Disclaimer : Nous ne tirons profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires. Nous ne retirons rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. En revanche, l'histoire nous appartient.
Rating : T
Genre : Romance / Drama / Angst / Comfort
Personnages : Tony Stark ; Loki ; la plupart des personnages vus dans les films du MCU
Situation temporelle : Démarre en 2012, après que Loki a récupéré le Tesseract dans Avengers Endgame
Bonjour tout le monde !
Aujourd'hui, c'est au tour de Loki de jouer les professeurs. Chapitre assez dense, avec beaucoup d'informations (issues à la fois de la mythologie nordique et des comics), mais prenez garde aux détails. En effet, de manière très discrète, l'impact de cette coopération entre Loki et Tony se fait déjà sentir...
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edenvy-D.M, Lyrellys, merci pour vos reviews !
Bonne lecture !
Ju' et Kae
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CHAPITRE 4
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Il était une fois…
Au fond, toutes les histoires commencent pareil, qu'il s'agisse de contes féériques venant bercer le sommeil des enfants ou le récit de la création du monde. Yggdrasil étendait ses branches sur le cosmos, tandis que les Nornes tissaient la tapisserie du destin dans l'ombre.
Et si Loki feuilletait une à une les pages du grand livre de la vie, il était bien incapable d'en prédire la fin.
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Lorsqu'il se glissa dans le lit à côté de Pepper, Tony était étonné. Il avait passé près de cinq heures à parler avec Loki, sans que leur échange finisse en bain de sang – verbal ou physique. Ou que la fatigue se fasse sentir, alors qu'il était initialement sorti de son labo dans l'idée de boire un verre et d'aller se pieuter.
C'était l'arrivée de sa petite amie qui avait brutalement stoppé leur échange, le dieu disparaissant en plein milieu d'une phrase sur la stupidité de la plupart des constructeurs d'ordinateurs portables qui s'obstinaient à mettre dans leurs bécanes des disques durs mécaniques au lieu de disques durs électroniques.
Un peu frustré, Tony avait eu du mal à se concentrer sur ce que lui disait Pepper, qui revenait d'un voyage d'affaire à Shanghai – ce n'était pas la semaine suivante ce déplacement ? Ah, on était déjà la semaine d'après ? Oh, il avait vraiment passé tant de temps que ça à travailler sur le bouclier ? – Voyage qui était pourtant censé l'intéresser puisqu'il s'agissait d'acquérir un centre de recherche axé sur les nanoparticules. Depuis qu'il en avait entendu parler, il ne rêvait plus que d'une armure de nanoparticule, capable de se déployer d'elle-même depuis un réservoir, et ce sur une simple impulsion mentale. Mais même s'il était un visionnaire, Tony restait lucide, il savait qu'il lui faudrait attendre encore plusieurs années avant que la technologie à nanoparticules ne soit viable et utilisable. En revanche, il savait pouvoir se servir de cette idée pour l'armure autonome en pièces détachées sur laquelle il avait commencé à travailler… avant d'être happé par le bouclier bien-sûr.
Il avait donc laissé sa petite amie parler autant qu'elle le voulait, se recentrant progressivement sur la conversation. À un moment, un bâillement avait échappé à la rousse et il en avait profité pour lui dire qu'il fallait qu'elle se repose, qu'elle était fatiguée par le décalage horaire et que lui aussi était crevé. Elle avait froncé les sourcils mais n'avait pas argumenté. Il savait qu'il avait des valises en guise de cernes sous les yeux et un habile bâillement étouffé avait fini de la convaincre.
Il était fatigué – complètement défoncé, plutôt – et pourtant il ne parvint pas à dormir. Son cerveau répétait en boucle la nuit qu'il avait passée avec Loki. Certes, le dieu n'était pas très calé – manière polie de dire qu'il ne connaissait rien du tout – à la technologie terrienne, mais il comprenait tout ce qui touchait aux réactions physiques et chimiques. Ce qui était logique quand on y pensait. Si, de ce qu'il avait compris, le développement d'Asgard était avant tout basé sur la « magie » – et dieu qu'il détestait ce mot pourtant – ce ne pouvait pas être le cas de toutes les planètes là-dehors. Le sorcier avait des milliers d'années d'expérience, évidemment qu'il avait voyagé, vu et appris beaucoup de choses. Quant au reste, à partir du moment où Tony prenait le temps d'expliquer les termes techniques, le dieu comprenait tout, immédiatement. Pour avoir eu l'habitude d'enseigner à des petits génies – au MIT principalement – il devait admettre que ce premier "cours" avait été intéressant, même pour le professeur. D'autant que l'élève ne cherchait pas à lui lécher les botte pour obtenir une meilleure subvention que son voisin, ce qui était quand même un plus non négligeable.
Finalement, il s'endormit sans s'en rendre compte.
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Tony aurait voulu profiter d'un sommeil tranquille quelques nuits supplémentaires mais Pepper lui rappela que Stark Industries ne se dirigeait pas tout seul et que contrairement à lui, elle ne pouvait pas se payer le luxe de dormir toute la journée, même quand elle travaillait la nuit. Il eut un léger pincement au cœur, et l'envie de lui répondre que ce n'était pas par caprice qu'il souhaitait qu'elle reste encore un peu ou qu'il passait ses nuits dans son labo mais pour fuir les cauchemars. Il avait cependant conscience que ce n'était pas dans son intérêt d'admettre que son stress post-traumatique d'Afghanistan s'était réveillé avec l'invasion de New-York. Alors il ricana, répliqua une ânerie qui fit lever les yeux au ciel de sa petite amie qui tourna les talons et sortit de la maison sans l'embrasser et en claquant la porte.
Un sourire teinté d'amertume se dessina sur les lèvres de l'ingénieur, alors que son estomac se contractait. Il savait qu'il devait faire attention, arrêter de se cacher derrière son éternelle carapace de dédain et d'amusement. Pepper voyait à travers. En réalité, elle savait probablement que les cauchemars l'assaillaient dès qu'elle disparaissait. Elle était toujours présente, pourtant. L'avait toujours été. S'était toujours discrètement accrochée lorsqu'il la repoussait. Mais il savait qu'elle n'était pas inépuisable. Il n'avait pas peur des jours où elle partait en claquant la porte. Il avait peur du jour où elle sortirait sans un mot, sans lever les yeux au ciel et sans hurler, où elle tournerait lentement la poignée de la porte en espérant qu'il la retienne et la refermerait tout aussi doucement, par peur qu'un bruit trop fort ne la fasse craquer. Il avait peur du jour où il entendrait le claquement de ses talons s'éloigner pour la dernière fois.
Les gens finissaient toujours par ne plus le supporter. Il le faisait parfois exprès, provoquant la rupture plutôt que la subissant. Ça lui donnait l'impression de maîtriser les choses.
Oui, il y aurait une dernière fois avec Pepper. Il y avait toujours une dernière fois, avec lui. Parce que Tony Stark n'était qu'un ado affectivement déficient, qui n'aurait jamais le cran de se mettre psychologiquement à nu devant qui que ce soit. Tout le monde savait ça, Pepper comme les autres. Il hésita entre se diriger vers le bar ou le labo, avant de se décider pour le second. Il n'en était pas – encore – à ce stade. Après tout, Pep' était partie en claquant la porte, il avait encore un peu de marge.
Une marge que pourtant il sentait rétrécir à vue d'œil alors qu'il songeait à ses occupations à venir, et ce à quoi il allait occuper ces prochains jours. Souligner le « avec qui » serait d'ailleurs plus judicieux. Pep' le ferait enfermer si elle savait, et il la comprenait. Lui-même, si on lui avait annoncé quelques semaines plus tôt qu'il collaborerait volontairement avec le taré psychopathe ayant tenté d'envahir la Terre… Bouclier ou pas, nécessaire ou pas, il avait encore du mal à l'avaler celle-là !
N'arrivant pas à se concentrer sur quoi que ce soit en attendant Loki, partagé entre la colère envers les meurtres que le dieu semblait assumer sans culpabilité, la frustration de ne pas arriver à bosser et l'excitation qui restait présente à l'idée de découvrir tout un monde – la magie, quoi ! - il décida de ranger un peu l'atelier.
« Salutations, mortel, » déclara soudain une voix dans son dos.
Tony sursauta en pivotant sur lui-même, le cœur battant la chamade. Agacé et vexé de s'être fait surprendre, il lui lança le regard le plus furax qu'il avait en stock.
« Salut Balais-Dans-Le-Cul. On t'a jamais appris la politesse ? Tu sais, s'annoncer en arrivant quelque part, tout ça ? » demanda-t-il, le ton dégoulinant d'ironie.
« Je me suis annoncé en vous saluant, » répondit sèchement le dieu.
« T'as très bien compris ce que je voulais dire ! » râla l'humain. « C'est peut-être marrant pour toi d'apparaître et disparaître à tout va, mais imagine que j'ai été en train de manipuler un élément dangereux ? Tu aurais pu faire rater une expérience, ou me blesser. Même si je suppose que tu n'en as rien à faire, » finit-il dans un grognement.
Il ne quitta pas le dieu des yeux une seconde, pour voir sa réaction, mais celui-ci se contenta de reprendre son air neutre.
« Et que voulez-vous que je fasse ? Sonner du clairon ? » railla-t-il malgré son regard sérieux.
Tony serra les dents à s'en faire mal pour ne pas dire – ou faire – une bêtise. Le dieu leva les yeux au ciel.
« Très bien, nous établirons un procédé afin que je ne vous surprenne plus, » accepta-t-il finalement.
« Tu n'as qu'à apparaître dans le couloir. Jarvis me préviendra que tu es ici et tu rentreras dans le labo par la porte, »
« Je m'en tiendrai à ce mode opératoire, » accepta Loki.
« Merci, » marmonna Tony entre ses dents.
Ils se jaugèrent – une fois de plus – du regard. L'ingénieur avait envie de l'envoyer bouler. Fort. Mais il se retint. Le dieu était resté courtois la veille, avait posé la première question et Tony avait besoin de certaines informations. C'était à lui de faire un effort cette fois. Il allait devoir donner du sien s'il voulait que ça marche, même lui voulait bien le reconnaitre.
« Souhaites-tu quelque chose en particulier ? » demanda-t-il.
« À part être n'importe où ailleurs qu'ici ? » répondit Loki du tac au tac.
Tony faillit l'envoyer chier bien comme il faut mais se retint. Il s'était promis, quelque part entre le troisième et le cinquième café, de se montrer plus adulte que Loki et de ne pas répondre à ses piques. Rien à voir avec le fait que le dieu gagnerait n'importe quelle joute verbale, bien entendu – de toute manière c'était de la triche, Loki avait un millénaire d'entrainement à la langue de vipère.
« Il va sérieusement falloir faire un effort au niveau de la communication mon pote, » soupira l'ingénieur. « Sinon on va se fritter et ça va mal se finir. »
« Surtout pour vous, » répliqua Loki avec un sourire en coin.
« Dans un premier temps, oui. Mais je te rappelle que si on n'arrive pas à collaborer, pas de bouclier. Et si on n'a pas de bouclier, tu te fais choper par le Titan dont tu m'as parlé. Et tu meures aussi, accessoirement. T'es tout aussi perdant que moi. » rappela l'humain.
Le tic d'agacement qui étira brièvement la bouche du dieu ne lui échappa pas.
« Je peux me téléporter en un instant sur une autre planète, mortel, » grinça-t-il.
« C'est une chose de te cacher sur Terre en restant plus ou moins libre de tes allées et venues sur la planète. S'en est une autre de fuir tout le temps, partout, sur des mondes qui connaissent ta magie en plus, et dont les habitants sont au moins aussi forts physiquement que toi, contrairement à ici, » rétorqua Tony.
« Tu ne connais rien des autres mondes ! » cingla Loki.
« Non, en effet. Et nous recommençons à échanger de douces paroles, ce qui est précisément ce que nous devons essayer d'éviter si nous voulons progresser ! » s'exclama l'humain. « Alors on arrête les piques. Je pense qu'on sait à quel point on est bons à manier les mots. Oui, oui, surtout toi, j'ai saisi, je ne suis qu'un microbe éphémère et ignorant, » ajouta-t-il en voyant le jötunn ouvrir la bouche.
Loki pencha un peu la tête sur le côté en plissant les yeux.
« Je ne serais pas allé jusque-là, » déclara-t-il calmement. « Un microbe en tant que tel ne sert à rien, ne produit rien. Les midgardiens ont quelques utilités. Ils auraient même pu être qualifiés d'espèce intelligente s'ils ne s'étaient pas mis à saccager leur monde. »
Tony préféra ne pas commenter. C'était assez incroyable. Loki ne lui avait balancé que des saletés sur son peuple et sa planète, donnant l'impression que la situation était mauvaise à cause des humains. Comme s'ils avaient décidé de vivre moins d'un siècle et de ne pas être capable de faire de la magie.
« Et puis grâce à certains d'entre vous, notre puissance a progressivement augmenté ces derniers siècles, » finit-il
La réponse fusa de la bouche de Tony avant qu'il ait pu la retenir.
« C'est impossible. »
Le dieu ricana légèrement.
« Combien de choses que même vous, un des meilleurs chercheurs de ce monde, ne pensiez pas possible et qui pourtant existent bel et bien ? » questionna-t-il.
Tony accusa le coup. Il parlait à un être venu d'un autre monde par un trou de ver, accompagné d'extraterrestres. Il repensa à la magie qu'il avait senti crépiter autour de lui. A la peau de Thor, qui était quelque chose comme deux-mille-cent-quarante-trois fois plus résistante que celle des humains et qui pourtant était composée strictement de la même chose que la peau d'un terrien. Et toutes ces autres choses, ces incohérences, ces invraisemblances qu'il ne pouvait expliquer.
Il ne pouvait pourtant pas abandonner ce point-là à Loki.
« Ce n'est pas parce que je ne l'ai pas encore expliqué que ça défie l'impossible, » grogna-t-il.
« Je n'ai pas dit le contraire, » répliqua Loki. « Pourquoi la magie ne trouve-t-elle pas grâce à vos yeux ? »
« Parce que la magie n'existe pas, tout simplement, » répondit Tony sincèrement.
Loki laissa échapper un rire spontané.
« Je crois que votre définition de la magie est erronée, mortel. »
« Eh bien explique-moi, grand manitou. On est là pour ça non ? » soupira l'ingénieur.
Loki le jaugea du regard quelques secondes.
« Lorsque je téléporte un objet ou moi-même je prends en compte chaque partie, chaque... molécule, comme vous dites sur Midgard, et je la déplace dans l'espace, ou plus exactement, je me déplace à une vitesse suffisante pour arriver une seconde après être parti, peu importe la distance entre les deux points. »
Tony cligna des yeux. Il avait l'impression de comprendre ce que le dieu voulait lui expliquer mais c'était comme s'il n'utilisait pas les mots les plus pertinent et que sa phrase perdait un peu de sens.
« Très bien, j'ai démarré par une notion relativement difficile, et je ne connais pas assez votre langage scientifique pour être certain d'utiliser les bons termes, » reprit le dieu. « Ce que je veux dire, c'est que vous n'imaginez que la possibilité que n'importe quoi soit le résultat d'une réaction physique ou chimique. Mais je vous assure qu'il existe d'autres sources de puissance. L'esprit en est une. C'est ainsi que nous avons gagné en puissance. Par les prières des peuples primitifs de Midgard. Seulement c'est un concept que vous n'arrivez pas encore à appréhender. Mais ça viendra. Vous serez bien obligé d'admettre que tout n'est pas démontrable. »
« Tout est explicable par la science, tête de bouc, » répliqua Tony sans animosité. « Mais ça ne me surprend pas que tu le penses. Après tout, si l'humanité a inventé les dieux pour trouver des excuses à leur ignorance, ceux que nous appelons les dieux ont bien dû eux-mêmes trouver leurs propres prétextes à ce qu'ils ne comprennent pas. Appelle donc ça magie si tu le souhaites. »
Ils se regardèrent encore – ils passaient leur temps à ça ou quoi ? – avant que Tony hausse les épaules.
« Bon, tu me raconte une histoire Père Castor ? »
Le dieu le regarda avec un regard si consterné que Tony ne put s'empêcher de glousser.
« Il faudra qu'on fasse ta culture un jour, » rit-il. « Allez, parle-moi de la magie, ou de ce que tu veux, mais qu'on avance un peu ! Ce bouclier ne va pas se créer tout seul. »
Loki hocha la tête.
« Peut-on passer dans le salon, nous serons plus à l'aise, » demanda Loki.
« Si tu veux. Je suppose qu'on se retrouve là-bas, » railla l'ingénieur. « La majesté que tu es va s'y téléporter. »
Le dieu contracta les mâchoires et disparut dans un souffle d'air. Tony cligna des yeux.
« Attends, il vient de se vexer ? » s'étonna-t-il à voix haute. « C'est une blague c'est ça ? Ce n'était pas comme s'il avait eu l'intention de se traîner à ma pauvre vitesse de mollusque, non ? » marmonna-t-il en sortant du labo.
Il sursauta en se retrouvant face à Loki, les bras croisés, l'épaule contre la cloison, en appui sur une jambe.
« Effectivement, l'allure à laquelle vous vous déplacez m'agace. Mais vous êtes mon hôte, et j'accorde un certain intérêt au respect, peu importe la respectabilité des gens. J'étais donc décidé à faire le chemin en marchant mais vous avez décidé de me juger sans me laisser le bénéfice du doute, » déclara le dieu d'un ton monocorde.
« Tu sais qu'on est censé paraître agacé lorsqu'on dit des choses de ce genre. À quel moment devrais-je m'inquiéter que tu essaie de me buter si tu gardes toujours un ton détaché ? » répliqua Tony, mal à l'aise de s'être encore fait surprendre.
« Ne vous en faites pas, vous le saurez, » ironisa clairement le dieu.
« J'ai la vague impression qu'il sera trop tard, » murmura le scientifique pour lui-même, mais c'était sans compter l'ouïe ultra fine de Loki.
« Alors il ne tient qu'à vous de vous comporter correctement, » ajouta-t-il en glissant ses mains dans ses poches – depuis quand y avait-il des poches dans les tuniques d'apparat ? se demanda Tony avant de se secouer mentalement. On s'en fichait.
« Et toi ? On en parle de ton comportement ? » répliqua-t-il avant de pouvoir s'en empêcher.
Bon sang, il ne pourrait jamais s'arrêter de provoquer le dieu. Ce serait plus simple d'arrêter l'alcool ou de quitter Pep'.
« Il me semble que depuis que nous avons scellé notre accord en buvant le même breuvage, vous n'avez rien à me reprocher, » répondit calmement Loki.
Une fois de plus, Tony ne put laisser la discussion en l'état. C'était comme si, peu importe ce qu'il faisait, il perdait toutes les discussions, et ce n'était pas acceptable. Il était un génie, putain.
« Et ton entrée tout à l'heure, on en parle ? » attaqua-t-il encore.
« Non, puisque ce n'était pas délibéré de ma part, et que je vous ai assuré que je ne recommencerai pas, » répondit Loki dans un soupir.
« Tu as bien conscience que je ne te laisserai pas avoir le dernier mot ? » Finit par grogner Tony en poussant la double porte du salon.
« C'est ce qu'il vient de se passer, pourtant. Peu importe que vous ne terminiez pas la discussion ou que vous changez de sujet. Il ne s'agit pas de s'échanger des mots, mais d'avancer des arguments. Et concernant mon comportement, vous n'avez rien à me reprocher, mortel, » finit le dieu en s'asseyant dans le même canapé que les autres fois.
Tony rejoignit son fauteuil de prédilection et s'affala dedans. Il hésitait à se servir un verre, mais la voix de Loki ne tarda pas à s'élever.
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Loki inspira profondément. Il aurait voulu laisser une copie de lui-même raconter l'histoire des mondes mais cela n'aurait rien changé, en réalité, puisque les souvenirs seraient tout aussi désagréables dans son vrai corps que dans celui de l'une de ses projections.
« Je n'ai jamais apprécié conter les histoires, alors je vais vous dire mot pour mot ce qu'Odin m'a expliqué lorsque j'ai été en âge de comprendre ce qu'il s'est passé depuis que les Neufs mondes ont été créés. Je n'ai pas l'intention de tout vous détailler, j'en aurais pour des jours, mais vous aurez les informations les plus importantes, » expliqua-t-il.
Le dieu vit que le mortel se retenait de parler aussi commença-t-il sans attendre, profitant de cette brève accalmie.
« À la base de tout se trouve Yggdrasil. Cela signifie "Le Destrier d'Ygg", qui veut dire "redoutable" et qui désigne le Père de Toutes Choses, Odin. Sur l'Arbre Monde reposent les neuf royaumes : Ásgard, Vanaheim, Álfheim, Nidavellir, Midgard, Jotunheim, Svartalfheim, Hel et Muspellheim. »
« Jusque-là je connais, » acquiesça Stark dans un hochement de tête.
Le dieu en fut soulagé. Il n'avait guère envie de jouer les précepteurs pour enfant. Il espérait simplement que les informations que le mortel avait trouvées étaient fiables.
« Ces neuf royaumes, bien qu'étant localisé dans des systèmes stellaires séparés, sont connectés par un nimbus cosmique, les branches d'Yggdrasil. »
« Nimbus Cosmique ? » l'interrompit le midgardien.
« Trop compliqué à vous expliquer maintenant. Je vous donne simplement le terme pour que vous en preniez connaissance. Et je vous prierais de ne m'interrompre que si vous ne comprenez pas le sens de ma phrase. Si vous aviez l'intention de m'arrêter à chaque mot inconnu, ça ne sert à rien de continuer, » déclara Loki, agacé.
Stark grinça un peu des dents mais finit par hocher la tête légèrement, lui permettant de poursuivre.
« Les neuf mondent échangent entre eux. Certains sont en guerre, d'autres ont formé des alliances militaires ou commerciales. Midgard n'a, jusqu'à ce jour, jamais été associé aux autres mondes, car nous estimions qu'elle n'était pas assez développée. Et ne vous vexez pas, » ajouta-t-il rapidement en voyant la colère envahir le mortel, « ce n'est qu'une constatation, pas un jugement. C'est comme si vous décidiez d'apporter vos ordinateurs dernier cri dans des pays où l'électricité n'est pas encore connue. Cela ne servirait à rien. »
Le mortel mit quelques secondes avant de baisser les yeux, une vague acceptation dans le regard. Loki eut l'impression d'avoir gagné une grande bataille.
« Tous les cinq mille ans environ, se produit dans Yggdrasil un évènement nommé la Convergence, où tous les royaumes sont alignés. Il en résulte une diminution des frontières spatiales entre les royaumes, jusqu'à ce que celles-ci deviennent inexistantes. Le rapprochement des mondes provoque la formation de portails entre ces planètes, » continua Loki. « La Convergence entraîne des anomalies physiques qui se produisent au hasard. »
« De quel type ? » questionna le mortel.
« Variations de gravité, extrusions spatiales, déchirures du tissu de la réalité. Des trous de verre invisibles permettant à la matière de passer d'un royaume à l'autre, ce genre de choses, » explicita Loki. « Plus la Convergence se dirige vers son sommet – l'alignement parfait des neuf mondes – plus les anomalies sont fortes. Des trous de ver plus importants se créent au-dessus de l'emplacement central de chaque royaume. Chaque portail peut être observé depuis chaque royaume, comme un empilement de disques. »
Il laissa quelques secondes à Stark pour emmagasiner les informations avant de reprendre.
« La dernière Convergence date de presque cinq millénaires. De graves évènements faillirent s'y dérouler, » reprit-il, captant à nouveau l'attention du mortel qui avait commencé à cogiter s'il en croyait son regard perdu dans le vague. « Il faut que vous sachiez que bien avant la naissance de la lumière, il y avait les ténèbres. De ces ténèbres naquirent les Elfes Sombres. Mais la lumière apparût et les autres races naquirent. Lors de la dernière Convergence, le Roi des elfes sombres, Malekith, tenta de plonger notre Univers dans une nuit éternelle, afin que ceux de sa race puissent retrouver la noirceur d'où ils étaient nés. Pour cela, il a tenté de profiter de l'affaiblissement des frontières entre les mondes pour utiliser une arme redoutable appelée Éther. Une force ancienne, capable d'une destruction infinie. Mais les armées d'Ásgard, menées par le père d'Odin, le Roi Bor, menèrent une vaillante guerre contre ces créatures. Tandis que les Neuf Mondes convergeaient, Malekith relâcha l'Éther. »
Le dieu fit une légère pose. Le regard du mortel oscillait entre scepticisme et intérêt. Il pouvait le comprendre. Il était tellement ignorant que les causes et les conséquences des grandes guerres des Neuf Mondes pouvaient lui apparaître comme une histoire tout juste bonne à raconter aux enfants avant qu'ils n'aillent se coucher.
« Sans leur arme, les elfes sombres échouèrent. Fou de rage, Malekith tenta de décimer l'armée d'Ásgard, mais sacrifia une grande partie de son peuple dans l'opération. Lorsque la bataille prit fin, Malekith était mort et l'Éther avait été détruit. En tout cas, ceci est la version officielle. La réalité est tout autre. Malekith a réussi à s'enfuir, et l'Éther est indestructible. Son pouvoir est trop grand. Il fut enterré profondément, à un endroit que personne ne pourrait jamais trouver. »
Il s'arrêta lorsque le mortel laissa échapper un ricanement.
« Tu sais que cette feinte ne fonctionne jamais, hein ? » demanda-t-il. « Il finit toujours par y avoir quelqu'un qui creuse au hasard pile au mauvais – ou bon, selon le point de vue – endroit et paf ! L'artefact ultra puissant de la mort qui tue est ramené sur le devant de la scène et le show recommence ! »
Loki cligna des yeux.
« Votre façon de vous exprimer me déroute, » déclara-t-il. « Ne pouvez-vous pas utiliser des mots censés ? Dont la définition correspond au sens que vous donnez à votre phrase ? »
Stark ricana effrontément.
« Mon pote, je peux envisager de changer certaines choses, comme ne pas t'insulter à chaque phrase, mais sûrement pas ma manière de parler, » répondit-il avec une sincérité qui agaça profondément Loki.
Plutôt que de renchérir et démarrer une autre discussion stérile qui s'envenimerait inévitablement, il décida de reprendre la conversation – ou plutôt son monologue, si l'humain voulait bien s'abstenir de l'interrompre sans cesse.
« Personne n'a trouvé l'Éther alors que cela fait cinq mille ans qu'il est caché. Ce n'est pas aujourd'hui qu'il va réapparaître, » rétorqua-t-il, sûr de lui.
Le mortel haussa un sourcil.
« Laisse-moi additionner deux et deux, » demanda-t-il et le dieu se questionna sur le rapport entre les mathématiques les plus basiques et leur discussion. « D'un côté tu me dis que l'elfe s'est fait ratatiner le cul par Ásgard, mais qu'il n'est pas mort. Que les Convergences ont lieu tous les cinq mille ans. Et que ça fait cinq mille ans que ton Éther a été caché. Tu vois, bizarrement, j'aurais tendance à te dire que l'Éther va réapparaître lors de la prochaine convergence. Et dans les mains de l'elfe en question, qui en quelques cinq millénaires a largement eu le temps de parcourir toutes les cachettes possibles de l'univers et de le trouver. Et ça aurait été très stupide pour lui de le dérober avant la Convergence car Ásgard aurait été alerté, et aurait tenté de l'arrêter et de le faire échouer une fois de plus. Alors que s'il reste discret et ne reprend l'Éther qu'au dernier moment, il profitera de l'effet de surprise. »
Loki garda le silence. Il savait que s'il ouvrait la bouche, les mots qui allaient en sortir seraient inappropriés. Les arguments que Stark venait d'avancer... le contrariaient. Non pas parce qu'il n'y avait pas pensé, mais justement parce qu'il y avait pensé. De temps à autres, ces derniers siècles, il avait tenté de convaincre le Père de Toutes Choses de vérifier que l'Éther était toujours en place et de le faire garder à l'approche de la Convergence, pour être certain que Malekith ne s'en empare pas à leur insu. Mais Odin avait rétorqué que ce serait justement de garder ou même surveiller l'endroit qui attirerait l'attention du roi des elfes. Certes, il n'avait pas tort, mais le pari était risqué. Trop risqué, estimait Loki. Malheureusement, seules deux personnes connaissaient l'emplacement de la cachette et il n'en faisait pas partie. Il avait bien tenté de convaincre Thor, mais cet... Ase lui avait répondu que si son père estimait qu'il était plus sage de ne pas s'en inquiéter alors il lui ferait confiance. Retenant un soupir, Loki se décida à répondre au mortel. Et pour qu'il le laisse tranquille, il décida de lui donner une réponse qui l'empêcherait de harceler le dieu avec ça.
« J'ai déjà informé le Père de Toutes Choses de ce risque il y a des siècles. Mais Odin estime que le risque est nul, » lâcha-t-il sèchement.
Stark dut entendre ou voir quelque chose qui le convainquit, mais choisi fort opportunément de ne pas insister. Bien. Sans doute parviendrait-il il à lui insuffler un semblant de bon sens avec le temps.
« Si ça ne te gêne pas, j'ai une question. »
Loki hocha la tête.
« Je vous en prie. »
« Pourquoi la Terre vous connaît si vous ne vous êtes jamais mêlé de notre histoire ? » questionna le mortel.
« Très bien, vous aurez droit à une autre histoire qu'Odin a raconté à Thor, et que le Dieu de la Foudre est venu me répéter, » déclara-t-il. « Il y a un millénaire de cela, environ, le Père de Toutes Choses entama une campagne de visite sur les huit autres royaumes. Lorsque nous arrivâmes sur Midgard, nous fument étonnés du peu d'évolution dont elle avait bénéficié. Malgré cela, une partie de l'espèce humaine accepta une vérité relativement simple. Qu'elle n'était pas seule dans l'univers. Certains mondes étaient la demeure de dieux, de leurs dieux. Et d'autres mondes étaient bien au contraire à craindre. Ils l'apprirent en partie à leurs dépens. »
Le dieu fit une légère pause. Subitement, le mortel était devenu particulièrement attentif. Il se retint de sourire, juste avant que son amusement disparaisse d'un coup alors qu'il pensait à ses prochaines paroles.
« D'un royaume glacé et sombre vinrent les géants des glaces, qui menacèrent de plonger le seul des neuf mondes à porter des êtres mortels dans une nouvelle ère glaciaire. Mais l'humanité n'allait pas faire face à cette menace seule. Les armées d'Ásgard raccompagnèrent les jötnar chez eux. Le prix à payer pour cette guerre fut élevé, de chaque côté. Le roi des Géants des Glace tomba, et la source de leur pouvoir leur fut enlevée. Avec la fin de la dernière grande guerre, les Ases se retirèrent des autres mondes et rentrèrent chez eux, dans le Royaume Eternel. De là-bas, ils représentent l'espoir, qui irradie parmi les étoiles. Et même si aujourd'hui les asgardiens sont relégués au rang de mythes et de légendes sur Midgard, cela ne change rien au fait que ce furent Ásgard et ses guerriers qui apportèrent la paix dans les Neuf Mondes. Mais il viendra un jour où cette paix devra être défendue, » raconta Loki, le regard dans le vague.
Un seul de vous accédera au trône, mais vous êtes tous les deux nés pour être rois, avait ajouté Odin. Et Loki avait stupidement pensé que celui qu'il croyait être son père, à l'époque, pensait qu'ils avaient la même chance de prendre la tête d'Ásgard. La réalité était toute autre. Il était prince héritier de Jötunheim par le sang, même s'il n'en prendrait jamais la couronne. Il n'en voulait pas, et personne ne voudrait de lui là-bas, de toute manière.
Et puis il y avait le Titan. Le Titan qui allait chercher Loki, pour lui faire payer sa trahison. Il retournerait les Neuf Mondes si besoin est. Il y arriverait. Et c'est ce qui avait motivé le dieu à accepter de travailler avec le Midgardien en premier lieu. Il devait trouver une solution pour se protéger du Titan fou, et également de le détruire, même s'il n'avait encore aucune idée de la façon d'y arriver.
« Et tu parles de quelle menace exactement ? » demanda le mortel, le ramenant à la réalité.
« Pardon ? » demanda-t-il instinctivement.
« Mais il viendra un jour où cette paix devra être défendue, » répéta Stark. « Tu parles l'autre, avec les Chitauris ? »
Loki hocha la tête.
« Rien n'est défini, » répondit-il simplement, biaisant légèrement. « Ni le type d'ennemi, ni l'endroit, ni le temps. »
« Okay. Génial, » soupira le mortel. « Et aujourd'hui, est-ce que les autres mondes s'intéressent à la Terre ? »
« Pas que je sache, » répondit le dieu.
Ils discutèrent encore un peu des principaux conflits ayant secoués les royaumes, de la suprématie d'Ásgard alors que leurs habitants n'étaient pas ceux qui vivaient le plus longtemps ni n'étaient les plus forts, mais dont la sagesse du roi Bor leur avait permis de se poser en leader. Lorsque Loki en eut assez des questions incessantes que lui posait le mortel, il décida qu'il était temps pour lui de partir. Ils se donnèrent rendez-vous pour le lendemain en début de matinée, pour que Loki aborde le sujet de la magie proprement dite.
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Tony avait la vague, très vague impression de s'être fait enfler. Loki lui avait parlé de la magie durant des heures. Ils y avaient passé plus d'une demi-journée, durant laquelle l'ingénieur s'était efforcé de ne pas chercher à remettre en question les propos irréalistes du dieu – les quelques démonstrations qu'il lui avait faites ne lui avaient pas trop laissé le choix – et d'assimiler le plus d'informations possibles. Il devait admettre une certaine logique dans la théorie. Mais de là à passer à la pratique...
Et donc, une fois que Loki eut décidé qu'il avait assez parlé, Tony lui avait posé une question simple. En combien de temps pourrait-il maîtriser des sortilèges basiques ? Pas tant pour les utiliser – quoique pouvoir se la péter en disant qu'il était le premier sorcier de la Terre serait carrément génial – mais pour comprendre comment elle fonctionnait et l'intégrer dans le bouclier. Loki l'avait regardé avec consternation et avait secoué la tête, expliquant que les organismes des midgardiens n'étaient pas faits pour recevoir de la magie. Quand bien même il essaierait toute sa vie, il n'y arriverait pas. Et de toute manière, si la moindre once de magie pure devait traverser son corps, les cellules le composant exploseraient immédiatement, l'atomisant au sens propre du terme.
De déception et de rage – et accessoirement parce qu'il n'était pas certain que le dieu ne lui ait pas dit ça uniquement parce qu'il ne voulait pas partager sa magie – il avait appelé une armure et s'était envolé. Lorsqu'il était revenu à la villa, une petite heure plus tard, Loki était parti. Soulagé et frustré en même temps, il s'était mis à travailler sur la première armure qui lui était tombée sous la main.
Le dieu revint quelques heures plus tard, en plein milieu de la nuit. Tony marmonna un genre d'excuse, qui avait plus ressemblé à "J'ai préféré aller faire un tour plutôt que de tenter de te défoncer la gueule" qu'à une demande de pardon, mais Loki n'avait pas vraiment semblé s'en formaliser.
L'ingénieur rangea l'armure et afficha sur le grand écran du laboratoire tout ce qu'il avait rassemblé concernant le bouclier. Il proposa à l'autre homme de se rapprocher et lui expliqua par le menu toutes les idées qu'il avait envisagées. Loki élimina d'office quatre d'entre elles, avant de demander des précisions sur les autres.
Les heures défilèrent de nouveau. Ils s'arrêtèrent presque deux journées et une nuit plus tard, lorsque les phrases que l'ingénieur débitait commencèrent à ne plus avoir de sens. Tony lui donna alors rendez-vous une quinzaine d'heures plus tard. Une fois dans son lit, il repassa dans sa tête les derniers jours. Il n'avait pas avancé d'un iota sur le bouclier – à part que quatre options n'étaient plus d'actualité – car Loki avait passé son temps à poser des questions pour tenter de comprendre toutes les notions de physique qui entraient en jeu. Malheureusement, s'il comprenait les principes de base – tout ce qui concernait les quarks en particulier – les applications qu'on pouvait en faire restaient un mystère pour lui, puisqu'il n'avait jamais eu besoin de comprendre comment ça fonctionnait – il n'en avait pas besoin avec la magie.
Cependant, Tony devait reconnaître que le jötunn était d'une vivacité d'esprit assez exceptionnelle. Il posait toujours la question pertinente au bon moment, et l'avait plusieurs fois obligé à réfléchir à sa réponse parce que l'interrogation du dieu demandait une argumentation spécifique – et pas seulement parce qu'il devait utiliser un vocabulaire simplifier et organiser ses réponses pour lui expliquer les principes qui amenaient à telle ou telle interaction.
Et, aussi incroyable que cela puisse être, quatre jours passèrent sans la moindre anicroche. Le cinquième, malheureusement, vit arriver un problème auquel Tony n'avait absolument pas pensé. Il débarqua dans la villa en pleine nuit, alors que Loki était parti pour laisser l'ingénieur se reposer un peu. Pepper se glissa dans le lit silencieusement, mais Tony l'entendit tout de même. Une alarme sonna ans son cerveau, alors qu'il comprenait immédiatement ce qu'il se passait. Quelques minutes plus tard, il fut certain que sa petite amie était endormie. Il se redressa silencieusement et attrapa son StarkPad sur la table de chevet.
"Jarvis, demain, à la seconde où Loki se pointe, tu le préviens qu'il ne peut pas rester. Pepper est censé rester jusqu'à après-demain soir. Qu'il repasse le lendemain matin en étant discret et reparte si elle est toujours là," écrivit-il sur la tablette.
"Bien Monsieur, ce sera fait. "
"Merci Jar'"
"Avec plaisir Monsieur. J'en déduis que je ne dois pas aborder le sujet du Dieu de la Malice lorsque miss Potts est ici ? "
"EVIDEMMENT ! Tu ne parles de cela à personne ! PERSONNE. "
"Bien Monsieur. "
L'ingénieur reposa la tablette et inspira un grand coup. Si Jarvis lui faisait passer l'arme à gauche, un jour, serait-ce considéré comme un suicide puisqu'il avait créé l'IA ? Retenant un ricanement devant la bêtise de ses questionnements, il se recoucha et replongea dans le sommeil. Certes Loki et lui ne pourraient pas avancer le lendemain mais au moins sa nuit serait tranquille. Et avec un peu de chance, si la réunion de Pepper... avec le conseil d'administration ? Ou avec les actionnaires peut-être – il n'était plus certain – s'était bien passée, ils pourraient prendre un peu de temps dans le lit au moment de se réveiller.
Petite parenthèse : à cause de Covid-19, du confinements et des diverses mesures qui ont été prises, nos emplois du temps à toutes les deux ont été grandement bouleversés. Nous allons bien sûr essayer de maintenir notre rythme de publication, mais rien n'est moins sûr. Bon courage à tous pendant ce confinement !
