Désolée de la publication si tardive ! Je reviens doucement ! Je n'abandonne pas mes deux ff que j'aime d'amour ! Je reprends leur écriture à commencer par celle ci !


OoO

...

Sa cape volant autour de lui, la main serrée sur une baguette qui ne lui avait jamais paru si menaçante, Severus Snape, la magie poignante en aura autour de son corps à la posture meurtrière, se prépara au combat.

« Vous venez avec moi ? » demanda Harry. Peu certain.

Il paraissait si attentif que Severus se plut à croire qu'Harry aurait été un bien meilleur élève si les choses avaient été autrement.

Ils se regardèrent un bref instant, Severus le devançant déjà à l'entrée du bureau.

« La bataille est en cours, et la confusion est à l'oeuvre. Je ne serai pas accueilli par l'Ordre avec les honneurs Potter. Nous allons devoir agir vite. Je ne vous laisserai pas Harry, mais il va falloir que vous m'écoutiez. »

Le ton était clair, limpide. Harry s'y serait coupé les doigts si la langue de Severus avait été une épée. Il regarda l'adulte avec une drôle d'impression. Comme si, derrière cette porte, en contrebas, la bataille qui faisait rage et dont ils entendaient déjà les prémices allait changer à jamais l'étrange tableau que le professeur et l'élève faisait, ainsi posés dans la sérénité du bureau directorial.

« Vos amis, sont-ils partis détruire la coupe ? » demanda Severus, le coupant d'un geste de main alors qu'Harry semblait vouloir répliquer l'ordre.

« Ils ont réussis…je l'ai senti. Et lui aussi… »

D'un geste machinal, Harry porta sa main à sa cicatrice avant de se raviser. Il ne voulait pas penser à ce qui se cachait derrière, enfoui dans son crâne, dans ses entrailles. Instinctivement, il serra le petit flacon qu'il avait mis dans sa poche de jean. La solution était là. Et c'était Severus Snape qui lui avait offert.

« Parfait… »

La voix de l'homme n'était qu'un murmure, pourtant il sonnait le glas d'une guerre touchant à sa fin. Harry remarqua que l'homme se crispait, il ne rata pas le geste brusque que ce dernier fit vers son bras avant de se raviser. Le gryffondor, tout à coup, se méfia.

Severus ne rata pas le mouvement du jeune homme. Harry Potter, ainsi prostré sur son destin, n'avait jamais été plus enfant qu'en cet instant. Quel parfait idiot il avait été de le croire si impudent, si effronté. Il n'y avait rien de plus qu'un enfant apeuré chez le Survivant. Pourrait-il seulement l'abandonner de nouveau ainsi ?

« Potter, il faut que vous m'écoutiez. »

Il attendit que l'attention du garçon soit tournée vers lui, accrochant son regard, il continua.

« Je vais devoir tenir ma couverture le temps de tuer Nagini. Le Seigneur des Ténèbres m'appelle, il me faut y répondre si nous voulons avoir une chance d'obtenir victoire ce soir. »

Harry eut un mouvement de recul, regardant la manche que les doigts du directeur semblaient hésiter à agripper. Il devina la douleur, sentant sa cicatrice pulser contre son crâne. Voldemort était furieux, il sentait la colère du mage noir, son impatience maladive. Quelque chose clochait, il le sentait tout proche. Derrière une porte, l'obscurité semblait attendre qu'on la laisse entrer…

« N'y allez pas ! »

C'était un gémissement triste et perdu qui sorti de sa gorge. Severus ralenti dans sa marche, se tournant vers le jeune homme. Ils s'arrêtèrent au détour d'un couloir, non loin des grands escaliers menant à la grande salle. Les couloirs étaient déserts, la bataille semblait se poursuivre plus bas mais les forces du mal semblaient se masser à l'extérieur du château. Une retraite imprévue… Pourquoi ? Severus devina que la destruction de deux horcruxes n'étaient pas étrangère à ce changement.

« Potter, si nous voulons abattre Jedusor il me faut tuer le serpent. Après avoir détruit le diadème et la coupe, il sera d'autant plus méfiant et cherchera à protéger sa créature. Seuls ses lieutenants peuvent l'approcher et j'ai assez bien joué mon rôle pour ne pas profiter de l'avantage d'en être un. Faites moi confiance je..argh ! »

Harry fut choqué de voir l'homme se crisper de douleur, se pliant en deux, ramenant son bras contre sa poitrine. Pris d'inquiétude, le gryffondor ne fit même pas attention au sang qui perlait de sa cicatrice rougeoyante. Cette dernière était à vif, sanguinolente, et la marque des ténèbres du directeur l'était tout autant, le noir intemporel des robes du sorcier se fit plus sombre encore là où ils devinaient tous les deux le sang s'écouler de la malédiction.

Le plus jeune s'approcha tandis que Snape serrait des dents. Dans sa tête, Harry l'entendait siffler. Le mage noir était en rage, pire encore, il ne désirait qu'une chose. Tuer. Et Harry fut tout à coup animé de la même envie pressante. Il fallait qu'il lui ôte la vie. Il en valait de sa survie. De leur survie. Il sut très bien envers qui le seigneur des Ténèbres éprouvait tant de haine. Il se surprit à lever sa baguette vers l'homme.

« Professeur ! N'y allez pas ! Il vous cherche pour vous tuer…Il veut vous tuer. On veut vous tuer…oh oui…Tu vas mourir Severus…»

La voix d'Harry était sombre. Plus gutturale. Elle s'étirait tout comme le sourire froid que le visage du garçon arborait sur un visage de cire. Snape se releva, reprenant contenance, faisant abstraction de la douleur tandis qu'il jaugeait la menace des yeux un peu trop verts qui le regardaient sournoisement derrière les lunettes fissurées du garçon. Sans attendre plus longtemps, Severus plongea.

Il ne s'attendit à aucune résistance, connaissant fort bien l'inaptitude du garçon à maîtriser les sciences de l'esprit. L'immense barrière marécageuse qui s'étendait pourtant devant lui n'était pas du fait du jeune homme, il le savait.

Une silhouette drapée se massait devant l'eau trouble qui semblait envahir l'esprit d'Harry tel un piège sinueux qui commençait à l'agripper lui aussi. La douleur à son avant bras ne se calmait pas, pire, elle amplifiait à mesure qu'il avançait dans les eaux marécageuses.

Déterminé à libérer le jeune homme de la menace qui pesait sur leur monde, Severus dressa ses boucliers.

« Severus, mon garçon…qu'es-tu en train de faire dis moi ? T'es-tu pris de faiblesse pour l'enfant ? »

La question était si innocemment posée qu'il fut presque prit d'envie de s'en moquer. La terminologie que le mage noir employait était si proche de celle d'Albus qu'il hésita, seul le ton meurtrier et fou lui permettait de faire la différence. Severus plissa des yeux, regardant son « maitre » de toute la hauteur que son occlumencie pouvait lui offrir.

« Etonnant qu'un homme tel que vous n'apprenne que tardivement mon allégeance. Cela fait bien des années que je ne suis plus votre « garçon ». Voilà des années que je me suis libéré de vous.»

D'immenses flammes vinrent souffler autour du maître des potions, entourant en cercle les deux hommes. Eclairant les marais factices d'une lueur rougeoyante les flammes vinrent claquer en un tonitruant vacarme autour d'eux. Tom, dont la peau verdâtre se composait de marbre tandis que la lumière du feu ne semblait vouloir lécher ses traits, le regardait, assassin. Dans les eaux qui les séparaient flottait des corps, il ne le vit qu'après, sous l'eau, cherchant l'air qui venait à lui manquer, le corps d'Harry, hurlant sans pouvoir rejoindre la surface. Severus paniqua.

« Allons Severus, tu ne pourras jamais te libérer de moi. Que croyais-tu faire en aidant Potter ? Tu pensais peut être me doubler ? Vous pensiez pouvoir me doubler tous les deux ? »

Le rire du Seigneur des Ténèbres était presque cristallin. Une folie claire s'emparait de lui. L'eau semblait se briser sous la voix du monstre et Severus vacilla tandis qu'il sentait toutes terminaisons nerveuses dans son bras disparaître sous ses boucliers mentaux. Il fallait qu'il résiste. Il voulait se jeter à l'eau remonter le corps de l'enfant, mais il ne connaissait que trop bien son « maître » et ses pièges qu'il avait vu maintes fois dans l'esprit de ses victimes. Rien ne devait être laissé au hasard. Voldemort était le plus puissant légilimens vivant. Egalant Dumbledore. Son seul avantage était que lui même était le plus puissant occlumens vivant. Leur maîtrise des sciences de l'esprit respective était la clé de cet affrontement intangible.

« Ce soir sera votre dernier soir Tom. Laissez l'esprit du garçon, et venez donc vous confronter à moi. »

Il cracha tout le dégoût qu'il avait pour la monstruosité qu'était devenu Tom, détachant à peine ses yeux du gryffondor qui se noyait. Il sentait l'impuissance le gagner et pourtant il fit grandir les flammes qu'il usait tant pour se protéger que pour détruire. Il gardait bien en tête cependant que l'hôte de leurs échanges était Harry et qu'il ne devait pas abîmer son esprit. Il enroba les trois hommes d'un mur de flamme : les marais s'embrasaient. La colère monta lorsque Voldemort se mit à sourire. Le monstre avait le don de faire croire toute action vaine. Il espérait que non.

« Tu as quelque chose qui m'appartient je pense Severus, il me faut te trouver vivant. Si tu veux me défier, je t'en prie… Viens… Tu sais où je suis. Je vous attends, Potter et toi. Qu'on en finisse une bonne fois pour toute ! »

Il vit presque trop tard le garçon être tirer vers le fond et instinctivement, Severus se jeta à sa suite, s'enrobant de flammes tandis qu'il plongeait. Il faisait venir avec lui le feu qu'il laissait gronder plus encore en surface. Il entendit le Seigneur des Ténèbres rire aux éclats avant que l'eau ne l'enrobe. L'eau des marais n'était pas consistante. Pire, elle n'était que les voix et les cris des hommes et femmes morts qu'Harry avait connu, enduré, vu… Il entendit de loin Lily hurler. James gémir et tomber…Sirius souffler… Harry suffoquait et ses yeux étaient révulsés lorsque Severus réussi à agripper son bras, observant avec horreur des inferis revêtant l'apparence d'Albus tirer par le pied le garçon vers les profondeurs. Les flammes l'entourant pulsèrent vers Potter, renvoyant les inferis et les hurlements aux oubliettes. Le feu enroba doucement le garçon qui reprit sa respiration tandis que Severus s'accrochait au survivant, l'entourant de ses bras tandis qu'il les faisait remonter à la surface.

« Potter, vous m'entendez ? Il faut que vous arriviez à le repousser ! C'est votre esprit ! Reprenez le contrôle, ne le laissez pas prendre possession de vous ! »

Ils les éjectèrent sur une rive qu'il rendit plus tangible, Tom Jedusor les regardant, indigné et prêt à tuer. Ce dernier siffla.

« Cet esprit m'appartient tout autant que tu m'appartiens Severus. Vous portez tous les deux ma marque. »

Harry frissonna dans ses bras. Ses yeux étaient plongés dans le vide des eaux du marais, semblant plongé dans des souvenirs que Severus ne put que deviner. Le maître des potions rapprocha les flammes du jeune homme, ce dernier se laissa surprendre par ses dernières qui vinrent lécher leur maître ainsi que le garçon, réchauffant leur âme. Il ne sut comment, mais celles ci prirent la forme d'une biche qui instinctivement vint se poser contre les flancs respectifs de Severus et Harry.

« Tu es pathétique mon pauvre Severus. S'accrocher ainsi à la chimère d'une sang de bourbe est un parjure. »

L'eau s'agita soudain et des milliers de serpents en sortirent fonçant vers eux. Severus poussa les flammes plus en avant, défendant leurs corps des injonctions du mage noir tandis qu'il secouait doucement Potter.

« Harry. Reprenez vous. Il faut que vous réussissiez à nous éjecter de votre esprit. »

« Je ne peux pas, je n'ai jamais su faire monsieur… »

Severus aurait presque aimé répliquer qu'il aurait été de bon ton que le gamin écoute lorsqu'il avait eu l'amabilité de lui enseigner l'occlumencie mais il se retint. Il raffermit davantage sa poigne autour des épaules du garçon qu'il tenait toujours contre lui, observant de loin Tom perdre patience, des vagues vaseuses s'écrasant en une buée massive contre son bouclier.

« Appuyez vous sur moi pour le repousser, je vous offrirai toute la puissance nécessaire mais il faut que vous trouviez la force de le rejeter. Vous devez ouvrir le chemin, je me tiens à vos côtés Potter mais il faut refermer la porte de votre esprit. »

Harry accrocha le regard de l'homme, se redressant contre lui, perdu. Il sembla prendre conscience de ce qui se jouait et eu le courage d'acquiescer, résigné.

« Je vais essayer… »

Le gamin vint plonger sa main vers la biche que Severus fit plus consistante. Les flammes vinrent s'enrouler en une danse douce autour des doigts du garçon et il prit le parti de nourrir Potter de sa magie à travers la forme de son patronus qu'Harry avait en adoration.

Il sentit l'esprit d'Harry se mettre en branle tandis que les marais semblaient pris de tremblements. La silhouette de Voldemort se fit plus floue, mais Severus pouvait voir le visage du mage se tordre de colère, hurlant vers eux tandis que le vacarme des flammes les empêchèrent d'entendre l'homme répandre son venin. Severus avait toujours préféré les éléments primaires lorsqu'il avait affaire à de puissant légilimens. Les éléments avaient toujours eu un attrait physique.

Il sentit Potter tâtonner dans la magie qu'il mettait à disposition, les flammes s'embrasant autour d'eux prirent une teinte bleutée, la chaleur se fit plus intense, plus rassurante, plus puissante.

« Vous pouvez le faire Harry, reprenez le contrôle. Maintenant ! »

Relevant la tête, le gamin eut un sourire confiant pour son professeur avant que le marais ne semble s'effondrer sur lui même. La boue la vase et l'eau laissèrent alors place à un immense sol en verre. Sous leur pied, derrière une épaisse couche de glace s'étendait le visage déformé par la rage de Tom Jedusor, ce dernier hurlait, mais le vacarme charmant des flammes grondaient toujours. Severus regarda le visage du Seigneur des Ténèbres couler sous la verrière tandis que les flammes bleues parvenait à brûler son souvenir par dessous l'immensité vitrée. Severus agrippa fermement Harry tandis que Jedusor tombait, éjecté de force. Le gamin avait réussi. Il se sentit repousser gentiment, comme si Harry venait de fermer la porte. Severus se laissa tomber, revenant à lui sur le sol du couloir.

« Professeur ! Attendez, non ! »

Severus voulu se relever, sentant l'inquiétude d'Harry dans le ton qu'il avait employé pour le héler. Avaient-ils été évanouis bien trop longtemps pour que le combat ne les prenne par surprise ? Il fit l'erreur cependant de croire qu'Harry l'avait appelé lui, il comprit après avoir retrouvé une vision non troublée qu'Harry ne l'avait pas interpellé lui mais bien le professeur McGonagall qui se tenait devant le garçon, mettant en joue de sa baguette son directeur déchu.

« Potter ! Reculez ! » La lionne repoussa le plus jeune d'un bras que Severus entrevit blessé, il grimaça lui aussi devant cette révélation tandis que la directrice des rouges et ors peinait à repousser le survivant.

« Professeur attendez ! Il est avec nous ! Severus est avec nous ! » le garçon, peinant à reprendre ses esprits, essayait tant bien que mal d'agripper sans lui faire mal le bras qui repoussait son élan.

« Minerva écoutez je… »

« Taisez vous Severus ! Potter je ne sais pas ce qu'il vous a dit mais reculez bon sang ! » La lionne hésita pourtant.

Severus analysa la situation d'un rapide coup d'oeil. Le combat semblait s'être calmé il n'entendait quasiment plus rien des coups et explosions qui leur parvenaient avant qu'il n'engage son passage dans l'esprit d'Harry. Minerva semblait être la seule présente dans ce couloir avec eux et il comprit qu'elle venait à peine de les trouver lorsqu'ils avaient refait surface. Elle sembla hésiter de nouveau lorsque Harry la somma de le croire.

« Professeur s'il vous plait ! Severus est de notre côté ! » Le garçon s'affala presque au sol pour le rejoindre, se plaçant devant la baguette de la femme que Severus tenait pourtant en haute estime.

Le corps en mauvaise posture, allongé à moitié contre les pierres froides du couloir, le corps d'Harry à moitié prostré sur ses jambes, Severus ne chercha ni à récupérer sa baguette pour désarmer la vieille dame, ou bien même rétorqué. Il ne fit qu'observer d'un oeil choqué Potter s'affairait à le défendre tandis que plusieurs heures auparavant il aurait tout donné pour le tuer.

« Potter !? Avez vous perdu la tête ? »

La vieille lionne, perdant de sa rage, reporta un regard haineux à son confrère tandis que la prise sur sa baguette se raffermissait, tentant de ne pas mettre en joue Potter.

« Qu'avez vous fait ou dit à Potter, Severus ? N'en avez vous pas eu assez d'Albus ? Comptez vous tuer un de vos élèves en prime ? »

Elle lui cracha la réplique à la figure et il reçu son accusation aussi durement que si ça avait été un coup de pied dans les côtes. Harry raffermit sa position et se redressa, tenant debout tant bien que mal.

« Professeur il faut me croire ! »

Harry tenta tant bien que mal d'expliquer ce qu'il avait appris depuis les quelques heures qui les séparaient de leur première altercation. Minerva n'écoutait que d'une oreille, portant son attention sur la source de danger potentiel qu'il représentait. Laissant Potter expliquer, songeant que ce devait être sa meilleure chance de faire entendre raison à la sous directrice. Il attendit. Il vit le regard de la lionne se troubler, le doute laissant peu à peu place à la confusion, puis la tristesse, et enfin le désespoir d'une telle révélation. Son bras retomba comme une poupée contre son torse, et elle ramena à elle son bras blessé qui avait tenté en vain de retenir Harry derrière elle.

« Que me chantez vous là tous les deux… Severus est-ce vrai ? Avez vous… » Sa voix sembla se briser.

Elle s'affaissa près d'eux, et dans un élan qu'il ne lui connaissait guère, elle les engloba de ses deux bras. Des larmes lui coulant sur les joues.

« Vous êtes un idiot Severus Snape ! »

Harry tout comme lui ne surent qui des deux étaient le plus gênés.

« Minerva je suis désolé. Nous prendrons plus de temps pour en discuter plus tard mais il faut que… »

« Oui vous avez raison ! Pardon ! Que puis-je faire pour vous aider ? »

Harry avait omis de parler de l'horcruxe qui était en lui à la vieille lionne, après tout il n'avait résumé qu'en quelques minutes la situation et elle semblait avoir eu assez de doute par le passé pour accepter aussi rapidement l'état de fait qu'aucun des deux ne mentaient. Elle se redressa, les aidant tous les deux à se relever d'un coup de baguette. Severus grimaça, sentait du sang couler le long de son poignet.

« Severus vous êtes blessé ! » Minerva regarda horrifiée sa manche sanguinolente, son sang s'écrasant sur la pierre de Poudlard.

Harry était pétrifié.

« Rien qui ne soit prévisible. On ne se rebelle par contre le Seigneur de Ténèbres sans en payer le prix. »

Il occluda. Agitant sa baguette afin que le saignement stagne, il sentit des bandages s'enrouler autour de son bras sous ses robes. Il n'avait pas besoin de donner dans le pathos. Ils avaient mieux à faire. La dernière ligne droite se profilait plus difficile, mais il avait une mission à accomplir.

« Minerva, il ne manque que Naguini et Jedusor. Il m'attend et je sais où il se trouve. Je ne pense pas qu'il laissera le serpent sans protection, il est fort probable que je n'arrive pas à la tuer sans une aide extérieur. Il faut que je réfléchisse. »

Il tentait de jouer plusieurs scènes dans sa tête tout en énonçant un état de fait : ils étaient en mauvaise posture.

Tom Jedusor n'aurait pas du savoir sa trahison si tôt, cela contrariait ses plans. Il entendit la course de deux personnes vers leur direction sur le tard tandis qu'il entrapercevait l'impasse de la défaite se refermer sur lui.

« Harry ! Harry tout va bien !? »

Hermione et Ron accouraient vers eux en provenance du deuxième étage, le roux portant contre lui deux dents de basilic, la brune semblait tenir dans ses mains la carte des maraudeurs. Les deux gryffondors se stoppèrent en observant Snape auprès de la directrice des rouge et or ainsi que de leur ami.

« Snape ! » Le roux sorti sa baguette, animé par la colère. « Espèce de salaud vous..! »

La gryffondor, observant l'étrange tableau plus intelligemment que son camarade, attrapa la main de son ami le forçant à abaisser son arme.

« Attends Ron ! »

Elle le força à se taire par sa simple interpellation.

« Vous êtes de notre côté professeur ? » souffla-t-elle, le perçant de ses yeux noisettes avec une maturité qu'il ne lui connaissait pas.

Severus savait miss Granger plus intelligente que la plupart de ses élèves, il se surprit à la trouver plus mature et vive qu'il n'avait voulu l'admettre durant ses années scolaires. La guerre les avait vieilli. Il en sentit tout l'impact à ce moment. Weasley semblait au bord de l'implosion, Potter, dont la barbe naissante ne cachait rien de sa fragilité avait le regard hanté par la mort, Granger, les cheveux impeccablement tiré en une queue de cheval, revêtait l'aspect d'une guerrière par la force des choses dont la sagesse ne départait pas de sa férocité. Elle était le ciment du trio bien plus qu'il ne l'avait perçu auparavant. Severus s'étonna, lui qui trouvait ce trio si arrogant et ennuyeux, à la limite de l'insolence, les entrevu alors comme une force insoluble. La clé de la victoire se trouvait peut être là ?

« Il est avec nous. Ron ! Hermione ! Severus va nous aider à tuer Voldemort. »

La voix d'Harry ne se brisa pas, son regard vert fondit sur ceux de ses amis, et comme une évidence, alors que la guerre faisait rage, ils se rendirent de concert à la conclusion qu'il y avait de l'espoir.

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