Bonjour à tous,

Ceci est le dernier chapitre de cette fanfinction. Étant très court, je vous poste l'épilogue dans la foulée.

Merci à tous pour votre lecture et peut-être à bientôt !

Chapitre 13

12 avril 2002

La presse à scandales avait été infernale. Il n'avait pas pu mettre un orteil dehors pendant plusieurs jours, sans être assailli par les journalistes. Il avait été convoqué en urgence par le Ministre de la Magie en personne le lendemain du procès, jour où tous les journaux avaient annoncé au pays que leur héros n'était pas si parfait. Le Ministre avait exigé de Harry un démenti public, pour calmer les foules et conserver l'image parfaite du héros de guerre. Il avait refusé et s'était littéralement fait harceler. Le Ministre était allé jusqu'à le menacer de faire pression sur le Magenmagot pour rejeter son projet d'orphelinat. La colère de Harry avait été glaciale et silencieuse.

Jusqu'à aujourd'hui.

Ce que le Ministre de la Magie ne savait pas, c'est que le projet de Harry avait touché beaucoup plus de personnes au Magenmagot qu'ils ne l'auraient tous cru. Et qu'il avait le soutien de la population. Percy Weasley et Pansy Parkinson lui avaient assuré que plus de la moitié des votants avaient été convaincus et approuveraient son projet d'orphelinat.

Lui, si indécis ces dernières années, avait pris une décision radicale en très peu de temps. Il n'allait plus se taire.

L'avant-veille, le lendemain des menaces du Ministre, il avait demandé à quelques personnes de venir dans sa maison, à présent débarrassée de toutes les têtes d'elfes et même du tableau de Walburga. Ron, Hermione, Ginny, Drago mais également le docteur Williamson, Suzie, son infirmière à Sainte Mangouste, Pansy Parkinson et Percy Weasley répondirent tous oui. S'y ajoutèrent sans que Harry ne le demande la totalité des Weasley, et, à sa plus grande surprise et horreur, Blaise Zabini, Grégory Goyle et Narcissa Malefoy. Cela en avait fait des morceaux de parchemins à écrire.

Sa maison si vide ces dernières années s'était transformée en fourmilière dans laquelle chacun regardait son voisin avec méfiance. La tension était montée d'un cran encore lorsque Rita Skeeter avait fait son entrée.

La présence de Luna avait facilité l'entrée de tous, même de ceux dont Harry n'avait pas été mis au courant. Drago avait insisté pour ses amis et sa mère, arguant qu'il leur confierait sa vie, Harry avait cédé. Après tout, lui seul avait eu connaissance de la raison de leur présence à tous.

Ils avaient investi la salle à manger, rénovée. Kreattur, à la plus grande surprise de Harry, Ron et Hermione, avait été exemplaire et avait servi thé, café et autres rafraichissements à tous, dans une tenue impeccable et sans ronchonner.

Harry avait alors exposé son plan, s'adressant tout particulièrement à Rita Skeeter, toujours reporter à la Gazette, Luna Lovegood, co-directrice du Chicaneur avec son père et le docteur Williamson, censé le temporiser et le canaliser s'il venait à perdre le contrôle.

Bien entendu, la partie presse avait été immédiatement d'accord, Harry avait même cru voir Rita Skeeter sautiller d'excitation sur sa chaise. Une interview exclusive de Harry Potter, l'occasion était magnifique.

La menace du Ministre avait été celle de trop. Harry avait fini par accepter de faire une interview, mais à ses conditions : ce ne serait pas une conférence de presse publique mais un article exclusif ; seules Luna Lovegood et Rita Skeeter pourraient le signer de leur plume et seuls leurs journaux pourraient le publier. Le Ministre avait fini par accepter, ayant compris que ce serait sa seule chance.

Mais Harry n'avait pas du tout l'intention de faire un démenti sur son alcoolisme et sa dépression. Au contraire, il allait tout déballer. Mais ça, Monsieur le Ministre ne le savait pas.

Ses proches avaient été très réticents au départ, invoquant son impulsivité et sa tendance à regretter ses actes non réfléchis. Le docteur Williamson avait fini par intervenir, s'ils étaient tous présents ici, c'est que ce n'était pas si irréfléchi que cela.

Les serpentards de tous âges avaient bien entendu été partants dès le départ, sourire narquois aux lèvres. Le fait d'apprendre que la vie du héros national n'était pas si parfaite n'avait étonné aucun d'entre eux.

Une fois le plan validé par tous, ils avaient écrit l'article. Tous ensemble. Harry parlait, la plume à papote de Rita. Quelqu'un faisait la relecture et chacun y mit de sa pâte pour un faire une interview structurée, touchante, réelle mais pas mélodramatique.

Ils ne se rendirent compte de l'heure qu'aux aller-retours de Kreattur, qui leur apporta le déjeuner, puis le thé, puis l'apéritif et enfin le dîner dans une magnifique vaisselle de porcelaine grise estampillée Black.

Ils ne repartirent tous qu'aux alentours de 23 heures, exténués mais ravis du travail accompli.

À la grande surprise de Harry, personne ne partit en cours de route. Il y eut des débats houleux, certes, mais tout le monde resta jusqu'à la fin. Même Grégory Goyle qui eut l'air de s'emmerder profondément pendant des heures. Harry avait fini par lui prêter des casse-têtes trouvés dans la maison pour lui occuper les mains.

Et aujourd'hui était le grand jour. L'article avait été publié dans la presse. Il était 7h30 du matin et il attendait les premiers hiboux du Ministre et de ses amis. Il n'avait pas dormi de la nuit.

Il se tourna sur le flanc et passa son bras sur le torse de Drago Malefoy endormi à ses côtés. Inquiet, ce dernier avait imposé sa présence dans la demeure depuis quelques jours, inquiet que la colère de Harry ne se transforme en angoisse. Effrayé à l'idée de le blesser de nouveau, Harry avait d'abord refusé qu'ils dorment ensemble. Il avait abandonné lorsque le premier matin, il s'était réveillé à côté d'un Drago qui l'avait rejoint pendant la nuit. Il abandonnait beaucoup d'idées lorsqu'il était question de Drago.

- Comment tu te sens ?

La voix pleine de sommeil de Drago le sortit de ses pensées.

- Étrangement en paix avec moi-même, chuchota-t-il comme un secret. Comme si je n'avais plus besoin de cacher ma peine. Comme si je n'avais plus besoin de tricher pour les autres.

- Et c'est le cas, Harry. Dans quelques heures, la population entière connaitra le vrai Harry. Et je suis sûr que beaucoup se reconnaitront dans tes mots. Les psychomages vont avoir beaucoup de travail dans les mois à venir.

- Tu crois que ça va donner du courage à certains ?

- J'en suis persuadé. C'est comme si tu leur donnais le droit d'aller mal Harry.

- C'est ridicule. Je ne suis que moi.

- Harry, soupira Drago. Ton image publique de héros fait autant partie de toi que celui que tu appelles "juste Harry". Il faudra que tu assumes ce côté un jour aussi, et pas seulement quand il t'arrange, comme au tribunal.

Harry se tut. Drago avait raison bien sûr, mais chaque chose en son temps.

Il glissa sa tête sur le torse de Drago et soupira de contentement.

- Dis, Drago.

- Hum… ?

- Qu'avez-vous négocié Kreattur et toi ?

- Oh ! murmura Drago. Tu n'as toujours pas compris ?

Harry secoua la tête. Il savait qu'il y avait un lien entre les têtes disparues et les draps de soie ou les chandeliers, mais ça s'arrêtait là.

- Au départ, c'était juste pour les affaires que je voulais récupérer mais ton elfe ne voulait rien savoir. Il a vraiment été marqué par ce que les humains lui ont fait subir. Et la réflexion de Walburga lorsque je suis venu m'a donné une idée.

- Quelle réflexion ? questionna Harry, les sourcils froncés.

- Que la famille Black devait beaucoup à la famille Malefoy.

Harry redressa la tête pour mieux le voir.

- C'est-à-dire ?

- Lorsque mes parents se sont mariés, la famille Black n'avait plus un sou et une image même au sein des sang-pur très controversée pour rester poli. La famille Malefoy a imposé la dot à la famille Black, qui n'a pas eu le choix d'accepter. Ma famille a pris tout ce qui leur restait de valeur. La vaisselle, le linge de maison, des œuvres d'art, ce genre de chose. Donc, pour montrer ma bonne foi à ton elfe, je lui ai proposé de lui restituer toute la dot de ce mariage. En contrepartie, il devait décrocher tout ce qu'il avait collé avec un sort de glue perpétuelle dont tu ne voulais plus. Je lui ai également promis de ne rien détruire de ce que je récupérerai dans la maison.

Harry rit doucement et enfonça son nez dans le cou de son homme.

La tranquillité ambiante ne dura cependant pas.

Le premier courrier en réaction à ses révélations arriva à 8h07. Il venait de Molly Weasley qui leur envoyait un panier garni pour "Un petit déjeuner bien mérité pour un homme qui se doit d'être fier du chemin accompli". Harry en eut les larmes aux yeux.

Celui du Ministre arriva à 8h44. Il ne l'ouvrit même pas.

D'autres arrivèrent toute la matinée, pendant que Drago finissait les rénovations de la salle de bain du deuxième étage et que Harry l'observait comme il aimait le faire. Les lettres des anciens de Poudlard le touchèrent énormément. Neville, Parvati, Anthony, Cho, et même certains serpentards comme Adrian Pucey, lui confièrent avoir traversé la même chose que lui, à différents degrés. Tous lui donnèrent leur soutien.

Quatre autres lettres du Ministre arrivèrent entre 8h46 et 14h02. La sixième fut une beuglante, il intimant l'ordre de venir immédiatement au Ministère et que son Ordre de Merlin allait lui être retiré.

Harry entendit à peine ces mots, enveloppé dans une odeur de bois et rose, emboité dans le corps de Drago, concentré sur ses coups de reins et les râles de plaisir du blond à chacun de ses mouvements.

Ils firent l'amour pour la première fois dans cette pluie de lettres en ce jour si particulier où Harry assuma enfin pleinement ne pas aller bien. Sa première fois fut magique, pleine de douceur, de confiance. Lorsqu'il atteignit l'orgasme sa magie se faufila hors de lui et se glissa autour de Drago, les isolant dans un cocon où ni les hiboux, ni les chouettes et autres lettres rouges ne vinrent plus les importuner.

La chouette de Luna Lovegood les trouva ainsi enlacés et assoupis dans leur salon, sur le canapé transformé en lit pour l'occasion. Elle cligna des yeux et lâcha le journal sur la table basse avant de s'envoler vers d'autres livraisons.

En première page, une petite photographie très sobre de Harry précédait le fameux article exclusif.

Harry Potter, notre héros, se confie.

Sous la pression ministérielle, Harry Potter craque et nous dit tout. Pour Le Chicaneur et la Gazette du Sorcier, il répond à toutes nos questions. Quelles sont les raisons de son silence prolongé ? D'où vient son projet d'orphelinat ? Qu'a-t-il fait ces quatre dernières années ? Les rumeurs sur son alcoolisme sont-elles vraies ? Est-il bien tatoué sur le torse ?

" Le Ministre m'a demandé de faire un démenti sur ce qui a été révélé lors du débat sur l'orphelinat. Pourquoi démentir ce qui est vrai ? Qu'apporterait un mensonge de plus à une population qui a soif de vérité après la guerre ? (…) Je ne suis pas un héros. Je suis un être humain qui a ses faiblesses. "

Article complet pages centrales.