Hello !
Un grand merci pour vos commentaires et votre soutien !
Comme promis, voici la suite ! Il va y avoir plus d'action dans cette partie de l'histoire.
Bonne lecture et à très vite pour la suite…
2
Jack pénétra en dernier en salle d'embarquement, comme à son habitude. SG1 portait une tenue sable, compatible avec l'environnement de la planète qu'ils devaient explorer.
Le briefing, plus tôt dans l'après-midi, leur avait appris que P6X959 était une planète plutôt chaude et aride. La sonde avait détecté la présence d'un temple à quelques centaines de mètres de la Porte et des radiations qui avaient fait dire à Sam qu'une technologie intéressante devait encore s'y trouver. Les Tok' Ra avaient également sollicité un entretien en toute discrétion pour communiquer à la Tau'ri des informations apparemment importantes sur les Goa'ulds. Le rendez-vous avait donc été pris sur cette petite planète désertique. C'était cet entretien qui bousculait un peu le départ de l'équipe phare du SGC.
– Ok, tout le monde a pris un supplément d'eau dans son paquetage ? demanda Jack tandis que les chevrons commençaient à s'enclencher.
Ses trois compagnons hochèrent la tête.
– Daniel, vous avez pensé à la crème solaire ? taquina-t-il encore.
Daniel ricana mais répondit malgré tout :
– Oui, j'en ai pris deux flacons !
– Parfait ! Alors, on y va ! conclut le Colonel alors que le Vortex se stabilisait, leur ouvrant la voie vers un nouveau monde.
À peine sorti de l'horizon des événements, Jack était déjà en train de pester après la chaleur. La bouffée d'air brûlant les avait tous pris au dépourvu au sortir de la Porte.
Le Temple en ruines se trouvait à un peu plus de trois cents mètres de là, au bout d'un chemin pavé bordé de colonnes anciennes. Daniel sortit son camescope et commença à filmer les abords du temple. Le paysage était constitué de dunes à perte de vue et de quelques arbustes aux silhouettes desséchées. Une sorte de lézard vert et jaune grimpa agilement le long d'une colonne. Teal'c le contempla, méfiant, son arme prête à rugir le feu mais, l'animal disparut rapidement.
En arrivant devant le Temple, Jack, qui menait le groupe, s'arrêta. Il souleva sa casquette pour éponger son front déjà couvert de sueur. Ses compagnons n'étaient pas dans un meilleur état. Sam avait les joues rouges et Daniel tentait en vain d'essuyer la sueur qui coulait dans ses yeux et sur ses lunettes.
– Bien, Major… commença-t-il.
Il fut aussitôt interrompu par Daniel qui râla :
– Bon sang, Jack ! Il n'y a que nous quatre ici ! Peut-être que vous pourriez vous dispenser de cette comédie à partir de maintenant ?
Jack en resta stupéfait et bouche ouverte. Il coula un regard interrogatif en direction de Sam qui hocha la tête.
– Ouais, bon… Sam, tu accompagnes Daniel dans le Temple. Teal'c et moi, on va sécuriser le périmètre avant que nos amis Tok'Ra n'arrivent.
Daniel pénétra dans ce qui semblait être l'antichambre du Temple. Les murs étaient constellés de gravures que Sam n'analysa pas comme étant du Goa'uld.
– Vous comprenez ce qui est indiqué ?
– Je crois que c'est un dialecte dérivé du Phénicien. Il va me falloir un peu de temps pour déchiffrer tout ça, dit-il en récupérant dans son sac un épais carnet regroupant toutes ses traductions précédentes.
Pendant que l'archéologue se mettait au travail, Sam sortit son attirail de capteurs et commença à procéder à des relevés. Au bout de quelques minutes, elle s'immobilisa face au mur situé devant elle.
– Je capte de fortes émissions ici. Cela doit provenir d'une salle située de l'autre côté. Avez-vous trouvé comment ouvrir ?
– Oui, je crois que j'ai quelque chose.
Daniel recula de quelques pas pour examiner l'ensemble des motifs puis, il appuya sur trois d'entre eux. Avec un craquement puissant, le mur vibra et une porte se découpa.
Sam alluma sa lampe et entra la première, arme au poing, pour sécuriser la nouvelle salle.
La pièce était sombre. Daniel craqua une allumette et embrasa les deux torches situées à l'entrée de la pièce, dévoilant un autel en son centre. Une installation étrange trônait sur le rectangle de pierre. Elle était composée d'un socle et d'anneaux métalliques qui s'entrecroisaient. Une pierre bleue scintillait au centre de l'entrelacs.
Daniel entreprit de décrypter les symboles qui parcouraient le socle de l'objet tandis que Sam poursuivait ses relevés.
– Les radiations proviennent bien de cet objet. D'après la longueur d'onde, on dirait du Naquadah associé à une autre forme d'énergie que nous n'avons encore jamais vue, exposa Sam en prenant des notes sur sa tablette.
Daniel leva les nez et demanda :
– Vous pensez que cela pourrait être une arme ?
– Je l'ignore mais, les émissions sont puissantes. Cela vaudrait le coup d'étudier cette chose.
– L'écriture est vraiment ancienne et certains mots me donnent du fil à retordre. J'aurais besoin de certains ouvrages que j'ai à la base pour être capable de tout déchiffrer… répondit-il en commençant à réaliser des photos du socle.
La main de Jack se posa sur l'épaule de Sam, la faisant sursauter.
– Est-ce que ça va ? demanda-t-il, inquiet.
Sam secoua la tête, sans comprendre.
– Oui, pourquoi ?
– Parce que vous ne répondiez plus à la radio, Major Carter, lui indiqua Teal'c.
– Ça doit être dû aux radiations, elles doivent perturber nos communicateurs, déclara Sam.
– Vous avez trouvé quelque chose d'intéressant ? demanda encore Jack en observant l'objet.
– Oui, cela paraît prometteur.
– D'accord, vous finirez ça tout à l'heure. Nos amis Tok'Ra ont annoncé qu'ils étaient en orbite. Ils vont descendre sur la planète par les anneaux. On devrait y aller, l'informa Jack.
SG1 quitta le temple et rejoignit les deux Tok'Ra qui venaient d'apparaître derrière une dune. Sam ne mit qu'un instant à reconnaître son père. Elle s'élança en courant vers lui. Jacob accéléra le pas et la rejoignit au pied de la dune pour la serrer dans ses bras. Avant que les autres n'arrivent, il contempla le visage souriant de sa fille et lui murmura :
– Tu as bonne mine. Le mariage te va bien on dirait.
Sam lui offrit un sourire radieux qui ne fit que renforcer cette impression de lumière qu'elle dégageait.
Jack tendit sa main à Jacob en déclarant avec un sourire amusé :
– Papa !
Jacob retint un rire à présent, c'était vrai !
– Jack. Daniel, Teal'c, ajouta-t-il en les saluant tour à tour.
Il scruta la planète peu hospitalière et dit encore :
– Il fait plutôt chaud chez vous, non ?
– Oui. On devrait éviter de s'attarder trop longtemps. D'après mes calculs, le second soleil devrait bientôt se lever et il fera encore plus chaud ? répondit Sam en consultant sa montre.
– Entendu. Un de nos espions vient de nous informer qu'Apophis était en train de rassembler toutes les armées de Sokar sous son commandement.
– Ah… C'est embêtant… ronchonna Jack.
– Ça sera embêtant comme vous dites quand il viendra raser la Terre avec sa nouvelle armada, Jack ! Depuis la mort de Sokar, sa flotte de vaisseaux a fait beaucoup d'envieux mais, Apophis semble être en passe de s'emparer de tous les territoires que son ancien ennemi possédait. Cela ferait de lui le plus puissant des Goa'ulds.
Jack se tut et soupira.
Nouveau problème en vue. Saleté de serpent ! Il ne pouvait pas rester mort une fois qu'on l'avait tué !
– Je vous recontacterai dès que nous aurons plus d'informations, leur annonça Jacob. En attendant, nous devons partir. Nous sommes en mission.
Il enlaça à nouveau brièvement sa fille et lui murmura :
– Surtout, sois prudente, ma chérie.
– Promis. Toi aussi, Papa.
Les deux Tok'Ra s'éloignèrent et quelques instants après, SG1 aperçut l'éclat des anneaux qui remontaient vers le Tel'tak en orbite.
– Bien, terminez vite ici, on doit rentrer annoncer ça au Général Hammond.
– Entendu ! déclara Sam. J'aimerais emmener l'objet qu'on a trouvé.
– D'accord mais on se dépêche, je trouve qu'il commence à faire vraiment chaud ici ! râla Jack.
SG1 pénétra avec un soupir de soulagement à l'intérieur du Temple où l'ombre fut la bienvenue.
Daniel se tartina le visage de crème solaire et acheva de filmer les parois qu'il n'avait pas eu le temps de prendre en photo. Pendant ce temps, Sam s'avançait vers la sphère pour s'en saisir.
Lorsqu'elle posa sa paume sur l'un des anneaux pour soupeser l'objet, la pierre bleue changea de couleur et émit une violente lumière. Des cristaux s'allumèrent sur le socle. Puis, il eut un sifflement aigu qui fit gémir les quatre voyageurs et un champ de force écarlate se déploya, bloquant Sam à l'intérieur.
La jeune femme, prisonnière, poussa un hurlement déchirant. Son corps, soulevé de terre par la vague d'énergie, ne tenait plus au sol que sur la pointe des pieds. Elle était arc-boutée en arrière de douleur, le visage levé vers le plafond, sa bouche ouverte sur ses cris, sa main comme collée à l'objet inconnu.
Affolé, Jack se jeta sur sa femme dans l'espoir de l'arracher à l'attraction mais, en vain. Il fut violemment projeté en arrière et alla percuter le mur à l'autre bout de la pièce. Il y resta quelques secondes, assommé et le souffle coupé.
Teal'c tenta à son tour d'attraper le Major par les épaules pour la tirer en arrière. Mais, au lieu d'être repoussé comme Jack, il resta à son tour prisonnier du champ de force, les mains collées aux épaules de Sam. Il hurla de douleur. Le contact était pire que la brûlure qu'il avait subie lorsqu'Apophis avait gravé son symbole sur son front, coulant de l'eau fondu dans la plaie à vif.
Jack se força à se remettre debout et vacilla jusqu'à Daniel pour avait contourné l'engin et s'efforçait de décoder les symboles du socle :
– Daniel ! Est-ce que vous pouvez arrêter ce truc ?
L'archéologue, concentré sur la tâche, leva l'index, lui intimant le silence.
Mais, Jack n'était pas d'humeur à attendre sans rien faire. Les hurlements de ses amis lui déchiraient les entrailles. Il devait absolument les sortir de là.
Il saisit son pistolet et visa la machine. Il hésita une seconde Sam était vraiment très proche de l'engin mais, il n'avait pas vraiment le choix. S'il ne faisait rien, elle allait mourir. Ses hurlements étaient en train de se changer en un râle d'agonie. Ses yeux étaient révulsés et des spasmes agitaient tout son corps comme si le champ de force allait finir par l'écarteler.
Jack inspira à fond et tira. Le projectile ricocha sur le champ de force sans parvenir à le pénétrer et alla s'encastrer dans le mur, juste derrière Daniel. Ce dernier, qui entendit le sifflement de la balle près de son oreille, lui hurla :
– Mais vous êtes dingue ! Vous voulez tous nous tuer ! Rangez ça Jack ! Je crois que j'ai compris comme l'arrêter !
Jack baissa le canon de son arme tandis que Daniel tendait lentement la main. L'appareil parut le scanner puis ses doigts passèrent sans difficulté à travers le bouclier d'énergie. Il put appuyer sur deux des cristaux qui s'éteignirent aussitôt, coupant le champ de force.
Teal'c recula en vacillant tandis que Sam s'écroulait. Jack lâcha son arme et bondit en avant. Ses bras s'enroulèrent fermement autour de la taille de Sam et il amortit leur chute comme il pouvait, percutant violemment le sol avec ses genoux. Le Colonel émit une grimace de douleur mais ne lâcha pas son précieux fardeau. Il allongea délicatement Sam par terre pour pouvoir l'examiner tandis que Daniel sortait la trousse de premiers soins de son sac à dos.
Le pouls de Sam était filant et irrégulier. Elle était en nage et pâle comme la mort. Malgré la chaleur écrasante, elle claquait des dents. Sa paume qui était entrée en contact avec l'objet était également gravement brûlée.
Sortant sa gourde, Jack imbiba un morceau de tissu et passa le linge frais sur le visage de sa femme.
– On doit la ramener au SGC tout de suite ! déclara Jack après avoir vainement tenté de lui faire rouvrir les yeux.
De son côté, Daniel était en train de faire un rapide bandage autour des mains de Teal'c, couvertes de cloques. Le Jaffa s'était laissé choir au sol et il semblait peiner à rester conscient.
– Qu'est-ce que c'est que ce machin ? s'énerva Jack en désignant la machine.
– Je crois que Sam avait vu juste. C'est une arme. Une arme anti-Goa'ulds.
– Vous êtes sérieux ?
– C'est ce que j'ai compris mais ma traduction est incomplète.
– Alors pourquoi Sam a été touchée ?
– Elle a été un Goa'uld…
Jack soupira : Jolinar.
– Et Teal'c porte un symbiote… ajouta Daniel, poursuivant le fil de ses réflexions.
– Ok, on les ramène à la maison et on renvoie une équipe récupérer ce truc si le Général Hammond est d'accord.
Daniel acquiesça. Il tendit sa main à Jack pour l'aider à se relever. Ce dernier émit un grognement plaintif mais se remit sur ses jambes.
– Aidez donc Teal'c, je m'occupe de Sam, dit-il à Daniel en voyant le Jaffa qui avait du mal à se relever.
Daniel courut prêter une épaule secourable à leur ami.
– Est-ce que ça va ? lui demanda-t-il.
– Oui, Daniel Jackson. Mon symbiote a été secoué par le champ de force. Il est très affaibli mais, je pense qu'il devrait survivre. Vous avez stoppé la machine à temps. Je vous remercie.
Daniel glissa le bras de son compagnon en travers de ses épaules pour l'aider à marcher.
De son côté, Jack avait soulevé Sam en poids et l'avait glissée sur son épaule. Il la tenait fermement par les jambes et se mit à boiter lourdement en direction de la sortie, serrant les mâchoires pour ne pas hurler de douleur à chaque pas.
Au sortir du Temple, la chaleur les accabla à tel point que Jack recula d'un pas sous la brûlure des rayons du soleil. Tout à coup, les trois cents mètres à parcourir lui semblèrent plus longs que dix kilomètres.
Le petit groupe se traîna tant bien que mal jusqu'à la Porte. Respirant avec peine, Daniel composa les coordonnées et transmit le code d'ouverture de l'iris. Lorsqu'il reçut la confirmation, il fit signe à Jack de passer en premier. Le Colonel ne tergiversa pas, trop préoccupé par l'état de sa femme pour faire des politesses.
L'équipe émergea dans la salle d'embarquement du SGC et soupira de soulagement. L'ombre bienfaisante du sous-sol de la base était un vrai bonheur après la fournaise de la planète.
Hammond qui surveillait leur arrivée depuis la baie vitrée de la salle de contrôle, attrapa le téléphone situé derrière lui et ordonna :
– Équipe médicale en salle d'embarquement !
Des gardes entrèrent aussitôt avec des brancards. Jack y allongea sa femme avec précautions tandis que Teal'c acceptait de bonne grâce de s'asseoir sur le second.
Moins de deux minutes plus tard, Janet Frasier arriva en courant et les enveloppa d'un regard rapide, évaluant leur état et la gravité de leurs blessures. Teal'c et Sam semblaient être les plus gravement touchés. Le Colonel claudiquait et lui et Daniel portait des marques de brûlures impressionnantes au visage. Lorsque la Doc s'approcha de Jack pour évaluer la profondeur de ses blessures, il grogna :
– Ça va, Doc, occupez-vous d'elle. Elle est inconsciente depuis plus de quinze minutes.
– Emmenez le Major Carter et Teal'c au scan. Colonel, vous et Daniel, vous me suivez. Je dois soigner ça.
Hammond venait de descendre à la salle d'embarquement. Il contempla Sam qu'on emportait sous ses yeux, livide et sans connaissance, vers les étages supérieurs.
Entendant Jack protester, il trancha :
– Colonel ! À l'infirmerie, c'est un ordre !
Jack soupira :
– Oui, mon Général.
– Je vous verrai pour un débriefing lorsque vous aurez le feu vert du Dr Frasier.
– Entendu, mon Général.
Les brûlures de ce foutu soleil faisaient un mal de chien…
Jack soupira en sentant la fraîcheur de la crème que venait de lui appliquer le Doc se répandre sur sa peau carbonisée.
– Un peu plus et vous auriez gardé des cicatrices, Colonel, déclara Janet avec stupeur.
Elle n'avait jamais vu de brûlures si profondes après une si courte exposition au soleil.
– Comment vont les autres ? demanda-t-il avec inquiétude.
Il était coupé d'eux par la séparation que Janet avait tiré entre les lits de ses patients.
– Daniel présente les mêmes blessures que vous, essentiellement au visage et sur le dessus des mains. Mais, elles sont moins profondes que les vôtres. Il avait mis de l'écran total.
Jack grimaça. Il aurait dû écouter ses propres conseils pour une fois.
– Et les autres ?
– Teal'c devrait s'en remettre. Son symbiote a été sérieusement touché par les radiations de la machine mais, d'après mes examens, il commence à se guérir. Mais, que tant son système immunitaire n'est pas restauré, Teal'c devra rester à l'infirmerie, à l'isolement pour sa propre sécurité.
Tout en parlant, Janet approcha du lit de son patient une tablette avec une seringue et des bandages.
– Ôtez votre pantalon, Colonel. Il faut que je soigne votre genou.
Jack grimaça. Il aurait préféré qu'elle n'ait rien vu mais rien n'échappait à l'œil de Lynx de Janet Frasier. Il se dévêtit donc et se rassit sur son lit, en tee-shirt et boxer, les jambes dans le vide. Janet tâta l'énorme hématome et le gonflement qui s'étendaient sur les deux côtés de son genou droit.
– Vous avez un sérieux épanchement. Qu'est-ce qui s'est passé ?
– J'ai voulu amortir la chute de Sam lorsque le champ de force a cessé. J'avais peur qu'elle se blesse en heurtant le sol. Mais, j'ai été entraîné avec elle. Mes genoux ont frappé le sol en premier.
– D'accord. Je vais vous faire une injection d'anti-inflammatoire pour commencer et vous mettre au repos une semaine. Il faudra faire une IRM dans quelques jours pour surveiller comment ça évolue.
Elle lui prodigua les soins, serrant le bandage pour maintenir son genou immobile.
Jack soupira et finit par souffler :
– Janet…
La Doc releva la tête et croisa son regard, ne cherchant plus à lui cacher son inquiétude.
– Le scan n'a rien révélé d'anormal et j'attends encore ses résultats d'analyse de sang mais, elle n'a pas repris connaissance, Jack.
Le cœur de Jack accéléra sous le poids de l'angoisse.
– Est-ce que je peux la voir ?
– Oui. Je l'ai faite installer dans une chambre, à l'écart. Je vais vous chercher des béquilles et je vous y conduit.
Janet entra dans la chambre de Sam deux heures plus tard. Jack, assis au chevet de sa femme, redressa la tête avec espoir.
Derrière Janet, l'ombre du Général Hammond apparut et Jack se leva, au garde à vous.
– Repos, Colonel. Comment va-t-elle ? demanda-t-il aussitôt en fixant son attention sur la frêle jeune femme, immobile sous le drap blanc.
– Les analyses de sang ont révélé que les traces de Naquadah présentes dans l'organisme de Sam depuis la mort de Jolinar s'étaient en quelque sorte agglutinées sous l'effet du champ de force. Cela a produit des caillots qui se promènent dans son système sanguin.
– Et c'est dangereux ? demanda Jack en saisissant machinalement la main de Sam, sans se soucier de la présence du Général.
– Suivant où ces caillots migrent, ils peuvent causer une embolie pulmonaire ou un accident vasculaire cérébral…
– Donc ça peut la tuer… souffla Jack sans parvenir à y croire.
Janet hocha gravement la tête, lui ôtant tout doute quant au danger mortel que courait la femme qu'il aimait plus que sa propre vie.
– Est-ce qu'on peut faire quelque chose ? questionna Hammond, troublé.
– Nous ne disposons d'aucun traitement qui pourrait l'aider. D'ordinaire, on prescrit des médicaments pour fluidifier le sang et résorber le caillot mais, dans son cas, c'est du Naquadah. Des particules métalliques… Je ne vois pas bien ce que je pourrais faire. Mais, les examens que j'ai pratiqué sur le symbiote de Teal'c tendent à prouver qu'il a subi la même chose et que cela se résorbe tout seul, lentement.
– Oui, mais Sam n'a plus de symbiote pour la traiter, contra Jack. Et elle a été exposée plus directement que Teal'c au champ de force…
– Je sais. J'espère néanmoins que son système immunitaire réagira et s'adaptera pour faire face à ce problème.
Voyant Jack étendre sa jambe blessée devant lui avec une grimace de douleur, Hammond lui conseilla :
– Vous devriez allez vous allonger un peu, Jack. Nous vous préviendrons dès qu'elle se réveillera.
« Dès » qu'elle se réveillera… Pas « si » elle se réveille…
Jack apprécia à sa juste valeur les mots choisis par le Général mais il secoua la tête. Il n'était pas question qu'il l'abandonne.
Janet le comprit et déclara simplement :
– Je vais chercher un lit de camp.
Et Jack lui adressa un regard qui contenait tous les remerciements du monde.
Lorsque Daniel entra dans la chambre de Sam, il trouva Jack allongé en chien de fusil sur le lit de camp posé au pied du lit de la malade. Le Colonel était tourné vers sa femme pour être prêt à ouvrir les yeux à tout instant. Il s'éveilla d'ailleurs dès que Daniel fit un pas dans la pièce. Il se redressa avec un soupir épuisé et ébouriffa ses cheveux grisonnant en y passant ses mains bandées.
– Daniel ? s'étonna-t-il. Quelle heure est-il ?
– Bientôt sept heures. Je suis venu prendre un peu le relai…
– Non, ça va…
– Jack… cela fait deux jours que vous n'avez pas quitté son chevet. Deux jours que vous n'avez quasiment rien mangé et pas dormi ou pris une douche…
Jack lui jeta un regard suspicieux.
– Comment pouvez-vous savoir ça d'abord ? Vous n'avez pas dû quitter votre labo depuis notre retour !
– J'ai mes sources…
Janet…
Jack soupçonnait depuis un moment déjà que la Doc en pinçait pour l'archéologue mais, il n'aurait jamais pensé que cela pouvait être réciproque… Quoi que… après tout, pourquoi pas. Daniel avait perdu Sha're depuis longtemps désormais. Il avait le droit d'être à nouveau heureux.
Face au regard résolu de Daniel qui se tenait au pied du lit de Sam, les bras croisés sur la poitrine, Jack réalisa que son ami avait raison. Sa barbe le grattait et il ne voulait pas que Sam le voit aussi négligé à son réveil.
– D'accord, Danny Boy. Je vous la confie, murmura-t-il en se levant.
Daniel sourit, apparemment ravi d'avoir réussi à le convaincre aussi facilement.
Avant de partir, Jack se pencha vers Sam, écarta délicatement ses cheveux blonds et déposa un tendre baiser sur son front. Les stigmates de douleur du premier jour s'étaient estompées. À présent, la jeune femme semblait seulement dormir, d'un sommeil profond, aussi profond qu'un coma. Sa peau était diaphane, ses yeux soulignés de cernes sombres mais elle restait magnifique.
Sa sublime femme, prisonnière d'un sommeil de mort.
Sa Princesse endormie par un mauvais sort…
Il fut presque tenté de déposer un baiser sur ses lèvres pour chasser le maléfice mais, il n'en fit rien. Les contes de fée n'avaient pas voix au chapitre dans ce monde.
Les cauchemars en revanche…
