Disclaimer : Nous ne tirons profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires. Nous ne retirons rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. En revanche, l'histoire nous appartient.
Rating : T
Genre : Romance / Drama / Angst / Comfort
Personnages : Tony Stark ; Loki ; la plupart des personnages vus dans les films du MCU
Situation temporelle : Démarre en 2012, après que Loki a récupéré le Tesseract dans Avengers Endgame


Bonjour tout le monde !

Après avoir posé les bases des relations entre Tony et Loki, on attaque aujourd'hui le 1er film du MCU après Avengers, à savoir Iron Man III. Nous avons fait le choix de ne pas décrire toutes les scènes du film, ce qui aurait été long et fastidieux à lire comme à écrire. Alors si certaines choses ne sont pas claires, n'hésitez pas à demander !

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Amy, Yuedra, Lyrellys, Amaniel, merci pour vos reviews !

Amy : Je crois bien que je suis incapable de te dire d'où précisément est venu l'idée de partir de la chronologie d'Endgame. Ce qui est clair par contre, c'est qu'à la base nous n'avions pas prévu que ce soit un projet d'une telle ampleur ! XD

C'est génial d'écrire la relation entre Tony et Loki, la façon dont elle évolue progressivement à me sure qu'ils travaillent ensemble. Et même si c'est complexe du fait de leurs caractères respectifs, c'est hyper stimulant en tant qu'auteur.

Les changements seront moindres dans Iron Man III, mais ils seront là et auront un impact sur la suite qui sera d'autant modifiée, et ainsi de suite...

Amaniel : Nous espérons que la site te plaira !


Bonne lecture !

Ju' et Kae


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CHAPITRE 6

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Il avait depuis longtemps oublié cette soirée en Suisse. Après une brève soirée dans une caverne afghane, il avait fait ses adieux à la fiesta. Il avait évolué, changé, était devenu un autre homme. Il n'était plus le même.

Il n'aurait jamais cru que son passé le rattraperait de cette façon…

« Nous créons nos propres démons. » Une phrase bateau, un proverbe débile, une expression à la con.

Il n'aurait jamais cru que cette phrase ferait office de prédiction.

oOoOoOoOoOoOoOo

« Désolé de t'interrompre, Happy, tu as ton taser avec toi ? Il y a une fille à la DRH qui vole des cartouches d'encre, tu devrais peut-être y faire un tour et la neutraliser. »

Tony coupa la communication. Ou pour être tout à fait exact, il enferma le téléphone dans le frigo pour le simple plaisir d'énerver son ex-garde du corps. Laissant donc à celui-ci le soin de raccrocher une fois qu'il aurait compris que non, il ne comptait pas poursuivre cette discussion, quand bien même ce type dans la salle d'attente soit louche. Selon les critères de Happy, tout ce qui n'était pas connu était louche.

Toujours était-il que Tony avait actuellement bien plus urgent à gérer que ses sempiternelles remarques sur le système de sécurité de Stark Industries et sa paranoïa excessive. Comme par exemple se renseigner sur ce fameux Aldrich Killian, accessoirement, ainsi que sur sa nouvelle innovation supposément géniale.

Mais avant qu'il ne puisse donner ses premières consignes de recherche à Jarvis – études, parcours, recherches, et sans doute aussi cette fameuse soirée de réveillon de 1999 dont il n'avait que peu de souvenirs – l'IA l'informa d'un appel entrant du colonel Rhodes. Tony accepta l'appel à contrecœur, basculant la transmission sur l'un de ses écrans principaux. Qu'avait-il tous à vouloir lui parler le même jour, alors qu'il pouvait parfois passer des dizaines d'heures de suite enfermé dans son labo, sans contact avec le monde extérieur et sans voir personne d'autre que Loki. Ou était-il passé celui-là d'ailleurs ?

« Rhodey, tu tombes très mal, » lança Tony immédiatement après que le visage du militaire est apparu, pianotant distraitement sur l'un de ses StarkPad. « J'essaye de savoir qui est cet enfoiré qui aurait soi-disant une cervelle plus grosse que la mienne – ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est Happy – et qui accessoirement essaye de draguer Pepper tout en sachant pertinemment qu'elle est prise, parce que c'est le genre de choses que tout le monde sait. Pas comme si elle était du genre à se laisser avoir par ce genre d'artifices d'ailleurs, tu la connais aussi bien que moi, mais… »

« Alors je ne serais pas long. »

Que Rhodes ne réponde pas à sa plaisanterie, ça n'avait en soit rien d'exceptionnel. Mais qu'il ignore totalement ladite blague et lui réponde d'un ton si froid et formel ? C'était mauvais signe.

Malgré lui, Tony sentit un frisson d'appréhension familier lui parcourir l'échine.

« Je voulais simplement te prévenir que je pars dans moins d'une heure, pour traquer le Mandarin. Je viens d'obtenir le feu vert du président. »

C'était même très mauvais signe. Ce vigoureux pincement au cœur était plus que de l'appréhension. Malgré tout, Tony s'efforça de garder un ton léger et détaché. Cela faisait six mois qu'il jouait un rôle auprès de ses proches, Rhodey compris. Alors un peu plus ou un peu moins…

« Je suppose que les grands pontes du gouvernement n'ont pas lésiné sur les effectifs. Montrer la toute-puissance des États-Unis, jouer à celui qui a la plus grosse, je suis un pro à ce jeu-là… » Il déglutit difficilement, pris d'un affreux pressentiment en voyant que Rhodes ne répondait pas. « Combien d'unités ? Trois, quatre ? Une opération conjointe avec le SHIELD ou l'ONU ? »

« Je pars tout seul, ordre non négociable du Pentagone. »

Le tapotement distrait de ses doigts sur la machine s'accentua, tandis que sa jambe gauche était agitée de tressautements intempestifs. Tony était fébrile. Certes, cet état ne le quittait presque jamais ces derniers temps. Entre les insomnies, les cauchemars, l'ingestion massive de caféine comme unique aliment, les crises d'angoisses, la frustration de son projet qui n'avançait pas et la culpabilité qui le tiraillait malgré lui à traiter avec l'ennemi – parce qu'il ne fallait pas se leurrer, Loki demeurait l'ennemi, quoi qu'il pense de l'asgardien – il était même étonnant qu'il ne soit que fébrile. Mais il y avait ce nœud qui lui tordait les entrailles, mélange d'angoisse et d'anticipation. Que les Etats-Unis soient menacés par un terroriste, c'était malheureusement une situation qui n'avait rien de nouveau. Que le Mandarin ne soit pas du ressort des Avengers, soit, il comprenait les arguments avancés. Que le gouvernement américain ait chargé Iront Patriot – et définitivement, il ne laisserait jamais Rhodey oublier ce surnom débile – se charger de trouver ce terroriste, passe encore. Mais Tony avait absolument horreur de se sentir impuissant.

Apprendre donc que Rhodey partait en mission super secrète à l'autre bout du globe, seul et sans renforts, pour traquer un homme ayant déjà fait exploser neuf putains de bombes sur le territoire américain… C'était une nouvelle source d'inquiétude, une de plus à ajouter à une liste sans fin. Depuis ce déjeuner avec lui, deux jours plus tôt, il savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne soit envoyé pour de bon sur le terrain. Il n'avait seulement pas anticipé que ce serait si rapidement, et surtout dans ces conditions.

« Et où est-ce que tu vas ? » demanda-t-il après un moment, une fois certain que sa voix serait assez stable pour paraître normale.

Il y eut un long silence, avant que Rhodes ne daigne finalement lui répondre.

« Tony, c'est… »

« Secret défense, j'ai compris, » soupira-t-il.

La dernière discussion qu'ils avaient eue à ce sujet lui avait suffi. Il ne voulait pas revivre encore les sensations qu'il avait eues lors de son déjeuner avec James plus tôt, le discours flippant du militaire, la gamine et son dessin d'Iron Man portant le missile à New-York, son frère lui demandant comment il était sorti du portail de la mort… Il avait lui-même coupé court après sa crise d'angoisse, préférant fuir que d'assumer sa faiblesse devant son meilleur ami. Alors même s'il mourrait d'envie de l'aider, il n'avait pas la motivation nécessaire pour endurer un autre débat stérile, qui à coup sûr ne déboucherait sur rien de nouveau. Qu'y avait-il possiblement à ajouter ? Rien. Absolument rien.

« Prends soin de toi mon vieux. »

« Je te tiens au courant. »

Et c'est sur cette phrase laconique – et mensongère, parce que bien sûr qu'il ne le tiendrait pas au courant, c'était secret défense ! – que la communication fut coupée. Tony ne put contenir un juron et retint difficilement la pulsion qui voulait envoyer valser tout ce qui se trouver sur son bureau, avant de croiser les bras et d'y plonger la tête. Cinq minutes, juste cinq petites minutes de repos, oublier rien qu'un instant les problèmes qui ne faisaient que s'accumuler, les milliers de projets qui fourmillaient dans sa tête et l'angoisse qui lui tordait les tripes. Mais c'était visiblement trop demander puisqu'il ressentit bientôt le frisson habituel trahissant l'apparition de Loki dans la pièce. Pour autant, il ne décroisa pas les bras, ni même ne lui accorda une miette d'attention. Quelques mois plus tôt, il ne s'y serait pas risqué, mais il commençait à suffisamment cerner le type pour savoir jusqu'où il pouvait aller avec lui. Il garda donc le silence et, coup de bol monstrueux, le dieu se tût également. Pendant approximativement dix secondes.

« Si ma présence vous est à ce point inopportune, je puis sans doute m'en aller. Pour l'accueil que vous me faites, cela ne ferait pas grande différence. »

Tony se retint de l'envoyer paître. Très fort. Justement parce qu'il connaissait les limites à ne pas dépasser. Pour autant, il était absolument hors de question qu'il lui présente des excuses pour l'avoir sciemment ignoré. Et puis quoi encore ?

« Mauvaise journée, » se contenta-t-il donc de dire. C'était un euphémisme, mais que pouvait-il répondre d'autre ?

« Votre compagne vous fait des infidélités et votre meilleur ami part pour une mission à haut risque en vous laissant seul en arrière. Selon les standards midgardiens, je suppose que l'on peut effectivement considérer ceci comme une mauvaise journée. »

Ne pas s'énerver, surtout ne pas s'énerver.

« T'es là depuis quand pour savoir tout ça ? »

Mais l'inquiétude se muait lentement mais surement en colère, tandis qu'il serrait les poings. Il avait besoin de passer ses nerfs, et Loki ferait un punching-ball tout à fait adéquat. Absolument rien à voir avec le fait qu'il apprécie leurs joutes verbales, il avait seulement besoin de relâcher la pression

« Un certain temps. »

Les yeux du dieu brillaient d'une lueur malicieuse, tandis qu'il restait délibérément des plus vague. Espèce d'enfoiré.

« Il ne t'est pas venu à l'esprit que ce genre de discussions étaient privées ? »

« Il ne vous est pas venu à l'esprit de m'informer du fait que ladite discussion était privée ? »

« Comment aurais-je pu le faire puisque je ne savais pas que tu étais là ! »

« Parce que nous avions convenu que j'arrive à treize heures trente et que la demie est passée de douze minutes. »

Bordel, est-ce que ce connard avait vraiment réponse à tout ? Si c'était ça, il allait le buter, et pas plus tard que maintenant. Parce que, plus qu'être impuissant, il détestait être pris pour un imbécile, même quand celui qui le ridiculisant était un dieu nordique plusieurs fois centenaire.

Le dieu en question sentit-il le vent tourné ? Ou avait-il simplement décidé de cesser ce petit jeu du chat et de la souris – je t'en foutrais de la souris ! – Toujours est-il qu'il reprit la parole, sans jamais cesser d'arborer son petit sourire narquois.

« Je repasserai donc quand vous serez d'humeur plus affable. Deux heures vous semble-t-il être un délai raisonnable pour retrouver votre sang-froid, ou dois-je m'absenter plus longuement ? »

A ces mots, Tony retrouva subitement son sérieux. Le changement drastique de son attitude sembla d'ailleurs attirer l'attention de Loki puisqu'il haussa un sourcil circonspect. Tony retint une vague grimace, attendant l'inévitable réaction à sa déclaration.

« A vrai dire, Pepper arrive ce soir pour notre diner hebdomadaire, si elle ne passe pas la soirée à fricoter avec Aldrich Killian, et elle restera demain à la villa. Alors je suppose qu'on se voit dans deux jours, comme d'habitude ? »

« Puisque vous savez encore compter jusqu'à deux, il semblerait en effet que ce soit le cas. »

Et ses craintes n'étaient visiblement pas infondées, puisque le visage de Loki s'était immédiatement fermé au simple énoncé du prénom de sa petite-amie. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne l'appréciait pas. Ou peut-être était-ce dû au fait que, deux jours durant, Omega resterait au point mort. Peut-être aussi parce qu'il le mettait plus ou moins – plutôt plus que moins d'ailleurs – dehors. Sans doute le mélange des trois, et de plusieurs autres choses également dont il n'avait pas connaissance. Il était presque impossible de découvrir les véritables intentions et les motivations du dieu de la malice, alors il n'essayait même pas de comprendre ses « sentiments ».

Mais avant que le milliardaire ne puisse ajouter quoi que ce soit – qu'il s'agisse d'une salutation ou d'une énième pique sarcastique – le magicien se téléporta hors de la pièce en le fusillant du regard. Restant un instant bouche bée – ce qu'il nierait aussi longtemps qu'il serait en vie – il finit par éclater en imprécations diverses et variées, ayant toutes le même objet : Loki.

Aujourd'hui plus que n'importe quel autre jour, tout semblait vouloir foutre le camp. Le Mandarin et ses bombes, Pepper et Killian, Happy et ce gars suspect, Rhodey et sa foutue mission, Loki et… Juste Loki en fait. Projets et amis, missions et ennemis, un agglomérat indistinct d'emmerdes dont il ne parvenait à voir le bout.

Mais il devint rapidement évident que son allié de circonstance avait bel et bien débarrassé le plancher. Le dieu aussi l'abandonnait lâchement – et non, il ne le prenait pas du tout personnellement. C'est lui qui lui avait demandé de dégager après tout. En même temps, comme s'il pouvait l'obliger à faire quoi que ce soit…

Tony se laissa tomber dans un fauteuil en soupirant. Le silence de l'atelier le prit presque par surprise, tandis qu'il réalisait pleinement qu'il était seul. Totalement seul. Encore une fois. Résistant à l'envie tenace de se servir un verre de scotch, il réajusta d'un geste machinal et à présent habituel le dispositif lui permettant de contrôler son armure à distance. Pepper n'allait pas tarder à arriver, et il fallait absolument qu'il avance sur son travail – car le terminer, il n'y comptait pas. Mais en attendant, Mark-42 ferait un leurre tout à fait satisfaisant. La moindre minute de travail était précieuse, et il voulait retarder le plus possible le moment de quitter son atelier pour rejoindre sa compagne. Qu'il s'agisse de ses armures, du réacteur ark, de la magie, d'Omega…

Il ne serait jamais prêt à temps.

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Le petit matin trouva Tony dans son atelier, comme c'était devenu sa routine depuis près d'un mois. Mais ce matin-là, rien n'était habituel.

Installé devant son bureau, ses yeux erraient d'un écran à l'autre, cherchant à comprendre où était l'erreur, quand ils ne s'arrêtaient pas sur les débris de l'armure au sol. Ses mains tremblaient. La fatigue, peut-être. L'horreur, surement. La culpabilité, sans aucun doute. Tony était un visionnaire de génie, l'avait toujours été. Le Mark-42 était un véritable petit bijou de technologie, repoussant les limites de la physique plus loin qu'il ne l'avait jamais fait. Alors comment était-il simplement possible que l'armure se soit retournée contre lui ? Contre Pepper ? Comment avait-il pu l'appeler dans son sommeil, et pourquoi avait-il pris la rousse pour cible ?

Ça n'aurait pas dû arriver. Ça ne devait plus jamais arriver.

Alors Tony s'acharnait sur les protocoles de contrôles de l'armure, recalibrant les capteurs, réécrivant les lignes de code et révisant toute sa programmation. Et il y était presque, il touchait au but. Ce n'était plus qu'une question de temps, deux, trois heures tout au plus. Il pouvait le faire, il devait le faire. Aussi il ne réagit pas en entendant le bruit coutumier des escarpins de Pepper résonner dans la pièce, alors que la rousse descendait les escaliers menant à son atelier. Néanmoins, il ne put tout à fait empêcher ses épaules se crisper. Quoi d'étonnant quand on voyait la façon dont s'était terminé leur précédente « discussion ». Cherchant à devancer l'inévitable remontrance qu'elle ne manquerait pas de lui adresser, il prit la parole en premier, sans toutefois la regarder.

« Pas maintenant Pep', je suis à deux doigts de régler le problème de cette nuit, » déclara-t-il précipitamment. « Il ne manque pas grand-chose, je te le jure, juste… »

« Tony… »

Alors qu'il était fermement décidé à ne pas lever les yeux de son travail, Tony fut incapable de dire ce qui l'avait forcé à relever la tête. Le ton de Pepper, presque implorant ? Les trémolos dans sa voix ? Les sanglots étouffés que sa PDG d'ordinaire impassible ne parvenait pas totalement à réprimer ? Quelle qu'en soit la raison, il releva la tête pour trouver Pepper, parfaitement apprêtée, vêtue d'un tailleur crème du dernier chic et aussi soigneusement coiffée que d'ordinaire. Sa douce Pepper, totalement livide, les yeux rouges et le visage ravagé par les larmes.

Il se leva précipitamment de sa chaise, la faisant tomber au sol par la même occasion, et l'attira à lui pour l'enlacer. Plus que tout, le fait qu'elle s'accroche désespérément à sa chemise lui fit craindre le pire. A peine eut-il formulé cette pensée que les pires scénarios catastrophes vinrent danser derrière ses paupières closes, lui coupant le souffle. Sentant son souffle s'emballer, et cherchant à réprimer ces idées morbides, il posa finalement la question qui lui brulait les lèvres.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? »

« C'est Happy. »

oOoOoOoOoOoOoOo

Il avait attendu dans la salle d'attente. Longtemps. Très longtemps. Presque quatre heures, avant qu'un médecin ne vienne les prévenir, Pepper et lui, qu'Happy était finalement hors de danger. Quatre heures interminables durant lesquelles il avait arpenté en long, en large et en travers les couloirs de l'hôpital, incapable de tenir en place et encore moins de s'assoir. Mais alors que Pepper s'était approchée du médecin pour obtenir plus de détails sur l'intervention que leur ami avait subi, Tony s'était directement dirigé vers les étages, et plus précisément le service de traumato et la chambre que lui avait indiquée un infirmier.

Rien n'aurait pu le préparer au spectacle qui l'attendait. Happy, le visage enveloppé de bandages, certains tachés de sang. Les marques de brûlure que ne dissimulaient pas entièrement la blouse d'hôpital. La canule dans son nez, lui permettant de respirer. Le bip lancinant du moniteur cardiaque, résonnant comme un glas.

Il ne saurait dire combien de temps il resta ainsi debout, à deux mètres du lit. Incapable de s'approcher, mais incapable de partir. Impuissant, encore. Impuissant, toujours. Et ce fut seulement sous l'impulsion de Pepper, qui avait fini par arriver, qu'il céda finalement à la fatigue et se laissa tomber dans un fauteuil, avant que sa petite-amie ne l'imite. Ensemble, main dans la main, ils attendaient. Quoi ? Un mot, un geste, un signe ? Ils ne savaient pas. Mais ils attendaient.

Il attendait, ruminant silencieusement sa colère, son esprit enfiévré élaborant la prochaine offensive. Car le Mandarin avait fait une grossière erreur en s'attaquant à l'un des membres de sa famille. Ce que pouvaient penser le gouvernement, la justice ou les médias – qui à coup sûr devaient s'en donner à cœur joie à l'heure actuelle – il n'en avait absolument rien à foutre. Ce n'était plus une question de justice.

C'était une question de vengeance.

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« Je vous ai préparé une base de données sur le Mandarin monsieur, grâce aux données du SHIELD, du FBI et de la CIA. Initialisation de la reconstitution virtuelle de la scène de crime. »

« Ok. Qu'est-ce que ça donne ? »

Rapidement, Tony parcouru les différentes informations que Jarvis lui avait affichées : articles de presses de divers médias, vidéos de propagande, rapports supposément confidentiels du SHIELD ou de la CIA qu'il avait piratés… Tout ce qui pouvait servir.

Le terme « Mandarin » est un ancien titre chinois voulant dire « Conseiller du roi ». Parle comme un prêcheur s'adressant à ses fidèles, et se positionne au centre d'une mise en scène. Utilise des techniques similaires à celles des guérillas en Amérique du Sud.

Mais ces informations n'étaient que ça justement, de simples mots. Il avait besoin de quelque chose de beaucoup plus concret, de tangible. Il passa rapidement à la reconstitution proprement dite, matérialisée tout autour de lui. Un épicentre surchauffant à plus de trois mille degrés, une carbonisation totale des corps sur douze mètres, et absolument aucune trace d'engin explosif sur six kilomètres à la ronde. C'était à n'y rien comprendre. C'était quoi une bombe qui n'était pas une bombe ?

Il refusa férocement de s'appesantir sur le corps fictif d'Happy étendu à ses pieds, et réprima fermement les pensées le menant tout droit à un corps bien plus réel, toujours inconscient dans sa chambre d'hôpital. Il était devenu très bon en refoulement. Alors à la place, il se concentra sur ce que son regard comme son doigt désignait : des plaques militaires. Bien joué Happy.

De là, il parvint de fil en aiguille à retrouver la trace d'un suicide à la bombe dans le Tennessee, antérieur aux attaques du Mandarin, mais à la signature thermogénique remarquablement similaire.

Il avait trouvé une piste.

Mais il ne put savourer cette victoire – la première véritable réussite depuis un sacré paquet de temps – que Jarvis l'avertissait d'une présence inconnue pénétrant sur la propriété. Pas le Mandarin de toute évidence, mais cela ne voulait pas dire qu'il ne s'agissait pas d'un ennemi. Pas qu'il soit parano, simplement prudent. Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'était la confrontation entre Maya Hansen et Pepper, ancien coup d'un soir, versus actuelle petite amie . Il avait une chance phénoménale que cette dernière soit si compréhensive, ou il n'aurait pas donné cher de sa peau. Mais bien vite, la conversation dériva une nouvelle fois sur sa foutue manie à provoquer des terroristes – oui, il arrivait occasionnellement à Pepper de jurer – et sur la volonté de sa compagne à quitter sur le champ la villa. Qui dériva une nouvelle fois sur le lapin – et vraiment, un lapin géant, c'était une bonne idée non ? Il ne voyait pas pourquoi ils en faisaient tout un plat !

Et puis tout à coup, Maya pointa l'écran affichant les infos en direct du doigt, désignant ce qui semblait être, ce qui ne pouvait être qu'un missile, lancé tout droit sur la villa. Il y eut deux interminable secondes d'effroi et de panique mêlés alors qu'il demeurait là, tétanisé.

Et l'explosion.

Il fut violemment projeté en arrière par le souffle de la déflagration. Dans un geste qui tenait plus du geste instinctif que du véritable acte conscient, il dirigea son armure sur Pepper. Il n'avait qu'une seule idée en tête : la protéger. Il devait la sortir de là. La suite se déroula dans un enchainement flou, entre le plafond qui s'effondrait sur lui et le sol qui s'élargissait sous ses pieds, le séparant d'elle. Tout n'était plus qu'une affaire de réflexes et d'automatismes, nés d'une trop grande habitude des situations de ce genre. Se raccrocher à la poutre de métal, ramper, courir, éviter les tirs en rafales qui le prenaient pour cible. Protéger Pepper. Sauf que Pepper était dehors, enfin dehors, saine et sauve, en sécurité. Et Pepper sauvée, il pouvait enfin se concentrer sur autre chose : sa propre survie par exemple, à tout hasard. Il appela l'armure à lui, qui vint rapidement l'entourer. Juste à temps. Sauf que Mark-42 n'était qu'un prototype, une armure qui n'était pas encore apte à combattre. Juste ses répulseurs, ses bons vieux gadgets, et un instinct de survie plus développé que certains ne pourrait le penser.

Il dégomma deux hélicoptères, envoyant directement son piano dans la face du premier, faisant exploser le second. Mais la carcasse de ce dernier vint se crasher sur ce qu'il restait de la villa, et le dernier hélico continuait de le mitrailler.

Il bascula.

Ou plutôt, la villa toute entière bascula, faisant une chute vertigineuse de plusieurs dizaines de mètres sur la falaise en contrebas, et lui avec. Accroché à ce qui était anciennement le sol de son salon, évitant missiles, voitures de collection et blocs de bétons qui l'encerclaient, il tomba à l'eau. Un câble sur sa gorge l'entrainant malgré lui par le fond, il coula. L'étanchéité tout sauf au point de l'armure lui faisant défaut et, l'eau s'infiltrant dans son casque, il manqua de se noyer. Les lumières s'éteignant peu à peu autour de lui, il crut mourir.

Il eut vaguement conscience du gant se détachant, pour venir l'attraper par le poignet et le sortir des décombres.

Puis ce fut le noir.

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Le Tennessee. Le Tennessee, bordel ! Pourquoi pas l'Arizona, le Nouveau-Mexique ou même le Texas ?

Quelques heures plus tôt il se dorait la pilule à Malibu, et voilà qu'il se retrouvait à se peler le cul, perdu au milieu de nulle part, en tee-shirt manches longues alors que la température extérieure devait avoisiner le zéro degré. Et la neige putain ! La neige, sans doute la première et principale raison pour laquelle il avait décidé en premier lieu de s'installer en Californie.

Sauf qu'à cause d'une foutue IA un poil trop intuitive et autonome – ou pas assez, c'était une question qui méritait sans doute d'être posée – il se retrouvait à dix kilomètres de Rose Hill, dans le Tennessee donc. Peut-être un peu moins maintenant, puisqu'il tirait derrière lui son armure désormais inutile depuis près d'une heure. Mais connaissant son sens de l'orientation absolument foireux, il était également possible qu'il se soit au contraire éloigné des habitations les plus proches.

Et pour compléter le tout, Jarvis s'était tût en même temps que le mark-42 s'était désactivé. Alors pour combattre le froid, la solitude et le silence, il parlait. Jurait plutôt. Maudissant ce temps de merde – cet état de merde tant qu'on y était – la neige dans laquelle il s'enfonçait et son armure dix fois trop lourde. Insultant ce connard de terroriste et ses misérables sous-fifres qui avaient eu l'audace de détruire sa si précieuse villa. Incendiant verbalement Dieu, le destin ou seulement son karma de merde, au choix, selon l'humeur du moment. Il parlait, ne s'arrêtant que lorsque, épuisé par l'effort fourni et sa diatribe furieuse, son souffle se tarissait. Parce qu'à ce moment-là, le son de sa voix était la seule chose qui l'empêchait de dérailler pour de bon.

Il se pensait seul la veille – était-ce seulement la veille ? – dans son atelier, quand tour à tour Happy, Rhodey et Loki l'avaient planté là. Si seulement il avait pu imaginer à quel point les choses aller dégénérer… En l'état actuel des choses, même l'apparition de Loki venu se foutre de sa gueule aurait été considéré comme une bonne nouvelle. Mais il ne fallait pas trop compter là-dessus. Quand bien même l'autre enfoiré se serait soucié de lui – ce qui restait encore à prouver – il serait dans l'incapacité de le localiser. Réacteur ark, incompatibilité avec la magie, tout ça… Pas comme s'ils bossaient dessus depuis des mois n'est-ce pas ?

Sauf que visiblement, la chance ne l'avait pas tout à fait abandonnée, et après deux heures supplémentaires à patauger dans la neige, il finit par entrapercevoir entre les arbres la lumière d'un éclairage public. Subitement ragaillardi, et presque oublieux du froid – presque, fallait pas déconner non plus – il accéléra le pas. C'était bien une ville, et miracle : avec une cabine téléphonique. Bien sûr, c'était proprement scandaleux que de pareilles antiquités existent encore, mais avec Jarvis en rade et aucun moyen autre que celui-ci de contacter qui que ce soit, il n'allait pas faire la fine bouche.

Laissant l'armure à l'extérieur de la cabine, appuyée contre la paroi de celle-ci, il entra rapidement la longue série de chiffres lui permettant de pirater le système pour envoyer un message sécurisé à Pepper. Les presque huit secondes de battement entre le moment où il termina d'enclencher la séquence et celui où une voix désincarnée retentit dans le combiné lui parurent être une éternité.

« Serveur sécurisé Stark. Transfert vers tous les récepteurs identifiés. »

Tony déglutit difficilement, une boule dans la gorge. Donc maintenant on y était. En trois heures de marches, entre deux insultes, il avait pas mal eu le temps de cogiter. A ce qu'il allait dire à Pepper, aux piètres excuses qu'il allait pouvoir lui présenter. Comme si ça pouvait changer quoi que ce soit à ce qu'il avait fait…

« Pepper c'est moi. J'ai un paquet d'excuses à te faire et pas beaucoup de temps alors… Pour commencer, je m'en veux vraiment de t'avoir mise en danger, c'était vraiment égoïste et stupide et ça n'arrivera plus. Ensuite, même si c'est Noël, le lapin est trop grand. Voilà. Désolé. »

… et à ce qu'il allait faire.

« Et j'suis désolé par avance parce que je peux pas encore rentrer. Il faut que je trouve ce type. Reste en sécurité, c'est tout ce qui compte. Je viens de voler un poncho à un indien en bois. »

Parce que malgré ses excuses qui ne seraient jamais suffisantes, malgré la culpabilité qui plus que jamais lui labourait les entrailles de l'abandonner dans ces circonstances, il ne pouvait pas s'arrêter maintenant. Il était Iron Man. Il devait continuer, aller jusqu'au bout. Pour Happy. Pour Pepper aussi. Et pour tous ces gens que le Mandarin avait tués et tueraient encore si personne ne l'arrêtait.

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Loki avait attendu que la matinée soit suffisamment entamée avant de se téléporter à la villa. Un moment, il avait envisagé de se présenter aux aurores afin de ne pas gaspiller davantage de temps, mais il préférait éviter autant que faire se peut de croiser miss Potts. Et il savait pertinemment que Stark ne lâcherait pas sa compagne tant qu'elle serait présente à Malibu. Il était heureux que celle-ci ne vienne qu'épisodiquement sur la côte ouest, ayant fort à faire à New-York, mais chacune de ses visites durait entre deux et trois jours et retardait d'autant leurs avancées.

Toujours est-il qu'il quitta l'ancienne base du SHIELD qui l'abritait dès lors qu'il ne pouvait résider en Californie pour se matérialiser à la villa, directement dans l'atelier. Ou du moins, telle était son intention, puisqu'à peine eut-il effleuré le sol que celui-ci s'effrita sous son poids. Tout à coup soupçonneux, le dieu appela à lui sa magie, prêt à se défendre et à répliquer. Mais il était bel et bien seul.

Lentement, il tourna sur lui-même, observant les ruines qui l'entouraient. Il ne s'était pas trompé d'endroit, comme il l'avait un instant cru. Il reconnaissait parmi les débris les ordinateurs de Stark, et au fond de la pièce, les alcôves qui abritaient certaines de ses armures avaient pour la plupart explosées, ne laissant plus que des débris de métal rouge et or. Il s'était téléporté exactement là où il le souhaitait. Mais en ce cas, une question s'imposait : par la barbe d'Odin, qu'était-il donc arrivé ?

Mais cette interrogation en amenait une autre, inévitable : quels ennuis Stark s'était encore attirés, et où diable était-il passé ?

Sans nul doute cet imbécile avait fait exploser son labo, prouvant une nouvelle fois son incapacité chronique à parvenir au résultat escompté et sa phénoménale propension aux explosions. Agacé malgré lui d'en être réduit à chercher ce pathétique mortel, il tenta de le localiser magiquement, ce qui échoua. Prévisible, mais il ne serait pas dit qu'il n'avait pas essayé. Toutefois, Loki était bien incapable de dire si Stark était mort ou s'il s'agissait une nouvelle fois du réacteur ark entrant en conflit avec sa propre magie, tout comme il ne saurait dire laquelle de ces deux options l'exaspérait le plus. Pour sûr, un décès prématuré mettrait à mal ses plans, mais au moins n'aurait-il plus à supporter son caractère imbuvable et ses emportements inutiles. Au moins pouvait-il admettre en toute honnêteté apprécier sa verve et son ironie mordante, et c'était là plus de compliments qu'il n'avait daigné accorder à un mortel depuis plusieurs siècles.

Soupesant soigneusement les différentes possibilités s'offrant à lui, il se rendit bien vite compte qu'il n'existait qu'une seule solution viable. Soupirant par avance face à la tâche ingrate à laquelle il allait s'atteler, il leva les yeux au ciel. Mais ne pouvant repousser davantage l'échéance, il entreprit de soulever magiquement d'un geste négligent de la main l'enchevêtrement d'électronique et de tôle froissée qui reposait là où d'ordinaire l'homme s'installait pour travailler.

Il allait retrouver Stark. Et quand il l'aurait trouvé, car il ne doutait pas une seconde d'y parvenir, il lui ferait payer au centuple les multiples désagréments qu'il lui causait.

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Les heures avaient passées, et le soleil avait atteint son zénith. Loki avait retourné le moindre centimètre carré de la villa, sans succès. Soulevant à l'aide de sa magie les blocs de pierres et de béton, détruisant sans états d'âme les obstacles sur son passage, vérifiant les moindres cavités pouvant abriter un corps, et manquant accessoirement de se recevoir un coin de mur sur la tête. Il avait même dragué la côte sur plus de deux cent mètre, dans le cas où le cadavre de Stark se serait échoué dans les bas-fonds marins. Mais il n'avait pas eu davantage de succès que dans la villa, et n'avait trouvé que des gravats.

Enfin, ceci n'était pas tout à fait exact. Il avait trouvé les épaves de deux de ces machines volantes de combat, et des traces indéniables d'explosion provenant de toute évidence de l'extérieur, et non du laboratoire comme il l'avait d'abord cru.

Selon toute vraisemblance, la villa avait été attaquée. Si le « comment » était donc expliqué, le « pourquoi » demeurait. Néanmoins, cette conclusion le rassura sur le sort de l'humain. Si l'ingénieur avait été mort, il aurait sans nul doute trouvé son corps. En l'absence de celui-ci, sans doute pouvait-il en déduire que Stark était parti traquer les personnes ayant tenté de l'assassiner. Cela ralentirait irrémédiablement ses plans, mais il n'y avait rien qu'il puisse faire en l'état actuel des choses. La vengeance était un concept latent dans beaucoup de culture, et il comprenait cela sans doute mieux que beaucoup.

Il était toutefois curieux de savoir ce qu'il avait pu advenir du milliardaire, et de ce que pouvait bien penser l'opinion publique de ce « tragique incident ». N'ayant donc rien de mieux à faire, il altéra quelques peu sa physionomie et les traits de son visage avant de se vêtir de vêtements midgardiens, plus aptes à lui permettre de se fondre dans la masse grouillante des habitants de Malibu. Une fois certain de ne pas être reconnaissable, il se téléporta dans une petite ruelle d'ordinaire déserte, en périphérie de la ville, qu'il avait déjà utilisée en des occasions similaires.

Flânant dans les rues envahies de monde, il évitait tant bien que mal les gens pressés qui se hâtaient de terminer les derniers préparatifs du fameux réveillon de Noël, cette fête païenne et archaïque. Mais nombreux étaient ceux commentant abondamment les événements survenus la veille, à grand renforts de spéculations rocambolesques et toutes plus farfelues les unes que les autres. La théorie la plus répandue voulait néanmoins que le milliardaire ait péri dans l'effondrement de sa villa, et ce même en l'absence de corps. Loki ne put tout à fait retenir un sourire narquois lorsqu'il entendit celle-ci pour la première fois. Même lui, sur Midgard depuis tout juste six mois, avait compris qu'il était fort ardu de se débarrasser du milliardaire. Mais la populace de Malibu, et probablement celle du pays si ce n'était de la planète entière, semblait avoir aisément oublié ses actes passés. Quant aux autres Avengers, nulle part n'était faite mention d'eux, ce qu'il appréciait indéniablement. Il n'aurait plus manqué que son imbécile de frère ne vienne mettre son nez dans ses affaires.

Il avait également appris que miss Potts, passé la première émotion, avait chassé les journalistes de la villa pour laisser le champ libre aux différents organismes de l'armée et du gouvernement, censés faire la lumière sur ce qu'il s'était passé et attester ou non du décès de Tony Stark. Enfin une réaction correcte et réfléchie, bien qu'il lui déplaise au plus haut point de concéder ceci à la femme.

A force de déambuler dans les rues, il finit par arriver sur le front de mer où il resta longuement à admirer le reflet du soleil sur les vagues, tandis que celles-ci venaient se fracasser contre les falaises en contrebas. Ce spectacle lui rappelait les rivières d'or de Vanaheim, et il fut surpris par la vague de mélancolie que cette pensée soudaine provoqua en lui. Si c'était Frigga qui lui avait appris la magie, c'était sur la planète d'où était originaire la reine qu'il avait perfectionné son art, et il n'aurait jamais imaginé ne pouvoir un jour y retourner librement. Mais il était un fugitif, recherché partout dans les neufs royaumes et sans nul doute au-delà.

Son seul espoir de salut résidait dans le tesseract en sa possession et la possibilité de voir le projet Omega aboutir. Si seulement il parvenait à allier technologie et magie, il ferait de Midgard une forteresse imprenable, sur laquelle même le titan fou ne saurait poser le pied. Mais pour y arriver, il fallait que Stark survive à sa vendetta, et aux innombrables ennuis qu'il semblait attirer malgré lui. Car il pouvait prétendre ce qu'il voulait, Loki avait besoin de lui.

Cette pensée, qu'il tentait tant bien que mal de réfuter depuis quelques mois déjà, s'imposa une fois de plus à son esprit. Mais pour la première fois réellement confronté à la mortalité du midgardien, il se retrouva à accepter cette idée qu'il avait pourtant longuement contesté. Par la volonté des Nornes, et qu'il le veuille ou non, son destin était désormais intrinsèquement lié à celui de Stark.

Il retint un haussement d'épaule. Ce n'était pas la première fois que les Nornes s'amusaient avec lui et ce ne serait probablement pas la dernière.

Ainsi soit-il.