Chapitre 31 : La fureur de vivre

Ville de Selphia, 4ème jour de l'Automne…

Frey regarda le croissant de lune briller dans le ciel nocturne moucheté d'étoiles. Jamais nuit ne lui avait parue plus belle. Le fait que ce soit la dernière devait jouer. En vérité, c'était une simple nuit froide et venteuse d'Automne, avec des nuages masquant un croissant de lune blafard lorsque le vent les poussaient devant.

La jeune fille soupira. Meryem lui avait donné jusqu'au lendemain, dix heures tapantes, avant de mourir… mais il n'avait pas dit qu'elle jouirait comme elle le voulait de sa dernière journée, et elle l'avait finalement passée comme toutes les autres depuis l'invasion Sechs : enfermée dans sa chambre à ne voir que Clorica au moment du repas.

La porte s'ouvrit sans bruit, mais elle perçu le mouvement et se retourna.

Arnaud se tenait là, un paquet de tissu sur le bras.

_ Il n'est même pas encore dix heures du soir, j'ai encore le droit à un dernier tour d'horloge avant de me faire embarquer à l'échafaud. Et je mourrais dans ma tenue de combat, pas une loque mangée aux mites qui n'a probablement pas été lavée depuis la dernière exécution. Ça ne date pas de très longtemps, cela dit… Il s'appelait comment déjà, le type que Meryem a décapité lorsqu'il l'a traité de putain de l'Empereur ?

_ Ce n'est pas votre tenue d'exécution.

_ Alors c'est quoi ?

Arnaud esquissa un sourire triste et déploya le tissu pour montrer une vieille cape jaunâtre qui avait connu des jours meilleurs.

_ Un moyen de sortir de votre chambre incognito. Je ne pourrais pas vous faire sortir de la ville à cause des gardes de Meryem, mais je peux vous emmener quelque part… Si ce sont vos dernières heures, alors vous devez les vivre de toutes vos forces.

Frey haussa un sourcil et prit la cape que lui présentait l'homme qui gardait sa porte après avoir gardé celle de Selphia. Elle la drapa sur ses épaules et suivit Arnaud hors de sa chambre. Il poussa un mur pour révéler un passage secret qui fit sourire la jeune fille.

_ Il y en a plein dans le palais, un vrai dédale. Mon frère le connait mieux que moi, il a lu tous les livres traitant du sujet… c'est effrayant de penser que le moyen de circuler à travers tout le palais sans se faire voir et à portée du premier venu.

_ Meryem ignore l'existence de ces passages, ça ne l'a pas empêché de vous envahir.

_ Meryem a surtout été aidé… Où allons-nous ?

Arnaud posa un doigt sur ses lèvres et mima le fait de les verrouiller et de jeter la clé. Frey leva les yeux au ciel mais n'insista pas. Elle suivit son guide pendant de longues minutes, jusqu'à l'extérieur du palais. Ils s'enfoncèrent dans les ruelles les plus sombres de la ville, faisant des tours et des détours comme pour s'assurer que personne ne les suivait. Arnaud poussa une porte de bois à l'arrière d'un bâtiment et Frey mit quelques secondes à réaliser qu'elle se trouvait dans la cuisine du restaurant de Porcoline. Arnaud la mena à l'étage où la garde en faction regardait avec obstination ailleurs.

_ Je me suis dit que vous aviez le droit de revoir Dylas au moins une fois… J'aurais voulu vous mener à votre frère aussi, mais son garde est incorruptible... je suis désolé.

_ Arnaud… pourquoi tu fais ça, alors que tu nous a tous trahi ?

Le garda soupira et esquissa un sourire amer.

_ Je ne voulais pas voir de gens mourir… Je pensais ce que je vous ai dit l'autre jour, sur les conditions de vie en Sechs, sur celles en Norad, sur la rancœur des miens envers les vôtres… sur ma famille… mais nous restons des êtres vivants, tous autant que nous sommes. Nous sommes pareils. Les Sechs ne veulent que vivre convenablement, n'est-ce pas le cas de votre peuple également ? Les guerres sont la volonté des dirigeants, pas des simples gens. Je ne voulais pas ce qui est en train de se passer. Je vous demande pardon, Frey.

Frey prit sa main dans les siennes et lui sourit doucement. Il hocha la tête et recula sa main pour déverrouiller la porte.

_ Dylas est enfermé ?

_ Il a tenté de s'échapper un peu trop souvent.

Frey sourit et entra doucement, refermant la porte derrière elle. Dylas était assit sur son lit, adossé contre le mur, le regard sombre et tourmenté. Elle remarqua aussitôt ses longs cheveux sale, sa queue emmêlée, ses vêtements fripés… et ses mains écorchées jusqu'à l'os. Le sang éclaboussé sur le mur lui donnait une bonne idée de ce qui les avait mises dans cet état.

_ Dylas…

Il releva les yeux et entrouvrit la bouche d'un air surprit. Il se redressa et resta à moitié debout pendant quelques secondes. Il s'élança soudainement vers Frey et l'étreignit avec force. La jeune fille s'accrocha à lui avec une énergie qu'elle ne savait pas posséder, suffocant presque alors que les sanglots se bousculaient dans sa gorge. Elle n'avait jamais voulut être une martyr, mourir pour autrui n'était pas dans son tempérament, alors pourquoi fallait-il qu'elle se retrouve dans cette situation une seconde fois ? Elle ne voulait pas mourir, pas alors qu'elle avait Dylas, qu'elle était heureuse et qu'elle avait la vie devant elle ! Les larmes qu'elle ne pensait pas verser dégoulinèrent sur ses joues alors qu'elle se cramponnait à Dylas avec désespoir, pleurant à gros sanglots sans pouvoir s'en empêcher. Se retrouver dans ses bras pour ce qui devait être la dernière fois avait ouvert les vannes du barrage qu'elle avait érigé autour de son cœur depuis la prise de pouvoir de Meryem.

_oOo_

Arnaud soupira et s'approcha de la garde dans le couloir une fois la porte de la chambre de Dylas refermée. Avant l'invasion, elle était une simple couturière venue en ville, banale femme-chat tigré sans traits particuliers. Ses travaux d'aiguilles étaient appréciés, mais elle faisait parti des innombrables anonymes s'étant introduit à Selphia au fil du temps, et Arnaud ne connaissait même pas son nom Il tira une bourse replète de sa ceinture et la lui présenta.

_ Merci d'avoir fermé les yeux.

_ Garde ton argent… Je ne voulais pas plus que toi ce qu'il se passe. On m'a dit que nous sauverions notre Empire, que notre peuple ne mourrait plus de faim et de froid… Pas qu'on massacrerait nos voisins pour assurer notre survie ! Meryem est une criminelle !

_ Tiens, c'est rare…

_ Quoi donc ?

_ Qu'une femme parle de Meryem ainsi.

_ Ce n'est pas parce que c'est une beauté qu'il faut tomber en pamoison devant ! Ça n'a pas réussi à Soraya !

_ Pas faux…

Il s'appuya à la fenêtre à côté de la garde et regarda les fleurs fanées dans la jardinière. Même elles ne survivaient pas la déliquescence de la ville.

_ Je m'appelle Sarah, au fait.

Arnaud regarda la femme-chat et esquissa un léger sourire.

_ Arnaud, enchanté.

_ Moi de même.

_oOo_

Frey secoua la tête d'un air désapprobateur en examinant les mains de Dylas. Ses larmes s'étaient taries, et elle avait décidé que passer ses dernières heures à pleurer n'était pas la meilleure chose à faire.

_ Comment tu as fait pour te mettre dans un état pareil…

_ J'étais enfermé ici. J'avais l'impression de faire quelque chose d'utile… je devais sortir d'ici coute que coute.

_ Utile ? T'ouvrir les phalanges jusqu'à l'os ? Dylas, tu ne t'es pas mit dans cet état même pour sortir des Ruines Englouties…

Elle frissonna lorsqu'il plongea son regard doré dans le sien, effleurant sa joue de ses doigts blessés.

_ Je n'avais aucune raison de sortir… personne à rejoindre à tout prix.

Frey le regarda en silence. Elle finit par sourire et l'attira à elle pour l'embrasser longuement, passionnément, comme elle ne l'avait jamais embrassé jusque là. Elle égara ses doigts dans ses cheveux longs, souriant lorsqu'il posa une main sur sa hanche.

Il y avait tant de chose qu'elle voulait lui dire, mais elle réalisait que le temps lui manquait. Alors elle mettait tous ces mots dans son étreinte, dans ses baisers et dans ses caresses. Elle tira doucement Dylas vers son lit et sourit doucement à son regard étonné. Elle n'avait aucun mot à prononcer pour qu'il la comprenne. Il la serra un peu plus fort contre lui et l'embrassa doucement.

_ Je vous aime, Frey… je vous aime tellement, depuis le tout début.

Elle ne lui répondit pas le classique ''je le sais, tu n'as pas besoin de me le dire'' que d'autres pouvaient se dire. Elle allait mourir d'ici quelques heures, elle ne pouvait pas se permettre de manquer une seule de ses déclarations. Dylas était tout pour elle, absolument tout. Elle voulait s'imprégnait de lui entièrement alors que leurs vêtements tombaient au sol avec de léger chuintement, respirer son odeur tant que l'air pouvait encore circuler dans ses poumons, ne perdre aucune minute, aucune seconde qu'elle pouvait passer dans ses bras…

_ Je t'aime aussi, Dylas… plus que tout

_oOo_

_ Ne cherche pas à venir me sauver, demain.

_ Ne me demande pas ça.

_ Jure-le moi. Ils te tueront de toute façon si tu viens.

_ Je ne peux pas te promettre.

_ C'est un ordre. Je suis toujours ta princesse. Je t'ordonne de laisser Meryem me tuer. Promet-le moi. Promet-moi que tu ne viendras pas me sauver.

_ … Je vous le promets.

_ Merci, Dylas…

_oOo_

Ville de Selphia, 5ème jour de l'Automne…

Frey parti avec le matin, sans un bruit, sans un mot, laissant Dylas seul. Il ne l'aurait pas laissé s'éloigner si elle lui avait parlé, ils le savaient tous les deux. Malgré la promesse qu'elle lui avait arrachée. Elle était partie, et il ne la reverrait jamais. Elle allait mourir, et cette réalité atroce l'assailli sans prévenir. Il resta allongé sur le dos, à fixer le plafond sans le voir. Il entendait le brouhaha de la ville par sa fenêtre, le soleil jetait ses rayons automnales dans sa chambre… ça serait une belle journée.

Sa vision se brouilla lorsque les premières larmes débordèrent de ses yeux, roulant en silence sur ses joues. Il recouvrit son visage de son bras et laissa échapper une plainte déchirante qui se mua en un sanglot désespéré.

Frey allait mourir.

Il n'entendrait plus le son de sa voix enjouée, il ne verrait plus son sourire aussi beau qu'un ciel de Printemps, il ne pourrait plus la serrer dans ses bras, ou sentir son odeur… Elle allait disparaitre, soufflée comme la flamme d'une bougie par la simple cruauté d'un monstre. Ça faisait mal, si mal, comme si son cœur allait lui être arraché de sa poitrine. Il hurla de douleur, s'étranglant à moitié dans ses sanglots incontrôlables, hurla le nom de Frey, comme si cela pouvait suffire à la sauver.

_oOo_

Meryem contempla l'échafaud trônant en plein milieu de la place, la corde de la potence se balançant doucement sous l'effet d'une brise légère. Sa main parfaite effleura le levier qui actionnerait la trappe. Il fonctionnait parfaitement, aucun problème technique à craindre pour perturber cette exécution tant attendue. Quant aux agitateurs… il avait posté ses gardes un peu partout en ville, et s'était assuré de la soumission de la Garde des Vents. Forte ne lui poserait pas de problème et lui obéirait. Elle ne prendrait pas le risque de voir son précieux petit frère se balancer au bout d'une corde !

Meryem ricana en voyant avec quelle facilité la Chevalier Dragon avait rompu tous ses serments. Elle n'avait aucune conviction, elle était si ridicule ! Mais elle était manipulable, et c'était appréciable.

Par plaisir, Meryem actionna l'ouverture de la trappe, imaginant Frey y tomber et s'y étouffer. Ses petits pieds battraient l'air vainement, air qu'elle ne pourrait plus respirer. Son visage se congestionnerait, virerait au bleu, sa langue gonflerait comme une vulgaire larve trop gavée, peut-être même qu'elle baverait ! Oh, comme le visage de la mort était affreux, et Meryem s'en réjouissait. Il lui tardait tant d'y être, mais l'horloge de la place lui annonçait encore une longue et interminable heure à attendre.

_oOo_

Assit au bord de son lit, Dylas entendit l'horloge sonner neuf heures et demie.

Trente minutes.

Frey n'avait plus que trente minutes à vivre.

Et pourquoi ? Parce qu'elle avait refusé de fuir quand elle le pouvait ? Pour protéger la vie de quelques habitants ?

Sa gorge se noua alors que tout son être se révoltait à cette idée. Ses pensées s'ordonnèrent soudainement, s'alignant à la perfection, s'emboitant comme les pièces d'un puzzle pour lui hurler la seule chose qui lui restait à faire. Il releva les yeux et regarda la petite pendule sur une étagère de sa chambre. D'un geste sec il essuya ses larmes. Il ne pouvait pas obéir à l'ordre de sa princesse. Il désobéirait, romprait sa promesse. Ses poings se serrèrent avec fureur.

Il pouvait toujours y arriver à temps.

Maintenant, il devait y aller !

Et il se leva.

Il lui fallut moins d'une minute pour enfiler des habits et sortir de sa chambre, l'ouvrant de force d'un coup d'épaule. Le garde dans le couloir tira son épée mais recula devant le regard de Dylas, flamboyant comme de l'or en fusion.

_ Démon…

Dylas s'élança sur son ennemi, prêt à le tuer s'il ne le laisser pas passer. Il les tuerait tous s'il le fallait. Les ennemis de Sechs, les habitants de Selphia, ses rares amis. Tous, s'ils cherchaient à lui barrer le passage.

Il se retrouva dans la rue, du sang sur les mains. Ses poings étaient solides, ils avaient une drôle de forme mais cela l'avait aidé à pulvériser le crâne du garde. Il poursuivit son chemin. Peut-être que le garde avait raison, il était bien un démon prêt à tous les éliminer, semant la mort si on l'empêchait d'atteindre son chemin. Ses pieds nus claquaient sur les pavés, s'écorchant sur les aspérités sans qu'il les remarque alors qu'il courrait vers Frey. C'était une situation chevaleresque dans les histoires, ça aurait put lui plaire d'être un chevalier sur un fier destrier blanc galopant à bride abattue pour libérer la princesse des griffes du Mal. Il n'était pas dans une histoire où le temps ralentissait pour permettre au héros d'arriver à temps. Les minutes s'écoulaient implacablement.

Plus que vingt.

Plus que quinze.

Et rien ne le ralentissait, ni les épées laissant de longues balafres sanglantes sur son corps, ni les boucliers tentant de former des obstacles qu'il franchissait d'un bond. C'était étrange, il ne savait pas qu'il avait de telles capacités.

_ Tu n'iras pas plus loin, monstre.

Son regard d'or bouillonnant de fureur se posa sur Forte et la Garde des Vents lui barrant le chemin.

_ J'ai toujours sût que tu étais un monstre au fond de toi, que tu le cachais simplement sous une enveloppe presque humaine. Mais tu ne m'as jamais trompée !

Forte se jeta sur lui et sa Claymore cingla l'air. Il senti à peine sa morsure sur sa joue gauche alors que la pointe y laisser une marque de plusieurs centimètres.

Il cria sa colère, et réalisa que c'était un hennissement qu'il poussait.

Quand était-il redevenu un monstre cheval ?

Les flancs écumant, il frappa le sol de ses sabots et des éclairs en jaillirent, traduisant sa rage et sa détermination. La Garde des Vents l'encerclait, armes aux poings. Sa queue s'agita comme pour chasser un insecte gênant.

Ceux qui ne le laissaient pas passer devaient mourir. Parce que si ce n'était pas eux, ça serait Frey.

A la pensée de sa chère princesse, il se secoua la tête et se cabra avec un hennissement de défi. Il passerait, il la sauverait, même s'il devait y laisser sa vie. Ses sabots frappèrent le sol avec force, jetant d'autres éclairs, fracassant les pavés. Il devait arriver à temps, où tout serait terminé. Il était un Eclair Foudroyant, ce ne seraient pas de ridicules chevaliers humains, fussent-ils couvert d'armures, qui l'abattraient !

_oOo_

Meryem entendait les murmures dans la foule venue assister à l'exécution de Frey. Beaucoup s'inquiétaient, un démon serait en train de trancher son chemin dans les corps de ceux qui s'opposaient à son passage, se dirigeant droit vers la place. Qui pouvait bien être assez stupide pour venir perturber sa petite fête ? Et les chevaliers, ses soldats, la Garde des Vents, que faisaient-ils tous donc ? Ne pouvaient-ils donc pas retenir l'importun se prenant pour un héros de tragédie ?

_oOo_

Frey monta sur la potence à dix heures tapantes, ses cheveux lâchés se balançant dans le vent, attachés seulement aux pointes par les barrettes que lui avait un jour offert Dylas.

Comme elle aurait voulu vivre avec lui…

Un hennissement tonitruant la fit se retourner.

Elle connaissait le cheval galopant droit vers elle. Sa belle robe noire n'était plus que lambeaux de chair et sang, et ses yeux fous roulaient dans leurs orbites alors qu'il chargeait, corne en avant, empalant ceux qui ne s'écartait pas assez vite, se débarrassant de leurs corps d'un mouvement de tête et piétinant ce qui restait. Il lui apparu comme l'incarnation de la fureur de vivre.

Sa fureur de vivre.

Et elle vivrait.

_ DYLAS !

Elle repoussa les gardes qui la tenaient, repoussa également les vies prises et celles qu'elle condamnait en fuyant, et couru vers le bord de l'échafaud. Elle sauta sans la moindre hésitation, retombant sur le dos du cheval qui ne broncha pas. Dylas pivota sur ses postérieurs et s'élança à nouveau, Frey couchée sur son encolure, cramponnée à sa crinière comme elle l'aurait été à sa main s'il avait eut son apparence humaine.

Rien ne semblait pouvoir l'arrêter alors qu'il galopait vers la sortie de la ville, ses sabots puissants martelant dans un train d'enfer et un ronflement de tonnerre les pavés.

Il n'y avait qu'Arnaud pour garder la porte. Il les regarda arriver et abaissa sa lance, s'écartant de leur passage. Frey croisa brièvement son regard, mais elle vit le soulagement y briller, et un sourire furtif sur ses lèvres.

Les autres ne tarderaient pas à se lancer à leur poursuite. Qu'ils le fassent, ils les affronteraient, ils se battraient s'il le fallait. Ils les tueraient s'il le fallait. Mais ils resteraient ensemble.

Et ils survivraient, quoi qu'il en coute.