Épilogue

24 avril 2002

- Monsieur Potter, le Magenmagot a rendu son vote. À raison de 42 voix contre 17, votre demande de construction d'un nouvel orphelinat en Grande Bretagne est validée. Félicitations Monsieur Potter.

Les félicitations du Président du Magenmagot furent noyées par les cris et applaudissements de la foule entassée dans la salle de tribunal. Harry aperçut rapidement le sourire engageant du Président avant que sa vue ne soit brouillée par ses larmes et les cheveux en broussaille de sa meilleure amie qui le serrait contre elle.

31 juillet 2002

Ils s'étaient tous réunis au Terrier pour fêter l'anniversaire de Harry et Neville. Beaucoup avaient fait le déplacement. Les Weasley étaient présents bien sûr, ainsi que Hermione et Drago. Tous ceux qui l'avaient aidé à faire son article étaient présents également (même Rita Skeeter, avec qui il avait noué des liens lorsqu'elle lui avait raconté sa vie en tant que dépressive alcoolique qui n'arrivait pas à surmonter le décès de ses parents survenu lors de la première guerre). D'autres étaient présents, tous des connaissances de Poudlard que Harry et Neville avaient en commun.

Depuis la fenêtre de la cuisine, Harry les observait rire, chanter, boire et danser. Il se sentait enfin en paix avec lui-même. Bien sûr, le chemin était encore long. Mais en voyant tous ses amis, sa famille, si heureux, il se permettait de croire au bonheur un peu plus chaque jour.

Des bras brûlants vinrent encercler sa taille et son bonheur décupla encore un peu plus. Il n'était pas seul.

- Épouse-moi, chuchota Drago à son oreille.

Harry se tourna brusquement et l'amour qu'il lut dans les yeux de son petit ami firent bondir son cœur. Incapable de parler, il hocha simplement la tête en signe d'acquiescement.

Il ne serait plus jamais seul, se dit-il lorsqu'ils s'embrassèrent tendrement, scellant leur promesse.

1er septembre 2003

- Nous déclarons officiellement l'orphelinat "Les Oubliés" ouvert !

La paire de ciseaux dorés coupa élégamment le ruban rouge, rendant officielle l'ouverture de l'orphelinat tant attendu par la population. Les flashs des appareils photo crépitèrent pour immortaliser les accolades du gratin ministériel qui avaient fait le voyage. Comme si tout le labeur fourni leur appartenait.

Harry n'en avait cure. Qu'ils s'octroient les mérites de l'année de travail acharné fourni par son entourage et tous ces bénévoles qui avaient aidé. Eux savaient de quoi il en retournait.

Officieusement, 14 enfants vivaient déjà dans l'orphelinat depuis quelques semaines déjà. Harry avait sillonné les rues pavées sorcières ainsi que les orphelinats moldus pendant tout le mois d'août. Avec l'aide de psychomages et d'éducateurs aux jeunes enfants, il avait réussi à gagner leur confiance pour les amener là où ils seraient en sécurité.

Son rêve se réalisait enfin. Comme il se l'était imaginé, les extérieurs étaient immenses, un terrain de Quidditch avait été monté spécialement pour l'occasion (ça lui avait coûté une petite fortune). Les fenêtres du rez-de-chaussée étaient immenses pour laisser passer la lumière et chaque enfant aurait sa chambre. L'avantage de la magie était que les murs pouvaient littéralement se pousser pour faire de la place en cas de besoin.

Il se détourna de la foule et se dirigea à pas lents vers la porte du manoir familial. Sur le palier, son époux l'attendait, le sourire aux lèvres.

Ron et Hermione l'attendaient eux aussi. Ils rayonnaient tous deux leurs mains posées sur le ventre rebondi de Hermione.

Un petit garçon aux cheveux châtain lui sauta dans les bras pour lui faire un câlin.

- Papa ! Suzan a préparé des cookies au tépites de chacolot, tu viens en manger avec moi ?

Harry rit de bon cœur devant la frimousse de Enzo, petit garçon présent dans l'orphelinat depuis quelques mois – là encore officieusement - et qui appelait tout le monde « papa » et « maman » depuis qu'il avait compris qu'il ne serait plus jamais seul.

Le petit garçon battit des jambes et Harry le reposa pour laisser le petit repartir en courant vers la cuisine.

Il se tourna un instant vers l'entrée de l'orphelinat ou la petite fourmilière ministérielle se chamaillait encore pour obtenir toute l'attention des journalistes. Il grava dans sa mémoire chaque sourire, chaque sentiment, chaque émotion qu'il ressentait. Il se promit qu'en cas de doute, en cas de rechute, en cas de coup de blues, il repenserait à ce moment, où la vie ne lui avait jamais paru aussi belle.