Chapitre 5 : la fille et le monstre

Ville de Selphia, 30ème jour du Printemps…

Le docteur Jones était un très bel homme aux épais cheveux châtain clair savamment désordonnés encadrant un visage avenant. Ses yeux ciel de nuit brillaient derrière des lunettes rectangulaires. Il portait une élégante blouse blanche délicatement brodée sur le bas de fils jade par les mains experte de sa femme, passée sur des vêtements sombres faisant ressortir ses yeux. Le couple tenait la clinique devant laquelle le docteur se trouvait justement, revenant d'une visite à la vieille Blossom. La toue de la vieille femme était mauvaise, et cela l'inquiétait.

Jones poussa la porte et fut surprit de trouver sa clinique remplie de jeunes filles battant des mains, rassemblées autour de Nancy

Nancy était la femme de Jones, ainsi que l'infirmière de la clinique. Elle avait de longs cheveux dorés attachés par un nœud bleu en queue de cheval basse tombant jusqu'à ses reins, coiffés d'un foulard rose brodé de motif champêtre à volants blancs. Sa poitrine généreuse était mise en valeur par un corsage rose. Elle portait par-dessus un boléro bleu nuit. Son jupon bleu ciel descendait jusqu'à ses chevilles et une pochette en cuir contenant des médicaments et des bandages était constamment accrochée à sa taille fine. La jeune femme était assise sur un tabouret, visiblement ravie de l'attention que lui vouait son auditoire.

_ Comment j'ai rencontré Jones ? Oh, quelle histoire ! C'était un jour de pluie, il y a eu un glissement de terrain et j'ai été blessée. Jones faisait parti des médecins dépêchés sur les lieux. Il m'a tenu la main jusqu'à mon réveil… J'étais si jeune à l'époque, et la situation tellement chaotique que je ne pense pas qu'il s'en souvienne… Mais moi je n'ai pas oublié sa prévenance et sa gentillesse, et je me suis dit que j'aimerais bien aider mon prochain comme lui-même le faisait. Ça doit être pour ça que je suis devenue infirmière. Par la suite, je suis revenue souvent à la clinique pour lui apporter à manger et, petit à petit, nous sommes tombés amoureux ! Et nous voilà aujourd'hui propriétaires de la clinique et mariés !

Margaret hocha vigoureusement la tête en joignant les mains sur sa poitrine, les joues rougissantes.

_ Comme c'est romantique…

Clorica soupira d'admiration alors qu'elle semblait dormir la seconde d'avant.

_ Vous avez l'air tellement heureux ensemble… J'espère que ça sera pareil pour Vishnal et moi !

Nancy sourit à la jeune majordome aux tresses lavande, amusée. Les jeunes filles devant elle étaient toutes si rêveuses, ça lui rappelait sa jeunesse pas si lointaine.

_ Je suis certaine que tu feras un merveilleux mariage avec Vishnal. Il veille sur toi avec tellement d'attention. Dès que tu t'endors quelque part, on va le chercher et il accoure pour te ramener au palais.

_ C'est tellement chevaleresque lorsqu'il te porte comme une princesse. Tu ne trouves pas, Forte ?

_ Oh tu sais Margaret, l'amour, je n'ai pas le temps d'y penser.

Xiao Pai se mit à rire et se tourna vers Frey, assise à côté d'elle.

_ Il me semble que j'aimerais bien me marier, moi. Un jour, si possible. Pas vous ?

_ Moi je me marierais un jour, c'est certain, mais en tant que princesse de Selphia, je doute d'avoir voix au chapitre quant au choix de mon futur époux. Enfin, Lest ne me choisira pas un imbécile, c'est tout ce dont je suis sûre. Mais dans l'idéal, je voudrais un homme grand et beau avec qui je pourrais faire la sieste au bord d'un lac sans que personne ne vienne m'embêter. Et pêcher !

Nancy esquissas un sourire attristé pour la jeune princesse. Etre de sang royal n'était pas comme dans les histoires, et les obligations incombant à ce rang n'avaient rien de féerique. Frey balaya sa peine d'un simple geste de la main. S'apitoyer sur son sort ne changerait pas les choses. Margaret regarda Jones s'approcher et déposer un baiser sur le front de sa compagne, s'attirant une salve de petits cris excités.

_ Dites, vous avez l'air tellement heureux, vous ne voudriez pas concrétiser votre amour en ayant un enfant ?

Jones posa une main sur l'épaule de sa femme et observa la jeune elfe, les yeux plissés.

_ Ne pas avoir d'enfant signifierait donc que nous ne nous aimons pas assez, Margaret ?

_ Ce n'est pas ce que je voulais dire…

_ Si. Ainsi va le monde, il semblerait. On se doit d'avoir des enfants pour être comblés, et ne pas en vouloir ou ne pas pouvoir en avoir vous fait passer pour des gens anormaux. Dans mon cas, je m'estime comblé de bonheur par l'unique présence de Nancy à mes côtés.

_ Si un jour un enfant se présentait à nous, nous aviserions, mais dans l'immédiat, nous nous suffisons. Nous n'avons aucun vide ni aucun manque à remplir. Je vous souhaite de trouver ça, quelqu'un qui sera à ce point capable de faire votre bonheur par sa simple existence.

Frey tapota l'épaule de Margaret devant la mine déconfite de son amie. Elle se leva et défroissa sa robe blanche.

_ Nous avons assez prit de votre temps. Nancy, merci de nous avoir raconté votre jolie histoire !

_ Tout le plaisir fut pour moi, repassez quand vous voulez !

Les filles sortirent en discutant et Jones enroula ses bras autour de la taille de sa femme pour l'attirer contre lui. Elle posa sa joue sur son épaule en souriant.

_ Elles sont tellement enthousiastes, c'est rafraichissant !

_ Oui, sans doute un peu trop. Ça va, elles ne t'ont pas blessée ?

_ Avec leurs questions sur les enfants ? Non, bien sûr que non. Margaret ne pouvait pas savoir que je suis stérile et que nous n'en aurons jamais. J'aurais voulue être une bonne mère mais ça n'est pas possible… Mais j'étais sincère en lui répondant, Jones. Tu suffis à mon bonheur !

Le médecin sourit paisiblement et embrassa sa compagne avec douceur.

_ Tu suffis au mien également.

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Vishnal pliait le linge fraichement lavé par les lavandières lorsque Clorica se précipita vers lui avec un sourire ravi. Elle lui raconta avec entrain sa visite à Nancy avant de l'aider à replier un drap particulièrement grand.

_ Tu ne trouves pas ça terriblement romantique, Vishnal ? J'espère qu'on sera comme Jones et Nancy, une fois mariés ! On nagera dans le bonheur jusqu'à notre mort…

Le majordome observa sa fiancée et hocha la tête, s'avançant vers elle pour rassembler les coins du drap et finir de le plier. Elle lui subtilisa un baiser lorsque le jeune homme fut sa portée, visiblement heureuse.

Elle reparti juste après en emmenant le linge plié. Elle s'endormirait sans doute en cours de route, Vishnal le savait. Il leva les yeux vers les nuages blancs filant à toute vitesse dans le ciel d'un bleu limpide.

_ Nager dans le bonheur… Est-ce que c'est vraiment possible ? Même pour moi ? Ai-je vraiment ce droit ?

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Ruines Englouties, 1er jour de l'Eté…

Le voyage de Lest avait duré toute une journée. Il avait passé la nuit dans une cabane abandonnée mais entretenue par les différents voyageurs de passage. Avant de repartir, le jeune prince avait refait le plein de bois et nettoyé la marmite utilisée pour se préparer son repas du soir, des navets marinés, confectionné avec les vivres prises avant de quitter Selphia.

Moins d'une heure de marche après la cabane, le jeune homme arrivait devant un imposant château de pierre au milieu d'un lac. De grandes statues de chevaux encadraient l'entrée béante, la porte de bois dont subsistait encore les gonds ayant été détruite depuis longtemps. Un beau rosier de roses bleues poussait entre les pavés, juste après un pont de pierre, grimpant sauvagement sur les décombres d'antiques colonnes.

Intimidé, Lest tira son épée Brûlante dont la lame rouge diffusa une rassurante lueur orangée dansant sur les murs. Il adressa une vague prière à La Dame avant d'entrer pour de bon.

L'intérieur des Ruines Englouties sentait la pierre, le froid et l'humidité. Il y régnait un silence de cimetière que conforta une imposante tombe en plein milieu de la première pièce. Les écritures étaient presque effacées par le temps, mais Lest n'aurait de toute façon pas put les lire. Il s'agissait d'un ancien dialecte utilisé à Norad plusieurs siècles avant, et seule une poignée d'érudits parvenaient encore à le comprendre.

Lest s'avança dans les ruines, impressionné par leur taille. L'endroit était à la fois inquiétant et calme. Le son de l'eau froissée par le vent entrait par les larges fenêtres aux vitraux cassés dont le verre jonchait le sol. De nombreux couloirs étaient obstrués par des effondrements, et une grande partie du château était donc inaccessible au jeune homme.

Lorsque Lest découvrit un squelette au bout d'un couloir, il fut tenté de faire demi-tour. Ce n'était pas l'éclaireur qu'il recherchait, les ossements étaient beaucoup trop anciens, mais la macabre découverte ne le rassurait pas. Sans doute un monstre vivait-il là et n'aimait pas être dérangé. Cela expliquerait d'ailleurs la brûlure qu'il ressentait sur sa nuque, comme un regard méprisant fixé sur lui.

Le jeune homme termina son exploration des lieux par le mur de patrouille protégeant le corps du château, tout au centre des ruines. A part quelques Gobelins armés de lances ou d'arcs et un Waigle aux plumes grenat, qu'il s'empressa d'éliminer de sa lame incandescente, il ne croisa pas âme qui vive. La surface du lac en contrebas se ridait parfois lorsqu'un Poisson Volant ou un Tortus crevait la surface, mais aucun des monstres marins ne tenta d'attaquer Lest.

Le prince finit par revenir dans la première salle, celle avec la tombe, et se hâta de sortir. L'éclaireur était peut-être tout simplement rentré à Selphia et il l'avait manqué. En tout cas, il n'était pas là, de ce qu'il avait put en voir.

Le jeune homme s'apprêtait à franchir le solide pont de pierre qui le ramènerait sur la terre ferme lorsque son regard se posa sur le rosier bleu.

_ Elles sont si belles… Frey sera heureuse si je lui en ramène une ! Je ne suis pas dans un conte où cueillir une rose se paye par une vie !

Pourtant, sa dague eut-elle à peine tranché une tige épineuse qu'un hurlement effroyable fit sursauter le jeune homme. Il se retourna et sentit sa vessie lâcher devant l'ombre effroyable aux yeux de braise se campant devant lui…

_oOo_

Ville de Selphia, 3ème jour de l'Eté…

Frey referma son livre, incapable de se concentrer sur sa lecture. Elle se leva de la margelle du jardin suspendu où elle était assise et quitta le palais par une petite porte. Une promenade en ville lui changerait les idées. Son frère était parti depuis quatre jours, et n'était toujours pas revenu. La Dame avait beau lui assurer que les Ruines Englouties n'étaient pas la porte d'à côté et qu'il lui fallait le temps de faire la route, elle avait un mauvais pressentiment. Surtout que l'éclaireur envoyé bien plus tôt et que Lest était parti chercher n'était pas revenu non plus.

_ Quelque chose cloche avec ces ruines… Et je n'entends plus les cris…

_ Bonjour, Frey !

La jeune fille se retourna dans un chatoiement de sa robe vert bourgeon de satin brillant.

_ Doug !

Le jeune homme était un nain, reconnaissable à la forme pointue de ses oreilles bien plus courtes que celles des elfes. Il avait des cheveux lisses et rêches d'un cuivré éclatant et des yeux gris sombres souvent fuyant. Il portait un pantacourt d'épaisse toile brune et une veste bleue richement décorée à la mode naine, des pans de la chemise crème passée en dessous tombant sur ses hanches. Il était logé à l'épicerie de Blossom et aidait la vieille femme dans son travail. Frey ne pouvait pas s'empêcher de se méfier de lui, alors que Lest l'adorait.

_ Qu'est-ce que vous faites là, Frey ?

_ Je me promène, ça ne se voit pas ?

_ Votre frère n'est pas encore rentré ?

_ Non. Et La Dame me dit de ne pas m'inquiéter.

Doug grimaça. Il n'avait jamais caché son méprit envers Elle, et Frey lui reconnaissait au moins cette honnêteté là.

_ Si La Dame a dit que… Vous aurez tout le temps de pleurer lorsqu'on vous ramènera votre frère dans une boite d'allumettes, inutile de commencer maintenant !

Doug agita la main avant de s'éloigner en direction de l'épicerie devant laquelle Blossom était assise et discutait avec les passants.

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6ème jour de l'Eté…

La ville de Selphia était en ébullition. L'oiseau Eclat, voleur notoire des lunettes d'Arthur et de beaucoup d'autres objets des habitants, avait été vu. Forte et la Garde des Vents lui courraient après dans les rues comme ils l'auraient fait après un criminel en puissance.

Frey les observa avec amusement avant de se glisser dans les ombres sans se faire remarquer, se dirigeant vers la sortie de la ville.

Comme à son habitude, Arnaud gardait la porte. Il haussa un sourcil en voyant la jeune femme. Il fallait dire que rares étaient ceux à l'avoir vu vêtue comme elle l'était.

Une courte robe d'un rose très pâle s'arrêtant à mi-cuisse, deux pans tombant le long de ses jambes, sa poitrine protégée par un plastron de cuir bouilli. Un col doré protégeait son cou et ses épaules. Une ceinture de cuir assortie au plastron ceignait sa taille fine. Elle allait bras et jambes nus, protégés par des gants et des bottes du même épais cuir blanc rosé assorti à sa courte robe. Ses cheveux verts étaient attachés par des rubans blancs en deux couettes hautes, une tiare d'argent ornant son front.

Et deux épées croisées dans leurs fourreaux de cuir vert ceignaient son dos, leurs poignées d'or jumelles dépassant de ses épaules.

_ Votre Altesse… Vous êtes… martiale !

_ Bonjour Arnaud.

_ Ah oui, bonjour ! Excusez-moi ! Vous sortez ?

_ Je vais chercher mon frère, j'ai assez attendu. Arthur assurera l'intendance de la ville en notre absence.

_ A vos ordres ! Euh… vous ne voulez pas que quelqu'un vous accompagne ?

_ Ils sont tous occupés avec un oiseau. Je me demande ce qu'ils lui feront quand ils l'auront attrapé. Le pilori ? Plus sérieusement, ne t'inquiète pas, je sais me défendre.

Elle sourit avec amusement avant de saluer Arnaud et de s'éloigner entre les arbres. Le garde la regarda disparaitre avant de soupirer.

_ Sacrée princesse ! Je n'aimerais pas m'en faire une ennemie.

_oOo_

Frey fit halte pour la nuit dans la même cabane où s'était arrêté son frère, quelques jours plus tôt. En regardant les flammes danser dans l'âtre, elle se demanda comment allait Lest. Elle savait qu'il était toujours en vie, il ne pouvait en être autrement, mais dans quel état ?

Une présence vague la fit sortir de sa torpeur. Elle se retourna et fronça les sourcils. Les flammes jetaient des ombres tordues sur les murs de bois qui semblaient aussi vieux que le monde. Les ombres s'agitaient, se disloquaient, se séparaient, se retrouvaient… elles arrachaient une ombre de son coin douillet, la trainaient de force malgré sa résistance… les ombres prirent formes, devenant de vagues armures orange sous l'éclat des flammes, tirant un jeune homme sans visage, liant ses poignets, ses chevilles…

Un hurlement réveilla Frey en sursaut. Elle secoua la tête, réalisant qu'elle s'était assoupie en regardant le feu. Le cri recommença. C'était le même qu'elle entendait depuis Selphia, mais beaucoup plus proche.

_ On dirait un hennissement… Il est tellement triste… Qui es-tu ?

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7ème jour de l'Eté, ruines Englouties…

Frey observa le lac se rider doucement sous un léger souffle de vent. Les ruines trônant au-dessus des eaux lui paraissaient d'une beauté ancienne merveilleusement apaisante. La jeune femme aima instantanément cet endroit. Sans hésitation, elle franchit le pont de pierre menant aux ruines brillant d'un blanc éclatant sous le soleil matinal.

Elle s'arrêta devant un rosier bleu sauvage grimpant sur les décombres d'une colonne et effleura délicatement les pétales de ses doigts.

_ Vous êtes superbes… Plus belles encore que celles de mon jardin !

La jeune femme entra par la large entrée béante et s'approcha de la tombe au beau milieu de la première pièce. Elle ne s'arrêta pas pour lire les écritures gravées dessus mais sentait instinctivement qu'elles étaient importantes.

Contournant la tombe, elle s'enfonça dans les ruines, enfilant les couloirs déserts jusqu'à se retrouver dehors. Elle remarqua alors le bâtiment au cœur des lieux, somptueux, orné d'imposantes statues représentant des chevaux.

Frey se dirigea vers le bâtiment et y entra.

_ Frey !

Elle reconnu immédiatement son frère, assit sur les dalles de pierres au milieu de la vaste salle. Il paraissait épuisé, ses cheveux d'ordinaire si beaux et soyeux tombant en désordre autour de son visage. Ses vêtements étaient sales, et son manteau déchiré en plusieurs endroits.

_ Frey ! Va-t-en tout de suite !

_ Quoi ?

_ Un monstre ! Va-t-en, avant qu'il ne…

Frey sut qu'il était déjà trop tard en entendant un son lourd et sec dans son dos. Un souffle chaud chatouilla sa nuque et elle se retourna vivement, ses couettes virevoltant gracieusement dans le mouvement.

Elle se retrouva face à un immense cheval à la robe d'un noir absolu. Ses longues jambes fines étaient protégées par des pièces d'armures, tout comme son corps aux muscles souples. Ses crins à la longueur impressionnante semblaient hésiter entre le gris et le mauve, en fonction de la façon dont le soleil s'accrochait dessus. Une longue corne blanche et lisse ornait son front, et ses yeux d'un rouge sanglant étaient fixés sur Frey.

Jamais elle n'avait vu un cheval aussi beau et élégant.

_ Frey, recule doucement, je t'en prie… C'est lui le monstre ! Il m'empêche de partir.

_ Vous avez volé une de mes roses, ce n'est que justice.

Frey sursauta en entendant cette voix profonde et douce résonner dans son esprit.

_ Volé une rose ? Tu as fait ça, Lest ?

_ Je… Oui, mais je ne savais pas qu'elles appartenaient à ce… monstre ! Tu aimes tellement les roses bleues, je voulais te faire un cadeau…

_ Mais tu les as volées tout de même. Cela dit, une vie pour une rose, c'est démodé. Et un peu excessif. Serait-ce des roses enchantées ?

_ Non, juste des roses tout ce qu'il y a de plus normal. Mais elles sont à moi, quelqu'un me les a offerte il y a longtemps.

Frey observa le cheval, un étalon assurément, au son de sa voix. Elle n'allait pas lui faire l'affront de se baisser pour vérifier.

_ Je vois… Elles sont précieuses… Lest, il a raison, il faut payer. C'est pour moi que tu as volé une rose, alors c'est moi qui paierais.