Petit mot de l'auteure : on continue de décliner l'amour sous toutes ses formes, et ici le respect qui devrait être à la base de l'amour
Duo 6 : Elia x Rhaegar
Elia se doutait bien que la vie à la cour serait difficile.
Elle quittait ses terres natales, sa famille, sa culture pour gagner un monde régi par les ragots et la cupidité. Par sa position d'épouse de l'héritier, elle serait en plus surveillée sans cesse, ses moindres faits et gestes commentés... Elle s'était ainsi préparée, mais la réalité avait été bien pire.
Partout où elle passait, les regards se chargeaient d'une lueur moqueuse. Elle avait fini par comprendre la raison du mépris des autres : sa couleur de peau.
Son corps était en effet bien plus sombre que tous ceux de la cour réunis. Il fallait dire qu'ici, avoir la peau halée comme la sienne était synonyme de pauvreté : seuls les gueux qui travaillaient à l'extérieur et n'avaient pas les moyens de se protéger était bronzés. Aux yeux des autres, elle apparaissait ainsi comme une sous-femme, une pauvre paysanne qui ne méritait pas de devenir un jour reine, qui ne devrait même pas fouler le même sol que tous les nobles de la cour.
Et ça... C'était horrible. Si encore les critiques à son sujet concernaient sa personnalité, elle aurait pu le comprendre, l'accepter. Mais attaquer une chose aussi dérisoire et incontrôlable que sa couleur de peau ? C'était abject. C'était humiliant pour elle, mais aussi pour toute sa culture qui vénérait la vie au grand air, pour tous les dorniens qui partageaient sa teinte foncée, mais aussi pour tous ces honnêtes gens qui travaillaient sous un soleil de plomb pour la survie de ces commères.
Elle pensait ne jamais pouvoir supporter pareille atmosphère.
Mais alors qu'elle allait s'effondrer devant une nouvelle remarque, Rhaegar s'approcha d'elle. À son regard elle comprit qu'il avait entendu les mots désobligeants.
D'un simple revers de la main, le Prince héritier désigna la lady qui avait insulté Elia, avant d'abaisser deux doigts. Le signe du bannissement de la cour. L'infortunée tâcha de s'expliquer, de supplier, mais rien n'y fait. Tous regardèrent alors la femme être escortée par les gardes royaux.
La Dornienne remercia alors d'une pression de la main son époux. Quand il porta son regard sur elle, elle y vit tous ses regrets de la voir sujette à de telles insultes. Ce fut à cet instant là que Elia sut : peut-être qu'entre Rhaegar et elle, l'amour ne naîtrait jamais.
Mais elle avait trouvé un allié qui la respectait.
C'était le plus important.
