Chocolats ensorcelés
Ce matin-là, en pénétrant dans son bureau, Severus découvrit un petit paquet soigneusement enveloppé de rubans rouges et roses. Sur le dessus était inscrit « Mange-moi ». Le paquet renfermait des chocolats de la Saint-Valentin, évidemment enchantés. Dès le premier coup d'œil, Severus en reconnut la nature. Ces chocolats, d'une fragrance exquise, étaient célèbres pour leur effet aphrodisiaque et leur inclusion d'un filtre d'amour temporaire. Quiconque les consommerait serait éperdument épris, le temps d'une journée, de la personne qui lui avait offert les friandises.
Severus devina instantanément l'origine du malicieux cadeau. Il prit le paquet de chocolats, réfléchissant à la manière de tirer parti de la situation. Son esprit s'arrêta sur Rusard, le concierge de Poudlard, un homme qui ne déclinait jamais une douceur. Une idée prit forme : pourquoi ne pas laisser Rusard savourer ces chocolats ?
Un sourire en coin, Severus se dirigea vers le bureau du concierge et frappa à la porte. Lorsque Rusard ouvrit la porte, il lui tendit le paquet de chocolats. "C'est pour vous. J'ai terriblement mal au ventre en ce moment et je me suis dit qu'il serait dommage de les gaspiller, surtout quand je sais que vous raffolez du chocolat."
Rusard, les yeux brillants, accepta le paquet avec enthousiasme et commença à en dévorer un sans la moindre hésitation. Quelques instants plus tard, alors que Severus se trouvait dans le hall de Poudlard, il entendit soudain des exclamations et des murmures parmi les élèves. Il tourna la tête et aperçut Elara marchant dans le couloir, suivie de près par Rusard.
Le concierge, maintenant, sous l'influence du filtre d'amour, courait à la suite d'Elara, proclamant son affection pour elle de manière passionnée et parfois un peu embarrassante. Les autres élèves et enseignants se retournaient, surpris par la déclaration inattendue du concierge.
Severus garda son air imperturbable, savourant l'instant. Le spectacle que sa petite vengeance avait engendré était bien plus divertissant que tout ce qu'il aurait pu imaginer.
Elara, bien sûr, ne savait pas si elle devait rire ou être agacée, mais elle ne pouvait nier le coup bien joué de Severus. Elle leva les yeux vers lui et lui lança un regard complice. « Tu as gagné cette manche, Severus, mais sache que je ne suis pas du genre à me laisser vaincre si facilement. »
