Découverte
Harry se releva, légèrement haletant. Il observait le corps de Voldemort juste devant lui. Il ne versa pas de larmes de joie, pas de larmes de tristesse, aucune. Il n'y arrivait pas. Il était tiraillé entre les deux sentiments. Pouvait-il être heureux alors qu'il venait de tuer un homme ? Pouvait-il être heureux alors qu'il avait perdu tant d'amis au combat ? Pouvait-il être triste alors que les Survivants de la guerre célébraient déjà sa victoire ?
Il resta immobile un long moment, l'esprit dans le brouillard le plus total. Il ne fit pas attention aux poignées de main qui lui furent faites. Il ne vit pas le visage inquiet de ses deux meilleurs amis, il ne vit pas le regard soucieux de McGonagall, il ne vit pas le regard lubrique de Ginny Weasley, ... Il n'avait à l'esprit que la vision du corps de son ennemi de toujours qui restait encore intouché, les corps de ses amis et alliés qui étaient peu à peu emportés par leurs familles. Il n'avait que les morts en tête.
Se réveillant de son immobilité qui en avait inquiété plus d'un, il remarqua que le corps de Voldemort était toujours à terre. Personne ne s'en était occupé. Il soupira. Et dans un grognement, il se leva. Il s'en occupa pas lui-même. Sous le regard de tous, il l'incinéra d'un coup de baguette, sans un mot. Pas une parole, rien. Juste quelques pensées de pitié pour un homme qui n'avait pas eu la chance de connaître l'amour. Il métamorphosa une pierre en une urne et mit les cendres dedans avant de sortir de la Grande Salle. Il savait parfaitement où aller. Little Hangleton. Il y enterra Tom Jedusor Junior aux cotés de son père. C'était tout ce qu'il pouvait encore faire pour lui.
Ensuite, il se tourna vers le soleil levant, se demandant quoi faire de sa vie maintenant que son but ultime avait été accompli et qu'il avait survécu. Il réfléchit longuement. Le soleil avait déjà dépassé son zénith et commençait sa descente quand il prit enfin sa décision. Il allait partir à la découverte du monde. Il était resté bien trop longtemps dans ce pays de malheur sous les coups de moldus ou sous la baguette des sorciers, n'étant jamais libre de ses choix ou de ses mouvements. Toute sa vie avait été dictée par de grandes personnes qui savaient tout mieux que lui.
Maintenant c'était fini ! Il allait partir. Et seul. Il allait tout recommencer. Cela allait d'ailleurs commencer par un voyage autour du monde qui lui prendrait au moins ... un an ? Deux ans ? Peut-être trois ? Il ne savait pas. Mais il voulait découvrir tant de choses qu'on lui avait privé ou empêché de faire durant son enfance et son adolescence. Il voulait visiter, il voulait s'amuser, il voulait apprendre. Et maintenant qu'il en avait le temps et le loisir, il allait le faire !
