Notes de l'autrice :

Les personnages appartiennent bel et bien toujours à S. Meyer.

Cette fanfiction est en cours d'écriture.

Si vous voyez une faute quelconque (orthographe, grammaire, syntaxe, etc) n'hésitez pas à me prévenir ! Je veux m'améliorer et fournir un travail propre :)

N'hésitez pas à laisser une petite review à la fin de ce chapitre !

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What are we made for?

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CHAPITRE DEUX

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POV Edward

Quelques jours se sont passés depuis cette fameuse soirée.

Jasper avait bien tenté de parler avec Alice mais ça avait été peine perdue. Cela dit, il a fini si éméché qu'il aurait pu le faire sans même s'en rappeler... non, Bella en aurait parlé à quelqu'un. C'est le genre de choses qu'elle ne savait pas garder pour elle.

Du côté d'Emmett, il nous avait dit avoir essayé de faire boire sa supérieure pour la détendre, sans succès, et nous avait annoncé qu'il abandonnait avec elle. Non pas qu'il cherchait à sortir avec elle, disons simplement qu'Em est quelqu'un de très amical. C'est le genre de mec à ne pas dormir tant qu'il n'est pas devenu votre ami et il y arrivait toujours parce que c'est un bon vivant. Rosalie semble être son seul obstacle.

Du côté de Jacob, il avait rencontré une pauvre femme de passage dont il ne se rappelait déjà plus le prénom juste après avoir joui en elle. Rien de nouveau sous le soleil.

Du côté de Bella, les choses semblaient aller bien. Elle voyait toujours ce type de temps en temps, Embry Call. Ça a l'air bien parti pour fonctionner entre elle et lui, bien que les choses soient surtout physiques, d'après ses mots à elle, et semblerait que ça rende Alice un peu jalouse. Pourquoi ? Parce que Bella s'est amusée toute une soirée, qu'elle a joué la shot girl, qu'elle s'est tapée librement un bel homme qui ne la méprisait pas pour ça et après ça, que c'est une histoire qui roule bien, et parce qu'il est médecin. Non, mieux : chirurgien. En fin de compte, je comprends Alice. Sur ce coup-là, c'est comme si Bella avait lancé la partie de jeu vidéo d'hier soir en mode ultra facile.

Et de mon côté, et bien... il ne s'est rien passé de particulier. Je m'ennuyais toujours autant dans ma vie monotone.

Nous étions en pleine nuit quand j'entendis de petits coups à la porte de ma chambre. Je grognai comme j'avais toujours l'habitude de le faire. Je regardai l'heure sur mon portable posé sur ma table de chevet en bazar : 2h32 du matin. Je soupirai en me levant, bien que je n'en ai pas la moindre envie.

Ce fut Bella qui m'attendait derrière la porte, dans le couloir, dans son peignoir.

- Tu n'as plus cinq ans, Bella, tu peux regarder American Horror Story toute seule, râlai-je.

- C'est pas ça : Embry est venu pour qu'on couche ensemble.

Mes épaules nues – je m'endors toujours uniquement avec mon bas de pyjama en coton – s'affaissèrent sous la bêtise de cette affirmation. Elle m'a réveillé pour ça ? Elle chuchote, en plus. Elle ne veut visiblement pas que son copain nous entende.

- Oh, c'est super. Ne le prends pas personnellement, mais je m'en tape complètement. Passe une bonne nuit.

Je m'apprêtai à refermer la porte de ma chambre mais elle la bloqua et me força à la rouvrir.

- Edward, arrête, je veux juste que tu m'aides. Je ne suis pas douée pour les relations physiques comme ça...

- Tu essayes de me dire que tu ne sais pas t'y prendre au lit avec lui ?

- Mais non, voyons. Disons qu'avec Embry, on s'était mis d'accord pour n'avoir que des relations intimes. Rien de plus. Et là, je crois qu'il essayait de me parler de quelque chose... il me parlait de passion, de sentiments, de se laisser aller... j'ai pris peur, je l'ai coupé en lui donnant un roman et en lui disant de m'attendre. J'ai paniqué.

Tandis qu'elle se sentait bête, moi je la regardai, perplexe. Elle a les mêmes problèmes qu'une ado en face d'un autre ado disgracieux et boutonneux, c'en est presque mignon.

- Je dois avoir l'air bête, je sais. Je ne sais pas quoi faire.

- Comment je saurais, moi ?

Elle pinça ses fines lippes entre elles. Elle se sentait un peu perdue, je crois.

- Entre, alors. On va en parler, l'invitai-je.

- D'accord, mais pas longtemps. Il va se demander ce que je fais et il va me chercher.

Je soupirai en m'installant à côté d'elle sur mon lit encore chaud et défait après avoir refermé la porte.

- Alors quoi, ce n'est pas réciproque ?

Elle haussa ses épaules.

- Pas vraiment. Je n'ai pas la tête à ça, en ce moment. Est-ce que je suis folle ? Il est beau, il est médecin et il en veut plus avec moi. Toutes les femmes rêvent d'avoir un Embry à leurs pieds.

- Entre nous, c'est la première fois que j'entends ça de la bouche d'une femme. D'habitude, c'est vous qui ne savez pas différencier sexe et sentiments.

- Je sais. Ça veut dire que je n'ai pas le droit de me faire ramoner la cheminée de temps en temps ?

Elle s'était mise en tailleur sur le matelas pour mieux me faire face entre temps et moi je grimaçai à l'entente de ses termes.

- Tu as tous les droits, sauf celui de redire ça.

Ce fut à son tour de soupirer, laissant tomber son dos sur mon lit, sa tête reposant sur ma taie d'oreiller.

- Alice pense que c'est parce qu'il n'a pas besoin de moi.

Je fronçai légèrement mes sourcils. Je ne compris pas trop et je pense qu'elle le remarqua puisqu'elle poursuivit :

- Chaque fois que j'ai été avec quelqu'un, c'était moi qui m'occupais de lui. Et c'est vrai, je crois que j'aime ça. Ou peut-être que j'ai pris cette habitude ? Avec James, je passais mon temps à lui dire de payer les factures, de tirer la chasse d'eau, de tondre la pelouse... toi, je t'empêchais tous les matins de rajouter du sel sur ton bacon.

James. Son premier petit-ami avec qui elle est restée longtemps, trop longtemps visiblement, et qui lui a avoué son homosexualité du jour au lendemain. Et donc quoi, après seulement deux petits mois ensemble, je suis relayé au même rang que James ? Je serrai la mâchoire et gardai cette réflexion au plus profond de moi, comme j'ai l'habitude de toujours tout enfouir.

- Sois juste honnête en fonction de ce qu'il va te dire. Dis-lui que tu n'es pas prête pour tout ça et que ça ne veut pas forcément dire que ça n'ira nulle part. Rassure-le comme ça. C'est la vérité, après tout, proposai-je pour couper court à cette conversation tardive.

Elle sourit, se redressant.

- Tu as raison. J'espère qu'il le prendra bien.

Elle ébouriffa mes cheveux déjà en bataille pour les désordonner encore plus, elle se leva d'un bond.

- J'y vais. Merci, Edward !

Elle s'envola de cette pièce aussi vite qu'elle y fut entrée et je grognai en m'allongeant dans mon lit. Je fis tout pour m'endormir vite, n'ayant pas envie d'entendre le moindre bruit suspect venant de l'autre côté du couloir si je restais trop longtemps éveillé.

Le lendemain, je fus un peu de meilleure humeur. Je me fis mon petit-déjeuner à base d'œufs – cuisinés au plat cette fois-ci – et de bacon beurré quand Emmett sortit de sa chambre pour me rejoindre dans la cuisine. J'étais tout seul, il était presque 10h00. C'était un jour off pour le flic de l'appartement et moi je ne prévoyais de passer au bar que ce soir pour aider Ben et Tyler. Les autres, à part Bella qui dormait encore, était déjà partis au boulot.

- Ça va, mon pote ?

- Ça va, répondis-je, la bouche pleine. Tu es de bonne humeur ?

- Oui et non. J'ai compris en prenant ma douche qu'on était les deux seuls à n'avoir personne en ce moment.

Je fronçai un peu les sourcils, fouillant un peu dans mon esprit. J'aurais raté un ou deux épisodes ?

- Jasper et Jake voient quelqu'un en ce moment ?

- Non mais on a tout compris que Jazz est à fond sur Alice. Et Jake, il passe dans tellement de lits qu'il n'est jamais vraiment seul, au final.

Je hochai vaguement la tête, pensif, avant de reprendre une bouchée de mon bacon.

- Il faut qu'on sorte, du coup. Qu'on se change les idées et qu'on rencontre du monde. Ce soir, ça te dit ?

Je lui adressai un clin d'œil.

- On va faire chauffer les draps, mon petit Em, lui promis-je, le mettant alors encore plus de bonne humeur qu'il ne l'était déjà.

J'acceptai ainsi sa proposition et c'est là que nous entendîmes du bruit venant du couloir. De là où nous fûmes, nous vîmes Bella raccompagner son mec à la porte. Ils se chuchotèrent des « à plus tard » et des « bonne journée » en se collant alors j'imagine que la nuit ne s'est pas si mal passée.

Nous la scrutâmes avec Emmett, sans aucune gêne. Je vous l'ai dit : aucune intimité quand vous vivez avec quatre autres personnes.

Embry partit après nous ayant fait un simple signe de la main et Bella nous rejoignit en traînant des pieds. Depuis qu'elle était en période de vacances scolaires, elle ne faisait rien d'autre que traîner avec ce type. Au fond, il n'a pas l'air méchant.

- De quoi vous parliez ? nous demanda-t-elle.

- On se mettait d'accord pour sortir ce soir avec Eddy, répondit Emmett après avoir fini sa tasse de café.

- Oh ! Je peux venir ? s'empressa-t-elle réclamer.

- Ne le prends pas mal mais je voyais plus un truc de célibataire. Toi, tu as ton docteur Doolittle.

- Oh, allez... je peux venir quand même ! Je vous aiderai à conclure !

J'avais envie de frapper Emmett d'avoir trop parlé. Évidemment qu'elle allait vouloir s'incruster.

Heureusement, il ne prit pas.

- Je n'ai pas envie que tu me casses mes coups comme tu casses ceux d'Edward, mais c'est gentil de te proposer.

Interloqué, elle me regarda.

- Je te casse tes coups ?

Je pinçai mes lippes, force étant de constater que la réponse est oui. Mais je ne voulais pas non plus la blesser ou la vexer.

- Bella, la dernière fois qu'il a essayé de draguer une fille qu'il a ramené ici, tu lui as dit de se remettre avec son ex... grimaça Em.

- Ce qu'elle a probablement fait puisqu'elle s'est sauvée de l'appartement en s'excusant, ajoutai-je, non pas pour faire peser la balance de mon côté.

Mais il faut bien qu'elle se rende compte. Elle me parut très confuse, voire même idiote.

- Oui, je sais, je me suis déjà excusée pour ça... j'apprenais à tirer les cartes à l'époque. Le pire, c'est que j'ai réalisé après que je me trompais à chaque fois.

- C'est drôle, hein ? ironisai-je, repoussant mon assiette terminée.

Au fond, je sais qu'elle n'a jamais voulu casser mes coups. Bella est maladroite avec ses mains comme elle l'a été avec sa bouteille de whisky, mais elle l'est aussi dans ses interactions sociales.

- Allez, les gars, je vous promets de faire et de dire exactement l'inverse de ce que je ferais ou dirais !

Je soupirai et regardai Emmett, me mettant d'accord avec lui en un seul regard.

- D'accord mais si tu me vois parler avec une fille, tu ne viens pas nous voir. Tu ne t'en mêles même pas, abdiquai-je.

Elle sautilla presque de joie pour une raison que j'ignorai et j'allai mettre mon assiette dans l'évier du comptoir. Oui, parce qu'on a accepté qu'elle nous accompagne, mais pourquoi vouloir nous suivre à ce point ? Elle a un mec.

Les heures passèrent et je me rendis au bar vers 18h pour aider un peu mes barmans et remplir quelques papiers. Quand j'arrivai, je tombai sur Eric. Ou plutôt, il m'interpella.

- Hey, Edward, vise un peu ça !

Il pointe son tee-shirt blanc avec l'imprimé d'un corps d'homme très musclé sur toute la surface. Je plissai les yeux, perplexe.

- Wow. On dirait vraiment que tu es à poil.

Je me montrai gentil et un peu menteur comme un adulte l'est avec un enfant lorsqu'il lui montre un dessin griffonné. Eric est beauf contrairement à Ben mais il fait rire la clientèle, alors il a tout à fait sa place dans mon bar.

L'heure passa vite puisque je m'étais enfermé dans mon bureau, le temps de passer quelques commandes et de passer un coup de fil important. Quand je sortis après avoir reçu un SMS d'Emmett m'indiquant qu'il est arrivé, je le retrouvai avec toute la bande. Bella, Jasper, Jake, Emmett, ils étaient tous là, assis sur une des banquettes en cuir du fond de la salle. Même Alice était là.

- Vous êtes tous venus, finalement ?

Alice leva la main pour s'expliquer :

- Oui, Bella m'a parlé de vos plans et comme je viens de me séparer de mon copain...

Puis vint le tour de Bella de lever la main :

- Je voulais lui changer les idées pendant qu'Embry travaille ce soir.

Je hochai la tête avant l'intervention de Jake.

- Et pourquoi je n'aurais pas le droit d'essayer de soulever des filles aussi, moi ?

- Moi, je n'avais juste rien d'autre à faire, s'immisça Jazz.

Bien sûr, Jasper. Tu n'avais rien d'autre à faire que voir Alice, hein ? Je gardai cette réflexion pour moi et je me contentai de sourire. J'étais content de tous les voir.

Je leur ramenai des choses à boire, de la bière fraîche en bouteille pour les garçons et du vin blanc pour Bella et Alice et la soirée put commencer. Nous parlions, rions, discutions ensemble de sujets superficiels d'abord ensemble, puis séparément, chacun dans notre coin du bar. Le but de cette soirée étant tout de même de rencontrer du monde.

Jazz s'en souvint très bien puisqu'il m'interpella à un moment. Une femme que je ne connais pas se trouva à ses côtés.

- Edward ! Je te présente Kate. Kate est ma collègue, elle est psychologue dans la même clinique que moi. Kate, je te présente Edward, il est propriétaire de ce bar.

Nous nous sourîmes mutuellement, de manière tout à fait sincère et naturelle puisque l'atmosphère de ce soir était bonne, et je m'approchai d'elle. Jazz, lui, s'éloigna en me faisant un clin d'œil.

- Salut, Kate. Tu es collègue avec le grand Whitlock ? Comment se fait-il que je ne t'ai jamais vue avant ?

S'en suit ainsi une longue discussion entre elle et moi. Elle est charmante, elle est drôle et elle a un vague air de Hilary Duff. Que demander de plus ? Ajoutons aussi qu'elle est directe puisqu'elle me faisait plus d'un sous-entendu, notamment sur la fameuse réserve. Celle qui fait tous les clichés. Où est-ce qu'un barman va se taper une femme ? Dans sa réserve.

Elle est assez entreprenante. Elle me tient la main pour me guider à travers le bar sans un mot mais avec une moue taquine – je sais où elle veut m'emmener. Pourquoi pas, après tout ? Ça fait quelques mois que je n'avais eu aucune activité sexuelle et cet endroit m'appartient, alors je peux faire ce que je veux.

Tandis que je la suivis, Bella attira mon attention. Elle était assise au comptoir en face d'un verre de vin blanc, pas le même que tout à l'heure bien sûr, et elle est seule. Je glissai à l'oreille de Kate de patienter gentiment avant que je n'arrive et je m'approchai de Bella.

- Hey, tu t'amuses ?

Elle tourna son menton vers moi et un sourire naquit sur son visage en forme de cœur.

- Ça va... tout le monde discute dans leur coin, je fais passer le temps. Et toi, ça va ?

Elle manqua de glousser en jetant un coup d'œil à la grande Kate qui m'attendit en regardant un peu autour d'elle. Elle allait finir par s'ennuyer, mais je regardai Bella ainsi que le reste du groupe dans la salle. J'aurais dû penser à ça... Emmett et moi étions là pour rencontrer du monde comme il était conclu, Jasper traînait avec Alice et Jake était avec une inconnue, comme d'habitude. Il n'a jamais eu aucun mal à conclure avec son physique d'armoire à glace et son franc-parler.

Il ne reste que Bella qui devait se voir refuser quand un homme tentait de l'accoster. La soirée devait lui paraître bien longue...

- Tu veux qu'on se retrouve tous à l'appartement ? lui proposai-je pour qu'elle se sent plus à l'aise.

Bingo, elle hocha vivement la tête. Il faut qu'on soit tous là les uns pour les autres, après tout...

Ni une ni deux, je fis un signe de loin à chacun des colocataires pour qu'ils me rejoignent tous et je m'orientai vers Kate qui ne sembla pas m'en vouloir pour cet interlude puisqu'elle attrapa mon visage en coupe pour écraser ses lèvres sur les miennes. Elle m'embrassa à pleine bouche.

- C'était qui, celle-là ?

Je haussai mes sourcils sans quitter ses lèvres des yeux après que ces dernières aient justement quitté les miennes. Tiens donc. Elle a l'air du genre possessif.

- Viens, on va terminer la soirée à mon appartement.

Je fis danser mes sourcils et elle manqua de glousser avant de me suivre. De nous suivre.

Nous franchîmes la porte de l'appartement en étant tous un peu éméchés. Même Alice qui ne buvait que très peu – le fait qu'elle soit toute petite et qu'elle tienne si peu l'alcool compensent. Emmett nous avait ramené une rousse et Jake une grande brune.

- Vera, c'est ça ? Et toi, c'est Karyn ? fis-je en déposant une bière sur la table devant la prétendante d'Emmett puis une autre devant celle de Jake, toutes deux élégamment assises dans notre canapé.

Nous ne sommes pas des bêtes, je peux au moins connaître leur prénom même si je sais que je ne les reverrai pas.

- Karen, me reprit la brune.

Je pinçai mes lèvres en échangeant un regard avec Bella, éclatant de rire en même temps qu'elle. Cette Karen-là n'avait rien à voir avec la shot girl des années 20 de l'autre soir. Je fis un geste de la main à cette femme pour qu'elle ne s'occupe pas du fou rire qui nous prenait d'un coup.

Je profitai que Kate discute avec Alice pour me rapprocher de Jazz.

- Tu sais pourquoi elle s'est séparée de son copain ?

Il haussa ses épaules en buvant une gorgée de sa canette de bière. Tout le monde y compris moi en avait une dans la main.

Il sait de qui je parle.

- Non. Mais ça ne me regarde pas, tu sais.

Pour toute réponse, je lui fis un clin d'œil.

- Dis, Alice. Tu embrasserais Jasper, pour 20 dollars ?

Elle interrompit sa conversation avec Kate pour me regarder et je sentis le regard du principal concerné sur moi. Emmett, lui, ça le faisait bien rire. Je sais, d'habitude je suis le genre de type qui va aider ses amis... ce soir, j'ai trop bu pour être efficace. Mais, eh, il faut bien briser la glace d'une manière ou d'une autre.

- Je te demande pardon ?

- Et pour...

Je me coupai pour enfoncer ma main dans la poche de mon jean. Je sortis tout l'argent que j'avais. Pièces comme billets. Je les comptai minutieusement.

- 29 dollars ?

- À quoi tu joues, Edward ? s'agaça Alice.

- Et pour 34 dollars ? fit Emmett qui rajouta un billet de 5 dollars dans ma main.

Alice soupira en détournant le regard, choisissant visiblement de m'ignorer.

- 44 dollars ! intervint Jake en ajoutant deux billets de 5 dollars dans ma main.

- Les gars, arrêtez... grogna Jazz en pinçant l'arête de son nez, très gêné lui aussi.

- 50 dollars ! annonça Bella en rajoutant quelques pièces pour arrondir la somme.

Je dus poser le jackpot sur la table basse au milieu de nous tous. Emmett encouragea Alice et Bella s'attira un regard noir de la part de sa meilleure amie.

- Pourquoi je devrais embrasser Jasper ?

- Et pourquoi pas ? insistai-je. On a tous quelqu'un, alors c'est Jasper ou Bella.

- Et pourquoi il faudrait vraiment que j'embrasse quelqu'un ?

- Parce qu'on est là pour s'amuser ?

- Et après tu vas nous imposer le jeu de la bouteille, aussi ? Grandis, Edward !

Bella se redressa comme un suricate à l'affut.

- C'est génial ! On va faire ça.

Elle se leva pour aller chercher une bouteille dans le bac réservé au tri du verre qu'elle a mis en place elle-même en arrivant dans l'appartement. Une bouteille de vin blanc vide.

Jake et Emmett sifflèrent de joie à l'idée de ce jeu. Jasper, en revanche... on ne l'entendait plus. Il savait se faire tout petit lorsqu'il se sentait gêné.

- Mais avant, je veux qu'Alice joue le jeu, maintins-je, les yeux plissés.

- Pense à la pochette Yves Saint-Laurent que tu veux t'offrir, ma puce... conseilla Kate en frottant amicalement son bras nu.

C'est donc ça, cette discussion qu'elles avaient et que j'ai interrompue en lançant mon pari stupide ? Et bien.

- T'es bête, Kate, maintenant si je l'embrasse il va penser que c'est uniquement pour l'argent.

Phrase d'Alice qui nous arracha une liesse qui résonna dans tout ce grand appartement.

- Donc tu veux l'embrasser ! accusa joyeusement Bella, sa bouteille toujours à la main.

- Bella, tu ne m'aides pas ! Bon, allez, ça suffit, s'agaça Alice en marchant d'un pas déterminé vers notre ami blond qui en pince pour elle.

Tout le monde sait qu'il en pince pour elle, sauf peut-être elle. Elle écrasa ses lèvres sur les siennes, déclenchant nos applaudissements – pourquoi applaudissions-nous ? – avant d'attraper ses 50 dollars en petite monnaie. Je suis sûr qu'au fond, elle préfère que nous pensions que c'est pour l'argent qu'elle faisait ça, et non par envie. Je le vois au petit sourire qu'elle offre discrètement à Jazz.

Attendez, quoi ? Elle ne prend pas l'argent, elle dépose plutôt un autre billet par-dessus tout ça. Un billet de 100 dollars. Ce n'est pas tous les jours qu'on voit la tête de Benjamin Franklin sur un billet.

- Et moi, je veux que tu embrasses Bella pour 150 dollars.

Elle tint son sac contre elle en souriant comme un lutin sortant de l'enfer. Elle connaît ma position, elle sait que je suis l'ex de sa copine et que j'ai un petit espoir de baiser avec Kate ce soir.

- Mais Bella a quelqu'un, trouvai-je comme seule excuse.

- Avec qui elle couche sans avoir aucune relation sérieuse. Tu crois vraiment qu'un bisou va le déranger ?

- Il en veut plus avec elle, paniquai-je.

- Edward ! me reprocha Bella en me frappant l'épaule.

Je sais, je dis des choses que je devrais pas répéter devant tout le monde mais je me retrouve pris au piège comme un oiseau dans une cage de verre qui se cognerait à tous les murs.

- Et pour 250 dollars ? surenchérit-elle

- Va pour 300. il a fait le malin, avec moi, se vengea Jasper en jetant deux billets de 20 dollars et un billet de 10 dollars sur la table.

- Je commence à vraiment t'aimer, Jasper, confia cette Alice mesquine que nous avions en face de nous.

- Tu mettrais 300 dollars pour qu'il m'embrasse ? Pourquoi ?

- Parce que je suis vindicative. Et qu'on est là pour s'amuser, n'est-ce pas Edward ?

Je passai la main dans mes cheveux. Bon, j'ai fait le malin. Jasper a raison. Je frottai lamentablement mes yeux alors que j'entendis tout le monde autour de moi crier et répéter « un baiser ! » lancé par Jake, ce vieux con. Même Kate nous encouragea à le faire en rigolant.

- Allez, un tout petit baiser et tu auras 300 dollars. Et ils te lâcheront, me souffla Bella, souriante et de nouveau assise à mes côtés sur le canapé.

- Pas comme ça, Bella.

Je lâchai ces mots que je regrettais instantanément comme une bombe que seule Bella peut entendre. Sobre, je n'aurais jamais dit ça. Putain, je suis foutu. Elle me fixa bizarrement en essayant de déchiffrer mes mots et moi je me levai du canapé pour me rendre dans le couloir sous les huées du groupe.

- Vous me prenez mon temps alors que je devrais être avec Kate, leur reprochai-je sans trop leur en vouloir au fond de moi.

Posté à l'entrée du couloir, je tendis ma main vers la concernée. Une main tendue, un regard lancé, un léger sourire : clairement une invitation à me rejoindre dans le couloir et donc dans ma chambre. Invitation qu'elle accepta en jetant un regard à Alice, ce genre de regard que les nanas se lancent entre elles pour se faire comprendre en présence d'un mec qui leur plaît.

J'allais donc pouvoir m'envoyer en l'air et noyer le poisson concernant ce baiser à 300 dollars en faisant d'une pierre deux coups dans qu'ils continuaient leur soirée. Que demander de plus ?