Notes de l'autrice :

Les personnages appartiennent bel et bien toujours à S. Meyer.

Cette fanfiction est en cours d'écriture.

Si vous voyez une faute quelconque (orthographe, grammaire, syntaxe, etc) n'hésitez pas à me prévenir ! Je veux m'améliorer et fournir un travail propre :)

N'hésitez pas à laisser une petite review à la fin de ce chapitre !

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What are we made for?

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CHAPITRE TROIS

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POV Edward

Je bâillai longuement comme un enfant le ferait à 8h00 du matin sans aucune gêne en traînant des pieds jusqu'à la cuisine. Je m'étais réveillé seul ce matin, si l'on peut dire, Kate ayant dû se lever plus tôt pour une obligation professionnelle. Quelle qu'elle fut, je m'en fichais un peu. Kate est une chouette fille avec qui les choses fonctionneront si elles doivent fonctionner après la nuit que nous avions passé à faire l'amour, et tant pis si ça doit s'arrêter là. J'aurais passé du bon temps. Elle m'avait embrassé, m'avait parlé, s'était excusée et m'avait promis de me rappeler. Que demander de plus ? De mon côté, je me rendormis pendant deux petites heures, jusqu'aux environs de 8h00. C'est tôt, pour moi. Surtout pour un lendemain de soirée un peu arrosée.

Ayant pris la peine de mettre un tee-shirt blanc par savoir-vivre en présence des autres, j'ouvris le réfrigérateur pour commencer à me préparer mon petit-déjeuner pendant que Jasper, Bella et Emmett parlèrent ensemble, ne me préoccupant pas de l'absence de Jake. Il est peut-être encore en train de dormir ou parti dehors, allez savoir. Il est l'électron libre de cet appartement. Toujours parti on ne sait où avec on ne sait qui.

- Chut ! entendis-je Bella après qu'un des garçons ait prononcé quelque chose que je n'eus pas entendu.

Je tournai la tête vers eux qui furent tous installés à la grande table à manger avec leur mug de café. Bella avait du thé, elle.

- Quoi ?

Emmett s'apprêta à parler mais Bella le coupa :

- Tu es déjà levé ?

- J'ai décidé d'essayer de prendre soin de moi, ironisai-je en allumant le gaz du vieux piano de notre cuisine qui allait me servir à me faire cuire mon bacon au beurre.

- Ça me fait penser que tu es le seul à ne pas avoir payé ta part du loyer, Edward, fit Jasper.

Je soupirai en laissant tomber la viande dans la poêle.

- Attends une minute, le prévins-je en quittant la cuisine.

Pendant que ma poêle chauffe, j'avais amplement le temps d'aller dans ma chambre. À dire vrai, j'avais anticipé cette demande de la part de Jasper. Il était plus sérieux et plus organisé que nous tous, c'est lui qui se chargeait de tout ça.

Je revins avec mon sac à dos noir, la queue entre les jambes.

- Je n'ai pas les 200 dollars que tu m'as demandé mais...

- 247 dollars et 45 cents, me reprit-il en me coupant la parole.

- Mais je peux payer autrement, continuai-je.

Perplexe, Jasper ne dit rien, ouvert à l'idée d'entendre ce que j'ai à dire.

- J'ai 100 dollars, déjà, commençai-je en déposant une ribambelle de billets de 20, de 10, de 5 et de 2 dollars froissés que j'avais soigneusement gardés pour ça. J'ai aussi... des bons. Un bon pour un yaourt glacé gratuit et un autre pour avoir une réduction de 50% sur un café de 40 centilitres. Ça fonctionne dans le café sur ta route pour aller à ton cabinet, tentai-je.

- Ouais. Tu n'as que 100 dollars, quoi, conclut-il en prenant seulement les billets.

J'aurais essayé. Je retournai à ma poêle pour m'occuper de mon bacon, m'occupant ensuite de mes œufs – brouillés pour ce matin.

- Tu n'échappes pas à ton titre de celui le plus fauché de cet appartement, mon petit Edichou, s'amusa Emmett.

- Je fais ce que je peux. C'est une période un peu creuse, au bar. Mais heureusement, j'ai une amie en or qui va m'aider pour ce mois-ci, sous-entendai-je en m'installant à la table avec eux et avec mon assiette, regardant lourdement Bella.

Qui mit plusieurs secondes à comprendre, bien sûr.

- Oh, tu sais que j'adorerais t'aider, mais je suis la deuxième personne la plus fauchée de cet appartement. J'ai volé des sachets de thé au réfectoire de la clinique en rejoignant Jasper pour déjeuner, la semaine dernière, se justifia-t-elle innocemment en levant son mug, la ficelle de son thé à la menthe pendouillant.

- Oh, allez. Pour toutes les fois où je t'ai fait jouir, quand on était ensemble.

Des mots qui provoquèrent une réaction de dégoût sur le visage des deux garçons.

- Arrête ça, Edward. Tu sais que je ne te laisserais pas dans la mouise.

- Emmett, alors ? Tu me dois ça pour la fois où je t'ai aidé à plaquer cette fille.

Une fille dont je ne me souviens plus du prénom. Elle était ennuyeuse à mourir et tout ça remonte à plusieurs années, avant même que Bella n'emménage.

- Tu l'avais aidé comment ? demanda Bella avec curiosité.

- Je lui ai fait croire que j'étais un amoureux transit d'Emmett. Ça lui a suffit pour se carapater et ne plus jamais revenir, ris-je bêtement, un peu fier de moi.

Bella éclata de rire.

- Ouais, au moins ça a fonctionné... marmonna Emmett, visiblement rebuté à l'idée d'avoir un amoureux. Surtout moi, je crois.

- Justement, pour ce souvenir et ce service inoubliable, tu peux me dépanner de 147 dollars pour ce mois-ci.

- Et 45 cents, me reprit Jasper.

- Certainement pas, trancha Emmett.

Je soupirai.

- Et toi, Jasper ?

- Tu peux courir aussi, trancha-t-il également en se levant, tapotant mon épaule.

- Jake pourra peut-être t'aider ? fit Bella, sirotant son thé.

- Il ne voudra pas, je lui dois déjà 200 dollars, marmonnai-je, la bouche pleine de mes œufs chauds. Je me débrouillerai autrement. De quoi vous parliez tout à l'heure ?

- Je ne sais plus, répondit rapidement Bella.

- Elle veut qu'on organise un truc pour ton anniversaire, fit Jasper depuis la cuisine sans même se retourner, en train de nettoyer de la vaisselle qui traînait dans l'évier après hier soir.

- Jasper ! se plaignit Bella.

- Et on lui a dit que ça ne te plairait pas, poursuivit Em sur la même lancée.

- Emmett ! cria Bella comme une petite fille qu'on aurait trahi.

- Et tu sais que ça ne me plairait pas.

Je la regardai en croquant dans ma tranche de porc croustillante que je tenais entre mon pouce et mon index. Mon anniversaire n'est que dans plus d'un mois, mais Bella est comme ça. Elle aime offrir de l'attention.

- Et tu sais que tu auras quelque chose, que tu le veuilles ou non.

Je levai mes yeux au ciel.

- Tu sais que j'aimerais vraiment ? Siffler un pack de bière en entier devant la télé, fis-je en chœurs avec Emmett et Jasper qui avaient anticipé ma réponse.

Mes amis me connaissaient beaucoup trop bien et quelque part, j'aimais ça.

- Ou que tu me dépannes de 147 dollars.

- On dit tous ça, Edward, et ça nous fait toujours plaisir, insista Bella en ignorant ma demande d'argent.

Je haussai mes épaules en terminant mon assiette.

- Oui, mais ce n'est pas la peine. Vraiment, fis-je doucement pour lui montrer que tout ça ne m'affecterait pas.

- Mais je trouve ça important, moi.

Je plissai mes paupières. Elle est têtue. Ça fait partie intégrante de son charme... ou pas. Parfois, elle est juste têtue.

- Non. De toute façon, ma mère m'a envoyé un SMS et veut que je fasse ça avec elle, alors...

- Oh... tu retournes à Washington, alors ?

L'État dans lequel je suis né. Nous étions tous de grands amis aujourd'hui mais il faut savoir que personne n'est né au même endroit dans cet appartement. Nous venions d'un peu partout. Personnellement, c'est Forks qui m'a vu naître.

Concernant Bella, il me semble déjà l'avoir entendu dire durant une soirée qu'elle est née en Arizona... à moins que ce ne soit la Californie ? C'est une fille qui a beaucoup déménagé – je ne suis pas sûr qu'elle en ait eu le choix.

Pour Alice, elle nous vient de Biloxi, dans le Mississippi. Personne ne connaissait le nom de cette ville avant que nous la rencontrions par l'intermédiaire de Bella.

Jasper, lui, nous vient de Houston. Notre grand psychologue propre sur lui est née dans une ville où règnent les cow-boys, la musique country et Beyoncé.

Emmett, l'armoire à glace de la maison, elle nous vient du Tennessee. Ne me demandez pas où exactement, j'ai oublié en même temps d'être un bon ami. Je peux juste dire qu'il a emménagé avec son père après la mort de sa mère afin de se rapprocher de sa famille. Il ne se souvient pas de tout ça, il n'avait que deux ou trois ans. Et moi, je me souviens juste qu'il est devenu mon ami dès notre entrée à l'école élémentaire. Il m'influençait afin que nous fassions dès bêtises, mais jamais rien de méchant.

Jacob... Jacob. Je ne sais rien, sur lui. Peut-être que je devrais discuter davantage avec lui sans parler des filles qu'il soulève sans arrêt.

- Et oui, soupirai-je à l'idée de devoir prendre l'avion pour ça avant de me lever pour aller me servir un café.

- C'est drôle. Quand j'imagine Washington, je n'imagine pas un petit enfant grandir, jouer et s'épanouir comme les autres, pensa-t-elle à haute voix.

Je lui souris doucement. J'aime nos discussions avec Bella, et ce depuis que je l'ai rencontrée. Elle essayait toujours de s'intéresser à moi et avait toujours de drôles de réflexions.

- Tu confonds avec le district de Columbia, la capitale. Je viens de l'État de Washington, c'est différent. Là-bas on parle plus d'Amérindiens qui vivaient de pêches de saumons, souris-je en me réinstallant avec elle, mon café à la main.

- Oh, oui... du genre totems et canoës.

Je lui adressai un bref clin d'œil afin d'approuver ses mots, buvant une gorgée de ma boisson noire et fumante.

- Du genre plage vaseuse et pluie sur 340 jours par an, aussi, grogna Jasper en attrapant mon assiette pour la nettoyer. Tu as déjà vu une plage sous la pluie, Bella ? C'est d'un triste.

J'avais un jour emmené monsieur chez mes parents pour lui faire découvrir Forks un hiver il y a de ça quelques années et ce grand Duc de je ne sais quoi ne s'était pas senti dans son élément, en particulier à la Push.

- Tu devrais peut-être retourner vénérer Beyoncé dans ton ranch, au milieu de tes vaches, pestai-je sous le sourire de Bella qui sirotait la fin de son thé comme devant une série télévisée.

- Je suis née et j'ai grandi à Phoenix en Arizona, fit-elle pour calmer cette petite bataille. Je connaissais plutôt 340 jours de soleil par an... et je n'arrive pas à imaginer une vie décente sous une pluie constante. J'aurais l'impression d'être humide en permanence.

Je manquais de rire en même temps que Jasper tandis que j'étais en train de me lever de ma chaise pour lui apporter mon mug. Elle réalisa son sous-entendu involontaire et elle leva les yeux au ciel sous notre immaturité.

- C'est ce que tu disais la nuit dernière ? plaisantai-je, tapant mon poing contre celui de Jazz en signe de complicité idiote, lui-même tout autant amusé par ma bêtise.

- Oui, Edward. Ce que tu es drôle, je viens de me rappeler pourquoi j'ai craqué pour toi la première fois, abrégea-t-elle sans le moindre effort dans le ton de sa voix en ramenant elle aussi sa tasse à Jasper.

Ce garçon n'avait jamais été dérangé par le ménage... croyez-le ou non, nous en profitions tous un peu.

- Maintenant, si tu le veux bien, je vais m'habiller. Je dois rejoindre Alice pour je ne sais quel rendez-vous avec je ne sais quelle marque.

- Tu veux que je te conduise ? se proposa Jazz en séchant ses mains après sa vaisselle.

J'arquai l'un de mes sourcils, Bella haussant ses petites épaules en signe d'acceptation. Évidemment qu'il sautait sur l'occasion d'aller à sa belle Alice... c'est plutôt mignon.

Tout de même, je souris en les regardant quitter la cuisine pour aller se préparer. Et moi, je me demandais ce que j'allais bien pouvoir faire aujourd'hui. Et je réalisai que je n'avais même pas vu Emmett partir.

J'optais pour un nouveau petit tour de mon lit et un passage à mon bar pour remonter le moral de mes troupes.

J'arrivai aux alentours de 14h à l'établissement géré par mes hommes qui me firent des grands signes. Croyez-le ou non, un bar à Brooklyn n'est jamais vide, même à 14h. Cela dit, il n'y traîne pas des gens ivres. Par exemple, j'y repère tout de suite un groupe de quatre jeunes femmes gloussant comme des poules en mentionnant cet endroit comme ressemblant au bar dans lequel « Serena a fait des saletés avec Nate » probablement à cause – ou grâce – aux meubles en teck et au rouges sombres des banquettes.

Aussi, je repère un homme au postérieur vissé sur un tabouret haut, aux cheveux noirs mi-longs, accoudé au comptoir avec un fond de whisky à la main.

C'est Laurent. C'est franchement un type chouette. Il est un peu paumé, déconnecté sur le plan social à force de s'isoler et peut-être pas très propre sur lui mais il est surtout seul. Et il a l'habitude de venir ici.

- Ça va, mon pote ? le saluai-je en tapotant amicalement son épaule.

Il me sourit bravement et moi je passai le comptoir pour lui faire face. Je m'emparai d'un verre pour moi et de la bouteille de bourbon la plus chère que nous proposions. Ce brave homme le méritait bien.

Je lui servis une dose une fois son verre vide et me remplis également le mien.

- T'es un vrai pote, Eddy, soupira-t-il de satisfaction après une gorgée.

Laurent n'est pas un ivrogne. Après tout, il sait savourer un bon Woodford sec et sans glaçon.

Je lui souris et je me penche vers lui, accoudé au comptoir.

- Alors, avec Victoria ? Qu'est-ce que ça a donné ?

Son ex-femme avec qui il aimerait renouer. Je l'écoutai attentivement et s'en suivit une longue discussion plutôt intime avec cet homme que je considère comme mon ami, me parlant des erreurs qu'il a faites avec elle et qu'il arrivait pas à réparer. Ça me fit de la peine pour lui.

Cet échange se termina lorsque Jasper, Alice et Bella firent leur entrée dans mon établissement aux alentours de 16h30. Je leur fis un sourire à tous les trois. À dire vrai, ce ne fut Alice ni Jazz qui nous interrompit puisqu'ils allèrent directement s'installer sur une des banquettes mais plutôt Bella qui nous rejoignit pour s'emparer de mon verre et boire dedans. Je fronçai mes sourcils sous ce manque de respect.

Instantanément, elle recracha la moitié de sa gorgée par terre avant d'ouvrir grand la bouche, l'alcool visiblement trop fort pour elle l'ayant surprise.

Je retire ce que j'ai dit. Le vrai manque de respect, il est là.

- Bella, tu viens de cracher du bourbon à 60 dollars la bouteille.

Ma voix grave ne la fit pas relativiser, elle s'aérait bêtement la bouche comme si j'avais mis une cuillère de moutarde forte là-dedans.

- Seigneur, c'est vraiment dégoûtant... je n'aime pas du tout ça. Sers-moi du vin pour faire passer le goût. Et il faut que je me vide la tête, geint-elle.

- Tu veux quoi ?

- Ça dépend si tu me le factures ou pas. Si oui, j'ai un faible pour le vin blanc à moins de 3 dollars la bouteille.

Je me retins de lever les yeux au ciel. Non, en réalité je me retins plutôt de rire mais je ne lui ferai pas cet honneur. Je lui servis son vin dans un verre à pied – que je lui offris gentiment – et je me levai, m'excusant auprès de Laurent, pour rejoindre les autres avec un verre de vin blanc également pour Alice et un bourbon pour Jasper. Je déposai le plateau en bois sur leur table.

- Mh, Edward. Tu me fais un cadeau, là, fit Jasper après une gorgée.

- Heureusement qu'il sait reconnaître les bonnes choses, lui, hein ? fis-je à l'intention de ma voisine, Bella qui me répondit par une grimace enfantine.

- Tu n'as pas une copine à aller voir ? Je sais pas, Kate par exemple ?

Elle sirota bruyamment de son vin probablement pour m'agacer mais Alice intervint à ma place.

- Oh, pitié. Je ne la sens pas cette fille. Tu mérites biens mieux.

Je haussais les épaules sans la prendre trop au sérieux.

- Je croyais qu'elle était devenue ton amie pour la vie en te parlant d'un sac Yves Saint-Laurent. Non ?

Elle me grimaça d'une manière moins amicale que Bella et débuta une conversation autour de leur journée passée. Alice nous raconta la suite de ce que son contrat avec la marque prévoyait, Bella se vantait d'avoir pu se servir gratuitement dans les vêtements proposés sur les portiques – agitant son grand sac – et Jasper passa son temps à regarder Alice.

- Tu comptes te lancer un jour ?

Ma question pourtant posée naturellement figea Jasper. Lui et moi nous étions écarté de la table pour nous mettre au comptoir afin que je lui prépare un old fashioned. Les filles étaient restées à leur place sur la banquette.

- De quoi tu parles ?

J'arquai un de mes sourcils, sachant évidemment qu'il se fichait de moi.

- Elle est libre. Il faut que tu te lances.

Je m'adressai à lui sur le ton de la confidence tandis que je m'occupais de dissoudre du sucre dans un alcool à base d'écorce d'orange. Ce grand bonhomme mérite d'être avec une fille chouette comme elle, du moins si c'est ce qu'il veut.

- Je sens bien que je ne l'intéresse pas vraiment.

- Et moi je pense que tu serais surpris.

Après avoir mis un peu de glace, ajouté un peu de bourbon et d'eau gazeuse, je lui servis le tout dans un verre adéquat. Et rien que pour ses beaux yeux, je le décorai de deux cerises au marasquin.

- Lance-toi vite, Jazz, tranchai-je. Ce que je vais dire est en tout bien tout honneur et Dieu sait que je te respecte, mais le fait est que c'est une nana très mignonne. Et elle a envie de vivre. Je pense qu'elle ne t'attendra pas si tu ne te jettes pas à l'eau.

Il pinça ses lèvres et moi je fis le tour du comptoir pour rejoindre les autres. Je n'avais pas forcément envie qu'il me réponde, je voulais surtout qu'il réfléchisse, espérant qu'il agisse bientôt. Cela dit, mon but n'était pas non plus de lui faire la morale à 17h30. Il m'arrive un peu trop souvent de faire de la psychologie de comptoir.

Lorsque vient l'heure de 18h, je me séparais du groupe. Bien qu'il n'était pas tard, je décidais de passer chez Kate pour passer du temps avec elle alors que les autres se décidaient à aller à un restaurant qu'Alice aimait et qui se trouvait sur la route jusqu'à notre appartement. J'aurais bien accepté mais j'étais trop serré financièrement, en ce moment.

Et puis, ce n'est pas comme si j'étais en retard pour régler ma part du loyer. Je n'ai pas de fric à gaspiller. Quoi qu'il en soit, ne me prenez pas pour un vieux rat d'égout tout radin mais aller chez Kate au moins, c'est gratuit.

Je marchai sur le trottoir en esquivant quelques passants quand Kate répondit au bout de deux sonneries.

- Comment va mon lapin en sucre ?

Je souris face à ce surnom ridicule.

- Tu veux que je vienne te tenir compagnie ce soir ?

- J'aimerais bien... mais c'est l'anniversaire de ma mère, ce soir. À moins que tu ne veuilles venir ? Je lui présenterais l'homme de ma vie. Elle te montrera des photos de moi bébé et je ferai des montages de nous deux pour savoir à quoi ressemblera notre futur enfant, piailla-t-elle.

J'explosai de rire. Elle me rappelait Kate Hudson dans son film avec McConaughey.

- Je vais passer mon tour. On se verra demain soir, si tu trouves du temps. Et ne fais pas de montage de nous deux.

Je la saluai, je raccrochai en souriant et je pris la direction de l'appartement. Le ciel était encore clair, le soleil se couchait tard en ce temps de juin. C'était agréable. La température était douce.

Lorsque je reçu un message de la part de Jake sur le groupe que nous avions créé sur une messagerie instantanée entre colocataires nous prévenant qu'il ne rentrera pas ce soir, je me rappelai que le service d'Emmett se terminait tard ce soir. J'allais donc être tout seul pour au moins le début de la soirée...

En pensant à ce que j'allais manger ce soir, j'enfonçai ma clé dans la serrure sans pouvoir la tourner. Je fronçai les sourcils. L'appartement était ouvert. J'ouvris et refermai à clé derrière moi. La lumière était allumée et de la musique se jouait sur la télévision. Je déposai mon gilet zippé à capuche sur le canapé en apercevant Bella faire je ne sais quoi dans la cuisine, et je baissai considérablement le volume la voix de Taylor Swift – ce qui la surprit.

- On vit à Brooklyn, Bella, tu dois verrouiller la porte derrière toi. Surtout si tu es toute seule.

Mais elle me regardait à peine. Je devine qu'elle coupe des oignons sur le plan de travail.

- Tu n'étais pas censé être avec Kate ?

- C'est reporté. Et toi, tu n'étais pas censée être avec Alice et Jasper ?

- Ils ont l'air fait pour être ensemble, non ? Il n'y a qu'eux qui ne le voient pas.

Elle avait mit plusieurs secondes à me répondre, sans parler de sa voix qui m'alerta. Bien qu'elle dise vrai, ça m'a tout l'air d'être une excuse.

- Tu es sûre que ça va ?

- Bien sûr, pourquoi ? J'ai envie de les voir ensemble.

- Parce que figure-toi qu'un jour, j'ai lu un article sur le langage corporel, commençai-je en attrapant une bière fraîche dans le réfrigérateur. Ça disait qu'il existe 20 signes qui montrent qu'une personne ment. Toi, tu viens d'en montrer 32. Et tu coupes beaucoup trop d'oignons, arrête un peu ça.

Elle coupe et c'est comme si elle ne pouvait pas s'arrêter. Elle est stressée. Il ne faut pas avoir fait dix ans d'études en psychologie pour le deviner.

- Embry ne veut plus me voir. La journée avec Alice m'a fait du bien mais je ne me sentais pas de faire semblant pendant tout un dîner.

Le sourire que je voulais réconfortant et qui devait l'aider à se confier un peu se fanât.

- Merde, Bella... je suis désolé. Mais je ne comprends pas, je croyais qu'il en voulait plus avec toi ?

- Moi aussi. Quand il essayait de me parler de passion et de je ne sais quoi, il essayait juste de me quitter. Il s'est remis avec son ex copine.

Je pinçai mes lèvres en la regardant tandis qu'elle évitait mon regard. S'en suivit un silence. Rien de gênant, juste un silence respectueux de mon côté et dont elle avait besoin du sien. Un silence seulement brisé par le bruit de l'eau bouillante sur le feu et des oignons cuisant dans la poêle qu'elle avait mise à chauffer.

- Je peux te poser une question ?

Bien qu'elle ne me regarda toujours pas, elle acquiesça. Je décapsulai ma bouteille en verre et je pris place sur une chaise haute, près de l'îlot central.

- Tu m'as réveillé en pleine nuit pour me dire que tu ne voulais rien de trop sérieux avec lui... alors, pourquoi être triste pour lui ?

- À cause de lui, me corrigea-t-elle.

- À cause de lui, souris-je au proviseur Swan.

- Je voulais juste prendre mon temps... je croyais plaire à un homme bien. J'étais contente.

- Je suis sûr que tu as plu à plein d'hommes biens jusque-là, va.

Elle s'occupa d'essorer les pâtes maintenant cuites et remua brièvement les oignons.

- Tu étais un homme bien, c'est vrai. Et j'ai bien envie de considérer James comme ça aussi.

Je haussai mes épaules, sifflant ma bière.

- C'est vrai, ce n'est pas sa faute s'il est gay. On ne choisit pas ce genre de choses.

- J'en doute absolument pas. Il a prit soin de toi pendant des années après tout.

- Avec quelle partie tu n'es pas d'accord, alors ? La tienne ?

- Je n'ai pas dit ça.

- Edward, arrête. Tu reproduis le cliché du gars bien qui ne sait pas qu'il est un gars bien.

Je lui souris légèrement, la regardant me servir un peu de pâtes et de sauce tomate – pleine d'oignons.

- Ça sent bon en tout cas.

Son regard que je sens lourd de sens sur moi me fit deviner qu'elle comprit mes intentions de changer de sujet.

- Tu es le plus humble de nous tous, Edward, soupira-t-elle. Et tu ne m'as jamais dit pourquoi Tanya t'a quitté, d'ailleurs. Elle a découvert qu'elle était lesbienne ?

Le nez plongé dans mon assiette, je triturai mes spaghettis couvertes de sauce.

Encore son regard. Toujours son regard.

- Tu as mal agi ?

Elle avait déjà tenté de connaître la raison par le passé. Cela dit, elle ne m'avait jamais posé la question ne manière aussi franche. Même si ça m'ennuyait profondément de décevoir quelqu'un comme Bella, quelqu'un d'aussi gentil et d'aussi pur, je ne pouvais pas chasser ma nature. Ni mes erreurs.

- Je l'ai trompée.

Amer, je bus une gorgée de ma bière en attendant son jugement mais rien ne vint. Elle resta silencieuse et mon sourire se fit définitivement absent. Je triturai toujours mes pâtes mais ce ne fut pas par nervosité. Je le fis calmement, de même qu'en prenant une bouchée. Je mangeais avec déception envers moi-même pendant que Bella resta inerte.

Et oui, Bellissima. Les gens qu'on pense être bien ne le sont pas toujours.

- Je peux te demander le contexte ?

Je la regardai, à la fois surpris et dérangé par cette question.

- Peu importe le contexte, non ? C'est impardonnable dans tous les cas.

- Si, ça importe. Ce n'est pas parce que mon histoire avec toi n'a pas duré que je dois penser que tu es un sale type. J'ai toujours pensé que tu étais quelqu'un de bien. Je ne t'imagine même pas faire ça, Edward, alors j'ai envie de croire qu'il y a un contexte à cette erreur.

- Le sujet est clos, Bella. Mange tes pâtes.

Elle se renfrogna et commença à manger, tout comme moi, dans un silence religieux.

- Quand j'étais jeune, j'ai presque pleuré pour que mes parents m'emmènent à une convention sur Friends. Parce que David Schwimmer était prévu au programme... reprit-elle alors que je fronçai légèrement mes sourcils, cherchant là où elle voulait en venir. J'ai pu le rencontrer. Ça a duré moins de deux minutes, il a été génial et je lui ai donné une lettre que je lui avais écrite. Seigneur, Edward, j'espère vraiment qu'il n'a jamais ouvert cette lettre.

Je l'interrompis malgré moi en explosant de rire, manquant de recracher ma bière que je buvais au même moment. Je m'imaginais ce qu'une jeunette avait bien pu écrire à un acteur qu'elle trouve beau et ça me faisait sourire. Je ne répondis rien et attendis qu'elle continue.

- À la fin de la journée, j'ai pleuré parce que deux minutes n'avaient pas été assez pour moi et que je n'avais pas pu lui dire tout ce que je voulais lui dire. J'étais bête et Charlie s'est agacé. « Si c'était pour nous faire tout ce cinéma, on ne t'aurait pas emmené en voiture jusque-là alors arrête de chouiner, Bella. On doit y aller. Mange ta crêpe. » grogna-t-elle en rendant sa voix plus grave pour imiter son père.

Je levai mes sourcils. Le shérif Swan... elle nous en a déjà parlé plusieurs fois. Quelqu'un de spécial mais de gentil, d'après elle.

- Tu as pris le même ton que lui à l'époque et ça m'a fait sourire, voilà.

Elle baissa ses yeux sur son assiette comme timidement et je compris alors où elle voulait en venir. Elle voulait apaiser l'atmosphère.

- Je suis d'accord avec lui. Il aurait même dû te donner une bonne raison de pleurer, la menaçai-je en levant ma main gauche, comme si j'allais l'asséner d'une claque – qu'elle ne subira pas bien sûr.

- Tu n'as rien à dire, espèce de vieux shnock. Tu es plus aigri que mon propre père.

- Ferme-la, Swan. Tu devais ressembler à une belle greluche à ta convention.

Nous éclatâmes de rire et l'ambiance se fut bel et bien adoucie. Nous mangeâmes tous les deux jusqu'à la fin de la soirée, c'est-à-dire jusqu'à ce que notre flic préféré rentre – crevé – de son service et que Jasper ne rentre à son tour après avoir raccompagné Alice, bien tardivement puisque c'est depuis mon lit que je l'entendis aller dans sa chambre.

Ce ne fut pas une si mauvaise soirée, finalement. Elle m'a été agréable, autant qu'à Bella. Il semblerait.