Nohela

Ok, j'avais été vilaine.

Cependant, mon jeu de séduction s'était retourné contre moi à mes dépens. L'écho du désir de Remus était tel que j'avais bien cru que je n'allais pas pouvoir finir le repas. J'avais heureusement réussi à garder un visage impassible (poker face comme on dit, Sia serait fier de moi). Rien n'aurait pu trahir le feu qui s'était logé dans mon bas-ventre.

Après le repas, qui était succulent au passage, j'étais retournée à l'infirmerie pour ma dernière heure de la journée. Celle-ci fut assez calme, j'avais juste eu à délivrer pas mal de potion contre les indigestions, pour les plus gloutons, mais rien de bien méchant.

Mon regard se perdit à travers la fenêtre de l'infirmerie. Je captai un mouvement au-dehors, en me concentrant je vis la silhouette du chien errant se dessiner dans le parc. Il se dirigeait vers la forêt interdite, ce qui me fit penser que je n'avais pas eu l'occasion d'aller le nourrir aujourd'hui, j'espérais qu'il ne m'en voudrait pas trop. J'irais me faire pardonner demain, en allant lui chercher un panier-repas en cuisine pour lui.

La porte de l'infirmerie s'ouvrit brutalement. Je sursautai, surprise par le bruit. Je me retournai vivement, la main sur la poitrine vers l'origine du bruit et vit apparaitre une Minerva paniquée dans l'embrasure de la porte. Mon cœur battait toujours la chamade sous ma cage thoracique lorsque je l'interrogeai du regard avec un froncement de sourcils.

— Sirius Black s'est introduit dans le château. Il a essayé de rentrer dans la salle commune de Gryffondor. Il a déchiré le portrait de la grosse dame de fureur. Peeves était là et nous a tout raconté. Les élèves vont dormir dans la grande salle pour cette nuit, le temps que l'on fouille le château, débita-t-elle.

— Mais ... Comment a-t-il ... Comment a-t-il bien pu rentrer dans le château ? l'interrogeai-je, confuse.

— Nous n'en avons aucune idée, c'est bien là le fond du problème, soupira-t-elle.

— Bon, alors je ferais mieux de fermer l'infirmerie pour aujourd'hui, ça serait plus sûr.

Minerva hocha la tête avec un air soucieux et se dirigea vers l'entrée de l'infirmerie, puis fit volte-face juste avant de sortir.

— Oh, d'ailleurs si par tout hasard tu croises Remus, dis-lui qu'il est dispensé de surveillance. Il a encore besoin de repos, dit-elle avec un clin d'œil.

Sur ses mots, elle disparut dans le couloir.

Je pouffai silencieusement, on n'était pas très discret avec Remus apparemment. Cependant, je n'avais aucune idée de l'endroit où il pouvait bien se trouver en ce moment. Afin, j'espérais fortement qu'il avait utilisé à bon escient l'information que je lui avais donnée au repas, mais rien n'était bien sûr.

Je fermai l'infirmerie d'un coup de baguette, puis me mis en direction de mon appartement. À peine avais-je mis un pied dans mon salon que deux mains puissantes me saisirent les hanches et me tirèrent en arrière. L'odeur de chocolat et de pomme que dégageait la personne derrière moi ne laissa guère le doute sur son identité.

— Remus, mais ça ne va pas mieux ! m'exclamai-je en riant.

— Tu m'as tentée tout le repas, vilain petit corbeau, souffla-t-il, sa tête nichée dans mes cheveux.

Son souffle me procura de délicieux frissons qui me firent gémir. Il lécha mon cou, ce qui me fit rire. Je me retournai dans ses bras pour lui faire face. Mon regard s'accrocha immédiatement au sien, ses yeux brillaient d'espièglerie alors qu'un rictus taquin se dessinait sur ses lèvres.

Sans plus de cérémonie, je pris sa tête entre mes mains pour l'attirer vers moi. Je caressai tendrement son nez du mien sans le quitter du regard, y déversant toute mon affection pour lui, silencieusement. Nos lèvres se frôlèrent dans un premier temps, aiguisant nos sens. La tension de nos corps était palpable, écrasante, chaque particule de ma peau tressaillait dans l'attente de ce baiser.

Remus vint glisser avec empressement ses mains sur mes reins, et me rapprocha de lui. Il grogna au contact de nos corps et je n'y tins plus. Son grognement avait signé ma défaite.

Je me jetai sur ses lèvres. Un frisson de plaisir dévala mon corps au contact de la douceur veloutée de sa bouche. Je glissai mes doigts dans ses cheveux pour m'y accrocher, ce qui le fit gémir. Il raffermit sa prise sur mes reins. Son désir assaillit mon corps, pénétrant chaque pore de ma peau. Je me collai encore plus à lui puis n'y tenant plus, je glissai ma langue entre ses lèvres.

Il ouvrit la bouche et je l'investis avec gourmandise. Son goût chocolaté mit tous mes sens en émoi. Plus rien ne comptait, seule la sensation de ses lèvres sur les miennes et de son corps collait contre moi, m'importer. Trop vite à mon goût, il mit fin au baiser. Je gémis de frustration. Il me mordit délicatement la lèvre inférieure en réponse à mon désaccord puis recula.

Je l'observai à bout de souffle, ses iris étaient dilatées tandis que ses lèvres étaient gonflées de notre baiser. Son souffle erratique faisait écho au mien. Je calai ma tête contre sa poitrine, ses battements de cœur étaient forts et rapides. Il embrassa le sommet de mon crâne et je gazouillai de bonheur.

Je levai la tête vers lui, pris sa main dans la mienne et tira sur son bras pour le diriger sans un mot vers ma chambre. Remus en décida autrement et m'attrapa à la taille pour venir me mettre en sac à patates sur son épaule. J'explosai de rire et tambourinai sur son dos pour qu'il me relâche. Il nous fit basculer sur le lit, son rire planant dans la pièce.

Je me lovai contre son corps, son menton reposant sur ma tête, j'expirai de bonheur. Je passai ma main sous sa chemise pour caresser la peau de son abdomen. Celle-ci était en relief sur certaines zones, je devinais que cela devait être dû à ses cicatrices. Il se tendit légèrement à mon contact, puis vint frôler mon bras en une caresse légère. Je continuai à effectuer des ronds contre ses abdominaux, savourant la sensation de sa peau musclée contre la pulpe de mes doigts. Il stoppa mon geste d'une main et je me redressai pour l'interrogeai du regard.

— Si tu continues comme ça, je ne répondrais plus de rien.

Je rougis légèrement, dirigeai ma main vers son visage et l'embrassai délicatement, le faisant grogner de contentement. Je me séparai assez vite de ses lèvres pour ne pas le tenter plus que de raison. Je devais lui parler de l'intrusion de Sirius et si on continuait comme ça, on allait tout faire, sauf discuter.

— Remus … commençais-je, Minerva est venu me voir à l'infirmerie tout à l'heure. Sirius Black s'est introduit dans le château pendant le banquet. Il a essayé de rentrer dans la salle commune de Gryffondor, mais la grosse dame ne l'a pas laissé passer. Il s'est énervé et a déchiré son tableau. Il est pour l'instant introuvable et on ne sait pas comment il a fait pour s'introduire dans le château.

Son corps se tendit d'inquiétude, il se redressa légèrement, me fixant du regard. Je me redressai à mon tour pour m'assoir à califourchon sur lui. Il était triste et en colère, mais je ne pouvais rien faire pour lui. Je n'en savais pas assez sur sa relation avec Sirius pour lui être vraiment utile.

— Je sais que c'est dur pour toi mon cœur, mais peut-être que de me parler de lui te ferait du bien.

— Tu ne me regarderas plus jamais pareil après Nohé si je te dis tout.

Je le regardai avec tendresse, pris sa joue en coupe dans ma main puis embrassa le bout de son nez avec amour.

— Rien, ne changera les sentiments que j'éprouve pour toi, je te le promets.

Il souffla, m'embrassa comme pour se donner du courage puis pris la parole.

— Comme tu le sais, j'avais trois meilleurs amis à Poudlard. Ils se sont vite aperçus de mes absences. J'étais terrorisé à l'idée qu'ils me laissent tomber si jamais ils apprenaient ce que j'étais vraiment. Ils ont fini par découvrir la vérité malgré toutes les excuses que j'avais pu inventer pour les tenir à l'écart de la vérité. À ma grande surprise, ils ne m'ont pas du tout laissé tomber. Au contraire, ils ont fait quelque chose qui rendait mes métamorphoses très supportables et qui en faisait même les meilleurs moments de ma vie. Ils sont devenus des Animagi, comme toi Nohé.

Je le regardai, stupéfaite. Devenir animagus si jeune et sans l'aide de personne qui plus est, était très dur, j'étais impressionnée.

— Il leur a fallu trois ans pour y parvenir. Et finalement, au cours de notre cinquième année d'études, ils ont enfin réussi. Chaque mois, ils sortaient du château en se servant de la cape d'invisibilité de James. Et ils se transformaient... Peter était le plus petit, il arrivait à se glisser sous les branches du Saule cogneur sans prendre de coups et à appuyer sur le nœud de la racine qui immobilise l'arbre.

Je l'écoutais attentivement, effectuant des ronds de mon pouce sur son flanc pour l'inciter à continuer son récit. Je sentais que parler de cette période de sa vie lui faisait du bien.

— Tous les trois descendaient alors dans le tunnel et me rejoignaient dans la cabane hurlante. Sous leur influence, je devenais moins dangereux. Mon corps était toujours celui d'un loup, mais mon esprit restait de plus en plus humain lorsque j'étais avec eux. Je me sentais moins comme un monstre en leur présence.

— Je comprends un peu mieux. Tu devais vraiment avoir une relation particulière avec eux.

— Oui, tu n'imagines pas la douleur que j'ai ressentie lorsque j'ai appris que Sirius avait vendu Lily et James à Voldemort et qu'il avait par la même occasion assassinait Peter. Je nous croyais soudés, jamais je n'aurais imaginé que ça aurait pu se finir ainsi.

— Personne n'aurait pu Remus, la guerre fait faire des choses atroces à n'importe qui.

Je glissai ma main dans ses cheveux, les coiffant machinalement avec mes doigts. Je réfléchis à ce qu'il m'avait dit et lui demandai :

— Tu penses que Sirius a réussi à rentrer au château sous sa forme d'animagus ?

— Oui …

Il souffla douloureusement. Ses yeux se connectèrent aux miens, ses mains vinrent se poser sur ma taille, puis il reprit la parole.

— Je sais que je devrais en parler à Dumbledore, mais pour cela il faudrait que je lui avoue que j'avais trahi sa confiance quand j'étais élève, que j'avais entraîné les autres avec moi... Et la confiance de Dumbledore est ce à quoi je tiens le plus. Il m'a accepté comme élève et il m'a donné du travail alors que j'ai toujours été rejeté de partout et que je n'ai jamais réussi à gagner ma vie à cause de ce que je suis. Je ne peux pas concevoir de le décevoir de la sorte.

— Je comprends Remus, je n'en parlerai pas. À moins que cela devienne trop dangereux pour les enfants.

Il hocha la tête. Je me relevai pour me changer pour la nuit. J'enlevai ma tunique d'hôpital puis enfilai un tee-shirt trop grand qui m'arrivait mi-cuisse. Je me refis la conversation dans ma tête et une question vint fleurir dans mon esprit. Je me tournai vers lui. Il me fixait intensément, puis se lécha les lèvres.

— Je vois qu'on se rince l'œil, monsieur Lupin, constatai-je sur un ton de reproche.

— Je …

Il rougit violemment à ma remarque. Puis, sans crier gare, il saisit ma main et me tira vers lui. Je tombai sans aucune grâce contre son torse en rigolant.

— Espèce de brute, dis-je en riant.

Je lui assenai une petite tape sur le torse pour la forme et me redressai afin que nos visages soient à la même hauteur. Sa main se posa sur ma joue et son pouce vint caresser mes lèvres me provoquant des spasmes de plaisir. Ses yeux balayèrent avec adoration mon visage puis il embrassa mon front, et je fondis face à son geste tendre.

— Tu es si belle Nohela, souffla-t-il.

Mes joues chauffèrent au compliment. Je tentai de reconnecter mes deux neurones restants suite à l'évènement Remus et finis par lui demander :

— Tu as été scolarisé ici en même temps que Severus non ? Pourquoi te déteste-t-il autant ?

Il se crispa à ma question.

— J'ai honte Nohela, ça n'aurait jamais dû arriver. J'étais tellement content d'avoir des amis que je n'osais jamais les contredire ou me fâcher contre eux, de peur de les perdre. J'était stupide, et Severus en a payé les conséquences.

— Explique-moi Remus, jamais je ne te jugerai pour quoi que ce soit, tu le sais bien.

— Un soir, Severus m'a vue traverser le parc avec Madame Pomfresh qui m'accompagnait jusqu'au Saule cogneur avant ma transformation. Sirius a pensé qu'il serait... heu... amusant de dire à Severus qu'il suffisait d'appuyer sur la racine de l'arbre avec un grand bâton pour pouvoir me suivre. Bien entendu, Severus a essayé et, s'il était parvenu jusqu'à la cabane hurlante, il se serait trouvé nez à nez avec un loup-garou déchaîné. Mais James, qui avait eu vent de la farce de Sirius, a rejoint Severus juste à temps et a réussi à le ramener au péril de sa propre vie. Severus avait déjà atteint le bout du tunnel et il avait eu le temps de m'apercevoir. Dumbledore lui a formellement interdit de révéler le secret à quiconque, mais, à partir de ce moment, il a su qui j'étais vraiment ce qui a fait accroitre sa haine à mon égard.

Je me redressai, choquée.

— Mais, Remus, tu n'y étais pour rien dans tout ça. Sirius était juste un gros crétin ! Non, mais quel ami digne de ce nom fait ça. Il savait très bien que ta plus grande peur était de blesser quelqu'un. On se saurait connu à cette époque, je lui aurais mis une droite, fulminai-je.

— Il se mit à rire sincèrement face à mon accès de colère et je décidai d'un rajouter une couche.

— Je te jure que si je le croise, je lui pète le nez, affirmai-je folle de rage.

— Ok, tout doux mon petit corbeau, tu ne vas péter le nez de personne et encore moins celui d'un tueur en série, dit-il d'un ton plus léger.

— Mouais … Tueur en série ou pas je peux te dire qu'il n'en mènerait pas large. On ne touche pas aux personnes que j'aime, déclarai-je, sinon …

Remus me coupa en posant violemment ses lèvres sur les miennes, ce qui me fit fondre d'amour. Il plaça une main sur mon cou pour approfondir le baiser. J'avais l'impression que des feux d'artifice avaient élu domicile dans mon ventre. Une bulle de bonheur m'entoura.

Je gémis de nouveau lorsqu'il cessa le baiser. Nous étions tous les deux haletants quand nous nous séparâmes. Je posai ma joue contre son cœur, installai une de mes jambes entre les siennes et fermai les yeux. Il posa une de ses mains sur ma cuisse nue, puis grogna légèrement de contentement. Une fois que mon pouls fût apaisé, je sombrais dans le sommeil bercé par le battement régulier du cœur de Remus.

Les rayons de soleil qui traversait la fenêtre de ma chambre me sortirent de ma léthargie. J'avais dû bouger pendant la nuit, car je me retrouvais en boule à l'opposé de Remus. Je me redressai puis dirigeai mon regard vers le corps encore endormi de Remus. Il avait dû retirer sa chemise dans la nuit, dévoilant un torse finement musclé. Je n'aurais jamais pu deviner qu'il était aussi bien foutu. Il portait des vêtements souvent trop larges pour lui, le faisant paraître frêle et fin. C'était loin d'être la vérité d'après la vision aphrodisiaque qu'il m'offrait actuellement.

Je me ressaisis pour l'étudier plus attentivement. De multiples cicatrices marquaient son buste, certaines plus jolies que d'autres. Ses bras n'étaient pas en reste, de nombreuses lignes blanches barraient sa peau légèrement hâlée.

Il avait tellement dû souffrir après ses pleines lunes.

Je contemplai son visage, les deux cicatrices qui y étaient présentes lui conférer un certain charme. À mes yeux, ses cicatrices étaient magnifiques. Elles montraient à quel point c'était un homme fort et courageux. S'il ne s'était pas enfermé pour ne pas risquer de mordre quelqu'un, il ne serait pas autant marqué par ses transformations.

Je me rapprochai furtivement de son corps pour venir poser un doux baiser sur son épaule, puis sur un coup de tête, j'entrepris d'embrasser chacune des cicatrices qui zébraient son torse. Je commençai par celles sur son pectoral droit, celles sur ses côtes … Lorsque j'arrivai à celle qui longeait perpendiculairement ses abdominaux, je le sentis remuer sous mes lèvres.

— Nohé, gémit-il.

J'effleurai sa dernière cicatrice visible sur sa hanche de mes lèvres, puis remontai le long de son corps pour venir cueillir sa bouche. Il me rendit mon baiser dans un grognement. Sa langue vint taquiner la mienne m'arrachant un gémissement. Mes doigts s'agrippèrent à ses cheveux et j'étouffai un râle de plaisir lorsque Remus posa ses mains sur mes fesses pour coller mon bassin contre son bas ventre.

Mon Dieu, il me faisait perdre la tête !

Son baiser était ravageur, empli d'un amour sincère. Les salves de désir que je ressentais de sa part ne faisaient qu'alimenter le brasier qui avait élu domicile dans mes entrailles. Il commença à imprimer un mouvement circulaire contre mes hanches et mon cerveau court-circuita.

Je me séparai de ses lèvres à bout de souffle et roulai sur le matelas loin de lui, afin de calmer le jeu. Il grogna en retour. Décidément, il grognait beaucoup.

Je tentai de reprendre une respiration stable tout en calmant mes ardeurs. Ce qui fut plus compliqué à faire qu'à dire, étant donné que le désir de Remus ne diminua pas tout de suite.

Quand mon cœur reprit un rythme cardiaque décent, je me redressai sur un coude. Ma tête était au-dessus de son visage, je dessinai du bout de mes doigts ses deux entailles qui avaient bien cicatrisé depuis la pleine lune. Je m'arrêtai sur ses lèvres.

Il me gratifia d'un regard empli de désir. Je l'embrassai à la volée et me dérobai assez vite avant que le baiser ne dégénère. Il grommela de désapprobation.

— Tout doux Lunard, on a tout notre temps pour ça, soufflai-je.

— Comment viens-tu de m'appeler ?

Lunard, c'est du français un jeu de mot avec lune.

— Mes amis m'appelaient Moony, m'apprit-il.

— C'est un peu l'équivalent en français, lui expliquai-je.

— J'aime bien, redis-le, c'est très sexy quand tu parles français, dit-il d'un ton taquin.

Je gloussai, embrassai la pointe de son nez puis son front. Je calai ma tête contre le creux de son épaule. J'inspirai son odeur réconfortante et posai ma main sur sa poitrine.

— Tu m'avais caché l'existence de tous ses muscles Lunard, c'est très sexy.

Un grondement guttural se fit entendre à la suite de ma remarque.

— Je crois que ton loup s'exprime pour toi mon cœur, murmurai-je.

— Parle-moi encore une fois français et je ne contrôlerai plus rien, grommela-t-il.

Je consultai ma montre et l'heure qui s'y figurer me fit bondir du lit.

— Bouge-toi Remus, c'est déjà l'heure du déjeuner, si on ne nous y voit pas, on va se faire charrier à coup sûr par Minerva.

Pendant que je m'affairai dans tous les sens pour me préparer, Remus lui s'était redressé et m'observait, un sourire charmeur aux lèvres.

Je me stoppai net quand je vis qu'il n'amorçait pas un seul mouvement pour se préparer. Je pris la première chose qui me tomba sur la main et lui balança sur le visage. Il s'avéra que c'était un livre de six-cents pages qui s'écrasa sur son nez.

Oups ...

Il poussa un cri de douleur et pesta contre moi en se pinçant le nez.

— Bien fait, ricanai-je d'un air mauvais, ce qui le fit enfin réagir.

Il se leva d'un bon pour se jetai sur moi. Je me mis à courir en hurlant dans mon appartement pour lui échapper, mais il me rattrapa bien trop vite à mon goût. Il me saisit par les hanches et me ramena contre lui. Il attaqua mon cou de baiser, ce qui me fit glousser. Je réussis néanmoins à me dégager de son étreinte et lui assenai un coup de poing dans la poitrine.

— Bon ça suffit, tu es vraiment un gamin, va te préparer et que ça saute, ordonnai-je.

— Oui, maman, railla-t-il.

Quand il se retourna pour prendre la direction de ma chambre, je le graciai d'une claque au cul. Il se retourna choqué et je lui tirai la langue en réponse. Il continua son chemin avec un rire sonore. Ce que j'aimais le son de son rire, cela remplissait mon cœur de bonheur à chaque fois.

On arriva dix minutes en retard au déjeuner, ce qui nous valut un regard complice de Minerva et Albus qui me fit rougir. Severus, quant à lui, nous fusilla du regard comme à son habitude. Comprendra-t-il un jour que Remus n'était coupable de rien, à part d'avoir eu un ami stupide ? Je ne pensais pas, il était trop aveuglé par la haine pour s'en rendre compte.

Après le repas, Remus retourna dans son bureau pour préparer ses cours pour la semaine prochaine tandis que je mis en direction des cuisines pour chercher un panier-repas à mon petit toutou. Les elfes furent très contents de me voir et me préparèrent ce que j'avais demandé en un temps record.

Sur le chemin jusqu'à notre point de rendez-vous habituel, je me mis à réfléchir. Maintenant que je savais que Sirius était un animagus, j'avais des doutes sur mon ami à poils. Sa couleur ressemblait à la teinte habituelle des cheveux de la famille Black, et il était étonnant qu'un chien errant se promène aussi loin de toute habitation. Si c'était lui, il ne m'avait toutefois jamais attaquée pour dérober ma baguette, alors qu'il en avait eu plusieurs fois l'occasion.

Je vis que sa silhouette se dessinait à l'orée de la forêt et m'avançai vers lui sans crainte. Quelque chose au plus profond de moi me soufflait que je pouvais lui faire confiance, même si c'était bel et bien Sirius.

Pendant qu'il mangeait, je lui racontais que Remus allait bien, que j'étais avec lui pendant les pleines lunes sous ma forme d'animagus, ce qui me permettait de toujours garder un œil sur lui.

Le chien me regarda attentivement.

Je lui expliquai alors que Remus n'était plus seul, que je serais toujours là pour lui quoi qu'il arrive. Je vis un certain soulagement apparaitre dans ses yeux gris. La couleur de ses prunelles était un autre trait physique qu'il partageait avec la famille Black ce qui renforçait mes soupçons sur son identité.

Une douleur à mon estomac se fit ressentir, mais je l'éclipsais au second plan le temps que le toutou finisse de manger. Quand il termina son repas, je me redressai, lui fis un signe d'au revoir puis m'activai pour rejoindre le château. La douleur dans mon ventre ne pouvait signifier qu'une chose. J'avais mes règles.

Sur le chemin de mon logement, je m'arrêtai aux cuisines pour demander un bouillon de volaille. Je savais pertinemment que je n'aurais pas la capacité d'aller manger dans la grande salle ce soir. C'était donc avec un thermos bouillant à la main que je rejoignis mes quartiers.

Je posai en vitesse le contenant sur ma table de chevet, puis j'enfilai un vieux tee-shirt à mon père et une culotte de règle de ma confection. J'avais ensorcelé une de mes culottes pour que celle-ci soit absorbante, ce qui était bien plus confortable que n'importe quelle protection hygiénique que je connaissais.

Une fois changé, je me vautrai sur mon lit à plat ventre, puis je roulai vers ma table de chevet pour y chercher mes médicaments. J'avalai un ibuprofène, un médicament moldu, car malheureusement, les potions antidouleur du monde sorcier n'étaient pas assez efficaces pour ça.

Je regardai l'heure et vis qu'il était déjà dix-neuf heures trente. Je ne m'étais pas rendu compte que j'avais passé autant de temps avec le chien errant qui était potentiellement mon grand cousin, le sorcier le plus recherché de Grande-Bretagne et tutti quanti.

Je m'efforçai à boire mon bouillon pour éviter que l'ibuprofène ne me brûle l'estomac, puis m'étalais de nouveau à plat ventre sur ma couette, espérant soulager mes douleurs ainsi, le temps que le médicament fasse effet.

La porte de ma chambre s'ouvrit avec fracas, laissant apparaitre un Remus Lupin perplexe.

— Mais qu'est-ce que tu fais là, étalée comme une larve ? Tu as loupé le diner morue, se moqua-t-il.

— Je t'en pose des questions ? Tu ne t'es pas vu toi avec ta mine dégueulasse, on dirait que tu es passé sous un train, rétorquai-je sur la défensive d'un ton acide.

— Je … Qu'est-ce qui ne va pas Nohela ? demanda-t-il déboussolé par l'agressivité de ma réponse.

Remus s'approcha de moi dans l'incompréhension. Il s'assit sur le lit puis passa une main dans mes cheveux.

— Tu sens le sang, tu t'es blessée ?

— Non, j'ai mes règles, soufflai-je.

— Oh, pardon Nohé, je n'aurais jamais dû me moquer de toi, tu n'as pas trop mal ? m'interrogea-t-il, préoccupé.

— Ça va, j'ai pris un médicament, ça ne devrait pas tarder à agir. Et c'est moi qui m'excuse, je suis imbuvable quand j'ai mes règles, dis-je, gênée.

— Tu veux du chocolat ? J'en ai toujours sur moi, ça va te requinquer c'est plein de fer, m'expliqua-t-il d'une voix douce.

Il sortit une tablette de sa poche et me tendit un carré que je saisis sans demander mon reste. Je croquai dedans avec empressement, le chocolat était vraiment mon péché mignon.

— Je peux faire quelque chose pour toi mon ange ?

Il repoussa une mèche de cheveux qui tombait sur mon visage derrière mon oreille, puis m'embrassa tendrement la joue. Son geste m'arracha un sourire.

Il était parfait.

— Est-ce que je peux me coucher sur toi ? demandai-je timidement.

Il me regarda interloqué par ma demande. Je m'empressai de rajouter :

— Ton corps est plus chaud que la normale, ça va avoir le même effet qu'une bouillotte.

Je rougis violemment, j'avais vraiment osé dire ça.

— Je vois …

Il esquissa un sourire, se releva puis commença à se déshabiller sous mes yeux ébahis.

— Qu'est-ce que tu fais ? bégayai-je, troublée.

— Je me mets à l'aise pour la nuit, mon ange, me souffla-t-il.

Je hochai la tête, ça paraissait logique. Il commença par enlever sa cravate puis se mis à déboutonner sa chemise révélant peu à peu la peau de son buste. Je me mordis la lèvre inférieure quand il jeta ses habits par terre, me dévoilant son torse nu. Il finit par enlever son pantalon, puis se dirigea vers un sac qui était à l'entrée de ma chambre. Il en sortit un short de sport qu'il enfila. Je l'interrogeai du regard.

— J'avais prévu de rester dormir avec toi, donc j'ai pris des affaires pour la nuit ainsi que des affaires de rechange, m'expliqua-t-il avec hésitation.

Je le rassurai en souriant de toutes mes dents. Il se rapprocha de moi et me fit signe de me décaler pour qu'il puisse s'allonger. Je m'exécutai tout en étouffant un râle de douleur. Maudite crampe utérine.

Il me prit dans ses bras et m'allongea à plat ventre sur lui. La chaleur dont émanait son corps calma les spasmes de mon bas ventre, anesthésiant petit à petit ma douleur. Un soupir d'aise s'échappa de ma cage thoracique.

Je déposai tendrement un baiser sur sa poitrine, son cœur s'accéléra, ce qui me fit sourire.

— Merci mon cœur, murmurai-je.

Il embrassa avec amour le haut de ma tête, puis bougea légèrement pour rabattre la couette sur nous. La chaleur qui m'enveloppa me fit l'effet d'un puissant antalgique. Je m'endormis la douleur laissant place à une quiétude bien méritée.

Je me réveillai dans la nuit. La douleur était de nouveau présente, plus intense que jamais. Un coup d'œil vers Remus me confirma qu'il était assoupi. Je me levai du lit pour me diriger dans ma salle de bain afin de prendre de nouveau un médicament, ayant fini ceux de ma table de chevet. J'essayai de faire le moins de bruit possible pour ne pas le réveiller. Il avait vraiment besoin de se reposer.

À peine eu-je effleuré le sol de la salle de bain, qui était pourtant attenante à ma chambre, qu'un sentiment de nausée m'envahit, suivi d'un vertige. Ma tête bourdonnait, ma vue se floutait, j'allais m'évanouir. Ce n'était pas la première fois que cela m'arrivait, alors par réflexe, je m'assis par terre. Je respirai profondément en attendant que ça passe. J'étais tellement concentrée à rester éveillée que je n'avais pas entendu que Remus s'approchait de moi. Il saisit mon visage, dit quelque chose que je ne saisis pas. J'avais l'impression d'être seule en plein milieu d'un brouillard épais. Je sentais sa panique, j'ouvris la bouche pour le rassurer mais seul un horrible coassement de douleur en sortit. Ses lèvres vinrent se poser sur mon front dégoulinant.

Il me souleva et me porta jusqu'au lit. Il déposa de minuscules baisers sur mon visage, tandis qu'il plaçait une main brûlante sur mon ventre en me massant délicatement. Ce geste me soulagea instantanément, me faisant sombrer d'épuisement.