Naruto Uzumaki
Naruto ne savait pas à quoi s'attendre le lendemain matin en arrivant sur le plateau. Ils avaient vu des figurants retourner à leurs voitures, et même Gaara pressa le pas pour aller voir ce qu'il se passait dans le studio. La porte à peine passée, Karin les rejoignit avec la mine triste.
- Que se passe-t-il ? demande Naruto.
Karin soupira en se frottant les yeux de la main gauche avant de lui répondre.
- Asuma a eu un accident hier soir. Il est à l'hôpital.
- Est-ce qu'il va bien ? s'inquiète Gaara.
- Kakashi n'a pas encore eu de nouvelles. Du coup, il reporte le tournage pour un temps indéterminé.
- C'est normal, soupire Naruto en secouant la tête de droite à gauche. Est-ce que tu sais ce qui est arrivé ?
- Tout ce que Kakashi sait pour le moment, c'est qu'il est sorti avec sa femme et qu'ils ont eu un accident. C'est son neveu Konohamaru qui est venu l'annoncer avant de se rendre à l'hôpital.
- Seigneur ! jure-t-il. Pauvre Hiruzen, il n'est pas en état pour voir son second fils mourir.
- Je vais y aller. Hinata n'avait pas de tournage ce matin et je n'arrive pas à la joindre, explique Karin. Je vais aller voir si elle se trouve à la maison de couture de sa famille.
Naruto acquiesça, puis il suivit Gaara pour aller voir Kakashi. Il venait de raccrocher et sa mine basse ne laissait rien présager de bon.
- Alors ? Des nouvelles ? demande le blond.
- Konohamaru m'a dit qu'ils sont sortis du bloc, mais que leur état est encore critique. Les douze prochaines heures sont les plus cruciales.
- Il ne sait pas ce qui est arrivé ? demande Gaara.
- Non. L'autre conducteur est dans le même état, et ni lui ni Asuma n'avaient d'alcool dans le sang. Il pleuvait plutôt fort hier, alors les policiers se demandent si les roues de l'un des deux véhicules ont dérapé. Ce qui est sûr, c'est que vu l'état des deux voitures, il est impossible de savoir si la mécanique est en cause. On ne connaîtra le fin mot de l'histoire que lorsque l'un des trois se réveillera.
- Je n'imagine pas dans quel état Hiruzen se trouve, soupire Naruto.
- C'est grâce à Asuma s'il a réussi à passer par-dessus la mort de Kyo, acquiesce Kakashi. Konohamaru est parti tout de suite à l'hôpital pour être auprès de lui.
Au moins il n'est pas seul, se dit le blond. Il semblait si faible quand il l'avait vu sur le plateau d'Académie 101. Il n'était pas en état pour subir un stresse pareil et il lui serait difficile de continuer à jouer avant de savoir si Asuma s'en sortait. La présence de son petit-fils serait probablement la seule chose qui le ferait tenir durant les prochains jours.
- J'espère que le bébé va bien, souffle Kakashi en regardant son téléphone.
- Le bébé ?
- Kurenai est finalement tombée enceinte après plusieurs années d'essais. C'est pour ça qu'ils étaient sortis hier. Ils voulaient l'annoncer en personne à toute la famille. Asuma ne tenait plus en place à la fin du tournage. Il ne voulait pas retarder tout le monde, alors il a gardé le silence tout l'après-midi, après que Kurenai lui ait annoncé la nouvelle au téléphone. Elle ne pouvait pas attendre qu'il rentre.
Voyant d'autres acteurs arriver, Kakashi les abandonna pour leur dire de rentrer.
- C'est horrible, grimace Gaara. Même s'ils se réveillent sans séquelles, ils seront anéantis s'ils ont perdu le bébé dans l'accident.
- T'imagines s'il n'y en a qu'un des deux qui se réveille ?
- Je ne veux même pas imaginer, rétorque son ami en secouant la tête. Je vais contacter Tsunade et Jiraiya pour voir ce qu'ils font avec la série. Ils vont peut-être te faire arriver plus tôt que prévu pour permettre à Hiruzen de rester auprès de sa famille.
- D'accord, acquiesce le blond. Dépose-moi à la maison et je prendrai ma voiture pour aller voir Konohamaru et Hiruzen à l'hôpital.
Hinata Hyuuga
- Hanabi, je t'ai déjà dit que je n'étais pas libre aujourd'hui, soupire Hinata en arrivant dans l'atelier de sa sœur.
- Je sais, mais mon photographe n'est plus disponible lundi. Alors, avec ton talent, on devrait avoir terminé avant le dîner.
Hinata se laissa tomber sur un sofa moelleux en poussant un nouveau soupir. Avancer le shooting de trois jours ne l'arrangeait pas. Elle avait beau aimer poser, il n'en restait pas moins qu'elle stressait à mort. Cette fois-ci, c'était vraiment en tant que mannequin pour un shooting de mode et non en tant qu'actrice principale d'un film. C'était totalement différent et les exigences n'étaient pas les mêmes.
Alors que pour l'un elle devait jouer un personnage au physique voluptueux qui attire tous les hommes, du moins pour le dernier tiers de séance, ici elle devait mettre en valeur des vêtements malgré sa petite taille et son corps fait en courbe. Elle devait faire en sorte de paraître grande et mince, même si ce n'était pas le cas. Alors que pour le film, il fallait juste qu'elle soit belle et sans plus. Et elle avait trouvé ça simple avec Naruto et Shikamaru. Elle aurait peut-être dû contacter ce dernier. Ce n'était pas le photographe avec lequel Hanabi avait l'habitude de travailler, mais avec le succès avait, il y avait de grandes chances que sa sœur accepte.
- Si ton photographe ne peut pas lundi, je peux toujours demander à Naruto de me passer le numéro de Shikamaru Nara. C'est lui qui s'est occupé de l'affiche du film.
- Hinata ! soupire Hanabi, exaspérée. Petit un, je ne peux pas faire ça à Toneri. Petit deux, qu'on le fasse aujourd'hui ou dans trois jours, ça revient au même. Et puis on sait toutes les deux que tu vas être géniale. Si j'avais voulu une asperge pour ma collection, je ne l'aurais pas créé pour une femme qui a ta silhouette. Donc, ARRÊTES de stressée.
Hinata détourna la tête en croisant les bras. Il y avait très peu de chance qu'ils passent au-travers des dix ensembles avant qu'elle ne doivent partir pour le tournage, alors tant pis pour ce Toneri, il faudrait sûrement terminer le shooting avec un autre photographe. Elle se prit donc une note mentale, d'aller voir Naruto pour lui demander le numéro de téléphone de Shikamaru. Ou à Gaara. Oui, elle irait probablement voir son agent à la place. La situation était encore trop étrange entre son collègue et elle.
Elle ne put protester plus avec sa sœur, puisque la porte de l'atelier s'ouvrit sur un homme svelte aux cheveux décolorés blancs et avec des yeux d'un bleu si clair qu'ils en paraissaient blancs. Hinata ne mit que quelques secondes pour le replacer dans sa mémoire. Toneri Otsutsuki, le fils du collaborateur de leur père, et qui la draguait malgré ses nombreux refus. Seigneur ! C'est une blague ? jure-t-elle intérieurement en serrant les dents. Elle tourna lentement la tête vers Hanabi, qui lui offrit un sourire d'excuse avant de rejoindre son photographe. À contre cœur, elle la suivit et salua Toneri sans la moindre chaleur.
- Désolé d'avoir dû avancer la séance, mais j'ai un empêchement de dernière minute lundi que je ne peux pas déplacer.
- Ça va, assure Hanabi. On va juste espérer passer au-travers des dix tenues avant midi, pour qu'Hinata puisse aller à son tournage.
- Sinon on pourra toujours faire appel à quelqu'un d'autre, ajoute Hinata avec un sourire forcé.
-On y arrivera, assure Toneri en plongeant son regard dans le sien. Je ne raterai pas l'occasion de photographier Hinata Hyuuga.
Elle, ça ne la dérangerait pas, se dit cette dernière en retenant une grimace. Elle se détourna de Toneri et prit la direction du support à vêtements où était suspendues les dix tenues que sa sœur avait conçues pour sa nouvelle collection. Elle attrapa le jean taille haute et le gilet violet avant de prendre la direction de la cabine d'essayage pour se changer. Elle enfilait le pantalon, quand elle entendit une voix familière qui n'avait aucune raison de se trouver à l'atelier. Hinata s'empressa de boutonner son jean et sortir pour aller voir Karin, qui marchait dans sa direction.
- Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je ne réussissais pas à te joindre, alors j'ai pris une chance en venant ici. Le tournage est reporté pour quelques jours. Asuma a eu un accident hier et on ignore encore si lui et sa femme vont s'en sortir.
Hinata resta sans voix à cette annonce. Mais c'était horrible ! Asuma n'était pas seulement un excellent producteur, c'était aussi un homme bon et généreux, qui réussissait toujours à la calmer quand elle doutait de ses capacités durant le tournage.
- Finalement, on n'aura pas besoin de se presser, lâcha Toneri sans la moindre compassion.
Hinata se tourna vers lui pour le fusiller du regard. Il était question d'un être humain dans un état critique et lui se réjouissait pour la séance photo ? Elle fut ravie de voir sa petite sœur le frapper pour le remettre à sa place. Aucun tact ce mec !
Naruto Uzumaki
Trente minutes après avoir quitté le plateau de tournage, Naruto passa les portes de l'hôpital. Après avoir demandé la chambre où se trouvait Asuma et sa femme, il s'y dirigea d'un pas rapide sans pour autant courir. Il s'arrêta un instant devant la porte et regarda à l'intérieur. Le couple se trouvait sur deux lits séparés, divers fils reliés à des machines et un masque à oxygène devant la bouche. Alors que Kurenai avait un bras dans le plâtre et un épais bandage autour de la tête, le producteur avait le torse entouré de bandage et une jambe dans le plâtre. Dans une chaise entre les deux lits, Hiruzen veillait sur son fils et sa belle-fille. Il avait l'air encore plus mal en point que lorsqu'il l'avait croisé sur le plateau d'Académie 101. Son teint était gris et un tube sortait de sa main pour remonter jusqu'à un sachet de soluté suspendu sur un crochet.
Ne voyant pas Konohamaru dans la chambre, Naruto sortit son téléphone de son blouson et lui envoya un message texte. Un sifflement retentit derrière lui et en se retournant, il aperçut son cadet qui tournait le coin du couloir. Il déposa un des deux gobelets de café qu'il tenait sur une chaise pour attraper son téléphone dans son pantalon. Mais avant qu'il ne plonge sa main dans sa poche, Naruto l'interpela en le rejoignant. Le brun releva la tête en entendant sa voix et un petit sourire triste étira ses lèves. De grosses cernes obscurcissaient ses yeux et de barbe naissante ses joues.
- Naruto, le salut Konohamaru en reprenant son gobelet de café. Comment ça va ?
- Bien. Et ton oncle ? Des nouvelles ?
- Leur état est stable, mais toujours critique. La seule bonne nouvelle, c'est que Kurenai est blessée à la tête et non au ventre, alors le bébé a survécu. Du moins, si elle se réveille dans les prochaines heures.
- Et ton grand-père ? J'ai vu qu'il avait perfusion, ajoute-t-il en montrant la porte.
- Il a fait un malaise en apprenant la nouvelle. Son traitement l'épuise déjà beaucoup, alors quand l'hôpital l'a contacté... Encore une chance qu'on a exigé qu'il ait une infirmière personnelle jusqu'à ce qu'il aille mieux, sinon qui sait dans quel état on l'aurait trouvé ce matin.
Konohamaru se dirigea vers la chambre et Naruto lui emboîta le pas. Hiruzen releva la tête en entendant la porte s'ouvrir et un petit sourire s'étira sur les lèvres en les voyant.
- Naruto, le salut-il.
- Hiruzen. Comment allez-vous ? s'enquit le blond en se rapprochant de son aîné.
- Pas au top, comme disent les jeunes.
- Je suis sûr qu'ils vont s'en sortir. Ce sont deux battants, tente Naruto.
Le vieil acteur se contenta de hocher la tête, le regard aussi triste qu'à leur entrée. Peu importe ce qu'on dirait, et ce qu'il pensait lui-même, il ne pouvait taire la peur qui lui nouait le ventre. Et Naruto le comprenait, puisqu'il serait dans le même état si c'était ses parents ou sa sœur sur ces lits. Lui non plus, il n'aurait plus la force de sourire.
- On va aller discuter dans le couloir, propose Konohamaru après avoir donné son gobelet de café à son grand-père.
- Je te suis, acquiesce Naruto.
- Attendez, les arrête Hiruzen. Pour ce que je sais de ton agent, il s'est sûrement rendu sur le plateau d'Académie 101, commence-t-il en se tournant vers le blond. Je n'ai pas encore eu le temps d'informer Tsunade et Jiraiya de ma décision, mais... Je crois bien que je vais leur demander de te faire arriver plus tôt dans la série pour me permettre de me retirer tout de suite.
Naruto écarquilla les yeux en l'entendant. C'était exactement ce qu'avait supposé Gaara.
- Je sais que tu feras du bon travail avec ces jeunes, assure Hiruzen en lui prenant la main. Tu seras un bon modèle pour eux, en plus de pouvoir mieux interagir avec eux que moi. Il est plus facile de se confier et demander conseil à un grand frère qu'à un grand-père. Pas vrai, Konohamaru ?
Ce dernier offrit un sourire à son aïeul, imité par Naruto au souvenir d'une vieille conversation avec son cadet. À de nombreuses reprises, Konohamaru avait eu besoin d'un grand frère, mais une fois en particulier, il n'avait pu demander conseil à son grand-père de peur de le décevoir. C'était le jour où le brun avait pris la décision de ne pas suivre les traces des membres de sa famille et de choisir la musique plutôt que le cinéma. Et même s'il n'avait pas une carrière aussi fleurissante qu'il ne l'aurait souhaité, il était parfaitement heureux dans son choix de carrière.
Hinata Hyuuga
Hinata aurait aimé se rendre à l'hôpital pour prendre des nouvelles d'Asuma et de sa femme, mais autant Toneri que Hanabi insistèrent pour boucler la séance photos le jour même. Karin lui proposa de rester, puisque connaissant son frère, il devait déjà s'y trouver et qu'il la contacterait s'il y avait du nouveau. « C'est un peu le grand frère de Konohamaru, le neveu d'Asuma », avait-elle ajouté pour la convaincre. Et si sa petite sœur accepta la proposition sa la styliste, Toneri se montra plus mécontent de sa présence. Qu'il fasse avec, se dit Hinata. S'il refusait, elle partirait sans se gêner.
La femme avec qui Hanabi travaillait pour le maquillage et la coiffure arriva rapidement pour terminer l'ensemble, et Toneri prépara son matériel autour de la toile blanche sans piper un mot. Signe évidant qu'il était de mauvaise humeur. Ce qui inquiéta Hinata. C'était le genre d'homme qui obtenait toujours ce qu'il voulait, ce qui n'était pas le cas avec elle, et qui n'aimait pas qu'on contrarie ses plans. Et elle avait comme l'impression que la présence de Karin en était une. Elle ignorait ce qu'il avait en tête avec ce shooting, mais elle était persuadée que Hanabi avait fait une grave erreur en l'engageant cette fois-ci.
Ses craintes se confirmèrent dès qu'ils commencèrent à travailler. Toneri critiquait chacune de ses poses, lui donnait des directives qui lui donnait plus l'impression de poser pour un magazine destiné aux hommes que pour une revue de mode. Ce qui ne reflétait aucunement l'esprit de la nouvelle collection de sa sœur. Mais puisque celle-ci ne faisait aucun commentaire, elle rongea son frein et fit ce qu'il demandait.
- Non mais c'est une blague ? s'exclame soudainement Karin.
Ils se tournèrent tous les trois vers elle, surpris par son intervention. Alors que Hinata en était soulagée, elle pouvait voir que sa sœur était perdue et que Toneri serrait les dents avec force.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? ose demande Hanabi.
- Sors les fesses, bombes le torse... C'est pour une revue de mode pour femmes ou le prochain numéro de Playboy ?
- Tu ne sais pas de quoi tu parles ! l'attaque Toneri d'un grognement sourd.
- Je suis dans la mode depuis l'âge de douze ans ! J'ai probablement assisté à plus de shooting de mode que tu n'en a dirigé. L'ensemble est beaucoup trop sage pour des poses aussi suggestives. On voit ce que tu demandes pour la lingerie et les maillots de bain, et encore, jamais dans les revues destinées aux femmes.
- Hinata ? s'enquit Hanabi alors que Toneri boue de rage.
- Je n'osais pas le dire à voix haute vu que tu ne disais rien, mais... J'ai l'impression de poser pour le magazine Summum et non pour une revue de mode.
Sa cadette se frotta la nuque en fermant les yeux, signe qu'elle réfléchissait, mais Toneri ne comptait pas lâcher le morceau.
- Tu étais satisfaite la dernière fois. Tout le monde ici est satisfait du travail que je fais pour eux, ajoute-t-il en faisant un mouvement circulaire de la main pour désigner la maison de couture.
- Sauf que des tenues de soirée ou des ensembles faits pour sortir en boîte, c'est très différent d'une collection décontractée pour la vie de tous les jours, rétorque Karin.
Hinata se retourna vers la rousse, étonnée qu'elle semble aussi bien informée sur les collections de la maison de couture de sa famille.
- Je dois avoir presque toute ta dernière collection, confit Karin en se tournant vers Hanabi. Et les photos étaient pas mal, consent-elle après un regard vers Toneri. Mais aujourd'hui, tu fais du gros n'importe quoi. Si cette collection n'entre pas dans ta vision « sensuelle » de la mode, tu n'aurais pas dû accepter le contrat. N'importe quel photographe qui se respect aurait compris que tes indications ne vont pas avec les tenues que tu dois photographier.
Toneri garda un instant le silence, mais à voir les éclairs qui sortaient de ses yeux, il allait exploser d'une minute à l'autre devant les critiques de Karin.
- Même mon abruti de frère aurait compris.
- Je ne suis pas venu pour me faire insulter par une nobody ! Si tu n'es pas contente de mes méthodes de travail, tu n'as qu'à partir, personne ne te retient.
Un gros silence refroidit l'atmosphère de la pièce. Hanabi ne savait plus où se mettre, pendant que son photographe et la styliste se fusillaient du regard sous ses yeux. Au final, c'est Hinata qui brisa le silence en prenant la direction de la cabine pour se changer.
- Qu'est-ce que tu fais ? s'inquiète Hanabi.
- Il a dit que si Karin n'était pas contente, elle n'avait qu'à partir, répète Hinata en se retournant. Et bien, moi, je ne le suis pas alors je m'en vais. Tant qu'il ne travaillera pas avec sérieux en mettant de côté nos différents passés, je ne poserai pas pour Toneri.
Sur ces mots, elle entra dans la cabine et n'en ressortit qu'une fois changer. Elle récupéra son sac à main et se dirigea vers la sortie. Karin la rejoignit rapidement et glissa un bras autour de son coude.
- Ça, c'était bien envoyé !
- Ma sœur a fait une grave erreur en engageant Toneri, alors que j'avais accepté de poser pour sa collection, soupire Hinata.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il n'a toujours pas digéré que j'aie refusé de sortir avec lui, pas loin d'une vingtaine de fois.
- Un abruti doublé d'un macho, rétorque la rousse après un long sifflement. Les pires de tous.
Hinata se contenta de hocher la tête en reprenant la marche. Elle n'avait qu'une envie, plonger dans un bain bien chaud et pleine de bulles.
Naruto Uzumaki
Dès qu'ils furent dans le couloir, ils prirent place dans la salle d'Attente et Konohamaru porta son café à ses lèvres pour en prendre une longue gorgée.
- J'ai l'impression de boire du goudron, grimace-t-il.
- D'habitude la nourriture des hôpitaux n'est pas mangeable. Tu t'attendais à quoi avec le café ?
- À quelque chose de plus comestible. Il va falloir que je sorte pour prendre un vrai repas, soupire Konohamaru en se laissant aller contre le dossier de sa chaise.
- Je t'accompagne si tu veux. Mon planning de la journée s'est vidé d'un seul coup, plaisante Naruto pour détendre l'atmosphère.
- Et dire que tu comptais sur ce film pour relancer ta carrière. C'est ce que mon oncle a dit, ajoute-t-il devant son regard interrogateur. Karin lui a confié que tu peinais à te faire engager depuis... ta dépression.
Naruto soupira bruyamment, toujours aussi déçu de lui-même d'avoir plongé à ce point dans la déprime après la découverte de l'infidélité de Sakura. Lui qui avait toujours montré un professionnalisme à toute épreuve, il s'était royalement contredis après ça.
- Est-ce que tu as reparlé à Sasuke depuis ? demande soudainement son cadet.
Naruto se retourna vers lui, étonné pas sa question. Mais d'un autre côté, il travaillait avec Itachi, le grand frère de Sasuke qui était à la tête d'une agence d'artistes et producteur de musique.
- Je l'ai croisé dernièrement, poursuit-il devant son silence. Il ne va vraiment pas bien. Avec toutes ces actrices qui l'accusent de harcèlement, plus personne ne veut travailler avec lui. Et j'en viens à croire que Sakura l'a manipulé, avoue-t-il après une courte hésitation.
Naruto ne fit aucun commentaire, Gaara lui avait dit exactement la même chose, il y avait quelques jours. Et maintenant qu'il connaissait le véritable visage de son ex, l'idée ne lui paraissait plus aussi absurde. Elle voulait ce rôle à tout prix pour une raison qu'il lui échappait. L'histoire était bien, mais pas extraordinaire non plus. Et avait accepté de jouer dedans pour faire plaisir à Sasuke, et le premier rôle féminin n'était pas aussi important que le personnage masculin, alors on ne pouvait pas dire que ça propulserait plus loin la carrière de Sakura. Peut-être était-ce son côté possessif envers lui qui ne voulait pas qu'il joue une romance avec une autre femme, se dit finalement Naruto.
- Gaara m'a dit la même chose, lâche-t-il finalement. Et je commence à le penser aussi, ajoute-t-il après une pause.
- Tu devrais peut-être aller le voir. Ça fait tout de même deux ans et tu sembles avoir tourné la page.
- J'y pense. Mais je ne suis pas encore prêt à lui reparler, avoue le blond.
Konohamaru préféra ne pas insister et Naruto lui en fut reconnaissant. Il savait que son ami ne voulait que son bien, et peut-être aussi celui de Sasuke au passage, mais sa trahison était encore trop fraîche dans son esprit. Si Sakura l'avait manipulé, il aurait dû venir le lui dire. Ça aurait été difficile à entendre, mais il se serait senti moins trahi par son meilleur ami. Maintenant, même s'il finissait par le pardonner, rien ne serait plus pareil entre eux. Il y aurait toujours cette ombre qui planerait au-dessus d'eux.
Avant qu'il n'ait le temps de changer de sujet et demander des nouvelles sur la carrière de son ami, son téléphone se mit à vibrer dans la poche de son pantalon. Un message de sa sœur.
« Des nouvelles ? Hinata et moi on s'inquiète. »
« Rien de nouveau. Vous faites quoi ? »
« Vu comment c'est passé le début de sa séance photo, je lui ai proposé d'aller faire les boutiques. »
« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Malheureusement pour lui, sa sœur ne lui répondit pas avant un moment, le laissant imaginer le pire. Il ne voyait pas comment ça pouvait mal se passer, Shikamaru ne tarissait pas d'éloges sur elle depuis le shooting pour l'affiche du film. Et comme ce n'était pas le métier d'Hinata, son ami n'osait pas lui demander de poser pour son nouveau projet artistique et il harcelait littéralement Naruto pour qu'il lui demande. Mais avec ce qui c'était passé sur le plateau, l'ambiance était trop étrange entre eux pour qu'il ose le faire lui-même.
« Karin ! Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Ce serait trop long à expliquer, mais pour faire court, ce n'est pas tous les photographes qui peuvent s'adapter à un thème. »
Naruto cligna plusieurs fois des yeux, incertain d'avoir compris ce qu'elle voulait dire. Avant qu'il ne lui demande plus d'explication, Karin lui envoya un autre message.
« Si tu veux plus détails, tu n'as qu'à venir nous rejoindre au café du centre d'achat dans une dizaine de minutes. »
Il dut fixer longtemps son écran sans bouger, puisque Konohamaru le lui prit des mains pour lire sa conversation.
- Un café. Bonne idée, allons-y ! J'ai besoin de quelque chose à meilleur goût et de manger quelque chose au passage. Je vais prévenir mon grand-père et on y va ? termine Konohamaru en lui rendant son téléphone.
Pour seul réponse, Naruto lui sourit et envoya une réponse positive à sa sœur pour être sûr qu'elles y seraient à leur arrivée.
Hinata Hyuuga
Hinata suivit Karin sans rien dire. Même si elle avait eu envie de rentrer chez elle et de plonger dans un bain relaxant, elle devait avouer qu'elle appréciait la proposition de la rousse. En dehors de Kiba et de sa copine, elle n'avait pas vraiment d'ami avec qui traîner durant son temps libre. Et même si sa famille la fournissait en vêtements, elle aimait bien faire les magasins. Surtout ceux de souliers. Hanabi avait beau lui répéter qu'elle en avait plus qu'assez pour une porter une paire différente chaque jour durant quatre mois. Mais elle n'en avait jamais assez. Elle aimait trop les escarpins et les bottillons à talons hauts qui avaient le don de lui donner quelques centimètres de plus.
- Et si on allait prendre un café ? propose soudainement Karin en refermant son téléphone.
- Hum... D'accord, acquiesce Hinata, prise de court.
- Il y a un café très bien au deuxième étage.
Elles prennent donc la direction de l'escalateur pour monter à l'étage et rejoindre le café du centre d'achat. Et dès qu'elles ont leurs breuvages, et un sandwich BLT pour Karin, elles prirent place à une table au fond de la pièce. La rousse se met face à la porte et n'arrête pas de la surveiller, ce qui attire l'attention d'Hinata.
- Est-ce que tu attends quelqu'un ? demande-t-elle en jetant un coup d'œil par-dessus son épaule.
- Euh... En fait... J'ai proposé à mon frère de nous rejoindre, finit-elle par avouer. Ça donnera une pause à Maru en même temps.
Le rouge monta aux joues d'Hinata. Naruto allait les rejoindre ? Mon Dieu ! Ça allait être gênant.
- Qui est Maru ? demande-t-elle pour cacher son trouble.
- Konohamaru. Le neveu d'Asuma. Il est à l'hôpital depuis cette nuit, alors il doit en avoir marre du café et de la nourriture infectes de la cafétéria. Ça va lui faire du bien de passer un peu de temps en dehors de la chambre son oncle.
Une quatrième personne ? Peut-être que ça permettrait au malaise entre Naruto et elle de s'estomper avant qu'ils ne commencent à travailler sur Académie 101. Passer du temps ensemble en dehors de leurs divers tournages ne pouvait que leur bénéfique. Du coup, elle attend avec impatience et nervosité l'arrivée de son collègue. Elle ne se retourne vers la porte, que lorsque Karin lève le bras pour faire signe à quelqu'un. Elle ne remarque pas tout de suite Naruto, qui se dirige vers le comptoir pour passer sa commande.
Celui qu'elle voit saluer la styliste est un jeune homme dans les mêmes âges de sa petite sœur, avec des cheveux bruns assez longs pour être remonté en pic avec de la mousse coiffante, mais qui aujourd'hui retombe mollement autour de son visage. Après tout, avec son oncle dans le coma, son apparence est le cadet de ses soucis, puisque mes ses vêtements sont froissés. Elle le reconnait rapidement, comme un des mannequins de l'agence Sharingan. Dès que les deux amis sont servis, ils les rejoignent et Hinata s'empresse de s'asseoir à la droite de Karin pour éviter d'être assise à côté de Naruto. Valait tout de même mieux garder une certaine distance entre eux, le temps de retrouver une relation moins... sexuelle.
Il devait penser la même chose, puisqu'il prit place en face de sa sœur, laissant à Konohamaru se placer devant elle.
- Ça va, Maru ? s'enquit Karin. Ça doit être difficile de voir ton oncle et Kurenai allongés dans un lit d'hôpital.
- Le plus dur c'est de ne pas savoir ce qui est arrivé. Selon les médecins, mon oncle et l'autre chauffeur n'avaient aucune goutte d'alcool dans le sang, donc on peut enlever l'hypothèse de l'ivresse au volant. Et les voitures... Seigneur ! J'ai vu les photos de l'accident. Aucune chance de savoir si c'est un problème de mécanique. Tout ce que peut faire les policiers, c'est attendre que l'un des trois se réveille pour raconter l'histoire.
Une boule au fond de la gorge, Hinata se retint de pleurer. C'était horrible ! Karin lui avait dit qu'Asuma leur avait annoncé à Kakashi et elle avant de quitter le plateau, qu'il allait enfin être père. Avoir un accident sitôt après une aussi bonne nouvelle... La vie pouvait être si cruelle !
Naruto Uzumaki
En voyant Hinata changer de chaise pour se placer à côté de Karin, Naruto avait compris qu'elle voulait éviter qu'il s'assoie à côté d'elle. Ce qui n'était pas plus mal, se dit-il en prenant place sur la chaise en face de sa sœur. Ça ne pouvait pas leur faire du mal de mettre un peu de distance quand ils étaient ensemble. Après tout, chaque fois qu'ils se voyaient, il fallait qu'ils soient collés l'un à l'autre. Il savait maintenant ce qu'il se passait après un moment. Il attendit que son ami eu terminé de raconter ce qu'il savait de l'accident avant de prendre la parole et expliquer leur présence à Hinata sans qu'elle sache réellement pourquoi. Il n'avait aucun mal à imaginer qu'elle en voudrait à Karin d'avoir parlé de ce problème avec sa séance photo.
- Il allait finir par s'intoxiquer au café de l'hôpital, sourit Naruto. Alors je lui ai proposé de sortir un peu de cette chambre.
Pour confirmer ses dires, Konohamaru soupira de bonheur après avoir pris une gorgée de son espresso. Ce qui fit rire Karin.
- Tu m'étonnes. Il n'y a rien de plus imbuvable que le café d'hôpital. Non ce n'est pas vrai, se reprit-elle. Celui de Tema est bien pire.
- C'est parce qu'elle le fait trop fort, rit Naruto. Je me demande comment Shika fait pour le boire. Même Gaara ne s'y risque pas.
- Le mystère de l'amour, ricane Konohamaru en haussant les épaules.
- Qui est Tema ?
Ils se retournèrent tous les trois vers elle, réalisant d'un coup qu'elle ne connaissait pas tous les membres de leur groupe. Même pas la moitié en fait.
- Temari Sabaku. La grande sœur de Gaara et la copine de Shikamaru Nara.
- Fiancée, rectifie Naruto en portant sa tasse à ses lèvres.
- Je n'arrive toujours pas à m'y faire, soupire sa sœur. Tema a toujours dit qu'elle ne se marierait jamais.
- Même chose pour Shika. Et maintenant, ils sont fiancés et ils vont bientôt être parents.
- Attend ! Quoi ? Depuis quand ? s'exclame Konohamaru en se retournant vers lui.
Naruto prit un instant pour calculer. C'était avant ou après le début du tournage ? Il ne se souvenait plus.
- Au moins un mois en tout cas, répond finalement Karin. Mais ils ne le crient pas sur les toits non plus.
En tournant la tête vers Hinata, Naruto vit qu'elle suivait la conversation en sirotant ce qu'il devinait être thé à la cannelle s'il se fiait à l'odeur. Puis la demande de Shikamaru lui revint à la mémoire. C'était le bon moment de lui en parler.
- En parlant de Shika, commence-t-il en s'attirant leur regard. Il m'a demandé, de te demander, si tu serais intéressée à poser pour son prochain projet artistique, explique-t-il en regardant Hinata droit dans les yeux.
- Moi ? Pourquoi ? demande celle-ci sous l'étonnement.
- Parce que tu lui as une forte impression durant le shooting pour l'affiche du film. Chaque année, il monte une exposition autour d'un thème et il voudrait travailler avec toi.
Hinata resta un long moment à l'observer sans ouvrir la bouche, ses paupières battants rapidement devant ses yeux surpris.
- Oh ! Quelle coïncidence, moi aussi je dois y participer, sourit Konohamaru.
Étonné, Naruto se retourna vers son ami.
- Oui, soupire-t-il devant son regard. Je lui dois un service, alors il a insisté pour que ce soit avec cette expo. Un truc sur la mythologie si je me souviens bien. Il croit que je peux faire un bon loup-garou ou démon. Il doit penser que tu ferais une belle vampire ou un ange, ajoute-t-il avec un sourire en se retournant vers Hinata.
Devant le compliment et le sourire qu'il offrit à la brune, Naruto sentit son sang bouillir. Est-ce que son ami était en train de... draguer Hinata ? Et pourquoi ça le dérangerait autant ? se reprit-il en portant son attention sur son café. Il devait être encore trop ancré à son personnage, se dit-il. Il ne faisait plus la séparation entre ses vrais sentiments pour sa collègue et ceux de son personnage pour le sien.
Hinata Hyuuga
Hinata était sans voix. Posée pour une exposition de photos ? Elle ? Elle n'en revenait pas tout simplement pas qu'un photographe de la trempe de Shikamaru Nara veuille travailler avec elle pour un projet aussi personnel. Ce n'était pas comme un contrat de mode ou l'affiche d'un film. Cette fois-ci, c'était lui qui était le client. C'était flatteur, se dit-elle. Et il semblerait qu'elle allait travailler avec l'ami de Naruto. Son sourire semblait rassurant.
- C'est vrai qu'avec la suspension du tournage, je vais avoir beaucoup de temps libre avant qu'on ne commence celui d'Académie 101.
- Cool ! J'avais peur d'être son seul modèle, avoue Konohamaru. Pas que ça me dérange vraiment, mais je suis un musicien avant tout.
Musicien ? se répète-t-elle. Il est vrai qu'elle écoutait essentiellement de la Kpop, alors il était normal qu'elle ne sache pas qui il est en dehors d'être le neveu d'Asuma et le petit-fils d'Hiruzen.
- Tu ne connais pas du tout ma musique ? devine Konohamaru, un sourire amusé sur les lèvres. Mais t'inquiète, ça ne m'étonne pas, je ne fais pas dans la pop musique.
- Ce n'est pas parce que j'écoute que de la pop, mais plus parce que je n'écoute pas vraiment de groupes locaux.
- De toute façon, ma carrière n'est pas aussi florissante que celle de Shion. Alors je fais des apparitions dans des films, des séries, joue au mannequin pour des pubs, des covers pour ma chaîne Youtube...
- Sauf qu'il a réduit son nom à Maru Tobi pour qu'on ne fasse pas tout de suite le lien avec son grand-père.
Maru Tobi ? Ce nom ne lui était pas totalement inconnu, mais elle ne se rappelait pas où elle l'avait déjà entendu.
- Ce serait moins intimidant de faire la séance photo à deux, acquiesce Hinata. Ma dernière ne sait pas trop bien passer, ajoute-t-elle à voix basse.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demande Naruto.
- T'aurais dû voir ce photographe ! s'exclame Karin. Un vrai obsédé. Ce sont des vêtements jeunes, décontractés et assez réservés, mais il la faisait poser comme si elle était en maillot de bain ou dans de la lingerie.
Le rouge monta aux joues d'Hinata en voyant les deux amis écarquiller les yeux devant l'histoire de la styliste. La brune n'en revenait toujours pas que Toneri n'ait pu rester professionnel en travaillant avec elle. Seigneur ! C'est la collection de sa sœur qui était en jeu, il n'y avait aucune place pour la rancœur due à un orgueil blessé. Mais du coup, elle se demandait comment il allait se venger après son départ de la séance photo. Elle l'avait sûrement mis en colère.
- Par contre, j'ai peur de l'avoir provoqué en partant comme ça, soupire-t-elle, stressée.
- Qu'est-ce qu'il pourrait faire ? T'insulter sur internet ? rit Karin.
- C'est le fils du collaborateur de mon père. Il a plus de pouvoir que tu ne le crois, rétorque Hinata en se tournant vers la rousse. Toneri n'a jamais supporté les refus et c'est ce qu'il obtient à chaque fois avec moi.
- C'est quoi ta relation avec lui ? demande soudainement Naruto.
Hinata se tourna d'un coup vers lui, intriguée par le ton de sa voix qui se voulait détachée, mais qui ne l'était pas vraiment.
- Aucune. Chaque fois qu'il me voit, il tente de me convaincre qu'il est l'homme de ma vie. J'ai beau le repousser, il revient toujours à la charge, soupire-t-elle finalement.
- Pas étonnant qu'il t'aie dirigé comme si c'était une séance pour de la lingerie. Il doit essayer de se faire un book pour ses nuits solitaires, suppose Konohamaru avec un sourire moqueur.
Le rouge embrasa le visage d'Hinata à cette hypothèse. Seigneur ! Si c'était le cas... Un frisson de dégoût hérissa les cheveux sur sa nuque à cette image. Elle sursaute par contre, quand Naruto frappe son ami derrière la tête.
- Ça ne va pas de dire un truc pareil ! le gronde-t-il.
- Ben quoi ? se défend Konohamaru en se frottant l'arrière de la tête. Je suis sûr que vous y avez pensé vous aussi.
- Sauf que ce n'est pas une raison de le dire à haute voix, rétorque Karin.
Hinata se leva soudainement, s'attirant leur regard intrigué. Toujours gênée par la tournure de la conversation, elle se frotta les mains contre son jean en les regardant à tour de rôle.
- Je crois que je vais y aller, annonce-t-elle. Mieux vaut que j'aille voir ma sœur pour savoir ce qui s'est passé après notre départ.
- Je te raccompagne, propose Karin en faisant mine de se lever.
- Ça va aller, assure Hinata. Je vais prendre le bus jusqu'à l'atelier. Ce n'est pas si loin d'ici, insiste-t-elle en attrapant ses sacs d'achats.
Elle ne voulait pas vraiment refuser la proposition de Karin, mais elle avait besoin de se retrouver seule. Surtout après que la rousse est parlée de Toneri et le commentaire de Konohamaru. Naruto n'avait fait aucun commentaire, mais elle avait peur que son opinion sur elle ait changé. Elle avait peur de passer pour une allumeuse, surtout après ce qui s'était passé entre eux lors du tournage au bar.
Naruto Uzumaki
Naruto mit que quelques secondes avant de se lever et la suivre. Il la rattrapa à l'extérieur du café et lui agrippa le poignet pour l'arrêter.
- Attend, je voulais aussi te parler de quelque chose.
Il n'avait aucun mal à deviner que sa collègue était mal à l'aise, mais il fallait qu'ils crèvent l'abcès, s'ils voulaient être convaincants pour Académie 101.
- Je peux te raccompagner à l'atelier de ta famille et on discute en chemin, insiste-t-il.
- Et Konohamaru ? Vous n'êtes pas arrivés ensemble ?
- Karin va le déposer à l'hôpital avant de rentrer.
Il se retourna vers la vitre du café et envoya la main à sa sœur, qui lui répondit avec un sourire qu'il devinait moqueur. Il n'avait pas besoin de lui dire la raison de son départ, elle le connaissait assez pour l'avoir devinée. Et si Konohamaru lui posait la question, elle se ferait un plaisir de lui donner tous les détails. De sorte qu'il allait avoir une longue conversation avec son petit frère de cœur le soir même. Sans laisser le temps à Hinata de refuser son offre, il l'entraîna jusqu'à sa voiture et attendit qu'ils soient tous les deux assis à l'intérieur avant de commencer.
- Hum... En fait...
Naruto ne réalisa qu'à ce moment, qu'il ne savait pas du tout comment entamer cette conversation. Devait-il lui parler de la lettre que sa sœur avait retrouvée ? Et puis, il avait encore les paroles de son père en tête. Pouvait-il s'imaginer vivre une histoire avec Hinata ? Il n'en était pas encore sûr. Et puis, il ignorait si c'était une bonne idée de refaire l'amour une nouvelle fois pour la dernière scène du film. Le tournage était reporté, mais il ne pouvait pas s'enlever de la tête qu'elle l'ait suggéré.
- Est-ce qu'on ne peut pas juste faire comme s'il ne s'était rien passé ? suggère Hinata en le sortant de ses pensées. On n'a pas besoin d'y repenser avant que le tournage ne reprenne, alors aussi mettre ça de côté le temps de faire Académie 101.
- Je ne crois pas que ça puisse arranger les choses de l'ignorer, rétorque Naruto.
- Je sais, mais aucun de nous deux n'est assez à l'aise pour en parler, alors aussi bien ne pas en parler et attendre comme l'ont suggéré Gaara et Karin.
Sur ce point, elle n'avait pas totalement tort, se dit le blond. Il n'était pas à l'aise d'en parler. Et lui parler de la lettre n'allait sûrement qu'empirer les choses. Naruto garda le silence un instant, alors qu'il s'engageait dans la rue que sa collègue lui avait donnée. Ce n'est qu'une fois arrêté devant la bâtisse qu'il rouvrit la bouche.
- Alors on peut agir comme on le faisait avant cette scène ? Et parler normalement comme d'un ami ? ajoute-t-il devant son regard interrogateur.
Le silence de la brune le mit mal à l'aise, d'autant plus qu'elle ne le lâchait pas des yeux. Il ignorait si elle analysait ses paroles à la recherche de quelque chose, mais il commençait à regretter d'avoir ouvert la bouche. Mais avant qu'elle ne lui réponde, quelque chose frappa le devant de sa voiture. Ils tournèrent tous les deux la tête en même temps vers le pare-brise pour découvrir un homme aux cheveux décoloré et au regard assassin. C'était qui ce type ? Naruto reporta son regard sur sa collègue, quand celle-ci s'empressa de sortir. Il ne l'avait jamais vu aussi en colère. Il sortit à son tour, juste à temps pour l'entendre grogner :
- Je peux savoir ce qui te prend, Toneri ?
- Tu me plantes durant le shooting pour aller retrouver ce pauvre naze et tu me demandes ce qui me prend ? s'emporte ce dernier.
Pauvre naze ? Pourquoi cet inconnu l'insultait-il ? Il ne lui avait rien fait.
- Petit un, j'ai quitté le shooting parce que tu me dirigeais comme si on était à une séance photo pour Playboy. Petit deux, je n'ai aucun compte à te rendre. On n'est pas ensemble et on ne le sera jamais.
Oh... Le photographe qu'avait mentionné sa sœur. Naruto le détailla de haut en bas. L'arrogance suintait de tous ses pores. Pire que Sasuke quand ils étaient adolescents.
- S'il y a un pauvre naze ici, c'est toi, crache Naruto en s'approchant du photographe. Si tu n'es pas capable d'être professionnel avec une fille qui t'a éconduit, tu ne devrais pas accepter un contrat qui t'oblige à travailler avec elle.
Hinata Hyuuga
Hinata écarquilla les yeux en entendant la réplique de son collègue. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il prenne sa défense. Mais d'un autre côté, Toneri l'avait insulté sans la moindre raison. Et en parlant de lui, à voir le regard qu'il jetait sur Naruto, elle comprit que ça allait rapidement dégénérer. Pour éviter un scandale en public, elle posa les mains sur le torse du photographe pour le pousser vers les ateliers, en jetant un coup d'œil au blond par-dessus son épaule.
- Je te rappelle plus tard pour parler du tournage, lui lance-t-elle avant de disparaître par la porte, laissant Naruto immobile dans le stationnement.
Dès que la porte se fut refermée derrière eux, elle poussa Toneri sans ménagement pour mettre de la distance entre eux.
- Si tu ne peux pas mettre ton orgueil de côté le temps de faire les photos pour ma sœur, je vais lui trouver un autre photographe pour le faire. Shikamaru Nara veut travailler une nouvelle fois avec moi. Et entre nous, je sais que tu sais qu'il est plus reconnu que toi dans le monde de la mode. Si on apprend qu'il t'a remplacé, tout le monde va découvrir que tu ne sais pas être professionnel.
- À ce que je vois, tu as appris à sortir les griffes, grince des dents Toneri.
- Il faut avoir de la réparti pour survivre dans cette industrie, rétorque Hinata.
- D'accord. On va le faire comme tu le demandes. Mais venez pas vous plaindre ensuite que sa collection ne se vend pas.
- Oh, crois-moi, on aura plus de chance à vendre cette collection, si je ne pose pas comme une pouf en manque de sexe.
- Ce n'est pas justement le personnage que tu joues dans ton nouveau film ? la nargue Toneri avec un sourire mauvais.
Hinata préféra ne pas répondre et elle prit la direction de l'atelier de sa sœur. Heureusement, Hanabi s'y trouvait toujours, dessinant son cahier à croquis en écoutant de la musique. Une musique que l'aînée trouvait trop « alternative » pour elle. Mais elle devait avouer que le chanteur avait une très belle voix. En s'approchant de son bureau, elle vit à l'écran de son ordinateur, la vidéo qui jouait. Puis le nom du chanteur. Maru Tobi ? C'était donc là qu'elle avait déjà entendu ce nom ! Hanabi était l'une de ses fans.
- Bon, on s'y remet ? s'exclame Toneri d'un ton désagréable en pénétrant dans l'atelier. Je n'ai pas que ça à faire.
Les deux se jetèrent un regard, puis Hinata s'empressa d'aller se changer. Puisque Hanabi avait donner congé à sa maquilleuse et coiffeuse, l'actrice dut s'en charger seule. Encore une chance qu'elle avait de l'expérience en ayant joué dans quelques pièces de théâtre à l'école. Et puis sa sœur ne voulait rien de trop élaboré, donc ça tombait bien.
Comme s'ils mirent d'accord, Toneri mit de côté sa vision sensuelle de la mode. Mais pour ce qui était de la diriger, il ne le faisait tout simplement pas. Encore une chance qu'Hinata savait comment faire et qu'elle avait une idée précise de ce qui mettrait ces vêtements en valeur, sinon la séance n'aurait encore une fois rien donné.
Ayant voulu en finir le plus rapidement possible, Hinata n'avait même pas pris le temps de manger et à l'approche de seize heures, son ventre était en train de s'auto-digérer. Elle s'empressa donc de quitter l'atelier pour rentrer chez elle pour manger. D'autant plus qu'elle devait rencontrer la chorégraphe que Tsunade avait engagé pour discuter des musiques qu'elles allaient utiliser dans la série. Elle devait donc encore choisir celles qui auraient le plus d'impact pour son personnage.
Naruto Uzumaki
Naruto resta un long moment immobile à observer la porte close. Est-ce qu'Hinata venait réellement de le planter là, pour rester avec ce crétin arrogant ? Il avait une affreuse envie de massacrer ce type. Bien plus qu'il n'en avait eu envie quand il avait rencontré Sasuke. Et Dieu sait à quel point le brun insupportait quand ils s'étaient croisés pour la première fois. Personne n'aurait cru qu'ils puissent devenir amis et encore moins inséparables. Et dire que tout était fini maintenant. Ce constat l'aida à retrouver son calme et il regagna sa voiture. Hinata avait probablement voulu régler ce problème toute seule, ce qui était à son honneur. Mais d'un autre côté, il n'aimait pas trop la laisser seule avec un type qui semblait avoir des intentions plus que douteuses à son égard.
Il prit donc le chemin de sa maison, prêt à attendre le retour de Gaara du studio où se déroulait le tournage d'Académie 101, s'il n'était pas encore rentré. Comme l'avait dit Hiruzen, il allait sûrement commencer plus tôt que prévu dans la série, il devait donc s'y préparer. Et il devait mettre cette histoire avec Hinata de côté. Il n'avait pas su rester professionnel quand la trahison de Sakura s'était sue. Cette fois-ci, il ne devait pas laisser ses interrogations le détourner de ce rôle. Il aurait tout le temps de se pencher sur ses sentiments, après.
Sans étonnement, Gaara se trouvait déjà assis dans son salon, le regard fixé sur sa tablette.
- Alors ? Qu'ont dit Tsunade et Jiraiya ? s'enquit-il en prenant place à sa droite.
- L'infirmière personnelle d'Hiruzen les a prévenus pour l'accident d'Asuma et son malaise en l'apprenant. Mais ils n'ont pas eu d'autres nouvelles pendant que j'étais là. Par contre, ils sont du même avis que moi, que ce serait mieux de te faire intervenir plus tôt.
- C'est exactement ce que m'a demandé Hiruzen, quand je l'ai vu à l'hôpital.
- Tsunade doit m'envoyer le script demain. Elle allait commencer à plancher dessus dès que je partirais.
Naruto se contenta de hocher la tête. Il s'y attendait un peu de toute façon. Le personnage d'Hinata n'allait peut-être pas arriver plus tôt par contre. Il fallait que la chorégraphe est le temps de monter les danses et de les montrer à Hinata avant qu'ils n'entament cette partie de la série.
- Oh et j'ai parlé à Shikamaru, lâche Gaara.
Naruto se retourna vers lui en haussant les sourcils. Il voulait probablement savoir s'il avait touché un mot de son exposition à Hinata.
- J'ai parlé à Hinata de son projet, commence-t-il.
- C'est bien, mais en fait... Il voulait savoir si tu voulais aussi y participer.
- Moi ? Pourquoi ? Konohamaru m'a dit qu'il le faisait déjà.
- Sauf qu'il veut deux gars et une fille, et vu ta complicité avec les deux... Il pense que ça pourrait faire de très bonnes photos. Et puis, vous trois en photo... Ça va se vendre comme des petits pains chauds.
Naruto laissa retomber sa tête contre le dossier. Il détestait poser et son ami le savait. Pourquoi voulait-il travailler avec lui sur ce projet ? D'accord, sa réputation allait attirer beaucoup d'acheteur, mais... Il ne savait pas poser !
- Tu t'es débrouillé à merveille avec Hinata. Il n'a même pas pu te narguer comme d'habitude, tant ça semblait naturel avec elle.
- Parce que je jouais mon personnage et qu'Hinata me dirigeait sans même ouvrir la bouche.
- Ce sera peut-être la même chose. Et puis... Vas-tu vraiment laisser Maru poser seul avec elle, alors que le thème tourne autour de la sensualité dans la mythologie ? ajoute Gaara en lui coulant un regard en coin.
La sensualité dans la mythologie ? En un rien de temps, Naruto revoyait le sourire que Konohamaru avait fait à Hinata quand il avait parlé de la proposition de Shikamaru. Puis il les imagina dans une position lascive, jouant aux vampires libidineux.
- D'accord, j'essaierai pour lui faire plaisir, finit-il par dire en se dirigeant vers sa cuisine.
