Hey !

Alors. J'ai eu du mal à gérer le mélange Nano/Fêtes/travail. D'où la pause dans la publication de cette histoire. Pardon. Maiiiiis je vais essayer de reprendre tout ça activement, et de relire des chapitres à l'avance pour pouvoir poster en temps et en heure !

Merci à celleux qui ont commenté le chapitre précédent, je réponds au plus vite !

[TW en fin de page]

Bonne lecture !


Au-delà des limites

.

Il y a du sang partout. Dans le corps des vampires qu'il croise, des animaux qui courent autour du manoir. Même sous sa propre peau. Riku le sent. C'est comme une odeur. Quelque chose de plus fin encore qu'il perçoit et qui lui fait tourner la tête.

Les premiers jours, c'est une bataille de tous les instants qu'il lui faut mener pour ne pas céder. Il ne peut pas ne pas penser à ce fumet qui imprègne l'air. La moindre inspiration le ramène à cette nouvelle malédiction, dont il croit sentir le goût sur les lèvres dès qu'il les lèche.

— Alors ?

Mais il y arrive. Et si le cou de Vanitas est un réconfort qu'il attend toujours avec la même impatience, le reste de la journée lui devient supportable.

— Ça va.

— Tu es sûr ?

— J'ai plus envie de te vider.

Le sourire de Vanitas s'allonge.

— On progresse.

Néo sent ces mots comme une caresse sur sa peau. Une récompense fraîche. Pour autant, la colère que la soif inassouvie demeure. Il faut du temps pour qu'elle se tasse et laisse place à un autre sentiment, plus gratifiant. Vivifiant.

Cette toute puissance qui lui tend les bras.

. . .

L'ouïe, c'est ce qu'il remarque en premier. Les bruits qui lui parviennent non plus comme une masse informe, mais comme un ensemble de détails distincts qu'il sépare sans efforts. Il entend mieux, attrape les sons lointains, le tout sans que cet ensemble fourni ne le dérange.

Ensuite, il y a les odeurs. C'est déjà plus compliqué, celle du sang prime. Neo la perçoit constamment et son ventre grogne quand quelqu'un passe trop près. Les autres vampires ne sont pas surpris, ils ont l'habitude. Demyx plaisante à ce sujet, et Vanitas l'aide à calmer sa soif. Il l'entend gémir quand il lui mord le cou. Sa réaction n'est plus celle qu'il avait quand il a commencé à boire, comme si…

Comme si Vanitas aimait être mordu.

Mais le plus grisant, c'est la chasse.

Neo sort pour la première fois sous la surveillance d'Aqua. Elle reste loin, mais elle veille au grain. C'est aussi rassurant qu'irritant. Il doit respecter les limites qu'elle impose – ce qui n'est pas plus mal. Mais c'est comme d'être surveillé sous la douche. Ce moment, cette envie qui explose comme ses sens démultipliés le poussent à courir vers le premier animal qu'il sent, cette sauvagerie jouissive, il n'a pas envie de la partager avec quelqu'un d'autre.

Quelqu'un qui ne soit pas Vanitas.

Il n'a pas le choix, alors il s'y fait. Il se repaît des parfums de la forêt, de la force incroyable de son corps. C'est un plaisir inconcevable qui coule dans sa chair à chaque fois qu'il s'élance, plus rapide qu'il n'aurait pu espérer l'être de son vivant. Tout cède sous ses doigts, fond sous ses crocs. Sa volonté suffit à faire plier le monde.

Pendant un temps, Neo en oublie le plaisir qu'il partageait avec Vanitas. Mais il y revient vite.

— Fais gaffe. Tu chasses souvent, le concerné lui fait remarquer.

— J'aime ça.

— Ouais, mais t'as pas besoin de boire autant.

— Et ?

Maintenant qu'il partage leurs capacités, Neo réalise que les vampires se brident constamment. Et ça, il ne comprend pas. Les pouvoirs de son compagnon sont plus grands qu'il ne l'imaginait. La force, les sens, la fragilité des vies entre leurs mains… Tout leur appartient. Il suffit d'un geste. De le vouloir. Pourquoi attendre que la soif leur assèche la gorge alors qu'ils peuvent se servir tous les soirs ?

— Je veux aller en ville, il réclame un jour.

— On ira quand tu auras une meilleure maîtrise de tes pouvoirs. Tu ne peux pas vider un humain comme tu vides un animal, et tu dois apprendre à troubler leur mémoire.

C'est toujours le même discours qu'on lui sert. Et ça non plus, Néo ne comprend pas. Pourquoi tuer les écureuils et pas les humains ? Pourquoi s'embêter à brouiller leurs pensées ? Pourquoi ne pas les manger, tout simplement ? Parce qu'ils étaient aussi humains avant d'accéder à cette existence ?

De toutes ces questions qui déferlent, Néo en garde une qui revient de plus en plus souvent.

— Pourquoi on cache notre existence ?

Vanitas l'observe au coin du feu, un sourcil haussé. Partagé entre l'agacement et son rire muet. Il le regarde souvent comme ça, et le nouveau buveur se sent piqué dans son égo.

— Parce que les humains sont plus futés que tu ne le crois.

— J'ai vécu parmi eux plus récemment que toi. Tu les surestimes.

— Ils sont débrouillards. Et ils peuvent marcher à la lumière, contrairement à nous.

— Ils ne peuvent pas empêcher la nuit de tomber.

Le journal entre les mains de Vanitas termine dans le foyer. Neo regarde les flammes s'enrouler autour des feuilles, les dévorer jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un tas de cendres. Il entend le moindre crépitement qui pète dans la cheminée.

— Non, mais ils sont nombreux.

— Et faibles. Même s'ils découvraient notre existence, ils ne pourraient pas se défendre.

— Et ils vivraient dans la terreur continue de se faire bouffer la nuit. C'est ce que tu veux ? On a essayé en Transylvanie, et le résultat n'était pas terrible.

Cette époque semble plus douce à Neo que celle qu'ils traversent en ce moment. Pourquoi est-ce que les autres la brandissent comme un échec ?

— Vous aviez de la nourriture à portée de main et des gens pour vous servir. Je cherche encore le problème.

— Des gens terrifiés et asservis. Qui cherchaient à se libérer.

— Et ?

— Tous les vampires n'ont pas survécu aux révoltes que cette situation a engendrées.

Il voudrait que Vanitas lui en parle plus en détail. Mais à chaque fois, il évite le sujet.

— Pose tes questions à Aqua, il lance finalement. Elle explique mieux que moi.

— C'est déjà fait.

— Alors ?

— Elle a trop d'affection pour les humains.

Le regard d'or du brun d'allume. Il s'enfonce mollement dans son fauteuil, ses bras le long des accoudoirs. Sa tête relevée laisse voir une gorge terriblement pâle.

— À t'entendre, on dirait que tu les détestes.

— Je les déteste pas.

Ses sentiments ne sont pas aussi tranchés. Pas aussi forts. Il y a des gens que Neo a haï et il ne retient rien de bon de l'humanité. Mais ce n'est pas une histoire d'égo ni de vengeance mal placée qui le motive.

— Je comprends pas la considération qu'elle a pour eux, il reprend. Ce sont juste des humains. Des mortels. Des bêtes comme les autres. Ils crèveront un jour et ils souffrent autant que les animaux que j'ai vidés. Alors pourquoi vous voulez les gardez en vie ?

Il le voit qui plisse les yeux. Neo sait comme il est, orgueilleux à n'en plus pouvoir. Vanitas aime autant que lui cette vie de toute puissance. Alors pourquoi est-ce qu'il se range à l'avis d'Aqua ? Sincèrement, il ne comprend pas. Il n'a rien contre les humains. Mais il n'a rien contre les biches et, pourtant, il les dévore.

— On est à l'abri de la soif et des problèmes. Ça me suffit, Vanitas déclare.

C'est tout ?

— On pourrait avoir plus.

— Plus ? Quoi, plus à boire ? On est tranquille de ce côté. Qu'est-ce qu'il te faut d'autre ?

— Vivre sans se planquer. Ça te manque pas ?

Vanitas hausse les épaules. Son manque d'ambition le déçoit, Neo doit l'avouer. Il le pensait plus combatif. Mais au contraire de sa camarade, le noiraud n'est pas complètement fermé à l'idée. Il ne le juge pas, ne se moque pas de ses questions. Il sent son intérêt quand ils abordent le sujet, et le jeunot ne désespère pas de le faire changer d'avis.

La compassion n'est pas la plus grande qualité de Vanitas. Il sait qu'il peut faire pencher la balance.

. . .

Embrasser, mordre, étreindre. Toutes ces actions, Neo ne les perçoit plus de la même manière. La bouche de Vanitas s'écrase contre la sienne et il presse, il serre son corps, l'enferme entre lui et les draps. Il inspire et son odeur le frappe, omniprésente. Elle est partout sur sa peau, contre les murs, sur lui. À l'intérieur de son propre corps chaque fois qu'il inspire. Vanitas n'est plus une entité dissociable de lui. Chaque baiser, chaque inspiration les confond.

Son sang qui coule dans sa bouche, un jus qui se mélange dans ses veines. Vanitas et lui comme une seule entité. Vanitas.

Neo était amoureux. Maintenant, c'est autre chose qu'il ressent. Une envie pressante d'être avec l'autre. D'être l'autre et de se mêler encore et encore, le jour comme la nuit. Sa soif contrôlée, un nouveau besoin lui broie le ventre, et il apaise comme il peut en enfonçant son sexe entre les cuisses du noiraud. Il le regarde s'étirer sous lui, ses yeux luisants plantés dans sa peau comme un crochet. Son assurance lui échappe quand il gémit. Ses doigts le long de son dos attrapent et griffent et déchirent pour arracher la peau qui les sépare, sa mouche aspire la chair molle et tendre de son cou et quand, enfin le plaisir passe entre eux, ses crocs percent son épiderme. Là, à la base de la gorge.

Vanitas n'a pas mal. Il soupire.

Après coup, les draps sont rouges et Neo a encore soif de son amant. Il n'est pas fatigué; pas assez pour oublier ce qui cogne à l'intérieur de lui et lui hurle de revenir peser de tout son poids sur son partenaire. Mais le corbeau repousse son épaule, l'œil moqueur.

— Calme toi.

— J'ai envie.

— Je sais, ça fait quatre heures que ça dure.

Sa vie d'humain n'a rien à voir avec celle qu'il mène. L'énergie ne lui manque pas, le sommeil non plus. Il n'a besoin que de deux choses, le sang et les lèvres de Vanitas.

Et il n'en a jamais assez.

— Tu veux pas recommencer ? il demande – ou plutôt, il geint.

— J'ai eu mon compte, le noiraud ricane. Tu verras, toi aussi tu commenceras à te laisser au bout de deux ou trois cents ans.

— J'en doute.

— Doute, doute.

Vanitas le repousse, mais il laisse sa main courir dans son dos blessé, lequel commence déjà à se régénérer. Les marques de crocs dans le cou du vampire s'effaceront bientôt, et il ne restera de leur partie de jambes en l'air d'un oreiller trop rouge et un filet écarlate et sec qui coule de la bouche de Neo.

— Tu devrais apprendre à boire correctement, l'autre se moque.

C'est le dernier de ses soucis. Il va pour essuyer sa bouche mais, déjà, le liquide a séché. Tant pis. Il prendra un bain avec Vanitas, un long bain où l'eau danse sans leurs reflets. C'est toujours étrange, de se pencher vers le miroir et de ne pas croiser son propre regard. Il ne sait pas quand est-ce qu'il s'y fera.

Pour l'heure, Neo ne bouge pas. Il attend dans l'espoir que son partenaire change d'avis. Tout ce qu'il récolte, c'est une caresse compatissante sur le sommet du crâne. Des doigts qui effleurent alors qu'on le ramène sur une épaule aussi froide que la sienne. Tiède. Ils sont à la même température, maintenant, mais le corps de Vanitas n'est pas devenu chaud pour autant. Il est seulement moins frais.

— Ça se calmera avec le temps. La soif et le reste, il lui promet.

— Je veux pas que ça se calme.

Neo aime ça. Boire, le sexe, la force qu'il se sent capable de développer dans chacune de ses activité. Ce sentiment qui le place au-dessus de tout. La rue est loin, un souvenir, et Vanitas caresse son dos comme on récompense un chat satisfait sans imaginer l'effet que ça lui fait.

— Il faudra bien.

— Pourquoi ?

— Parce que si tu veux pouvoir boire à ta guise, tu dois laisser le temps à la nature de refaire ses réserves, crétin.

Il grogne. C'est vrai. Et en même temps, l'idée de vider le monde de sa force ne lui semble pas si terrible. Il se voit en roi d'un désert de cendre, sa main sur l'épaule de son amant. Annonciateur de la fin des temps, la gorge rouge. Il n'y aurait plus rien, sinon eux et leur amour.

Ce serait parfait.

— Repose-toi.

— J'ai plus besoin de dormir, Neo rétorque, comme si l'autre avait oublié.

— Non, mais ton corps est fatigable. Tu ne peux pas toujours être dans l'action.

— Et pourquoi pas ?

Encore Vanitas rit. Il prend son visage entre ses mains. Ses yeux sont si jaunes, si noirs, et Neo pourrait crever de ne pas les sentir l'avaler. Il a besoin de savoir que Vanitas et lui existeront pour toujours. Que le temps ne saurait les soumettre. Ils survivront à tout, à l'apocalypse et au soleil qui s'éteindra. Ensemble.

— Je t'aime, il lui dit, désespéré.

— Je sais.

À nouveau il passe sur lui pour aller l'embrasser. Le sang au coin de ses lèvres a goût de métal, un parfum qui lui scie la langue.

— Moi aussi.

Vanitas murmure contre sa bouche, mais il entend. Et il l'embrasse, encore et encore et encore, jusqu'à ce que son corps se fonde à nouveau dans le sien et que le monde disparaisse.

Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien.

. . .

— Vous vous arrêtez jamais, Sora commente.

Il rit, et Neo se fait la réflexion que leur voix n'est définitivement pas la même. Sora glousse comme un gamin, Vanitas comme le roi du monde. Son ricanement sec passe à travers les gens comme une pointe acérée. Celui de Sora s'envole. Ça devrait l'agacer. Paradoxalement, ce garçon est une des personnes qu'il supporte le mieux, ici. Il ne critique pas la fréquence de ses chasses ni sa manière, peu gracieuse, de boire. Il a même proposé de l'accompagner pour sa première chasse en ville.

Il est simple. Tout le contraire qu'Aqua, dont le regard parfois inquiet l'agace. Il a l'impression qu'elle le surveille et ça ne lui plait pas.

— Faut bien s'occuper.

— Pas faux.

Il n'essaie pas de le convaincre de quoi que ce soit. C'est agréable. Neo est certain, pourtant, que leur vision du monde n'est pas la même. Parfois, il se demande si Sora n'est pas le pire d'entre tous ici. Peut-être qu'il cache juste bien son jeu.

— C'est chasse gardée.

La voix de Vanitas retentit à l'autre bout du couloir. Il débarque et pose d'office sa main sur son épaule.

— Je ne compte pas manger ton partenaire, Sora répond.

— Je ne parle pas de ça.

Neo n'est pas sûr de comprendre ce qui agace le noiraud. Il est à peu près certain qu'il n'intéresse pas Sora – il a cru comprendre que ce dernier avait déjà quelqu'un – et les deux frères s'entendent bien, d'habitude. Mais il s'agit sans doute de querelles qui lui échappent. Inutile de s'attarder là-dessus. Il embrasse la main de Vanitas, sent son coeur se soulever et retient une envie brusque de lui mordre le poignets.

— Toi; le noiraud reprend.

— Mm ?

Neo relève son regard vif vers le sien.

— On va en ville.

En ville. D'un coup, tout s'allume dans l'esprit du gris.

— Maintenant ?

— Cette nuit.

— Aqua est d'accord ?

— Aucune idée, c'est Xemnas qui a donné sa permission.

Ses mirettes éclate comme son sourire s'étire. Le chef a donné son aval pour le laisser sortir hors de la propriété. Quelle meilleure nouvelle pouvait-il espérer aujourd'hui ?

— J'espère que tu es prêt. Ça n'aura rien à voir avec la chasse en forêt.

— Je sais.

— Le règlement diffère.

Il a déjà entendu ce discours. C'est bon, il a bien compris qu'il n'avait pas le droit de tuer les humains. Il sera sage. Mais maintenant que Vanitas lui a annoncé la bonne nouvelle, il n'aura de cesse d'y penser jusqu'à l'heure de la sortie.
La ville. Il la connaît par cœur et pourtant, ça fait des années qu'il n'y a pas remis les pieds.

— On part à quelle heure ?

L'excitation pétille jusqu'au bout de ses doigts. Il lui semble que son ouïe s'affine. Tous les bruits de la maison, et même ceux au-delà, lui parviennent. Le tac de l'horloge éclate dans sa tête.

— Dès que le dernier rayon de soleil aura disparu.

Il n'y a pas de mot pour dire la hâte que Neo éprouve en cet instant.

. . .

— Arrête.

La voix est loin, loin derrière ce voile de couleurs et de sensations qui déferlent dans sa gorge. Neo aspire et aspire encore, plein d'une vie qui s'étale sous sa peau. Ça ne cesse de grandir, à chaque gorgée il se sent nouveau, gonflé, il-

— Neo !

L'ordre sec de Vanitas le tire avant que sa main n'ait à le faire. Il se recule de justesse, la bouche encore pleine de ce goût merveilleux et il regarde sa proie qui titube sous ses yeux. Un homme d'âge moyen, peut-être la trentaine. Grand et brun, bien habillé. Imbibé, aussi. Il rentrait sans doute d'un dîner important. Demain, il mettra sa fatigue brusque sur le compte d'un repas trop copieusement arrosé, sans remarquer les deux petites pointes au creux de son cou qui s'effaceront. Vanitas s'en assure en l'attrapant par le col.

— Qu'est-ce que vous m'avez-

— Tu es épuisé.

— Je-

— Rentre chez toi. Allonge-toi, et ferme les yeux.

Étrangement calme, Vanitas dispense ses ordres sans dévier son regard de celui du repas. Il le fixe encore quelques secondes, puis il relâche le col de cet homme qu'ils ne reverront jamais. Cet homme qui s'éloigne, maladroit, l'air ahuri.

Quand il se retourne, les vampires ont déjà disparu.

— Comment t'as fait ça ? Neo demande, perché sur le toit.

— Oublie. Tu es trop jeune pour ce genre de tour, ça demande des dizaines d'années d'ancienneté.

— Pour manipuler sa mémoire ?

— Je ne peux pas la manipuler. Je la trouble. Il trouvera lui-même une explication rationnelle pour se rassurer quand il se réveillera demain. Soit il l'aura oublié, soit il croira à une agression.

Neo hoche la tête. Il n'en reste pas moins impressionné. Si ce que Vanitas lui dit est vrai, alors il a beaucoup à apprendre. Ses pouvoirs ne cesseront jamais de se développer. Chaque année qui passera sera une pierre de plus à son mur. L'idée l'excite.

— C'est comme ce que fait votre chef ?

— Xemnas ? Oui, on peut dire ça. Mais tu en as pour plusieurs siècles avant d'arriver à son niveau.

Le coup dans son égo ne le décourage pas.

— Impressionnant, il souffle.

— Et encore. Ce n'est pas le plus vieux d'entre nous.

La surprise de Neo éclaire son visage, comme celui de Vanitas s'assombrit. Sa curiosité se réveille, mais le noiraud se tourne avant qu'il ait pu poser la moindre question.

— Allez, on rentre. Aqua va nous piquer une crise si on est pas au manoir dans les temps.

Le nouveau buveur se moque pas mal qu'Aqua. Mais son amant file, alors il le suit après un dernier regard pour la ville. Le pavé laisse place à la forêt, bientôt. Néanmoins, son esprit en ébullition n'oublie pas. Le goût de ce sang neuf n'avait rien à voir avec celui qu'il a déjà goûté. Les animaux apaisent sa soif, et Vanitas le stimule, mais ça…

Ça, c'était incroyable. Il a senti ses sens s'affiner encore, son monde s'ouvrir. C'était une lumière aveuglante dans son esprit. Un air plus pur que celui des montagnes. Un repas chaud après des années de faim.

Son regard s'attarde sur les ultimes lueurs de la ville, qu'il devine de loin. Qui s'efface.

Il se promet d'y revenir. Peu importe ce que les autres pensent, il ne se laissera pas priver de ce trésor.


[TW : Sexe, sang]

Neo va faire des bêtises. Peut-être. Mais j'imagine que vous vous en doutiez ?