Désolée pour la légère attente ! Et je suis aussi désolée pour toutes les ellipses auxquelles vous allez avoir le droit dans ce chapitre...
La bonne nouvelle, c'est qu'on a fini la partie un peu plate de cette histoire (enfin, de mon point de vue) et que la suite sera bien plus intéressante à réécrire et donc plus rapide à faire.
Enfin, j'espère. On croise les doigts.
Bonne lecture et merci à tout ceux qui laisseront une review !
Bien sûr, Dumbledore avait pensé à leur confier Harry. Cependant, la situation n'avait pas laissé d'autres possibilités. Draco était la seule personne, en dehors du professeur Rogue et de Dumbledore lui-même, qui aurait pu prendre Harry en charge directement après sa transformation.
Réajustant ses lunettes, le directeur reconsidéra la question pendant que les deux Gryffondor patientaient. Il était vrai qu'ils étaient les meilleurs amis d'Harry, et ils faisaient partie de la même maison. Hermione représentait également une présence féminine qui pourrait se révéler utile dans certaines situations. Seulement, Severus venait de lui son rapport et l'avait informé que la jeune Miss Cho Chang était parvenue, sans effort, à établir un lien avec le petit garçon plus tôt dans la journée, ainsi que le fait qu'il semblait parfaitement heureux et à l'aise avec Draco. Selon les dires de Severus, Draco avait réussi à créer un cadre de vie qui lui réussissait. Un environnement dans lequel Harry se sentait en sécurité et en confiance.
Dumbledore se réinstalla correctement dans son fauteuil et se pencha suffisamment pour s'appuyer sur son bureau.
- Sachez que j'ai longuement étudié la question, reprit-il. Et tout ce qui m'importe, c'est qu'Harry soit en sécurité. C'est pour cela qu'il restera sous la garde de Monsieur Malfoy et du professeur Rogue.
Un cri indigné s'échappa de la gorge de Ron, tandis qu'Hermione plaça sa main devant lui. Signe qu'elle se chargeait de la suite.
- Vous ne pouvez pas le laisser là-bas ! Professeur ! Avec tout le respect que je vous dois, c'est la décision la plus stupide qui soit.
- Miss Granger, répondit calmement Dumbledore, il semble que vous n'ayez pas prêter attention à l'attitude d'Harry. Il s'est parfaitement bien accommodé à Monsieur Malfoy, ainsi qu'au professeur Rogue. Il serait stupide, comme vous le dîtes, de le bousculer. Pensez-vous à ce qui se passerait, si nous arrachons Harry aux maigres repères qu'il a pu trouver ?
- Il s'en portera bien mieux ! J'en suis certaine ! Insista Hermione. Malfoy est un poison pour lui. C'est lui qui lui a fait ça et vous le savez, vous aussi. Combien de temps il lui faudra pour le livrer à Vous-Savez-Qui ?
- Les accusations que vous portez sur votre camarade sont inadmissibles, trancha Dumbledore d'un ton sec. Je vous donne une chance de retirer vos paroles avant que je ne sois dans l'obligation de vous sanctionner. Et je me porte personnellement garant de la bonne foi de Monsieur Malfoy.
Bouillant de l'intérieur, mais sachant qu'elle avait dépassé les limites, Hermione s'excusa pour ce qu'elle avait dit, non sans continuer de le penser.
Accompagnée de Ron, elle sortie du bureau avec l'irrésistible envie de faire exploser quelque chose. Sa rage la poussait à marcher si vite que Ron avait du mal à suivre, même s'il était tout aussi furieux.
- C'était une plaisanterie, rassure-moi ! Explosa-t-il finalement en atteignant le couloir désert menant à leur salle commune. Il ne peut pas être sérieux !
- Visiblement, si ! Je suis certaine que ce sale arrogant est derrière tout ça. Mais je vois mal Dumbledore se laisser ensorceler par ce sorcier de pacotille.
- Peut-être pas Malfoy, mais Rogue aurait pu. C'est un vicieux, ce type.
- Mais c'est un membre de l'Ordre, rappela Hermione.
- Et alors ? Il joue bien les espions pour Voldemort ! Ça ne t'effleure pas l'esprit, à toi, qu'il puisse en fait nous espionner, nous ?
- Tu crois qu'il jouerait un double-jeu ? Demanda Hermione, s'arrêtant brusquement pour se tourner face à son ami.
- En tout cas, ça ne m'étonnerait même pas.
Hermione le regarda franchir de tableau de la Grosse Dame en y réfléchissant. Ce n'était pas si bête que ça en avait l'air.
Le lendemain matin, après le petit-déjeuner, Draco s'était adossé au mur, hors de la grande salle, et attendait, bras croisés sur sa poitrine. Granger et Weasley lui fichaient une paix royale qu'il trouvait louche, mais il ne s'en préoccupa pas. Il continuait simplement sa longue attente. Lorsqu'une chevelure noire de jais se balança au vent, au même rythme que ses hanches, Draco se redressa. Il devait quand même bien avouer que cette fille, bien qu'il n'éprouvait aucuns bons sentiments envers elle, était foutrement jolie.
- Chang ! Héla-t-il en grimpant les marches deux à deux pour la rejoindre.
La jeune Serdaigle se figea et échangea un regard avec ses deux amies. Toutes trois trouvaient vraiment étranges, et assez dérangeant, que Malfoy l'interpelle.
- Tu veux qu'on reste ? Souffla l'une d'elle.
- Non. Je devrais pouvoir m'en sortir seule. Dites au professeure Trelawney que je serais en retard.
- Compte sur nous, promis la deuxième en tirant son amie par la manche, pressée de s'en aller, jetant quand même quelques coups d'œil par-dessus son épaule.
Cho serra légèrement les poings et pris une grande bouffée d'air pour se donner du courage. Lentement, elle expira par ses lèvres entrouvertes et fit volte-face pile au moment où Malfoy se planta devant elle, plongeant son regard dans le sien.
- Qu'est-ce que tu veux, Malfoy ? Demanda-t-elle en essayant de garder contenance malgré les tremblements qui la rongeaient.
- Tu t'es mis Harry dans la poche, pas vrai ?
Choquée qu'il aborde le sujet d'Harry et pas une quelconque raillerie, Cho resta muette pendant de longues secondes, le visage figé dans une expression de surprise.
- Alors ? Pressa Draco.
- Euh, oui. Enfin, je crois… Pourquoi ? T'es jaloux ? Je ne vais pas tu le piquer tu sais ! Quand je l'ai embrassé ce soir-là, c'était surtout parce que… Je ne sais même pas, en fait, avoua Cho d'une petite voix en baissant les yeux, une vague de tristesse s'emparant d'elle. Cedric me manquait. Il me manque toujours…
- Écoute, répondit Draco en se passant une main dans les cheveux, embarrassé par ces soudaines révélations. Je sais qu'il ne se passera plus rien entre vous et je comprends ce que tu peux ressentir. Harry me manque aussi, même si je le vois tous les jours.
- Oublions ça, souffla Cho en balançant sa main devant son visage. Pourquoi tu es venu me voir ? Tu ne vas pas me proposer de ton devenir ton amie, si ?
- Grand Dieu, non ! Ne le prends pas mal, ajouta-t-il du tac au tac. Je sais qu'en tant que septième année, tu as tes après-midis de libres pour réviser tes ASPIC et je voulais te demander un service.
- Lequel ?
- Tu accepterais de garder Harry ? J'ai cours et je suis obligé de le laisser au professeur Rogue, mais à son âge, faire une journée complète sans dormir, c'est intenable.
- Donc si je comprends bien, tu me demandes d'être sa baby-sitter ?
- Si on veut.
Pour la première fois depuis qu'elle avec croisé son regard de petit con arrogant, Cho fut surprise de le voir baissé sa garde et montrer une partie du vrai lui. Est-ce qu'Harry connaissait cette facette de Malfoy ? Est-ce que c'était pour ça qu'il était tombé amoureux de lui ? Cho connaissait suffisamment Harry pour savoir qu'il ne serait jamais tombé amoureux d'un type comme celui que Malfoy prétendait être. Après tout, il l'avait longtemps détesté.
- D'accord, lâcha-t-elle après un long silence. Je veux bien m'occuper de lui, répéta-t-elle devant le regard surpris de Malfoy. Je peux travailler dans ta chambre autant qu'à la bibliothèque et ce sera sûrement plus confortable. Peut-être plus bruyant, mais bon.
- Merci, Chang. Vraiment. Soit consciente que je ne t'aurais jamais demandé ça si je n'avais pas un minimum confiance en toi.
- Appelle-moi par mon prénom, tu veux ? Et je sais que tu détestes toujours autant Ron et Hermione.
- Je les déteste parce que Weasley ne sait même plus ce que veux dire être un vrai sorcier et Granger a la fâcheuse manie de vouloir être le centre de toute l'attention.
- Parce que toi, non ? Se moqua ouvertement Cho en ricanant.
- Aussi étrange que ça puisse paraître, non, répondit sincèrement Draco en prenant la direction de la salle de divination. Continuons sur le chemin. Ce serait fâcheux que tu rates l'intégralité de ton cours.
Cho le regarda faire avant de se dire qu'elle n'avait rien à perdre. Au pire, ils se taperaient un peu dessus. Elle le rejoignit donc en deux enjambées et marcha dans le couloir à ses côtés.
- Tu oses prétendre que le grand Draco Malfoy se fiche de l'attention qu'on lui porte ? Repris Cho.
- Laisse-moi te poser une autre question. Penses-tu qu'on me prête attention parce que je suis Draco Malfoy ou parce que je suis moi ?
- Mais tu es toi et tu es Draco Malfoy.
- Tu as très bien compris où je voulais en venir. Ne te fais pas plus bête que tu n'es, Cho.
La Serdaigle soupira et lui lança un regard désapprobateur pour l'intonation qu'il avait utilisé en prononçant son prénom.
- Très bien, si tu veux. Je dirais…
Elle s'arrêta et se mordilla le coin des lèvres, ne sachant trop comment continuer.
- Tu viens de le comprendre. Si les gens s'intéressent à moi, c'est à cause de mon nom et pas pour qui je suis. La seule personne dont je veuille être le centre de l'attention, c'est Harry. Même si je sais que je ne m'y suis pas pris de la bonne manière, soupira-t-il.
- Non, confirma Cho. Vraiment pas.
- Parce que tu en sais quelque chose, peut-être ?
Cho offrit un sourire plein de sous-entendu à Draco et monta les escaliers comme une flèche.
- Hey ! S'écria Draco depuis le bas des marches. N'oublie pas, pour cet après-midi !
- Mais non !
L'adolescent entendit son ricanement rebondir sur les murs jusqu'à ce qu'il s'évanouisse, purement et simplement. Draco soupira et se passa une main dans les cheveux. Il ne comprendrait jamais les filles !
Après une journée éprouvante, Draco passa la porte de sa chambre en grognant. Pansy n'avait pas cessé de râler une seule seconde, lui rabâchant que s'occuper d'Harry n'était pas une bonne idée. Assise par terre, contre le canapé, Cho travaillait sur la table basse. Elle était entourée de livres et griffonnait sans relâche sur son parchemin. Draco se laissa tomber sur l'un des fauteuils et l'observa.
- Pas trop dur l'après-midi ?
La jeune femme sursauta et en fit tomber son encrier. Elle attrapa immédiatement sa baguette pour tout remettre en ordre.
- Tu ne peux pas t'annoncer ? S'agaça-t-elle, réprimandant son camarade.
- Je suis dans ma chambre, je te rappelle. Où est Harry ?
- Il dort, indiqua Cho en montrant le petit lit, dont les rideaux étaient tirés. Ça n'a pas été très dur de le coucher, je ne vois vraiment pas de quoi tu te plains.
Son petit sourire moqueur mis l'égo de l'adolescent à mal. Il claqua sa langue contre son palais et tourna la tête vers le lit. Au moins, Harry dormait et c'était une bonne nouvelle. S'il n'avait pas été couché récemment, et vu l'heure, il ne devrait pas tarder à se réveiller. L'observant remplir son parchemin, Draco vit Cho s'arrêté en plein milieu d'une phrase. Après de longues secondes où il ne se passa rien, elle finalisa sa phrase et posa soigneusement sa plume.
- Tu sais, j'ai discuté avec Harry aujourd'hui, dit-elle en ramenant ses jambes contre sa poitrine.
- Et donc ?
- Ce sont les paroles d'un enfant de quatre ans, mais c'est beaucoup plus révélateur qu'on peut le penser.
Tournant le visage vers Draco, Cho plongea son regard dans le sien et lui sourit.
- Il se sent bien avec toi. Ça se voit qu'il est heureux. Et puis, vu comment tu le gâtes, ce n'est pas dur de te faire aimer d'un enfant, se moqua-t-elle.
- Pour être honnête, j'essaie de me rattraper.
- De te rattraper ? Répéta Cho, sourcils froncés.
- Est-ce que tu as parlé à Harry récemment ? Demanda Draco. Au Harry de seize ans, je veux dire.
D'abord surprise par la question, Cho prit le temps de réfléchir sérieusement. À quand remontait la dernière fois qu'elle avait discuté avec Harry ? Même elle ne s'en souvenait pas. Était-ce elle qui n'avait pas pris le temps de parler avec lui, ou autre chose ?
- Je ne sais pas, avoua Cho d'une petite voix en resserrant ses bras autour de ses jambes. Ça me paraît horrible maintenant que je le réalise. C'est mon ami pourtant !
Voir la tristesse et la culpabilité passer dans son regard peina Draco. Il n'avait lui-même jamais pris le temps d'apprendre à la connaître. Harry lui parlait d'elle, au début.
- Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça, déclara Draco en lui accordant un bref sourire avant de tourner la tête vers la voiture. Plus personne ne faisait réellement attention à Harry. Pas même moi. Je l'ai vite pris comme acquis et on passait plus de temps à se disputer qu'autre chose.
Draco fit une pause, pour être sûr qu'il voulait bien prononcer les mots qui suivirent.
- Si tu gardes tout pour toi, je veux bien t'en parler.
- Tu n'es pas obligé. Mais Harry est plus qu'un ami. Peu importe ce que tu me dis, ça restera entre nous.
Cho vit Draco poser sa joue contre sa paume, réfléchissant sûrement à ce qu'il allait dire. Ou pour savoir par où il allait commencer. Il prit une légère inspiration et sa langue se délia.
- Disons qu'à cause des sentiments et des envies que j'avais, je ne comprenais pas pourquoi Harry refusait obstinément de franchir l'étape supérieur. En fait, non. Je ne voulais pas comprendre et je n'ai pas non plus chercher à le comprendre, lui. Je ne sais toujours pas pourquoi il ne voulait pas, mais, quand il sera redevenu lui-même, j'espère qu'il me laissera une chance de me rattraper.
Ne pipant mot, la Serdaigle resta assise à regarder le visage de Draco changer. Jamais elle ne l'aurait cru si attaché à Harry. Tout le monde parlait de leur couple sans les connaître réellement, finalement.
- Ce soir-là, Harry a essayé de se tuer. Redevenir un enfant, c'était un accident, révéla Draco. J'étais avec lui. On se disputait. Quand je l'ai vu avaler ce truc et s'écrouler la seconde d'après, j'ai eu tellement peur.
Draco faisait son possible pour contrôler ses émotions. Pour ne pas laisser sa voix trembler ou les larmes mouiller ses yeux. S'il se mettait à pleurer, sa réputation allait en prendre un coup. Cho, elle, ne se souciait pas de ça. Elle avait plaqué sa main sur sa bouche pour retenir un gémissement et sa vue s'était brouillée aussi vite que lors de la dernière tâche du Tournois des Trois Sorciers.
- C'est après ça, quand j'ai voulu trouver une explication à son geste que j'ai compris que tout le monde se fichait de lui. Ce vieux connard de Dumbledore fait pression sur lui depuis qu'il a onze ans pour qu'il tue Voldemort. Un sorcier puissant, cruel et manipulateur. Comment on peut demander un truc pareil à un gamin de notre âge ? Tout le monde trouve ça normal, parce que c'est l'élu. Et le pire, c'est que je le pensais aussi. Je me suis demandé à quand remontait la dernière fois que quelqu'un était allé lui parler pour demander s'il avait trouvé le cours compliqué, s'il avait passé une bonne journée. Tout le monde lui dit à longueur de journée que c'est un héros, leur idole. Ils l'encouragent, lui confient leurs peurs, leurs appréhensions, leurs espoirs, sans même savoir si Harry en a envie. S'il a son mot à dire dans cette histoire. Si lui aussi a peur. Même Weasley et Granger s'en foutent et ils se disent ses meilleurs amis. Elle, elle passe son temps à l'engueuler parce qu'il n'est pas assez sérieux et lui, c'est un trouillard qui rêve juste d'être aussi adulé que lui. Le plus cruel, dans la vie d'Harry, ce n'est pas son soi-disant destin face à Tu-Sais-Qui, c'est son présent entouré d'hypocrite et de profiteurs.
Cho essuya discrètement la larme qui roulait sur sa joue avec sa manche.
- Je n'avais jamais vu les choses comme ça, souffla-t-elle d'une petite voix, les yeux rivés sur ses pieds pour ne pas montrer qu'elle pleurait presque. Mais tu as raison. Tu as entièrement raison. Je fais partie de ceux qui se dire son amie et je n'ai pas essayé de regarder le garçon derrière l'élu. Je me souviens qu'à l'époque où il avait commencé à s'intéresser à moi, j'étais flattée d'être assez bien pour Harry Potter. Alors qu'en fait, c'était juste un garçon comme les autres. Je me sens horrible…
- D'aco.
Sortis de leur conversation par la petite voix d'Harry, Draco se tourna vers lui et, avec un sourire, lui tendit les bras.
- Salut bonhomme.
Souriant malgré son réveil difficile, Harry s'approcha de lui et se laissa porter pour être confortablement installé sur ses jambes. Le serrant dans ses bras, Draco déposa un baiser dans ses cheveux.
- Cho t'a fait faire la sieste ?
- Oui, répondit doucement Harry en baillant.
- Tu as bien dormi ?
Harry hocha la tête. S'approchant sans se lever pour autant, Cho attira son attention et lui fit un sourire. Content qu'elle soit toujours là, le garçonnet s'illumina d'un coup et lui fit coucou de la main.
- Tiens, petit chat, souffla-t-elle en lui tendant un bonbon au chocolat.
Les yeux ronds de surprise et de joie, Harry leva le nez vers Draco pour lui demander la permission.
- Oui, tu as le droit. Mais seulement un, après on va manger.
Dévoilant toutes ses dents, Harry s'empara du bonbon et batailla avec l'emballage jusqu'à pouvoir l'en sortir.
- T'adores ça pas vrai ? S'amusa Cho en chatouillant la plante de son petit pied nu.
Pris d'un fou rire, Harry commença à s'agiter dans tous les sens, se collant un peu plus à Draco. Voir Harry et Cho interagir ensemble pour la première fois était non seulement amusant pour Draco mais aussi réconfortant, d'une certaine façon. Il se sentait moins minable de laisser Harry et plus rassurer de savoir que Cho s'occupait bien de lui.
Quelques semaines plus tard, alors qu'une routine s'installait, la neige se fit plus dense et recouvrit bientôt tout l'horizon d'une épaisse couche blanche. Les températures étaient de plus en plus basses, mais loin de s'en plaindre, tout le monde se réjouissait de l'approche de Noël. Et Draco avait été persuadé qu'Harry serait la personne la plus excitée de tout le château. Mais, comme à peu près tout ce qui concernait le Harry de quatre ans, chaque fois que Draco était sûr de quelque chose, ça s'avérait totalement faux.
Installé à une table de la bibliothèque et profitant d'une heure de pause, Draco regardait la neige tomber en masse à travers une grande fenêtre. Il attendait que Cho, installée face à lui et partie chercher un livre dont elle avait besoin, revienne. Quand il vit, du coin de l'œil, une silhouette approchée, il pensa à Cho mais eu la surprise de tomber sur Neville.
- Qu'est-ce que tu veux Londubat ? Demanda froidement Draco, n'aimant pas la façon dont le garçon le fixait.
- Je… Je voulais te dire que je vais donner un coup de main aux professeurs Rogue, Slughorn et Chourave pour faire redevenir Harry comme avant, balbutia Neville. Je préférais que tu l'apprennes de moi plutôt que de quelqu'un d'autre.
- Toi ? S'étonna Draco.
- Neville est un véritable passionné de botanique ! Répondit Cho derrière le concerné.
Elle se réinstalla à sa place.
- Il s'y connait autant en plantes que Chourave. Peut-être même plus ! C'est vraiment impressionnant.
- Je ne savais pas que tu étais capable de te servir de tes dix doigts, Londubat, tu m'étonnes. Mais pourquoi vouloir faire ça ? Personne ne t'a rien demander, à ce que je sache.
- Harry est mon ami et je veux pouvoir me rendre utile. Je lui bien ça.
- Comme tu veux, soupira Draco en haussant les épaules.
Comprenant que sa présence était à présent futile, Neville fit un signe de la main à Cho et disparut dans l'une des allées de la bibliothèque. Le professeur Rogue l'y avait envoyé pour trouver un livre.
- À quoi tu penses ? Demanda Cho en parcourant le sommaire.
L'observant, Draco prit conscience de la grande aide qu'elle lui avait apporté depuis quelques semaines. Peut-être qu'encore une fois, elle pourrait l'aider.
- C'est Harry.
- Un problème ? S'inquiéta tout de suite la jeune femme.
- Il déprime. À cause de Noël.
- Il n'aime pas Noël ? C'est pourtant la fête que tous les enfants adorent ! S'exclama-t-elle.
- Si tu veux mon avis, ce n'est pas qu'il n'aime pas. C'est même tout le contraire.
- Tu m'as perdue… Tu m'expliques ?
Draco prit une longue inspiration tout en réfléchissant. Il n'était lui-même pas très sûr de sa théorie alors est-ce que ça valait vraiment la peine d'embêter quelqu'un d'autres avec ses hypothèses ?
- Sa famille moldue était du genre vicieuse, dit-il. Harry doit s'attendre à ce Noël se passe comme les précédents. Qu'il y ait toute une masse de cadeaux sous le sapin, mais aucuns pour lui. Que tous les paquets et les jouets soient pour son cousin.
Cho fronça les sourcils. Elle avait d'abord voulu extérioriser sa colère d'entendre qu'un enfant avait été traité de la sorte, et puis quelque chose l'en avait empêché. Il y avait quelque chose d'étrange dans ce que Draco venait de lui dire.
- Comment est-ce tu sais tout ça ? Je ne suis pas sûre qu'Harry ait pu t'expliquer ça.
Draco se traita d'idiot. À part Severus, personne n'était au courant de ce qu'il avait fait, et il venait de se trahir tout seul. Passant une main dans ses cheveux, en se disant que, de toute façon, c'était trop tard pour esquiver la conversation ou inventer un mensonge, il décida de tout avouer à Cho.
- Quand Harry s'est réveillé, après sa transformation, il était terrorisé et par la force des choses, j'ai fini par utiliser la legilimancie sur lui.
- Mais t'es malade ! S'écria Cho avant de se faire sévèrement réprimander par Madame Pince.
S'excusant plus que nécessaire, elle se pencha sur la table quand la bibliothécaire une fois qu'ils furent à nouveau seul.
- Il a quatre ans ! S'énerva-t-elle à voix basse.
- Sans blague ? Répondit Draco avec son petit ton qui donnait envie à n'importe qui de le frapper au visage. Me juges pas alors que t'étais pas là. Si tu avais assisté à toute la scène, tu aurais compris. Et tu aurais probablement fait la même chose à ma place.
Elle attendit que Draco s'agace suffisamment pour lui livrer de plus amples explications. Quand elle eut une bonne partie des cartes en mains, elle s'avoua vaincue. Peut-être bien, qu'effectivement, elle aurait agi de la même façon que Draco si ça avait été dans l'intérêt d'Harry. Pour ne pas entrer dans une dispute inutile et dangereuse, parce qu'après tout, elle ne démordait pas du fait qu'Harry était trop petit pour subir un tel sortilège, Cho se réfugia dans ses révisions et Draco en fit de même.
À l'heure du dîner, alors que Draco se rendait dans la grande salle accompagné d'Harry, Cho les interpella juste avant qu'ils ne franchissent les portes. Se précipitant vers eux, elle se posta devant Draco et commença par s'excuser de les avoir pris de court.
- J'ai réfléchi à ce que tu m'as dit tout à l'heure.
- Quelle partie ? Demanda Draco, sachant très bien à quoi elle faisait référence.
- La première.
Jetant un regard vers Harry, elle se dit qu'elle ne voulait pas qu'il ne les entende et elle se pencha à l'oreille de Draco pour lui faire part de ses réflexions.
- On pourrait organiser une fête de Noël au château. Juste toi et moi avec Harry. Et lui offrir des cadeaux. J'aimerais lui faire aimer Noël, avoua Cho juste avant de se reculer pour voir l'expression de Draco.
- Ce n'est pas une mauvaise idée. Mais ça nous obligerait à rester ici pour les vacances.
- Parce que tu comptais rentrer chez toi ?
- Pas vraiment, non, soupira Draco.
- Ma famille comprendra que je veuille rester et travailler. S'il te plaît, dit oui, supplia Cho, mains jointes.
- Je vais y réfléchir, promis Draco à demi-mot.
Souriante, Cho fit un rapide bisou à Harry et rejoignit ses amies à la table des Serdaigle. Levant les yeux vers son ami, Harry était curieux de savoir ce qui venait de se passer. Pourtant, ayant bien compris que Cho voulait en faire une surprise, et ne souhaitant pas la trahir, Draco se contenta de lui offrir un sourire et de l'emmener manger.
