Hey !
Merci pour votre présence malgré mes aléas... et j'espère que ce chapitre... va vous plaire...
On passe la tension au niveau supérieur !
Merci pour vos retours, ça me fait tant plaisir de vous lire alors que je suis une ensouille devant un clavier comme une biche devant des phares de voiture ^^
Sans rapport, mais je passe tellement peu de temps sur ce site, qu'il m'aura fallu un temps inconsidéré pour remarquer que dans les setting... tous les six mois, les notifications par email se désactivent automatiquement. Sauf que je n'ai jamais fait gaffe à ça. Donc je suis passée à côté de beaucoup de monde et j'en suis désolée, depuis que je suis sur ce site je ne m'occupe que des mails puisque je n'ai plus de temps pour trainer sur le site et encore moins sur mon compte pour fouiller... si j'ai raté l'un ou l'une d'entre vous... j'en suis navrée et j'ai remis les paramètres pour recevoir des mails pour ceux d'entre-vous qui veulent communiquer avec moi (je n'ai rien d'intéressant à dire mais on sait jamais !)
Jespère que ce chapitre sera clair parce que c'est pas gagné, j'espère que vous arriverez à lire et que j'ai été clair parce que vraiment, je n'ai aucune idée de ce que j'ai bien pu écrire ou comment ça peut être lu... Alors.. courage ?
(PS, oui mes bêtas au scénario et à l'orthographe ont des vacances les coquins, donc... encore plus, bon courage, j'ai fait au mieux croyez moi bien mais mon cerveau est toujours une passoire donc vos yeux pourraient piquer un peu...)
On se rapproche encore et encore de la fin...
Et bonne reprise pour la rentrée !
RAR
JeNeRangeRien - Tu me fascines ! XD Merci pour ton engouement, tu ne peux pas savoir comme ça me fait bizarre que ce machin écrit à moitié sur des nuits blanches puisse plaire, mais je t'en remercie mille fois encore et encore ! J'espère que ton déménagement s'est bien passé ^^ j'espère aussi que la suite te plaira, mais je réserve encore un ou deux atouts dans ma manche ~ Et surtout, bravo pour Smoker (ciel je ne veux pas savoir combien de temps tu as mis à trouver ça XD) Porte-toi bien !
Bonne lecture ~
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Chapitre 60
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Notre mois de Mars est clément. Un soleil éclatant, une douce brise dans le froid de la mer et un moment de répit bienvenu dans ce printemps glacé.
L'île est superbe à cette saison. Le ciel est dégagé et tout semble plus clair.
Mais ce ciel refuse de s'accorder avec mon état d'esprit actuel : l'angoisse.
Les jours se sont décomptés.
A une vitesse affolante dans leur lenteur démesurée.
Mon téléphone sonne presque tous les jours depuis deux semaines. Le Système. Smoker ou Law me tiennent informés des décisions qui pourraient changer la donne, des lieux à éviter le temps que la Brigade intervienne, des réunions auxquelles je suis conviée, des horaires changeant de Bonney…
Ils sont tous incroyablement occupés. Ils courent, ils stressent, ils vivent leur vie de flics… Je n'en ai qu'un échantillon, et j'en ai froid dans le dos.
Si j'ai bien suivi, ils s'attaquent simultanément au menu fretin depuis quelques mois. Efficace mais pas suffisant.
La semaine précédente, j'ai passé une nouvelle soirée chez Smoker et Hina qui n'étaient pas rentré chez eux depuis une éternité pour les aider à faire à manger et à s'occuper de la maison. Autant dire qu'ils ont dormi presque vingt-quatre heures d'affilé et que j'en ai profiter pour leur facilité la vie le plus possible en préparant des repas pour presque un mois dans leur congélateur et en nettoyant de fond en comble leur salon qui avait subi réunions sur réunions.
Garp a complètement laisser tomber l'idée de rentrer chez lui. Il vit à la Brigade. Ace m'affirme qu'il ne l'a pas vu depuis trop longtemps, c'est dire.
Bonney aussi rentre de plus en plus tard. J'ai passé plus d'une soirée seule en compagnie d'une Lamy particulièrement inquiète. Elle me demande des nouvelles de son frère, trop heureuse d'entendre tout ce que j'ai à lui raconter. Ses brillent si fort lorsqu'elle m'écoute…
Law qui… ressemble de plus en plus à un fantôme. Entre son internat et les interventions qu'il doit gérer en tant que Lieutenant, il s'enfonce peu à peu dans un malstrom de travail qui ne le laisse pas serein une minute.
C'est pour ça que je me rends d'un pas décidé jusque dans les tréfonds du Quartier Nord-Est, faisant tourner mon trousseau de clefs au bout de mes doigts pour m'occuper l'esprit.
Ce matin, c'est Law qui a besoin d'un coup de main, j'en ai décidé ainsi.
Je connais son emploi du temps par cœur et ce dimanche matin sera sa seule demi-journée de repos jusqu'à la fin des opérations. Alors je vais m'occuper de tout faire pour qu'il se repose enfin un peu. Et s'il veut rester un peu seul, je m'éclipserais bien vite.
Arrivant au pied de son immeuble, je tape le code, prend l'ascenseur jusqu'au dernier étage pour déverrouiller sa porte dans la plus grande discrétion possible.
Il y règne un silence lourd.
Je ferme la porte en grimaçant. Ouaip, c'est plus ou moins ce à quoi je m'attendais : C'est le bordel.
Y'a des chemises, des serviettes et des caleçons sur tous les meubles, l'évier déborde de vaisselle et y'a des dossiers sur et sous les tables ou les chaises. J'ouvre la poubelle avec appréhension et mes pires craintes se confirment : des emballages vides de malbouffe pas cher.
Bon.
Sans attendre, je me mets au boulot en retroussant mes manches. J'ai le temps de lancer et d'étendre deux machines, de faire briller la cuisine, d'avoir réuni tous les papiers sur la table basse du salon et de m'être lancé dans la préparation de trois plats différents en même temps lorsqu'enfin, j'entends la porte de sa chambre s'ouvrir.
Le propriétaire des lieux baille à s'en décrocher la mâchoire, descends les escaliers d'un pas lourds… et se fige.
- Cara ?
- Gagné ! je lance depuis la cuisine où je ne peux pas lâcher la casserole sans risque de faire brûler ma béchamel.
Il arrive dans mon dos et je me tourne pour le saluer d'un sourire sans poser ma spatule. Il a les cheveux encore plus ébouriffés que d'habitude et l'air passablement épuisé. Même son pantalon de pyjama cri supplice. Je grimace à cette vue plus que déprimante.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Il n'est pas bien réveillé, il a dû mal à faire la mise au point et se masse les sinus.
- Est-ce que je suis encore endormi ? J'ai cru voir mon appartement propre et tu es dans ma cuisine en train de préparer… qu'est-ce qui sent si bon ?
Flattée, je désigne du menton une poêle.
- Le petit déjeuner, pains-perdus gingembre et cannelle. Pour aller avec un café noir et du jus d'oranges pressées il y a moins d'une heure.
Une lueur avide éveille soudain son regard. Il a faim. Je repose enfin ma béchamel et lui sert un premier verre sans attendre qu'il descend d'une traite, un peu plus réveillé.
- Va prendre une douche, je lui ordonne avec compassion. Et laisse tes affaires sales devant la salle de bain, je vais faire partir une machine avec tes draps.
Il plisse les yeux. Ouvre la bouche pour dire quelque chose mais je ne lui laisse pas le temps, attrapant ses coudes pour le retourner et le pousser vers la salle de bain.
- Va ! Tu fais peur à voir…
Il m'adresse une moue épuisée et lève les yeux au ciel mais rend les armes, trop épuisé pour cherche plus loin avant d'enfin faire ce que je lui ai demandé.
Je m'attèle rapidement au reste des taches ménagère en surveillant le four du coin de l'œil et lorsqu'il revient, avec un t-shirt propre et un pantalon de jogging présentable, il a déjà meilleure mine sous ses cheveux mouillés qu'il frotte vigoureusement avec une serviette.
- Mieux ?
- Tu sembles un peu plus humain, je me moque. Le petit déjeuner est servi.
Il s'affale sans grâce sur le canapé et je l'y rejoins avec un plateau qui déborde.
- Ma sauveuse… me taquine-t-il et je lui réponds d'une courbette.
Et il s'attaque à son petit déjeuner sans vraiment faire de manière. Il était affamé. Il s'est payé le luxe d'une grasse matinée, mais c'est loin d'être suffisant.
Une fois rassasié, il se laisse couler sur son canapé dans un soupire de contentement.
- C'était délicieux.
- Merci.
Je me suis améliorée encore en habitant avec Bonney, vu ce qu'elle est capable d'engloutir.
Mais sa satisfaction ne dure pas, à mon grand désarroi. Bien vite, sa fichue ligne de préoccupation revient.
- Hey, Law…
Il ouvre les yeux pour me regarder, interrogateur.
- Il reste combien de temps ?
Avant le signale. Avant la fin.
- Deux jours.
Et il est loin d'en être rassuré. Je sais à quoi il pense. Et il est hors de question qu'il déprime.
- Quelle est la première chose que tu feras. Quand tout sera terminé.
Il a un éclat de surprise dans son regard sombre, mais rapidement, comprend où je veux en venir et m'offre un sourire.
- Je veux voir ma sœur.
Je savais qu'il dirait ça.
- Même si je ne pourrais pas… lui parler ou dire qui je suis… Je veux juste la voir. Voir comment elle a grandi, voir si elle ressemble à notre mère, si elle a les cheveux longs ou courts, comment elle s'habille aujourd'hui… Si elle aime toujours les couleurs parmes ou les loutres, si elle se nourrit correctement, si elle a des amis, si elle est amoureuse, si elle part en vacance, si elle lit… Voir si elle est heureuse.
Oh elle l'est. Et si elle te voit…
- Et après ?
- Finir mes études. Avoir mon Doctorat. Et un poste.
- Tu penses à changer de clinique ?
- Yellow Days fermera, c'est certain. C'est le centre névralgique du Quartier et de Doffy. Je demanderai surement un transfert à celle de la Brigade.
Je vois.
- Et Bepo ? Shachi et Pen' ?
Là, il grimace.
- Il va falloir que j'aie une sérieuse discussion avec eux, aussi. Mais s'ils continuent à m'adresser la parole après ça et s'ils le souhaitent, ils auront leurs places avec la mienne.
Il grimace derechef en se tournant vers moi.
- Désolé.
Je souris, rassurante et l'invite à continuer. Koala et Sabo sont une plaie béante dans mon cœur, mais je me la suis infligée toute seule. Nos situations sont très différentes.
Il reprend sa réflexion.
- Prendre des vacances. Non, mieux. Me trouver un autre appartement.
Sa cage dorée doit en effet être un poids supplémentaire sur ses épaules, comme un œil qui le suivait jusque dans sa chambre, aucun moment de répit.
- Mon appartement, mes meubles et trois jours de sommeil. J'en rêve.
J'ai vu ça…
- Et sur du plus long terme ?
Il fronce les sourcils.
- Je ne sais pas… je veux juste avoir la paix. Le reste, je verrais au jour le jour. Honnêtement, si j'arrive au bout de mes études, j'en serais déjà satisfait.
Hum. Ça me semble un peu limité comme perceptive.
- Tu ne veux pas… je ne sais pas, voyager ?
Il hausse les épaules.
- J'ai pas mal bougé avec mon boulot. Pour des vacances, il y a bien trois ou quatre endroits que j'aimerais voir. Mais là, je rêve de faire une balade sur l'île. Seul, en silence, sans penser à ce que je vais retrouver en rentrant.
La liberté.
- Fonder une famille ?
Il hausse les épaules.
- Pas vraiment. Je ne peux pas avoir d'enfant, je m'y suis donc résolu il y a longtemps. Saturnismes, m'explicite-t-il devant mon air d'incompréhension. Je n'ai pas envie de toute façon. Ma solitude me conviendra très bien.
Dans un premier temps peut-être… sur le long terme, j'ai un doute.
- Tu n'auras plus à te restreindre, je lui fais remarquer.
Il hausse les épaules.
- Je verrais bien. Je ne pense pas que je ferai un bon père de toutes façons. Mes parents étaient aimants et justes, je ne pourrais pas les égaler. Mais tu as raison, il faut que je garde cette idée en tête que si je le veux vraiment, je pourrai.
Il m'adresse un sourire.
- J'aurais le choix.
J'acquiesce.
- C'est tout ce qui comptera.
.
C'est… étrange.
Mon réveil a sonné. Je me suis levée. J'ai pris une douche. Je me suis préparée un petit déjeuner. J'ai pris une veste avant de m'installer sur la terrasse pour boire mon thé. Devant moi, la brume qui recouvre la ville dans son drapé.
Tout est trop calme.
J'ai la vague sensation que c'est anormal.
Ce n'est pourtant qu'une autre journée dans la Cité. Les commerçants ont relevé leurs volets, les fonctionnaires s'activent, les oiseaux chantent, les étudiants profitent de leur week-end. Un samedi comme les autres sur l'Île.
Ce n'est pourtant pas un samedi comme les autres.
La journée est millimétrée.
A neuf heures à ma montre, Lamy sera chez son psychiatre.
A dix heures, elle en sortira.
A dix heures et dix minutes, le plan d'exécution sera totalement en place.
A la seconde ou Doffy bougera, toute la Brigade s'ébranlera.
Corazon, ou plutôt Don Quixote Rosinante a déjà été transféré dans la plus grande discrétion.
Garp, Bonney, Smoker, Hina, Viola et Law sont sur place depuis la veille.
Tout doit s'enchaîner dans la plus grande fluidité. Tout est déjà prêt.
Et je suis là, assise à boire mon thé…
Quelque chose au fond de ma Conscience me hurle que je ne devrais pas être là, tranquillement. Ma Raison lui répond avec encore plus de force que je n'ai rien d'autre à faire. Que de je n'ai pas ma place, que je ne peux rien faire.
Alors je ne fais rien.
Rien à part mon quotidien de lycéenne en week-end. Seule.
Je n'ai envie de voir personne. Parler risquerait de faire remonter une angoisse sourde qui serait malvenue.
Je dois garder mon calme. Je ne peux rien faire. Il n'y a rien d'autre à faire.
Mais mon cœur bat trop fort dans ma cage thoracique.
Et rien ne pourra le calmer tant que je n'aurais pas un appel salutaire de Garp, m'affirmant que tout est terminé et que tout le monde va bien.
Parce que c'est ce qui va se passer : tout ira bien et tout le monde s'en sortira sans une égratignure. Tout est trop bien rodé, il n'y aura pas le moindre grain de sable dans l'engrenage.
Bon… et comment je vais occuper ma journée moi ?
Personne n'a la moindre idée de l'heure, voire du jour où Doffy agira.
Je ne me sens pas de lire. Je ne me sens pas de regarder un film. Travailler est hors de question. Même l'idée de prendre un bain me laisse dubitative. Je n'arriverai pas à me détendre.
Tourner en rond.
Je sens que ça va être ma journée. Je le sens bien.
Je finis de faire la vaisselle de la veille lorsque mon téléphone sonne, me sortant de mes pensées.
Un regard à l'horloge m'indique neuf heure cinquante-cinq. Trop tôt. A moins qu'il n'y ait un problème.
J'essuis mes mains rapidement et me penche sur mon portabl-
Sabo.
Sabo m'appelle.
Mon cœur fait une pirouette étrange et toutes mes pensées s'entrechoquent. Pourquoi ? Comment ? Maintenant ? Un problème ?
Est-ce que… est-ce qu'il changé d'avis à mon sujet ?
Je tremble tellement qu'il me faut deux essais pour décrocher. Et ma voix se coince. Impossible de dire ne serait-ce que « allô ».
- Ah… Bonjour ?
Un coup au cœur.
Ce n'est pas la voix de Sabo. C'est une voix féminine, inconnue. Je fronce les sourcils, digérant désagréablement le retour à la triste réalité.
- Bonjour. Qui êtes-vous ? Comment pouvez-vous m'appeler depuis le portable de Silver Sabo ?
- Ah… c'est ça. Je cherche Mlle Swallow Cara.
De plus en plus frustrant.
- C'est moi. Sabo a perdu son téléphone ?
Même si ça m'étonnerait que je sois en priorité la personne à joindre si c'était le cas. Il doit y avoir le numéro de leur appartement, sous le nom de « maison ».
- Oh non, il est à côté de moi.
… hein ?
- Je souhaitais juste parler à Swallow Cara.
… C'est quoi ce traquenard ? Aussitôt, une alarme sonne dans ma tête. Ce n'est pas normal. S'il y avait un problème, Rayleigh lui-même m'aurait contacté.
- Qu'est-ce qui se passe ? Qui êtes-vous ?
- Je ne fais que passer… et je me pose des questions, moi aussi.
Je ne réponds rien. Ça ne va pas du tout.
- Je me demandais qui était vraiment Swallow Cara… et ce qu'elle avait de si extraordinaire pour habiter en colocation avec Jewelry Bonney, la nouvelle coéquipière du solitaire Garp Le Poing.
On a un problème. J'ai un problème. Sabo a un problème.
Il faut que je garde mon calme. Il faut que je réfléchisse et que j'ignore ma montée d'adrénaline et d'angoisse. Il faut que je garde la tête froide.
Elle veut bluffer ? Je peux en faire tout autant. Je suis bonne en bluff.
- Je ne suis qu'une âme perdue qu'elle a récupéré au bord de la route…
Mais elle rit. A malin, malin et demi.
- Oh solitaire, pas tant que ça… j'ai deux très bons amis à toi à côté de moi. Le fameux Silver Sabo… et la jolie Fullshout Koala.
Elle touche juste. Mon cœur s'emballe trop fort.
- Il faut revoir vos informations. Ce n'est pas pour rien que j'ai changé de colocataire.
Qui qu'elle soit, elle n'est pas si bien renseignée que ça. Elle appelle Garp par son surnom et ne m'a pas du tout parlé de Lamy.
- Roh, ne joue pas les innocentes. Je sais très bien pourquoi tu as déménagé. J'aurais dû me douter que la si mystérieuse petite amie de Jewelry Bonney savait montrer les crocs.
Ok, raté. Mais il faudra que je bénisse Lamy plus tard d'être aussi discrète. Elle n'a pas été grillée. Et moi, il ne faut pas que je déconne maintenant. Le plus sûr maintenant, est d'aller dans son sens.
- Et qu'est-ce que tu me veux ?
Elle ricane, ravie d'avoir le dessus sur la conversation.
- Te parler. Mais pas au téléphone, c'est triste… vient plutôt prendre un verre avec nous ! Je t'envoie l'adresse par SMS. Oh, et inutile de prévenir ta chérie ou qui que ce soit, ce serait dommage de gâcher la fête. Et si je vois une seule des personnes à qui ces deux-là on put être en contact au cours des deux dernières semaines nous approcher, je saurais que notre conversation devra être écourtée. A tout de suite !
Et elle raccroche.
Et je m'effondre, essoufflée.
C'est quoi ce bordel. C'était qui putain ?
Miséricorde, il faut que je me reprenne.
De toutes façons, elle les a suivis un moment, je ne peux prévenir personne… sauf peut-être… Lamy. Vu l'heure, elle sort tout juste de son rendez-vous mensuel chez son psychiatre véreux.
Mon téléphone sonne à nouveau, le SMS promis.
Quartier Est. Quelle ironie.
Qui que soit cette personne, si elle a un lien avec la mafia, elle ne sait pas que le plan pour abattre Doffy est en cours non loin.
Sabo et Koala.
Ils sont en danger.
Pas le choix. Je ne peux pas prendre le risque d'appeler Ray ou Ace maintenant. Pas même Shakky. Shanks ou Benn, n'en parlons pas. Personne chez les Barbe-Blanche. Trop risqué.
Si encore je savais à qui j'avais à faire.
Je compose rapidement un SMS à Lamy avec l'adresse et en la priant de toute mes forces de rester discrète. Pas le moment de tout foirer.
Tant pis, aux grands maux, les grands moyens.
Et ça passe par mettre en quatrième vitesse une jupe… par-dessus mon holter où je glisse mon arme, chargée, et deux chargeurs supplémentaires. Roger bénisse Bonney et ses idées de self-défense. Je n'ai pas le temps de réfléchir plus loin. Mais je ne vais pas lâcher ma montre des yeux. Ça risque d'être séré niveau timing.
Mon portable, mes converses, une veste à capuche, mes clefs… Ma planche. Je dois presque traverser toute la ville. J'irai plus vite en coupant par le Quartier Nord en skate, que par les transports en commun via les grands axes. Et je n'ai pas de temps à perdre.
Ma course m'aide à reprendre mes esprits. Je dois agir vite. Identifier le problème. Evaluer si elle est seule. Si Sabo et Koala sont vraiment en danger.
J'arrive enfin en vue de la terrasse de café.
Je reprends mon souffle. Je compose ma figure. Les cours de Garp et de Bonney me sont d'une aide inespérée, à l'instant. J'ai pu faire face à Vergo, je pourrais faire face à la première venue quelques minutes, le temps de trouver une solution.
La première venue… que je repère, me tournant le dos.
Des cheveux clairs dans un carré familier. Je fronce les sourcils. Où ai-je déjà vu ça ?
En face d'elle, bordel, Sabo et Koala, droits comme des I dans leurs sièges. Ils sont à la terrasse du café, une table excentrée et n'ont pas touché à leur tasse. Impossible de savoir ce qu'elle leur a dit, mais ils semblent avoir bien comprit qu'ils n'avaient pas intérêt à bouger.
Pourtant, de mon point de vue, je ne vois aucune arme. Elle porte une robe à manche longue et une veste rouge assez large. Mais ça ne veut rien dire, on ne voit pas non plus mon holter sous ma jupe.
Et… il n'y a rien dans les environs qui pourrait me faire croire qu'elle est accompagnée. Par Roger, c'est quoi ce traquenard ? Où est le piège ?
Tant pis. Mon téléphone sonne, indiquant un message. Lamy. Elle est en chemin et tout proche. Parfait. Je ne vais plus faire attendre ma nouvelle amie.
Recomposer un visage tranquille ne me prend qu'une seconde. Calmer mon rythme cardiaque, une autre. Et avancer d'un pas tranquille, mains dans les poches de ma veste, est naturel.
Elle me tourne toujours le dos, mais en face d'elle, Sabo et Koala sursautent en me voyant approcher d'un pas léger. Elle devine sans mal que je suis la raison de leur attitude et se tourne vers moi pour m'accueillir d'un sourire terriblement faux.
Et merde. C'est pire que ce tout ce que j'ai pu imaginer.
- Bien le bonjour, Swallow Cara. Enchantée.
- Enchantée également, je lui souris en hochant la tête. C'est un honneur de rencontrer la comptable de Doffy, Hobi Sugar en personne !
Aaaaaaah, que c'est bon d'avoir la main, même pendant un court instant. Un éclat de surprise mêlée à une certaine crainte passe rapidement dans son regard avant qu'elle n'essai de reprendre ses esprits.
Mais il y a un gros problème, au-delà de sa présence à elle.
Bordel, où sont passé les flics sensés lui coller au train juste aujourd'hui ? Et pourquoi ne sont-ils pas encore intervenus ?!
Je désigne une quatrième chaise.
- Je peux m'assoir ?
Elle m'y invite d'un geste de la main sans se départir de son sourire.
- Nous n'attendions plus que toi.
Je tire la chaise et m'installe. Positionnant mon buste entre eux et elle. Si elle veut les toucher, elle devra me passer sur le corps. Je ne préfère pas regarder vers eux pour le moment. Je dois garder mon sang froid.
Je lève la main vers un serveur.
- Je peux avoir un jus de tomate s'il vous plaît ?
Il hoche la tête. Il m'a vu, m'a remarqué, m'a retenu. Ça peut toujours être utile plus tard. A la brève lueur de contrariété dans le regard de Sugar, je me félicite de mon initiative. C'est elle qui a voulu jouer en pleine ville, il faut savoir être fair play.
Enfin, je me permets un regard et un coup de menton vers ses deux cibles.
- Ça baigne ?
Le regard de Koala oscille entre la frayeur et l'incompréhension. Celui de Sabo qui pince les lèvres à se les rendre rouges, n'est qu'appréhension. Parfait, je ne vais pas pouvoir compter sur eux. Génial.
Mon jus de tomate est servi et j'offre mon regard le plus bleu au serveur. Il repart avec une légère rougeur. Séductrice-Bonney, je t'aime quand tu m'entraine à fleurter. D'ailleurs il faut que je garde cet état d'esprit pour la suite, si elle est persuadée que je suis sa petite-amie.
Je me tourne vers Sugar en mimant de prendre une gorgée. Hors de question que j'avale quoi que ce soit, trop dangereux.
Mais toute mafieuse qu'elle est, le terrain n'a pas l'air d'être son fort. Rien dans sa position n'approche la garde irréprochable de Bonney. Son regard est un livre ouvert pour moi, un jeu d'enfant comparé à Law. Elle n'a pas un corps taillé pour le corps à corps comme Hina. Pas de respiration silencieuse comme Smoker.
Pendant une seconde, je suis confiante. La suivante, je me rappelle de ne pas sous-estimer mon adversaire et qu'elle pourrait bien cacher son propre point fort.
Il faut absolument que je trouve tous les éléments de la situation. Il faut que je reste logique.
Elle est tracée par la Brigade depuis des jours. Ils ne l'ont pas lâché d'une semelle. Et si je n'ai reçu aucun message… c'est que c'est toujours le cas.
La Brigade est là. Je ne les vois juste pas. Mais est-ce que elle les a vu ?
Pas sûr. Elle ne se serait peut-être pas permise un coup pareil si elle savait qu'une escouade allait lui tomber dessus d'un instant à l'autre.
Ou alors si, justement ?
Elle a compris qu'il se tramait quelque chose et se cherche des boucliers humains pour gagner du temps ?
Non… c'est trop tôt. Le plan est à peine en marche. Même si elle avait compris qu'elle était suivie, quoi de plus normal pour une personne aussi haut gradé ? Elle n'aurait pas agi ainsi. Elle se serait arrangée autrement, comme ça a dû arriver plein de fois avant.
Plus je tourne les évènements dans ma tête, moins je pense qu'elle a compris quoi que ce soit. Ce matin est un acte isolé. Sa décision.
Et quelque part non loin, la Brigade veille.
Mais Sugar est isolée. Ils auraient pu intervenir sans risquer toute l'opération, prise en flagrant délit de menace. Donc elle doit avoir quelque chose qui les empêche d'intervenir. Et ça, c'est facile à deviner : une arme. Elle est armée et ils le savent. En même temps, quel cadre haut-gradé chez un mafieux n'est pas armé en permanence, comptable ou non ?
- Bon, tu voulais me parler, me voilà. Que puis-je pour toi ?
Elle est furieuse. Elle était persuadée d'avoir le contrôle de la situation mais mon jeu a réussi à la faire douter. Je suis trop à l'aise dans son scénario dédié à me faire flancher. Mais elle le cache comme elle peut. Elle n'est pas capable de bouger sans révéler ses formes : elle n'a qu'un téléphone et un trousseau de clef dans sa poche… mais l'intérieur de sa veste marque la crosse d'une arme. D'accord. Ça explique pourquoi une championne de karaté et le fils du Roi Sombre ne bouge pas face à elle.
Mais ça ne doit pas être tout. La réponse me vient de Sugar elle-même.
- Nous parlions justement de vos amis commun… Ace, Rayleigh et l'adorable Luffy. De charmantes personnes.
Elle, elle a voulu jouer sans connaitre les règles. Elle ne sait clairement pas à qui elle a à faire, sinon elle n'aurait pas menacé aussi insidieusement le Roi Sombre en personne ou sa famille. Mais je peux comprendre que Koala et Sabo qui ne savent pas de quoi il en retourne aient peur pour eux.
- Ils sont d'ailleurs actuellement en compagnie de plusieurs de mes amis.
… et là, elle vient de se vendre. Par Roger, que la Brigade est efficace ! Jamais au grand jamais les hommes de Doffy n'auraient envoyé du menu fretin à la poursuite des proches de Garp. Et à l'heure actuelle, tous les agents de la Brigade sont en position près de tous les mafieux qui pourraient représenter un danger en plus des Lieutenants. Elle y comprit.
Et je n'ai reçu aucun message via le Système, ce que Garp n'aurait pas manquer de me faire parvenir s'il y avait eu le moindre danger. Ils sont sans aucun doute à vaquer à leurs occupations, l'un chez les Barbe-Blanche, l'autre chez Shakky, le dernier chez Shanks, comme prévu. Ils ne risquent rien.
Et si elle pense m'avoir avec ça… je serais tentée de la laisser le croire encore un peu. Ça pourra être utile plus tard.
Je me repositionne sur ma chaise, faignant un mal-être qui m'a déserté et en faisant toujours très attention à ce qu'elle ne voit pas mon holter. Avoir l'air fragile, c'est facile pour moi : je le suis. Mais j'ai appris des meilleurs pour pallier mon pire.
- Tout ça juste pour me rencontrer ? Je suis flattée.
Juste un soupçon de tensions dans la voix. Et je calcule rapidement combien de temps s'est écouler. Il faut que Lamy se dépêche, je n'ai aucune envie que la discussion dégénère sans elle.
- Tu te sous-estimes, me répond-t-elle en buvant une gorgée de café, satisfaite de son effet. Tu n'es pas n'importe qui.
C'est toi qui me sous-estimes ma grande. Mais il faut vraiment que je garde mon calme. Une cadre aussi haut placée, elle sait tirer, c'est sûr. Ma seule chance, c'est de jouer sur mon apparence faiblarde et de la surprendre. Ça, je sais faire.
Mais il y a une chose que je ne comprends pas. Si elle veut des infos, c'est quoi son plan ? Juste m'interroger ? Improbable. Elle a sans aucun doute des intentions derrière son petit jeu. Et ça, c'est ce qui m'inquiète le plus. Ce qu'elle a prévu pour « après ». Il va falloir que je trouve le juste timing pour permettre à la Brigade d'intervenir et Lamy de venir à nous.
Ça va être séré.
Et il va falloir que je le joue bien.
Je soupire, légèrement théâtrale.
- Si vous vouliez juste me parler, pourquoi mettre ces deux-là dans la confidence ? On aurait été plus tranquille seules.
L'argument ne l'atteint pas. Elle vrille son regard perçant dans le mien.
- Plus on est de fous, plus on rit !
Tu parles.
- Bon, et de quoi vous vouliez qu'on parle ? De Bonney ?
- Hum, feint-elle de réfléchir. Et si nous parlions de toi ?
C'est quoi son problème ? Est-ce qu'elle aurait des informations ? Sur Vergo ? Non, elle ne serait pas venue seule. Et si elle n'était pas seule, la Brigade aurait été plus présente. Du bluff ? Non plus…
- Je ne comprends pas, pourquoi moi ?
- J'ai du mal à saisir ce schéma… D'abord une chasseuse de prime devient la partenaire d'un haut-gradé, puis une lycéenne devient sa petite-amie et emménage avec elle ? Ça n'a aucun sens.
- Pas plus que de me demander de vous en parler.
- Comment connais-tu mon nom ?
Ah, c'était donc ça. Elle ne pensait pas que je saurais qui elle était. Mince. C'était à la fois un bon mouvement et un ratage complet. Allez savoir ce qu'elle risque de penser à faire maintenant. Le timing n'en est que plus serré.
Je hausse les épaules.
- Je n'ai pas eu à attendre Bonney pour savoir qui vous étiez.
Mensonge éhonté. Ça passera. Et ça nous fera gagner du temps.
- Ah, on se connait ?
J'hausse les épaules.
- Non. Mais il se peut que j'aie rencontré quelqu'un qui vous côtoie. C'est très instructif. S'il vous plait ?
Le serveur que je hèle revient vers nous en me fixant, souriant. Je l'aime bien lui, c'est un bon allié.
- Un jus de raisin pour la dame, s'il vous plait.
Là, elle est furieuse. L'art de l'espionnage est dans les détails, merci Law. Si j'avais su qu'assister à toutes ces réunions me serait utile dans un tel contexte…
- Tu devrais savoir où est ta place, gamine.
- Et tu devrais savoir que tu n'es pas le centre du monde de ton boss, je la coupe.
Oups.
Une idée éclaire m'a traversé l'esprit. Mais voilà qu'elle m'a échappé dans la précipitation. Heureusement que le serveur revient à cet instant pour me laisser le temps de reprendre une contenance, mon adrénaline ayant monté en flèche sans que j'arrive à me contenir.
Elle s'apprête à ouvrir la bouche lorsque je la coupe derechef.
- Ces deux-là (je désigne du menton Sabo et Koala qui ont un bref sursaut, comme s'ils avaient espéré être oublié dans la conversation), m'encombraient. J'avais besoin d'argent. Ton boss a de l'argent. Il voulait tous savoir sur cette chasseuse de prime. C'est une cliente régulière du bar où je travaillais nous n'avons pas une si grande différence d'âge. Je te laisse faire le calcul.
Plus ça va, moins je contrôle ce que je dis (et impliquer Bonney dans une relation avec une lycéenne me fait un peu mal mais s'il faut passer par là pour la berner…). Mais tant que son attention est focalisée sur moi, elle ne l'est pas sur son arme, et si elle a un doute pour tirer sur quelqu'un, ça ne me sera que plus utile.
Je soupire.
- Disons qu'un de tes amis m'a demandé si je voulais un meilleur salaire que celui de barmaid que j'aurais dû quitter pour rentrer à l'Université où je n'aurais pas pu avoir de travail et donc pas de revenu. Devenir riche pour passer quelque mois avec une fille aussi jolie que Jewelry Bonney et connaitre ses habitudes ou points faibles… C'est un sacrifice raisonnable.
Bordel, comment un truc pareil va passer… ?
Puis je lis son regard.
… Bordel, comment un truc pareil est passé ?
Elle doute. Elle doute très fort. Mais elle ne va pas douter longtemps. C'est la comptable : elle a les yeux sur les chiffres. Elle va comprendre que je mens si je vais trop loin. Puis elle soupire.
- Merde.
Yep, c'est rien de le dire. Faire de Hobi Sugar une alliée et non une ennemie va encore me faire gagner du temps.
- Le nom de ton contact.
Je secoue la tête.
- Il a été très clair à ce sujet. De toute façon, je n'ai eu droit qu'à un surnom.
Elle tique.
- Et qui crois-tu que je suis ? J'ai un rang de Lieutenant, je suis sa supérieure quoi qu'il arrive. Et selon toutes vraisemblance, je serais celle qui signera ton chèque, alors j'attends. Son nom.
Merde. Je n'ai en tête aucun nom réaliste. Personne parmi les mafieux cités en réunion n'a le profil. Personne pour continuer dans ma lancée. Pas même un surnom fumeux. J'ai foiré.
Elle a un éclat de colère et de doute dans le regard. Elle semble soudain se rappeler qu'elle a un moyen de pression et désigne du menton ses deux prisonniers en se repositionnant sur sa chaise.
Je dois me retenir à deux doigts de faire de même : elle est dans le bon angle pour prendre son arme rapidement. Trop rapidement. A ma cuisse, mon pistolet n'en est que plus lourds.
- Je pensais que c'était clair. Ils sont là pour une raison.
Me faire flipper. Ça marche beaucoup trop bien. Surtout qu'ils ont vraiment l'air terrifiés. Je ne sais pas comment elle les a abordés, mais ça a dû être violent.
- Laisse-les en dehors de ça. Je ne suis pas sûre que deux lycéens soient très glorieux sur ton tableau de chasse.
Ma voix claque, ferme malgré moi. Mais elle est ravie d'avoir touché la corde sensible.
- Je me disais aussi, ricane-t-elle.
On arrive au bout. Je n'ai plus rien à dire pour la faire tourner en rond. Elle risque de comprendre à tout instant.
C'est maintenant ou jamais.
Elle fixe Sabo et Koala une seconde de trop.
Maintenant.
Je me lève d'un bon, jetant d'un coup de pied la table en métal qui s'écrase plus loin dans un crissement stridant et dans le fracas de la vaisselle brisée.
Je suis entre eux et elle.
Elle fait un geste vers son arme.
Une seconde trop tard.
La mienne est dans ma main sans le cran de sécurité.
La surprise qui éclaire ses traits m'aide un instant à garder mon calme. Mais alors que pendant un court instant, j'ai eu l'espoir qu'elle ne bouge pas, elle ignore ma menace pour se jeter en arrière en plongeant la main dans sa poche.
Merde !
Elle, elle n'hésitera pas à tirer !
- Cara !
Je sursaute.
Le cri angoissé de Koala dans mon dos me donne des sueurs froides et-
Merde !
Une seconde d'inattention.
Sugar vise.
Sur Koala.
J'ai à peine le temps de lever la main pour la pousser violement qu'elle tire.
Dans le vide.
Non. Ma main.
La douleur froide irradie.
Mais mon soulagement est sans nom.
Elle n'a pas relevé son arme. Elle-
Elle s'est saisit de son téléphone, profitant de mon moment de blanc.
Mais à l'instant où elle se rend compte que je n'ai même pas crié, elle lève ses yeux sur moi.
Le canon de son arme droit dans mes yeux.
Je tire la première.
.
Tic tac tic tac tic tac
