diggory s'intéresse à un laideron tel que Potter. Nous déclare Pansy Parkinson, une très jolie jeune femme de la même année que notre célébrité.

Mais Cho Chang nous dévoile bien d'autres traits de la personnalité de Cédric Diggory que nous n'aurions jamais soupçonnés, à commencer par son total déshonneur envers les femmes et leur vertu.

-J'adore nos moments, que ce soit juste pour passer du temps ensemble, ou au lit ! Se confie Cho Chang en gloussant.

-Je n'ai pas voulu participer au Tournoi. Mes parents m'y ont forcé, tout comme le reste des choses que je fais. Dans le fond, je veux simplement être comme les autres adolescents. M'amuser, voilà tout. Annonce Cédric d'un ton naturel.

En tout cas, nous comprenons que le Champion de Poudlard s'amuse très bien avec Mlle Chang ainsi que Daesyn Potter. On peut maintenant dire sans aucun doute que la Coupe de Feu a été truquée. Choisir une enfant de treize ans ainsi qu'un jeune garçon qui se moquent pleinement de nos traditions est tout simplement irresponsable, surtout en tant qu'héritière et héritier de titres de noblesse. Il va de soi que la recherche d'un(e) futur(e) époux/se sera bien plus complexe suite à ces révélations.

Moi-même, mes chers lecteurs suis totalement peinée et horrifiée de ces découvertes mais la vérité devait être rétablie afin que certaines personnes puissent se rendre compte de leurs erreurs.

Votre reporter dévoué, Rita Skeeter.

Daesyn relut l'article une seconde fois, les yeux grands ouverts. Cette fois, Skeeter avait frappé fort. D'abord Hagrid, puis elle, et enfin Cho, Cédric et encore une fois elle.

Elle ne pouvait pas imaginer l'état dans lequel le couple était. Bien sûr, Cédric s'était assis près d'elle à l'infirmerie mais à ce moment-là, personne n'avait été dans la pièce à part eux. Comment Skeeter aurait-elle pu connaître le sujet de leur conversation ? Elle avait déformé les paroles de Cédric à un tel niveau que c'en était hallucinant.

Et Cho, la douce Cho qui avait tant d'amies dans les couloirs mais que personne ne connaissait vraiment. Comment se sentait-elle maintenant ? Serait-elle brimée par ses camarades pour cet article ? Evidemment. Comme le serait le Poufsouffle, elle, comme l'avait été Hagrid. D'après ce que lui avait la jeune femme asiatique, elle et Cédric n'avaient jamais eu de relations sexuelles parce que Cho voulait attendre son diplôme. Daesyn savait pertinemment que personne n'était avec elles lors de leur discussion là-aussi. Skeeter devait avoir une cape d'invisibilité parce qu'il était impossible qu'elle ait simplement inventé tout ça.

-Je te parle maintenant Severus, ou tu t'enfuiras encore une fois. Grinça une voix silencieuse près de son oreille. Les sonorités bulgares qui lui étaient désormais familières attirèrent son attention sur Igor Karkaroff qui essayait de parler à Rogue. Essayait étant le mot clé, car Rogue ne semblait pas du tout vouloir lui parler.

-J'ai cours, nous parlerons plus tard. Siffla le potionniste, avec un regard noir qui ne déstabilisa pas du tout Karkaroff.

-Non, tu l'as vue Severus. Au fil des mois, elle devient de plus en plus noire-

-Tais-toi. Rugit silencieusement Rogue en lui attrapant le bras avec l'intention de le jeter dehors, mais sa tête se tourna brusquement vers elle et la sorcière eut tout juste le temps de se remettre au mélange de son breuvage, terminé.

-Fin du cours ! Disparaissez de ma vue ! Susurra le potionniste aux élèves désormais silencieux. Tous se précipitèrent vers son bureau pour déposer leur fiole. Daesyn les suivit, bien que plus lentement, l'infâme magazine à la main.

Il fallait à tout prix que Skeeter soit arrêtée. Et au plus vite.


Le lendemain, Daesyn déjeuna dans les cuisines avec les elfes de maison agités. Devant elle s'étalait une multitude de plats en tout genre plus délicieux les uns que les autres, qu'elle entasserait dans son sac avec un sortilège d'extension indétectable, quelque chose d'illégal, afin d'y donner à Sirius. Après plus d'une année dans la nature à se nourrir principalement de rats, avoir du poulet au curry, des œufs brouillés ou de la soupe le ravirait.

A midi, la sorcière sortit du château et se dirigea vers le village, sautillant presque d'excitation à l'idée de retrouver Sirius. Pour passer le temps, elle s'amusa à faire du lèche-vitrine et avant qu'elle ne puisse même penser, elle se retrouva avec deux sacs pleins à craquer. En entrant chez Gaichiffon, elle chercha de nombreuses paires de chaussettes pour Dobby et les ajouta à sa pile de vêtements.

Lorsque la cloche sonna les deux heures, Daesyn se précipita vers les limites de Pré-au-Lard afin d'y retrouver Sirius. A mesure qu'elle avançait, les maisons se faisaient moins nombreuses, la population s'amenuisait et le calme prenait place. Bientôt, une vaste plaine d'herbe verte et grasse s'étendait sous ses yeux, séparée du village sorcier par une clôture blanche.

Les deux pattes posées sur la barrière la plus haute, Patmol, la langue pendante, la regardait avec une lueur d'intelligence dans les yeux qui ne pouvait pas appartenir à un simple animal. Le chien aboya de joie en la voyant arriver et partit à grandes enjambées dans les herbes hautes, direction la colline. Daesyn suivit avec peine, glissant de temps en temps dans la pente mouillée tout en maudissant son parrain de son manque de considération pour ses petites jambes.

Il lui fallut une vingtaine minutes pour arriver au sommet, en sueur et les jambes fatiguées quand elle aperçut la queue noire de Patmol disparaître dans la terre. Une étroite faille lui permit de s'engouffrer dans la caverne fraîche qui cachait le fugitif. Buckbeak l'hippogriffe, dans un coin, la fixa de ses grands yeux orange avec un air pompeux et supérieur qui lui donna presque envie de rouler des yeux. Avec une touche d'exaspération, Daesyn s'inclina devant le fier animal qui l'observa intensément quelques secondes avant de lui rendre son salut.

La jeune sorcière se tourna ensuite vers le Sinistros et le regarda se métamorphoser en son parrain. Le visage émacié, les vêtements usés, maigre et sale, Sirius était le faible reflet de l'adolescent héritier d'une famille noble qu'il avait pu être autrefois.

A peine sur ses pieds, Daesyn jeta ses affaires sur le sol et se jeta dans ses bras. Les câlins, trop peu nombreux, de Sirius étaient les meilleurs qu'elle n'avait jamais eus.

-Tiens, dit-elle en lui donnant son sac de cuir. L'animagus regarda avec gourmandise et convoitise la dizaine de plats qu'elle avait emportée pour lui, et se lécha avidement les babines avant d'en attaquer un.

-Succulent, murmura-t-il en croquant dans une nouvelle cuisse de poulet à peine quelques instants plus tard.

-Tu as lu l'article sur Cédric ? L'interrogea-t-elle en passant ses mains à travers les plumes de Buckbeak.

-J'en ai lu quelques bribes lorsque j'attendais près d'un sorcier tout à l'heure. Je n'ai pas pu voir la fin, il m'a chassé en pensant que je voulais lui voler de la nourriture. Ne te soucie pas de ce qu'écrit Skeeter Daesyn.

-Sauf que là, ce qu'elle a écrit était vrai, du moins en partie. S'indigna-t-elle en emmêlant ses doigts dans ses longs cheveux bleus.

Sirius s'étouffa avec un morceau de pain et fut pris d'une violente quinte de toux qui se répercuta contre les murs humides.

-Tu as couché avec Diggory ? Cria-t-il d'une voix aigüe.

-Mais non ! Rigola-t-elle en voyant la fureur dans les yeux de l'évadé de prison. Pas ça, ce que Cédric a dit, elle en a déformé un peu mais il y a des choses vraies. Comme dans l'infirmerie par exemple. Cédric m'a dit qu'il ne voulait pas participer au Tournoi et je suis certaine que nous étions seuls et qu'il n'a pas crié ça à tout bout de champ ! Skeeter devait forcément être avec nous et pourtant, je n'ai vu personne !

Elle sentait la frustration monter petit à petit, comme à chaque fois que Skeeter sortait un nouveau scoop.

-Tu n'as vu personne. Répéta-t-il sérieusement, plongé dans une profonde réflexion. Il se mit à mâchonner son poulet tout en tournant en rond et marmonnant des choses incompréhensibles. Pour une fois, elle resta silencieuse. Elle-même détestait qu'on l'interrompe alors qu'elle était en train de réfléchir et s'abstint donc de parler.

-Le registre des animagi. Il faut que tu cherches s'il y a son nom. Déclara Sirius en se rasseyant.

-Il serait plus probable qu'elle ait une cape d'invisibilité non ? Demanda la jeune femme.

-Dans ce cas-là, les barrières qui entourent Poudlard auraient averti Dumbledore. Lorsque tu es dans ta forme animagus, tu n'es plus humain alors la sensibilité des protections n'est pas assez élevée pour te détecter comme. Expliqua-t-il soigneusement.

-Je vérifierai ça. Acquiesça-t-elle. Elle hésita, puis continua.

-Sirius ? Quand elle obtint son attention, elle poursuivit. Tu n'aurais pas entendu parler, en tant qu'Auror, d'une organisation magique secrète qui résout des enquêtes sous le commandement des Ministères magiques ?

Une longue pause s'ensuivit, entrecoupée seulement par la mastication lente de Sirius. Aucun livre de la bibliothèque ne mentionnait ce genre d'entreprise et bien qu'elle ait donné une seconde chance à Ilya, il était difficile de le croire sur quelque chose qui selon toutes ses recherches, n'existait pas. Daesyn savait que tout laissait des traces et n'en avoir trouvé aucune était plus que suspect.

-Pour tout te dire oui. Et il n'y en a pas qu'une, tu peux me croire. Avoua l'animagus en jetant un os à l'hippogriffe qui l'attrapa habilement. James et moi aurions pu y entrer mais nous avons refusé. A ce moment-là, l'armée de Tu-Sais-Qui était de plus en plus puissante et les forces Aurors avaient besoin de chaque volontaire possible sur le terrain. Nous ne voulions pas passer notre temps sur des broutilles alors que nous pouvions sauver des vies innocentes. Pourquoi cette question ?

-A cause de moi. Dit une voix tout droit sortie de l'ombre.

Sirius dégaina sa baguette cachée dans sa manche et la pointa sur Ilya, un sortilège allumant le bout d'une menaçante lumière rouge. Sans réfléchir, Daesyn s'interposa entre les deux, mettant immédiatement fin à l'altercation. Sirius, ses yeux gris ruisselant d'incompréhension, ne baissa pas son arme tout comme Ilya ne baissa pas ses bras levés, sa baguette à ses pieds. Dans cette position, Sirius ressemblait tout à fait à l'assassin qu'elle croyait qu'il était moins d'un an auparavant.

-S'il te plaît Sirius. Murmura-t-elle.

Il la regarda puis baissa sa baguette mais ne la rangea pas. Daesyn soupira et se tourna vers le bulgare qui attrapa sa baguette et la jeta au nez de son parrain. Sans se soucier de ses vêtements coûteux, il s'assit sur le sol et commença d'une voix pleine de regrets son récit, écouté par Sirius à la posture attentive.

-Qu'est-ce qu'il se passe maintenant gamin ? Demanda son parrain avec brusquerie.

-Je regroupe tout ce que je peux sur Pettigrow. Répondit Ilya honnêtement.

-Bien.

Daesyn bougea inconfortablement sur ses pieds. Elle avait l'envie irrésistible de briser cette tension par n'importe quelle blague qui pouvait lui passer par la tête.

-Fais une seule connerie gamin, et je te garantis que je te montrerai les talents de duelliste pour lesquels la famille Black est si réputée. Nous n'avons pas été associés au Seigneur des Ténèbres pour rien. Menaça finalement Sirius, ses yeux d'acier.

Ilya hocha frénétiquement la tête.

-Compris.

-Parfait. Rentrez au château, il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras avant de lui plaquer un baiser sur le front, prends soin de toi. Chuchota-t-il.

Daesyn observa Sirius se métamorphoser de nouveau et suivie d'Ilya, elle se glissa par l'étroite faille qui menait à la caverne et se retrouva au sommet de la colline verdoyante. Ils retournèrent tout trois en silence vers le village, Patmol trottinant joyeusement à ses côtés.

Lorsqu'ils ne furent plus que tous les deux, Sirius les ayant quittés après les avoir regardés passer la clôture qui délimitait Pré-au-Lard de la prairie, Daesyn se tourna vers Ilya, une question silencieuse planant entre eux.

-Tu m'as dit que tu allais te venger de Skeeter ! Ne m'en veux pas de t'avoir suivie parce que j'ai pensé que tu allais faire quelque chose que tu regretterais ! Son accent bulgare était plus présent à chacun de ses mots.

La plus jeune le regarda, pétrifiée.

-D'accord, j'ai exagéré. Marmonna-t-il en secouant la tête.

-C'est bon. Tu as un sérieux problème tu sais ? Écouter les conversations des gens, c'est pas très poli. Se moqua la sorcière affectueusement. Est-ce que tu as revu Cédric ?

-Non. Il n'est pas venu à Pré-au-Lard et Cho non plus. Ce qu'a dit cette journaliste aura de graves conséquences sur leurs choix futurs, même si après cela était démenti. L'informa Ilya en baissant la voix.

Le reste du trajet jusqu'au château s'effectua dans le silence. Daesyn méditait sur les paroles du bulgare. Elle n'avait pas fait très attention à ces lignes la première fois qu'elle avait lu l'article, en fait, elle était passée dessus en les rejetant comme sans importance. Mais au contraire, c'était peut-être l'une des choses les plus importantes.

Skeeter parlait de traditions, titres de noblesse et de recherches pour des fiançailles. Seulement, Daesyn n'avait absolument aucune idée de ce que cela signifiait. Elle n'avait jamais entendu parler de quelconques traditions, chez les Weasley ou n'importe où ailleurs. Quant à ces mystérieux titres de noblesse, elle supposait que c'était lié à la famille Potter, ou Diggory dans le cas de Cédric. Elle allait éviter de donner son avis sur son potentiel fiancé. Elle n'avait aucune intention de se marier ou encore même de faire des recherches. Cette formulation donnait l'impression qu'elle allait acheter du bétail sur le marché. Chose tout à fait détestable.

Elle se sépara d'Ilya avec un geste de la main d'au revoir et prit le chemin du Hall pour aller dans les cuisines. Les elfes de maison l'accueillirent avec beaucoup d'enthousiasme et mirent peu de temps à obéir à ses demandes. Étant donné que Sirius resterait un petit moment dans cette caverne, elle allait en profiter pour lui envoyer de la nourriture le plus souvent possible sans que cela devienne suspect.

-Voilà pour toi Dobby, la sorcière tendit les quinze chaussettes qu'elle avait achetées dans l'après-midi pour le petit être, qui lui envoya un regard de pur bonheur. Après avoir été de maintes et maintes fois remerciée pour sa générosité, elle enfourna tous les plats dans son sac plein à craquer et reprit la direction de la volière d'un pas cadencé.

L'obscurité rendait le parc étrangement silencieux et d'une certaine manière, apaisant. Ce n'était pas du tout la même sensation que dans le Lac où là-bas, l'air était oppressant et lourd. Elle prit une profonde inspiration en s'accoudant à la petite fenêtre de la volière et repoussa les images qui hantaient son esprit. Daesyn avait fait quelques cauchemars depuis sa noyade, très désagréables. Elle avait toujours cette impression d'étouffement constant, longtemps après son réveil.

Les griffes qui enserrèrent son épaule la firent sursauter. Un bec pointu lui mâchonna les plusieurs mèches de cheveux qui s'étaient échappées de son chignon serré, et elle tendit la main derrière elle pour caresser les soyeuses plumes de son aigle.

-Tu portes ça pour moi à Patmol s'il te plaît ? Demanda-t-elle en attachant le paquet à sa patte. -Tu as besoin d'aide ? Un brusque coup sur son crâne la fit grimacer. -Hé ! C'est bon, j'ai compris, ce n'était absolument pas nécessaire. Elle se frotta la tête du bout des doigts et laissa s'envoler Hawk par la petite ouverture dans le mur.

Daesyn ne bougea pas jusqu'à ce que l'oiseau disparaisse dans la nuit noire, laissant l'air frais lui meurtrir les joues qu'elle savait être devenues rouge. Sur le Lac, le bateau se balançait doucement en accord avec la brise qui faisait voleter les feuilles du Saule Cogneur, ce dernier se débattant férocement contre un élément auquel il ne pouvait rien. La sorcière remonta à la salle commune après un dernier regard sur le carrosse éteint de Beauxbâtons. Il faudrait qu'elle demande des nouvelles de la petite sœur de Blondinette à l'occasion.


Le lendemain matin, la bibliothèque se trouva plus remplie qu'à l'ordinaire. La cause étant les examens qui approchaient de plus en plus vite, évidemment. Les regards qui la suivirent presque jusque dans le rayon sur le ministère l'agacèrent plus qu'à l'ordinaire. Encore une fois, à cause de Skeeter, elle était redevenue le centre d'une attention indésirable.

Daesyn attrapa un épais manuscrit sur la justice magique et en déchiffra le sommaire, avant de se précipiter page quarante-quatre pour consulter le registre des animagi enregistrés. Il y avait très peu de noms ajoutés à la liste.

La page était composée de deux colonnes, l'une contenant le nom et prénom du sorcier et la seconde ce en quoi il se transformait. Sa professeure de Métamorphose, Minerva McGonagall y figurait ainsi que quelques autres personnes qu'elle ne connaissait pas.

Elle fut surprise en voyant son propre nom inscrit au bas de la liste. Mais au lieu du nom de l'animagus duquel elle prenait la forme, la mention Métamorphomagie lui était accolée. En parcourant le registre de haut en bas, seule Nymphadora Tonks possédait la même mention et était encore en vie.

Bon sang, à quoi pensaient les parents lors de la naissance de leur enfant ? Nymphadora était une bouchée à prononcer. Vraiment, qui qu'ils soient, c'était l'idée la plus bizarre qu'elle ait pu entendre jusqu'à maintenant. Bien qu'elle ne puisse pas en dire trop. Son propre prénom était étrange, même pour les sorciers.

Lorsque Daesyn rencontrerait son papa, il faudrait absolument qu'elle lui demande d'où ce prénom venait. Parce que de ce qu'elle avait compris de Remus, sa mère ne s'était pas occupée de l'adoption donc soit elle s'en fichait, soit elle n'avait pas pu prendre de décision pour une raison quelconque. Pour l'instant, de son point de vue, elle n'avait qu'un papa jusqu'à preuve du contraire.

Tout cela était très intéressant, mais quoi qu'il en fût, Skeeter n'apparaissait nulle part dans les registres. Daesyn referma le livre avec un claquement inquiétant. Un sourire narquois et remplit de malice s'étira sur son visage.

Daesyn tenait enfin sa vengeance.


Daesyn descendit l'escalier en colimaçon en vacillant, éreintée et avec un fort lourd mal de crâne. Les sessions d'Occlumencie avec le directeur étaient de plus en plus intenses depuis que ses fondations étaient clairement fixées. En ce moment, Dumbledore testait sa capacité à le faire sortir de sa tête alors qu'il opposait une résistance minime. Autant dire que la jeune femme avait encore du travail avant que son esprit soit imparable. L'avantage était qu'elle était tellement fatiguée qu'elle n'avait aucun mal à passer une bonne nuit de sommeil.

Entre ses cours particuliers et l'entraînement intensif qu'elle s'imposait pour être prête en vue de la troisième tâche, Daesyn n'avait pas encore eu l'occasion de revoir Cédric même s'ils étaient en plein milieu des vacances. Elle avait entendu dire que les parents de Cho avaient été convoqués par le professeur Flitwick mais n'avait pu trouver aucune preuve tangible.

Ce fut alors totalement par hasard qu'elle croisa le Poufsouffle au détour d'un couloir, seul. Cédric avait l'air surpris de la voir et au moment où elle pensa qu'il allait faire demi-tour sans un regard en arrière, il l'attrapa par le poignet et se glissa dans les cuisines.

Ils restèrent quelques instants maladroits à se regarder, sans savoir ni l'un ni l'autre par où commencer.

-Comment vas-tu ? Lança-t-elle.

-Ça ira. C'est pour Cho que je suis inquiet. Je n'ai pas pu la voir depuis la parution de l'article. Cédric s'affaissa sur un tabouret, les épaules basses.

-Je n'ai rien dit, tu sais que je déteste les journaux. Se permit-elle de se justifier.

-Je sais, le Poufsouffle lui tira un faible sourire. Le problème c'est que le monde sorcier n'oubliera pas cet article, peu importe s'il ne contient presque que du faux. Skeeter a eu raison sur une chose, notre avenir, quoi que nous choisissions, est devenu plus limité. Poursuivit-il d'un ton amer. Daesyn ne put empêcher ses yeux de prendre une teinte Avada, frustrée.

-Tu es la deuxième personne à m'en parler, en quoi un article peut bouleverser à ce point ? Elle agita théâtralement les mains dans de grands gestes exaspérés.

-Le but de la société est à qui se fera le mieux voir. Plus tu es élevé dans l'échelle sociale, moins tu as de risques. Expliqua-t-il brièvement.

-En gros c'est la loi du plus fort. Des hypocrites qui n'hésitent pas à dénigrer leur voisin pour se protéger. Le coupa-t-elle.

-C'est ça.

-Sauf que je suis une célébrité internationale, alors elle peut dire n'importe quoi sur moi, j'ai tant de possibilités et d'opportunités partout ailleurs que ça ne me touchera que de loin. Cho et toi par contre… Daesyn s'affala à côté du plus âgé.

-Aucune inquiétude, ça va s'arranger ! Dédramatisa Cédric.

-Quel optimisme, murmura-t-elle en retour, pour quelqu'un qui pensait que tout était perdu deux minutes plus tôt.

Le brun haussa les épaules.

-Ça ne peut pas être pire. Il faut que je retrouve Cho, on se voit plus tard !

-Ouais plus tard. Grommela-t-elle en appuyant ses coudes sur la table. La magie était frustrante mais la société l'était encore plus. Et Daesyn n'avait toujours aucune idée de ce qu'étaient les traditions. Tant pis, elle saurait au moment voulu.


-Potter, attendez un instant s'il vous plaît.

La voix sévère de sa McGonagall l'empêcha de faire un pas de plus hors de la salle de classe.

Daesyn recula vers le bureau de l'animagus et attendit impatiemment qu'elle parle.

-Mlle Potter, vous devez vous rendre sur le terrain de Quidditch ce soir, à neuf heures. Mr Verpey vous y attendra pour vous donner les instructions de la troisième tâche. Ne soyez pas en retard.

Ce soir-là, la jeune femme descendit nonchalamment les escaliers du dortoir des garçons après avoir prévenu Fred et George qu'elle devait descendre sur le terrain.

La jeune femme croisa Cédric dans le Hall d'Entrée et se dépêcha de courir à ses côtés pour le rattraper. Il avait meilleure mine que le jour précédent.

-Alors, comment va Cho ? S'enquit-elle quand il s'aperçut de sa présence.

-Mieux. Ses parents sont en train de monter un dossier contre Skeeter mais il y a peu de chances qu'il aboutisse. Elle est désolée de ne pas t'avoir parlé ces jours-ci.

-Ce n'est pas grave. Je peux comprendre qu'elle ne soit pas bien. Ils passèrent sur la pelouse et se faufilèrent entre deux rangées de gradins pour accéder au terrain de Quidditch. Cédric et elle s'arrêtèrent, bouche-bée.

-Mais… qu'ont-ils foutu ? S'exclama Daesyn en agitant les bras devant elle.

L'herbe auparavant lisse et plate, était maintenant parsemée de tout son long de petites haies dépassant à peine les trente centimètres. Elle échangea un regard horrifié avec Cédric.

-AVANCEZ, AVANCEZ ! Hurla une voix enthousiaste.

Daesyn releva ses yeux bleus ennuyés vers l'étrange personnage qui se tenait au milieu du terrain. Verpey dansa pratiquement sur place en la voyant, ignorant sa mine renfrognée à sa vue. Quand ils enjambèrent la dernière haie, le juge reprit de plus belle.

-Alors, n'est-ce pas magnifique ?! C'est l'endroit où se déroulera la troisième tâche ! Vous avez tous deviné ce que c'était maintenant n'est-ce-

-Labyrinthe. Le coupa-t-elle sans ménagement. Elle n'avait pas envie de passer sa soirée ici et vu la tête de Krum, il paraissait plutôt soulagé de son intervention brutale.

-…Euh, oui, oui, un labyrinthe ! Le premier qui entrera sera celui qui a le plus de points et ainsi de suite ! Le but est de récupérer le trophée qui se trouve au milieu du labyrinthe ! Il poursuivit rapidement. -Évidemment, les haies devraient atteindre très bientôt les six mètres, grâce aux bons soins de Hagrid ! Ça ne sera pas aussi simple que vous le pensez, Ahah ! Rigola-t-il. -Il y aura des créatures, des mystères à résoudre, etcetera, etcetera ! Ce sera amusant non ? Bon, si personne n'a de questions nous pouvons rentrer au château !

-Merci Merlin ! Lâcha-t-elle avant de pouvoir s'en empêcher. Elle tourna les talons et se dépêcha de rentrer au château, ignorant délibérément Verpey qui tentait de la rattraper en usant de sa voix criarde.

Elle avait vraiment hâte que toute cette merde prenne fin.


-Grave erreur, Queudver.

-Nnnnooon m-maître, ss'il vvous plaît. Supplia un petit homme chauve à l'apparence de rat.

-Cette fois, je serais Clément. Que cela ne se reproduise plus.

-Oh meercii, maître, vous-

-Endoloris !

Daesyn se réveilla en sursaut et manqua de tomber du lit. Ses mains tremblantes et moites se posèrent sur son front brûlant qui lui donnait l'impression que sa tête allait se déchirer en deux. Sa cicatrice palpitait comme si son cœur avait migré à l'intérieur de celle-ci. La jeune femme avait encore la sensation des milliers de piqûres qui enflammaient ses muscles et les consumaient douloureusement.

Elle rejeta les couvertures de ses pieds et força sa respiration à reprendre normalement. Il semblait que sa connexion avec Voldemort soit plus présente que prévu. Rien que la pensée de l'avoir dans son esprit lui décolla un monstrueux frisson qui glissa le long de son échine. Elle redoublerait d'efforts pour se protéger, cette sensation était tout simplement dégoûtante. La pensée d'aller trouver Dumbledore lui traversa l'esprit mais s'envola aussitôt.

Ce soir avait lieu la Troisième Tâche. C'était la dernière ligne droite avant qu'elle ne soit libérée de ce maudit Tournoi. La sorcière n'allait pas déranger le Directeur alors que tout était sur le point de se terminer. Ce fut sur cette pensée qu'elle reposa la tête sur les oreillers et referma les yeux, une main toujours posée sur l'éclair sur son front.


Chronologie :

24 février 2015 Seconde Tâche, 9h30.

6 mars 2015 Sortie à Pré-au-Lard, rdv avec Sirius.

27 mai 2015 Explications de la Troisième Tâche

24 juin 2015 Rêve de Voldemort