Moi : Salut tout le monde ! BONNE ANNÉE 2023, WOUHOU !

Ryuga : J'espère plus rien pour les nouvelles années, depuis 2020 j'ai l'impression que ça sert plus à rien...

Chris : Ouais, on est tous devenus pessimiste avec ça je crois ^^'

Moi : C'est pas faux... Bon, on va pas s'attarder ici parce que je fête mon anniversaire avec ma famille ce midi ! Oui j'ai fêté mes 21 ans, youpi, maintenant je peux acheter de l'alcool si je vais aux USA ! XD

Kyoya : Si tu pouvais y aller et ne jamais revenir, ça m'arrangerait.

Moi : Toujours aussi sympa toi... Bref, le chapitre d'aujourd'hui !

Ryuga : Je l'ai lu. T'aimes bien les ascenseurs émotionnels toi.

Moi : Je dois avouer que oui ! Bon par contre je dois placer un petit TW pensées suicidaires pour le début du chapitre... Promis ça dure pas longtemps hein, la suite du chapitre c'est des feels et du fluff ^^'

Chris : Wonderinn vous rappelle avec amour et sadisme que cette fic est une fic drama ! Merci pour votre compréhension !

Moi : Oui, merci Chris ! Disclaimer du coup ?

Kyoya : Wonderinn ne possède pas MFB et c'est tant mieux.

Moi : Tu veux ma main dans ta gueule ? -_-

Kyoya : *grogne*

Moi : Allez, bon chapitre tout le monde ! n_n


Réponse aux reviews :

Komachu : Mais oui, Ryuga et Kyoya sont choux à leur manière !
Héhé, le craquage de fin est magistral ! XD

Coolio : I wanted to make a cute and funny OS ! It's the magic of Christmas ! ^^

Fairy Selene : Je pense que le lutin du Père Noël va devenir un syndicaliste tellement il râle XD
La lettre de Julian était la plus mignonne à écrire, il a bien changé notre italien égoïste ! X)
Go to the horny jail Pluto ! XD

Marius : J'sais pas, j'ai pété un câble et c'était drôle ! Pardon Père Noël, j'ai ruiné votre innocence ! XD


Kyoya resta planté là, allongé sur son lit à fixer le plafond un long moment, bien trop long pour que son excuse de « j'ai la tête qui tourne » tienne encore la route. Il espérait que Nile n'y penserait pas à cause de son état de fatigue, il n'avait pas trop envie de subir un interrogatoire sur s'il allait bien ou non et il ne savait même pas s'il serait en état de mentir et d'être crédible…

-J'ai envie de me foutre en l'air… pensa le vert, écoutant distraitement le bruit lointain de l'eau de la douche dans la salle de bain. Ou de retourner chez mon père et de me foutre en boule dans ma chambre pour ne plus jamais en sortir… Ou de déménager dans une grotte… C'est pas si mal finalement d'être un ermite…

Jamais Kyoya ne s'était senti aussi las de sa vie, et pourtant depuis des années il ressentait cette émotion assez régulièrement. Il avait de plus en plus la sensation d'être spectateur de sa propre vie, de se regarder de l'extérieur et de se juger lui-même à cause de ça. Ou alors c'était sa conscience qui le jugeait ? Il n'était plus vraiment capable de faire la différence au vu de la haine qu'il ressentait envers lui-même. C'était probablement un mélange des deux au final…

Après un profond soupir empli de désespoir et de fatigue, l'oméga tourna la tête et laissa son regard dériver vers la porte de la chambre, ouverte sur le couloir de l'étage. Depuis son lit il ne voyait rien, juste un bout du couloir, mais il connaissait la disposition du couloir par cœur. Le placard au fond, l'ancien bureau qui lui servait de salle de musique, puis venait la chambre, ensuite il y avait les toilettes et pour finir la salle de bain. L'escalier reliant le rez-de-chaussée à l'étage se trouvait en face de la porte des toilettes, donc à droite de la chambre. C'était des escaliers classiques, en bois et bien droits, avec des marches assez basses, un peu trop basses d'ailleurs au goût de Kyoya. Impossible de descendre ces escaliers en courant, ou même juste en marchant un peu vite, sinon on risquait de glisser et de se ramasser violemment. Pour Nile ce n'était pas un problème, il ne courait jamais dans les escaliers, mais pour Kyoya, grand pressé de la vie, c'était assez handicapant.

-Elles sont tellement basses ces marches que si j'essayais de me jeter dans les escaliers pour me tuer ça marcherait sûrement pas, se dit l'oméga. Je me ferais juste super mal.

Kyoya resta encore quelques secondes le regard planté sur le bout du couloir visible depuis son lit, mais en réalisant ce à quoi il venait de penser il se redressa brusquement en clignant des yeux. Est-ce qu'il venait de penser au fait de se jeter dans ses escaliers pour mettre fin à ses jours sans que ça l'inquiète, comme s'il pensait simplement à faire ses courses ou un truc du style… ? Merde, ça commençait à vraiment devenir inquiétant… Le vert se faisait peur là, vraiment peur. Il était peut-être grand temps d'aller consulter un psy…

-Kyoya ? Ça va ?

Le jeune homme sursauta et ses yeux bleus balayèrent anarchiquement la chambre avant de tomber au bon endroit, c'est-à-dire sur l'encadrement de la porte qu'il fixait une minute auparavant et dans lequel se tenait désormais Nile simplement vêtu de son boxer, le corps encore légèrement humide de sa douche. Le bêta regardait son compagnon avec incompréhension et inquiétude, ne comprenant pas pourquoi il avait l'air perturbé, presque paniqué.

-Ça va… ? Redemanda Nile d'une voix plus douce, craignant de braquer son petit-ami ou de le faire se refermer sur lui-même en insistant trop.

-Hum… Oui, c'est juste… J'ai l'esprit complètement embrouillé à cause de ma chaleur, j'ai des pensées bizarres… bredouilla le vert en se passant les mains sur son visage. Ce n'était qu'à moitié un mensonge.

-Tu veux que je te fasse un thé, ou quelque chose comme ça ? Lui proposa son conjoint avec un petit sourire.

-Oh non non, t'embêtes pas pour moi, répliqua presque immédiatement Kyoya. Je sais que tu es fatigué, je peux me faire un thé tout seul…

-Comme tu veux mon cœur.

-Je vais aller prendre ma douche et je me ferai un thé après… Toi tu ferais mieux de te coucher et de te reposer, tu l'as pas volé.

-D'accord, je vais changer les draps et me coucher pour faire une sieste avant le dîner. N'oublie pas de prendre ta pilule au fait.

-Oui, t'inquiète pas.

À ces mots, Kyoya se leva du lit en s'étirant et se dirigea vers l'encadrement de la porte pour aller dans la salle de bain. Nile se poussa pour le laisser passer, l'embrassant tout de même sur l'épaule quand ils se croisèrent, puis s'attela à changer les draps du lit pour pouvoir se coucher. Il n'en donnait pas l'impression mais en réalité il était au bout de sa vie actuellement et n'avait qu'une envie : dormir. Qu'est-ce qu'il était fatigué, c'était terrible…

Pendant donc que le jeune homme aux cheveux bicolores changeait les draps en luttant pour ne pas s'endormir debout, Kyoya lui venait d'entrer dans la salle de bain et se dirigea directement vers le petit placard situé au-dessus du lavabo. C'était l'armoire à pharmacie de la maison, l'endroit où étaient rangés tous les médicaments, dont sa pilule.

Ce que son compagnon et lui appelaient « la pilule » portait en réalité le nom de pilule Oméga M et il s'agissait d'un moyen de contraception pour les omégas mâles, ou plutôt du seul et unique moyen de contraception des omégas mâles puisqu'en fait il n'y en avait pas d'autres, à l'exception des suppressants Oméga qui coûtaient très chers et avaient souvent des effets secondaires peu agréables. Dans les faits, la pilule Oméga M fonctionnait exactement comme la très connue pilule du lendemain : une pilule à prendre le plus rapidement possible après un rapport sexuel non protégé pour empêcher un potentiel embryon de nidifier, et donc une grossesse non désirée. Lors des cours d'éducation sexuelle au collège, on prenait bien la peine de répéter aux jeunes filles alphas, bêtas et omégas que la pilule du lendemain ne constituait pas un moyen de contraception en lui-même mais plutôt une solution d'urgence en cas d'oubli de préservatif, et que si elles en avaient besoin un peu trop souvent c'était sans doute qu'il était temps d'aller voir un gynécologue pour se faire prescrire un vrai moyen de contraception, mais sur ce point les omégas mâles étaient encore une fois traités différemment et avec un mépris à peine dissimulé. Ils étaient tellement minoritaires que personne ne s'était « pris la tête » pour leur faire un vrai moyen de contraception comme la pilule mensuelle ou l'implant, ils étaient obligés de choisir entre les suppressants Oméga, rares, coûteux et bourrés d'effets secondaires, et la pilule Oméga M, contraignante car un seul oubli pouvait mener à une grossesse non voulue.

-C'est chiant, mais j'ai pas le choix… pensa Kyoya en prenant la plaquette de ses pilules. Bordel, je suis bientôt au bout de la plaquette en plus… Va falloir que j'aille à la pharmacie pour en racheter quand ma chaleur sera finie.

Soupirant, le vert préféra passer à autre chose rapidement et se dépêcha d'avaler sa pilule avant d'aller dans la douche pour se laver. Au final, sa chaleur l'avait fatigué, il avait envie de vite se laver et de rejoindre Nile pour faire la sieste. Au moins ça l'empêcherait d'avoir des pensées désagréables, ou même un peu trop sombres…

XXXXXX

La pharmacie. Kyoya détestait cet endroit. Cette horrible odeur de médicaments, cette ambiance morose… Qui pouvait apprécier de se retrouver ici ? Et puis les gens… Autant les pharmaciens et pharmaciennes s'étaient toujours montré agréables avec tout le monde, lui compris, autant les autres personnes présentes dans la pharmacie quand il venait ne manquaient jamais une occasion de le dévisager quand ils remarquaient ce que le jeune homme était venu acheter. Pff, les gens, toujours là pour lui gâcher l'existence. Enfin bon, c'était deux minutes sur sa journée et c'était fait, maintenant il pouvait rentrer chez lui. Finalement, sa première sortie seul depuis ce qu'il s'était passé avec Pluto…s'était plutôt bien passé. C'était un bon point, mais bon après il était quand même pressé de rentrer à la maison. Déjà sortir de la pharmacie lui ferait du bien, sérieusement cette horrible odeur de médicaments était insupportable !

À peine eut-il mis un pied dehors que l'oméga prit une immense inspiration et souffla de soulagement, heureux de retrouver l'air frais et marin de la ville. Il ne lui restait plus qu'à rentrer chez lui et passer le reste de sa journée à se reposer, tout du moins c'était son espoir…qui fut anéanti à la seconde où son téléphone sonna dans sa poche. Et merde. Personne ne l'appelait jamais à l'exception de son père pour le travail, adieu la tranquillité de son après-midi… Kyoya sortit donc avec un long soupir de désespoir son téléphone de la poche de son jean, quasiment prêt à décrocher sans même regarder l'écran, mais la curiosité le poussa tout de même à y jeter un œil pour voir qui l'appelait et il dut retenir un hoquet de stupeur quand il lut le nom qui s'affichait sur son portable. Ce n'était pas son père et ce n'était pas non plus un collègue de la Tategami Corp., c'était Ryuga. Ryuga… ? C'était déjà étrange que Ryuga l'appelle, surtout après son silence radio de plusieurs jours, mais c'était encore plus étrange qu'il l'appelle en début d'après-midi et en semaine. Le journaliste était censé travailler à cette heure-ci, non ? Il y avait définitivement quelque chose de bizarre dans cette histoire et la curiosité de Kyoya en fut vivement piquée.

-Ryuga ? Lança le vert après avoir décroché son téléphone, toujours devant la pharmacie avec son sac en plastique contenant ses pilules à la main gauche.

-Oh Dieu merci Kyoya, j'avais tellement peur que tu me répondes pas, s'empressa de dire l'alpha de l'autre côté du téléphone avec un soulagement palpable dans sa voix. Il semblait assez sérieusement stressé.

-Qu'est-ce qui t'arrive ? Demanda Kyoya, inquiété par le stress de son interlocuteur qu'il arrivait à percevoir sans difficulté. Tu sais, je suis vraiment désolé d'avoir fait le mort ces derniers temps, c'est juste que…

-Ça n'a rien à voir avec ça Kyoya, ne t'excuse pas, le coupa Ryuga. J'ai un service à te demander et c'est important.

-Oh… Un service important ? Quel genre de service ?

-Écoute, je suis vraiment désolé de te demander ça parce que c'est pas censé te concerner, mais tu crois que tu pourrais aller chercher Sakyo à l'école ?

-A-Attends quoi ? Aller chercher Sakyo ? Genre ce soir ?

-Non, maintenant. Pardon, j'suis pas clair mais je suis en stress… Son institutrice m'a appelé il y a genre un quart d'heure pour me dire qu'il est malade, elle sait pas trop ce qu'il a mais il est vraiment pas bien, il arrête pas de tousser et de renifler et il a mal à la tête, il est incapable de suivre ses cours de l'après-midi. Le problème c'est que je peux pas aller le récupérer, dernièrement j'ai pris un peu trop de liberté sur mes horaires de travail et mon rédac' chef me surveille de près… Rika peut pas non plus, à cette heure-ci elle est en cours, et on risque pas de pouvoir demander à nos parents puisqu'ils habitent toujours à Kyoto. Hum… J'ai personne à qui demander à part toi… Je sais que ça doit te gêner, mais j'ai pensé que tu serais chez toi comme d'habitude et que du coup tu pourrais aller le chercher et le garder le temps que je termine ma journée. Je sais que je t'en demande beaucoup, mais honnêtement j'ai pas tellement le choix…

-Hé, arrête de te justifier comme ça. Tu m'demandes pas la Lune non plus, et puis c'est pas une corvée pour moi d'aller chercher ton fils à l'école, surtout s'il est malade le pauvre.

-Putain Kyoya, tu me sauves la vie, t'imagines même pas… Je te revaudrai ça, je te le promets.

-T'es pas obligé, j'attends rien hein. Par contre euh, ça risque pas de poser problème… ? J'veux dire, je suis pas de la famille…

-Non, t'inquiète pas, je vais prévenir l'école que c'est pas moi qui vais venir récupérer Sakyo parce que je peux pas me libérer. De toute façon même s'il est HS à cause de la maladie il va te reconnaître, donc ça devrait aller.

-Okay. Bon, bah je vais y aller du coup.

-Vraiment, merci de faire ça pour moi Kyoya… Je te promets d'essayer de sortir du travail le plus vite possible pour récupérer Sakyo.

-Arrête de te stresser Ryuga, c'est normal. Je vais pas t'envoyer te faire voir, surtout que j'ai rien à faire de mon après-midi.

Le blanc eut un petit rire nerveux au téléphone et s'excusa encore, un peu comme si c'était un réflexe. Kyoya sourit, touché qu'il s'inquiète autant de le déranger, et raccrocha après avoir rassuré son ami sur le fait que oui, il se souvenait de l'emplacement de l'école maternelle. Le vert était effectivement gêné d'aller chercher Sakyo à l'école car il avait à nouveau l'impression de prendre une place qui n'était pas la sienne dans la vie du petit garçon, mais que pouvait-il faire d'autre ? Il n'allait pas dire non à Ryuga et laisser son fils dans le mal à l'école pour se sentir bien moralement comme un gros égoïste. Rien que d'imaginer l'état dans lequel devait être Sakyo à l'heure actuelle, le vert se sentait mal… Il ne pouvait pas le laisser comme ça pour des problèmes personnels de dilemme moral, non, sinon il ne pourrait plus jamais se regarder dans un miroir. Il espérait seulement qu'il n'allait pas déclencher un incident diplomatique entre Ryuga et sa femme à cause de ça…

-Bon, l'école maternelle est pas trop loin d'ici à pied, par contre le retour faudra le faire en bus, pensa Kyoya en prenant le chemin de ladite école.

Kyoya n'avait plus remis les pieds dans le coin de l'école maternelle depuis qu'il en était parti et ça lui faisait plutôt plaisir d'y retourner. Il avait peu de souvenirs de cette époque, logique puisqu'il était très petit, mais il se rappelait que c'était une période innocente et légère. Il allait sûrement avoir un petit élan de nostalgie en entrant dans la cour, enfin si ça n'avait pas trop changé depuis le temps. Ça faisait quand même vingt ans… Enfin bon, ce n'était pas vraiment le moment de penser à ça.

Il ne fallut qu'un petit quart d'heure à l'oméga pour arriver à l'école maternelle publique de MetalBey City. Tout était très calme, la cour était vide car les enfants étaient en classe mais le portail était ouvert. Un peu intimidé, Kyoya entra alors dans la cour et se dirigea vers ce qu'il pensait être le bâtiment des élèves de moyenne section, en tout cas il l'était de son temps. C'était étrange, tout avait changé mais en même temps il ressentait quelque chose de familier. Quelle drôle de sensation… Drôle mais agréable. Ce fut donc avec un petit sourire aux lèvres qu'il entra dans le bâtiment, faisant en même temps appel à ses souvenirs pour retrouver le chemin de l'infirmerie. Si elle avait changé de place depuis le temps, il risquait de devoir chercher longtemps.

-Excusez-moi monsieur, qu'est-ce que vous faites ici ? L'interpella une voix féminine au détour d'un couloir. Je peux vous aider ?

Kyoya sursauta légèrement et se retourna pour tomber face à une jeune femme d'à peu près son âge qui était en train de le regarder d'un air circonspect, son visage complètement dégagé par ses cheveux noirs disciplinés en un impeccable chignon haut.

-Hum, oui, je cherche l'infirmerie, répondit le vert, conscient qu'il devait avoir l'air sacrément louche aux yeux de cette jeune femme qui était plus que probablement une institutrice. Je suis venu chercher un élève qui est malade, Sakyo Atsuka…

-Oh, alors c'est vous dont monsieur Atsuka m'a parlé au téléphone, dit-elle en arborant soudainement un grand sourire chaleureux. Il m'a rappelé pour me prévenir que ni lui ni sa femme ne pourraient venir chercher Sakyo. Vous êtes un ami de la famille, c'est ça ?

-Oui, et un voisin aussi, confirma Kyoya en rendant son sourire à la jeune femme. Je m'appelle Kyoya Tategami.

-Je suis mademoiselle Yui, je suis justement l'institutrice de la classe de Sakyo, se présenta la jeune professeure en faisant une petite courbette. Venez, je vais vous conduire à l'infirmerie, c'est un peu plus loin.

L'oméga hocha la tête et emboita alors le pas à mademoiselle Yui, la suivant à peine quelques mètres plus loin. Eh bien, l'infirmerie n'avait pas changé de place en deux décennies, il aurait pu finir par la trouver tout seul en se fiant à ses souvenirs. La jeune institutrice ouvrit doucement la porte et entra tout aussi doucement dans l'infirmerie, marchant à pas de loup pour éviter que ses talons ne raisonnent sur le carrelage de la pièce, suivie par Kyoya qui se débrouilla lui aussi pour faire le moins de bruit possible en marchant, quand bien même il ne portait que des baskets. L'infirmerie était plutôt petite, comme dans les souvenirs du jeune homme aux yeux bleus, mais une partie avait été aménagée un peu à l'écart pour servir de salle de sieste, avec deux lits et une petite table de chevet. Sakyo était couché sur l'un des deux lits, tourné face au mur et toujours complètement habillé, à l'exception de ses chaussures qui étaient posées par terre devant le lit juste à côté de son sac d'école. Ça se voyait de loin que le petit garçon ne dormait pas, il devait probablement essayer mais ses nombreux reniflements et bruits de gorge indiquaient que Morphée était aux abonnés absents.

-Sakyo… murmura doucement sa maîtresse d'école en posant une main sur son épaule. Tu vas pouvoir rentrer chez toi et te reposer, on est venu te chercher…

-Mmmh… geignit Sakyo en se retournant. Le pauvre avait l'air très fatigué, mais quand il aperçut Kyoya derrière son institutrice il sembla se réveiller un peu. Kyoya… !

-Salut p'tit bonhomme, dit le vert avec un petit sourire en se penchant sur le lit pour caresser les cheveux du petit garçon. Ça va pas fort hein ? Je vais te ramener à la maison.

Sakyo ne lui répondit pas, il était bien trop fatigué pour ça, en revanche il ne perdit pas une seconde pour enrouler ses bras autour du cou de Kyoya afin d'être porté. Le jeune homme souleva donc le fils de Ryuga avec un bras, se pencha pour prendre son sac, le mit sur son épaule, puis ramassa ses chaussures et se redressa. Ça ne servait à rien de remettre ses chaussures à Sakyo, le pauvre était trop fatigué et puis de toute façon Kyoya ne comptait pas le poser avant d'être arrivé chez lui donc il n'avait pas besoin de ses chaussures pour marcher. Après avoir salué et remercié mademoiselle Yui, l'oméga prit le chemin pour sortir du bâtiment et se dirigea vers l'arrêt de bus situé à tout juste quelques mètres, le fils de son ex petit-ami bien blotti contre lui. Il avait hâte de rentrer pour que le petit puisse se reposer, il lui faisait vraiment de la peine à renifler et toussoter à ce point… C'était étrange d'ailleurs, est-ce que Sakyo avait attrapé un rhume en plein été ? Ça paraissait improbable…

-Je l'examinerai un peu à la maison, au moins histoire de pouvoir lui donner quelque chose pour le soulager et qu'il puisse dormir, pensa le vert en regardant le bus arriver au coin de la rue.

Et ce fut environ un quart d'heure de bus plus tard que Kyoya arriva chez lui. Au vu de la chaleur extérieure qui avoisinait les trente degrés, il se dépêcha d'entrer pour que les maux de tête de Sakyo ne s'aggravent pas. Chaleur élevée et mal de tête ne font vraiment pas bon ménage. Dès qu'il eut franchi la porte, le premier réflexe de Kyoya fut de poser les chaussures et le sac de Sakyo dans l'entrée et de monter à l'étage pour aller dans la salle de bain. Il fallait qu'il donne au moins quelque chose au petit garçon pour lui déboucher le nez, dormir avec le nez complètement bouché était quasiment impossible ! Il sentait d'ailleurs contre son épaule que le fils de Ryuga avait abandonné l'espoir de dormir et se contentait de rester bien contre lui en gémissant d'inconfort à cause de son nez bouché et de ses maux de crâne.

Arrivé à la salle de bain, le jeune homme aux cheveux verts posa doucement Sakyo sur le rebord, lui fit relever un peu la tête pour le regarder et remarqua immédiatement une chose à laquelle il n'avait pas fait attention auparavant : Sakyo avait les yeux rougis et larmoyants. Nez bouché, gorge qui pique, maux de tête, yeux rouges et qui pleurent… Kyoya commençait à y voir plus clair.

-Comment tu te sens Sakyo ? Demanda-t-il au petit garçon tout en lui tendant un mouchoir pour qu'il se mouche.

-Fatigué… répondit Sakyo avant de se moucher. J'ai mal à la tête et j'ai les yeux et la gorge qui piquent, j'aime pas…

-Ça t'est déjà arrivé avant ? S'enquit l'oméga.

-Non… souffla le petit garçon avec contrariété. Et puis j'allais bien ce matin, c'est à l'école que ça a commencé…

-Et il y a quelque chose qui a changé à l'école dernièrement ? Il doit y avoir plein d'arbres et de buissons en fleurs dans la cour, non ?

-Bah oui, mais y a des fleurs depuis déjà un moment ! Y a que le nouvel arbre qui en fait pas…

-Le nouvel arbre ?

-C'est un arbre que l'école a planté pendant les grandes vacances… On dirait un pin mais différent…

C'était bien ce que Kyoya pensait. Sakyo n'avait pas attrapé un rhume en plein mois de juin, enfin si, mais c'était ce qu'on appelait vulgairement un rhume des foins, autrement dit une réaction allergique probablement déclenchée par le pollen de cet arbre de la famille des pins. C'était rassurant, ça voulait dire que le petit garçon n'avait rien de grave. De plus, maintenant qu'il était loin de cet arbre et carrément en intérieur, sans la moindre trace de pollen dans l'air, sa réaction allergique allait sûrement se calmer. Un peu de sérum physiologique pour lui rincer les yeux et lui déboucher le nez l'aiderait sûrement. Tout en se retournant pour chercher le sérum dans le placard à médicaments, Kyoya nota dans un coin de sa tête de penser à dire à Ryuga qu'il faudrait qu'il emmène son fils chez un allergologue.

Bien des minutes plus tard, Sakyo était en bien meilleure forme. Le sérum physiologique lui avait bien nettoyé les yeux, ils n'étaient presque plus rougis, son nez était un peu moins encombré, ses maux de crâne s'étaient calmés et sa gorge avait été apaisée par un lait chaud au miel que Kyoya lui avait préparé. Certes, le lait chaud au miel était plutôt une boisson d'hiver mais le vert ne voyait pas vraiment d'autres moyens de calmer les picotements de la gorge de Sakyo, il était trop petit pour les pastilles à la gorge que le jeune homme avait chez lui et également trop petit pour apprécier de manger du miel à la cuillère. Et puis été ou hiver, le lait chaud au miel restait tout aussi bon.

Réconforté et calmé, le petit garçon était désormais blotti contre Kyoya sur le canapé du salon et tous deux regardaient ensemble des dessins animés sur la télévision à grand écran plat et légèrement incurvé. Sakyo avait été surpris et fasciné au début, la télévision chez lui était un écran plat bien plus petit, mais maintenant il s'était désintéressé et somnolait contre l'ami de son père. Il se sentait bien, vraiment bien… Il avait l'impression d'être dans un cocon tout confortable, d'être en sécurité, couvé. C'était si agréable…

-Kyoya… dit soudainement le petit garçon alors qu'il n'avait plus parlé depuis un moment.

-Oui ? Tu veux quelque chose Sakyo ? Lui demanda le vert en souriant avant de jeter un œil à l'horloge du salon. Oh, j'avais pas vu l'heure, tu dois avoir faim. Tu veux prendre ton goûter ?

-Non… répondit Sakyo en secouant négativement la tête avant de se mettre à chuchoter. Je… Je voudrais que tu sois ma maman…

À suivre...


Moi : Fin du chapitre ! Me tuez pas pour un cliffhanger pareil SVP... ^^'

Ryuga : Oh putain, les emmerdes qui arrivent...

Kyoya : Je la sens pas du tout cette histoire... ET TU VAS ARRÊTER DE ME FAIRE DES PROBLÈMES ?!

Moi : Tu es à la frontière de la dépression dans cette histoire Kyo, il faut t'y faire !

Kyoya : Je te hais -_-

Moi : Oui oui, je sais ! Sinon, vous aurez aussi remarqué le retour de mademoiselle Yui, qui était déjà la maîtresse d'école de Sakyo dans La vie ordinaire d'une famille presque ordinaire ! X)

Chris : Eh bah, c'est vraiment pas cool d'être un oméga...

Moi : Oui... Merci le mépris des gouvernements !

Kyoya : J'en ai marre d'en prendre autant plein la gueule...

Moi : Et que Sakyo veule que tu sois sa maman, ça va ?

Kyoya : ...

Moi : Je prends ça pour un oui non assumé, héhé ! Bref, laissez les reviews de l'amour et à la semaine prochaine ! Ah oui et j'espère que votre rentrée s'est bien passée ! Moi c'est demain, oui je suis privilégiée X)

Ryuga : Quelle chômeuse.

Moi : Oui u_u