Coucou !
Je disparais de la circulation, comme toujours, et comme à mon habitude je repointe le bout de mon nez de temps à autre.
Voilà le 5ème chapitre de cette petite histoire qui en comportera 8.
Merci à tous ceux qui se sont échoué avec grâce par ici, j'espère qu'il vous plaira.
Dans le doute de savoir pourquoi vous avez cliqué sur la petite notification qui vous menait ici, n'hésitez pas à relire depuis le début, c'est pas bien long et ça se mange comme du bon pain.
Des gros bisous, et à dans quelques temps !
V – L'Orphelinat
Une grande carte était étalée sur la grande table du salon, prenant toute la place. Divers objets étaient posés par-dessus. Des bouts de pierres, des tissus, quelques parchemins remplis de runes les plus obscures. Le reste de la Villa était pareillement encombré. Depuis des semaines, tous les amis s'affairaient à leur nouveau projet : réparer le monde sorcier. Hermione supervisait les travaux d'une poigne de fer, comme à son habitude. Chacun avait été réparti sur un lieu essentiel, épaulé par des architectes et ouvriers magiques. Harry avait obtenu, sans grande surprise, la réparation de Poudlard.
C'était le lieu le plus compliqué, celui qui pulsait d'une magie si grande, si complexe que personne n'aurait eu ne serait-ce que la prétention de vouloir la comprendre.
Sauf Harry. Lorsqu'il avait fallu assigner quelqu'un à la réparation de l'école, tout le monde s'était tu. Ils avaient regardé Harry. Ce dernier avait haussé les épaules. C'était bien trop dur. Mais Harry appartenait à une catégorie différente. S'il y avait bien quelqu'un pour comprendre les fondations mêmes de l'école sorcière, c'était bien lui. Il était nul en théorie, complètement. Les runes, pas son truc. Les lois magiques, non plus. Mais, aux dernières nouvelles, ce n'était pas des vagues phrases énoncées des siècles auparavant qui allaient l'arrêter.
Alors il farfouillait depuis des semaines dans les pièces les plus obscures de Poudlard, des parchemins depuis longtemps perdus avaient refait surface, comme par magie. Et Magie, il le savait, y était pour quelque chose. L'école sentait qu'elle ne pouvait plus offrir son toit aux élèves du monde magique. Alors elle aidait comme elle pouvait les auteurs de sa réparation.
Si bien qu'Harry se retrouvait à sept heures du matin, un parchemin dans les mains, une Hermione et un Draco bien fatigués autour de lui, en train de déchiffrer tant bien que mal des runes d'un autre millénaire.
- C'est un signe de rempart. Rempart magique. Vois comme la boucle se finit avant la fin du caractère. Elle protège. C'est un Rempart magique, j'en mets ma main à couper.
Draco acquiesça devant les paroles d'Hermione.
- Elle a raison. Tu as devant toi la source des protections de Poudlard, Harry.
Harry se gratta le coude, pensif. Il n'y comprenait pas grand-chose, vraiment. Il suivait souvent son instinct, et là, son instinct lui soufflait que le temps n'était pas à la réflexion.
- Très bien, dit-il tout en roulant le parchemin pour le ranger dans sa sacoche.
Draco le regarda d'un air vide, un sourcil levé.
- Très bien ?
Harry hocha la tête, peu conscient du ton narquois que son homme venait d'emprunter.
- Oui, très bien. Je vais à Poudlard, ne m'attendez pas pour manger.
- Oï Potter, doucement, non ?
Harry releva la tête du sac qu'il était en train de remplir pour braquer ses yeux sur un Draco passablement énervé.
- Tu penses vraiment que tu vas pouvoir débarquer à Poudlard, agiter ta baguette dans tous les sens sur le parchemin et rendre à Poudlard sa grandeur d'antan ?
Harry aurait eu tendance à vouloir dire oui, mais au vu des yeux gris orage de son compagnon, il comprenait que ce n'était pas la réponse attendue. Draco soupira et lança un coup de menton en direction du parchemin qu'Harry tenait encore.
- Je viens avec toi, on verra ce qu'on va pouvoir faire. Mais pas sur un coup de tête ok ?
Harry acquiesça, bien content d'être accompagné. Fourrant le parchemin dans le sac, il embrassa le haut de la tête d'Hermione avant de se précipiter dans la cuisine pour voir s'il n'y avait pas des restes de la veille à se coincer sous la dent. La brunette soupira brièvement avant de tendre deux autres parchemins à Draco qui les réduisit d'un coup de baguette.
- Tu feras attention à lui hein. S'il utilise une grande puissance magique, son glamour risque de tomber, et ça sera à toi de lui maintenir en place. Il y a peu de gens qui osent encore s'aventurer autour de Poudlard à cause des irrégularités magiques que l'école provoque, mais Pré-au-Lard n'est pas si loin, alors on ne sait jamais. Si l'on voit Harry essayer de réparer Poudlard, Kingsley me fera la peau.
- Je m'en occupe Hermione. Où en sont les autres ?
Hermione sourit doucement :
- Ron et Georges font leur maximum au Chemin de Traverse. Avec Harry qui est allé nettoyer les restes de magie noire chez Ollivander, ce n'est plus qu'une question de jour avant que le Chemin ne soit complètement réutilisable dans sa globalité. Enfin, excepté Gringotts…
Draco renifla un instant et secoua la tête :
- Je te l'ai dit, Bill fait un bon boulot. Il a accepté sans rechigner de travailler avec moi. Je suis sous glamour quand il est là, mais je suis persuadé qu'il sait quelle est ma réelle identité. C'est le meilleur dans son domaine et il connait Gringotts comme sa poche. L'accueil est déjà de nouveau fonctionnel et une grande partie des sorciers ont repris l'habitude de venir déposer leur argent. Il manque juste quelques poches de magie noire plus en profondeur à éradiquer.
- Harry pourra y passer, au pire des cas.
Draco acquiesça, même s'il estimait qu'Harry avait bien assez à faire d'une école bourrée de magie à réparer.
Ce dernier passa sa tête par l'encolure de la porte, un toast à moitié tartiné dans la bouche et jeta un coup d'œil interrogateur à Draco avant de faire un signe à Hermione. Une seconde plus tard il n'était plus dans la maison. Hermione soupira :
- Je sais qu'il est Harry, et que pas grand-chose ne lui est impossible, mais j'aimerais franchement savoir comment il arrive à transplaner depuis la Villa. C'est moi qui ait apposé les sorts d'anti transplanage, et ça me vexe un peu à vrai dire.
Draco gloussa doucement devant l'air blasé d'Hermione, avant de la saluer, et de quitter la Villa pour transplaner à Poudlard rejoindre Harry. Il n'était pas comme son mari, lui devait se soumettre aux règles de Magie.
Le soleil peinait à se lever et la brume parsemait encore les plaines s'étendant à perte de vue autour de la Villa.
Tout le monde dormait. Tout le monde sauf Harry, ce qui n'avait rien d'étonnant. Il était assis sur le perron de la Villa, une tasse de thé brulante entre les mains, ruminant des pensées dans sa tête. Pour une fois, elles n'avaient pas de liens avec la guerre. Réparer Poudlard lui donnait tellement de fil à retordre qu'il n'avait même plus le temps de penser à ses traumatismes. Il était épuisé physiquement par la quantité de magie qu'il déployait chaque jour pour tenter de réparer les protections de l'école, mais en contrepartie, il n'avait jamais aussi bien dormi que ces dernières semaines. Draco en était le plus heureux, il détestait devoir réveiller Harry quand celui-ci tombait trop profondément dans des souvenirs qu'il revivait en cauchemar.
Harry se leva brusquement, lâchant la tasse de thé qui se déversa à ses pieds. Devant lui se tenait un patronus, un renard. Celui de Théodore Nott. Ce dernier était toujours à la recherche d'anciens mangemorts, et tout le monde à la Villa s'inquiétait constamment. Pansy particulièrement, mais jamais elle n'oserait empêcher l'homme qu'elle aimait de tenter de racheter ses actes. Du moins, dans la tête de l'ancien Serpentard. Pour les habitants de la Villa, cela faisait belle lurette que Théodore avait racheté son passé de mangemort.
Le renard bleuté s'assit devant Harry et transmis son message, de la voix d'un Théodore essoufflé.
- J'arrive à la villa… merde, protego ! J'arrive avec un gosse. Il faut que vous vous réunissiez, c'est important. Crucio ! Reducto ! Finite…
Le renard disparut et Harry grinça des dents. Théo avait l'air d'être en mauvaise posture, et il ne comprenait rien à son message. Seul l'ordre de réunir était clair alors Harry s'éclaircir la gorge, porta sa baguette contre son cou et entreprit par un enchainement de douces onomatopées de réveiller l'ensemble des dormeurs de la Villa.
En quelques instants, tout le monde se trouvait dans le salon, bien peu réveillés et très grognons, attendant d'en savoir plus avant de réduire Harry à l'état de soupe en poudre pour ce réveil peu agréable.
Harry inspira un coup, regarda Pansy en lui souriant doucement pour la rassurer au préalable et déclare :
- Je viens de recevoir un patronus de Théo. Ça va aller Pansy.
Cette dernière s'était figée et seul le bras de Draco contre son dos l'empêcha de trembler.
- Il dit qu'il arrive. Il semblait être en train de se battre, mais il a pris le temps d'envoyer un Patronus, donc je pense que ça ira.
Tout le monde acquiesça, la boule au ventre. Harry continua :
- Ce n'est pas tout. Il a été très concis dans son message, mais il a parlé d'un gosse…
Un froncement sourcil commun se fit voir sur tous les visages.
- Un gosse ? Qui… ? Demanda Ginny.
Harry haussa les épaules :
- Je ne sais pas. Nous le saurons dans peu de temps, quand il rentrera. En attendant, qui que soit ce gosse, il est assez important pour que Théo se soit mis à découvert pour le ramener.
Luna s'avança et murmura :
- Il sera très tourmenté. Il faut faire un petit déjeuner. Il aura faim.
Elle partit dans la cuisine et Draco la suivit bien vite, un sourcil levé, mais personne ne pensait à remettre en cause les paroles de Luna.
A peine une heure après, Théodore transplanait dans le jardin, un bras en sang, et l'autre portant un gamin solidement accroché. Harry, Hermione et Pansy se précipitèrent vers les arrivant. Harry réceptionna l'enfant qui eut du mal à se détacher de son protecteur tandis que les deux femmes s'affairaient à soigner le bras de Théo.
Harry éloigna l'enfant de la scène, et l'emmena près du petit étang aux canards qui coulait paisiblement non loin des larges serres de Neville.
Harry s'assit au sol, et le petit le regarda avec de grands yeux.
- Bonjour, je suis Harry. Qui es-tu ?
Le petit semblait effrayé, et ne répondit pas. Harry jugea plus prudent d'attendre Théo pour comprendre plus. Il fit apparaître de la nourriture pour canard et en proposa à l'enfant.
- Tu veux m'aider à nourrir les canards ? Regarde, tu as juste à lancer la nourriture dans l'étang, et ils se feront un plaisir de tout manger.
Le petit prit son rôle très au sérieux, oubliant un instant les dernières heures qu'il avait vécu qui devaient être, Harry n'en doutait pas, très traumatisantes.
L'adulte contempla doucement l'enfant qui se trouvait à côté de lui. Des cheveux châtains, des yeux d'un brun assez clair, il n'avait pas de signe particulier qui permettait à Harry d'identifier à quelle famille il appartenait. Seulement, si Théo avait pris la peine de se mettre à découvert pour le ramener, alors le gosse ne devait pas être n'importe qui.
- Il ne devait à peine avoir trois ans. C'était un fils de la guerre, un de ces enfants nés au milieu du chaos, et dont les premières années avaient été sacrifiées.
Quelques minutes plus tard, après s'être assuré que la blessure sur son bras était stable, Théo rejoignit Harry devant la mare aux canards.
Ce dernier lui jeta un coup d'œil concerné, et le grand châtain lui sourit avec difficulté. Il montra son bras couvert des rubans apposés par Hermione et déclara :
- Ça ira, j'ai vécu pire.
Harry soupira, ce n'était pas rassurant, mais il connaissait Théo, et le jeune homme était robuste. Il tourna alors la tête vers le petit garçon qui regardait avec un intérêt étrange le bras blessé de son sauveur. Puis il se détourna bien vite et se remis à observer les canards, les pensées bien lointaines, ne portant pas attention à la conversation qui le concernait. Théo acquiesça de la tête en avisant l'air interrogateur d'Harry, et se lança.
- Il s'appelle Niels.
Il soupira, et rajouta :
- Niels Carrow.
Harry tiqua légèrement, mais ne laissa rien paraitre de plus. Un fils de Carrow, ce mangemort qui avait tant fait subir aux jeunes de Poudlard. Le même qui avait été tué par Ginny durant l'une des nombreuses attaques sur Poudlard, quand l'école avait été reprise par l'Ordre du Phénix.
- Amycus Carrow avait été jugé post-mortem, reconnu coupable de crimes contre le monde sorcier.
Il n'était pas facile de porter son nom.
Et le petit garçon qui lançait des miettes de pain aux canard en était le seul héritier.
Harry réprima le frisson qui allait se déclencher dans sa colonne vertébrale. Il chuchota pour que l'enfant ne l'entende pas :
- Où l'as-tu trouvé ?
- Dans une poche de résistance noire. Ils étaient trois. Je les filais depuis des mois. Je pensais qu'ils pouvaient me mener à un groupe plus important, mais ils étaient prudents. J'ai découvert l'existence du petit au bout de quelques mois. Il était constamment enfermé dans leur cachette, mal nourri. Il ne voyait jamais le jour. J'ai craqué ce matin et je l'ai récupéré. J'ai bousillé 6 mois d'enquête mais il n'a pas quatre ans. Il peut apprendre à vivre.
Harry acquiesça, pensif.
- Il faut voir avec tout le monde la décision que nous allons devoir prendre.
- A savoir ?
- Le garder, ou le donner aux autorités compétentes.
Théo réprima un rictus dégoûté et s'exclama le plus doucement possible :
- Tu n'y penses pas Harry ! Il entrerait dans le système des si nombreux orphelins de guerre, à peine considérés, qui grouillent dans des orphelinats trop petits pour le nombre d'enfants !
Harry hocha la tête doucement :
- Ce n'est pas mon souhait, non. Mais c'est une décision collective à prendre.
Il rajouta encore plus bas, bien que l'enfant se soit levé et approché des canards, trop loin maintenant pour les entendre :
- Ce n'est pas n'importe quel gosse. Tu sais très bien quel est le poids d'être fils de Mangemort. D'autant plus d'un mangemort aussi impliqué et proche de Voldemort que les Carrow. Cela va nous poser des problèmes. Je souhaite tout autant que toi qu'il puisse grandir dans les meilleures conditions. Mais ce n'est pas simple. Il faut que tout le monde donne son avis sur la question, car notre décision impliquera tout le monde à la Villa.
Théodore se calma un peu et acquiesça, comprenant le point de vue de Harry.
Il se leva, s'approcha doucement de Niels et lui tendit la main :
- Est-ce que tu veux que je te montre toute la maison ?
Le petit garçon parut indécis un instant puis glissa sa petite main dans celle si grande de Théo. Harry les suivit, et ils rejoignirent le groupe qui les attendaient assez impatiemment.
L'après-midi fut l'une des plus calmes et étranges que toute la Villa avait passé depuis des mois – voire depuis les années qu'ils s'étaient installés ici.
Tous se consacrèrent à accueillir dans la plus grand bienveillance l'enfant Carrow. Celui-ci ne parlait pas, et ne s'éloignait guère de Théo.
Il se dérida enfin au bout de quelques heures au contact de Luna.
Lorsqu'il fut le temps pour Niels d'aller se coucher, il ne rechigna pas. Le fait de dormir dans une maison étrangère ne le perturba pas non plus, et Harry se demanda combien de fois l'enfant avait dû changer de lieux de vie – si des greniers et des caves pouvaient être qualifiés de lieux de vie.
Harry réunit donc l'ensemble des occupants de la villa dans le salon, lorsque Niels fut couché. Aucun d'eux n'avait compris ce qu'il s'était passé en ce jour, et personne ne connaissait l'identité de l'enfant.
C'est pourquoi, lorsque Théo leur expliqua les aventures du matin, la plupart hoquetèrent. Ginny, en particulier, s'assit, assez pâle. Alicia se précipita à ses côtés pour la soutenir. La jeune rousse était particulièrement affectée de savoir que le garçon était le fils de Carrow, celui-là même qu'elle avait fait exploser pendant une des batailles de Poudlard.
Après de nombreuses questions, Harry prit la parole et déclara :
- Il va falloir maintenant prendre une décision importante. Quel que soit notre choix, il ne sera pas sans conséquences.
- Qu'entend-tu par-là, Harry ? Demande Hermione, interloquée.
Harry grimaça et expliqua :
- Il s'agit de décider si nous gardons Niels avec nous… ou si nous allons le déposer à un orphelinat.
Une exclamation outrée commune retentit dans la pièce, et Harry laissa craquer un micro-sourire avant d'apaiser la foule :
- Ecoutez-moi. Je comprends votre attitude, mais attendez. C'est un fils de mangemort, de Carrow, particulièrement. Avec ce nom vient tous les problèmes possibles et imaginables, alors je voudrais que notre choix soi–
- Non.
Tout le monde se tourna vers Luna qui affichait un air sérieux, bien différent de celui qu'elle laissait voir habituellement.
- Luna ?
La jeune secoua ses boucles blondes et déclara :
- Il sera notre responsabilité. Reconstruire le monde sorcier c'est aussi reconstruire les enfants qui marcherons après nous. La question ne se pose pas. Nous le gardons.
Et puisque la parole de Luna faisait acte de vérité, chacun acquiesça, et la question fut réglée. Ils penseraient aux problèmes plus tard.
Plusieurs semaines étaient passées, et Niels commençait doucement à s'habituer au doux chaos qui régnait dans la villa. Il ne parlait toujours pas, et tous se demandaient si cela serait ainsi à tout jamais. Mais les adultes s'en satisferaient, parce que l'enfant était un ange.
Intelligent, il comprenait tout très vite, et faisait preuve de grands progrès dans la confiance qu'il accordait aux habitants de la Villa. Il avait toujours du mal lorsque Théo n'était pas là, mais cela semblait tout à fait compréhensible.
Harry et Draco, de leur côté, avaient eu beaucoup à faire. Poudlard leur posait soucis : l'école restait toujours sous l'emprise de sortilèges noirs qui l'empêchait de fonctionner correctement.
Le couple se trouvait d'ailleurs sur les terrains de l'école, grommelant une énième fois des sortilèges et des runes déjà utilisées, et qui n'avaient servi à rien. Leurs glamours bien en place, personne ne pouvait se douter que le Sauveur du monde Sorcier était accompagné du Martyr du monde Sorcier… et qu'ils tentaient de reconstruire la plus grande école de magie du Royaume-Uni.
- Sauna protectis… Je connais cette protection. Elle était dans le gros bouquin des anciens boucliers qui se trouvait dans le bureau de Dumbledore, murmurait Harry, concentré, tandis que Draco était accroupi au sol, sa baguette pointée vers le bas, et les sourcils froncés.
- Mais oui… c'est ça ! S'exclama d'un seul coup Draco.
Harry remua la tête, pris dans ses pensées et rétorqua sans y penser :
- Mmh non, on a déjà essayé, les protections ne marchent pas, il faut annuler la malé–
Draco le coupa en se levant brusquement, lui faisant face, des étoiles dans les yeux.
- Non, non, pas les protections ! Non – attends… Oui c'est cela, le sol – il est vecteur…
Il resta figé un instant, tandis qu'Harry regardait son homme faire marcher ses neurones beaucoup trop rapidement pour qu'il puisse suivre.
Draco finit par expliquer d'une voix calme bien que légèrement tremblotante. Il avait compris, il en était sûr.
- La malédiction, elle n'est pas sur l'école, ni dans l'école… Elle est l'école.
Harry fronça les sourcils et secoua la tête, il ne comprenait pas.
- On avait déjà abordé le sujet avec Hermione. L'école est un réceptacle, elle est posée sur un lieu complètement chargé en magie. Tout… les tableaux, les escaliers, les gargouilles, même les fantômes… tout, tout tient aux courants magiques telluriques. L'école est une immense rune naturelle en elle-même. Et la malédiction…
- Coule dans les veines de l'école, murmura Harry, comprenant enfin.
Draco hocha la tête et posa une main sur l'épaule de son compagnon :
- On cherchait à protéger et reconstruire l'école. Mais il faut la purger d'abord, il faut séparer la magie qui fait marcher l'école, et celle, liée, qui l'empêche de fonctionner correctement.
Harry hocha la tête, pensif. Il parut se déconnecter de la réalité pendant un moment puis il chuchota :
- Recule-toi Draco.
Le concerné fronça les sourcils. Qu'allait-faire Harry ?
- Attends Harry, il faut qu'on réflechisse avant d'ag–
Peut-être avait-il oublié qui il avait épousé, mais il allait rapidement comprendre que le côté Gryffondor de son homme avait refait surface. Agir d'abord, réfléchir ensuite.
Harry fit tourner sa baguette dans un large cercle autour de sa tête avant de l'abaisser en s'accroupissant rapidement au sol. Un tremblement se fit sentir tandis qu'Harry avait les yeux fermés et semblait plus concentré que jamais.
Une vague de magie si puissante que Draco fit un pas en arrière surgit brusquement du corps de son mari. Le glamour qu'Harry commença à disparaître, les cheveux blonds laissant place à la crinière noire habituelle, les yeux marrons aux yeux verts. Draco se concentra pour essayer d'apposer de nouveau le glamour sur son homme, mais la décharge de magie venant du Gryffondor était bien trop forte.
Draco fit un nouveau pas en arrière et contempla, impuissant, Harry effectuer un nouvel acte de magie que nul autre n'avait réussi avant lui.
Il espérait juste que l'école n'allait pas lui puiser toute sa magie.
Une heure passa, puis deux, et enfin quand le soleil commença à baisser dans le ciel, Harry bougea et grogna. Il laissa tomber sa baguette et s'allongea à même le sol. Draco se précipita sur lui, et vérifia ses constantes. La magie du brun était à sec, il avait tout donné. Il allait prendre plusieurs jours pour récupérer. Il regarda inquiet Harry qui avait les yeux tournés vers le ciel, et s'apprêta à lui demander comment il se sentait, mais le brun le devança :
- Regarde. Ça y est. Tout ira bien.
Draco suivit du regard ce que son homme observait. Des filaments de magie filaient rapidement vers le ciel. Une magie grouillante, noire, impure. Une magie qu'Harry avait réussi à sortir de l'antre de l'école. Et maintenant, l'école, libérée, la chassait naturellement.
Ils avaient réussi.
L'école était vierge de toute magie noire.
Draco baissa la tête pour observer Harry. Il redécouvrait chaque jour la puissance de son homme. Et il en était bouche bée.
Bien qu'un Malfoy, se respectant, n'admettrait jamais pouvoir être impressionné.
L'air était doux à la villa, il était à peine six heures. Déjà Neville s'affairait dans le jardin, prenant soin de ses plantes. La serre était ouverte, prenant l'air, et les multitudes de plantes toutes aussi étranges les unes que les autres s'étiraient sous les premiers rayons du soleil.
Ginny était assise sur le perron, elle regardait son ami de loin. Une tasse de thé dans les mains, elle réfléchissait.
Alicia et elles avaient reparlé d'adopter un enfant, et le sujet était de plus en plus abordé. Elle avait eu le temps de réfléchir, et l'idée ne lui faisait plus aussi peur qu'avant.
Et puis, une évidence, pas plus haute que trois pommes, dormait au premier étage, plus apaisé que jamais. L'arrivée de Niels à la villa semblait être un présent, un don, quelque chose pour venir répondre à une décision qu'elles n'arrivaient pas à prendre.
Alicia était partante. Mais Ginny avait peur.
Neville vint s'assoir à côté de son amie et lui lança un regard inquisiteur :
- Quel est le problème ?
La rousse mit un temps avant de répondre, puis soupira :
- La question de l'adoption, comme toujours.
- Je croyais que vous étiez arrivé à la même conclusion, que vous alliez vous lancer ?
Ginny acquiesça et expliqua doucement :
- Ça oui, c'est bon. On est d'accord depuis quelques mois maintenant.
- Alors… ?
Le regard de Ginny se fit plus trouble et elle murmura :
- Le choix est tellement évidemment, maintenant. Cela fait des semaines que Niels est arrivé, et le lien que nous avons créé avec lui…
Neville hocha la tête doucement. Il comprenait maintenant.
- Tu sais que c'est une bonne idée n'est-ce-pas ?
Ginny pencha la tête sur le côté et murmura :
- Tu es sûr ? Tu oublies un paramètre, tout de même.
- Qui est ?
Ginny eut un rictus douloureux et expliqua :
- Il est Niels. Mais il aura toujours Amycus Carrow associé à lui. Ce même Carrow que j'ai tué. Comment pourrais-je être à la fois sa mère, et celle qui a tué son géniteur ?
Neville resta silencieux un moment :
- C'est vrai, tu ne pourras pas prévoir. Mais je pense qu'il sera plus heureux d'avoir une mère qui admet ce qu'elle a fait, plutôt que le pseudo-père qu'Amycus Carrow aurait pu faire.
Ginny ne répondit pas. Elle avait besoin de parler à Alicia, d'avoir son avis, de lui exprimer une nouvelle fois ses doutes. Elle ne voulait pas prendre la mauvaise décision. Adopter un enfant était déjà une décision très difficile, et d'autant plus quand l'une des deux mères était la meurtrière du géniteur de l'enfant.
La rousse posa une main affectueuse sur l'épaule de Neville et le remercia d'un bisou dans les cheveux. Elle détala rapidement, cherchant sa moitié blonde qui devait déjà être sur un balais dans le ciel.
- Tu sais…
Un silence. Hermione était allongée dans l'herbe, sa tête reposant sur le torse de Georges, qui contemplait le ciel, plutôt apaisé. Il baissa le menton vers sa compagne et leva un sourcil interrogateur. Hermione avait le nez froncé, comme à chaque fois qu'elle réfléchissait. Elle avait attrapé une boucle de cheveux bruns et l'enroulait autour de son index.
- Niels. Il ne doit pas être le seul. Il doit y avoir toute une ribambelle d'enfants orphelins.
Elle fit une pause et rajouta :
- D'enfants de mangemorts.
Georges acquiesça, et la laissa continuer :
- Ils doivent être un peu partout. Certains doivent encore être avec une partie de leur famille noire. Mais une grand partie… ils doivent être dans ces orphelinats surchargés, et surement pas très bien traités.
George passa doucement une main dans les cheveux de la brune et murmura :
- Tu te souviens de l'enfance de Voldemort. Celle que Harry nous avait raconté.
Hermione hocha la tête :
- Seul, délaissé, maltraité, même, dans cet orphelinat.
Georges se redressa un peu, tandis qu'Hermione s'asseyait contre lui. La femme déclara :
- Avant même de s'inquiéter de la création d'un nouveau mage noir, il serait déjà bien plus juste de les prendre en charge et de s'assurer que le nom qu'ils portent ne leur assure pas un avenir qu'ils n'auraient pas mérité.
George acquiesça, ne rajoutant rien. Il déposa un léger baiser contre la tempe de sa compagne, et Hermione sourit doucement. Puis brusquement, elle se leva et déclara :
- Je vais en parler à Luna. Elle saura quoi faire.
Et le rouquin regarda la brune détaler dans l'herbe haute, le laissant seul mais heureux, chaque jour le réparant un peu plus.
Hermione déboula dans la cuisine où Luna et Draco s'affairaient aux fourneaux, discutant de vive voix, sur, pour ne pas changer, certaines créatures qui devaient exister… mais pas aux yeux d'Hermione, qui avait abandonné depuis longtemps ce combat.
Olivier était assis sur une chaise, les jambes écartés, penché, les sourcils froncés, tandis qu'il essayait tant bien que mal de nourrir sa petite progéniture. Progéniture qui, au grand bonheur de son père, préférait se barbouiller de la mixture que l'on lui donnait, plutôt que de la manger. Aries Dubois avait hérité du caractère de ses deux parents, et Hermione n'aimerait pas être à la place des futurs professeurs de Poudlard qui devraient surveiller cette tornade.
Dubois leva les yeux sur la brunette et soupira, résigné :
- J'abandonne, la compote de poire n'est pas une réussite.
Il déposa la mixture, et s'empara d'Aries, la tenant loin de lui, dans un espoir vain de ne pas être couvert de liquides divers.
- Zou le bain !
Hermione gloussa, attendrie, devant la bouille si craquante du bambin. Elle lança un rapide recurvite pour nettoyer le champ de bataille sur la table, et se tourna vers les deux blonds qui continuaient à aborder des sujets toujours aussi incompréhensibles à ses yeux.
- Luna.
La jeune femme se retourna immédiatement et braqua des yeux très sérieux sur son amie.
- J'ai eu une idée. Mais j'ai besoin de ton aide pour la réaliser.
Luna hocha la tête lentement, un léger sourire doux sur son visage. Hermione fronça les sourcils puis leva les yeux au ciel :
- Tu sais déjà de quoi il s'agit n'est-ce pas ?
Luna haussa les épaules :
- J'ai déjà fait paraître des annonces dans le Chicaneur. Tu t'occupes de trouver le lieu, je m'occupe de trouver ceux qui s'en occuperont. Des personnes de confiance.
Draco, qui détestait généralement qu'on ignore sa présence – et cette fois-ci n'échappait pas à cette règle, se racla la gorge, et demanda :
- Et si vous me faisiez le plaisir de m'expliquer ?
Hermione lui fit signe de s'asseoir, elle-même trop excitée par son nouveau projet pour se poser, et expliqua :
- Tout a commencé avec Niels. Un enfant de la guerre, un autre, un orphelin. Mais pas n'importe lequel, un orphelin de Mangemort. Dans son malheur, il a eu de la chance que Théo tombe sur lui. Maintenant, Ginny et Alicia vont l'adopter, et il se remettra peu à peu. Mais pense à tous ceux qui n'ont pas eu la chance d'être trouvés par des familles aimantes.
Elle fit une pause pour avaler sa salive et enchaina de plus belle :
- Pense un peu à tous ces orphelinats pleins à craquer. Ils ont déjà du mal à s'occuper de tous les orphelins de guerre… Alors comment penses-tu que les enfants de mangemorts sont traités ?
Draco avait la mâchoire serrée, et était un peu plus pâle qu'à son habitude. Il s'imaginait très bien comment ces gosses devaient être traités. Sans défenses, accusés de maux dont ils n'étaient pas responsables. Rejetés de la société à cause de parents qu'ils n'avaient sûrement même pas connus.
- On va aller les chercher. Tous ces enfants de mangemorts, de partisans de Voldemort, de mages noirs et autres malfrats… On va aller les chercher, et on va leur offrir ce que les autres n'arrivent pas à donner.
Luna sautilla presque de bonheur, tout en chuchotant avec excitation :
- Nous allons créer un orphelinat !
Hermione hocha la tête :
- Un orphelinat protégé, où tous les enfants pourront se sentir en sécurité, et où ils auront l'opportunité de grandir, d'être adoptés, ou du moins de pouvoir se développer autrement qu'en étant considéré seulement comme l'enfant de.
Draco ne rajouta rien, ému. Chaque jour amenait de nouvelles idées, de nouveaux projets, et ce groupe d'amis si forts dans leurs liens, dans leur motivation pour reconstruire le monde sorcier, en était le pilier central.
Et voilà pour clore ce chapitre 5 ! J'espère qu'il vous a plu, tout comme j'ai aimé l'écrire.
Je ne garantis vraiment pas une arrivée imminente du 6ème chapitre… après tout j'en ai écrit deux en six ans… ahem, la vie que voulez-vous.
En attendant, prenez soin de vous !
Sorcièrement vôtre,
Mylush
