Chapitre 19 : Le Ministère de la Magie.


- Je suis désolée Mlle Potter, ce sont les ordres du Ministère, Dit le professeur McGonagall, l'air profondément navré.

-Mais, depuis quand on écoute le Ministère ? On s'en fout non ?

Les élèves derrière la sorcière commençaient sérieusement à s'impatienter.

En ce samedi matin, Daesyn s'était levée d'assez bonne humeur, contente de sortir du château pour faire des emplettes à Pré-au-Lard et se gaver de Bière-au-Beurre. Cependant, le Ministère semblait désespérément vouloir gâcher ses plans. Apparemment ce cher Cornelius Fudge, avait décidé qu'il était trop dangereux pour elle de s'aventurer hors de Poudlard, ce même château dans lequel avait réussi à s'introduire par deux fois Voldemort.

Décidément, les sorciers n'avaient aucun sens de la logique.

-Surveillez votre langage Potter, la réprimanda le professeur McGonagall, pas un brin amusé. Les règles sont les règles, reprit-elle d'un ton plus doux en voyant sa déception. Je suis désolée Potter.

La sorcière lui rendit son autorisation de sortie, que Daesyn prit avec une moue boudeuse.

Quelques élèves poussèrent des exclamations agacées que McGonagall fit taire d'un seul regard. Elle lui fit signe de s'en aller avant de passer à l'autorisation de sortie de l'élève suivant.

Lee, qui l'attendait quelques mètres plus loin, s'approcha d'elle.

-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il, l'air confus.

Il réajusta sa cape argentée sur ses épaules pour se protéger de la terrible froideur d'octobre. Le sorcier avait lui aussi abandonné le traditionnel uniforme de Poudlard pour des habits plus modernes, aux couleurs de la famille Jordan.

Daesyn soupira, une bouffée de fumée blanche s'élevant dans l'air.

-Je n'ai pas le droit de venir. Ordres du Ministère. Elle secoua la tête de mécontentement en se demandant quand est-ce que le gouvernement cesserait de mettre le nez dans ses affaires.

-Je vais rester avec toi.

Daesyn secoua la tête.

-Hors de question. Je vais trouver de quoi m'occuper, ne t'en fais pas pour moi.

Lee ouvrit la bouche pour protester puis la referma devant son regard.

-A tout à l'heure.

Daesyn sourit et fit demi-tour en ignorant les ricanements de Malfoy et ses compères.

La métamorphomage observa les derniers troisièmes années partir du château, du haut du clocher. Elle fronça le nez de frustration et se détourna de la fenêtre.

Il était bien rare de voir l'école aussi calme et silencieuse ailleurs que pendant les vacances scolaires, où elle avait l'habitude d'être seule.

Daesyn respira un grand coup et leva la tête quand une goutte lui tomba sur le nez, suivie d'une deuxième. Les marches pour monter jusqu'à la volière étaient détrempées, les rendant encore plus glissantes.

Hawk, son fidèle compagnon, siffla puis vint se poser sur son épaule pour lui voler le bout de bacon qu'elle avait elle-même chipé dans la Grande Salle.

-Aïe, dit-elle lorsque l'oiseau lui mordit le doigt un peu trop fort. Certainement pour se venger, car la sorcière ne lui avait pas rendu visite depuis plus de deux semaines.

L'aigle lui jeta un regard mauvais. Il lui en voulait définitivement.

-Allez, Hawk, je suis désolée d'accord ? Tenta-t-elle sans beaucoup d'espoir. L'oiseau s'envola et partit se percher tout en haut de la volière.

Daesyn soupira.

Les couloirs du château étaient vides. La blonde commençait vaguement à s'ennuyer toute seule. Elle traversa la cour humide, happée par une légère brume pluvieuse qui cachait les petites silhouettes des premières années, jouant aux Bavboules.

Daesyn rentrait sur le terrain de Quidditch quand une image de Sirius traversa son esprit. Elle eut un petit pincement au cœur. C'est ici, qu'elle avait pour la première fois, sans le savoir, rencontré son parrain lors d'un match de Quidditch pendant sa troisième année. Ses yeux bleutés regardèrent le ciel couvert avec de lourds nuages gris, nostalgiques. Le vide que Sirius avait laissé ne disparaîtrait jamais, quoi qu'elle fasse.

Elle soupira et sentit un frémissement de magie traverser ses doigts.

D'ailleurs, Daesyn ne saisissait pas ce qu'il se passait avec ses pouvoirs. Elle avait attendu que sa magie revienne à la normale, mais cela ne faisait qu'empirer. Le décès de son parrain avait ouvert une grande brèche dans son âme que sa magie tentait un tant soit peu de combler.

Peut-être devait-elle en parler à Dumbledore ?

C'est à force d'errer dans le château, pensive, que la métamorphomage se retrouva dans un couloir qu'elle ne connaissait que trop bien. La sorcière, curieuse de ce que Poudlard avait pu lui concocter, poussa la porte de la salle sur demande et fut frappée par la beauté qui se dévoilait à ses yeux.

De grandes bibliothèques tapissées de livres, qui pour certains frôlaient le millénaire, des montagnes d'objets en tous genres : chaises, buffets, tables, colliers et autres bijoux. La pièce s'étendait à perte de vue. Elle ne savait pas ce qu'était cet endroit mais cette accumulation d'affaires datait probablement de l'époque des Fondateurs. Daesyn commença à arpenter les étagères faisant attention à où mettre les pieds.

La sorcière était fascinée par le nombre d'objets, livres et artéfacts qui s'étaient entassés partout où il restait de la place.

Ses doigts furent parcourus à nouveau de picotements.

Daesyn se tourna vers une chaise au milieu de la quatrième allée d'étagères. Il fallait qu'elle tente quelque chose auquel elle pensait depuis un petit moment : la magie accidentelle.

La magie accidentelle était une magie sauvage très connue pour être les premiers symptômes d'apparition de la magie chez les jeunes enfants. Ces évènements magiques étaient alors la conséquence de grandes émotions, comme quand Daesyn s'était retrouvée sur le toit de son école primaire lorsque Dudley et son gang la pourchassait avidement.

Elle avait longtemps payé cet acte.

Il était rare de voir un adulte user d'autre chose que de sa baguette. Les actes de magie accidentelle étaient alors réduits presque à néant. Presque, car Daesyn se souvenait particulièrement que le professeur Dumbledore avait pu diminuer l'intensité des bougies de la Grande Salle rien qu'avec ses doigts. Et notamment, que, par frustration et colère, elle-même avait envoyé le professeur Dumbledore dans un mur.

Les émotions guidaient la magie accidentelle. Mais Daesyn se posait alors une question de grande importance. Pouvait-on utiliser sa magie avec ses émotions, sans baguette, mais de façon non-accidentelle ?

Il fallait essayer pour le savoir.

Ses yeux bleus revinrent sur la pauvre chaise. La jeune femme décrocha sa cape, l'envoyant sur un tas d'objets.

Daesyn était entourée par deux grandes bibliothèques dont les étagères s'étendaient à perte de vue. Ces dernières étaient jonchées par de si nombreux livres qu'on ne pouvait s'imaginer les compter sans y passer le prochain millénaire. Des tas d'objets parfois méconnaissables formaient des piles qui auraient pu toucher le plafond s'il y en avait un. Des bougies éclairaient la pièce de la même manière que la Grande Salle, et faisaient songer à de minuscules petites étoiles dans le grand trou noir au-dessus de sa tête.

Un trou noir béant comme celui qui s'était creusé dans l'âme de Daesyn un peu plus d'une semaine plus tôt, envisagea-t-elle sombrement.

Daesyn secoua ces pensées noires de son esprit. Sirius était mort, c'était un fait mais il fallait qu'elle arrête de ressasser tout ce qu'il s'était passé. Mais même cette pensée rendait son coeur un peu douloureux.

-Bien, dit la brune pour elle-même, voyons si je peux le faire.

Elle entreprit de resserrer l'élastique de son chignon décoiffé par le vent et plaça soigneusement sa précieuse baguette dans la poche de sa cape.

Daesyn, debout au milieu des étagères, prit une profonde inspiration, les yeux fermés. Elle remarqua pour la première fois l'odeur du vieux parchemin qui flottait dans l'air, détendit ses épaules raides et redressa le menton, ses yeux pleins de défis.

La jeune femme tendit la main droite devant elle, paumes et doigts largement écartés dans le but de déplacer la pauvre chaise rien que par la pensée.

Rien ne se produisit.

Daesyn, comme tout bon Gryffondor, n'allait certainement pas abandonner dès le premier essai, alors elle se concentra et plaça toute sa volonté dans son esprit pour -déplacer cette fichue chaise- parce que comme elle l'avait appris, la magie n'était qu'une question de volonté n'est-ce pas ?

Rien non plus.

Il ne se passa strictement RIEN les dix minutes suivantes.

Daesyn baissa les bras. Elle avait mal à force de les laisser droits devant elle. La chaise n'avait même pas bougé d'un seul millimètre et ça commençait sérieusement à l'agacer.

Elle faisait sûrement quelque chose de mal.

-D'accord, elle brossa les mèches qui lui tombaient sur le front, derrière son oreille. La volonté, ça je l'ai, elle fit deux, trois pas en direction de sa victime, … et l'intention !

Comment avait-elle pu l'oublier ?

Les yeux fixés sur l'objet, Daesyn se concentra et chercha la magie. Ses doigts s'enflammèrent et pétillèrent comme des milliers de bulles dans une bouteille de champagne. La magie était maintenant une extension de son corps, une amie à qui elle pouvait tendre la main. Il suffisait juste, d'un peu plus. Son estomac fit un bond, la pression dans son crâne donna des coups de tambours dans ses tempes.

Daesyn leva ses doigts devant elle sans lâcher sa cible du regard. Elle eut comme l'impression que tout son corps surchauffait. Comme si quelqu'un avait allumé un feu de cheminée et qu'elle s'y tenait un peu trop près. Son sang bouillonnait. Elle était si proche, elle le savait.

Que faisait Lee en ce moment ?

La pensée fugace et intrusive la déconcentra brutalement.

-Merde !

Daesyn ouvrit les yeux, qu'elle ne se souvenait pas avoir fermés, juste à temps pour voir la chaise qui lévitait doucement se briser en mille morceaux sur le sol carrelé.

La jeune femme fixa le bois éclaté avec incrédulité. Un rire nerveux sortit de sa bouche. Ça avait été si facile, presque trop facile.

-J'ai réussi, murmura-t-elle en examinant ses mains dont la peau frémissait.

Un liquide chaud coulant sur sa main interrompit son esprit. Une goutte de sang. Comme avec Rogue, pensa-t-elle en sortant un mouchoir blanc de sa robe pour éponger son nez.

CRAC !

Daesyn sursauta, plongea vers sa baguette et la pointa vers la source du bruit. Son cœur battait la chamade.

Elle poussa un long soupir en voyant que la chaise avait déstabilisé une montagne d'objets et que plusieurs d'entre eux avaient dégringolé sur le sol.

Elle rangea sa baguette, remit sa cape et se pencha pour ramasser l'artéfact quand un halètement brisa ses lèvres. Son cœur frappa ses côtes. D'une main tremblante, elle porta l'objet scintillant à ses yeux.

C'était un diadème. L'objet paraissait parfaitement ordinaire mais n'en était pas moindre. Le diadème, -ou plutôt- l'ex-Horcruxe de Voldemort, détruit par sa main sur ordre de La Mort.

Thanatos. La divinité à laquelle elle avait obéi lorsqu'elle était « morte », pour détruire les morceaux d'âmes de Lord Voldemort. Daesyn se souvenait parfaitement de ces instants qu'elle avait passés avec La Mort, et qui l'effrayaient parfois encore dans ses cauchemars. Elle n'en avait jamais parlé à personne, pas même Dumbledore, mais parfois elle avait l'impression étrange que les yeux de Thanatos l'observaient au détour d'un couloir sombre.

Daesyn abaissa son bras tenant le diadème, scruta la salle du regard, marchant vers les cinq autres Horcruxes, eux-mêmes désertés par l'âme de Voldemort. Une coupe, un médaillon, le journal -celui qu'elle avait poignardé avec un croc de Basilic en deuxième année, pour sauver Ginny des griffes de Tom Jedusor-, Nagini, ou plutôt ce qu'elle supposait être ses cendres, et une bague, très moche, qui roula à ses pieds.

Voulant tout prendre dans ses bras, Daesyn lâcha le petit objet. Elle le ramassa avec difficulté et le porta à ses yeux. Une pierre, mal fixée, gisait au centre de l'anneau, avec un étrange symbole, qu'elle n'avait jamais vu nulle part ailleurs et qui pourtant chatouillait le fond de son esprit : un trait entouré d'un cercle, enfermés dans un triangle.

-Etrange, chuchota-t-elle en passant un pouce sur la pierre, plus sombre que la nuit. Elle ne semblait pas avoir d'éclat particulier ou de pouvoir mais Daesyn ressentit un drôle de frisson quand son doigt s'y attarda un peu trop longtemps. Un courant d'air glacé la fit frissonner à nouveau, les cheveux sur sa nuque se dressèrent.

Surprise, Daesyn la laissa tomber une fois de plus et la pierre se décrocha, roulant un peu plus loin. C'était un triangle fin, sculpté comme un diamant. Daesyn décida de la garder dans la poche de sa cape pour ne pas la faire tomber à nouveau et tant bien que mal, ramassa tous les objets dans ses bras.

Elle allait voir Dumbledore.

Les grandes portes de bois de la Salle sur Demande s'ouvrirent sur son passage. Elle reviendrait faire des expériences, se dit-elle en jetant un dernier coup d'œil, mais pour l'instant, elle devait amener tout ça au directeur.

Qui sait si quelqu'un n'allait pas tomber dessus ? Personne ne savait ce qu'ils étaient alors il fallait s'assurer qu'ils ne soient pas dangereux.

Des deuxièmes années la regardèrent monter les marches avec difficulté, l'air interrogateur.

La gargouille qui gardait l'entrée du bureau de Dumbledore la laissa passer avec un grognement, après plusieurs tentatives de mots de passe.

Ses bras commençaient à fatiguer et elle espérait vraiment que Dumbledore soit présent. Faute de grives, Daesyn donna deux trois coups de pieds dans la porte pour signaler sa présence avant que la porte ne s'ouvre d'elle-même.

Dumbledore l'accueillit avec un sourire, pas le moins du monde surpris par sa présence, comme si elle la lui avait été annoncée.

N'en pouvant plus, Daesyn lâcha tout sur le grand tapis dans un grand fracas métallique, qui fit pester un grand nombre de portraits, sursauter Fumseck et approcher Dumbledore.

-Bonjour Professeur, dit Daesyn essoufflée en rafistolant la broche de sa cape.

Dumbledore observait silencieusement le bazar qu'elle avait encore mis dans son bureau. Daesyn en profita pour étudier discrètement la pièce, mais rien ne laissait envisager la possibilité qu'elle l'ait complètement détruite lors de son dernier passage.

-Bonjour Daesyn. Comment vas-tu ?

Lorsqu'elle se retourna, Dumbledore l'observait, elle.

-Je vais bien professeur.

Il s'abaissa avec une souplesse surprenante pour son âge.

-Allons, Daesyn, je ne suis pas si vieux.

-Pardon.

-Je me demandais où est-ce qu'il était passé, continua-t-il en caressant la couverture du journal de Tom, je l'avais conservé dans mon bureau lorsqu'il s'est volatilisé la nuit où tu as fait disparaître Voldemort. Mais ceux-là… où se trouvaient -ils ?

Du bout de sa baguette, il fit voleter le médaillon devant ses yeux pour l'observer. Dumbledore fit plusieurs fois tourner sa baguette pour les examiner et parut satisfait de son enquête, puisqu'il l'abaissa pour attraper le médaillon entre ses mains.

Aucun danger donc.

-Dans la Salle sur Demande, Daesyn secoua la tête. Savez-vous comment ils sont revenus ?

-Je n'en ai aucune idée Daesyn. La magie fait parfois des choses bien surprenantes n'est-ce pas ? Dumbledore la regarda par-dessus ses lunettes en demi-lune, les yeux scintillants. Elle avait la mauvaise impression qu'il savait exactement ce qu'elle manigançait là-bas.

-D'ailleurs, que faisais-tu pour pouvoir trouver ce genre d'objets ?

Daesyn secoua ses deux mains devant elle, affolée.

-Pas de magie sombre comme ça non, je vous le jure ! C'était dans une salle, avec plein d'objets cachés. J'explorais, je faisais de la magie. Débita Daesyn à toute vitesse.

-Vraiment, murmura Dumbledore. Il déplaçait les objets un à un, les étudiait, contemplait, scrutait avant de les déposer délicatement sur le sol.

-Rogue…

-Le professeur Rogue, la reprit-il.

-Oui, donc, le professeur Rogue, m'a légèrement énervée l'autre jour. Et j'ai sans faire exprès détruit son bureau.

Elle s'assit sur le tapis pour tripoter le médaillon, à côté du professeur Dumbledore.

-Oui, j'ai entendu parler de cet incident, Dumbledore avait les yeux pétillants, l'air amusé.

Rogue avait donc dû se plaindre auprès du Directeur.

Daesyn soupira en cherchant son reflet dans le médaillon. Elle dévisagea ses yeux bleus pervenche, ses cheveux bruns décoiffés, les quelques tâches de rousseurs qui s'évanouissaient par manque de soleil. Ses cernes, moins visibles que deux jours auparavant persistant à garder leur teinte violacée.

Daesyn retourna les mots de Rogue dans son esprit. Elle ne cessait de penser que c'était la mort de Sirius qui avait changé quelque chose à sa magie. Mais et si ce n'était pas le cas ? Et si, c'était entièrement sa faute ? Et si sa magie disparaissait et ne revenait plus jamais ? Que ferait-elle de sa vie ?

-Daesyn ? La brune plongea ses yeux dans ceux de son professeur. Voudrais-tu me dire quelque chose ?

Daesyn mima un sourire. Il était plus facile de changer de sujet pour le moment.

-Comment Rogue - je veux dire, le professeur Rogue connaissait-il Lily ?

Daesyn ramena ses jambes en tailleur sur la moquette confortable. Rogue avait parlé d'elle avec -elle n'aurait jamais pensé dire ça un jour de la chauve-souris des cachots- de l'affection.

Tout autour d'elle, les portraits des anciens directeurs de Poudlard se mirent à chuchoter, produisant un brouhaha flou indéchiffrable à ses oreilles. On aurait dit que ses mots avaient déclenché une tempête.

-C'est une longue histoire Daesyn, qui n'est pas la mienne à raconter.

Daesyn fit la moue. Jamais elle ne demanderait à Rogue comment il connaissait sa mère adoptive. C'était un coup à mourir empoisonnée par de sombres substances.

Elle sursauta quand l'horloge sonna onze heures alors que Dumbledore leva les yeux vers le carillon.

-Je crois Daesyn, qu'il est temps pour moi d'y aller. J'ai apprécié ta compagnie mais voilà que le Ministère m'appelle. Il la congédiait clairement mais elle fit semblant de ne pas comprendre.

-Le Ministère, répéta Daesyn. La jeune sorcière se leva et épousseta sa robe.

-Puis-je venir ?

Daesyn leva de grands yeux pleins d'espoir vers le directeur, qui s'était vêtu d'une cape supplémentaire. Ce serait pour elle l'occasion de peut-être, passer voir Kingsley. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus ni même parlés. Son tuteur lui manquait, et elle s'ennuyait ici toute seule.

Daesyn trépignait d'impatience.

-Très bien, dit le directeur. Mais je m'attends à un comportement exemplaire de ta part.

-Mon comportement est toujours exemplaire professeur, répondit Daesyn, légèrement offusquée.

Elle s'avança quand même vers le directeur qui tendait son bras et posa sa main par-dessus.

-Je croyais qu'il était impossible de transplaner dans l'enceinte du château ?

-Privilège de Directeur, le sorcier lui fit un clin d'œil auquel Daesyn n'eut pas le temps de répondre.

Une milliseconde plus tard, le vent glacial lui fouettait les joues. Daesyn se cramponna de toutes ses forces au bras du vieux sorcier, qui s'écartait de son corps. Il faisait complètement noir autour d'elle, et une forte pression contre ses côtes l'empêchait de respirer.

Ses pieds claquèrent contre le sol et ses genoux fléchirent. Daesyn prit une grande inspiration, roula des épaules pour débarrasser de la tension qui les accablait. Elle avait l'impression d'être passée sous un rouleau compresseur.

Capable de penser à nouveau, Daesyn entendit enfin le brouhaha persistant des alentours. Un rayon de lumière réchauffait sa joue, réfléchi par l'une des nombreuses fenêtres enchantées.

Le Hall du Ministère était gigantesque et somptueux. Les parquets de bois foncés étaient cirés à la perfection, le plafond bleu était doté de dessins de peinture blanche qui s'alignaient les uns aux autres pour en former d'autres chaque seconde.

La jeune femme suivit Dumbledore à travers le Hall, ses yeux curieux détaillant tout. De très nombreuses cheminées prenaient une grande partie des murs, crachant de temps à autre, une flamme verte pour en faire sortir un sorcier. Elle fit une grimace. Voyager avec la poudre de Cheminette était si désagréable. Presque plus que le transplanage.

A droite, une courte file de sorciers attendait, et au milieu une statue d'or immense s'exhibait au centre d'une fontaine tout aussi impressionnante. La sculpture représentait un noble sorcier et une sorcière, tous deux très beaux, un centaure, un gobelin et un elfe, ces trois derniers regardant avec admiration les sorciers. De l'eau jaillissait de leur baguette, cornes ou oreilles et tombait dans un clapotis régulier, couvert par le martèlement des pas des sorciers, qui se dirigeaient comme un seul homme vers des grandes portes d'or.

Daesyn fronça le nez en passant près de la statue. Les sorciers étaient vraiment imbus d'eux-mêmes. Les Centaures, sans parler des Gobelins, pour la plupart, méprisaient totalement les sorciers.

-Monsieur Dumbledore, comment allez-vous ? S'exclama un petit sorcier, venant de derrière eux. L'homme avait une moustache incroyablement touffue, qui tremblotait à chaque mot qu'il prononçait. Il s'engagea dans une conversation animée avec le directeur de Poudlard.

Daesyn regarda autour d'elle en faisant attention à la foule. De nombreux sorciers observaient Dumbledore, remarqua-t-elle avant de voir que de nombreux autres l'observaient aussi. Elle identifia même quelques sorciers pointant son front où se trouvait la célèbre cicatrice du doigt, chuchotant derrière leurs mains son nom. Le petit sorcier qui discutait avec Dumbledore était parti, remplacé rapidement par un autre, qui la salua avec un -Lady Potter- gracieux.

Daesyn plissa les yeux vers le bonhomme. Elle avait déjà vu ce visage quelque part mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.

-Qui était-ce ? Demanda-t-elle dès qu'il se fut éloigné.

-Lord Kasar Jordan, répondit Dumbledore avec un sourire. Un homme de goût, avec un talent pour le débat plutôt remarquable, loua-t-il.

-Jordan ? Répéta Daesyn, la tête faisant volte-face pour chercher le sorcier des yeux. Comme Lee ?

-Son oncle pour être exact. Lord Jordan n'a pas d'enfants à ce qu'on sache, commenta Dumbledore, l'air terriblement amusé par le simples fait de raconter des ragots.

Un énième « Bonjour Albus, Lady Potter, » la fit grogner d'agacement. Elle relâcha ses cheveux de son chignon dans une vaine tentative pour cacher l'éclair sur son front.

Les portes dorées menaient à un plus petit Hall, munis d'une vingtaine d'ascenseurs qui faisaient penser à de petites cages dorées.

Le directeur et elle montèrent dans un ascenseur, rejoints par une dizaine d'autres personnes qui les poussèrent contre la cloison. Avec un bruit de ferraille, la grille dorée coulissa et commença à monter -ou descendre, mais Daesyn ne savait plus s'ils étaient sous Terre ou non.

La brune plissa son nez, à hauteur des aisselles d'un sorcier qui ne sentait pas très bon.

-Ça pue, murmura-t-elle pour elle-même, en lançant un regard noir à l'homme devant elle.

Dumbledore lui sourit par-dessus ses lunettes, l'air amusé. Elle grogna.

-Niveau 5 : Département de Coopération Magique Internationale, Organisation Internationale du Commerce Magique, Bureau International des Lois Magiques, Confédération Internationale des Sorciers Britanniques, Annonça une voix froide dans l'ascenseur.

De nombreux sorciers sortirent de l'ascenseur, dont elle et le professeur Dumbledore. Daesyn prit une grande inspiration.

-Je pensais avoir perdu l'odorat, s'exclama-t-elle.

-Mais enfin, Daesyn.

-Excusez-moi.

C'était long, terriblement long. Daesyn se leva encore une fois, ses fesses brûlantes à force de rester assise. Elle avait mal au dos.

Daesyn regarda sa montre. Seules cinq minutes s'étaient écoulées depuis qu'elle l'avait regardée pour la dernière fois. C'était ennuyeux.

La métamorphomage regarda le couloir vide. Elle patientait depuis quarante-cinq minutes et le rendez-vous du Directeur n'avait pas l'air de se terminer de sitôt. Elle sonda le couloir, vide, et se demanda si Dumbledore serait fâché si elle faisait, juste un petit tour dans le bureau des Aurors.

Aussitôt pensé, aussitôt fait.

Cette fois-ci, Daesyn était seule à attendre l'un des ascenseurs pour monter au deuxième niveau. Un d'entre eux ouvrit ses grilles dorées et les quelques personnes présentes avec elle montèrent.

Encore une fois, Daesyn se retrouva coincée entre une sorcière, qui ressemblait drôlement à la tante Pétunia et un sorcier qui n'avait pas l'air commode. En levant les yeux au ciel, elle remarqua quelques notes de papier violettes qui obscurcissaient la lumière de l'ascenseur.

Daesyn aperçut sa silhouette dans la paroi d'or. Elle portait une robe que Sirius lui avait offerte. Son parrain avait des goûts vraiment raffinés, songea Daesyn en scrutant son reflet.

Bien que ce ne soit pas très étonnant puisqu'il avait passé toute son enfance chez La Noble et Ancienne Maison des Black, une des plus éminentes familles de la haute société sorcière, dont Daesyn était la seule héritière d'après le testament qu'avait laissé Sirius. Normalement, la succession du titre engageait d'abord Drago Malfoy mais son parrain, le défunt Lord Black avait changé l'ordre de succession.

Les tenues sorcières lui faisaient penser à celles qui passaient à la télé dans les documentaires moldus. Celles que portaient les femmes dans les contes de fées. Alors que jusqu'à très récemment, elle avait détesté la vieillerie des vêtements portés par la communauté magique, Daesyn commençait presque à prendre du plaisir à s'intéresser à la mode.

Elle sourit. Sa robe était bleue, s'accordant délicatement au bleu de ses yeux. Son corset était noué par des lacets blancs, qu'elle n'arrivait jamais à fermer toute seule (heureusement que Lee était là). Ses cheveux détachés, un peu ébouriffés tombaient sur sa cape, gris foncé, rehaussant délicatement son teint clair qui avait perdu son bronzage d'été.

Ce n'était pas dans son habitude de dire de telles choses mais elle commençait à se trouver plutôt jolie. Elle ne savait pas si son talent de métamorphomage y était pour quelque chose, mais ses traits de bébé s'étaient affinés. Sa mâchoire était désormais plus marquée, un peu plus aristocrate, comme aurait dit Sirius.

-Niveau deux : Département de la Justice Magique, Services des Usages Abusifs de la Magie, Quartier Général des Aurors, Service Administratif du Magenmagot. Annonça la voix mécanique de l'ascenseur, l'arrachant de son reflet doré.

Daesyn sortit de l'ascenseur en bousculant le clone de la tante Pétunia. Alors c'était ici que se trouvait le Magenmagot. Daesyn s'arrêta au milieu du couloir. Jeter un œil ne ferait pas de mal n'est-ce pas ? Dumbledore n'en saurait rien.

Ses expériences passées auraient dû lui faire savoir que c'était une mauvaise idée.

Au lieu de se diriger vers le bureau des Aurors, comme elle l'avait prévu, Daesyn se faufila discrètement à gauche du couloir, vers de grandes portes de chêne entrouvertes.

Daesyn rentra puis referma les portes derrière elles, sur lesquelles elle appuya son dos, fascinée.

Elle n'avait rien imaginé de tout ça en pensant au Magenmagot. Elle avait seulement pensé un endroit ennuyeux à mourir où de vieilles personnes décidaient des lois du pays sans songer le moins du monde à ce que pensait le peuple.

Elle ne savait pas pour la dernière partie mais en tout cas, l'endroit n'avait rien d'ennuyeux.

Elle se tenait tout en bas d'un grand hémicycle. Daesyn n'hésita pas une seconde avant de s'avancer au centre. Elle avait l'impression d'être minuscule.

Le parquet de bois ciré paraissait plus ancien que dans le Hall et grinçait légèrement sous ses pieds. Au bout de la pièce, un promontoire accessible par trois marches de marbre, qu'elle déduisit être destiné au président de l'assemblée.

Les portes d'entrée du Magenmagot, remarqua-t-elle en se retournant, étaient bordées par deux grands piliers de marbres, qui soutenaient un autre escalier menant à la première rangée de sièges. Ces mêmes portes séparaient l'hémicycle en deux demi-lunes semblables. De chaque côté, se trouvaient trois rangées de sièges, plus hautes les unes par rapport aux autres.

Daesyn grimpa les étroites marches qui menaient à la première rangée. Devant chaque fauteuil se dressait un banc de bois assez long pour parcourir toute la rangée. La sorcière monta un peu plus haut. Les sièges étaient tous marqués par un nom d'une famille puissante, qu'elle reconnaissait pour la plupart. Londubat, Jordan, Nott au deuxième rang, Lestrange, Malfoy, Black et Potter, au troisième.

Daesyn sauta les deux dernières marches et s'installa dans le fauteuil Potter. Contrairement à ce que laisser présager leur apparence, le siège était plutôt confortable. Le sol paraissait si loin vu d'en-haut. Daesyn savait que, plus le nom de sa famille apparaissait haut, plus celle-ci avait du pouvoir sur l'Assemblée. Elle avait appris que la famille Potter faisait partie des familles les plus puissantes politiquement du monde sorcier, bien qu'ils soient des plus discrets.

Daesyn se demanda si rejoindre les débats du Magenmagot serait une expérience enrichissante. Depuis que Lee lui avait demandé ce qu'elle aurait fait de sa vie si elle n'avait pas tout ça, elle s'était posé la question. Quel était son but ?

Elle était alors tombée sur le livre qu'on lui avait offert pour son anniversaire, sur les traditions et autres coutumes du monde sorcier, qui avait éclairé pas mal de choses.

Elle savait, au moins en partie, pourquoi les Serpentard la détestaient. Daesyn avait brisé tous les codes sociaux magiques. Elle avait appris que la communauté magique Sorcière était basée sur un système de hiérarchie. Elle se sentait même un peu honteuse de ne s'être intéressé au monde spécial dans lequel elle vivait, se contentant de bafouer les - ses origines sorcières.

Il y a cependant un point sur lequel elle n'avait pas réussi à se renseigner. C'était, au nom de Merlin, pourquoi rien n'était enseigné à Poudlard. Il n'était pas très étonnant que les Sangs-Purs en général soient dérangés par le nombre de Moldus dans leur société. Ces derniers débarquaient sans prendre le soin de s'interroger sur la culture à laquelle ils appartenaient désormais.

Honte à eux.

(Honte à elle).

Ainsi, le MagenMagot où étaient proposées les nouvelles lois, était dirigé par les Lords et membres importants de la société magique, un cercle très restreint dont elle faisait partie.

Les Lords et Ladies faisaient donc partie de l'élite de la société magique : la Noblesse, qui venait avec son lot de traditions. Comme les barbaries de fiançailles et de mariage.

Dans cette société, les femmes n'étaient pas destinées à prendre les rênes d'un siège au MagenMagot. Elle était une fois de plus, une exception. La plupart d'entre elles étaient destinées à faire un bon mariage avec un bon parti pour s'assurer une vie « tranquille ».

Dès leur quinze, voire seize ans pour les plus chanceuses, venait l'horrible quête de trouver un futur mari. Puis les contrats de fiançailles, de mariage et tout un tas d'autres choses ennuyantes.

-…Voici le Magenmagot-

Profondément plongée dans ses pensées, Daesyn sursauta quand les grandes portes s'ouvrirent. Les voix s'élevèrent du bas de l'atrium. La sorcière se baissa immédiatement et commença à se déplacer pour sortir par l'une des petites portes qu'elle avait aperçue au fond de l'hémicycle, avant qu'on ne la trouve. Elle avait la très nette impression que sa présence ici ne serait pas la bienvenue. Les voix s'approchèrent de plus en plus et elle aperçut des pieds dans l'escalier opposée à elle.

La jeune femme se faufila immédiatement par le second escalier, dévalant les marches aussi vite qu'elle le pouvait. La petite porte épaisse et lourde se trouvait juste derrière un lourd pilier de marbre, et Daesyn la poussa de toutes ses forces sans regarder en arrière.

Le cliquetis de la serrure résonna dans le couloir. Un grand couloir, noir comme la nuit s'étendant à perte de vue, avec une seule autre porte tout au fond. La brune prit une grande inspiration, collant son oreille contre la porte pour déceler un bruit. Les voix s'étaient éteintes dès qu'elle était sortie du Magenmagot, étouffées par l'épais pan de bois. La sorcière tendit la main pour attraper la poignée mais n'attrapa que le vide.

-Putain, jura-t-elle en réalisant qu'elle n'avait aucun moyen de sortir par ici. Dumbledore va m'exploser.

Daesyn sortit sa baguette et fit un pas dans l'épaisse noirceur. Contrairement au reste du Ministère, le couloir ne possédait aucune fenêtre, uniquement des lampes torches disposées à intervalles réguliers, qui éclairaient le sol et le plafond d'une faiblarde lumière orangée.

-C'est pas comme si j'avais le choix de toute façon, grommela-t-elle. Elle se maudit intérieurement. Elle avait un don pour les ennuis.

-Lumos, la lumière se refléta dans les murs carrelés. La sorcière tâtonna devant elle avec son pied, cherchant le sol. Il était plus bas. Le couloir coulait en pente douce.

Reprenant ses repères, quelque peu désorientée, Daesyn avança rapidement, espérant retrouver rapidement son chemin. Malheureusement pour elle, il ne semblait n'y avoir qu'une seule malheureuse porte au fur et à mesure de son avancée.

Daesyn tourna la poignée ronde, tenant sa baguette devant elle. Elle avança prudemment dans la pièce.

La porte se referma avec un cliquetis.

Daesyn souffla une bouffée d'air froid qui s'échappa dans l'air.

La pièce dans laquelle elle avait atterri était belle, contrairement à ce qu'on pouvait s'attendre en sortant du couloir sombre. Des millions de petites lumières rondes flottaient au-dessus de sa tête, mais ce n'était certainement pas le plus impressionnant. D'innombrables étagères supportaient des milliers de petits globes de verres poussiéreux.

Daesyn fit un tour sur elle-même, s'arrêta quand elle ne trouva plus la porte par laquelle elle était sortie.

-Rangée 70, murmura-t-elle.

Sa voix résonna contre les étagères.

-Cassandra Trelawney, lut elle sur l'un des socles qui soutenait les boules de cristal.

La baguette toujours levée devant elle, la sorcière balayait lentement les rangées dans l'espoir de trouver une sortie quand une lumière fit clignoter son ombre sur le sol. Daesyn se retourna vers la source de lumière. Un des globes s'était illuminé sur son passage, une douce fumée blanche épaisse se déplaçant dans le verre.

-Tom Elvis Jedusor, Daesyn Edith Potter… Barton, août 2001, énonça-t-elle à voix basse. Qu'est-ce que c'est ? Murmura-t-elle avec effroi.

Daesyn tendit la main pour prendre le globe, qui s'illumina encore plus dès qu'elle s'en approcha puis le souleva de son socle. Elle frissonna malgré la chaleur tiède et reposa doucement la boule de verre dans son emplacement.

Un autre globe s'illumina dans la rangée d'en face. Ses yeux bleus se levèrent. Prudemment, Daesyn se déplaça jusqu'à la lumière bleutée. L'objet était exactement pareil que le précédent, à la différence que cette fois-ci, seul son nom était inscrit sur le socle.

Un bruit de verre brisé résonna dans la pièce. Daesyn fit volte-face et sortit de la rangée sans demander son reste. Tous ses sens à l'affût, la sorcière dévala chaque couloir pour tenter de trouver une porte de sortie.

Ses cheveux tapaient son dos à chacun de ses pas, glissant sur son épaule dès qu'elle tournait la tête pour regarder derrière elle. Sa respiration sifflante était trop bruyante dans l'immense pièce et accompagnait le bruit de ses pas.

Enfin, un chandelier bleu se reflétait dans la poignée d'une autre porte, aussi sombre que les deux précédentes. Sans réfléchir, Daesyn tourna la poignée et rentra dans une nouvelle pièce. De la même façon, la porte se verrouilla derrière elle.

-Effrayant, murmura Daesyn en regardant vers le vide, tout en bas. La salle ressemblait à une ancienne arène, complètement explosée par les bombes. Au centre, une grande arcade de pierre qui paraissait sur le point de s'écrouler, accessible par les escaliers où elle se tenait. Daesyn commença à descendre, attentive à ses pieds puisque les marches comportaient plein de trous qui laissaient entrevoir un vide sans fin.

D'en bas, l'arcade semblait bien plus imposante. Un voile déchiré, noir comme la nuit flottait au milieu comme s'il était traversé par un courant d'air. Daesyn baissa sa baguette puis s'approcha de l'arcade. Elle avait l'immense envie de toucher le Voile.

-Viens, murmura une voix fantomatique.

Daesyn retira sa main tendue sans savoir qu'elle avait bougé. Elle avait l'impression d'être sortie d'une transe. Son cœur frappa férocement sa poitrine.

-Viens, répéta la voix, rejoins-nous.

La jeune femme déglutit et recula rapidement. Elle avait cru voir un visage dans le Voile.

Le visage de Thanatos.

Elle n'avait plus envie d'être ici.

-Par les caleçons de Merlin, Daesyn ?!

La jeune femme sursauta, sans pour autant décrocher ses yeux du rideau en lambeau. Une grande main se posa sur son épaule, et la sorcière arracha difficilement son regard de l'arcade à contrecœur.

-Viens, ne restons pas là, l'Auror Kingsley Shacklebolt, le visage décomposé, la guida d'une main ferme vers une des nombreuses portes qui les menèrent dans un couloir baigné de lumière. Daesyn plissa les paupières. Être restée dans le noir si longtemps lui faisait mal aux yeux.

Le bureau des Aurors était en fait une grande salle pleine de box alignés les uns aux autres. Kingsley l'emmena vers le sien. Quelques têtes curieuses se tournèrent vers elle quand ils passèrent.

Kingsley lui fit signe de s'installer dans la chaise en face de son bureau. Daesyn remua, mal à l'aise. Elle allait se faire sermonner, elle en était sûre. Ses yeux bleus rencontrèrent le regard chaud de Kingsley, mêlé même à une pointe … d'inquiétude ?

-Comment vas-tu ?

La sorcière trouvait que cette question était encore plus gênante qu'un sermon.

-Le professeur Dumbledore a accepté de m'emmener ici comme je n'ai plus le droit d'aller à Pré-au-Lard.

Kingsley la regarda de travers. Sa réponse était complètement à côté de la question.

-Chef j'ai trouvé le dossier que vous m'avez demandé… Daesyn Potter ! Pardon, pardon, Lady Potter! Puis-je avoir un autographe ?

-Non.

Un silence tomba sur le bureau. Daesyn, les sourcils froncés, regarda le visage de l'homme passer du blanc puis au rouge, avant qu'il ne s'en aille, sans demander son reste.

-Que se passe-t-il Daesyn ? Je suis inquiet tu sais ? Tu n'es pas toi-même depuis quelques temps.

Kingsley contourna son bureau et tira une chaise pour s'asseoir plus proche d'elle. L'homme avait une vilaine ride d'inquiétude sur le front et Daesyn culpabilisa d'être celle qui lui faisait ressembler à ça.

Le Voile bizarre avait fait remonter ses peurs et souvenirs. Elle faisait toujours quelques cauchemars au sujet de Thanatos et ce dernier semblait la suivre dans ses pensées partout où elle allait. Quand elle avait rencontré le dieu, il avait pourtant été seulement gentil avec elle mais entre sa récente mort et sa magie de plus en plus détraquée, Daesyn n'en voyait plus le bout.

Et deux des milliards de boules de cristal qu'elle avait vues portaient son nom. Le sien. Qu'est-ce que c'était ? Pourquoi l'une d'entre elle avait également l'ancien patronyme de Voldemort ?

Que pouvait-elle donc bien dire à Kingsley ? Elle ne savait même pas par où commencer.

Daesyn opta pour un haussement nonchalant d'épaules.

-Je vais bien.

Il ne l'a cru pas.

Mais ça irait pour l'instant.


-Daesyn ? Appela Dumbledore derrière son dos.

Daesyn avait déjà la main sur la poignée de la porte du bureau du Directeur mais se retourna quand même. Dumbledore avait les mains jointes devant lui et le regard sérieux.

-J'espère que tu sais que Poudlard apportera toujours une aide à ceux qui en ont besoin.

Daesyn laissa sa main se poser sur la poignée quelques instants de plus, une étrange hésitation planant au creux de son ventre. Son sourire fit ressortir ses pommettes et son regard pétillant trouva celui de Dumbledore alors qu'elle ouvrait finalement la porte.

-J'y songerai si j'en ai un jour besoin ! et dévala les escaliers jusqu'à la gargouille de pierre.

Il fallait qu'elle raconte ce qu'elle avait vu à Lee.


EXPLICATIONS QUANT A MA LONGUE ABSENCE ET BLABLA :

Bonsoir, -ou bonjour- !

Pour commencer, comme vous avez pu le remarquer, (excusez-moi d'avoir spammé vos mails), les premiers chapitres ont subi une réédition, notamment pour corriger les fautes que j'ai malencontreusement oubliées et faire quelques corrections au niveau de la tournure des phrases. Rien de bien méchant donc. Dans les prochains jours, je compte terminer cette réédition, donc pas de nouveau chapitre après celui-ci dans l'immédiat.

En ce qui concerne la pause dans cette histoire : elle est tout simplement due à mes études et la réduction drastique de mon temps libre.

Pour tout vous dire, j'avais moins de 15 ans quand je l'ai commencée je ne faisais qu'écrire de mes journées et les passaient à peaufiner tous les détails. J'avais un peu plus de 16 quand j'ai commencé à poster et j'en ai maintenant tout juste 20.

Je n'ai jamais cessé de penser à cette histoire tous les jours, trouvé des complots, des détails, des dialogues à insérer et je n'ai jamais abandonné Daesyn alors qu'elle vit et grandit avec moi tous les jours.

Donc cette année, promis les chapitres reprennent, délai d'un mois minimum pour l'instant entre chaque. J'essai d'avancer un maximum sur plusieurs chapitres en même temps pendant mes pauses pour réduire ce délai, mais je ne peux pas bâcler les chapitres sinon je serais déçue de mon travail. Surtout que je sais que mon style a probablement un peu changé, quoique je pense, reste très similaire.

Je suis tellement heureuse que beaucoup d'entre vous soient encore là ! Vos remarques me font rougir de plaisir ! Voulez vous que je vous réponde en privé ? Je le fais généralement mais je ne veux pas déranger les gens.

En espérant, de tout coeur, que ce chapitre vous plaise,

Aristanae03