Passereau
Severus était dans un parc de Londres à profiter la nature. Il appréciait de le faire ici plutôt qu'à Poudlard. Il n'avait pas d'enfant à surveiller, pas de masque ou de réputation à préserver, … Il pouvait rester lui-même.
Il observait un peu plus loin un enfant de huit ou neuf ans assis de dos occupé à dessiner un passereau qu'il voyait un peu plus loin. De là où il était, il pouvait voir que le garçon avait un certain talent pour le dessin.
Soudain, il vit ce dernier être agressé par un groupe d'enfants. L'un d'eux était assez gros et semblait être le chef de la bande. Il l'insultait de monstre et lui arracha son bloc de feuilles pour le déchirer en morceaux.
Severus fut surpris de ne pas entendre une seule plainte de la part du garçon. Il se laissait simplement faire, comme s'il était habitué. Ne supportant pas de voir une telle injustice se produire, il se leva et approcha, faisant fuir la bande de voyous. Il s'agenouilla auprès du garçon et récupéra les morceaux de papier, usant discrètement de sa magie pour qu'ils ne s'envolent pas plus loin.
« Pourquoi tu n'as rien fait pour te défendre, petit ? Pourquoi ne pas appeler quelqu'un ? Ta mère ou ton père ? »
« Mes parents sont morts, » répondit le garçon d'une petite voix.
« Alors la personne qui s'occupe de toi ? » répliqua doucement Severus en croisant le regard de l'enfant.
Il se figea en voyant les yeux émeraudes derrières des lunettes rondes. Il vit immédiatement la cicatrice bien visible sur le front juste au-dessus. Il s'agissait d'Harry Potter.
« Ma tante ne fera rien. Elle me criera dessus parce que j'ennuie Dudley. Je n'ai pas le droit de me plaindre. Je suis un monstre. »
« Ta tante te dit cela ? » fit Severus, surpris, alors qu'il cherchait la Moldue du regard.
« Oui. »
« Elle a tort, petit. Tu as l'air d'être un garçon très bien. »
« Elle dit que je suis un monstre parce que je fais des choses bizarres. Je me fais punir à chaque fois… »
Sans doute la magie accidentelle. Il soupira.
« Excusez-moi, Monsieur, » fit soudain une voix de femme derrière lui. « Pardonnez-moi si mon neveu vous a importuné. Il … »
« Garde ta salive, Pétunia, » rétorqua Severus en se redressant pour la fixer. « Ton neveu est un garçon très bien. »
« Severus ! » cracha la Moldue.
Voyant le regard de haine tant sur l'enfant que sur lui, l'homme agit en Gryffondor. Il ne pouvait pas laisser les choses telles qu'elles étaient. L'enfant méritait plus que de vivre dans une telle famille. Il avait perdu ses parents, il avait terrassé un mage noir, il était célèbre et héritier d'une noble famille – même si le dernier Potter était un connard … - Il méritait mieux que de vivre dans une famille qui le détestait et le traitait de monstre.
« Donne-moi ton adresse, Pétunia. »
« Pour que tu ramènes ceux de ton espèce chez moi ? Hors de question ! »
« Non. Je te le demande pour que je vienne chercher Harry Potter dans deux jours. Je ne le laisserais pas chez toi, pas après ce que je viens d'entendre. Lily aurait honte de toi ! Dans deux jours, je viens chercher Harry et je l'élèverai moi-même. »
« Pourquoi pas le prendre maintenant ? »
« Parce que je dois préparer certaines choses et passer au ministère pour récupérer quelques formulaires que tu rempliras. »
Severus s'agenouilla auprès du garçon qui le fixait sans comprendre.
« Dans deux jours, je viendrais te chercher, petit. Tu viendras vivre avec moi. »
Il vit un petit sourire et une lueur d'espoir dans ce regard émeraude. Il sut dès lors qu'il avait pris la bonne décision.
