Se met en position de dogeza.
Reste prostrée dans cette position pendant longtemps.
Très longtemps…
Que puis-je dire ?
Que puis-je dire qui n'est pas déjà été dit durant mes dernières publications ?
Que puis-je dire d'autre ?
Qui soit une raison suffisante pour cette attente de presque trois ans ?
Je suis désolée. Je suis extrêmement désolée.
Je sais ces mots ne vous rassureront certainement pas, ni ne suffiront à calmer votre frustration, voire colère pour cette fic que vous pensez tous oubliée, ou alors votre excitation de revoir un nouveau chapitre. Certains, peut-être même tous, ne liront pas ces mots, parce que vous irez tout de suite au début du chapitre pour connaître la suite de cette fic. Certains peut-être auront certainement décroché totalement de cette fiction (ce que je comprend parfaitement et ne pourrai m'en prendre qu'à moi-même) certains encore seront peut-être sur d'autre fandom. Je ne vous jetterai pas la pierre. J'ai moi-même pas mal décroché de KHR et je me suis pas mal tournée depuis plus de deux ans sur le fandom de TLOZ et avec la sortie du dernier jeu TOTK, revenir sur KHR est un peu compliqué.
J'ai pas mal galéré à coucher ce chapitre sur mon ordi, malgré que je connaissais ce qui allait se passer grosso modo. J'ai atteint une sorte de blocage qui m'a fait arrêter d'écrire pendant au moins un an.
Mais je ne veux pas me donner d'excuse. Je prend complètement mes responsabilités et j'espère franchement que ce chapitre sera à votre goût.
normal : italien
italique : japonais.
Gras: voix désincarnée
Warning : Quelques injures et paroles peu... aimables... carrément meurtrières, on peut le dire, d'un certain Verredicci.
Les personnages, leurs talents et le monde de Reborn ne m'appartiennent pas, mais appartiennent à Akira Amano. Je ne suis qu'une pauvre fan qui défait son travail acharné pour le mettre à mon goût. Et encore je m'inspire aussi des fics que je lis pour écrire cette présente. Du coup qu'est-ce qui est à moi réellement ? La mise en texte, je suppose... Ah et mon imagination et ce même si elle prend son temps pour être mise sur papier ou sur un écran ^^'
Je voudrais remercier les personnes qui ont laissé une review durant ces dernières années, même si certaines semblaient désespérées, voir abattues de ne pas avoir de nouvelles. J'espère franchement que vous me croirez si je dis que ces reviews m'ont pas mal aidée à reprendre en main le chapitre ! Merci donc à : HarukaN, Yuki4869 aka Maja, Heyli13, yoh-nee, Hydrabell-chou, Asuna-imagine, Akane, LVMG78, Guest, Elie Shirley Cartegena Menendez, Aria Tachibana (x2), estelle595, Felicia Vardya, tahury, Alycia Panther, tsuukuun et Alaska.
Merci également à fanais, aranley, addaline, Reima-chan, Minimiste, Fiane-Fiamma, Dixia, Himutsu-chan, Hebihime, Zeyra K, Tomokachan76, anastasia172, Lecfan, Izanami97, Alycia Panther, Yuki-Jiji, fuonhicali, Anonimo XD, mary6987, lupine13, manga-fic-love-sissi, amelieprosper, Akayui, lulue79, Tiffou, amiedu13, , Luce Li, Walarisse, Kyara17, Ekana, neko-chan L, neko-chan200, sacheliane, Caliste, yukixvongola, charlesdoudou, Riddikuluss, Mia Ako-nee, Elrika, Loucat, Sacha Tsukiya, PetitCrapaudBaveux, Minami12, inukag9, Audragon, ao no oni, Blihioma, tahury, Hikari0005, , ninolola, , Naidja, Llamas del Cielo, Ms Akabane, Noxerea, Marou83, Akuma-no-Kitsune, SinaKalissa, Nahel, tisha2803, jilie084, jevierita, Kyona-sama, Rebornx3, TheLadySoul, hiey, HarukaN, misa2, belkeirmed, Naelye, MissSexyBaby, Nama2902, Bottled Memories, history, Akuuma Tsukeshine, JuriiGothic, melamariannie, Darkounette, Cristalya, Dollwing, tsuukuun, Mimi et Neko, 444dodo444, Anlovi, Tsubaki-chan99, Sharo-chan, Natsume1111, Yaml, Sylcian Sph Legacy, yukiko-yu, Reizen. , Nunu c moi, erikadu19, Miss Green Rabbit, Ellewyl, meads, giannesky2305, freddyman, shinomena, Alexandra919, Parax et Gwenaelle7, tamarahc, tenshihouou, ShawolY, La Banshee Blihioma, Akashi-chan, Sealunis, Dayvis D. Pumpkin's Luys, manon.a.6, YamInari, Ondie-Yoko, kuroyukihime28, manga-fic-love-sissi, Denshitoakuma, yaoi-chan-poowa, missymanga, Complicate, Kikuue, avion en papier, maiko59, Aube Crepusculaire, Rikka Yomi, TheDevilOn, Kuroko23, alyss au pays de l'abyss, Psycho67, 3004, Wispers-Write, Olympe2, LOORELAI3, Balzud Anna-chan17, nekoko50, Guargante, Syt the Evil Angel, tsuni182718, Abana Shale, roxiyaoi, soratomoyo-chan, Heyli13, wellona, Mihide, .n, Lady Ree, Whintney, Yuuri81, Astropia, BloupBloup, misakiayumu, Akira Makkuro, wellona, valentin01988, Yumebaka, Lehna Black Amber, Sephra, Mangetsuko, Aliana lougia, Tsuki Sawada Hibari, 24Irinia, Elwenfeyn, Daidaiiro30, Chimamire no hebi, Lynnah O'Crazy, Anna27tsu, Zeneida262, chloedangelo84, Cassandre Potter, Princessefic, Kuromy RokuIchiku, Kinimitsu Kyoko, AdictaMoon, ryoma0310yugi, ellenvanlilie, testarossalea, NaomiDiPiuma, Alfader, Unknown by everyone, emimiecrazy, Revaan, megumi59, carolima777, Bachii, Byakan, kuro sora wa, himechu95670, Who known me, onedream54, Lei-An Natsume honeywitch, Nom-Provisoir, Naxxya, Kuro. , Deldom, Barukku-sama, Ombre-sama, Martinie Simon, ealine, mangas281, Yushiroko, Kuroko-SenPaille, Deponia, La mangeuse de livre, yoh-nee, vgfgf, Fricat P, larounette, clopidu49, la folie et je vais t'attraper, Kuurogi, himehimi, XIII-Van, Yuki manga, Seiya288, arala87, azerty73, Yanncat9853, Mizu Fullbuster, Amnesia Riku, IceMagnolia, Bokasuka, MikoSei'-San, angicat, Megdelfia, Shoto31, , EternityDream, Kyouya-Gaobu, LOVEMANGAANDDRARRY, katakumine, griffontard, Shin no panda, AkiHime20, Luciane Fernandes, Haku132, Kurikaa, Yuukitsune, raysuka, , marjo1607, Just-Sky, Amber Woods, SenseiFujuki, Coton-de-Loup, kyona-saye, Linola, Kiriho, keina1808, Koyukii-chan, Nobuca, La mangeuse de livre, Mliaa, Annoying Sublime Flower, Claraseth, Susukara, Oshurei, Nadeshiko666, Tsuki Banritt, Enelica, Walarisse, Lokasena, Judy1997, Cynthia Dossat, Lyraneko, Lilia Cristal Ramos, Hikari0005, prigentenora, DarkMoonOfShadow, Yuiu, tsuna1610, mangamanie, angel-944, Fannonyme, FionaTouki, akaisafire137, Mlo78, Solane Helsalrogo, Sora and Roxas, Ches134, , .1996, mahon5971, FunestiNoctu121, Aqualyne, Selena Psycho, Yuki4869 aka Maja, Sasam Moon, Blakotaku, lobalunallena, hneen898, Cosmos Asma, Plume d'Akusa, Minihold, La-flemmance, jukiji, neko-chan pathique, Tsukiyo-chan, sarayberrios2003, Malami-chan, Eve Cross, LyraAraBlack, miko-chan27, Sylosse, Asunaforever3, Cosmos Asma, Manon Hells, Idoray, yoesasu, KokyuShiro Aoi, Aiiwa, Zanna-san, LyraGates, Lesmeal, Assenavira, DaPowaOfNeo, , rokamostafa232, benidounia, myzukiwa4, SoraXanxus, Mimi-971, Malika-Iblis, Elie Shirley Cartagena Menendez, ukis0330, 20, Chiyukisa, rina90, Yuki4869 aka Maja, , ShayLyss, arieslucie46, Thuner-DEath, hyuugamisoranaomi, MonLivreOuvert, ChuLian, shirleyvanessak, lilylys, Minarukurosaki, AkiyaLucia, Aria Tachibana, DragonShadow9632468, meloox, gredetforgeweasley, Dark Ry' 1998, arisaonoda84, Wolfly2404, ame197, , Kiiri no Akuma, clopidu49, CHOCOBIN, Whintney, galla, akira375, losie2004, Brume31, sajOoOjah, hoshi-shadow, Hb Mmm, Anutkin, Juliantje, Farane, Amnesia Riku, Farlouch, Satsuki.123, jeidokie23, BlackPhoenix'sBlue, GraceNunez910, Petra-Ramos, angelanime211,kaina2014, KiaraLunaClara064, Fiona Defente, Ellenmenel, Lylias Caldin, akira2121, bilin, Irazu Dahamphair, estelle595, ealine51, yuki-ji19, alypetitpanda ,Luna Weasley Black, Jiminie-chou, Fiona Touki, Sasha Di Vongola, mikey-draken-takenichi-yaoi, Kuroe17, KAtherina57383, PhenixIndigo, ScaarMoon, Mi'Night, Shrinuh, gfjhhhgc3370, Judy1997, Lullaby MJS, akanemikan605, MikuShi, Junisoka et Sagittarius no Melodia pour avoir mis en favoris ou suivre cette fic !
Réponses aux reviews anonymes :
Asuna-Imagine :Merci pour la review ! En voilà un autre du coup ! Attends deux minutes ! *Pars dévaliser la planque de Gokudera et donne la totalité des dynamites* Défonces-les de ma part !
Akane : Coucou ! Merci pour la review ! Mon dieu, si tu regardes encore régulièrement la fic pour trouver une suite, tu as dû être pas mal déprimée ces dernières années ToT. Je m'excuse énormément pour cette attente ! Oui plusieurs personnes avaient compris que le personnage était Ieyasu, le frère de Tsuna. Mais c'est plus compliqué que ça et ça tu vas le comprendre dans ce chapitre ^^ Oh ça me touche énormément ! Je ne pensais vraiment pas que mes fanfictions auraient autant de succès, alors de savoir que tu la relis entièrement plusieurs fois m'atteint en plein cœur ! (Je fais ça aussi pour mes fictions préférées alors je comprends tout à fait ce que tu ressens !) Enjoy le nouveau chapitre j'espère qu'il sera à la hauteur de ton attente.
Guest :Merci pour la review et ton engouement pour ma fiction ! Je te laisse lire le chapitre pour t'en assurer dans ce cas ^^ Profite bien du chapitre, j'espère que tu l'apprécieras comme tu as apprécié le précédent.
Alaska : Bonsoir merci pour cette review ! Malheureusement avec le temps qui passe je ne peux pas t'assurer si tu as déjà laissé une review mais ne t'inquiètes pas : même si c'est la première fois que tu le fais je suis heureuse de pouvoir te répondre aujourd'hui ! Oh je suis heureuse que tu ais trouvé le courage de relire cette fiction, mine de rien 52 chapitres, c'est long. Merci pour tes compliments et merci pour tes bons sentiments ! Je vais bien, merci de poser la question : plus heureuse et épanouie ces derniers temps je te l'avouerai ^^ J'espère que tout va bien pour toi aussi et que tu prennes aussi soin de toi. J'espère que tu apprécieras ce chapitre !
Sur ces entrefaites, je souhaite à tout ceux qui continuent de lire cette fiction et qui en prennent souvent des nouvelles d'apprécier cette lecture en espérant qu'elle saura combler votre si précieuse attente !
Enjoy !
~ ~ ~ ~OoO~ ~ ~ ~
Chapter 53 : Pour quoi se battons-nous ?
~ ~ ~ ~OoO~ ~ ~ ~
La dernière chose que Tsuna vit, fut le regard paniqué et chamboulé du Primo avant qu'un brouillard opaque n'obscurcisse sa vision, puis le monde s'embrouilla dans un tourbillon de forme et de couleurs, inquiétant Tsuna, avant que ses yeux ne se focalisèrent de nouveau et un grand vestibule lumineux se dévoila devant lui. Il n'eut pas beaucoup de temps pour reprendre ses esprits qu'il sentit un choc au niveau de sa tempe droite, très vite accompagné par une douleur lancinante. Tsuna laissa échapper un grognement de surprise avant qu'il ne tombe sur le sol en carrelage froid, toujours saucissonné par le barbelé.
-Merda ! s'écria Alessandro au-dessus de lui, la colère et la violence suintant de chaque son sortant de sa gorge. Merda !
-Fais attention avec lui, remarqua le Primo Verredicci -Teodorico, il pensait que son ancêtre l'avait appelé- Est-ce que tu ne voulais pas le garder vivant pour une quelconque raison ?
-Il va pas mourir pour si peu, ragea Alessandro avant de balancer deux ou trois coups de pieds dans les côtes de son prisonnier, qui se recroquevilla sous la nouvelle douleur.
Quand le Nono Verredicci s'arrêta, Tsuna toussa, espérant reprendre quelques bouffées d'airs, malgré tout douloureuses, avant de se rendre compte qu'il crachait un peu de sang. Le Decimo Vongola retint un grognement sourd : ça commençait bien...
-On était à ça ! s'écria le Nono Verredicci en levant son pouce et son index rapprochés au minimum. À ça d'écraser ces enfoirés de Vongola !
Le Primo Verredicci soupira avant de jeter un regard ennuyé, mais également frustré, à son descendant.
-Tu sais aussi bien que moi que nous n'avions pas le choix... Les Vongola étaient tous dans leur manoir. Et nous n'avions avec nous que quelques hommes qui savaient contrôler ces... cet étrange pouvoir. Tu avais dépêché le reste dans la ville de Selatrini pour justement mettre hors d'état de nuire les deux boss des Vongola et les gardiens.
-Et ça a pas suffit, fuma Alessandro en serrant les poings.
-On avait prévu qu'ils protégeraient les innocents. Mais le gamin... ton Decimo a dû repérer le piège et a préféré mettre à l'abri sa famille. Sans compter que nous n'avions pas prévu que les gardiens Vongola de ton époque interviendraient alors qu'ils enquêtaient sur une de nos anciennes bases. Ce qui a conduit au fait qu'ils ont grossi leur rang une fois revenu à leur manoir...
-Tout ça c'est de ta faute ! s'écria Alessandro à l'intention du prisonnier toujours prostré par terre, en balançant de nouveau des coups dans les côtes du plus jeune qui se mordit les lèvres pour ne pas hurler de douleur. Foutu Vongola ! Pourquoi t'as pas protégé les civils comme d'habitude ?! Connard !
-Calme-toi, tout n'est pas perdu, temporisa Teodorico. Certes nous avons perdu l'effet de surprise et les gardiens Vongola de ton époque et ceux de la mienne vont vouloir se rassembler, si ce n'est pas déjà le cas maintenant. Ils vont partager leurs informations et faire front ensemble. Mais nous avons un otage... ou un appât. Comme tu préfères le voir. Si ses gardiens sont aussi attachés à lui que tu le mentionnais, alors ils vont tout faire pour le sauver, n'est-ce pas ?
Tsuna s'empêcha de déglutir. Si ses gardiens avaient rejoint la première génération, alors ils ne ferait aucun doute qu'ils seraient au courant de son enlèvement. Ils espéraient juste qu'ils ne feraient pas de choses insensées, comme blâmer la première génération ou foncer tête baissé pour le récupérer. Cependant il avait foi en ses amis et il comptait en chacun d'entre d'eux pour pouvoir se raisonner mutuellement. Il leva un regard nerveux vers le Primo Verredicci. L'homme était plus discret que son descendant mais il était plus calme, plus réfléchi. Non pas qu'il était moins dangereux - assurément pas!- mais sa colère et sa rancune envers les Vongola était plus froide, plus rancunière, à l'inverse d'Alessandro qui était plus cruelle et plus démonstrative.
-Quelle bonne idée ! s'exclama Alessandro. Nous les appâterons sur notre terrain et nous leur tendrons un piège. Même le Primo s'y laissera prendre... Les Vongola veulent défendre la veuve et l'orphelin mais sont bien trop faibles pour pouvoir sauver qui que ce soit.
-Je vous interdit de dire du mal du Primo !
Les deux boss des Verredicci baissèrent leur regard sur la figure à terre, dont ils avaient oublié l'existence et qui les regardaient avec toute la colère que la remarque du plus jeune Verredicci avait fait monter.
-Vous ne savez rien de lui ! Et les Vongolas ne se feront pas berner non plus !
-Ton descendant n'est qu'un meurtrier, annonça Alessandro avec un rictus. Sans tes gardiens, t'es rien, Decimo, rien qu'un gamin qui ne peut rien faire de lui-même. Tu as, certes, été entraîné par Reborn, l'hitman numéro un dans notre époque mais même lui est fini grâce à ce qu'on a fait ici.
Il se tourna vers deux hommes se tenant à l'écart dans le hall.
-Mettez-le dans une cellule ! Je m'occuperais personnellement de son cas à partir de demain. Pendant ce temps, cher ami, nous allons peaufiner nos plans.
Tsuna vit les deux boss prendre des escaliers et commencer à s'éloigner. Il sentit deux paires de mains l'agripper sous les bras et l'entraîner vers une porte dérobée. Il regarda par-dessus son épaule et put voir d'autres hommes s'approcher de la grande porte pour la verrouiller. Il jeta un coup d'œil rapide pour voir où étaient les deux boss et les jugeant assez loin, il passa à l'action.
Employant le peu de forces qu'il lui restait, il stoppa leur progression et, tandis que ses gardes furent déroutés par sa soudaine résistance, il sauta aussi haut qui lui était permis et donna un coup de talon dans les torses de ceux qui le tenaient, qui le lâchèrent sous l'impact et furent envoyés à plusieurs mètres de l'héritier Vongola. Il activa ce qu'il lui restait de flammes, son regard orangé passant froidement sur tout ce qui l'entourait et une grande flamme au cœur d'or liquide prenant vie sur son front et envoya une vague de flammes du Ciel vers l'entrée, détruisant la gigantesque porte et éloignant les gardes du passage maintenant ouvert. Il fonça alors vers la sortie, profitant que la fumée que son attaque avait provoquée mais qui ne tarderait pas à disparaître. Alors qu'il allait passer l'ouverture, il entendit un cri sur son côté et son Hyper-Intuition le prévint instantanément. Il para de son bras droit le coup qui lui était adressé et balança son genou dans le bas-ventre de son adversaire qui émit un gargouillement de douleur avant de s'effondrer sur ses genoux. Un autre tenta de le prendre par derrière mais Tsuna s'accroupit et alors que l'homme fut pris son élan, l'accueillit sur ses épaules avant de l'envoyer voler à un coin de la pièce. Décidant qu'il ne devait pas perdre trop de temps avant que les Boss des Verredicci ne revienne pour voir ce qu'il se passait, il alluma ses flammes et commença à voler, espérant une meilleure visibilité. Mais ce fut une erreur. Tandis qu'il commençait à s'éloigner à une bonne distance du sol, plusieurs coups de feu se firent entendre. Et si Tsuna put les esquiver, il réagit trop tard quand son Hyper-Intuition l'alerta bruyamment du filin de barbelé qui s'échappa à toute vitesse du reste de fumée. Le barbelé s'enroula autour du bras que Tsuna avait réussi in extremis à placer pour se protéger. Le jeune Vongola n'eut que le temps de jurer mentalement quand un autre filin de barbelé l'agrippa au torse. Deux secondes plus tard, ce dernier fut parcouru par des flammes de la Foudre qui électrocuta Tsuna une nouvelle fois. Hurlant de douleur et n'ayant plus d'énergie pour maintenir sa flamme, celle-ci s'éteignit de son front et de ses gants, ceux-ci devenant de simples moufles blanches avec des lignes roses, avant qu'il ne tombe à terre. Le choc fut rude et Tsuna crut que son épaule qui avait pris le choc de l'atterrissage allait être écrasée. Il grogna de douleur et essaya de se tourner sur le côté. L'héritier sentit les fils barbelés se resserrer un instant de se dérouler de son corps, mais il n'avait plus assez de forces pour se battre. Les yeux à moitié fermés sous l'effet de l'inconscience menaçant son esprit, il entendit plusieurs « clic » indiquant que les sécurités des armes à feu, qui étaient très certainement pointées sur lui, venaient d'être retirées. Il pantela profondément, à la merci complète de ses ravisseurs. Une voix moqueuse s'éleva alors proche, trop proche de lui à son goût.
-Eh bien, eh bien c'est ce qu'on appelle une tentative désespérée...
-Je m'excuse de l'avoir loupé, Alessandro. Je ne suis pas aussi habile que toi pour contrôler ma flamme.
-Ne vous inquiétez pas... Au final, vous avez réussi à le distraire pour que je l'emprisonne à mon tour. Je me disais bien que tu étais bien trop calme et discret pour que ça dure, Decimo... Tu croyais vraiment que nous allions te laisser partir ? Que tu es naïf !
Tsuna ne répondit pas, frustré, tout son corps parsemé de tremblement de douleur. Il ne savait s'il pourrait survivre si un autre choc électrique de flamme de la Foudre le parcourait.
-Un peu plus et il s'échappait... remarqua tout de même Teodorico. Nous devrions le surveiller de plus près.
-Ne vous inquiétez pas. Il n'a plus de force. Et bientôt, il ne pourra même plus utiliser sa flamme, je m'en assurerai... Par contre je m'attendais pas à ce qu'il utilise autant de flammes pour pouvoir créer une telle destruction... Un tel pouvoir entre les mains de ces saletés de Vongola...
-Si ce gamin est comme son ancêtre, alors on ne devrait pas le sous-estimer. Ne devrions-nous pas le mettre dans le même endroit que le possesseur de l'anneau Mare du Ciel et de l'Arcobaleno du Ciel ?
Trop fatigué pour pouvoir réagir physiquement à cette révélation, Tsuna ne put s'empêcher d'écouter attentivement. Est-ce que cela voulait dire... que les possesseurs des deux artefacts du Ciel étaient encore en vie ?!
-Mauvaise idée... nous ne voudrions pas faire rassembler tous les artefacts de la Trinisette dans un même endroit. Nous ne savons pas si cela leur donnerait du pouvoir ou non. Sans compter que nous ne savons pas quel effet pourrait avoir un mélange d'artefacts provenant de différentes époque.
-Tu as raison. Mais on ne peut pas lui laisser son anneau. Il s'en servirait contre nous.
-Je suis certain qu'il ne pourra plus utiliser sa flamme dès demain, mais si ça peut vous rassurer nous pouvons juste le lui retirer.
-As-tu oublié ? Nous avons déjà essayé d'enlever la bague Mare et le pacificateur sans tuer leur porteur. Ça ne marche pas. Les artefacts du Ciel semble être attachés à eux.
Intérieurement, Tsuna soupira de soulagement. Il ne savait pas que cela puisse être le cas, mais n'allait certainement pas se plaindre. Mais il n'eut pas le loisir d'être soulagé bien longtemps.
-Oh mais il y a bien d'autres moyens pour retirer une bague.
Tsuna ne suivit pas tout, mais quelques secondes plus tard, il se trouvait allongé sur le ventre, son bras gauche plaqué derrière son dos par deux hommes qui le maintenait en place tandis que son autre bras était étendu devant lui, une troisième homme l'appuyait au sol pour éviter qu'il ne bouge. Tsuna vit alors dans les mains d'un quatrième homme une hache aiguisée. Soudainement, ses yeux s'écarquillèrent de stupeur et un affolement monta en lui, chassant sa fatigue. Il serra le poing et essaya de le dégager, mais la prise était bien trop puissante. Son souffle s'accéléra précipitamment tandis qu'il paniqua et tenta, plus désespéré de retirer sa main. Il détacha son regard de la lame qui s'éleva pour croisa le regard satisfait et vicieux d'Alessandro Verredicci. Le mouvement de la lame qui s'abattait le tétanisa. Son poing était tellement serré que ses ongles s'enfonçaient dans sa chair, tandis qu'il espérait que quelqu'un, quelque chose, n'importe quoi ! arrête cette lame...
Tout se passa au ralenti. Alors que la lame allait entailler sa chair, une minuscule vague de flamme surgit de la bague, d'abord hésitante puis de plus en plus féroce et explosa. L'énergie ne fut pas assez forte pour bousculer ceux qui le tenait mais tous purent sentir la puissance qui émanait de la bague. Ils restèrent stupéfait, le Decimo Vongola y compris avant qu'une exclamation retentit au-dessus de Tsuna.
-Porco Dio!
Tsuna leva les yeux vers lui pour voir avec stupeur que la hache avait été transformée en pierre. Mais surtout que le changement continuait en direction des mains du porteur de l'arme. L'homme lâcha abruptement l'arme qui tomba au sol et se brisa en morceaux. Il y eut un moment de silence
-C'est de la sorcellerie, pâlit Teodorico.
-Ne dîtes pas n'importe quoi ! rugit Alessandro. Ce n'est rien qu'un effet de sa flamme ! Mais il va finir par être à cours ! Allez me chercher une autre hache ! Ou prenez une épée !
Pendant plusieurs minutes, les Verredicci essayèrent de trancher la chair de Tsuna. Ce dernier sentant que ses réserves devenaient de plus en plus mince ne pouvait qu'espérer que sa Flamme ne l'abandonne pas et à chaque fois un soupir de soulagement lui échappait en résonance aux battements de son cœur quand la lame devenait de pierre. Quand il crut que sa flamme ne pouvait plus le défendre, Teodorico intervint, toujours un peu mal à l'aise.
-Si cela continue nous allons épuiser notre stock de lames, Alessandro. Nous devrions trouver un autre moyen...
-Bordel ! enragea Alessandro. Pourquoi tu ne peux pas être juste un humain normal, enfoiré de Vongola !
Sur ces mots, Alessandro abattit son talon sur les doigts de Tsuna. Rien n'arrêta la menace cette fois et il finit par écraser la main de l'héritier Vongola. Ce dernier ne s'y attendant pas et sa résistance atteignant un niveau assez bas, ne put s'empêcher de hurler de douleur en sentant ses doigts craquer sous la violence et le poids du membre. Ce dernier fut interdit qu'aucune défense ne se soit levé pour arrêter son coup, mais son rictus ne tarda pas à revenir.
-Alors les armes blanches ne peuvent pas couper ton membre mais les chocs peuvent t'atteindre ? Intéressant... Amenez-moi une masse !
Le boss des Verredicci continua d'écraser la main de Tsuna effectuant différentes pressions de temps à autre, en attendant qu'une masse de fer ne lui soit amenée. Tsuna ne put pas retenir les larmes de douleur qui s'amoncelaient sous ses paupières, ni ses gémissements de douleur. Quand enfin la masse demandée arriva, le Nono enleva son pied et la prit. Avant même que Tsuna ne put éloigner sa main de la ligne de mire, la masse s'abattit sur celle-ci. Le cri de douleur de Tsuna se répercuta dans tout le manoir à tel point que certains hommes qui se trouvaient dans des pièces adjacentes vinrent pour voir ce qu'il se passait. Quand enfin le boss des Verredicci retira la masse de sa cible, la main n'était plus qu'un masse sanguinolente et déformée. Tsuna pantela, ses gémissement de douleur n'ayant pas pris fin. Il ne pouvait plus sentir sa main, mais il pouvait sentir de minuscules tremblements dû au choc et à la douleur qui répercutait de nouvelle vagues de souffrance dans tout son bras. Il n'eut pas le temps de récupérer que la masse s'abattit de nouveau faisant pousser un nouveau cri de douleur de Tsuna.
-Alors ? Ça a l'air de faire mal... se délecta Alessandro.
Il s'accroupit au-dessus de Tsuna en riant, la masse toujours sur la main de Tsuna.
-Je te propose quelque chose... Donne-nous la bague Vongola et nous arrêterons là pour aujourd'hui.
Mais Tsuna ne répondit rien, ses sens toujours obnubilés par la douleur, tandis qu'il essayait en vain de réprimer ses élans de souffrance. Alessandro eut un haussement d'épaule avant de se relever et de relever une nouvelle fois l'arme. Mais avant qu'il ne puisse l'abattre une nouvelle fois, la voix de Teodorico le stoppa dans son élan.
-Arrêtes. Laisses le maintenant.
-Quoi ? s'exclama de surprise le Nono.
-Ce que tu fais n'aura aucun impact. Nous ne pouvons pas enlever sa bague et il est bien trop sous l'emprise de la souffrance pour faire quoi que ce soit. Je te rappelle que nous avons besoin de lui pour attirer sa famiglia. Si tu l'endommages de trop, il pourrait rendre l'âme avant le bon moment. Si tu veux encore le faire souffrir grand bien te fasse, mais attend qu'il ne soit pas à deux doigts de nous claquer entre les mains.
Pendant un instant, un silence prit place, dans lequel Tsuna sentit ses sens s'engourdirent de plus en plus, avant qu'un son de langue claquant contre le palais retentit. Tsuna sentit plus qu'il ne vit Alessandro Verredicci s'éloigner de lui avant d'ordonner sèchement :
-Toi et toi ! Prenez-le et amenez-le dans une cellule. Quoi ?! Qu'est-ce que vous attendez ?!... Ne me dîtes pas que vous avez peur d'un gamin ?
Tsuna entendit une voix parler doucement mais ne put mettre aucun sens dans ce qu'elle disait. Alessandro laissa échapper un râle d'agacement.
-Bande de femmelettes ! Très bien ! S'il vous fait aussi peur que ça, le petit gamin, je vais vous accompagner ! Je m'assurerai qu'il ne tente plus de s'échapper ainsi.
Tsuna entendit alors la voix de Teodorico empreint d'avertissement s'élever mais ne put entendre que la réponse d'Alessandro.
-Je sais, grommela-t-il au comble de sa frustration.
Puis il fut emmené loin du hall lumineux. Ses gardes empruntèrent des couloirs sombres, puis des escaliers qu'ils descendirent. Tsuna essaya tant bien que mal de se réveiller afin de mémoriser le chemin pour une prochaine tentative d'échapper à ce séjour qu'il redoutait, mais il n'y avait rien à faire : ses sens lui faisaient défaut. Au bout d'un moment qui lui semblait en même temps interminable et rapide, ils arrivèrent dans un sous-terrain où se trouvaient diverses cellules mises côte à côte. Tsuna n'eut pas le loisir d'inspecter plus, ni la pièce, ni les cellules, qu'il fut jeté dans l'une d'elle. Il atterrit sur le sol terreux dur et humide mais aussi sur sa main blessé et il laissa échapper un grognement de douleur qui réveilla ses sens autant que le froid qui régnait dans le couloir. Il essaya tant bien que mal de se redresser avant de se retourner pour remarquer qu'Alessandro ne l'avait pas quitté du regard. Tsuna ne se priva pas pour lancer un regard encore plus noir.
-Vous savez que je ne vous dirai rien n'est-ce pas ?... Vous perdrez votre temps à vouloir me torturer... comme vous l'avez perdu il y a de cela seize ans.
Alessandro garda le silence ce qui rendit quelque peu nerveux Tsuna. Puis celui-ci finit par rentrer dans la cellule et avant même que Tsuna n'ait pu faire un geste, prit son menton entre les doigts de sa main droite et le força à le regarder droit dans les yeux.
-Sache, cher Tsunayoshi, que je ne perdrais jamais mon temps avec toi.
La prise sur son menton devint douloureuse tandis que son autre main agrippa la main blessée de Tsuna. Ce dernier se refusa à laisser transparaître autre chose qu'un froncement douloureux de ses sourcils.
-Mon but n'est pas de te soutirer des infos. Tout ce que je veux est de voir ton visage se tordre de douleur et de désespoir... C'est tout ce que je désire. Oh et détruire les Vongola.
Tsuna lui lança un regard incrédule.
-Nous capturerons les Vongola, continua le boss des Verredicci, une lueur démente brillant dans le regard. Et quand nous aurons mis la main sur tous tes gardiens, je les tuerais un par un devant tes yeux. Tu me supplieras alors de mettre fin à ta vie. Une requête que je t'accorderai avec magnanimité.
-Que vous ai-je fait ? souffla Tsuna, hébété de voir à quel la haine et le sadisme se lisaient dans les yeux du neuvième boss des Verredicci. Que vous ai-je fait pour que vous m'en vouliez à ce point ?
-Tu es né dans la Vongola famiglia... Non, tu es le descendant direct du Primo Vongola. Je pense qu'il n'y pas de raison plus recevable que celle-ci. Vous êtes des meurtriers.
-Les Vongola n'ont pas un passé irréprochable, je le sais en tant qu'héritier. Mais moi, et les trois générations précédentes, nous essayons d'inverser cette tendance pour...
-Ton ancêtre est un meurtrier ! Il a tué femmes et enfants pour arriver au trône dans lequel tu t'apprêtes à siéger.
-Primo ? répéta Tsuna, atterré. Giotto-san n'aurait jamais fait ça !
-Et pourtant... Il a détruit la Verredicci famiglia entière, dont les femmes, enfants et innocents qui se dressaient sur leur chemin. Sans aucune pitié ! Tout ça pour agrandir leur territoire et ce, dans l'espoir d'avoir un pied sur le continent.
-Si vraiment Giotto-san avait détruit la Verredicci famiglia entière alors nous se serions pas l'un en face de l'autre à discuter de cela, contredit Tsuna d'une voix ferme.
Il y eut un lourd silence dans lequel Tsuna perça de son regard mordoré celui d'Alessandro dont le visage était devenu inexpressif. Puis d'une vitesse qui surprit Tsuna, il lâcha le menton de l'héritier avant de balayer son visage d'un revers de sa main. Le claquement du coup retentit dans le couloir vide. Tsuna légèrement sonné put voir alors le visage d'Alessandro se transformer en un masque de rage et de dédain tandis qu'il serra le poing pour le lui balancer dans les côtes.
-Tu oses encore me répondre !? Tu te prends pour qui ? C'est ton ancêtre qui a détruit ma famiglia !Tu n'es rien comparé à moi. C'est moi, ce sont mes hommes, mes idées qui t'ont fait ces cicatrices ! C'est encore moi et mes idées qui font que je suis à deux doigts d'écraser ta famiglia ! Tu devrais crier grâce ! Tu devrais me supplier à genoux ! Pour ta vie et pour ta famiglia ! Tu devrais ramper devant moi ! Et pourtant tu es encore à me défier !? Tu n'es rien comparé à moi !? Tu entends !? RIEN !
-J'ai dit ça suffit ! résonna alors la voix de Teodorico à l'entrée du couloir.
Alessandro lâcha Tsuna qui tomba au sol à peine conscient.
-Tu le protèges !? C'est un Vongola ! Un Vongola qui a tué ta femme et ton fils ! Tu protèges un de ces enfoirés qui…
-ASSEZ ! Tu oublies notre plan ! Nous avons besoin de lui en vie ! Plus tu lui donneras de coup, plus il s'affaiblira et plus il y aura des chances qu'il ne meurt avant le prochain lever du jour ! Calme tes pulsions ! Tu ne dois pas laisser ta haine prendre le dessus sur ce que nous prévoyons ! Tu es le boss de notre famiglia, tu te dois agir comme tel !
Un grognement échappa d'Alessandro avant qu'il ne sortit bruyamment de la cellule, ferma la porte tout en marmonnant des insultes entre ses dents serrées par la rage. Quand il passa à côté de Teodorico, il lui adressa quelque mots presque menaçants ce à quoi le Primo Verredicci hocha la tête silencieusement, avant que son descendant ne remonte et ne disparaisse dans les parties supérieures du manoir. Quand Tsuna leva son regard vers le premier boss des Verredicci, il rencontra un regard froid et rempli de dédain, puis ce dernier se détourna de lui et disparut à son tour. Tsuna souffla un coup, heureux de voir qu'il était désormais seul et laissa la douce inconscience l'envahir enfin. Mais alors qu'il se laissa complètement aller, il entendit une voix résonner doucement dans le couloir.
Tsu-kun ?
Tsuna mit cela sur le compte de son imagination. Car il n'y avait qu'une seule personne qui l'avait jamais appelé comme ça.
Mentalement, il demanda pardon à ses amis et à sa mère pour sa faiblesse et se laissant engloutir par le néant.
Tsuna se réveilla en sursaut sur le sol froid de sa cellule. Le mouvement soudain raviva la douleur dans ses jambes, lui faisant pousser un grognement de douleur. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là. Aucune lumière ne filtrait dans le souterrain. Des jours ? Des semaines ? Il refusait que ça soit plus... Ses gardiens ne le laisseraient pas... Mais son appréhension du temps était complètement chamboulée. Il ne savait pas s'il pouvait se baser sur le rythme de torture des Verredicci, ou s'ils le réveillaient pour une autre séance de torture dans la même journée. La seule chose qu'il savait était qu'il avait déjà été réveillé plusieurs fois pour se rendre devant le neuvième boss des Verredicci et à chaque fois qu'il revenait dans sa cellule il était déjà inconscient. Sa main semblait avoir été pansé juste après qu'il se soit évanoui la première fois, mais n'avait pas été plus examiné que cela et la douleur restait présente. Cependant, Tsuna n'ayant que des connaissances de premier secours ne voulait pas examiner sa blessure et risquer de ne plus avoir de bandages Alessandro n'en serait que trop heureux.
Il essaya de bouger mais l'engourdissement de ses membres provoqua un frisson qui parcourut tout son corps tandis qu'un sifflement s'échappa d'entre ses dents. Le son ne fut pas puissant mais dans le silence glacé du souterrain, il résonna bruyamment. Mais Tsuna n'en tint pas compte. Après tout il était seul, aucun garde ne le surveillait.
-Tu es réveillé ?
La voix rauque d'un homme le fit sursauter à tel point qu'il dut s'immobiliser pour faire barrage à la nouvelle vague de douleur. Mais il se reprit très vite et regarda au niveau de l'entrée de sa cellule. Rien. Si des gardes étaient venus, ils auraient été illuminés par des torches, les cellules étant plongées dans le noir. Mais il n'y avait aucune différence de luminosité : soit il avait imaginé cette voix, soit...
-Il y a quelqu'un ? appela Tsuna en essayant de scruter dans les diverses cellules du souterrain.
Un court silence tomba alors, durant lequel Tsuna finit par croire qu'il avait rêvé, mais la voix résonna alors dans le couloir
-Kami-sama, tu es enfin conscient... Tu n'imagines pas à quel point je suis soulagé.
Les yeux de Tsuna s'étrécirent tandis qu'il essayait tant bien que mal de suivre la source de la voix dans la pénombre avant de se rendre compte que la voix provenait de quelques mètres plus loin, une cellule en face de la sienne. Là, il put voir une forme tapie dans l'ombre, près des barreaux et qui semblait tournée vers lui.
-Qui êtes-vous ? demanda Tsuna, en rampant pour éviter toute douleur sur ses jambes, vers ses propres barreaux afin de diminuer la distance entre lui et son colocataire de prison.
-Pardonnes-moi, je ne voulais pas te faire peur, répondit le prisonnier, mais je ne peux malheureusement te donner de nom... Je n'en ai jamais eu.
-Pas de nom ? s'étonna Tsuna, tout en sentant la sincérité dans la voix de son nouveau compagnon.
Son Hyper-Intuition et sa flamme n'était certes pas aussi fonctionnelle qu'avant son emprisonnement à cause des tortures qu'ils lui faisaient subir ainsi qu'à la fatigue physique et mentale, mais il pouvait encore discerner le mensonge de la vérité. Mais ce fut à ce moment-là qu'il remarqua quelque chose d'étrange. Les paroles de l'homme ne sonnaient pas comme d'habitude... Il comprit très vite :
-Tu parles japonais !
-Il t'en fallu du temps pour le remarquer, rit doucement son compagnon sans aucune moquerie, mais la fin de ses paroles se mua en toux.
-Je te prie de m'excuser, cela fait bien longtemps que je n'ai pas parlé japonais...
Il avait bien fait un voyage au Japon, il y a quelques mois, mais la plupart du temps il avait parlé à ses gardiens en italien et c'était ses gardiens qui s'occupaient de parler aux habitants de Namimori, excepté Tsuyoshi-san, le père de Yamamoto. Sans compter qu'il n'était resté à peine une semaine, donc peu de temps pour vraiment s'imprégner de la langue.
-Que fais-tu entre les mains des Verredicci ? Que te veulent-ils ? demanda Tsuna.
-Je suis leur prisonnier depuis des années maintenant, soupira l'homme. Je suis une expérience ratée, mais dont ils ne veulent pas encore se débarrasser. Ils pensent pouvoir bientôt me trouver une utilité...
-Une expérience ratée ? répéta Tsuna en fronçant les sourcils.
-Oui... Tu le comprendras bien assez tôt, je suppose... Mais je ne me sens pas assez sûr de moi pour t'en parler tout de suite.
-Je crois que je comprends... J'espère pour toi que tu ne subis pas les traitements que je subis.
-Tu ferais mieux de t'inquiéter pour toi... Moi, je suis presque oublié à ce stade. Ils ne m'ont emmené avec eux que parce que j'aurais pu parler d'eux et de leur foutu plan !
-Emmené ? Attends...Tu viens du futur toi aussi ?
-Alors on est vraiment dans le passé ? demanda le prisonnier.
-Oui, nous sommes remontés quatre cents ans dans le passé... désolé de te l'apprendre.
-Tout ça... bah ça fait bien longtemps que le temps n'a plus de sens pour moi. Je sais qu'ils voulaient revenir dans le passé afin de détruire une... famiglia... un groupe faisant partie de la mafia.
-Oui, la Vongola famiglia.
-C'est ça.
-J'en fais parti.
Tsuna resta silencieux, attendant la réaction de son compagnon concernant son aveu. N'en recevant aucune, il continua.
-Je suis le Decimo Vongola, l'héritier au poste de boss des Vongola. Je m'excuse profondément que les Verredicci t'aient entraîné dans nos histoires.
-Tu n'es pas responsable. Tu n'as pas à t'excuser. Surtout pas à leur place.
Tsuna hocha silencieusement la tête, un peu dérouté du fait que l'homme ne réagisse pas au fait qu'il fasse lui aussi partie de la mafia. Il s'attendait à des cris, de la méfiance ou même de la peur, mais il ne décelait rien dans le ton de la voix de l'homme si ce n'était que ce dernier ne semblait pas surpris du tout. Ou alors l'homme était tellement fatigué d'être à la merci des mafieux que cela ne lui faisait plus rien, ou alors il avait un sang-froid exceptionnel. Peu importait, Tsuna l'appréciait.
-Je sais que tu m'as dit que tu n'avais pas de nom... Mais les Verredicci t'ont bien donné un nom, non ?
Il y a un court silence avant que l'homme ne réponde.
-72.
-Pardon ?
-Ils m'ont désigné par ce nombre après mon expérience.
Tsuna grimaça.
-Je ne vais tout de même pas t'appeler 72... N'y a-t-il pas un nom qui te ferait plaisir de porter ?
Pendant plusieurs minutes, l'homme ne dit rien, puis dans un souffle il prononça un nom.
-...Ie...
-Hmm ?
-Appelle-moi Ie-kun... C'est ainsi que j'aurai voulu que ma mère et mon petit frère m'appelle.
-Tu as donc une famille ? Et ça ne te dérange pas que je t'appelle aussi familièrement ?
-Non, je...
Le nouvellement dénommé Ie s'interrompit brusquement. Puis il chuchota avec empressement.
-Vite ! Fais semblant de dormir !
-Pour...
La question mourut dans la gorge de Tsuna quand il entendit des pas résonner dans les escaliers voisins. Alors qu'il s'allongeait précipitamment sur le sol, dos aux barreaux, il prit note, alarmé, que son Hyper-Intuition l'avait bien prévenue de l'arrivée de leurs geôliers mais si faiblement, que Tsuna ne l'avait pas senti. Il savait que sa flamme et son Hyper-Intuition avaient faibli mais pas à une telle extrémité !
Il n'eut pas le temps de tergiverser plus quand il entendit un cliquetis annonçant l'ouverture de sa cellule. Deux secondes plus tard, quelqu'un lui prit le bras en le secouant. Tsuna se débattit tandis qu'il entendit la voix d'un de ses agresseurs.
-Tu vois ? Je t'avais bien dit que j'avais entendu quelque chose !
-Alors on fait semblant de dormir, ragazzo ? renchérit son compagnon. Pour échapper à notre petit rendez-vous ?
-Là le boss t'a réservé quelque chose de différent ! Tu vas être ravi !
Les deux hommes s'esclaffèrent tout en traînant Tsuna hors de sa cellule. Il ne perdit pas ses forces pour essayer de leur résister, préférant les garder pour plus tard. Quand il passa près de la cellule où se trouvait Ie, il tourna la tête vers celle-ci. Il l'aperçut à moitié dans l'ombre. La torche apportée par leurs geôliers éclairait suffisamment le sous-sol pour que Tsuna puisse distinguer les traits de son compagnon de fortune.
Ie-kun était un homme âgé d'une vingtaine d'année, à sa plus grande surprise, des cheveux bruns plus longs que les siens mais avec la même touffe qui partaient dans tous les sens. Son visage, de forme ovale était émacié, sale et terne, très certainement dû aux années passées comme prisonnier. Des lèvres fines et gercées étaient surplombées par un nez romain. De grands yeux couleur chocolat le regardaient s'éloigner, une leur d'inquiétude y luisant.
Tsuna sentit son souffle s'accélérer en voyant ce visage si familier sortir de son champ de vision. Se pourrait-il que... Il essaya à plusieurs reprises de tordre son cou derrière lui dans l'espoir de revoir son compagnon de fortune, et fut réprimandé par ses geôliers avec des coups à l'arrière de son crâne jusqu'à un dernier, plus violent, ne lui fasse perdre ses repères quelques instants. Alors qu'ils montaient les marches conduisant au reste du manoir, Tsuna eut une pensée pour le moins sinistre.
Il n'avait jamais eu encore moins envie de se retrouver en face d'Alessandro pour une autre séance de torture qu'à cet instant.
Tsuna se réveilla de nouveau en sursaut. Frénétiquement, il regarda autour de lui. Il ne vit personne autour de lui, ni visage inhospitalier ni familier, à son plus grand désarroi et en même temps soulagement, ce qui lui fit mal au cœur d'admettre. Il reconnu sa cellule autour de lui mais ne relâcha la tension dans les épaules que quand il fut presque certain qu'il ne s'agissait pas d'une illusion. Il avait appris plus tôt, lors de la séance de torture, que ses défenses, son Hyper-Intuition et sa flamme, s'étaient affaiblis au point que les illusions extérieures l'affectaient. Il ne savait pas si l'illusionniste était puissant mais il ne voulait pas croire que dans les rangs des Verredicci, un illusionniste plus puissant que Mukuro s'y trouvait. Ses gardiens étaient puissants et Tsuna avait une totale confiance en leurs capacités. Il était néanmoins conscient qu'il y avait une possibilité qu'ils tombent sur quelqu'un d'au moins aussi puissant, si ce n'était plus. Mais le fait qu'une telle personne ne se retrouve dans la Verredici famiglia ne l'enchantait pas. Et puis, pour quelles raisons, si elle existait, ne se serait pas manifestée avant ?
-Tsu-kun ?!
-Ça … Ça va… Juste un… un instant…
Il se força à se calmer, faisant de son mieux pour ignorer la douleur. Il profita de ce moment de répit pour réfléchir à comment aborder le sujet. Il se souvenait très bien des idées qui lui avait traversé la tête quand il avait finalement entrevu le visage de son compagnon de fortune alors que les gardes l'emmenaient. L'homme d'une vingtaine d'années ressemblait énormément au Primo. Les seules différences étaient les cheveux bruns et les yeux couleur chocolat, sans compter toute la crasse et la saleté qui allaient de pair avec le fait d'être un prisonnier entre ces murs. Mais la ressemblance était malgré tout saisissante. Cependant, il ne pouvait pas être de la famille du Primo car Ie avait avoué venir du futur. De plus, s'il devait ressembler à quelqu'un, c'était bien à lui-même avec quelques années de plus évidemment. Tsuna était quasi sûr qu'Ie était lié à lui d'une manière ou d'une autre, mais comment…
-Tu as deviné, n'est-ce pas ?
La voix d'Ie le tira de ses pensées et le força à lever les yeux vers son compagnon, et si la dernière fois qu'ils s'étaient vus -il ne pouvait pas être complètement sûr que ce soit la veille- il n'avait pu voir qu'une forme sombre, cette fois, Tsuna distinguait les traits si ressemblant d'Ie.
-Je n'ai aucune certitude, avoua Tsuna.
-Tu peux me poser des questions en ce cas.
Tsuna se mordit les lèvres. Sa séance de torture encore fraîche dans sa mémoire le narguait dans un coin de sa tête. Et s'il savait qu'il allait devoir à un moment donné s'y confronter mentalement, la possibilité de repousser cette éventualité ne le dérangeait aucunement.
-Je ne veux pas te faire revivre de mauvais souvenirs, hésita quand même l'héritier Vongola. Je serais obligé de te parler de tes expériences.
-Tu peux. Cela s'est passé, il y a longtemps pour moi. Et puis, je ne serait pas le direct concerné. Que veux tu savoir ?
Cette autre information fit tilter Tsuna. Il ferma les yeux, essayant de rassembler les quelques pièces de puzzle qu'il avait en sa possession. Il en manquait encore une…
-Quand t'ont-ils capturés exactement ?
Ie resta silencieux quelques secondes, son regard sembla percer celui de Tsuna. Sa réponse fut ferme mais renfermant une certaine tension comme attendant la réaction de Tsuna.
-Les Verredicci ne m'ont pas capturé, moi, mais quelqu'un dont je suis intimement lié, il y a de cela dix-sept ans.
Même si Tsuna s'était attendu à cette réponse, sa théorie se confirmant, il ne put empêcher un élan de culpabilité, mêlé à de la tristesse. Cette myriade d'émotions explosa à l'entente d'une phrase mais Tsuna la retint tant bien que mal.
-Alors, tu es... cette expérience dont tu parlais… tu es moi ?
-Je suis en effet le produit d'une expérience de clonage ratée, déclara d'une traite Ie d'une voix presque monotone.
Tsuna resta sans rien pouvoir dire quelques instants avant de se laisser aller, s'adossant au mur froid, ce qui le fit frissonner. Cela eut le mérite de le focaliser sur la réalité. Il prit quelques secondes pour lui avant de demander :
-Les Verredicci voulaient me cloner ? Pour quelles raisons ?
-C'est vraiment sur ça que tu veux te concentrer d'abord ? s'étonna Ie.
Tsuna eut un demi-sourire.
-Que tu sois mon clone ne m'étonne pas tu me ressembles trop si on oublie la quinzaine d'années qui nous sépare physiquement, et crois-moi j'ai énormément de choses à te demander ! Mais je ne vois pas la logique des agissements des Verredicci pour une telle expérience… Aux dernières nouvelles, le Nonno Verredicci veut me faire souffrir.
-Alessandro Verredicci n'était pas encore le boss quant tu étais à la merci des Danno, rappela Ie. Mais je comprends ta surprise. Pour être honnête, je n'ai entendu que des paroles en passant et ne comprenant pas l'italien, mes informations sont assez limitées. Apparemment, les Danno se sont rendus compte que tu t'affaiblissais pendant leurs séances de torture et ils ne voulaient pas voir leur sujet d'expérience disparaître. Le fait que tu puisses pas répondre à leur question ne les dérangeaient apparemment pas, mais ils ne voulaient pas laisser passer un sujet d'expérience unique comme toi leur filer entre les doigts. Il y a plus de dix-sept ans, ils essayaient de reproduire la flamme des Vongola. À l'époque, tu n'avais pas encore éveillé ta Flamme, aussi ont-ils dû se dire que s'ils arrivaient à recréer un être humain avec un tel pouvoir…
-… Et que si cette expérience était sous leur contrôle, ils arriveraient à percer le mystère de la Flamme des Vongola. Voir même la transmettre dans leur famille.
-Exact, acquiesça Ie. C'est en tout cas ce que je pense.
-Pour quelles raisons te décris-tu comme une expérience ratée ? Tu es devant moi.
-Je suis la soixante-douzième tentative. La première et dernière « réussite » si on peut dire. Il est vrai qu'on pourrait croire qu'ils aient réussi. Mais ce n'est pas le cas. Les autres clones avant moi n'ont jamais pu survivre plus de quelques heures, au maximum une journée. Sans compter qu'aucun des clones, n'avaient d'âme ni de volonté quelconque. Autrement dit…
-Pas de Flamme, déduisit Tsuna.
-Oui. Chaque être humain naît avec une volonté et cette volonté se mue, s'affirme et peut s'effriter au cours des expériences vécues. Nous, nous avons été crées artificiellement. Notre volonté n'existe pas. On ne peut pas avoir une volonté, une âme. C'est la limite de la technologie et du savoir industriel et génétique de l'Homme.
Tsuna ne dit rien mais ne put s'empêcher de se faire la réflexion que pour un prisonnier depuis dix-sept ans et tenus à l'écart de la société, Ie, qui se disait être un clone sans volonté ni âme, avait l'air d'en savoir bien plus sur les flammes que les Verredicci qui les utilisaient dès qu'ils ne pouvait contre leurs ennemis et semblait bien plus sage qu'un homme de son groupe d'âge. Mais il laissa cette réflexion de côté pour plus tard et décida de se concentrer sur le sujet des clones.
-Pourtant, tu as vécu bien plus longtemps que les autres clones, fit remarquer Tsuna.
-Ah, mais moi… j'ai reçu une âme.
Tsuna resta abasourdi.
-Mais… ne disais-tu pas que l'Homme ne pouvait pas créer une âme ?
-Et je le maintiens. Mon âme, ma volonté, ma Flamme… n'ont pas été créé. C'est toi qui me les a données.
-Je ne comprend pas… Comment aurais-je pu t'avoir donné mon âme ?
-Tu ne m'as pas donné ton âme, rassures-toi. Et la mienne n'est pas entière non plus. Je n'ai reçu qu'une portion d'une âme. Et cette âme, tu la possédais avant moi. Et non, ce n'était pas la tienne.
Tsuna ferma doucement les yeux, son esprit tourné vers le seul être qui aurait pu et avait eu l'opportunité de lui confier un morceau de son âme, de sa volonté… de sa Flamme. Sa culpabilité mais aussi un fort espoir mêlé à de l'émerveillement et de l'ébahissement.
-Ieyasu… Tu as l'âme d'Ieyasu… Tu es Ieyasu !
-Oui… et non. N'oublies pas que je suis ton clone, abritant une partie de l'âme d'Ieyasu.
-Peu importe les détails ! s'exclama Tsuna. Sais-tu comment… ?
-Comment mon âme a pu atterrir dans ce clone ? En fait, c'est assez confus pour moi aussi. Mais j'ai passé ces deux dernières années à essayer de reconstituer le puzzle…
Tsuna se redressa légèrement, faisant fi de la nouvelle vague de douleur dans son dos et écouta avec attention, laissant ainsi l'opportunité à son esprit d'assimiler lentement ces informations.
-Pour commencer, comme tu le sais, à ta… à notre naissance, Ieyasu t'a effectivement transmis une partie infime de sa Flamme, inconsciemment, pour que tu puisses survivre à la naissance. C'était soit cela, soit vous… nous mourrions tous les deux. Parce que toi et Ieyasu êtes jumeaux, tu as pu accepté les Flammes. Attention je dis « accepter ». Pas assimilé. Il faut un certain entraînement et capacités afin de pouvoir assimiler et faire tienne des Flammes qui ne proviennent pas de toi à la base et ce même si la personne de qui tu les reçois est ton jumeau. Et même si les flammes sont d'un même type. Les flammes répondent à une certaine volonté et sont donc fondamentalement différentes d'une personne à une autre. On pourrait croire que pour des nouveau-nés qui n'ont pas vécu assez de choses pour posséder une vraie volonté, les flammes serait identiques entre chacun d'entre eux ou au moins neutre. Mais Ieyasu et toi avaient réussi à éveiller à votre naissance une volonté différente par les difficultés de la grossesse de Nana. Tu as réussi à accepter la Flamme d'Ieyasu mais tu l'as également hébergée, mais sans jamais que vos Flammes ne se mélangent.
-Tu veux donc dire que pendant les neuf premières années de ma vie, j'ai vécu avec deux Flammes, deux âmes distinctes ? s'étonna Tsuna.
-Oui, mais celle d'Ieyasu n'étant qu'une infime partie de ce qu'il devait être, elle n'a jamais pu être exprimée consciemment au travers de la tienne. Pour en revenir à mon cas, comme tu le sais, je suis le soixante-douzième clone que les Danno ont créé. Les précédents n'ont pu survivre que quelques heures, car comme je l'ai dit, ils n'avaient pas d'âme. Or, durant ma création, tu étais proche physiquement, ce qui n'était pas le cas durant les autres expérimentations.
-Vraiment ? Je ne me souviens pas…
-Je me doute. Tu n'étais pas dans un état d'esprit conscient lors de ces expérimentation. Sans compter qu'un clonage n'est pas sans douleur si je me souviens bien de tes cris. Et tu ne possèdes que peu de souvenirs des tortures des Danno et c'est quelque chose dont je ne peux te reprocher. Cependant, à cause, ou grâce à ta proximité, un étrange phénomène s'est produit. Une partie de tes flammes s'est manifestée. Pas assez pour que les Danno s'en aperçoivent et trop rapide pour qu'ils comprennent la nature exacte du phénomène. Ce qui était une chance. Parmi ces Flammes, il y avait la Flamme d'Ieyasu. Et celle-ci s'est attachée au seul corp disponible, sans aucune Flamme et si similaire au corps qu'elle venait de quitter.
-Mon clone, continua Tsuna avec évidence.
-Exact. Comme je l'ai dit, les Danno ne se sont pas rendus compte de la nature exacte de l'incident et ce même si cela avait créé des interférences avec leurs appareils. Aussi, ont-ils été très surpris de voir que mon espérance de vie dépassait de loin celle de mes prédécesseurs. Seulement, n'ayant aucune idée de ce qu'il s'était passé, ils n'ont jamais réussi à nouveau un clonage, faisant de moi le premier et dernier succès, non pas qu'ils aient arrêtés après. Cependant, étant donné que tu n'avais pas d'autre âme en toi, aucune autre expérience n'a pu aboutir. Ils ont décidé de me tenir à l'écart et juste en vie jusqu'à que tu… désolé pour ça... « que tu ne fasses plus l'affaire ». Quand tu t'es congelé, et oui je sais ce qu'il s'est passé ce jour-là, je suis tombé dans une sorte de coma. Les Verredicci ne savent pas exactement pourquoi, mais je suspecte notre lien comme clone et jumeau d'y être pour quelque chose.
-Notre lien ? souffla Tsuna.
-Tu n'as jamais senti comme une sorte de conscience extérieure ?
Tsuna se souvenait bien des moments qu'il avaient lui-même décrit à Apollina, mais aussi de cette fameuse nuit peu avant la réunion avec Uni et Byakuran, où il avait été réveillé par une voix d'homme parlant japonais. Il avait mis ça sur un possible rêve, mais maintenant…
-C'était toi ?
-J'essayais de te contacter au travers de notre connexion afin de t'avertir du plan des Verredicci. Mais je n'arrivais jamais à garder assez d'énergie et de Flamme pour le faire… avoua Ieyasu, d'une voix penaude.
-C'est assez incroyable que tu sois parvenu à m'atteindre. Lorsque tu m'as contacté cette nuit-là, n'étais-tu pas déjà ici ? Dans le passé ?
-Oui. Et c'est bien pour ça que je n'ai pas encore utilisé mes Flammes à ce jour . J'ai une réserve assez limité comme tu pourras le constater.
Tsuna hocha la tête, acceptant lentement mais surement les explications mais également le fait que son frère -et ce même si c'était une partie de son frère ! - soit à ses côtés pour cette nouvelle épreuve.
-Je suis heureux que tu sois là… Ieyasu, sourit chaleureusement Tsuna. Je suis heureux de pouvoir t'écouter, te voir et te parler. Même si nous ne sommes pas dans les meilleures conditions possibles, je…
-Le sentiment est partagé, Tsu-kun, déclara Ieyasu dont le sourire se répercutait dans la voix. Même si grâce au lien, j'ai pu te suivre et te connaître certains moment de ta vie, ce n'est pas la même choses que t'avoir en face de moi.
-Tu as pu me suivre ? s'étonna Tsuna.
-Oui. Oh seulement quelques fois, quand tu ressentais une grande émotion, je percevais des images fugaces. J'ai été plus que fier de toi de te voir fonder une nouvelle famille en la présence de tes gardiens. J'aimerai beaucoup rencontrer le Nono également. C'est grâce à lui si tu es sorti de la glace. Et également Reborn pour t'avoir appris à te protéger.
-On va éviter de te présenter à Reborn sinon il verra l'opportunité de torturer deux personnes deux fois plus, soupira Tsuna, cependant un léger sourire faussait ses paroles. En tout cas ça risque d'être plus facile une fois que tu seras face à eux… Attends une minute… Depuis tout à l'heure tu me parles de lien…
-Exact, nous avons un lien qui joint nos Flammes. Lorsque la Flamme d'Ieyasu s'était détaché de la tienne, elle était néanmoins resté plus que neuf ans en leur présence. Si bien, lorsque la transmission s'est faite et que la Flamme de Ieyasu s'est détachée, elle a emporté avec elle un fragment de la tienne.
-Tu veux donc dire qu'une partie de ma Flamme est en ce moment en toi ?
-Ce n'est même pas assez pour être considérée comme « une partie ». En ordre de comparaison, ce serait une aiguille dans une botte de foin. Mais c'est assez pour créer cette connexion.
-Alors tu es la personne que nous cherchons, mes gardiens et moi ! s'exclama Tsuna, triomphant.
Ceci eut le mérite de faire sursauter Ieyasu.
-Comment ça ?
Tsuna s'apprêta à parler mais se tut, se rappelant pour la première fois depuis le début de la conversation où ils étaient. Si jamais les gardes de la famille Verredicci les avaient entendus… Certes, ils parlaient japonais, mais cela éveillerait sûrement des suspicions. Il jeta un coup d'œil paniqué vers le couloir sombre et les escaliers qui menaient aux étages supérieurs de la forteresse. Mais rien n'indiquait que quelqu'un les espionnait.
-Nous sommes seuls si c'est là ton inquiétude.
De toute évidence, Ieyasu avait senti son angoisse.
-Comment peux-tu en être certain ? questionna Tsuna.
Ieyasu leva un sourcil d'un air interrogateur avant de poser un doigt sur sa tempe.
-Mon Hyper-Intuition est certes moins développée que la tienne mais elle n'est pas à dénigrer non plus. Après toutes ces années, je sais reconnaître les moments où je suis surveillé ou non. Dis-moi plutôt pourquoi, toi, tu n'arrives pas à sentir leur absence ?
Un silence s'installa entre eux avant qu'Ieyasu ne comprenne.
-Ne me dis pas que tu es si faible par ce qu'ils te font subir que ton Hyper-Intuition s'en est retrouvée diminuée ?
-Je ne peux rien te cacher, soupira Tsuna.
-Que t'ont-ils fait Tsuna ? pressa Ieyasu.
-Il sont en train de jouer sur mon mental.
-Que veux tu dire ?
Tsuna soupira une nouvelle fois avant de se tourner vers son clone. Tsuna grimaça mentalement à cette pensée. Ieyasu n'était son clone que d'apparence. Son âme et sa volonté était celle de son frère, Ieyasu et ce, même s'il ne s'agissait là que d'une partie de ce qu'aurait pu être Ieyasu. Aussi Tsuna décida qu'il considérerait Ieyasu comme son frère aîné. Et à ce titre, il lui ferait confiance.
-Tu… Je… Je ne sais même pas par où commencer… avoua Tsuna alors que ses pensées s'embrouillaient.
-Il me semble que c'est coutumier de commencer par le début, déclara Ieyasu une note amusée dans la voix, en espérant détendre l'atmosphère.
-Quel début ? rétorqua Tsuna avec amertume. Le début de ma torture ? Le début de la haine d'Alessandro? Nos débuts ? Mes débuts dans la mafia ? Le début de la fin ?!
Ieyasu le considéra sans un mot, les yeux écarquillés, s'apercevant et sentant comme un poids mental toute la frustration de Tsuna de se retrouver entre les mains des Verredicci une nouvelle fois.
-Pardon, souffla Tsuna, sans toutefois relâcher la tension de ses épaules. Je ne voulais pas m'en prendre à toi. Tu n'y es absolument pour rien. C'est juste… Ma famille me manque…
Ieyasu hocha lentement la tête, comprenant mais resta silencieux, lui laissant le temps de remettre ses idées en place. Au bout d'une minute, Tsuna sembla assez serein pour pouvoir parler.
-Depuis que je suis arrivé j'ai compris qu'Alessandro me voulait du mal. Pas seulement la destruction des Vongola ou leur disparition. Il veut me faire souffrir. Et cela s'étend au Primo Vongola. Pour quelles raisons, je ne sais pas exactement. Si ça se trouve, c'est juste parce que nous sommes les leaders de la famiglia. Mais peut-être y a-t-il quelque chose de plus... Ce serait quelque chose que je devrais m'assurer auprès du Primo directement. Bref, le fait est, depuis que je suis de nouveau entre ses mains, Alessandro s'est assuré que j'ai assez de moment de répit pour ne pas mourir de ses séances de torture. Durant celles-ci, il a toujours fait en sorte que je sois en proie à la douleur. Il y a demandé à ses hommes de me battre tandis que j'étais enchaîné. Parfois il me détache, juste pour me donner l'illusion d'avoir une chance, parfois il m'attache à une table où il m'électrocute, brûle le bout de mes orteils et m'injecte de nombreux produits et drogues.
-Comme avant, souffla Ieyasu.
-Oui, confirma Tsuna. Lors de la quatrième séance, il a même réussi à trouver un fouet et a entrepris de le tester pendant un moment.
-Tu veux dire… s'horrifia Ieyasu.
-Mon dos pourrait aller mieux. J'essaie de ne pas trop le bouger et m'adosser au mur me permet au moins de rester stable. Ils ont au moins traité et pansé les blessures, mais je sais par expérience que c'est tout ce qu'ils feront, déclara Tsuna en levant péniblement sa main écrasée à son arrivée pour la montrer à Ieyasu. Comme tu peux le constater, Alessandro ne manque d'aucune imagination pour faire souffrir. Mais... les deux dernières séances ont été différentes… Durant la première, il m'a lâché dans une grande salle. Puis des hommes sont entrés ils avaient la même apparence que mes gardiens. Surement Alessandro a-t-il déniché un utilisateur du Brouillard pour leur donner leur apparence et le même type d'attaque qu'ils utilisent habituellement...
-Il a utilisé ton lien avec tes gardiens pour te torturer physiquement et mentalement, gronda Ieyasu, ses yeux commençant à prendre une légère couleur orange qui se voyait dans l'obscurité des cellules.
-Oui. J'ai essayé de dissiper l'illusion, mais je ne sais pas si c'est parce que je meurs d'envie de les retrouver ou simplement parce que je suis trop faible, mais je n'ai pas réussi. Quand j'ai vu mes gardiens, je n'ai pas voulu qu'ils repartent.
-Tsu-kun…
-Bien entendu, quand ils ont commencé à m'attaquer, je ne me suis pas laissé faire. Je n'ai pas pu les attaquer, et ça je crois qu'Alessandro y comptait, mais j'ai essayé de les désarmer ou de les mettre hors d'état de nuire, voir de les éviter quand je n'avais plus que la force de faire que ça. Évidemment, au bout d'un moment, ils ont pris le dessus sur moi… L'illusion de Ryohei a réussi à me projeter contre le mur et j'ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillé, j'étais toujours dans la même pièce mais deux des imposteurs étaient aussi restés. Celui de Lambo et de Chrome. Le Lambo a commencé à me reprocher pas mal de choses qui se sont véritablement passées. Ça a été d'autant plus compliqué de ne pas écouter ou de me convaincre qu'il ne s'agissait pas véritablement de Lambo. Puis ça a été au tour de Chrome. Ensuite le Ryohei et le Takashi ont pris leur place et ont commencé le même manège. Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'ils soient tous passés…
-Que te reprochaient-ils exactement ?
-Souvent la même chose que j'étais pathétique. Faible. Et que la preuve la plus conséquente était que je me retrouve de nouveau avec les Verredicci. Ils parlaient aussi du fait qu'ils s'en sortaient très bien avant que je n'arrive. Qu'avant, ils ne devaient pas constamment surveiller un gamin de douze ans sans le quitter des yeux une minute, au risque qu'il lui arrive une merde. D'autres ont reproché leur situation aux Vongola en général et de ne rien avoir fait pour les aider ou protéger leurs proches, les entraînant de plus en plus dans le monde de la mafia.
-Tsu-kun… Tu sais que ce n'est pas vrai, n'est-ce pas ? Tu sais que ce n'était pas tes gardiens.
-Peut-être… Néanmoins, peu importe ce qu'ils disaient… Il y avait une part de vérité dans ces paroles.
-Non Tsunayoshi.
Tsuna leva la tête en entendant le ton ferme d'Ieyasu. Il ne se rappelait pas d'avoir commencé à baisser la tête, pris comme il était dans les souvenirs de sa torture. Mais il préférait replonger dans les souvenirs de cette torture plutôt que la dernière.
-Je n'ai pas rencontré tes gardiens, pas encore en tout cas. Mais par ce que j'ai réussi à voir au travers de notre lien, tes gardiens… non ta famille est extrêmement proche de toi et ne te protège pas parce qu'ils le doivent mais parce qu'ils le veulent. Je doute que ton gardien du Brouillard ou du Nuage ne se soient engagé dans une tâche aussi imprévisible que celle des gardiens et ce même s'ils y étaient forcés, tu ne crois pas ? Tu le sais aussi bien que moi, Tsunayoshi. Moi je crois que lors de la première séance, l'illusionniste a réussi à s'incruster dans ton esprit et a fait en sorte que tu entendes ce que tu voulais le moins entendre de la bouche de tes gardiens. Dis moi Tsuna, est-ce que tout ce qui a été dit fait partie de tes craintes ?
-Je… Je… Peut-être… Je ne sais pas… Je ne sais plus…
-Tsunayoshi, tes gardiens sont sûrement en train de te chercher et ils te trouveront. Et je sais au plus profond de moi qu'ils feront payer à Alessandro et à ses hommes tout ce qu'ils t'ont fait subir. Alors ne doute pas. Ne doute pas de ton importance pour eux.
Tsuna se mordit les lèvres pendant quelques secondes avant de hocher lentement la tête. Ieyasu ne semblait que peu satisfait devant le manque d'enthousiasme ou l'absence d'espoir dans le regard de Tsuna mais se fit la promesse d'adresser le problème plus tard. Car Ieyasu pouvait sentir que le récit de Tsuna n'était pas terminé.
-Que s'est-il passé ensuite, Tsuna ?
À la question, le plus jeune se tendit imperceptiblement. Mais cette fois Ieyasu ne laissa pas le silence s'installer, sentant l'effroi le gagner, un mauvais pressentiment gagnant du terrain.
-Tsuna… ? Tsu-kun, dis-moi ce qu'il s'est passé.
-Je… commença Tsuna, avant de s'humecter les lèvres, une légère douleur le tiraillant au contact de la salive, là où l'émail avait écorché la peau déjà sensible. Ils se sont tous retrouvés… dans la pièce où je me trouvais… Je ne sais pas trop si… c'était quelque chose de prémédité… un ordre ou… une sorte… d'opportunité pour eux… mais l'un d'eux… a commencé à… faire une remarque sur mon utilité… dans la vie de tous les jours. Puis ils ont commencé à parier sur le fait que je ne puisse même pas faire l'affaire… pour un coup d'un soir.
Ieyasu devint pâle et dévisagea Tsuna mais celui-ci ignorait son regard,
-C'est pas vrai… Il a voulu recommencer ?
Tsuna hocha lentement la tête. Une larme coula le long de sa joue droite ce qui fendit le cœur d'Ieyasu. Il voulait à tout prix être aux côtés de Tsuna et pas séparés par des barreaux !
-J'ai paniqué… j'ai eu l'impression de retourner dix-sept ans en arrière… sauf que là c'est pire ! Ils avaient l'apparence de mes gardiens ! Et Alessandro savait que je ne voulais pas attaquer mes gardiens. Il en avait eu la preuve lors des séances précédentes. Et je savais que j'aurais pas eu la force de les arrêter… Et cette fois… cette fois Luna n'était pas là… pas là pour les arrêter. Alors quand ils se sont avancés vers moi, j'ai paniqué… j'ai essayé de m'éloigner, mais Lam… l'un d'eux m'a pris les bras et forcé au sol… Je leur ai hurlé… de me laisser tranquille. Et c'est là que ça c'est refait.
Ieyasu laissa un peu de temps à Tsuna avant de poser la question :
-Qu'est-ce qui s'est refait ?
-La glace. La même qu'il y a dix-sept ans.
-Oh merde… jura Ieyasu en fermant les yeux.
-J'ai senti un immense pouvoir m'envelopper… que je n'ai pas su contrôler. Mais dans ma panique j'ai réussi à envoyer cette flamme vers mes gard… les imposteurs. J'ai vu comment les pics de glace se sont formés, les transperçant un par un. Leur cri et leur sang…
-Tsunayoshi, arrête.
Le Decimo se tut, mais resta immobile, encore plongé dans cet horrible souvenir. Une autre larme coula.
-Ils ont gardé leur apparence même après qu'ils soient morts…
-Tsunayoshi, ne dis plus un mot, je t'en supplie.
De nouveau, le plus jeune se tut. Mais le silence qui s'installa ne resta pas longtemps.
-Tsunayoshi, tu as bien fait.
Le Vongola sursauta avant de tourner son regard plein de larmes et de culpabilité vers son grand frère.
-J'ai bien fait ? J'ai tué mes gardiens ! Je les ai tué et…
-Tsunayoshi, ce n'était pas tes gardiens, claqua la voix du plus vieux, sèche, ce qui fit taire instantanément Tsuna. Ce n'était pas tes gardiens. Hayato, Takashi, Ryohei, Lambo, Chrome, Mukuro et Kyoya sont à ta recherche et bien vivants. Tu ne les as pas tués, ceux qui sont morts dans cette pièce étaient des hommes des Verredicci qui voulaient te faire du mal. Tu t'es défendu, Tsunayoshi. Je ne sais pas ce que tu traverses exactement, mais je sais que tu as mal, je peux le lire dans tes yeux… Je peux même en sentir une partie à partir de notre lien. Je ne doute pas que tu mettras du temps pour te remettre de ce qu'il vient de se passer. Mais je peux t'assurer une chose : je préfère mille fois que tu aies tué ces salauds plutôt que tu subisses ce qu'ils voulaient te faire ! Et je suis certain que tes gardiens te diront la même chose.
-Qui te dit que ce n'était pas vraiment mes gardiens dans cette pièce. Peut-être que ça n'a jamais été une illusion… déclara avec défaitisme Tsuna en se laissant aller contre le mur.
Ieyasu scruta longtemps son petit frère qui semblait complètement désespéré et osait-il le penser, détruit. Non, Tsuna n'était pas détruit. Il lui fallait quelque chose pour l'aider à ne plus penser à cette épreuve, comme un but.
-Tu sais quoi ? Tu as raison. Je n'ai aucune preuve comme quoi c'était tes gardiens ou non.
Le visage de Tsuna se ferma durement, sentant les larmes de trahison et de désespoir monter.
-C'est pourquoi on va aller chercher cette preuve.
Les yeux de Tsuna s'ouvrirent de stupéfaction avant que le jeune homme ne se tourna à nouveau avec difficulté vers son frère. Il sursauta en voyant les yeux de son frère être complètement ambré. Il avait l'impression de se voir mais il y avait de nombreuses différences avec son Mode de Dernière Volonté. D'une part, Ieyasu n'avait pas de flamme frontale et ses pupilles ambrées étaient légèrement différentes des siennes, avec une couleur jaune citrine en leur centre.
-Que veux tu dire ? demanda Tsuna en déglutinant.
-Tu penses pouvoir marcher, voir courir ?
-Euh… courir me semble impossible, et si je vais assez lentement je pense pouvoir marcher sans trop de problème… Mais pourquoi tu…
-Tu ne comptes quand même pas rester ici ?
Les yeux de Tsuna s'écarquillèrent.
-Tu proposes qu'on s'enfuit ?
-Je refuse de rester plus longtemps ici, à te voir être de plus en plus blessé et mourir à petit feu. On va aller à la rencontre de tes gardiens Tsuna. Comme ça, tu verras par toi-même qu'ils sont toujours à ta recherche.
-Mais comment veux tu qu'on sorte ? Je n'ai pas assez de force pour casser les barreaux.
-Moi j'en ai.
-Je pensais que tu disais que ta Flamme était limitée.
-J'économisais ma Flamme pour pouvoir communiquer avec toi et regarder à travers de notre lien. Mais ça fait bien plusieurs semaines que je ne l'ai pas utilisée. Si mes calculs sont exacts, j'ai juste assez de forces pour casser nos deux portes, mais ensuite je ne pourrai plus utiliser ma Flamme. J'attendais le bon moment pour les utiliser, qu'une distraction se fasse, mais on n'a plus ce luxe.
Tsuna regarda bouche bée son frère se lever dans le pénombre de sa cellule assez aisément. Il essaya de réfléchir très vite faisant abstraction du mieux possible de ce qu'il venait de subir pour réfléchir à un plan. Si Ieyasu attendait une distraction, cela signifiait que quelque soit la façon dont il allait sortir de la cellule, cela serait bruyant, donc pourrait alerter les gardes de la forteresse. Ils auront peu de temps pour échapper aux gardes. Qui sait même pas. Il y avait de très grandes chances qu'ils doivent se battre. Il essaya d'évaluer son état. Son Hyper-Intuition et sa Flamme s'étaient amenuisées au point qu'il pensait de ne pas pouvoir compter sur ces pouvoirs. Mais il avait réussi à déclencher la Percée du Point Zéro, un pouvoir dont le Nonno lui en avait expliqué le fonctionnement mais sans jamais avoir réussi à la faire apparaître. Apparemment de manière consciente. Mais cela voulait aussi dire que sa Flamme était encore là pour le protéger et c'était assez réconfortant. Il avait de nombreuses blessures, particulièrement à son dos et sa main. Mais les bandages étaient serrés et sans doute cela suffirait-il pour tenir quelques temps. Il secoua la tête. Comment pouvait-il penser que cette tentative serait un succès ? Il avait tenté de s'enfuir dès le moment où il était arrivé ici, quand il avait plus de forces et moins de blessures. C'était impossible… Mais la perspective de revoir ses gardiens, de faire quelque chose pour les retrouver et ne pas juste attendre qu'ils viennent le chercher étaient plus que motivant. Il se surprit à espérer. Il soupira un grand coup et analysa au mieux leur situation, ne remarquant pas le sourire triomphant et fier de son frère. Certes, il était blessé, et sa Flamme et son Hyper-Intuition n'était pas au mieux de leurs capacités, mais le fantôme de Giotto ne lui avait-il pas dit de ne jamais douter de leur Flamme ? De plus, ils pourraient compter sur l'Hyper-Intuition d'Ieyasu pour éviter les gardes les plus isolés. Sans compter que les Verredicci ne s'attendront certainement pas à ce que leurs prisonniers essaient de s'échapper maintenant, surtout après ce qu'ils avaient fait subir à Tsuna… Autrement dit, il y avait de grande chance que leurs gardes soient baissées. Pas certain que ce soit le moment opportun mais c'était assurément le plus proche qu'il pouvait attendre.
Tsuna se tourna vers son frère.
-Tu sais te battre ?
-Pas vraiment, mais j'en sais assez pour ne pas être une gêne pour toi.
-Pourrais-tu nous sortir de là le plus discrètement possible ?
-J'ai bien une astuce, mais elle est quand même bruyante. Et elle met plus de temps.
-Est-ce que ça te permettrait d'économiser ta Flamme ?
Ieyasu réfléchit quelques instant avant d'acquiescer.
-Tu es sûr ? Ça nous ferait perdre du temps…
-Est-ce que ton Hyper-Intuition peut dire s'il y a des gardes à l'entrée du sous-sol ?
-Je peux essayer.
Ieyasu ferma les yeux quelques instants, grimaçant de temps en temps alors qu'il se concentrait. Quand il les rouvrit son visage était grave.
-Deux gardes à l'entrée du sous-sol.
-Tu penses qu'ils entendraient ta méthode la moins bruyante ?
-Oui, fut la réponse instantanée.
Tsuna grimaça avant de prendre une décision. Pendant qu'il parlait il s'appuya contre le mur de pierre pour se relever sous le regard inquiet de Ieyasu.
-Dans ce cas, il vaut mieux que tu y ailles franco. Une fois que tu auras détruit tes barreaux tu ne devras pas perdre une minute pour briser les miens, parce qu'ils se pointeront à coup sûr. Et qui sait si d'autres Verredicci ne se rameuteront pas également. Encore une question : aurais-tu le moyen de détruire la roche plutôt que les barreaux ?
-Oui c'est faisable.
-Dans ce cas, fais-le. Une fois les murs tombés, cela soulèvera pas mal de poussière. Et quand les gardes descendront avec leur torches, il leur sera bien plus difficile de nous repérer, ou mieux de comprendre ce qu'il s'est passé. Si on a de la chance, on pourrait les contourner et éviter la confrontation.
-C'est une bonne idée. Et si jamais on n'arrive pas à les contourner ? Ou qu'ils sont plus nombreux ?
-On les neutralise en se servant de la poussière comme couverture. Mais il faudrait faire vite avant que le nuage de poussière ne retombe.
-Ne vaut-il pas mieux les neutraliser directement ? Comme ça ils ne lanceront pas à notre poursuite.
-Je préfèrerais aussi, mais si on peut économiser nos forces je pense que ça nous aidera plus sur le long terme. Si on… quand on arrivera en haut, on devra être le plus discret possible, se cacher des gardes, pour cela on utilisera ton Hyper-Intuition. Je sais qu'il y aura très certainement des moments où nous aurons d'autre choix que de nous battre. Alors quand ces moments arriveront nous devront assurer les arrières de l'autre. Ce ne sera pas le moment de se faire prendre en otage pour obliger l'autre à se rendre.
-Si jamais c'est le cas je veux que tu me laisses tomber et que tu t'enfuies, déclara Ieyasu en fronçant les sourcils.
-Si jamais je te disais la même chose, peux-tu me promettre que tu le ferais ? demanda Tsuna en lui lançant un regard triste.
Ieyasu écarquilla les yeux avant de détourner le regard, sa réponse évidente.
-Tu veux me faire sortir d'ici pour que je retrouve ma famille. Mais tu en fais partie à partir de maintenant, ne l'oublies pas. Alors ne me demande pas de t'abandonner parce que je ne le ferais pas. Sans compter que nous aurons plein plus de chance de nous en sortir si nous restons ensemble. Je ne pourrais pas sortir de cette forteresse sans toi.
Ieyasu réfléchit quelques instants, avant qu'un léger sourire étira ses lèvres et acquiesça.
-Ensemble jusqu'à la fin ?
Tsuna sourit alors
-Ensemble jusqu'à la fin.
Anselmo bailla. La tâche de surveiller l'entrée du sous-sol était une des plus pénibles…
Quelques secondes plus tard, un bruit assourdissant se répercuta dans le couloir et provenant… du sous-sol ! Des secousses l'ébranlèrent et Anselmo vit du coin de l'œil son collègue se plaquer au mur pour ne pas tomber.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda frénétiquement ce dernier, un dénommé Giuseppe.
-Ça vient d'en bas ! s'exclama Anselmo. C'est impossible que ce soit les prisonniers. Il faut que...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un autre bruit se fit entendre accompagné par de nouvelles secousses. Deux bruits pour deux prisonniers.
-Va voir en bas, ordonna Anselmo. Hurle le mot de passe si tu vois des ennemis autre que les prisonniers.
Guiseppe se remit bien vite de sa surprise et activa le pouvoir des flammes qui caractérisaient les Verredicci venant du futur, la sienne d'une couleur rouge, et ouvrit la porte menant au sous-sol avant de s'enfoncer dans les ténèbres. Anselmo se tint sur ses gardes épiant le moindre son. Pendant plusieurs minutes il n'entendit rien, même pas des bruits de pas, avant qu'enfin une lueur légèrement ambrée ne commença à remonter les escaliers et s'approcher de lui. Confondant la couleur de la flamme avec celle de son compagnon, il le héla.
-Alors ?
A peine eut-il prononcé ces mots que la lueur s'arrêta avant de s'approcher plus vite. En fait Anselmo n'eut le temps de cligner des yeux avant qu'une forme ne surgisse des ténèbres et ne fonde sur lui. Un coup porté à la tempe le désarçonna, une main sur le bas de son visage étouffa son cri de douleur avant qu'enfin un coup porté au bas de son ventre le fit définitivement couper son souffle. Alors que ses sens devenaient muets et que sa conscience s'effritait, il eut une dernière pensée.
Ce Decimo Vongola… était un démon.
Ieyasu contempla le second garde inconscient d'une manière désabusée.
-C'était plus facile que je ne l'aurais cru...
Un bruit mat le finit tourner vers Tsuna qui haletait, sa posture soutenue seulement par le mur.
-Tsu-kun !
-Ca… va… Nous ne devons pas rester par ici. Le bruit de notre escapade va rameuter d'autres gardes.
Malgré son inquiétude, Ieyasu hocha la tête. Il empoigna le garde inconscient par son poignet avant de le balancer dans les escaliers du sous-sol. Tsuna leva un sourcil en entendant les bruits sourds du corps qui tombaient dans les escaliers, avant qu'un craquement se fit sourdement entendre. Tsuna grimaça avant de tourner vers son frère.
-Si ça ne l'a pas tué, je ne sais pas ce qui le fera. Tu es assez effrayant par certains côtés…
-C'est toi qui dit ça ? répondit Ieyasu, en rejoignant Tsuna pour l'aider à marcher. Tu n'es pas censé être assez blessé pour ne pas pouvoir te battre ?
Tsuna tenta de hausser les épaules mais une vive douleur traversa son dos et le fit siffler de douleur. Ieyasu regarda derrière et se mordit les lèvres.
-Je crois que tes blessures se sont ouvertes… Le bandage qu'ils t'ont mis est ensanglanté.
-Beaucoup ?
-Non. Pas pour l'instant.
-Alors ça attendra qu'on soit sorti de là.
Cela ne plut pas au plus vieux mais il ne pouvait pas nier l'urgence de leur situation et fut forcé de laisser tomber. Guidé par son Hyper-Intuition, il les conduisit vers le couloir de droite. Il avisa un escalier au détour d'un couloir avant de continuer tout droit. Des bruits de courses et de cris finirent par résonner dans le bâtiment, hâtant les deux prisonniers. Pendant plusieurs minutes, Ieyasu réussit à les conduire hors des chemins mais cela ne dura pas.
-Zut… grommela Ieyasu
Malgré sa faiblesse et son Hyper-Intuition moins fiable qu'à l'accoutumée, Tsuna put lui aussi sentir la présence des Verredicci à des dizaines de mètres devant.
-On disparaît, décida sans équivoque Tsuna.
Ieyasu regarda de suite autour de lui, avant qu'un rideau sous un escalier n'attire son attention. Il empoigna le bras de Tsuna et s'y précipita silencieusement, ne prêtant pas attention à ses protestations muettes. Il souleva le rideau et découvrit une porte dérobée. Tsuna le regarda suspicieusement.
-C'est un peu gros, non ? Et s'ils nous trouvent, on ne pourra pas s'enfuir.
-Je ne pense pas qu'ils nous trouveront. Nous y serons en sécurité.
Reconnaissant là une conclusion de l'Hyper-Intuition d'Ieyasu, Tsuna accepta et ouvrit la porte et s'engouffra dans le placard suivi de près par Ieyasu qui vérifia que le rideau recouvrait entièrement la porte dérobée avant de fermer silencieusement la porte. Pour plus de sécurité, il garda la poignée dans sa main. Heureusement pour eux car quelques instants plus tard, des bruits de pas de plusieurs personnes passèrent à quelques mètres d'eux, au-delà du rideau. Ils retinrent leur souffle, espérant avec violence de ne pas avoir été repérés. Mais les courses ne ralentirent pas et se dissipèrent dans les couloirs qu'ils avaient déjà traversés. Par mesure de sécurité, ils attendirent encore un peu et une fois qu'Ieyasu donna le feu vert, sortirent du placard.
-Tu crois qu'ils savent qu'on est en cavale ? chuchota Ieyasu.
-S'ils ne le savent pas, ils ne devraient plus tarder. On doit se dépêcher de rejoindre le hall d'entrée.
Tous deux reprirent leur escapade et par miracle ne rencontrèrent aucun garde. Mais leur chance ne resta pas longtemps. Une série de son de cloches retentit dans toute la villa, ce qui ne laissa guère de questionnement aux deux fugitifs leur fuite était connue.
-Merda! souffla Tsuna, tandis qu'Ieyasu se mordit la lèvre inférieure.
Tous deux hâtèrent le pas mais alors qu'ils réussissent enfin à rejoindre le couloir qui menait au hall d'entrée, ils se stoppèrent, alertés par des bruits de cavalcades et de voix.
-Ils ne doivent pas s'échapper !
-Gardez les portes !
-Primo a promis de nous lyncher si jamais on ne les retrouvait pas.
Ieyasu s'avança prudemment pour voir la situation en contrebas. Une bonne vingtaine de gardes, armés de revolvers et certains de fusils gardaient la porte principale en cours de rénovation, -où Ieyasu pouvait voir le soleil décliner, annonçant la fin de la journée- tandis que certains allaient et venaient, des flammes des différentes couleurs s'échappant de bagues qu'ils avaient à leurs doigts. Pour l'instant aucun n'allaient sur position mais cela ne saurait tarder. Il se tourna vers Tsuna.
-Ils sont trop nombreux, chuchota-t-il.
-Et leur boss est au courant de notre fuite, renchérit Tsuna. Passer par la porte d'entrée sera compliqué. C'est après tout la seule porte de sortie que nous connaissons.
Ieyasu hocha la tête.
-Que faisons-nous ? S'enfoncer dans le manoir est une mauvaise idée. Ils auront tôt fait de nous repérer et nous mener droit dans un piège.
-Le toit ?
Ieyasu resta interdit devant la suggestion de son frère.
-Il y aura surement des gardes...
-Peut-être moins qu'ici. Et la plupart des hommes postés là-bas seront des snipers pour nous débusquer de loin. Non seulement nous aurons l'avantage au corps à corps mais ainsi pour nous pourrions avoir une plus grande chance de nous éloigner le plus loin possible sans eux pour nous canarder.
-Ca se discute, réfléchit Ieyasu. Mais te sens-tu capable de te battre ?
-Pas vraiment… Mais a-t-on vraiment le choix ?
Ieyasu grimaça. Certes, il voulait protéger son frère, mais il reconnaissait que Tsuna était celui qui connaissait mieux l'art du combat entre les deux. Il savait que son frère pourrait très certainement se protéger lui-même sans avoir recours à sa flamme mais Ieyasu, lui, devra combler ses lacunes avec son pouvoir et son Hyper-Intuition. Et il supposait que cela le fatiguerait. Il ne pourra donc pas être aux côtés de Tsuna et le protéger. Sans compter que s'ils étaient à deux, ils pourraient mettre à terre plus d'ennemis que si Ieyasu se battait seul.
-Non… Mais on ne doit pas s'éloigner l'un de l'autre.
-Ieyasu…
-Je suis sérieux Tsuna. Les Verredicci n'hésiteront pas à profiter de notre lamentable état pour forcer l'autre à abandonner. Et je veux que tu sortes d'ici.
Tsuna resta silencieux un moment avant d'acquiescer. Tous deux guettèrent les bruits dans le couloir avant de se forcer à reprendre leur marche, leur allure plus rapide. Il ne leur fallu pas longtemps pour repérer un renforcement menant à un escalier en colimaçon. Ils l'empruntèrent et se retrouvèrent sur le toit de la villa. Dehors la nuit semblait avoir recouvert tout l'horizon, ce qui le rassura l'obscurité allait jouer en leur faveur. Accroupi dans un angle de mur, ils purent repérer une demi-douzaine de gardes, tous armés d'arme de longue portée, sur le qui-vive, mais ne prêtant pas la moindre attention dans la direction d'où ils venaient. Ieyasu ne put qu'être impressionné par la prévoyance de Tsuna. A moins que les Verredicci ne les pensaient assez suicidaire pour tenter une sortie par la grande porte. Tsuna posa une main sur l'avant-bras de son frère et lui fit signe de pas faire de bruit avant d'indiquer un garde un peu loin éloigné des autres et dont l'attention était concentré en contrebas. Ieyasu comprit de suite. Leur première cible, le plus discrètement possible.
Leur plan débuta dans de bonnes conditions. Tandis que Tsuna, après avoir avancé sans avoir été repéré, empêcha l'homme de produire le moindre son avec ses deux mains, Ieyasu lia ses deux mains, concentra sa Flamme pour renforcer ses poings et assainit un coup brutal au niveau de la tempe. L'homme n'eut pas le temps de comprendre qu'il s'effondra, inconscient et sans bruit, grâce au fait que Tsuna amortisse sa chute au sol, grimaçant au passage.
-Tsuna… s'inquiéta Ieyasu.
Mais Tsuna resta silencieux et hocha négativement. Ieyasu grimaça à son tour mais accepta leur destin. Il se ressaisit. Ils avaient encore à s'occuper de pas mal de gardes. Pendant plusieurs minutes, ils attendaient le bon moment avant de se charger des gardes un par un. Cependant, alors que Tsuna amenait le quatrième garde au sol, Ieyasu ne put s'empêcher de lâcher un petit cri de douleur avant de s'effondrer à genoux, tous ses membres tremblant violemment.
Les gardes restants se tournèrent alors comme un seul homme vers le son et virent les deux prisonniers. Il y eut un moment de silence avant que les gardes ne les mirent en joue. Tsuna mordit un juron et se précipita vers Ieyasu pour les mettre à l'abri derrière un muret tandis que les coups de feus et les impacts de balles retentissaient sur le toit. Il put entendre les voix de leur anciennes cibles hurler mais ne put discerner aucun mot. Peu lui importait : il se tourna vers Ieyasu.
-Ie-kun ! Est-ce que ça va ?
-Ça… ça va… pantela-t-il, avant de continuer en voyant le regard désapprobateur de Tsuna. Enfin presque ?… je ne sais pas trop... Mes bras… et mes jambes... n'arrêtent pas de trembler...
Tsuna l'examina rapidement avant de comprendre.
-Tu as trop utilisé ta Flamme, Ieyasu. Tu disais toi-même que tes réserves étaient faibles…
-Je peux encore t'aider…
-Non, Ieyasu. Tu ne comprends pas. Si tu continues d'utiliser ta Flamme, alors que ton corps est aussi démuni, tu atteindras bientôt un point de non-retour. Ta Flamme consumeras tout ton corps et ton être. Tu mourras Ieyasu.
-Si ça peut t'être utile pour que tu puisses t'échapper…
Tsuna se mit à genoux devant Ieyasu et agrippa fermement le bras d'Ieyasu qui sursauta devant la véhémence de Tsuna.
-Je te l'interdis ! Je pensais que nous devions sortir de là ensemble Ieyasu ! Alors je t'interdis de mettre ta vie en danger comme ça !
Ieyasu refoula ses larmes avant d'hocher la tête, tandis que Tsuna satisfait devant la docilité de son frère, reprit plus calmement.
-Nous n'avons plus beaucoup de temps. Ils vont, s'il ne l'ont pas déjà fait, demander des renforts. Je veux que tu restes ici et que tu utilises avec parcimonie ce qui te reste de Flamme pour te protéger. Je vais mettre hors d'état de nuire ceux qui restent et ensuite on trouvera un moyen pour s'échapper.
-C'est vraiment un plan à l'arrache… sourit avec fatigue Ieyasu.
-Tu en as de meilleur ? sourit Tsuna, ne le niant pas.
-Aucun. Juste sois prudent Tsuna.
Tsuna acquiesça, avant de s'adosser contre le muret, se préparant mentalement à sa riposte. Ce ne fut que quand le déluge de balles s'arrêta et qu'il entendit des bruits de pas s'approchant qu'il s'élança. Les gardes ne s'attendant pas à une contre-attaque et, sous-estimant sa vitesse, n'eurent pas le temps de le mettre en joue. Mais Tsuna était déjà devant un des hommes et lui asséna un grand de poing dans les côtes. Celui-ci se plia de douleur, ce dont Tsuna profita pour empoigner son bras et le tordit pour l'obliger à lâcher son arme. L'homme hurla de douleur et laissa son arme tomber au sol. Tsuna concentra une infime partie de sa Flamme, une partie de ce qu'il lui restait pour détruire le fusil de sniper. Il ne perdit pas de temps pour d'occuper des autres. Mais ce fut quand il se retrouva face au dernier, qu'il fut distrait par l'arrivée d'autres hommes par la seule porte, que sa chance tourna. L'homme profita de ce moment d'inattention pour donner un coup de coude au visage de l'héritier Vongola. Ce dernier fut envoyé à terre, une main devant son œil droit, sentant une douleur sourde, certain qu'il en garderait une trace pendant les prochains jours. Si prochains jours il y avait…
Cette pensée défaitiste le ressaisit et d'un bond se releva surprenant son adversaire et lui décocha un coup de genou dans la mâchoire le faisant ainsi perdre connaissance. Tsuna n'eut pas le temps de se réjouir de sa victoire qu'un des nouveaux arrivants se précipita vers lui, un couteau en main. Tsuna essaya d'esquiver les coups mais ne fut pas assez rapide, ses forces diminuant progressivement. Il para maladroitement quelques d'attaques, mais ne put éviter plusieurs coupures. Ayant conscience qu'il ne pouvait pas se permettre d'être blessé davantage, il calcula la prochaine trajectoire avant d'agripper le poignet de son adversaire et essaya de le tordre. Cependant, l'homme était plus résistant et plus fort que Tsuna et ne lâcha pas son arme, contre tous les espoirs du Vongola. Tsuna ne pouvait pas se permettre de faire traîner le duel plus longtemps. Il campa sur ses positions et attendit. Son adversaire sentant une faiblesse, essaya d'utiliser son poids pour l'obliger à se mettre à genoux. Mais c'était ce que Tsuna attendait. Quand l'homme usa de son poids, le plus jeune se laissa aller en arrière et le fit basculer derrière lui avant de lui tordre tout le bras. Un craquement d'os se fit alors entendre et l'homme hurla de douleur. Tsuna prit l'arme blanche et le laissa agoniser, avant qu'une sensation lointaine mais familière ne le força à regarder derrière lui. Son sang se glaça en voyant Ieyasu esquiver avec maladresse les coups de couteaux des hommes qui venaient d'arriver et avaient repéré la cachette de son frère. Pris de panique, il se précipita vers son frère, mais par faiblesse, ou par négligence, même Tsuna ne pouvait le dire, il ne mesura pas les distances et se retrouva entre Ieyasu et l'homme, au moment où ce dernier levait son couteau vers le ciel.
Tsuna sentit la douleur pénétrante au niveau de son œil gauche, qui se ferma instinctivement. Il laissa échapper un hurlement de douleur mais eut la présence d'esprit d'utiliser sa propre arme pour répliquer. L'arme qu'il avait volé s'enfonça dans l'abdomen de l'homme pris au dépourvu par la soudaine apparition de l'héritier Vongola. Quand il s'effondra, Tsuna mit un genou à terre, sa main plaqué sur le côté droit de son visage, essayant à tout prix de mettre une pression sur sa plaie et d'ignorer les conséquences de cette blessure, alors qu'il essayait tant bien que mal de garder son autre œil ouvert sur les reste des Verredicci, la main qui tenait l'arme dans une posture défensive.
-Tsuna ! s'écria Ieyasu, paniqué.
-Ne bouge pas, Ieyasu, déclara Tsuna d'une voix trop calme même pour lui, ce qui effraya quelque peu le Vongola lui-même.
Les Verredicci semblèrent partager le sentiment, car aucun ne s'approcha pour le confronter. Certains firent même un pas en arrière, murmurant entre eux, mais Tsuna ne porta aucune attention à leur parole. Puis soudain, certains Verredicci s'écartèrent pour laisser place à Teodorico Verredicci.
Celui-ci les regarda avec mépris, mais Tsuna décela une lueur vaguement impressionnée.
-Je comprend pourquoi Alessandro ne veut pas te lâcher un instant des yeux, Decimo Vongola, déclara-t-il, d'une voix menaçante. Tu es extrêmement dangereux.
-Seulement pour ceux qui s'en prennent à ma famiglia et à des innocents, Primo Verredicci, rétorqua Tsuna, d'une voix égale, mais intérieurement, il essaya de réfléchir à une échappatoire. Le Primo Verredicci ne serait pas assez idiot pour rester à discuter très longtemps et il devait trouver un moyen pour atterrir au pied de la bâtisse sans danger pour lui et Ieyasu.
Une grimace de pure haine tordit le visage de Teodorico.
-Vous êtes pareils… Toi et le Primo Vongola.
-Vous me faîtes trop d'honneur. Le Primo Vongola est un homme que j'admire profondément.
Tsuna put entendre les dents du Primo grincer, mais en regardant avec le peu d'attention qu'il avait il put voir une expression amère traverser son visage, et bizarrement, il ne pensait pas que cette émotion de dégoût lui était destiné.
-Je vous conseille de vous rendre, tous les deux. Vous êtes acculés et je sais par Alessandro que ta Flamme est faible, Vongola. Même si tu arrivais par miracle à descendre sans risquer ta vie, vous n'iriez pas bien loin. Je ne peux peut-être rien faire pour t'aider à échapper à une sanction pour cette fuite, Decimo, mais je peux faire en sorte qu'il n'arrive rien à ton compagnon.
Tsuna ne pouvait pas lever un sourcil sans subir une douleur et préférer jeter un regard noir envers le boss des Verredicci. Cet homme savait comment le manipuler. Mais il n'avait pas de chance car Tsuna refusait d'abandonner sur ce coup-là. Son cerveau tournait à vive allure. Il avait du vrai, malheureusement, dans ce que disait le Primo Verredicci. Ils étaient coincés. Si seulement il avait sa boite-arme, même si avec le peu de flamme à sa disposition ça n'aurait été que pour une diversion…
Il ne sut alors pas pourquoi ni comment, mais un appel discret remonta à ses sens. Pendant un instant, il avait cru entendre, dans le creux de son oreille, le hululement d'une chouette…
Mukurowl !
Tsuna ne sut pas s'il avait joué de chance ou non, mais avec le fait qu'il doive maintenir une pression sur son œil et son autre œil déformé par le coup auparavant, la surprise quand à cette révélation ne put être lue sur son visage. Il ne savait pas pourquoi ni comment, mais il était certain que Mukurowl était dans les parages. Puis il comprit. Chrome lui avait expliqué comment elle et Mukuro fonctionnait avec leur boite-arme et comment celle-ci se rendait invisible et indétectable même par certains illusionnistes, en attendant son heure. La chouette avait disparue après qu'Alessandro et Teodorico avait repris le dessus, et Tsuna avait été persuadé que Mukurowl était retourné auprès de ses maîtres. Mais si Mukurowl était avec eux alors…
Ils avaient une porte de sortie.
Il pria qu'il fasse le bon choix sinon il courait droit à sa mort et entraînerait Ieyasu avec lui.
Comme si elle avait lu ses pensées, il sentit la Flamme du Brouillard l'envelopper, indétectable mais rassurante. Et il se décida.
-Vous savez quoi ? Vous avez raison.
Teodorico plissa des yeux devant ces paroles. Ce n'était pas celles d'une personne vaincue, mais plutôt…
-Dans ce cas, je vais vous donner un bon conseil et cela pourrait vous être très utile.
Tsuna se releva de toute sa hauteur et toisa avec défiance le Primo Verredicci. Son regard s'embrasa, ses prunelles devenant d'un orange flamboyant.
-Ne sous-estimez pas les Vongola !
Et il lança son arme avec une dextérité que Teodorico n'aurait pas pensé d'un enfant qui avait été torturé pendant une semaine et blessé aussi gravement. Il esquiva le couteau quand il reporta son attention sur l'héritier Vongola, c'était trop tard. Tsuna avait déjà fait volte-face et prenant le bras de son frère, courait tant bien que mal vers la limite du toit.
-Arrêtez-les ! commanda-t-il, en sortant son fouet.
Tsuna tourna la tête avec Ieyasu.
-Fais-moi confiance et saute !
Ieyasu le regarda avec incrédulité pendant une seconde avant que tous les doutes ne semblèrent s'évaporer en voyant le regard déterminé et confiant dans l'œil à peine visible, sous le gonflement dû au coup, de son frère. Ieyasu hocha la tête partageant la confiance de Tsuna.
-Je te suis Tsu-kun !
Tsuna eut un petit sourire avant de se concentrer devant et sauta dans le vide, ne lâcha pas le bras d'Ieyasu, et le rapprochant de lui. Au moment où les deux frères ne furent plus en contact avec la villa, ils furent enveloppés par une brume épaisse et une chouette sortit de nul part, étendit ses ailes et les effleura contre la peau de Tsuna qui croisa le regard hétérochrome de l'animal.
-Amène-nous à Mukuro !
Tsuna savait instinctivement que la chouette ne pourrait jamais les amener à la destination exacte où se trouvait Mukuro. La boite-arme n'avait très certainement pas assez de flammes pour transporter deux personnes sur une grande distance, mais il savait que Mukurowl ferait tout pour les rapprocher de lui. Sans compter qu'il voulait à tout prix retrouver sa famiglia.
Un hululement fut sa réponse et Tsuna abandonna tous ses sens pour faciliter l'illusion de prendre réalité et fut récompensé en se sentant flotter.
Cela lui sembla durer un éternité, mais au bout de quelques secondes, il se retrouva couché sur un sol terreux au plein milieu d'une plaine. Il ouvrit son œil sur une lune à son dernier quartier, les hautes herbes chatouillaient sa peau tuméfiée et douloureuse et le vent rafraichissait les endroits où le sang coulait encore, le revigorant. Il sentit un rire monter dans sa gorge. Il leur avait encore échappé ! Il ne sut pas combien de temps il resta là à sourire au ciel mais l'adrénaline redescendit peu à peu.
-Tsu-kun ? s'éleva une voix incertaine et paniquée.
-Je suis là, Ie-kun… répondit Tsuna d'une voix fatiguée, tandis que ses sens commençaient lentement à s'endormir, et la douleur et la fatigue reprenait lentement le dessus.
Le visage de son frère entra dans son champs de vision. Ses yeux fatigué et empreint d'une grande inquiétude.
-Mon dieu, Tsu-kun… souffla inquiet Ieyasu en tendant une main vers sa blessure à son œil droit.
-Ieyasu, tu vas bien ?
-Je vais bien… Enfin je n'ai plus de Flamme… Je… Tsu-kun, je suis désolé… Je…
-Ne t'inquiète pas pour ça… je suis heureux que tu sois sauf… Où… Où on est ?
Ieyasu prit le temps de regarder autour de lui.
-Je ne suis pas sûr… On se trouve au plein milieu d'une plaine mais je crois reconnaître les montagnes qu'on voyait depuis le toit de la villa… On ne doit pas être très loin de nos poursuivants… Cet oiseau…
-Une boite-arme de mes gardiens du Brouillard... Était cachée avec moi jusqu'à qu'elle puisse nous secourir en tout' sur'té. Je n'savais pas qu'elle 'tait avec moi avant…
-Tsuna… Tu perds trop de sang. Économise tes forces.
-D'vons partir d'là… Trop... découvert…
Ce n'était pas bon… La fatigue le rattrapait trop vite. Pourtant, ils devaient continuer à fuir. Ils avaient certes une avance sur leur tortionnaires mais s'ils restaient là, ça ne resterait pas longtemps le cas. Ieyasu regardait son frère, se mordit la lèvre avant d'entreprendre d'aider son frère à se relever. Tsuna protesta :
-Je… peux…
-Dis pas de bêtise, Tsu-kun. Appuies-toi sur moi.
Tsuna regarda son frère du coin de l'œil et vit d'énormes bleus sur son torse.
-Tu…
-Quelques côtes malmenées, mais je ne pense pas qu'elles soient fracturées, expliqua Ieyasu, en se relevant avec Tsuna avant de commencer à avancer dans la direction opposée de là où ils venaient. Pour l'instant je pourrais te soutenir mais ma fatigue me rattrapera tôt ou tard. On va mettre le plus de distance possible avec la villa.
Trop faible maintenant pour protester, Tsuna grogna son assentiment. Aucun des deux ne surent combien de temps s'étaient écoulé. Tsuna pouvait sentir le souffle d'Ieyasu devenir erratique et les mains qui retenaient le bras de Tsuna sur ses épaules trembler de plus en plus au fur et à mesure que le temps passait. Tsuna allait proposer une pause mais, alors la lune commença à apparaître devant eux, tous deux purent sentir une Flamme apparaître tout près d'eux.
-Ils nous ont retrouvé, désespéra Ieyasu.
Mais Tsuna n'était pas de cette avis. La flamme lui était plus que familière.
-Non… c'est…
Un épais brouillard naquit autour d'eux et alors qu'ils ne distinguaient plus leurs alentours, deux formes humaines s'approchèrent d'eux. Tsuna leva son seul œil encore fonctionnel pour croiser le regard inimitable de Mukuro. Un œil bleu électrique qui semblait remarquer la moindre de ses blessures et qui s'agrandissaient au fur et à mesure que les dégâts étaient pris en compte, tandis que son œil rouge s'illuminant, promesse de souffrance. La deuxième personne s'était stoppée en voyant Tsuna et son compagnon, lui regardant l'état de l'héritier Vongola puis son visage se ferma et ses poings se resserrèrent sur des tonfas qu'il alluma de ses flammes violettes. Ses yeux étincelèrent de rage sur Ie-kun.
-Je vais vous mordre à mort.
-Non… s'étrangla Tsuna.
L'apparition de Mukuro et Hibari résonna comme un glas de sécurité. Les forces de Tsuna l'abandonnèrent, ses jambes se dérobant sous son poids, et tomba en avant, entraînant Ieyasu avec lui, qui eut un petit cri de protestation qui sentit ses dernières forces le quitter, et ses yeux se fermèrent sous son manque d'énergie. Instantanément, Tsuna fut rattrapé par Mukuro presque avec douceur.
-Tsunayoshi.
-Ne… lui…. Ne lui faîtes… pas de mal… C'est…
Mais les mots lui manquèrent. Ses pensées tournoyaient dans sa tête sans qu'il n'y trouve une logique. Ses yeux se fermèrent et il eut grand peine à les ouvrir à nouveau. Les couleurs et les formes s'entremêlèrent, ajoutant à sa confusion. Mais les dernières paroles de Mukuro transpercèrent ses sens et acheva de le rassurer.
-Ne t'en fais pas, petit boss on ne lui fera rien. Tu es maintenant en sécurité.
Tsuna laissa échapper un soupir de soulagement avant qu'il ne se laisser happer par le vide de son inconscience.
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Et voilà ! Je voudrais encore sincèrement m'excuser pour cette longue attente, malgré que le chapitre soit resté dans ma tête mais j'ai mis énormément de temps pour le coucher son mon ordi. Ça et le fait que je me suis totalement tournée vers d'autres fandoms n'a pas grandement aidé. Quand même, je continuerai cette fiction malgré le temps qui passera. Je peux vous dire en tout cas que la fin approche à grand pas. Je ne saurais dire combien de chapitre il y aura encore. Je me connais, je peux dire un nombre mais en fin compte il y en aura un peu plus ^^' mais je peux vous dire qu'il y aura encore d'autres rebondissements !
Je vous remercie de votre fidélité et j'espère sincèrement que vous resterez jusqu'à la fin de cette fiction.
