Bonjour à toutes et à tous,
Voici le chapitre 9. Il n'est pas très long alors je vous poste tout de suite également le chapitre suivant.
Merci angemewmew pour ta reviews.
Bonne lecture !
Severus n'arrivait pas à dormir. La veille avait été une journée difficile tant émotionnellement que physiquement. Il reprenait des forces peu à peu mais le plus pénible avait été de se livrer à Harry. Il n'avait jamais parlé comme ça à personne. Il n'avait jamais parlé de ça à personne. Enfin si peut être à Lily, car elle savait presque tout de lui à l'époque où ils étaient amis. Ses barrières mentales étaient fragilisées depuis l'arrivée d'Harry et c'était la première fois que ça lui arrivait depuis la perte de son amie.
Il n'avait pas prévu de lui parler de la sorte. Il avait ressorti son livre sans même s'en rendre compte. Mais il ne savait pas comment aider le garçon alors peut être que pour une fois se livrer un peu était une bonne solution, même s'il en doutait.
Et maintenant c'était lui qui été tourmenté car il avait fait remonter des souvenirs qu'il avait enfoui au fond de lui pendant plus de vingt ans. Il fut coupé dans sa réflexion par un hurlement qui provenait de la chambre d'à côté.
"Severus, Severus …" entendit Snape.
C'était Harry qui hurlait pendant son sommeil. Il cessa de tourner en rond dans sa chambre et se précipita vers celle d'Harry. Il découvrit le garçon recroquevillé au milieu du lit, trempé de sueur.
"Potter, Potter ! Réveillez vous. …" murmura Severus pour ne pas le brusquer en le prenant dans les bras.
"Non ne faites pas ça ! Ne me touchez pas, s'il vous plaît" supplia Harry.
Il resserra son étreinte pour ne pas qu'il se fasse mal et essaya de le bercer.
"Harry, réveille toi. Je suis là." murmura l'homme calmement.
Soudain il se sentit projeté en arrière, son dos claqua contre le mur et il atterrit sur les fesses. La magie de Harry avait été assez violente. Il resta assis le souffle coupé.
"Oh Professeur !" s'exclama Harry, réveillé sous l'impulsion de sa magie.
Il le vit se lever précipitamment et arriver près de lui.
"Je suis désolé. Pardon. Pardon." souffla Harry qui se tenait éloigné comme s'il ne voulait pas l'approcher.
"Harry ce n'est pas grave, ne t'inquiète pas j'en ai vu d'autres" le calma Severus en se relevant.
Il défroissa son pyjama et se dirigea vers Harry qui fit un bond et grimpa dans son lit les jambes repliées sous ses bras.
"Harry, veux-tu en parler ?" demanda Snape en s'asseyant au bord du lit le plus loin possible d'Harry.
"Non, je ne peux pas." répondit Harry en secouant la tête.
Severus ne savait pas quoi faire comme souvent ces derniers temps et ça le rendait nerveux. Voir Harry subir de tels cauchemars chaque nuit le rendait triste. Il se sentait impuissant et ne savait pas comment réagir.
"Harry, dis moi ce que tu as sur le cœur. Je peux tout entendre. Je suis ton allié, je suis là pour t'aider. Je ne te jugerais pas."
Harry regarda son professeur d'un air paniqué.
"Je vis dans la peur Professeur, j'ai peur à chaque seconde de chaque minute. J'ai peur de décevoir tout le monde, j'ai peur de faire du mal à tout le monde. J'ai peur de l'après s'il y a un après. Et je ne sais pas. Je ne sais pas comment surmonter ça. J'ai déjà perdu Cédric, par ma faute, j'aurais dû prendre ce portoloin seul ou même le ramener. J'ai perdu Sirius. On allait vivre ensemble, j'allais avoir une famille, et j'ai déconné. Il est mort par ma faute, parce que si j'avais été plus attentif aux cours d'occlumancie que vous m'avez donné il serait sans doute encore là. Mais ça a commencé parce que j'ai regardé dans votre pensine. Si je ne l'avais pas fait, vous auriez continué les leçons et j'aurais progressé. Et puis depuis le retour de Voldemort vous vivez des moments difficiles, vous avez été torturé, par ma faute. Tout est de ma faute et je ne sais pas comment vivre comme ça. C'est trop difficile." lâcha Harry sans pouvoir s'arrêter. Les larmes coulaient sur son visage.
Severus se sentait démuni, il ne savait pas quoi faire pour l'aider. Durant toute sa vie il avait fait des choix, plus faciles que d'autres mais il avait toujours réussi à faire des choix et là il ne savait pas. Il ne savait plus. Il voulait le réconforter comme on réconforte un ami mais Harry n'était pas son ami. Ils n'avaient aucune relation avant qu'il se retrouve ici. Enfin si, ils en avaient une mais elle était conflictuelle. Elle était celle que l'on a entre un professeur que l'on déteste et un élève qui nous exaspère. Et puis il n'avait eu qu'une seule amie dans sa vie et il l'avait perdu, par sa faute, parce qu'il avait été naïf et aveuglé par la haine. Il savait très bien ce que pouvait ressentir Harry en ce moment parce qu'il avait ressenti la même chose lorsque Lily avait été assassinée.
Durant ces dernières heures, il s'était beaucoup rapproché de Harry. Il avait parlé de son travail d'espion, il s'était même livré sur son enfance ici à Spinner's End. Mais il ne pouvait pas avoir ce lien. Plus il se confiait et se rapprochait de Harry, plus ses barrières mentales devenaient fragiles et ça ne pouvait que le desservir. Comment ferait-il à la prochaine réunion de Voldemort ? Que ferait-il si un jour Voldemort mettait la main sur Harry ? Malgré tout, il donnerait sa vie. Bien sûr qu'il donnerait sa vie pour le sauver. Parce que c'était le fils de Lily, sa meilleure amie, et qu'il lui avait fait une promesse. Mais ce n'était pas la seule raison. Il le savait. Il se voilait la face, depuis quelque temps maintenant.
"Harry. Écoute moi. Je ne suis sans doute pas le mieux placé pour te réconforter, je le sais, mais je te le répète tu n'es coupable de rien. La mort de Diggory, la mort de Black. Ce n'était pas ta faute. Et Harry, tu n'as pas besoin d'avoir peur. Tu ne décevras personne. Tu fais du mieux que tu peux du haut de tes quinze ans. Tu as déjà sauvé la vie de tes amis plusieurs fois. Et ne t'inquiète pas pour moi, je vais mieux c'est le principal. C'était mon choix d'être un Mangemort."
"Mais …"
"Non Harry. Tu es un garçon de quinze ans qui n'a rien demandé à personne. Les seules choses dont tu devrais te préoccuper c'est des amours de jeunesse, de ne pas avoir de retenue par un professeur qui te trouverait errant dans les couloirs la nuit, du prochain match de quidditch. Tu devrais te préoccuper de ces choses là et pas de savoir quand le Seigneur des Ténèbres décidera de revenir ou de protéger tes amis d'un quelconque danger. J'ai conscience maintenant que ton enfance n'a pas été facile et j'en suis terriblement désolé. Mais rien n'est de ta faute. Crois moi je sais que lorsqu'on est maltraité on a tendance à penser que d'une certaine façon on le mérite mais ce n'est pas vrai. Tu n'as pas mérité ce que ton oncle t'a fait. En aucun cas. Tout comme je n'ai pas mérité d'être maltraité par mon père. Je veux simplement que tu ne fasses pas les mêmes erreurs que moi Harry. NE te renferme pas."
"Je ne peux pas parler de ça à mes amis. Ils penseront que je suis faible. Je n'ai pas su me défendre." répondit Harry tristement.
"Penses-tu que je suis faible Harry ?" demanda Snape d'une voix neutre.
"Non Monsieur pas du tout !" s'exclama Harry. "Il est vrai que je ne vous aimais pas beaucoup à Poudlard. Pendant cinq vous m'avez rabaissé et humilié. Mais pas un seul instant je n'ai pensé que vous étiez faible. Pour moi vous êtes un grand sorcier. Et mon jugement était erroné. Je me suis trompé sur vous. Vous êtes sans doute la personne la plus courageuse que je connaisse."
"Je ne partage pas ta dernière pensée mais passons. Tu ne me vois pas comme une personne faible et pourtant j'ai vécu les mêmes choses que toi. J'ai été maltraité par mes parents et je ne me suis pas défendu."
"Vous avez raison Monsieur. Mais je ne me vois pas parler de ça à mes amis. S'ils étaient au courant Hermione s'inquiéterait pour moi et Ron aurait des envies de meurtre." répondit Harry.
"Très bien, mais que vas-tu leur dire quand ils sauront que tu as passé les vacances avec la terrible chauve souris des cachots ?" demanda Severus en essayant d'alléger la conversation.
"Je ne sais pas, je verrais à ce moment-là."
"Il est encore tôt, essaie de te rendormir Harry." répliqua Severus changeant de sujet.
"Bien Monsieur. Et merci."
Severus se leva et sortit de la chambre non sans un dernier regard vers le jeune garçon. Il avait un tel fardeau à surmonter. Il ne méritait pas ça. Comment pouvait-on surmonter tout ça à son âge ? Il secoua la tête et rejoignit sa chambre silencieusement.
Il s'allongea dans son lit sans aucun espoir de trouver le sommeil. Il devait trouver une solution pour surélever ses barrières mentales qui s'affaiblissait peu à peu au contact d'Harry.
