Hello !
Ce texte a été écrit pour les nuits du Fof (as usual, lien sur mon profil), sur le thème Ecchymose.
Contexte : Pendant leur deuxième année
Bonne lecture !
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James aimait les mots d'amour
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Les Maraudeurs étaient devenus spécialistes en beaucoup de choses : semer Rusard, inventer des excuses pour les absences de Remus, rire plus forts que les autres dans la Grande Salle, convaincre Peeves de se joindre à eux pour une farce, exaspérer Slughorn…
Ils étaient également devenus les meilleurs gardes-malades de Poudlard. Poppy Pomfresh les trouvait bruyants, encombrants, turbulents mais elle leur reconnaissait une qualité : ils savaient prendre soin les uns des autres lorsqu'ils étaient malades ou blessés. Ils lui l'avaient prouvé à maintes reprises en s'occupant de Remus après les pleines lunes.
Ils avaient développé des connaissances aiguës sur la vitesse de guérison des blessures. Les griffures, ça picotait un jour, mais ensuite ça laissait une marque superficielle qui traînait pendant bien une semaine ; les morsures, c'était plus douloureux, même bien nettoyées, ça restait chaud, rouge et douloureux pendant trois jours, mais ensuite ça cicatrisait très vite, ne laissant souvent qu'une fine marque ; les écorchures, ce n'était pas très impressionnant, mais très pénible, ça tiraillait à l'endroit où la peau avait été arrachée et même si une croûte se formait presque immédiatement, ça démangeait pendant plusieurs jours.
Concernant les ecchymoses, cela dépendait.
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Sur la peau, ils le savaient bien. La douleur ne durait pas très longtemps, un ou deux jours dans la plupart des cas, une semaine grand maximum si le choc avait été vraiment violent. Le plus intéressant à suivre, c'était l'évolution de la couleur, d'abord un étrange mélange entre violet et bleu puis une évolution interminable et complètement inesthétique qui faisait passer le tout d'un verdâtre pâlichon et laid à un jaune disgracieux mais qui avait au moins le mérite de se fondre avec la coloration de la peau et de pouvoir presque passer inaperçu. Presque car la pire étape arrivait après, le brun terne, qui donnait l'impression de ne s'être jamais lavé et qui mettait un temps infini à disparaître.
Oui les Maraudeurs le savait, en cas de coup, la peau mettait bien une semaine et demi à retrouver son état normal.
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Mais qu'en était-il du cœur ?
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Combien de temps fallait-il à un cœur durement frappé pour que les hématomes se résorbent, pour que ses battements effrénés, enfermé dans cette cage thoracique, ne soient plus douloureux ?
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Jamais, affirmait Sirius d'un air sombre, voyant en tout cas que son propre cœur, meurtri dès l'enfance, souffrait encore.
Il n'y a pas de règle générale, il faut juste beaucoup de patience, déclarait Remus d'un air docte, s'appuyant sur sa propre expérience, et les longues années qu'il lui avait fallu avant que les Maraudeurs ne soulagent la fardeau de sa condition de loup-garou.
Cela dépend de la gravité du coup porté au cœur, raisonnait très logiquement Peter, qui se rendait bien compte qu'il se remettait plus vite d'une simple mauvaise note que des commentaires désagréables d'élèves sur son passage.
Et qu'en disait James ?
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Et bien James ne disait rien, bien trop occupé qu'il était à se lamenter sur son propre sort. Car il était le malheureux sujet ayant lancé cette discussion parmi les Maraudeurs.
Voilà maintenant deux semaines qu'il promenait son air lugubre dans les couloirs, n'acceptait de manger son repas que du bout des lèvres et ne parlait à ses amis que pour s'insurger face à l'injustice et la cruauté du monde.
Ses trois camarades avaient tout tenté pour le distraire de sa peine, quidditch, jeux, blagues, chocolat, excursions nocturnes, rien n'avait fonctionné et, en plein milieu de la nuit, dépourvus face aux gémissements de James, ils avaient déclaré l'état d'urgence.
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1- Se débarrasser de l'arme destructrice qui avait aussi violemment blessé leur ami et qui trônait encore au milieu de dortoir.
La feuille de papier était roulé en boule, mais ils savaient tous très bien ce qui était écrit dessus.
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À l'encre rose, entouré de petits cœurs, de la calligraphie maladroite de James :
« Tes cheveux de feu flottant dans le vent,
Tes yeux charmant, ton sourire ravissant,
Lily-jolie, ô tableau si plaisant,
M'offriras-tu un baiser ardent ? »
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Par-dessus, à l'encre sombre, trois énormes lettres, aux lignes fières et implacables, la réponse sans détour de Lily.
« NON »
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2 - Se confronter au problème.
« Sois fort James, je sais que tu parviendras à surmonter ta peine.
- Vous ne vous connaissez pas vraiment avec Lily, elle paraît tellement sérieuse par rapport à toi, c'est peut-être un mal pour un bien ce refus.
- Tu sais ce qu'on dit, une de perdue, dix de retrouvées. Je peux toujours t'en passer dix parmi celles qui m'ont dragué cette semaine.
- Mais Sirius, c'est vraiment elle que j'aime, et pas une autre, je suis sûre que nous sommes fait l'un pour l'autre.
- Écoute, soupira Peter. Remus n'a pas tort, vous ne vous connaissez pas vraiment. Peut-être qu'en apprenant à mieux te connaître, elle changera d'avis. »
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Visiblement, la première étape de guérison d'un cœur meurtri est l'espoir. Les yeux de James, mornes depuis le cruel refus dont il avait été victime, retrouvèrent un semblant d'étincelle.
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« Vous croyez que j'ai encore une chance ? »
Ils n'eurent pas le courage de le contredire.
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« Euh oui, il faut juste que tu lui montres qui tu es vraiment.
- Voilà, retente dans quelques temps.
- Impressionne là et elle acceptera sûrement. »
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Trois heures du matin, l'heure propice aux épanchements des cœurs brisés ; trois phrases innocentes ; trois garçons avec pour seule intention de réconforter leur ami ; trois lettres de refus que James déclara seulement temporaire.
Lily Evans dormait. Elle n'avait aucune idée du cataclysme qui allait lui tomber dessus.
