Étalé en étoile de mer sur le lit qu'il avait voulu si confortable pour sa première nuit d'amour qui n'aura jamais lieu, Harry était amorphe et pleurait. En toute logique, vu les litres qu'il avait déjà versés, il y aurait dû y avoir une flaque par terre, mais non. Il ne bougea même pas quand il entendit la porte de la salle sur demande s'ouvrir. Pourquoi faire, d'abord ? Ça ne pouvait être que Draco de toute façon.
- Mon nounours ! S'exclama Draco en se précipitant vers lui.
D'abord excité de retrouver sa moitié, il déchanta complètement en le voyant comme ça. Le secouant comme un prunier, ses angoisses prirent le dessus.
- Qu'est-ce qui t'arrives ? T'es mort ? Je veux pas que tu meurs ! Chouina-t-il, une cascade de larmes sur le visage.
Rassemblant toutes ses forces, très faibles de naissance, Harry secoua le bras pour que Draco le lâche.
- J'ai eu tellement peur, s'écria Draco en se laissant tomber de tout son poids sur Harry, soulagé qu'il ne soit pas mort.
Il était bien trop jeune pour être veuf. Et ils n'avaient même pas encore fait la moindre galipette.
- Pourquoi tu pleurs ? Remarqua alors Draco. C'est parce que je t'ai manqué ? Mais je suis là maintenant.
Collant sa tête à la sienne, il se colla à lui dans une étreinte. Harry avait très chaud, comme ça, et puis Draco était lourd, mais il ne fit que redresser le menton pour geindre :
- Ils vont se marier.
Aussitôt ces mots prononcés, il reparti dans un flot de larmes à faire pâlir Lituya*.
- Qui ça ? Demanda Draco, qui ne comprenait pas vraiment ce brusque changement de conversation.
- Nymphadora et Remus, sanglota Harry.
Il avait tellement de morve agglutinée dans le nez qu'il arrivait à peine à articuler.
- Mais c'est merveilleux ! S'exclama Draco en se redressa, s'asseyant sur les fesses saillantes d'Harry.
Quand Harry reparti de plus belle en sanglots, Draco comprit qu'il ne l'écoutait pas. Réfléchissant à ce qu'il allait pouvoir faire, une idée lumineuse – et génialissime – lui vint à l'esprit. Tapant du poing dans sa paume ouverte, tel un vieux cartoon, il sauta du lit.
- Je reviens ! Cria-t-il avant de se précipiter hors de la salle.
- Elle m'aime pas, gémit Harry.
Il replongea le nez droit dans les couvertures pour continuer de pleurer. Il était tellement triste qu'il s'en fichait bien des allers-retours de Draco. Il se fichait même complètement que Draco soit là tout court. Il voulait juste rester là et mourir de dessèchement.
Quelques minutes plus tard, Draco fit à nouveau irruption dans la chambre. Il s'était hâté et transpirait à grosses gouttes. Essuyant son front ruisselant de sa manche, il retourna près d'Harry, un grand sourire aux lèvres.
- Je t'ai ramené quelque chose pour aller mieux ! Dit-il, joyeux.
- Yeu eu as, répondit la voix d'Harry.
Comme Draco n'avait rien compris à ce qu'il baragouinait, il décida de l'ignorer. De toute façon, il était bien décidé à se saisir de l'occasion. Harry Potter allait être à lui ! Se frottant les mains en imaginant la suite des événement, Draco ne tarda pas plus à ouvrir sa boite en envoyant voler le couvercle. Il ne servirait à rien de toute façon, s'il donnait lui-même le contenu à Harry, pas besoin de petits mots. Dommage quand même, il avait passé six nuits à écrire ces quelques mots.
- Tiens, proposa Draco. Avec ça, c'est sûr que tu vas aller mieux !
Harry lui répondit à nouveau quelque chose d'incompréhensible et Draco commença doucement à se vexer. Il fallait trouver un subterfuge. Oh ! Idée !
- C'est un remède magique !
Tournant le visage vers lui, Harry renifla fort et vit une boule brune à travers ses larmes.
- C'est quoi ? Demanda-t-il.
- Du chocolat.
S'emparant du morceau, Harry le goba tout rond. Il était trop déprimé pour se méfier de quoi que ce soit, de toute façon. Le premier était bon, alors, tâtonna sur le couvre-lit, il trouva la boite et s'empiffra de ces chocolats que Draco lui offrait avec bonne grâce. Souriant, Draco essaya de ne pas paraître trop heureux et encouragea Harry à continuer de manger en lui caressant les cheveux.
- C'est bien. Mange encore.
Il fallait qu'il finisse tout, et, au pire, il en avait encore pleins dans sa chambre.
- Y'en a plus, constata Harry en se remettant à pleurer.
- Je vais en chercher !
Se hâtant de quitter la pièce, Draco dévala tous les couloirs du château jusqu'aux cachots.
- Qu'est-ce qui t'arrives ? S'étonna Blaise en le voyant aussi excité.
- J'ai pas le temps ! Répondit Draco. Je vais me marier !
Sous les yeux ébahis de son meilleur ami, il reparti, les bras chargés d'une pile plus haute que lui de boites mystérieuses aux couleurs étranges. Pourquoi Draco gardait des boites roses et rouges ? Ne voulant pas savoir, Blaise haussa les épaules et réentreprit de couper ses ongles de pieds.
- Je suis là mon amour ! Annonça Draco en arrivant.
Harry s'était redressé pour s'asseoir sur le lit. Il ne pleurait plus, et c'était tant mieux, parce qu'avec ses lunettes, ses yeux étaient si gonflés qu'ils ressemblaient à des balles de tennis.
- Tiens !
Lâchant son fardeau sur le lit, Draco fit un sourire fier. Harry renifla doucement en attrapant la première boite qu'il ouvrit sans plus de cérémonie pour recommencer à s'empiffrer de chocolat. Des chocolats à l'Amortentia spécialement préparés pour lui.
*Pour la petite histoire, Lituya est une baie en Alaska où s'est produit en 1958 le plus haut tsunami jamais enregistré avec une vague de plus de 500m de haut.
Je vous poste l'épilogue de ce pas (eh oui, déjà)
