Hey !

Mais serait-ce un nouveau chapitre qui se pointe après deux mois sans nouvelles ? Mais ouiii !

(Pardon. J'avais oublié qu'il existait. Le travail ayant annihilé ma vie, je n'ai plus aucune avance. Mais j'ai tout le plan de l'histoire, je me bouge le cul pour m'y remettre maintenant que je suis au chômage, promis.)

Merci à Lae et Mijoqui pour leurs review ! (Je répondrais… je répondrais. Au plus vite ? Mais merci très fort, j'adore avoir vos retours)

Bonne lecture !


Dénouer la mémoire

.

– T'as fini d'hiberner ?

Le ton y est, le sourire aussi. Mais ça sonne faux. Parce que Vanitas ne le regarde pas directement, peut-être. Qu'il détourne les yeux au profit d'une fenêtre froide.

Riku ne tient pas compte de la pique.

– Qu'est-ce que tu fais là ? il réplique.

– Quoi ? J'ai pas le droit de traîner dans mon manoir ?

Si. Mais il est de notoriété publique qu'il ne sort que peu de sa chambre. Et pourtant, ils se croisent souvent dans les couloirs. Riku dirait bien qu'il va se faire des idées si ça continue, mais il a largement dépassé ce stade. Il sait que Vanitas a une dent contre lui. Maintenant, il aimerait comprendre pourquoi.

– Si, il avoue.

Pas envie de batailler. Il se pose simplement contre le mur, près du rideau lourd. La pierre est fraîche. Le vampire, lui, observe un extérieur qui lui est inaccessible. Il scrute le tissu qui couvre la fenêtre et Riku se demande si ça lui manque. Le dehors, le soleil. La chaleur du jour qui recouvre la peau. Le vent mêlé aux rayons, et la lueur déclinante sur un paysage en fin de jour. Tous ces petits plaisirs qu'il ne touchera plus jamais.

Soudain, il lui trouve les traits tristes.

– Alors, la rencontre avec le boss ? Pas trop secoué ?

Ça ressemble à une question. Enfin, à une vraie question. Pas une pique cynique jetée pour l'irriter. Il essaie de faire la conversation ?

– T'étais là. T'as bien vu.

– Ouais, t'en menais pas large d'ailleurs.

Evidemment, ça ne pouvait pas durer.

– Ça claque hein ? Franchement, je comprends pas qu'on vienne me faire chier alors qu'on a un gars pareil au manoir. C'est pas moi qu'abuse de mes pouvoirs, ici.

– Si tu pouvais, tu ferais la même chose.

Il l'entend rire.

– Qui te dis que je peux pas ?

Van zieute vers lui, mais Riku n'est pas dupe. Si son regard lui fait toujours des tremblements le long du dos, il ne se sent pas l'envie de plier le genoux pour ses beaux yeux. Oui, sa présence le secoue. Mais elle ne l'annihile pas. Son timbre ne lui broie pas le cerveau.

Simplement, il l'écoute parler et le monde s'arrête de tourner.

– Tu l'as jamais fait.

Et s'il pouvait, il ne s'en serait pas privé.

Le corbeau souffle. Gagné. Encore il tourne la tête et, pour une fois, Riku est satisfait. Il a le dessus. Oh, pas pour longtemps. Il savoure d'autant plus.

– Fais gaffe. Il est cool pour l'instant, mais c'est pas dit que ça dure.

– Pourquoi ?

– C'est le chef. Tout ce qui fout son clan en danger, il s'en débarrasse.

L'humain comprend, mais il n'est pas sûr de représenter un gros danger pour des créatures capables de l'éliminer en un claquement de doigts. Si l'envie leur prenait, un petit coup de croc et hop. Il en resterait de lui d'un tas de chair rigide. Alors que lui… A moins d'en pousser un par la fenêtre en plein jour, il ne peut pas grand chose contre ces bestioles. Et encore, il n'a pas la force pour.

– Donc, je suis un danger pour vous ? il tente quand même.

Encore, les yeux jaune sur lui. Le temps flotte. Vanitas semble hésiter. Pas longtemps.

– Non.

Bien. Maintenant, Riku ne sait pas s'il est rassuré ou vexé. Est-ce que l'autre le voit comme une petite chose incapable de se battre ? Bon, c'est sans doute ce qu'il est. Pour des vampires, en tout cas. Mais son égo n'apprécie pas.

– Désolé de te décevoir.

Il entend les rires dans sa voix. Mais sans les yeux, c'est bizarre. Ça déraille. Comme si… Comme si quelque chose n'allait pas, là, pour Vanitas.

Et c'est peut-être le cas. Il capte, d'un coup.

– Et toi ?

Comme l'autre s'amuse et le fuit tout en même temps. Ce petit jeu, Riku le connaît. Lui aussi il sait ignorer les émotions qui le dérangent. Au moins, les dissimuler aux yeux des autres. Souvent assez mal, s'il en juge par l'insistance de Sora.

– Content que ton frère soit rentré ?

Le noiraud redresse la tête. Apparemment, la question l'interpelle. Riku peut voir les rouages qui s'activent dans son cerveau comme il plisse les yeux, va pour répondre et comprend, soudain, quelque chose qui lui échappe. Son sourire s'élargit alors.

– Mon frère ? Tu parles de ce gars ?

Il ricane.

– Parle pas de truc que tu comprends pas.

Riku plisse les yeux.

– Je sais ce que j'ai entendu.

– Non, justement, tu sais pas.

Il l'irrite. Et en même temps, il l'intrigue. Merde, qu'est-ce qu'il essaie de dire, là ?

– Sora ne t'a pas expliqué, alors ? Ça ne s'étonne pas. Il ne remarque jamais, quand les gens traînent derrière lui.

Et voilà, ça recommence. Il ne peut pas s'empêcher de cracher sur Sora. Il n'a pas changé, en …

En ?

Presque deux mois. Juste deux mois. Evidemment, Vanitas ne va pas brusquement s'illuminer et trouver il ne sait quel chemin de la foi qui justifie d'une brusque gentillesse. Non, c'est une petite teigne fourbe. Qui lui a déjà menti, par-dessus le marché.

Mais c'est aussi une teigne qui pourrait bien lui dire la vérité pour le plaisir de sa réaction.

– Qu'est-ce qu'il aurait dû m'expliquer ?

– Tu n'as qu'à lui demander. Oh, mais peut-être qu'il est trop occupé avec Kairi ? C'est vrai qu'ils sont inséparables, ces deux-là.

D'accord. Il faut qu'il reste calme. Vanitas cherche à l'énerver, et ça lui plairait bien trop d'y arriver. Il ne lui fera pas ce plaisir.

– Non.

Il plante son regard dans le sien.

– Toi, explique-moi. Puisque tu es là.

Il n'a pas envie de retourner là-bas. Et puis, il pourra toujours confronter son histoire à celle de Sora, voir qui il décide de croire. Si le corbeau affabule, il le saura.

– Qu'est-ce qui te dit que je ne vais pas te mentir ?

Sa voix s'élève comme une brume charmante, qui l'envoute et le rebute. Il doit faire un effort pour ignorer l'agréable peur qui lui donne envie de s'approcher.

– T'es pas le seul à qui je peux poser la question.

– Pas faux.

La réponse n'a pas l'air de lui plaire. Mais il semble parti pour s'en contenter, puisqu'il se tourne et lui fait signe de s'approcher, avant de s'avancer dans le couloir.

– Il y a des endroits plus confortables pour parler de ce genre de trucs.

Si ça le chante. Riku se moque pas mal de l'endroit où il pose ses fesses, tant que l'autre lui répond. Lui parle. Le regarde. Pas comme hier.

Alors il le suit, et il ignore cette honte sale qui cogne dans sa tête. Il se sent comme un homme qui cède à une vilaine faiblesse. Mais Vanitas n'en est pas une, hein ? De faiblesse. Il n'y a pas de raison.

Il n'y a pas de raison, non. Et pourtant, impossible de nier l'attraction qui l'amène à suivre ses pas jusqu'au salon.

– Alors ?

Le vampire s'installe souplement sur le canapé. Il allonge ses jambes, cale son dos contre le dossier. Prudent, Riku se contente d'un fauteuil.

– Xemnas n'est pas mon frère.

Avant qu'il n'ai pu protester, l'autre reprend.

– Pas au sens où tu l'entends.

Là, il ne le suit plus. Et il sent comme ça l'amuse.

– Sora est mon frère. Même mère, même utérus, tu connais la chanson.

– Oui.

Et il n'avait pas envie de l'entendre expliquer la chose de cette manière. Il va y penser maintenant. Ah, merde.

– Et Xemnas ?

– Rien à voir. On a pas les mêmes parents. On est même pas nés à la même époque.

– Vous vous ressemblez.

Les yeux jaunes, la peau mate. Il partage certains traits qui opposent les deux jumeaux, et Riku refuse de croire au hasard.

– Vrai. C'est quelque chose qui change, avec le temps. Quand on transforme quelqu'un.

– C'est-à-dire ?

Le corbeau prend son temps. L'attention soudaine qu'on lui octroie le fait jubiler, ça crève les yeux. L'humain se jure d'aller vérifier toute cette histoire, pour en démêler les sottises qu'il aurait bien voulu y glisser.

– On a aucun lien de parenté avec Xemnas, il répète.

Aucun lien de parenté, oui. Il avait compris, mais-

Oh.

Oui. Evidemment.

Vanitas sourit.

– Mais on a tous les trois étés transformés par la même personne.

Une même personne. Un type plus âgé encore que ces trois, donc. Est-ce qu'il est toujours en vie ? Riku n'a croisé personne de cet envergure, au manoir. Et pour ce qu'il en sait, Sora n'a jamais évoqué le nom de celui qui l'a transformé. N'a jamais parlé de sa transformation. Mais forcément, quelqu'un l'a mordu. Il n'a pas pu naître comme ça.

Ou si ? Est-ce que les vampires peuvent se reproduire entre eux ?

– Qui ?

La flamme des bougies tangue. Un courant d'air, ou un habitant de passage, peut-être. C'est ce qu'il se dit, pour ne pas s'inquiéter de l'ombre qui s'invite dans le regard de Vanitas. l'assombrit. Tort son sourire.

– Le vieux.

– Le vieux ?

– Laisse, tu l'as pas croisé.

Ce mot, Riku a l'impression qu'il l'a déjà entendu. Le vieux. Mais personne ne s'appelle comme ça ici. Oh, il y a bien ce vampire appre qui passe parfois dans les couloirs, avec sa tignasse jaunie et son visage grimaçant. Vexen. Mais il ne ressemble en rien aux trois autres créatures.

– C'est qui ?

Il a quelqu'un d'autre ici. Quelqu'un qu'il n'a encore jamais rencontré.

Soudain, il lui semble que les murs ont des yeux, des oreilles. Qu'ils sont là à l'écouter, à murmurer des menaces. La pierre froide attend son heure.

Mais c'est dans sa tête. Comme l'attraction qui garde ses yeux vers ceux de Vanitas.

– Le seul type au-dessus de la tête de Xemnas. Le chef du clan.

– Attends, c'est pas Xemnas, votre boss ?

– Il gère bien, mais non, c'est pas lui. Il fait juste le taff à sa place.

– Pourquoi ?

Il y a un meneur, donc. Une autre tête qu'il ne connaît pas. Le big boss. Est-ce qu'il est parti ? Envolé pour un autre de ces congrès dont il entend parler sans en saisir ni la raison ni l'importance ?

– Parce que le vieux est entré en hibernation.

Hibernation, comme les ourses ? Définitivement, Riku est perdu. Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? Les vampires peuvent dormir ? Il a déjà vu Sora taper une sieste pour le plaisir du repos flegmatique, mais il ne sombre jamais. C'est plus une sorte d'entre-deux, où il se laisse aller. Pas un sommeil de plusieurs mois. C'est métaphorique, alors ?

Face à son air déconcerté, Van hausse un sourcil.

– Putain, mais ils t'ont rien expliqué quand t'es arrivé ? il jure.

Force est de constater que non. Riku en est le premier attristé.

– Non.

– Ça m'étonne même pas de Sora, il soupire.

– Arrête de parler de lui comme ça.

– Quoi ? C'est vrai. Il est gentil, mais il sait pas se mettre à la place des autres. Il t'invite ici, et il pense même pas à t'expliquer comment ça marche au manoir. Il te balance au milieu des loups et hop.

Certes, c'est aussi l'impression de Riku. Pour autant, il n'aime pas ce qu'il entend.

– Il pensait pas à mal.

Vanitas souffle. Ricane.

– J'ai jamais dit le contraire. C'est sa manière d'être, c'est tout. Pas la peine de nier.

Ça coule naturellement de sa bouche, une évidence. Et Riku préfère autant éviter le débat. Il sait déjà qu'il n'aimera pas ce qu'il entendra, et il n'a pas l'énergie pour ces choses-là.

– Si tu le dis.

– Oh, tu abandonnes déjà ?

Un ronron mauvais passe entre ses dents.

– Je t'ai connu plus combatif.

– Mmm.

De la provocation, encore. Il ne doit pas y céder. Il sait à quoi l'autre joue, et il ne lui laissera pas cette victoire. A la place, il plonge sa main dans sa poche, et il y pioche un téléphone sur lequel il pianote allègrement.

Il ne lui faut pas longtemps avant que l'humeur de Vanitas ne retombe. Il le sent d'ici, agacé. Son sourire qui se replie, s'effondre et se fait grimace impatiente. C'est satisfaisant, Riku ne le nie pas.

A son tour de sourire.

– Quoi ? Vanitas râle.

– Quoi, quoi ?

– Tu sais.

– Non.

Donc, Vanitas n'aime pas qu'on le prive d'attention. Il retient. C'est à son avantage.

– On ne t'a jamais appris que c'était malpoli, de ne pas regarder les gens à qui tu parles ?

– Si.

Il fait défiler Twitter sans se concentrer sur les postes. En soit, ça ne l'intéresse pas.

– Mais je te parle pas, là.

Il n'a même pas besoin de le voir pour imaginer sa face.

– Ah ? Et pourquoi t'ouvre ta gueule, alors ?

Oh, si ce n'est que ça… Eh bien, Riku ne répond pas. Il ouvre ses messages, et il surveille voir si quelqu'un n'a pas tenté de le contacter ces dernières minutes.

– Oh, tu veux jouer à ça ?

Aucune nouvelle des gens de la fac. Depuis deux mois qu'il a terminé les cours, ça n'a rien d'étonnant. Il n'a jamais été très proche des gens qu'il fréquente là-bas - Sora excepté.

– On sait tous les deux que t'as pas de patience.

Aucun message des autres membres du manoir. Mais il n'a pas leur numéro, aussi. Pas besoin. Quand les vampires veulent lui parler, ils apparaissent en un claquement de doigt. Celà dit, ça l'arrangerait bien, lui, de les avoir. Des fois que.

– Allez, Riku.

Il aimerait avoir celui de Kairi. Pour comploter, ce serait toujours utile.

– Tu vas faire ça genre, quoi, dix minutes ?

Il se tourne, ramène ses jambes sur l'accoudoir du fauteuil. Enfin, éteint l'écran. Range son téléphone. Mais, loin de reporter son attention sur son cher interlocuteur, il croise ses gambettes et scrute l'immense bibliothèque au fond de la pièce. Un meuble lourd, écrasé par le poids des mots que les livres portent.

– T'as fini ton caprice?

S'il se lève, là, est-ce que Vanitas va s'énerver ? Non ça ne lui ressemble pas.

Et pourtant, il imagine sans mal son visage crispé, éclaté d'une rage brusque qui allume son regard. Ses crocs sortis sur un feulement sec, ses ongles allongés. Le raclement guttural sorti du fond de sa gorge, répercuté en éco dans l'immensité d'un salon sombre.

Et, plantées devant lui, deux silhouettes. Deux formes droites.

Deux perles jaunes.

Il déglutit.

– Eh.

Vanitas claque des doigts devant lui.

Riku inspire.

– T'as grillé tes derniers neurones ?

Sous ses yeux ses doigts. Longs. Fins. Pâles. Et sa paume, si grande. Une lourde pierre qui lui détacherait la tête, si elle s'écrasait contre son visage. Ou alors, elle pourrait appuyer contre sa joue, délicatement. Tiède.

Ses ongles caresseraient la pointe de sa mâchoire.

Il se redresse.

– Laisse-moi.

Sa voix manque de conviction.

Et Vanitas le sent. Suffit-il de voir ses yeux se plisser, deux cercles maigres alors qu'il efface toute émotion de son visage. Sa bouche entrouverte et les dents blanches contre ses lèvres, disséminées, son regard qui s'ouvre.

Et des mots, là. Un son qui se glisse jusqu'à son oreille.

– Tu te souviens ?

Cette fois, Riku ne fait pas que se redresser. Il quitte le fauteuil.

– C'est toi qui fait ça.

Le sol froid sous ses pieds.

– Moi ?

Un ricanement, et pourtant, pas de joie. Non, le son s'éraille et ce que Riku entend, là c'est une plainte entrecoupée. Un halètement.

– Mais je fais rien, Riku.

Et ça recommence. Mille ans dans sa voix qui le traverse.

Son ventre qui se serre.

– Tu t'en es rappelé, hein ?

– Non.

– Fais pas genre.

L'humain se retourne.

– Qu'est-ce que t'as vu ?

– J'ai rien vu, je te dis.

– Tu mens.

Non. Oui. Si, il a vu un truc et, merde. Ces yeux là, si jaunes. Comme Vanitas, comme Xemnas. Ça le secoue de la même manière. Comme un cauchemar au réveil. Et il sait que Vanitas sait, mais il ne veut pas entendre ça, là. Il ne comprend pas ce qui se passe, ce qui lui prend.

Mais il sait qu'il n'aime pas ça.

Et, en même temps, il sent qu'il pourrait se presser contre lui, et qu'il n'aurait jamais rien ressenti d'aussi agréable de toute son existence.

– La garce.

Allez savoir qui Vanitas insulte de la sorte. Pour Riku, c'est un signal. Un électrochoc qui éclate dans son dos et le pousse à reculer.

Le vampire tend la main vers lui. Rate la sienne de peu. Un courant d'air entre ses doigts. Encore quelques pas en arrière, et l'humain attrape le pendentif qui tape contre son torse. Le sang de Sora, mêlé, au sien. Comme celui de deux frères.

Il ne sait pas ce que Vanitas lui a fait. Et quand il le voit, son visage peint d'une colère blessée, il n'a plus envie de se reculer. Cette trogne de loup blessé, une douleur pitoyable qui lui déchire l'œil. Il a l'air… Il est… Ce mot n'a rien à voir avec Vanitas, mais pour la première fois il semble vulnérable.

Riku voit son rictus plus grand qu'il n'est, son regard halluciné et il croit entendre un cri qui ne sort pas de sa gorge.

Il se bouche les oreilles.

Le couloir froid accueille bientôt l'écho de ses pas pressés alors qu'il s'éloigne.

xoxoxox

Aqua ajuste les derniers boutons de sa chemise. C'est loin d'être sa grande priorité, mais c'est tout ce qu'elle trouve à faire pour occuper ses mains. Son esprit. Le temps d'intégrer l'information.

– Où l'as-tu aperçu ?

–Dans les jardins arrière. Il s'est assis sur la fontaine.

– Il t'a vu ?

– Je ne pense pas.

Elle jauge Xaldin du regard. C'est un homme de confiance. Elle sait qu'elle peut le croire. Mais cette histoire ne l'arrange définitivement pas. Et ce problème-là ne peut attendre.

– Je vais essayer de l'effrayer, elle soupire. Ça devrait lui faire passer l'envie de revenir.

Les humains ne s'aventurent jamais jusqu'ici, d'habitude. Les plus curieux vont jouer sur des terrains proches de la ville, mais c'est rare qu'ils se déplacent jusqu'au manoir. Le trajet est long, et le spectacle décevant. Il y en a bien quelques-uns qui viennent pour se faire une petite frayeur, mais il s'éloigne aussitôt qu'ils constatent que l'endroit est encore habité. Un manoir hanté, C'est attirant. une violation de propriété privée, par contre…

Un coup d'œil à sa montre. Comme elle le pensait, il est trop tôt. Le soleil tape sur le toit du manoir, il illumine encore la cour. Elle ne pourra pas sortir maintenant. Donc, elle doit trouver un autre moyen pour le faire fuir.

– Eh, Aqua !

Demyx apparaît brusquement entre eux.

– Pas maintenant, elle réplique avant qu'il n'ouvre la bouche. Je dois régler quelque chose.

– Y a un humain dans le salon.

– Je verrais ça-

Elle ouvre grand les yeux.

– Comment ça ?

– Bah j'sais pas, il d'vait se balader dans la cour derrière, et puis il est entré.

– Tous les volets sont fermés, de jour.

– Y en a un qu'est resté ouvert.

Un coup d'œil vers Xaldin. Le colosse se tourne lui-même vers Demyx.

– A quoi il ressemble ?

– P'tit, roux. Et il a un casque sur les oreilles.

Pas un de leur garde manger, définitivement.

Donc, un humain ignorant de leur existence vient d'entrer ici. Bon sang.

Elle enfonce son dernier bouton.

La liste des problèmes s'allonge, et ça ne présage rien de bon.


Voilaaa voilà. Mine de rien, on approche d'un point important de l'histoire. Sur ce, je m'en vais mettre mon plan au propre !

A très vite !