Mage fou

Chapitre 2 :

Brasier

Lorsque Harry put enfin sortir de son lit et marcher sans mal, il décréta qu'ils allaient sortir avec plusieurs projets en tête. Ce matin là, ils prirent donc plus de soin dans leurs tenues, ayant à peine passé des sous-vêtements et des pantalons simples lorsqu'ils sortaient occasionnellement du lit depuis qu'ils étaient là. Le Ministère s'était en effet chargé de leur prévoir des vêtements mais rien qui ne fut véritablement à leur goût. Ils se contentèrent donc de costume bat de gamme entièrement noirs. Son innocence et sa sortie n'ayant pas été encore officiellement annoncées, Harry se lança un glamour, se donnant l'apparence banale d'un jeune homme brun aux yeux marrons tout à fait ordinaire. Sheitan avait repris son apparence humaine et ils avaient ensuite quitté leur suite côte à côte. Jusque là, ils n'avaient croisé personne. Ils commandaient leurs repas grâce à des sorts spécifiques et ils apparaissaient simplement dans la suite. Ils n'avaient rien demandé d'autre, profitant de leur liberté retrouvée et de leur lien enfin noué. Ils n'avaient pas pris la peine de lire le journal ou de sortir et ce fut donc la première fois que le personnel du palace sorcier put les voir bien que ce ne fut pas sous leurs véritables apparences. Le haut classement de l'établissement rendait son service délicat et discret aussi, personne ne posa de question.

Descendant à la réception, ils demandèrent s'il y avait un accès direct à Gringotts, l'établissement étant juste à côté. Il y en avait en effet un et on les y mena sans attendre. Ce fut dans un petit couloir isolé à la décoration toute gobeline qu'ils débouchèrent, trouvant sans mal le hall de la banque en y avançant. Ce fut en marchant tranquillement l'un près de l'autre qu'ils avancèrent vers le comptoir principal, l'endroit presque vide si on excluait les gobelins au travail. Ils n'eurent donc pas à faire la queue et ils purent atteindre leur but directement. Ce fut Sheitan qui se racla la gorge pour attirer l'attention du gobelin qui n'avait pas daigné relever les yeux. Il le fit finalement à contre cœur, les scrutant :

- Bonjour maître gobelin, salua joyeusement Harry. Je souhaiterais voir le gobelin responsable de mes comptes.

- Et vous êtes ? questionna durement la créature.

- Vous ne me reconnaissez pas ? demanda-t-il avec ironie. Moi qui suis si connu pourtant, dit-il en faisant doucement rire le démon derrière lui. Harry Potter, posa-t-il plus sérieusement de manière à n'être entendu que du banquier.

Celui-ci afficha un petit air surpris, relevant un sourcil si s'en était un, avant de les regarder plus longuement de haut en bas, comme cherchant à savoir s'il se fichait de lui ou non. Harry pencha la tête sur le côté, souriant d'amusement en le faisant grogner. Il se détourna finalement pour prendre un petit morceau de parchemin et une plume, les faisant glisser vers lui. Harry fit la grimace en reconnaissant une plume de sang, lançant un regard outré vers le gobelin qui avait l'air amusé à son tour.

- Pour confirmer ce que vous dîtes, expliqua-t-il simplement.

Soupirant, le jeune homme l'attrapa finalement pour écrire son nom sur le parchemin, maudissant intérieurement le gobelin en sentant la brûlure sur le dos de sa main là où Ombrage avait déjà laissé des traces. Cela fait, la créature récupéra le papier et l'observa un moment, acquiesçant finalement.

- Très bien, veuillez me suivre, grinça-t-il finalement.

Souriant de victoire, Harry contourna le comptoir pour lui emboîter le pas, Sheitan le suivant de près. Le gobelin les mena rapidement vers un petit bureau, leur demandant de patienter pendant qu'il allait chercher le concerné. Comme toujours chez les gobelins, la pièce était richement décorée. Il n'y avait là que des meubles dignes d'un petit bureau de réception des clients alors qu'il était évident que personne ne travaillait là de manière fixe. Ils n'eurent pas besoin de se parler pour que Sheitan aille s'asseoir sur l'un des fauteuils faisant face au bureau et que son compagnon vienne prendre possession de ses genoux, se fichant totalement qu'il y ait d'autres sièges.

- Ta main, susurra le démon en l'enserrant d'un bras.

Harry lui donna sa main meurtrie qui saignait doucement. À cet endroit, là où les cicatrices de la plume de sang d'Ombrage étaient nettement visibles, sa peau était devenue si sensible qu'un rien la faisait saigner et qu'elle peinait à cicatriser. Le démon la cueillit délicatement entre ses doigts pour la porter à ses lèvres, se mettant à lécher lentement le sang. Harry sourit en le regardant faire, s'appuyant contre lui. Il l'observa nettoyer sa peau de sa langue avec application, relevant un regard sans équivoque pour le regarder alors qu'il continuait. Il se demanda alors pourquoi il avait eu l'idée de s'éloigner de leur chambre, ayant une envie furieuse de tirer son compagnon vers un lit pour quelques activités plaisantes. Sheitan se mit bientôt à lécher la petite plaie et celle-ci se referma lentement. Son office terminée et la blessure refermée, il se mit à embrasser sa peau en ronronnant presque. Harry le priva alors de sa main pour venir réclamer ses lèvres et l'embarquer dans un baiser brûlant, enroulant ses bras autour de son cou. Il remua pour s'installer à califourchon sur ses cuisses, se collant contre lui alors que des mains baladeuses se glissaient sous sa veste. Ce fut un raclement de gorge indiscret qui les interrompis et Harry tourna brusquement la tête, fusillant du regard l'importun osant les interrompre. Sans surprise, il s'agissait d'un gobelin, Gripseck qu'il connaissait un peu :

- Ce n'est pas l'endroit pour ce genre de chose monsieur Potter, réprimanda-t-il en fermant la porte.

- Veuillez m'excuser Gripseck, j'avais oublié à quel point les gobelins étaient coincés, s'amusa-t-il en faisant grimacer la créature. Je me demande pourquoi d'ailleurs ? fit-il mine de se questionner. Vous devriez vous essayer à d'autres activités, dit-il en passant un doigt distrait sur les lèvres du démon souriant, cela vous détendrait.

- Je ne me souviens pas vous avoir connu si effronté, grimaça le gobelin en prenant place derrière le bureau.

- Vous ne m'avez jamais connu, assena Harry en pivotant pour plaquer son dos au torse de Sheitan.

- Nous avons été heureux de recevoir l'acte officiel de votre blanchiment, remarqua-t-il finalement en changeant de sujet. Bien que nous n'en doutions pas.

- Vous l'avez clairement fait savoir, ironisa le jeune homme.

- Nous n'étions pas en position de nous opposer au Ministère. Les créatures magiques ne sont d'ailleurs pas en position de risquer quoi que ce soit en ce moment. Un rien pourrait faire ordonner l'extermination de tout un peuple aujourd'hui, posa lourdement Gripseck.

- Ce n'est pas comme si c'était nouveau, soupira Harry d'un air ennuyé.

Il se cala plus confortablement contre le démon qui se fit une joie de l'entourer de ses bras, plongeant dans son cou pour aller effleurer l'emplacement sa marque du bout du nez. Le jeune homme posa ses mains sur les siennes et pencha la tête pour lui laisser plus de place, ricanant doucement de l'air ahuris du gobelin.

- Vous avez changé, remarqua Gripseck.

- Azkaban peut avoir ce genre d'effet.

- Certes. J'imagine que ce glamour sera effectif jusqu'à l'annonce officielle ?

- Vous imaginez bien. Donc l'acte officiel de blanchiment est déjà paru?

- Pas vraiment. Le Ministre est venu nous le donner en pensant que vous viendriez rapidement. De ce que j'en sais, personne d'autre n'est encore au courant. Il a dit que c'était pour vous laisser le temps de récupérer un minimum.

- Il n'aurait pas eu cette idée si je ne l'avais pas exigé de lui en lui mettant l'évidence sous le nez. Mais il aura au moins bien fait de vous prévenir. J'aurais peu apprécié de me retrouver face à une garde gobeline.

- Allons voyons monsieur Potter, s'amusa Gripseck, nous ne opposerions pas au Ministère ouvertement mais rien ne nous oblige à ne pas nous occuper ou à leur signaler le passage chez nous d'un fugitif qu'ils auraient perdu, dit-il avec un sourire plein de dents. Surtout lorsqu'il s'agit de l'un de nos plus gros client.

- C'est une bonne chose à savoir, remarqua-t-il. Quoi qu'il en soit. Je suis venu ici pour tout autre chose et j'aimerais autant que cela soit vite réglé pour retourner à mes occupations : savourer ma liberté.

- Je m'en doute. Bien alors allons y. Les choses sont simples. Lorsque vous avez été envoyé à Azkaban, nous avons gelé absolument tout vos coffres et toutes vos possessions comme l'exige la loi.

- Je suis surpris que le Ministère ait demandé une telle chose. J'aurais plutôt pensé qu'ils tenteraient de me voler.

- Ils ont essayé, répondit le gobelin. En réalité, c'est notre directeur, Ragnok, qui a pris la mesure lorsque nous avons appris votre arrestation. Ce n'est guère une chose nouvelle pour nous que de voir une personne de votre richesse être emprisonnée et le Ministère essai presque systématiquement de s'approprier l'or et les biens de la dîtes personne. Ils appellent ça une amende pour crime envers la société, ricana-t-il. Mais rien qui ne soit prévu par la loi.

- Comme c'est inattendu de leur part, remarqua le jeune homme.

- En effet. Seulement, normalement, lorsqu'une personne est envoyée à Azkaban, ses comptes sont gelés. Notre directeur, n'oublie jamais d'appliquer la loi pour nos meilleurs clients, sourit-il.

- Je vois, s'amusa Harry. Donc personne n'a pu me prendre un seul gallion ?

- Pas une poussière n'a quitté vos coffres et pas un n'a été ouvert.

- Parfait, moi qui pensait me retrouver ruiné en sortant, ricana-t-il en savourant un baiser dans son cou.

- Cela aurait pu.

- Qui ? demanda-t-il durement.

- Le Ministère avec ce cher Fudge en première ligne.

- Paix à son âme, ricana le Survivant en amusant la créature.

- Dumbledore a essayé en tant que votre mentor. Il était suivi des Weasley qui ont invoqué le fait qu'ils étaient votre famille d'adoption, dit-il en le faisant éclater d'un rire froid. Particulièrement leur cadette qui a prétendu que vous étiez fiancés.

À ces mots, Sheitan releva brusquement la tête, fusillant le gobelin du regard pour avoir osé dire une telle chose, resserrant son étreinte sur son âme sœur et grognant un peu. Harry se tourna vers lui et caressa sa joue d'une main, murmurant à son oreille :

- Lorsque le temps sera venu, tu pourras lui montrer pour moi à quel point je l'aime, s'amusa-t-il en lui tirant un sourire diabolique.

- Avec plaisir, répondit-il en replongeant dans son cou pour embrasser sa marque et lui tirer un frisson.

- Mademoiselle Granger, poursuivit le gobelin sans sourciller. Amos Diggory qui disait que vous aviez tué son fils et que cela méritait réparation. Les Malfoy et les Lestrange ont essayé de récupérer l'héritage Black qui vous revient par votre parrain. Tous ont tenté de s'approprier une part ou l'entièreté de vos possessions.

- Je serais presque déçu qu'il n'y en n'ait pas plus, soupira-t-il. Quand cela a commencé ?

- Votre procès n'était pas terminé, répondit Gripseck.

- Et bien ils n'auront pas perdu de temps. Ils n'ont rien eu j'espère.

- Pas un sou. Nous avons invoqué le fait que la loi disait que tout devait rester gelé et que rien ne bougerait tant que vous seriez en vie ou emprisonné.

- J'imagine que ma survie au baiser a dû être une immense joie pour eux, rit-il.

- Vous n'imaginez pas à quel point, ironisa le gobelin. Comment avez-vous survivre au baiser du détraqueur ? demanda-t-il ensuite plus sérieusement. Les témoins ont dit qu'ils avaient vu le détraqueur aspirer votre âme hors de votre corps et la dévorer. Vous sembliez mort mais vous vous êtes redressé. Ils ont dit aussi que le détraqueur avait eu peur de vous et qu'il s'était enfui.

- Effrayant n'est-ce pas ? susurra Harry. Mais ne suis-je pas le Survivant après tout ? rit-il.

- J'aurais dû me douter que vous ne diriez rien. Ce fait a terrorisé pas mal de monde à votre sujet. Ils disent que vous êtes une créature sans âme maintenant.

- C'est peut-être vrai mon cher Gripseck. Qu'en pensez vous ?

- Je n'en pense rien. Une créature sans âme ne ressemble pas à ce que j'ai sous les yeux et je ne sais guère comment vous avez fait. Je ne posais la question que par curiosité. Pour vos biens, tout est intact comme cela été avant votre arrestation. Et maintenant que l'acte de blanchiment nous est parvenu, nous avons tout remis en ordre pour que vous puissiez accéder à vos possessions sans mal.

- Ma majorité est arrivée entre temps, remarqua-t-il.

- Oui bien sûr, acquiesça le gobelin. J'ai prévu ce qu'il fallait.

- Cela sera-t-il long ? soupira-t-il.

- Non. Tout se fait presque automatiquement au passage de majorité. Vous êtes déjà Lord Potter et maître de tout ce qui y est rattaché. Il suffira d'une signature sur l'acte d'acceptation des titres et héritages. Pour les Black, il faut aussi que vous acceptiez officiellement le lègue de votre parrain pour devenir Lord Black et hériter de tout.

- Sirius avait-il donné à d'autres ?

- Un peu d'or à Dumbledore et son Ordre et un peu à Remus Lupin. Mais ça ne représente pas plus de quelques pourcent de tout l'argent qu'il vous laisse en plus des possessions autres.

- Bien, les documents je vous prie.

Acquiesçant, Gripseck fit apparaître des parchemins que Harry lut tranquillement avec Sheitan, les signant ensuite. Le gobelin lui tendit deux écrins contenant les chevalières des deux familles. Il les passa sans hésitation, voyant les anneaux rétrécir pour s'ajuster avant de chauffer et de briller une seconde, signe qu'il était bien Lord Potter et Black.

- Devrais-je t'appeler mon Lord maintenant ? susurra le démon à son oreille qu'il se mit ensuite à grignoter.

- C'est une idée, sourit Harry avant de se forcer à reporter son attention sur le gobelin. Le compte que j'utilisais jusqu'ici ?

- Un compte pour mineur qui ne contenait qu'une petite partie de la fortune Potter. Il sera intégré à votre coffre principal maintenant, expliqua-t-il en ignorant soigneusement le démon qui continuait ses baisers. La clef d'or a déjà été récupéré et détruite. Il n'en reste cependant plus grand chose. Dumbledore était votre tuteur et il avait accès à ce compte. Autant le dire clairement, il s'est servi, surtout après le Tournois. Une pension était aussi versée aux Dursley, signala-t-il en tendant le jeune Lord de colère.

- Prenez note dés à présent que si ce n'est pas moi directement, personne ne touche plus à quoi que ce soit. Quand à cette pension, oubliez là de suite.

- Fort bien. De toute manière plus personne, vous mis à part, n'a de droit sur quoi que ce soit. Je me doute bien que ce petit compte n'était que très peu utilisé pour vous mais nous n'y pouvons rien malheureusement. J'ai peur qu'ils essayent encore lorsqu'ils sauront que vous êtes sorti. Peut-être en tentant une tutelle sous prétexte de votre séjour à Azkaban.

- Je me suis déjà prémuni contre ce genre de chose, soupira-t-il. Ils n'y pourront rien du tout.

- J'en suis heureux. Comptez-vous, comment dire, demander réparation ?

- J'ai reçu tellement de magnifiques cadeaux de mon entourage ces dernières années, il serait impoli de ne pas rendre la politesse, dit-il avec un sourire froid.

- J'avais en effet envisagé cette possibilité, expliqua sérieusement Gripseck. Les gobelins auront-ils droit à vos politesses ? demanda-t-il prudemment.

- Vous avez protégé mes biens et mes richesses. Lorsque vous douterez de moi, rappelez vous que les gobelins n'ont jamais été mes amis, dit-il en le tendant, mais tout mes amis ont bien failli me tuer alors j'aime autant ne pas vous compter parmi ceux que j'ai pu avoir jusqu'ici, continua-t-il en le soulageant. Les gobelins n'ont jamais été mes ennemis non plus alors rien à craindre de ce côté. Tant que vous ne m'en donnerez pas de raison, je n'aurais pas à vous rendre de politesse.

- J'en suis rassuré, dit-il platement. Bien, tout est en ordre pour moi. Y-a-t-il autre chose ?

- Oui, j'aimerais recevoir un détail de tout ce que je possède. En intégralité.

- Je vous ferai parvenir cela, assura-t-il.

- J'aimerais aussi que vous meniez une petite recherche pour moi. Je voudrais savoir s'il y a d'autres héritages, titres, noms ou autres, proches ou éloignés, auxquels je pourrais prétendre maintenant ou plus tard et comment, dit-il avec un regard calculateur qui sembla plaire à Gripseck.

- Cela va demander un peu de temps mais c'est tout à fait dans nos cordes. Je vous enverrai cette recherche dés qu'elle sera complète.

- Mon compagnon ici présent aimerait aussi accéder à ses coffres bien que cela fasse quelques temps qu'il ne soit pas venu, signala-t-il.

- Quel nom ? demanda Gripseck en regardant Sheitan.

- Coffre 8, répondit celui-ci en surprenant visiblement le gobelin qui se redressa.

- Je vois, dit-il finalement en scrutant soudain bien plus gravement l'attitude tendre qu'il avait avec le jeune homme. Je vois très bien.

- Cela va sans dire, vous garderez cela pour vous Gripseck, posa fermement Harry en sachant qu'il avait parfaitement saisi la situation.

- Cela va sans dire, sourit-il. Vous continuerez à me surprendre Lord Potter.

- Ce ne serait pas drôle dans le cas contraire. Vais-je recevoir une nouvelle clef pour mes coffres ?

- Inutile, maintenant que vous êtes Lord, vos chevalières servent de clef.

- Parfait. Dans ce cas, pouvons nous descendre prendre un peu d'or. J'ai quelques achats à faire après ma longue absence.

- Veuillez me suivre, pria le gobelin en se levant.

Ils quittèrent le bureau pour descendre dans les tréfonds de la banque, gagnant tout d'abord la crypte Potter où plusieurs coffres étaient regroupés. Harry ne fit que retirer de l'or, en remplissant un sac de bonne taille qu'il laissa à Gripseck pour Gringotts comme « prime d'efficacité », le faisant sourire. Ce fut sans grand espoir qu'il demanda si certains objets lui appartenant avaient été rapportés, le gobelin faisant signe que non. C'était officiel, toute ses possessions qu'il avait laissé à Poudlard avaient disparu, incluant sa précieuse cape. Ils descendirent ensuite encore plus profondément pour gagner une autre crypte rassemblant plusieurs coffres qui avaient cette fois-ci des portes d'or massif. Harry resta à l'écart le temps que son amant prenne ce qu'il voulait récupérer, revenant ensuite vers lui. Ils quittèrent ensuite la banque par l'entrée principale. On était samedi mais il n'y avait pourtant pas l'affluence habituelle d'un jour tel que celui-ci sur le Chemin de Traverse. On trouvait cependant pas mal de familles, la rentrée de Poudlard se faisant dans un peu plus de deux semaines. Harry jeta un coup d'œil à l'endroit qui n'avait pas changé d'un pouce. Il avait pourtant l'impression que cela faisait des siècles depuis la dernière fois :

- Où allons nous en premier Bellia ? demanda le démon en lui donnant son bras alors qu'il souriait au surnom. Les baguettes peut-être ?

- Il me semble que vous avez déjà une baguette d'excellente qualité très cher, sourit Harry en se collant contre lui.

- Certes mais celle-ci est entièrement dédiée à votre plaisir mon Lord, susurra-t-il en venant effleurer son oreille de ses lèvres, il m'en faut une autre pour le reste.

- Nous commençerons donc par les baguettes, sourit Harry en ricanant des regards outrés que les gens leur envoyaient en les regardant flirter ouvertement en public de la sorte. Rappelle moi ce que nous devons absolument acheter aujourd'hui ? J'aimerais rentrer rapidement et... retourner dans notre lit, murmura-t-il à son amant.

- Et bien il y a les baguettes et peut-être quelques vêtements. J'aimerais aussi passer chez l'apothicaire pour te prendre quelques potions ou de quoi les faire pour que tu récupères plus vite. Le reste peut attendre ou nous le commanderons plus tard.

- Faisons vite alors, répondit Harry.

Ce fut pourtant sans se presser qu'ils se dirigèrent vers la boutique d'Ollivander, Harry ne pouvant encore cavaler comme un lapin alors qu'il sortait à peine du lit. Ils ne firent pas un instant attention à ceux qui les entouraient, le jeune s'amusant à imaginer les réactions s'il retirait son glamour là maintenant et que tous trouvaient Harry Potter sur le Chemin. Mais ils ne seraient peut-être pas capable de le reconnaître, ses changements physiques étaient radicaux. Ils ne prêtèrent pas non plus attention aux regards dégoûtés que leurs envoyaient certains, leur relation ne faisant aucune ambiguïté. Ils atteignirent finalement leur première destination, entrant dans la boutique déserte. Ollivander ne tarda pas à apparaître et Harry sourit moqueusement en voyant qu'il était un peu perdu en les regardant. Visiblement cette fois, il ne le reconnaissait pas.

- Nous aurions besoin de nouvelles baguettes mon compagnon et moi, annonça immédiatement Sheitan avec froideur.

- Voilà une chose rare, répondit l'homme en les scrutant avec curiosité. Qu'est-il arrivé aux précédentes ?

- Cela ne vous regarde en rien, trancha Harry.

- Bien, bien, tempéra le vieil homme sans s'en formaliser.

Il prit ses mesures puis il se tourna vers ses étagères pour commencer la recherche. Il fut pourtant interrompu par Sheitan qui l'interpella :

- Je vais vous aiguiller un peu, dit-il en le vexant visiblement.

- Je vous demande pardon ?

- Je me connais mieux et je connais mieux mon compagnon qu'un inconnu tout fabriquant de baguette qu'il soit, répondit-il un peu moqueur. Alors je vais vous dire quoi nous présenter. Tremble et ventricule de dragon pour moi, annonça-t-il. Au plus le bois et le dragon seront anciens et au mieux cela sera. Et pour lui, dit-il en se tournant vers Harry et l'observer un instant en souriant, ébène et crin de sombral, assurément.

Ce fut en maugréant que le vieil homme partit entre ses étagères, visiblement offusqué qu'on lui dise quoi choisir. Et en plus de ça, l'homme lui avait demandé deux combinaisons extrêmement rares et puissantes que peu de sorciers à travers les siècles auraient pu avoir en main. Il se dit qu'il était prétentieux et qu'il serait bien forcé de revoir ses ambitions à la baisse d'ici quelques minutes. De son côté, Harry rit doucement du spectacle, se tournant vers le démon qui l'entourait d'un bras pour le tenir contre lui. Avec la longue vie qu'il avait eu, il ne doutait pas qu'il devait connaître les subtilités des baguettes et qu'il devait en avoir eu de nombreuses dans les mains.

- Tu m'expliques les raisons de ton choix ? demanda-t-il.

- Tremble et ventricule ont toujours composé les baguettes qui s'allient le mieux à mes pouvoirs, expliqua-t-il la voix murmurante pour ne pas être entendu du fabriquant. Le tremble est un bois puissant qui donne des baguettes de combattants d'envergures et déterminés, à l'esprit solide et particulièrement adapté aux enchantements puissants. Le ventricule de dragon est un cœur fort qui dépend beaucoup du dragon dont-il est issu. Au plus il sera ancien, au plus il sera puissant. C'est aussi un composant qui fonctionne très bien avec la magie noire. Ces baguettes sont rares, je n'en n'ai pas vu beaucoup et il y a des époques où je n'en trouvais même pas. Ces deux composants, c'est comme réunir deux bombes instables, il faut donc beaucoup d'habilité et de force pour la maîtriser sans quoi elle fait de sérieux dégâts.

- Cela te va bien, remarqua le jeune homme. Et pour moi ?

- Crin de sombral, un cœur diaboliquement puissant. On dit que la légendaire baguette de sureau a un crin de sombral pour cœur. Les seuls dignes de l'avoir sont ceux qui ont vaincu la mort, ce que tu as fait plus d'une fois déjà. Il n'accepte que celui capable de faire face à la mort sans peur et de lui tenir tête. C'est à la fois très puissant, noir et très élégant et délicat. Tout cela à condition de le mettre avec le bon bois. D'après tout ce que je sais, s'il s'agit vraiment du cœur de la baguette de sureau, il ne doit pas pouvoir déployer toute ses capacités et ses exigences. Le sureau est un bois fort mais écrasant qui étouffe son propre cœur s'il lui fait concurrence. Avec l'ébène, cela change tout. Et cela t'ira tellement bien. L'ébène laisse toujours son cœur s'exprimer pleinement. C'est un bois qui ne choisit que des maîtres qui n'ont pas peur d'être eux mêmes peu importe ce que le reste du monde en pense, qui se battent pour eux mêmes et qui sont impossibles à détourner de leurs buts. Il est parmi les plus puissants entre les mains de ceux qui ne se renient pas et qui laissent libre court à ce qu'ils veulent vraiment sans barrière. L'un comme l'autre sont tout ce que tu es aujourd'hui avec toute la puissance et la majesté digne de toi.

Souriant, Harry l'attira à lui pour un baiser, se disant que son amant le voyait vraiment tel qu'il était, appréciant le fait qu'aujourd'hui, il y avait enfin quelqu'un qui le regardait véritablement. Ils se séparèrent lorsqu'ils entendirent Ollivander revenir avec deux boîtes extrêmement poussiéreuses qu'il déposa sur le comptoir.

- Je n'en n'ai qu'une de chaque, annonça-t-il. Ce sont des compositions extrêmement rares qu'on ne produit plus depuis longtemps. Celles-ci datent de plusieurs siècles déjà.

- Cela nous évitera de trop longs essais, soupira Harry.

Sheitan s'avança le premier pour prendre la baguette de tremble qui immédiatement, cracha une gerbe d'étincelles dorées, surprenant le fabriquant.

- J'ai toujours raison, se vanta-t-il en fixant le vieil homme. Elle t'ira tu verras, dit-il ensuite à son compagnon en lui tendant révérencieusement la baguette d'ébène plus noire que noire.

Harry la prit délicatement, sentant une puissante chaleur remonter de sa main pour parcourir tout son corps avec une puissance qui le fit frissonner d'excitation. La belle baguette polie produisit un petit feu d'artifice de lumière noire, le faisant sourire.

- Excellent choix, dit-il à son démon. Elle est plus parfaite que la précédente.

Sheitan sourit de victoire, se tournant ensuite vers le fabriquant ahuris pour lui demander son prix. Ils payèrent avant de sortir sans plus de cérémonie, le jeune homme tenant le bras du démon. Ce fut ensuite chez un luxueux tailleur qu'ils s'arrêtèrent et ce fut Sheitan qui prit les choses en mains, Harry le laissant faire alors qu'il était peu au fait de ce genre de chose. Une fois ses mesures prises, il patienta dans un confortable fauteuil alors qu'on lui servait une tasse de thé, observant son compagnon choisir, ou plutôt dicter autoritairement ce qu'il voulait. Habitués aux riches clients capricieux, le personnel ne se fit pas prier, se pliant en quatre pour eux. Si le démon avait annoncé qu'il ne faisait que parer au plus pressé, Harry se retrouva avec plus de vêtements qu'il n'en n'avait jamais eu. Ce qui n'était pas si difficile en y réfléchissant. Ils payèrent finalement, demandant à faire envoyer cela à leur hôtel. Ils repartirent ensuite pour les boutiques dédiées aux potions. Ce fut alors qu'ils passèrent devant les ménageries magiques, Harry regardant d'un air fermé les chouettes. Il ne pouvait s'empêcher de penser à Hedwige, la seule amie qu'il aurait volontiers gardé de sa vie d'avant. Seulement, elle n'était plus là. Lorsqu'il avait été enfermé à Azkaban, Hedwige n'avait cessé de venir voler autour de la prison et les aurors avaient fini par l'abattre. Ils avaient tellement adoré lui raconter ça. C'était ce jour là qu'il avait pris la main de Sheitan pour la première fois et qu'ils avaient découvert leur lien.

- Est-ce que tu veux un nouvel oiseau ? lui demanda le démon en se penchant à son oreille.

- On verra ça une autre fois, répondit-il platement en se dirigeant vers l'apothicaire.

Ils firent les dernières courses que le démon voulait absolument puis ils firent demi tour pour retourner vers le palace. De retour dans leur suite, ce fut quasiment immédiatement que Harry exigea du démon qu'il le morde. Si au contraire des vampires, les démons n'avaient pas besoin de sang pour vivre, c'était tout de même un met apprécié chez eux. Le sang de leur compagnon en revanche était une chose absolument divine qu'ils adoraient. Sans parler du fait que cela les rendait plus puissants et les aidait à se remettre bien plus vite s'ils se retrouvaient affaiblis. Quand à Harry, la morsure était pour lui source d'un plaisir sans bornes. Sheitan ne l'avait mordu qu'une seule fois lorsqu'ils avaient forgé leur lien. Depuis, il s'était abstenu pour ne pas affaiblir son compagnon ne se remettant que lentement de son passage à Azkaban par une perte de sang. Cela avait pourtant été difficile à tenir pour l'un comme pour l'autre ne rêvant que de renouveler l'expérience. Aucun des deux n'avait donc oublié d'acheter quelques potions de régénération sanguine en faisant les courses. Ils savaient bien qu'il ne fallait pas abuser non plus mais au moins, ils pourraient se faire plaisir. Le démon ne chercha donc pas du tout à résister à l'ordre de son compagnon et cela signa les activités qu'ils entreprirent pour le reste de la journée.

Dans les jours qui suivirent, Harry se remit doucement à bouger tranquillement, se familiarisant avec sa nouvelle baguette. Il adorait son nouvel outils lui semblant mille fois plus naturel que sa première baguette. Entre son changement de caractère et de personnalité et le fait qu'il s'était débarrassé de ce fichu morceau d'âme le reliant à Voldemort, sa première baguette n'avait plus rien à voir avec ce qu'il était réellement et elle ne l'avait jamais été. Elle avait été à l'image de ce que tous voulaient qu'il soit et non à ce qu'il voulait être. C'était donc avec grande joie qu'il se servait de sa nouvelle baguette, redécouvrant sa magie libérée du horcruxe et amplifiée par son lien avec son âme sœur. S'il s'était senti puissant autrefois, il était bien au delà de ça aujourd'hui. Il ne la lâchait d'ailleurs plus, sauf lorsque Sheitan lui retirait des mains pour d'autres activités. Le démon lui, s'était mis en tête d'effacer au plus vite toute trace physique de l'emprisonnement de son compagnon. Il usait chaque jour de ses propres pouvoirs pour l'aider. Ses morsures lui permettaient de lui transmettre de la magie et des forces, comme ses ailes qui avaient de légers pouvoirs guérisseurs sur lui. Mais cela n'étant ni suffisant ni assez rapide à son goût il s'était mis à préparer des potions de son cru grâce à leurs achats faits sur le Chemin. Il occupait donc une partie de son temps à préparer ce dont Harry avait besoin. Il y en avait de toute sorte pour effacer tout les dégâts qui avait pu être fait entre épuisement, malnutrition, déshydratation, corps extrêmement diminué et magie trop affaiblie.

Ils passèrent donc plusieurs jours de plus à ne s'occuper que d'eux mêmes, Harry se reposant alors que leur première sortie avait réussi à l'épuiser complètement. Cependant, le jeune homme eut rapidement envie d'aller s'amuser un peu et il avait pour cela une idée bien précise. Une chose qu'il rêvait de faire depuis un bon moment maintenant. Sheitan s'en fit d'ailleurs une joie sachant ce que cela représentait pour son compagnon. Il fut donc ravi de l'accompagner et ce fut pour cela que ce soir là, ils quittèrent leur hôtel pour transplaner et réapparaître à la nuit tombante à Little Whinging. Ce fut sans se presser qu'ils avancèrent dans les rues de la ville de banlieue de Londres, entourés de sorts leur assurant que personne ne retiendrait ou même ne s'apercevrait de leur passage. Harry tenait le bras de son démon, dépourvu de tout glamour ou sort dissimulant son apparence. En les regardant, on aurait presque pu voir là un simple couple profitant de ce doux soir d'été pour une promenade romantique. Presque.

Seulement, une chose cassait le tableau idyllique : le sourire profondément sadique arboré par le jeune homme. Ce soir là, Harry n'avait plus rien à voir avec ce qu'il avait été autrefois. Ce soir, il venait pour une vengeance et son regard couleur du sort de mort reflétait toute la douleur qu'il promettait à ses victimes. Ce soir, il allait faire une chose dont-il avait mainte fois rêvé et ce depuis son plus jeune âge. Autrefois, il s'en était voulu d'avoir de telles idées. Parce que c'était mal. C'était mal pour les autres mais à présent, il se fichait bien de leur avis. Le seul qui avait de l'importance était celui de Sheitan et son démon était largement d'accord avec lui sur ce genre de démarche.

Ce fut donc tranquillement qu'ils marchèrent dans les rues, sans se presser, Harry regardant autour de lui en se disant qu'il n'avait vraiment aucun bon souvenir ici. Se remémorer tout cela ne lui faisait plus peur. Les détraqueurs lui avaient montré tant de fois que plus rien de cela ne l'effrayait. Non, il n'y avait plus que la fureur née de ce qu'il avait subi dans cette agréable petite ville sans histoire. Il ne fallut pas très longtemps pour atteindre Privet Drive puis son numéro quatre. Ils s'arrêtèrent sur le trottoir pour faire face à la maison, la lumière émanant de la fenêtre leur permettant de voir l'intérieur. La famille semblait être assemblée devant la télévision, paisiblement. Harry sourit d'un air carnassier. Les Dursley n'avaient pas changé.

- Une petite famille tranquille, dit-il tout bas sans les lâcher des yeux. Bien sous tout rapport, à l'excellente réputation. Dans une ville qui ne voit que ce qui lui convient. Les pires se cachent vraiment sous les plus belles images rassurantes je trouve. Si seulement ils savaient ce qui va leur arriver, ricana-t-il en faisant sourire diaboliquement son compagnon. Peux-tu isoler la maison pour que rien ne vienne nous déranger ?

Sheitan sortit sa baguette, entourant l'habitation de sortilèges de son cru. Ainsi, aucun bruit ou image étrange ne filtrerait et personne ne se rendrait compte de ce qu'il se passait au 4 Privet Drive. Il s'assura que rien ni personne, magique ou non, ne pourrait espionner ou venir les interrompre, voulant que son amour profite pleinement de cette nuit. Cela fait, Harry sortit sa propre baguette et ils avancèrent de nouveau. Le jeune homme lâcha bientôt le bras de son amant pour se porter en avant, le visage aussi froid que la glace. D'un ample geste du bras, il fit sauter la porte de ses gongs dans un grand fracas, le panneau traversant le couloir pour aller se fracasser dans la porte donnant sur la cuisine. La vitre de celle-ci explosa à l'impact et lorsque tout le verre fut au sol, le silence retomba, Harry se tenant dans l'encadrement explosé.

Il sourit largement en sentant sur le champs la peur emplissant déjà la maison. On la sentait nettement pour qui savait palper les ambiances. Elle était là, glaciale et tendue, faisant courir le frisson chez des victimes qui inconsciemment savaient que leurs vies étaient menacées. D'une humeur théâtrale, il lança un petit sort sur ses chaussures et ainsi, lorsqu'il se remit en marche, le bruit de ses pas lents raisonna partout dans le silence lourd. Il avança doucement, savourant déjà, les yeux brillants d'une excitation malsaine. Il prit tout son temps pour parcourir ce couloir si connu et tant haïs. Sans même s'en apercevoir, il laissa couler sa magie autour de lui, celle-ci semblant aussi enthousiaste que lui, rendant l'air électrique et lourd, assombrissant la maison dont les lumières se mirent à clignoter. Elle l'entourait telle une cape d'ombre rayonnant de puissance, faisant largement sourire le démon qui le suivait.

Lorsqu'il atteignit la porte donnant sur le salon et qu'il y apparut, ses yeux trouvèrent immédiatement ses cibles figées dans leurs fauteuils en regardant dans sa direction. Ils perdirent toutes leurs couleurs en le voyant. Sur le moment, aucun ne le reconnu. Comment auraient-ils pu alors que l'adolescent qu'ils avaient connu avait entièrement disparu pour laisser place à cet homme semblant fou ? C'était sans conteste le qualificatif que l'on pouvait donner à son regard luisant étrangement et son sourire faussement tendre alors qu'il penchait la tête sur le côté. Ses traits assombris, l'effet accentué par la lumière oscillante, n'étaient rendus que plus terrifiants par ses cicatrices ressortant nettement, ses cheveux gris en bataille terminant le tout. Il fallut quelques secondes pour qu'ils se rendent compte de son identité :

- Harry, bredouilla Dudley ne sachant que penser et peinant à reconnaître son cousin.

Cela brisa l'instant et oubliant toute prudence et tout instinct de survie, Vernon se leva, pointant un doigt menaçant vers lui et prenant cet air qu'il avait lorsqu'il voulait l'effrayer autrefois.

- Mon garçon, commença-t-il durement en avançant vers lui, comment oses-tu...

Un sortilège foudroyant le percuta, l'envoyant s'écraser dans le manteau de la cheminée alors que sa femme et son fils hurlaient. Il tomba lourdement au sol et Pétunia accourut vers lui, lançant un regard terrifié vers son neveu qui riait doucement d'un air dément :

- Bonsoir mon oncle, salua-t-il d'un ton ronronnant comme si de rien n'était. Je vous demanderais bien comment vous allez mais je n'en n'ai rien à faire.

Il avança dans la pièce comme si elle lui appartenait, prenant son temps alors que Vernon commençait à reprendre ses esprits. Sheitan le suivit, ne voyant que son compagnon et cette aura diablement envoûtante qu'il avait à cet instant. D'un élégant geste, il fit lui même apparaître un grand siège de bois sculpté garni de coussins qui avait tout d'un trône. Il vint s'y asseoir et ce fut tout naturellement que Harry vint s'installer confortablement sur ses genoux ne lâchant pas des yeux ses victimes du soir alors qu'il jouait avec sa baguette. Gardant ce sourire sadique, il observa la famille quelques instants, Vernon se redressant finalement, dardant un regard mi effrayé mi furieux vers lui :

- Tu n'as pas le droit de...

Cette fois, ce fut un sortilège d'un rouge infernal qui foudroya l'homme qui retomba au sol, hurlant de douleur et de tortillant dans tout les sens, horrifiant les deux autres et faisant rire son tortionnaire. Harry se décida à stopper son sortilège avant de tuer l'homme, ne voulant pas abréger son programme de la sorte.

- Un peu de respect lorsque tu t'adresses à ceux qui te sont supérieur mon oncle, aurais-tu oublié tes propres conseils ? dit-il alors qu'il gémissait pitoyablement en bavant, le nez coulant et les joues pleines de larmes.

- Ils ont dit que tu étais en prison, bredouilla Pétunia, que tu avais tué, torturé et commis un acte de haute trahison, murmura-t-elle les larmes aux yeux en restant collé à son mari.

- C'est ce qu'ils avaient inventé en effet quand je tentais de les prévenir qu'un meurtrier voulait mettre le pays à feu et à sang. Ils ont eu tellement peur qu'ils ont préféré me faire taire en m'enfermant et ignorer la situation. Petit hic, aujourd'hui, le dit meurtrier s'est mis au boulot et il se trouve que je suis le seul, en tout cas tout le monde le crois, à pouvoir le vaincre. Alors, ils m'ont blanchi et fait sortir, ricana-t-il. Amusant n'est-ce pas ? Comment tous peuvent changer d'avis comme ça et retourner leur veste.

- Qu'est-ce que tu veux ? questionna Dudley la voix devenue aiguë sous la terreur.

- Trois ans dans une prison moyenâgeuse, torturé chaque jour par des créatures immondes, ça donne à réfléchir Dud. À réfléchir sur ce qu'on est, sur ce qui nous a amené à cette situation, sur ses regrets et surtout à ce qu'on fera en sortant si on sort un jour. Personnellement, j'ai décidé d'arrêter de jouer au gentil petit garçon et de régler certains comptes. Je suis là pour ça ce soir, susurra-t-il en les faisant trembler d'appréhension.

Les faisant sursauter, il fit apparaître une fiole pleine d'une potion que Sheitan s'était appliqué à faire pour lui. Il la fit léviter, figeant ensuite son cousin d'un sort et le forçant à ouvrir la bouche d'un autre avant de lui faire avaler le breuvage sans douceur. Contre la magie, il ne put se débattre mais il tenta de vomir dés que Harry le relâcha. Le jeune homme le regarda faire avec amusement, se calant contre son amant qui l'entourait de ses bras.

- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? paniqua Dudley.

- Du poison, répondit Harry en le paralysant de choc. Il a un effet terriblement intéressant vois-tu. D'abord, tu vas commencer à avoir mal, comme si quelque chose te rongeait de l'intérieur en grignotant tes entrailles, lentement, dit-il comme s'il lui confiait un prodigieux secret.

Tous pâlirent dramatiquement devant lui et Pétunia se serait évanouie si Harry ne l'avait pas forcé à resté consciente d'un sort. Vernon tourna le visage vers lui, lui aussi au bord de la crise cardiaque.

- Ensuite, tu vas te mettre à vomir ton propre sang mon cher cousin, poursuivit-il en le faisant gémir de panique. Tout ton sang jusqu'à ce qu'il n'en reste plus une goutte. Malgré tout, tu resteras en vie les quelques minutes qu'il faudra encore à ton corps pour expulser tout les liquides qu'il peut contenir. Quand tu seras aussi desséché qu'une momie et que tu auras expérimenté l'agréable sensation de brûler, tu mourras enfin, dit-il avant de rire ouvertement de son expression affolée.

- Non ! Pitié ! s'écria-t-il. Donne moi l'antidote !

- Pitié ? répéta Harry. Je n'en n'ai plus aujourd'hui, grâce à vous et à tout les autres. Dis-moi Dudley, as-tu eu pitié lorsque je te suppliais d'arrêter de me tabasser et de me biser les os quand il y a encore seulement quatre ans, tu jouais à la chasse au Harry avec les vermines te servant d'amis ? Avais-tu pitié lorsque je me consumais de faim et de soif sous tes yeux pendant que tu te goinfrais tel un ogre ? Avais-tu pitié en me faisant dévaler les escaliers parce que me bousculer était amusant ? demanda-t-il alors qu'il commençait à gémir de douleur en se tenant le ventre.

- Je suis désolé, tenta alors son cousin. Je suis désolé.

- Tant mieux pour toi, sache que moi, je ne serai pas désolé après ceci et que je dormirai comme un bébé ce soir, dit-il avec un large sourire.

- Ils vont t'arrêter, bredouilla Vernon.

- Qui ça ? Les moldus ? Aucune chance. Les sorciers ? Il se trouve qu'ils ont besoin de moi et de toute manière, jamais plus je ne les laisserai m'importuner. J'ai eu ma dose. Ne vous en faîte pas, vous ne serez pas les seuls à mourir de manière douloureuse. Ma liste est longue. J'ai beaucoup de gens à remercier pour les bienfaits qu'ils m'ont apporté autrefois. Parce que voyez vous, vous n'étiez pas les seuls.

Un cri de douleur l'interrompis, Dudley s'écrasant au sol alors que du sang coulait de sa bouche. Pétunia accourut vers lui sur ses genoux, affolée :

- Tu n'as pas le droit, dit-elle en pleurant.

- Je n'ai jamais eu le droit de rien en écoutant ceux autour de moi ma tante. Aujourd'hui, je m'octroie moi même tout les droits que je veux, dit-il en lui envoyant un sort qu'il la fit crier de terreur. Pour toi ma tante, ça va être différent. Tu vas regarder ton précieux fils, ton cher petit bébé, ton Dudley d'amour, mourir sous tes yeux sans rien pouvoir faire. Je vais te priver de ce que tu aimes le plus au monde. Pendant ce temps là, mon sortilège va faire doucement flétrir ta peau, te faire perdre tes cheveux, tes dents, tes ongles... toi qui aimes tant les apparences ne ressembleras plus à rien. La suite, je te ferai la surprise.

Un nouveau hurlement de douleur l'interrompis alors que Dudley se contorsionnait au sol, se mettant à cracher du sang. Harry l'observa avec une certaine fascination, se demandant comment une telle mini baleine pouvait faire preuve d'autant de souplesse dans la douleur. Il frissonna en sentant Sheitan embrasser sa nuque, cela ne l'excitant que davantage. Ce qu'il pouvait être jouissif de voir les Dursley terrorisés et pathétiques face à lui, plein d'une douleur qui ne faisaient que commencer. Les rôles s'inversaient par sa seule volonté et pour son plaisir, lui prouvant un peu plus qu'il n'avait qu'à le décider pour l'avoir. Les cris furent rapidement la seule chose qui anima la scène, Dudley vomissant maintenant son sang à torrent, celui-ci imbibant le tapis et éclaboussant les meubles sous les regards choqués de ses parents paralysés. Lorsque Vernon jeta un regard par la fenêtre, Harry éclata de rire.

- Inutile d'espérer la moindre aide. Vous pourrez hurler autant que vous voudrez, personne ne vous entendra. Comme jamais personne n'a voulu m'entendre.

- Vous allez le laisser faire ? demanda la femme en regardant son amant.

Harry sourit un peu plus alors que Sheitan se redressait, se collant à son dos. Son visage sembla sortir de l'ombre alors qu'il l'avançait au dessus de son épaule. Doucement, il commença à se transformer pour laisser place à sa véritable apparence, pétrifiant le couple dont le fils n'avait plus loisir de réaliser, s'étant mis à vomir une étrange substance jaunâtre et malodorante. Le démon fut finalement lui même et il poussa jusqu'à nimber ses cornes de flammes dorées, étendant ses ailes qu'il rabattit légèrement autour d'eux, comme un écrin. Sa queue s'agita près d'eux alors qu'il fixait les moldus estomaqués :

- Le Diable, murmura Pétunia tremblante.

- C'est ce que signifie mon nom en effet, s'amusa-t-il. Et je suppose que je dois être l'image de ce que les êtres de votre genre appellent diable. Alors ne comptez pas sur moi pour l'arrêter. Au contraire, je vais savourer le spectacle.

- Tiens, tu commences à perdre tes cheveux ma tante, remarqua légèrement Harry.

Elle passa une main dans sa tignasse pour en recevoir une pleine poignée, sursautant en s'apercevant que sa peau devenait grisâtre et se flétrissait à vu d'œil. Elle reporta cependant son regard sur son fils émettant des bruits peu ragoûtant, complètement dépassée et choquée par ce qu'il se passait.

- Miracle ! s'exclama Harry. Dudley a perdu du poids ! C'est une grande première.

Il fallait désormais vraiment savoir qu'il s'agissait d'une personne pour identifier la masse au sol. Une flaque de liquides étranges entourait un corps considérablement amaigri, la peau devenue brunâtre craquelant alors que plus un son n'en sortait. Il avait des airs de momie avec ses yeux ressemblant à des raisins sec. Un dernier souffle passa finalement ce qu'il restait de ses lèvres et Harry perçu nettement l'instant où la vie quitta son cousin. Il sourit largement alors qu'il ne ressentait pas une once de honte, de regret, de tristesse, de dégoût ou d'horreur à ce premier meurtre de sang froid. Non, il se sentait seulement libre et satisfait, c'était jouissif comme il avait imaginé que cela le soulagerait autrefois. Se venger ne réparait rien, certes, mais c'était tellement agréable. Avant de mourir, ces vermines réaliseraient au moins qui était leur maître et à quel point ils auraient mieux fait de s'en rendre compte bien avant. Il admira avec joie le visage horrifié d'une Pétunia qui commençait elle aussi à ressembler à un genre de momie avec la peau sur les os et l'allure d'une veille dame chauve et sans dents. On aurait pu la comparer à une âme damnée errant en enfer.

- Dudleynouchet, murmura-t-elle la voix cassée par les larmes.

- Il est mort ma tante mais vous le rejoindrez bientôt.

- Tu paieras pour ça ! s'exclama son oncle se redressant sur ses bras.

- Peut-être, même si j'en doute. J'ai largement payé d'avance. Tout ce que je pourrais vous faire ce soir ne sera jamais à la hauteur de ce que vous m'avez fait subir des années durant. Vous n'allez souffrir qu'un court moment avant de mourir. J'ai souffert des années à vos soins. Mais ne serait-ce pas ma ceinture préférée que vous portez là ! s'exclama-t-il joyeusement

D'un geste de baguette, il retira l'objet de sa place avant de l'ensorceler.

- Enfin mon oncle, une ceinture ne sert pas à tenir un pantalon. Tu me l'as démontré tellement de fois. Attend, je vais te rafraîchir la mémoire, dit-il avec un sourire terrifiant qui fit sursauter l'homme cherchant à s'enfuir en rampant.

Il n'en n'eut pourtant jamais le temps, la ceinture enchantée s'abattant une première fois sur son dos, lacérant pull et chemise en le faisant hurler. Il s'étala comme une baleine s'échouant au sol, la lanière de cuir s'abattant encore et encore sur son corps. Harry retourna son regard sur Pétunia qui fixait le corps de son fils, apathique.

- Bien. Pour une fois, tu vois l'horreur de ce qu'il se passe ma tante, susurra le jeune homme. Autrefois, tu refusais de voir tout ce qu'il se passait. Tu préférais ignorer en te disant encore et encore que ta famille était parfaite et sans tâche. En ignorant le monstre que tu as pour mari.

- Lily doit te maudire d'où elle est monstre, murmura-t-elle en pleurant.

- Certainement, mais je m'en fiche pas mal. Mes parents peuvent bien penser ce qu'ils veulent s'ils me voient en ce moment. Ce que je suis aujourd'hui est aussi le résultat de leurs erreurs. L'avis de morts n'a pas d'importance pour moi. Désormais, je vis comme moi je l'entend et non pour plaire à l'un ou à l'autre ou pour faire honneur à mes parents. Tu n'as jamais su voir que je ne voulais qu'un peu d'amour en étant gosse Pétunia. Tu n'as jamais voulu te servir de tes yeux. La seule fois où tu auras vu aura été pour voir ton fils être tué, par ta faute. Mais comme tu m'as toujours démontré que tu étais aveugle, je vais remettre les choses en ordre, dit-il doucereusement en pointant sa baguette vers elle. Tu ne mérites pas d'avoir des yeux dont tu ne te sers pas.

Elle ne réagit pas, amorphe, sa bouche édentée ouverte, ses bras ballant alors qu'elle pleurait en silence. Elle se mit pourtant à hurler à la folie lorsqu'il commença à lui arracher lentement les yeux, les faisant sortir de leurs orbites. Pas un instant il ne fut ému par ses cris atroces. Combien de fois n'avait-il pas crié et combien de fois ne l'avait-elle pas ignoré ? Alors il ignora jusqu'à ce que ses globes oculaires roulent au sol dans le sang de son fils. La femme s'effondra, convulsant de douleur et se vidant doucement de son sang par les blessures fraîches. Ce ne fut qu'alors que les cris de Vernon lui parvinrent de nouveau, douce mélodie. C'était encore plus plaisant qu'il ne l'avait imaginé dans le passé. Le moldu avait déjà les vêtements en lambeau et le dos labouré, ensanglanté. Harry fit cesser la ceinture, la faisant tomber devant le visage pâle et en sueur de l'homme tremblant et essoufflé, gémissant.

- Tu te souviens maintenant mon oncle ? C'est comme ça qu'on se sert d'une ceinture, dit-il comme s'il faisait la leçon à un enfant. Mon dos s'en souvient encore. Mais il y avait autre chose dont tu adorait te servir, remarqua-t-il.

Il fit apparaître une flammèche qu'il envoya se balader sur le dos de l'homme braillant comme un porc qu'on égorgeait, cautérisant salement ses plaies fraîches en répandant une odeur de chaire brûlée dans l'air. Mais ce n'était toujours pas à la hauteur de l'odeur putride de cadavre, de pourriture et d'excrément d'Azkaban. Il s'amusa à dessiner il ne savait trop quoi sur le dos de l'homme jusqu'à décider de passer à autre chose, faisant venir un couteau de cuisine.

- Ça aussi tu aimais bien, se remémora-t-il.

Guidant la lame de sa baguette, il se mit à balafrer joyeusement le visage de Vernon qui hurla de plus belle.

- Allons mon oncle, il ne faut pas crier. Tu m'as dit tellement de fois qu'il ne fallait pas faire de bruit pour ne pas importuner les voisins. Alors tais toi, ordonna-t-il en lançant de nouveaux sorts.

Il l'obligea à tirer la langue et la trancha sans cérémonie, une gerbe de sang sortant de la bouche de l'homme. Il continua ensuite à lui ouvrir la peau, de plus en plus de sang coulant sans que cela ne le touche. Le sien laissait probablement encore de nombreuses traces dans le placard sous l'escalier, la cave et la chambre miteuse. Il prit tout son temps jusqu'à être certain qu'il ne pouvait faire plus sans tuer sa proie. Il cessa alors, se calant contre le démon qui grignotait son cou en le serrant contre lui, ronronnant littéralement. Il observa son œuvre, Dudley et Pétunia déjà morts depuis un moment alors que Vernon suivrait rapidement. Pas un instant il n'eut envie de détourner les yeux, assumant sans honte ni regret, admettant définitivement que oui, il était capable du pire et qu'il ne voulait pas changer. Une épouvantable odeur de sang et de chair brûlée saturait l'air, le sol et les meubles alentour couvert de rouge. Sa magie lourde et électrique, euphorique et violente, sadique et un peu folle crépitait autour d'eux, détruisant lentement ce qu'il y avait là. Les murs se fissuraient et la lumière clignotait, donnant une ambiance plus lugubre encore au salon qui n'avait plus rien de parfaitement ordinaire. Cela ne l'empêcha pas de réclamer un baiser langoureux à son amant qui avait glissé ses mains sous sa chemise. Il pouvait sans mal sentir son érection et son envie :

- Tu es diaboliquement excitant Bellia, murmura-t-il contre ses lèvres comme s'ils n'étaient pas au milieu d'un massacre sanglant. Tu es tellement beau, tellement puissant, roucoula-t-il en lapant ses lèvres. J'aime quand tu te laisses aller à tes pulsions comme ça. Ta magie et ton aura sont si envoûtantes qu'elles s'infiltrent en moi comme une délicieuse drogue qui me rend encore plus fou de toi. Il faut vraiment que je remercie la Magie pour nous avoir lié par le destin. Tu es sans conteste ce que je recherchais depuis toujours. Je crois que cette vermine résistera encore à un ou deux sorts si tu veux t'amuser encore un peu. Il ne mérite que ça.

- J'ai une autre idée, sourit Harry en l'embrassant légèrement. Allons-y.

Il se leva alors et le démon en fit autant. La magie bien éveillée du jeune homme était telle qu'elle éloigna le sang de leurs pas, comme des vagues refluant sur la plage. Ils sortirent sans se presser, sans égard pour les deux cadavres et l'homme agonisant qu'ils laissaient là. Harry tira Sheitan jusqu'au milieu de la rue, regardant le calme quartier tout autour de lui.

- Je hais cet endroit, remarqua-t-il alors que son amant toujours sous sa forme de démon l'enlaçait par derrière.

- Alors détruit le, lui souffla-t-il à l'oreille. C'est ce que tu avais en tête n'est-ce pas ?

Le jeune homme sourit froidement, levant une fois encore sa baguette. Silencieusement, il lança un dernier sortilège, lui donnant pour cible Little Whinging tout entier. Les gens ici avaient tous participé à son malheur par leur inaction. Ils savaient. Combien de fois Harry ne l'avait-il pas vu dans leurs regards pleins de pitié ? Comment auraient-ils pu ne pas entendre un enfant hurler sous la torture qu'il subissait ? Ne pas le voir être traité en esclave tant d'années ? Les amis de Dudley vivaient ici. Ce qui pouvait détester cet endroit symbole d'un passé qu'il avait autrefois subi sans broncher. Un passé vengé ce soir. Un immense jet de flammes sortit de son outil, partant tout embraser, une maison après l'autre, s'étendant et se répandant en quelques secondes, les nimbant d'une lumière de feu digne des enfers. Tout se faisait avaler dans les flammes, inflammable ou non et même l'eau des petites fontaines de jardins et des bouches à incendies explosant s'embrassèrent. La fin du monde sembla soudain avoir été déclenchée ici, n'épargnant que son instigateur et celui qui le tenait dans ses bras.

- Un sortilège de feu de sempremais ? releva Sheitan curieux.

- Little Whinging brûlera pour toujours dans ce feu éternel que rien ni personne ne pourra éteindre, répondit Harry. J'y laisse celui que j'étais avant. Il ne reviendra jamais comme jamais plus cet endroit ne pourra être dompté ou manipulé, utilisé par quiconque. Comme moi maintenant. Ce sera un symbole de ma puissance que je ne cacherai plus et qui détruira tout ce qui aura l'audace de m'importuner, comme ce feu. Un brasier que personne ne pourra ignorer et dont tous auront peur de se faire un ennemi. Ce sera un rappel et une promesse de l'enfer que je réserve à ceux qui oseraient encore me gâcher la vie. Et ça enquiquinera bien le Ministère, s'amusa-t-il plus légèrement.

Les cris commencèrent à se faire entendre au milieu du crépitement claquant des flammes, les hurlements de ceux, enfants, hommes ou femmes brûlant vifs. Plusieurs voitures explosèrent, la maison des Dursley déjà complètement envahie par les langues incandescentes et furieuses. Et tout deux se tenaient là, enlacés au milieu de cet enfer comme s'ils étaient chez eux.

- Tu m'embrases aussi, remarqua Sheitan la voix suave en plongeant dans son cou et l'entourant de ses ailes.

- Rentrons alors, murmura Harry en se collant lascivement contre lui. Tu vas pouvoir me montrer ça plus en profondeur. J'en ai fini ici.

- On met toujours ça sur le dos de l'autre larve à écailles ? demanda le démon.

- Oh que oui.

Ricanant, Sheitan sortit sa baguette, commençant par s'assurer d'effacer toute trace de leur passage, envoyant ensuite la marque des ténèbres briller dans le ciel. Cela fait, il transplana sans attendre avec son amant direction leur chambre à l'hôtel, bien décidé à lui montrer à quel point il lui avait mis le feu.