Moi : Salut tout le monde ! Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour probablement le chapitre le plus drama que j'ai jamais écrit, sortez les mouchoirs et prévoyez vos plans pour m'assassiner froidement !

Kyoya : Et elle assume d'être une immense sadique qui boit vos larmes.

Moi : Je bois mes propres larmes aussi tu sais, parce que je suis sadique mais sensible ! Oui c'est possible XD

Ryuga : J'ai lu le chapitre, je confirme qu'elle a fait fort. Tout le monde chiale, c'est la fête.

Chris : Oh non hein, pas encore bébé Sakyo TT_TT

Ryuga : Non, lui il pleure pas, ça va.

Moi : Le chapitre est en quelque sorte coupé en deux, le début est centré sur Ryuga mais le gros du chapitre c'est Kyoya qui avoue enfin la vérité à Nile, comme le laisse subtilement deviner le titre ! Par contre vraiment je déconne pas, le chapitre est assez dur, il y a pas de TW mais ça va être bien triste ^^'

Kyoya : Wonder, toujours là pour vous péter le moral le dimanche.

Moi : Oui bah je fais du drama ! Quand j'aurai fini cette fic, promis la prochaine sera pas du drama XD

Chris : C'est gentil de penser au bonheur de tes lecteurs et lectrices, enfin au moins un peu XD

Moi : Bon, on va pas plus s'attarder ! Disclaimer ? ^^

Ryuga : Wonderinn ne possède pas MFB, en revanche elle possède le sadisme.

Moi : Le sadisme n'appartient à personne tu sais, il est dans le domaine publique, héhé. En tout cas, bonne lecture tout le monde ! ^^


Réponse aux reviews :

Komachu : Ils trouveront pas de pétrole, le Japon est pas spécialement connu pour ça XD

Coolio : Yes, the timing was terrible...
You know, every omegaverse has its own rules ! In this story, omegas can get pregnant with an alpha or a beta, but only an alpha can mark an omega ! If omegas couldn't get pregnant with a beta, Kyoya wouldn't have needed contraception since he was with Nile, and Nile wouldn't have asked Kyoya about having a baby together X)

Skullink : Ça fait plaisir à entendre ! Je suis contente de savoir que mes histoires continuent de t'accompagner depuis tout ce temps ^^
Oui je sais je vous torture, mwhahaha ! u_u

Marius : Je sais c'est dur, je sais je vous brise le cœur... C'est du drama quoi ^^'
Allez, câlin collectif pour tout le monde TT_TT


Ryuga fixait le plafond de sa chambre d'un air morne, allongé sur son lit. Il n'était pas réellement là, enfin physiquement si mais mentalement non. Son esprit errait il ne savait trop où. Il n'arrivait pas à réaliser ce qui était en train de se passer dans sa vie. C'était réel ? Tout ça n'était pas qu'un affreux mauvais rêve ? Le blanc en douta tellement qu'il se pinça plutôt fort au bras pour s'en assurer mais rien ne se passa, il eut simplement mal. Il ne rêvait pas, il était bel et bien réveillé. Il vivait un cauchemar éveillé, génial.

Kyoya était enceint. Il allait avoir un enfant avec Nile. Cette réalité faisait mal à l'alpha, vraiment mal. Il se sentait déchiré entre une amertume particulièrement désagréable et une immense tristesse… Il était amer car il se sentait trahi par son amant, même si c'était hypocrite et égoïste, et il était triste car il savait à quel point Kyoya allait souffrir de cette décision. L'oméga n'aimait plus son petit-ami, il l'avait dit et clairement montré à son amant, mais il avait pris la décision de faire tout de même un enfant avec lui. Il allait le regretter, Ryuga le savait pertinemment. Alors oui, Nile allait très certainement être un bien meilleur parent que Rika, mais ça ne changeait rien au fait que faire un bébé avec quelqu'un qu'on aime pas/plus ne pouvait pas donner quelque chose de bien. Kyoya allait se faire du mal, il allait vivre dans une espèce de culpabilité permanente, y penser dès qu'il poserait les yeux sur son enfant… Ryuga ne voulait pas de ça pour lui. Il ne voulait pas que l'homme qu'il aimait se retrouve dans la même situation que lui…

-Tout ça c'est ma faute… pensa le blanc, des larmes commençant à monter dans ses yeux dorés. J'ai pas le droit d'en vouloir à Kyoya… Si j'étais pas si lâche, si j'avais su reprendre ma vie en main il y a longtemps comme j'aurais dû, les choses auraient été différentes…

L'amertume de Ryuga disparut alors pour laisser toute la place disponible dans son cœur à sa tristesse. Si seulement il n'était pas si pathétique, si seulement il n'était pas si faible… Il aurait divorcé de cette sale peste qu'était sa femme depuis longtemps, il aurait épargné à son fils l'épreuve de devoir vivre avec une mère qui ne savait pas en être une et un père en permanence au bord de la dépression nerveuse, et quand il serait devenu par hasard le voisin de Kyoya, les choses n'auraient pas été si compliquées entre eux. Le vert n'avait jamais quitté Nile par peur de le blesser mais surtout par peur de se retrouver seul, lui qui était un oméga non marqué. Si Ryuga lui avait été seul au moment où ils s'étaient retrouvés, enfin seul avec Sakyo, peut-être que Kyoya aurait trouvé le courage de quitter son compagnon et qu'ils auraient pu reprendre leur histoire là où ils l'avaient laissée dix ans auparavant. Oui, c'était ça qui faisait souffrir Ryuga… Il sentait l'homme de sa vie s'éloigner de lui, il allait le perdre pour de bon et il ne le supportait pas… Il ne pouvait pas laisser cela arriver…

-Papa… ? Appela timidement une petite voix devant son lit.

Par réflexe, le jeune journaliste se redressa en reconnaissant la voix de son fils. Merde, il s'était tellement perdu dans ses pensées et sa tristesse qu'il en avait oublié son petit garçon à la sieste… Vraiment il faisait n'importe quoi ces derniers temps.

-Papa, pourquoi tu pleures… ? Lui demanda Sakyo d'une encore plus petite voix avant qu'il ait eu le temps de dire quelque chose.

Ryuga fronça les sourcils, ne comprenant pas, et posa avec hésitation une de ses mains sur sa joue droite. Il sursauta en se rendant compte qu'elle était humide. Il s'était mis à pleurer sans même le remarquer…

-C'est rien mon poussin, t'en fais pas, répondit l'alpha en souriant, essuyant ses larmes du dos de sa main. Tu as bien dormi ?

-Voui… T'es triste papa ? Insista son fils, toujours en pyjama et sa peluche de dragon bien serrée contre lui.

Le blanc ne réussit pas à trouver l'énergie ou même simplement l'envie de faire croire que non, qu'il allait très bien. Mentir sur ce qu'il ressentait lui devenait insupportable… Bien sûr il ne pouvait pas dire à son fils pourquoi il était triste, mais il pouvait être honnête avec lui et lui dire que non, ça n'allait pas trop. Après un petit soupir, Ryuga fit signe à Sakyo de venir près de lui, son sourire toujours là mais teinté d'une mélancolie qu'il n'essayait plus de camoufler. Le petit garçon ne se fit pas prier et se dépêcha de rejoindre son père, grimpant sur son lit puis ensuite sur ses genoux pour se blottir contre lui. Il n'avait aucune idée de ce qu'il se passait mais il sentait que quelque chose n'allait pas pour son papa et que ce n'était pas comme d'habitude. Il ne voulait plus voir son papa triste, il en avait assez de ça…

-Oui mon cœur, c'est vrai, je suis triste… avoua Ryuga en serrant son petit garçon contre lui.

-Veux pas qu'tu sois triste papa… souffla le petit, son visage enfoui contre le buste de son père. Veux pas…

-Je sais mon poussin, lui répondit l'alpha avec tendresse, lui caressant les cheveux pour le réconforter. Mais… La vie c'est comme ça Sakyo… Parfois on est triste, et c'est comme ça.

-Mais toi tu l'es trop… rétorqua Sakyo en relevant la tête vers lui, les yeux humides. T'es trop triste papa…

-Oh, mon chéri… Je suis désolé… C'est…vrai que ces derniers temps je ne suis pas très en forme, mais je…je te promets que je vais tout faire pour arranger ça…

-Pourquoi t'es triste papa ? C'est à cause de maman… ?

-Non poussin, ça n'a rien à voir avec ta mère. Je ne peux pas te dire pourquoi je suis triste, c'est trop…personnel. Tu comprends… ?

-Je crois…

-Je sais que tout ça c'est dur pour toi… Il se passe beaucoup de choses depuis plusieurs mois, et je sais que c'est compliqué pour un petit garçon comme toi… C'est beaucoup d'émotions… Je te promets que je vais essayer de tout arranger pour que tu ne me voies plus triste, d'accord ?

Ryuga prit le menton de son fils entre ses doigts pour le pousser à le regarder bien droit dans les yeux, pour qu'il voit qu'il était plus que sincère dans ses propos. Sakyo parut surpris mais rassuré aussi et se blottit à nouveau contre son père, lui offrant un petit câlin endormi mais rempli d'amour. Le blanc serra bien son petit garçon contre lui, caressant ses cheveux et lui répétant que tout allait s'arranger, que les choses iraient mieux. Il était toujours aussi triste, toujours aussi malheureux à l'idée de devoir enterrer pour de bon ses sentiments à l'égard de Kyoya, mais il ne pouvait pas se laisser dominer par ses émotions. Il avait toujours un rôle à assurer, il devait toujours être un père pour Sakyo même si ça n'allait pas trop pour lui ces derniers temps. Son fils c'était sa priorité, comme toujours.

XXXXXX

Alors que le soleil peinait toujours à se coucher derrière la ligne d'horizon, souhaitant visiblement faire durer la journée le plus longtemps possible, Nile rentra enfin du travail. Il n'était pas si tard que ça mais avec la nouvelle qu'il avait appris plus tôt dans la journée, le jeune homme ne tenait plus en place et n'avait qu'une seule envie : rentrer chez lui le plus vite possible et retrouver son compagnon. Il était tellement heureux. Il avait eu du mal à rester concentré sur son travail dans l'après-midi tant ses pensées étaient monopolisées par la grossesse de son petit-ami.

-Chéri, je suis rentré ! S'exclama-t-il joyeusement en passant la porte d'entrée.

Mais il n'obtint aucune réponse. Peut-être que Kyoya était en train de faire une sieste, ou qu'il était dehors… Le bicolore avança dans l'entrée pour aller poser ses affaires dans le salon, cherchant du regard son compagnon, et fronça les sourcils en remarquant l'absence du vase qui était normalement présent sur leur table basse.

-Kyoya ? T'es où ? Appela le jeune homme aux yeux verts, n'apercevant pas son compagnon sur leur terrasse.

-En haut… lui répondit finalement la voix de Kyoya à l'étage, pas spécialement forte.

Nile se mit instantanément à sourire et se dépêcha de rejoindre le vert à l'étage de la maison sans penser au fait que son conjoint ne lui avait pas répondu la première fois alors que visiblement il ne dormait pas. Kyoya était là, assis sur leur lit avec un air un peu rêveur, une partie de sa main droite enveloppée dans des bandages. Des bandages ? Il ne les avait pas plus tôt dans la journée…

-Kyo, mais qu'est-ce qui est arrivé à ta main ? S'inquiéta Nile, se précipitant auprès de son petit-ami pour regarder sa main droite.

-Oh, ça… J'ai cassé le vase sur la table basse du salon et en ramassant les morceaux je me suis coupé, expliqua l'oméga d'un air détaché, omettant consciemment de préciser qu'il avait cassé le vase volontairement. T'inquiète pas, c'est pas grave, la coupure est pas profonde.

-Fais attention à toi quand même… soupira le bêta.

-Je me suis juste coupé la main Nile, je vais pas mourir, répliqua le vert d'un ton un peu agacé.

-Oui oui, je sais, mais dans ton état-

-Tu vas pas commencer avec ça. Je suis enceint, pas en sucre !

Nile fut surpris par l'agressivité de son compagnon mais ne s'en formalisa pas, se disant que celui-ci était probablement à fleur de peau avec tout ce qu'il s'était passé dans la journée.

-C'est vrai, tu as raison, désolé mon cœur… s'excusa le bicolore en souriant. Ça a été ton après-midi ?

-Oui, se contenta de répondre Kyoya, au summum du malaise. Il fallait qu'il prenne son courage à deux mains. Écoute Nile, il faut qu'on parle…

-Bien sûr ! Évidemment qu'il faut qu'on parle, s'empressa de confirmer son petit-ami, retrouvant un grand sourire enthousiaste. Il y a tellement de choses dont on doit parler… On va avoir un bébé, c'est pas rien !

-Nile… Comment tu as compris ? Ne put s'empêcher de demander l'oméga, trop curieux et n'ayant pas vraiment compris les explications de Nile plus tôt.

-Je te l'ai dit, j'ai trouvé la boîte de tests de grossesse sous le lit. Je me suis rendu compte au bureau qu'il me manquait des documents super importants que j'étais sûr d'avoir pris, du coup j'ai dû rentrer à la maison. Je me suis rendu compte que mon dossier était tombé sous le lit, je l'ai récupéré et voilà, j'ai trouvé la boîte par hasard. Je n'essayais pas de fouiller, ça je te le promets…

-Je te crois, ne t'en fais pas. Je sais que t'es pas un fouineur.

Kyoya fit de son mieux pour ne rien laisser paraître, mais mentalement il se giflait de toutes ses forces. Quel con il faisait quand même… Cacher un truc si important sous leur lit, non mais il n'aurait pas pu trouver une meilleure idée ? Cacher des choses compromettantes sous son lit c'était un truc d'ado, pas d'adulte de 25 ans.

-Quand même, tu es un sacré cachottier mon cœur, dit Nile avec un petit sourire à la fois tendre et taquin.

-Quoi ? Rétorqua le vert en levant un sourcil, ne comprenant pas.

-Quand je suis rentré de ma semaine de déplacement pour le travail, j'ai été surpris de ne pas sentir ton odeur dans la maison comme habituellement après une de tes chaleurs, commença à expliquer le bêta. Je veux bien que je ne suis qu'un bêta, mais pendant tes chaleurs tes hormones s'affolent tellement que ça embaume la maison ! Le mois dernier quand je suis rentré, ça ne sentait rien du tout, même pas un peu. Je comprends mieux pourquoi maintenant ! En fait t'as pas eu de chaleur le mois dernier, pas vrai ?

Kyoya ne put s'empêcher de déglutir et détourna le regard, son cœur se comprimant dans sa poitrine. C'était étrange, on aurait dit que le monde entier, le destin et absolument toutes les entités possibles s'étaient concertés tous ensemble pour que la situation lui échappe. C'était comme si tout était fait pour que Nile se fasse des idées… Kyoya avait espéré pouvoir avouer toute la vérité à son compagnon sans trop de fracas, sans lui faire trop de mal même s'il savait qu'il allait forcément lui en faire. Là, c'était définitivement foutu et ça le faisait se sentir si mal… Le vert avait envie de se mettre en boule quelque part et juste pleurer jusqu'à ce qu'il n'ait plus de larmes à verser, comme si ça pouvait l'aider à expulser tout ce qu'il avait en lui et qui lui faisait du mal.

-Hé, chéri… Qu'est-ce qui ne va pas ? Lui demanda Nile d'un air inquiet en prenant son visage dans ses mains pour qu'il le regarde, ayant remarqué son expression désemparée. Tu as l'air triste… On dirait que ça ne te fait pas du tout plaisir d'être enceint…

-C'est compliqué… répondit l'oméga, ses yeux bleus humides. Ça allait probablement être le moment le plus compliqué et douloureux de sa vie, mais il fallait bien qu'il en passe par-là. Nile, il faut vraiment que je te dise quelque chose…

-Je t'écoute mon cœur, mais avant je veux te dire quelque chose moi aussi… répliqua son petit-ami avec un sourire tendre, chaleureux et rassurant qui ne fit qu'accentuer le mal-être de Kyoya. C'est vrai que cette grossesse n'était ni prévue ni voulue, et je sais que tu ne te sens probablement pas prêt, mais je veux que tu saches que je suis là, Kyo. Je suis là, je te soutiendrai toujours et même si toi tu doutes, je suis sûr que tu seras un super papa, parce que je te connais mon amour…

Kyoya avait envie de hurler, de couper Nile pour lui dire d'arrêter de parler, que chacun de ses mots était comme un coup de poignard en plein cœur, mais il en fut incapable. Sa gorge était trop serrée. Il n'était qu'un immonde connard, le pire des fils de pute de monstre… Nile était parfait, Nile était un vrai soutien, un ange, un homme incroyable, Nile l'aimait, et lui il était sur le point de littéralement lui fragmenter le cœur en une infinité de morceaux qui sûrement ne pourraient jamais être recollés. Comment il avait pu laisser la situation atteindre un stade aussi critique ? Comment il avait fait pour vivre cette vie jusqu'à ce que ça lui explose au visage ? Il aurait dû quitter le bicolore quand il s'était rendu compte qu'il n'avait plus de sentiments pour lui, il aurait vraiment dû… Ça lui avait paru insurmontable pendant des années et maintenant qu'il en était là, il se disait que ça n'aurait pas été si dur comparé à ce qu'il allait devoir faire maintenant. Qu'il avait été con, stupide, lâche, immature… Kyoya avait envie de s'insulter de tous les noms. Il se sentait dépassé, il avait l'impression d'être en train de se noyer et de se débattre désespérément pour ne pas couler.

Le trop plein d'émotions fit craquer le vert et il ne parvint plus à retenir ses larmes. Il étouffait, il avait l'impression que ses émotions débordaient littéralement de lui. Mais encore une fois, Nile ne comprit pas qu'il y avait un problème. Il crut simplement que son compagnon était touché par ce qu'il venait de lui dire, et comment lui en vouloir ? Comment pouvait-il se douter du réel problème ? Le bêta sourit d'un air attendri et voulut le prendre dans ses bras pour le réconforter, mais ce fut la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour Kyoya.

Quand il sentit les mains de Nile sur sa peau dans ce geste qui se voulait tendre, doux et réconfortant, il eut un sentiment de répulsion et de rejet quasiment viscéral. Il ne pouvait plus, il n'y arrivait plus… Il fallait qu'il rétablisse la vérité, même si ça allait leur faire du mal à tous les deux, même si ça se terminait en hurlements, en reproches et en pleurs. Il fallait qu'il crache ce qu'il avait trop longtemps gardé en lui, ce qui pourrissait au plus profond de son âme. Kyoya avait l'impression qu'il allait mourir s'il ne le faisait pas…

Le jeune homme aux yeux bleus se leva donc précipitamment, fuyant l'étreinte de Nile qui cette fois ne comprit plus rien à l'attitude de son petit-ami, essuya ses larmes aussi bien qu'il put et poussa un soupir qui parut lui transpercer la gorge. Cette fois il ne reculerait pas, cette fois il n'allait pas fuir. Cette fois, il reprenait sa vie en main.

-Nile, tu te trompes… dit-il d'une voix presque étranglée, tournant le dos à son compagnon pour regarder la maison de leurs voisins à travers la fenêtre de leur chambre. J'ai… J'ai bien eu ma chaleur le mois dernier, pendant que tu n'étais pas là…

-Hein ? Rétorqua Nile en fronçant les sourcils, ne comprenant pas. Qu'est-ce que tu racontes ?

-J'ai eu ma chaleur le mois dernier Nile… répéta Kyoya, le dos toujours tourné.

-Mais c'est pas possible… C'est juste pas possible… insista le bêta, un air perdu et confus sur ses traits que son compagnon ne pouvait pas voir. Il commença ensuite à rire, mais son rire était nerveux. Kyo, comment tu peux être enceint si t'as eu ta chaleur le mois dernier ? On a pas fait l'amour depuis que je suis revenu de ce déplacement, t'étais déjà pas très bien…

Kyoya se mordit violemment la joue pour tenter de contenir une nouvelle fois ses émotions et tourna seulement légèrement la tête vers son conjoint. Le bicolore semblait totalement perdu et chercha dans le regard de Kyoya des réponses. Il n'y trouva que de la culpabilité, une immense culpabilité.

Et Nile comprit. Il comprit. Son sourire nerveux disparut et l'expression de son visage…s'effondra, il n'y avait pas d'autre manière de le décrire. Il avait tenté de se voiler la face, de croire que Kyoya avait l'air triste simplement parce qu'il était bouleversé, mais la vérité était toute autre, et il s'en doutait. Si Kyoya n'était pas enceint de lui, alors ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose… La stupéfaction et le choc laissèrent place à de la colère, une profonde colère. Nile n'était pas quelqu'un de colérique, il était même d'un naturel très calme et serein, mais là il sentit quelque chose de puissant et d'amer monter en lui. Une amertume pareille, le bicolore n'en avait jamais connu.

-Nile, je… finit par reprendre Kyoya, la gorge toujours aussi serrée et les yeux fuyants. Je… Je suis enceint oui, mais… Pas de…toi…

-C'est Ryuga, pas vrai ? Répliqua immédiatement le bêta, le ton de sa voix sec et ses muscles contractés.

Le vert se retrouva sans voix et devint encore plus pâle qu'il ne l'était déjà. Ce ton, cette expression, cette assurance… Il n'avait jamais vu Nile comme ça. C'était donc ici le point de non-retour ? C'était maintenant que tout dérapait et qu'il allait briser le cœur de celui qui avait été autrefois son meilleur ami puis petit-ami en lui avouant la stricte et douloureuse vérité… ?

-Je… Oui… reconnut Kyoya en essayant de soutenir le regard de son compagnon. Il ne pouvait plus fuir et il n'en avait pas l'intention, alors il voulait agir comme l'adulte responsable qu'il était censé être.

Cette fois ce fut Nile qui détourna le regard, mais pas à cause de la gêne. Il n'arrivait simplement plus à regarder l'oméga. Son expression coupable et fuyante le mettait encore plus en colère, il ne comprenait pas pourquoi mais c'était bel et bien le cas. L'égyptien d'origine se sentait juste…si mal… Il avait la sensation que quelque chose s'était brisé violemment en lui, quelque chose qu'il ne pourrait jamais réparer. Il se sentait…trahi. Tellement trahi. Ça faisait combien de temps au juste que Kyoya lui mentait ? Qu'il lui cachait sa liaison avec son ancien petit-ami ? Le cœur de Nile battait à tout rompre dans sa poitrine, si vite, si fort… Ça résonnait dans l'intégralité de son corps… Il avait l'impression qu'il allait exploser. Il ne s'en rendait pas compte mais il tremblait tant ses émotions étaient intenses dans son corps.

Il ne fallut que quelques secondes pour que ça fasse trop, trop d'émotions dans un corps humain. Sans prévenir, Nile éclata soudainement de rire, un autre rire nerveux mais encore plus nerveux que le précédent qui effraya Kyoya. Il reconnaissait quelque chose dans ce rire, une émotion qui lui rappelait de mauvais souvenirs… Ce rire, c'était un rire de « Je suis sur le point d'avoir un immense craquage nerveux ». Kyoya n'aimait pas du tout ça…

-Hahaha, j'sais même pas pourquoi je réagis comme ça ! S'exclama le bicolore au milieu de ses éclats de rire totalement incontrôlés, ses yeux verts s'humidifiant de larmes vitesse grand V. Pourquoi je suis surpris ? C'était évident que ça finirait par arriver.

-Quoi… ? Souffla Kyoya, très peu rassuré par l'état émotionnel de son conjoint mais aussi choqué par ce qu'il venait de dire. Il savait pour Ryuga et lui… ?

-Tu me penses aveugle, Kyoya ? Lui répondit Nile d'un ton acerbe, son visage tordu dans une espèce de grimace qui mélangeait tristesse, colère et…amusement ?

Kyoya déglutit difficilement et sentit des sueurs froides dévaler son dos comme une avalanche dévalerait le pan d'une montagne. Il savait que ce moment serait difficile et compliqué, mais pas à ce point… Nile était dans un état déplorable, un état de détresse émotionnelle qui le rendait…instable, lui qui était pourtant si calme. Kyoya n'avait jamais vu son compagnon s'énerver depuis tout le temps qu'ils se connaissaient, excepté peut-être quand ça concernait Pluto, mais là… Là il commençait carrément à avoir peur de ses potentielles réactions, et il n'aimait pas ressentir ça.

-J'ai capté dès le départ que t'avais encore des sentiments pour Ryuga, continua le bêta en se relevant du lit, commençant à faire les cent pas et tentant visiblement de se calmer un peu. Naïvement, j'ai cru que ça t'avait simplement perturbé de retrouver ton ex après toutes ces années, surtout vu comment ça s'est fini entre vous… Nan, j'ai pas cru… J'ai voulu croire. Bref. J'ai compris tout aussi vite que Ryuga avait toujours des sentiments pour toi. C'était pas compliqué, il te regardait exactement comme il y a dix ans. Ça ne m'a pas mis en colère, ça m'a fait de la peine. Je me suis dit « C'est triste, il est pas heureux dans son mariage et toujours amoureux de son ex, il doit pas être bien », et c'est tout. Et j'ai pas voulu voir que toi aussi tu l'aimais encore. Pourtant c'était littéralement sous mon nez. T'es devenu bizarre, subitement en demande d'affection et puis tout aussi soudainement ultra distant, t'étais là mais c'est comme si tu l'étais pas vraiment. Mais j'ai continué de me voiler la face.

Le sang de Kyoya n'était plus que glace dans ses veines. Nile avait compris depuis le début, il avait vu que les sentiments que Ryuga et lui partageaient étaient revenus, comme dix ans auparavant, mais il s'était enfermé dans le déni, probablement par amour. Après tout, le dicton disait bien « L'amour rend aveugle ».

-Je comprends même pas comment j'ai pu être si con, lâcha Nile en retrouvant son sourire amer. Je me disais que ça faisait quand même sept ans qu'on était ensemble, que tu pouvais pas mettre toute notre histoire derrière toi en si peu de temps… Au final j'avais raison en quelque sorte, tu m'as pas quitté, tu m'as trompé et tu m'as menti en me regardant droit dans les yeux.

-Nile, je te jure que je- tenta d'expliquer le vert, essayant désespérément d'empêcher la situation de dégénérer encore plus.

-LA FERME ! S'écria le bêta avec violence, faisant sursauter et pâlir son compagnon. Il n'y arrivait plus, il ne pouvait plus contenir sa colère, ce sentiment de trahison qui lui éclatait le cœur. Tais-toi. Je veux pas t'entendre essayer de justifier ce que t'as fait. Tu m'as trompé, Kyoya. T'as profité de mon absence pour coucher avec Ryuga. Il n'y a AUCUNE justification pour ça.

-J-Je voulais pas… bredouilla Kyoya, désemparé et stressé par la violence de la situation, des larmes coulant de manière incontrôlable sur ses joues.

-Mais oui, bien sûr. Tu pourrais au moins assumer que ce que tu as fait est impardonnable et que tu m'as pris pour un con pendant des semaines. Tu m'as menti. Ça fait un mois que je m'inquiète pour toi, que je te vois pas bien, et toi t'as même pas envisagé un seul moment de m'avouer la vérité. Enfin, je dis un mois mais si ça se trouve ça fait plus longtemps que vous vous foutez de ma gueule tous les deux !

-N-Nile, j-je sais que je t'ai fait du mal… J-Je suis…tellement d-désolé…

-Je m'en fiche de tes excuses ! Ça n'sert à rien de s'excuser maintenant que le mal est fait. J'ai juste… J'ai tellement envie de péter un truc là ! J'ai tellement mal ! J'ai l'impression que ça disparaîtra jamais… J'ai jamais été autant en colère de toute l'entièreté de ma putain de vie ! Je me sens tellement trahi ! Je t'en veux à toi mais putain, qu'est-ce que j'en veux à Ryuga aussi. Je croyais que c'était mon ami, je lui ai fait confiance, je lui ai confié les clés de la maison et lui il en a profité pour se taper mon mec dans mon dos et il a rien dit non plus ! Je vous déteste tous les deux, je vous déteste tellement !

Nile était en plein milieu d'une immense crise de nerfs et il ne semblait pas pouvoir en sortir. Le débordement d'émotions dans son corps le faisait trembler comme une feuille, il ne faisait que pleurer et crier pour tenter d'évacuer sa tristesse, sa colère et son amertume. Kyoya restait planté devant lui en larmes, incapable de faire quoi que ce soit. C'était le pire jour de sa vie, il se sentait comme un monstre, comme la pire personne qui puisse exister. L'oméga se sentait détruit par les reproches de Nile mais il ne tentait pas de l'arrêter parce qu'il pensait mériter tout ça. Il méritait de se faire hurler dessus, qu'on lui reproche son comportement et ses actes, il méritait de subir la colère de la personne qu'il était censé aimer mais qu'il avait juste blessé si profondément qu'ils en étaient là. Il méritait tout ça.

Finalement, au bout de quelque chose comme deux minutes, le bêta s'arrêta enfin, ses larmes, ses cris et ses reproches visiblement épuisés. Un silence terrible s'abattit dans la pièce, brisé uniquement par les sanglots de Kyoya qu'il ne parvenait pas à stopper et le souffle erratique de Nile qui s'était presque littéralement époumoné. Quand il eut repris assez de sa respiration, le bicolore se retourna et ouvrit l'armoire près du lit. Il prit son sac à dos, l'ouvrit et se dépêcha d'y fourrer quelques affaires.

-Je m'en vais, je vais squatter chez des amis du boulot, dit-il sèchement quand il eut terminé. Je refuse de rester ici une seconde de plus. Je veux plus te voir Kyoya, je veux plus JAMAIS te voir.

Et c'est comme ça que Nile partit. Il quitta la chambre, dévala les escaliers à toute vitesse, récupéra ses affaires pour le travail qu'il avait laissées dans le salon, ses clés dans l'entrée, et puis il franchit la porte de la maison, la claquant de toutes ses forces derrière lui avant de se diriger vers son arrêt de bus. Kyoya sursauta en entendant la porte claquer, c'était comme si le son avait résonné dans l'intégralité de son âme, et puis soudain le silence. Le vrai silence. Il était seul dans la chambre, debout à fixer le vide de ses yeux bleus noyés dans les larmes.

Alors voilà, c'était fait… Il se sentait détruit, Nile avait le cœur en miettes et ne le pardonnerait certainement jamais, ce qui était plutôt logique à ses yeux, mais au moins c'était fait… La suite logique aurait été d'aller voir Ryuga pour lui dire la vérité à lui aussi, que c'était de lui qu'il était enceint, mais est-ce que le blanc accepterait seulement de l'écouter après ce qu'il s'était passé dans la journée ? Kyoya ne savait pas, mais il fallait au moins qu'il essaie une dernière fois. Si Ryuga refusait de l'écouter, au moins il aurait essayé.

À suivre...


Moi : Fin du chapitre... Voilà voilà, énorme ambiance... ^^'

Kyoya : Su-per, je suis dans la dépression la plus totale, Ryuga c'est pareil... Vraiment on s'éclate.

Chris : On a jamais vu Nile comme ça, le pauvre...

Ryuga : Ça oui, c'était un beau pétage de câbles.

Moi : Je n'ai épargné personne, je confirme ! En même temps le pauvre Nile, il a vécu le pire ascenseur émotionnel de tous les temps là... ^^'

Kyoya : Elle peut vraiment bien finir cette histoire ? J'en doute de plus en plus.

Moi : Vous verrez bien ! La semaine prochaine, Kyoya va essayer de dissiper le quiproquo avec Ryuga ! Est-ce qu'il va y arriver ou est-ce que Ryuga va l'envoyer bouler ? Vous le saurez dimanche prochain !

Chris : Le suspense est insoutenable TT_TT

Moi : Laissez les reviews de l'amour, et à la semaine prochaine ! ^^

Ryuga : Essayez de réparer vos cœurs d'ici là.