Disclaimer : Nous ne tirons profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires. Nous ne retirons rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. En revanche, l'histoire nous appartient.
Rating : T
Genre : Romance / Drama / Angst / Comfort
Personnages : Tony Stark ; Loki ; la plupart des personnages vus dans les films du MCU
Situation temporelle : Démarre en 2012, après que Loki a récupéré le Tesseract dans Avengers Endgame


Bonjour tout le monde !

Vous l'attendiez, la réaction de Loki face à un Tony sans réacteur ark ! Et plus généralement, on retrouve Tony qui essaye tant bien que mal de trouver un équilibre entre les différentes parties de sa vie. Bon courage à lui !

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Amy, Lyrellys, Parenthese, merci pour vos reviews !

Amy : Et oui ! Le réacteur ark, l'un des éléments clé du début de cette fic. L'enlever ne peut tout simplement pas se faire sans conséquences sur Tony directement, mais également sur la relation qu'il entretient avec Loki. Et pour ce qui est de la réaction de Loki : je te laisse lire ! :)

Parenthese : Avant toute chose, merci beaucoup pour tous ces compliments qui nous touchent beaucoup toutes les deux. Nous sommes parfaitement conscientes des longueurs au début de cette fic (les cinq premiers chapitres, avant qu'on attaque pour de bon les films) mais ce temps était nécessaire pour établir la base des rapports entre Tony et Loki. Je suis heureuse d'avoir réussi malgré cela à t'accrocher suffisamment pour que tu ais envie de poursuivre ta lecture.

A part ça, c'est un véritable bonheur de pouvoir creuser les personnalités de Tony et Loki, leurs forces et leurs faiblesses, les sentiments qu'ils répriment tous deux, et cette relation qui se tissent entre eux sans qu'ils ne puissent y mettre de nom. Ça passe par le travail d'écriture, qui diffère d'un point de vue à l'autre, et je suis contente que tu y sois sensible. Encore merci pour ta review !


Bonne lecture !

Ju' et Kae


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CHAPITRE 8

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Les espoirs déçus, les trahisons successives, les blessures inévitables lui laissant chaque fois le cœur un peu plus meurtri. Un pari sur l'avenir, en véritable acte de foi, sans que rien ni personne ne puisse lui affirmer qu'il ne viendrait jamais à le regretter. La confiance pourtant, timidement offerte sans même qu'il en ait eu conscience, en une rare honnêteté.

Tony avait finalement décidé de se faire enlever son réacteur ark de la poitrine.

Ce jour-là, pour la première fois – mais pas la dernière – Tony crut en Loki.

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Tony quitta l'hôpital une semaine après son opération. Un délai d'attente bien trop loin selon lui, mais il n'avait pu négocier moins, les médecins ayant déjà suffisamment rechigner à signer son autorisation de sortie. Après tout, si l'opération s'était étonnamment bien déroulée, ce n'en demeurait pas moins une opération chirurgicale très lourde. Seule la promesse – que, soyons claire, il ne comptait pas le moins du monde tenir – de se ménager pendant les semaines suivantes qu'ils lui avaient arrachée de force avait pu venir à bout de leurs réticences. Mesurer ses efforts, rester alité de longues heures et pire, dormir ? Même pas en rêve ! Toutefois, il allait allègrement profiter du généreux arrêt de travail de deux mois qu'ils lui avaient prescrit pour éviter toute tâche demandée par Pepper et ayant un quelconque lien avec Stark Industries.

Peut-être qu'il profiterait des rendez-vous médicaux hebdomadaires qu'on lui avait imposé pour rendre visite à Happy. Tandis qu'il sombrait sur la table d'opération, son ami s'était effectivement réveillé de son coma, et avait été rapatrié sur New-York dès que son état avait été jugé suffisamment stable pour un transfert de cette ampleur. Happy qui d'ailleurs avait catégoriquement refusé d'être installé dans la même chambre que lui pour la durée de leur séjour commun. Il ne comprenait pas pourquoi, ça aurait quand même fait passer le temps vachement plus vite !

Toujours est-il qu'il rentrait finalement chez lui. Une limousine était directement venue le chercher à la clinique – et définitivement, il bénissait la discrétion de cette dernière – Ce à quoi il ne s'attendait pas en revanche, c'était le fait que Pepper l'attende directement dans l'habitacle de la voiture, et non à la Tour comme ils l'avaient convenu la veille.

« Chérie ? » s'étonna-t-il. « Ce n'est pas que je ne suis pas content de te voir, mais qu'est-ce que tu fais là ? »

« Croyais-tu vraiment que je te laisserai seul le jour de ta sortie d'hôpital ? »

Nul n'aurait pu se douter des épreuves qu'elle avait traversées récemment. Habillée de l'un de ses tailleurs les plus strictes, coiffée sans qu'un seul cheveu ne dépasse et manucurée jusqu'au bout des ongles, elle renvoyait parfaitement l'image de la PDG intransigeante et sûre d'elle qu'elle était. Pourtant, lorsqu'elle l'embrassa, Tony lui ne vit plus que la femme dont il était tombé amoureux.

« Comment vas-tu ? » lui demanda-t-elle une fois qu'ils se furent tous les deux réinstallés et attachés.

« Bien. » Elle le regarda d'un air dubitatif, le forçant à développer sa réponse. « Ça peut aller. La douleur est toujours présente, mais les médecins ont dit que c'était normal. J'avais un trou de quinze centimètres de profondeur dans la poitrine. Malgré toute la technologie et la meilleure volonté qu'on peut y mettre, il faut laisser du temps. »

Elle hocha pensivement la tête. Mais maintenant qu'il y faisait attention, Tony voyait bien que quelque chose la travaillait. Quelque chose dont elle hésitait visiblement à lui parler. Ouh, ça sentait incroyablement mauvais cette affaire.

« Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? » l'interrogea-t-il.

« Qu'est-ce que tu veux faire maintenant ? »

Tony s'était raidi. Il n'était pas tout à fait certain de comprendre ce qu'elle sous-entendait, mais ça ne lui disait rien qui n'aille.

« Avec la villa détruite, » reprit-elle en voyant qu'il ne poursuivait pas, « tes expériences en stand-by et Iron Man au tapis, je voulais seulement savoir quels étaient tes projets. »

« Et bien… dans un premier temps, je vais ordonner la reconstruction de la villa, » répondit-il lentement, soupesant attentivement le moindre de ses mots. « Je resterai à la Tour pendant les travaux, mais ça reste chez moi là-bas. Pour ce qui est de mes projets, Jarvis avait des copies de tout, et des copies des copies au cas où. Au final, je n'ai que très peu perdu, mis à part quelques prototypes. Et pour Iron Man, ce n'est qu'une question de temps avant que je ne sois de nouveau sur pieds et opérationnel. »

Un silence étrangement pénible se dressait entre eux. De toute évidence, ce n'était pas ce qu'elle voulait entendre. Même en ayant passé une semaine tous les deux, dans un cadre familier et rassurant, ils n'avaient à aucun moment abordé les sujets qui fâchaient, passé la nuit de leurs retrouvailles : le Mandarin, Iron Man, ses armures, ses insomnies… Beaucoup de choses en rapport avec lui maintenant qu'il y pensait. Sans doute pour cette raison qu'il n'avait personnellement pas tenu à aborder le sujet auparavant. Il semblerait toutefois que le moment soit finalement venu. Et comme souvent, c'est Pepper qui montra bien plus de cran que lui dans ce domaine et reprit la parole.

« Cette bataille… Killian, tout ce qu'il a fait, tout ce qu'il s'est passé… ça ne change rien pour toi ? »

« J'ai été enlevé, j'ai dû combattre des terroristes, Stane et son Iron Monger puis Whiplash, tout en luttant contre un empoisonnement au palladium. J'ai affronté des créatures venues de l'espace, » et il préférait ne pas aborder le sujet de Loki pour le coup, « et manqué de mourir d'une crise cardiaque il y a quelques mois parce que mon réacteur a décidé de subitement rendre l'âme. En quoi cette crise que nous traversons aujourd'hui est-elle différente de toutes les précédentes ? »

« Je pensais qu'après ton opération… »

« Mon opération ? » s'étonna-t-il, haussant un sourcil. « Qu'est-ce que ça change ? Je suis Iron Man, avec ou sans mon réacteur ark. Et mis à part cette épée de Damoclès que j'ai finalement fait retirer de ma tête, rien n'a changé. » Il la coupa fermement avant même qu'elle ne puisse parler. « Maintenant si tu veux bien m'excuser, je suis encore fatigué et je ne veux pas parler de ça maintenant. »

C'était lâche, mais il n'avait absolument pas envie de se disputer maintenant avec elle, qui plus est à ce sujet.

« Bien sûr, excuse-moi. Ferme les yeux un moment, nous serons bientôt arrivés. »

Tony obéit, plus pour fuir son regard que dans la réelle optique de se reposer. Il savait que ce n'était pas terminé, que le sujet reviendrait inévitablement sur le tapis, que ce soit dans les jours, les semaines ou même les mois qui allaient venir. Mais ce n'était pas pour autant qu'il avait hâte que ce moment arrive.

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Tony entre dans le salon d'un pas vif, dénouant nerveusement sa cravate. La conférence de presse avait été une véritable catastrophe.

Bon, peut-être pas tout à fait une catastrophe, il avait fait bien pire par le passé, mais on s'en approchait dangereusement. Les journalistes n'avaient peut-être rien vu – bande d'idiots stupides et aveugles ! – mais lui s'était senti oppressé tout du long, au point d'avoir parfois du mal à trouver son souffle. Aucun rapport avec l'opération – même si cela avait sans doute accentué le phénomène – mais directement causé par la distance entre lui et Pepper. Cette dernière s'était montrée aussi souriante et professionnelle qu'à son habitude, mais dès qu'ils avaient quitté l'estrade et l'œil scrutateur des caméras, elle avait aussitôt repris son air inquiet et soucieux qu'elle ne quittait plus depuis la veille et cette discussion avortée dans la voiture. Et avant qu'il ne puisse essayer de l'aborder – parce qu'on pouvait dire de lui ce qu'on voulait, que se confier n'était pas son genre, ce n'était pas pour autant qu'il appréciait de la voir se mettre dans un état pareil – elle l'avait planté là en disant qu'elle devait aller voir Happy à la clinique et qu'elle serait de retour en début de soirée.

Dans ces conditions, le terme « catastrophe » semblait donc être des plus appropriés. Il envisagea un instant d'aller boire un verre – comprendre ''se bourrer la gueule'' – mais les médecins avaient été très clairs, et il n'était pas stupide au point d'ignorer leurs recommandations sur ce sujet-ci. Objectif : trouver une autre occupation et vite, avant qu'il ne perde la tête pour de bon.

« Jarvis, appelle Loki et dis-lui de venir au labo, » ordonna-t-il à son IA. « J'ai carrément besoin de me détendre, et aller bricoler un peu me semble une bonne idée. »

« Tout de suite Monsieur. »

Il ne pouvait toutefois pas nier une légère inquiétude due au fait de confronter pour la première fois le dieu sans la protection que lui offrait le réacteur ark. Toutefois, il avait fait son choix, et c'était pas son style de faire machine arrière, même s'il l'avait pu.

Il allait emprunter l'ascenseur pour descendre les étages le séparant de son atelier – lui, prendre les escaliers ? Et puis quoi encore ? – quand la cabine s'ouvrit sur Rhodey. Sans lui laisser le temps de réagir ou de trouver une solution de repli, son ami l'enlaça rapidement.

« C'est bon de te voir mon pote ! »

Mécaniquement, Tony répondit à son étreinte. Heureusement, Rhodey connaissait son peu de goût pour les contacts prolongés et le relâcha rapidement. Mais bientôt, son regard glissa vers sa poitrine où l'habituelle lumière bleue brillait par son absence – bordel, il devait vraiment être fatigué pour faire un jeu de mots pareil…

« On a pas mal de choses à se dire toi et moi, » lui asséna le militaire.

Et sur ces mots, il les dirigea vers le salon qu'il venait de quitter et s'avachi dans l'un des canapés, ne laissant d'autre choix à Tony que de l'imiter. Visiblement, c'était loupé pour l'excursion au labo. Loki allait le tuer…

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Loki tapait impatiemment du pied tandis qu'il attendait dans l'atelier de Stark que ce dernier daigne se présenter à lui. Bien sûr, il comprenait qu'après les événements concernant le Mandarin – c'était le nom consacré à ce terroriste, tout à fait pathétique – il souhaite passer du temps auprès de sa compagne, d'autant plus que celle-ci avait visiblement été sujette aux tortures de cet homme. Mais malgré cela, il n'appréciait que très peu d'avoir été totalement mis à l'écart pendant près de trois semaines, et qui plus est sans recevoir la moindre nouvelle.

Une heure plus tôt, Jarvis l'avait contacté pour lui signaler que son créateur avait du temps à lui consacrer, et qu'il l'attendait dans son laboratoire new-yorkais. Et cela faisait par conséquent cinquante-neuf minutes que Loki l'attendait, sa maigre patience s'effritant de seconde en secondes.

Alors qu'il commençait très sérieusement à envisager de partir, il entendit les portes en verre coulisser derrière lui.

« Désolé, j'ai été retenu ! »

Et c'est à cet instant que Loki la sentit. Sa force, sa présence, sa vie. Là, juste au creux de sa main, presque palpable, quand auparavant il n'y avait que le néant.

Se retournant d'un mouvement vif, il avança plus rapidement encore vers Stark, tant et si bien que celui-ci recula d'un pas sous l'effet de la surprise, ainsi que d'une certaine crainte s'il devait en juger par son regard. Il ne lui fallut qu'une fraction de seconde pour remarquer le réacteur absent de la poitrine de l'humain.

« Qu'est-ce donc que cette sorcellerie ? » l'interrogea-t-il d'un ton pressent. « Cet appareil ne vous maintenait-il pas en vie ? Comment donc pouvez-vous vous en passer alors qu'il vous est indispensable ? »

« Pour être tout à fait exacte, c'étaient les échardes autour de mon cœur qui me menaçaient. L'ark n'était qu'un moyen de palier à ce risque. »

Stark alla s'appuyer contre une table. Délicatement, Loki profita de l'instant pour sonder l'humain face à lui. Et il le sentait, dieux tout puissants ! Os, muscles et chair, le moindre des atomes le composant. Cette étincelle de vie, l'âme même de Stark, retentissante et flamboyante, une flamme telle qu'il ne pourrait la saisir sans se bruler. Et elle était là, à sa portée. Il lui suffirait d'un claquement de doigt. Il serait si facile de s'en emparer, de le soumettre à ses ordres. Si facile…

Il secoua brièvement la tête, écartant de son esprit ces pensées fugitives. Au vu de son regard lourd de sens posé sur lui, Stark devait avoir senti son inspection. Pourtant il ne dit rien, se contentant de soutenir fermement son regard, une leur indéfinissable brillant au fond de ses yeux.

« J'ai failli crever il y a quelques mois parce que mon réacteur a eu une putain de défaillance, » finit-il par expliquer, après de longues secondes d'un silence tendu. « Tu m'espionnais déjà à l'époque, t'as surement dû t'en rendre compte. Alors j'ai pris le problème à la racine, et fait retirer les éclats de shrapnels de ma poitrine. Résultat, plus besoin de réacteur. »

« Seuls les éclats de métal menaçaient votre vie, c'est vous-même qui l'avez dit. Quel intérêt aviez-vous donc à vous séparer de votre réacteur ? »

« On voit que ce n'est pas toi qui te coltinais en permanence un sport lumineux au milieu de la poitrine ! » ricana-t-il stupidement.

Loki ne comprenait pas, et il avait horreur de ne pas comprendre. Il ne pouvait pas seulement s'agir de ça ! Stark n'était pas un imbécile, il ne pouvait pas avoir subitement décidé de faire retirer son réacteur ark sans songer aux conséquences et possibles répercussions, notamment vis-à-vis de lui !

« Ce réacteur, » insista-t-il donc, « était la source de pouvoir alimentant votre armure, et vous protégeait des attaques magiques dont vous pourriez être victime, y compris des miennes. Alors pourquoi vous débarrasser de cet avantage tactique indéniable ? Vous ne me ferez pas croire qu'il s'agit uniquement de considérations esthétiques ! »

« J'ajouterai un réacteur à mes armures. Ça demandera quelques ajustements, mais rien d'insurmontable ou même de compliqué. Quant à ta magie… disons simplement que j'ai choisi de te laisser une chance. »

« Une chance ? » demanda-t-il d'une voix basse, se rapprochant de lui.

« Un pari plutôt. Oui, voit ça comme une sorte de pari avec le diable. Ce ne sera pas la première fois, et certainement pas la dernière. La dernière fois m'a plutôt bien réussi, si tu regardes où on en est toi et moi. »

« Tu n'imagines même pas tout ce que je pourrais te faire, » menaça-t-il d'une voix doucereuse, tournant lentement autour de sa proie. Mais Stark ne cédait pas un pouce de terrain et ne le lâchait pas des yeux, allant même jusqu'à chercher son regard. Effronté, et arrogant, et impertinent petit humain, qui eut l'audace de lui adresser un sourire tranchant.

« Je prends le risque. »

Et pour preuve, il se retourna et lui offrit insolemment son dos pour gagner l'établi le plus proche. Un instant stupéfait, Loki laissa échapper un bref éclat de rire sarcastique, dissimulant derrière son habituelle ironie ce qu'il pouvait ressentir. Car malgré tout ce qu'il pouvait dire, il se sentait étrangement touché par cet acte de confiance à son encontre. C'était gratuit, désintéressé. Stark n'avait rien à gagner à se rendre vulnérable à sa magie, et tout à y perdre. Et pourtant il l'avait fait. Sans aucun doute d'autres éléments, qui pour la plupart lui étaient inconnus, avaient pesé dans la balance. Mais il ne pouvait pas imaginer qu'il n'ait pas fait ce choix en toute connaissance de cause.

Loki était le dieu du mensonge et du chaos. Et pourtant cet homme, aussi brillant qu'il était insupportable, celui qui lui montrait chaque jour ce que l'humanité avait de meilleur et de pire, avait choisi de lui faire confiance. Il n'en était pas digne pour sûr : il finirait inévitablement par le décevoir. Trahir avant d'être trahi, manger ou être mangé, la seule solution qu'il avait trouvée pour se garder sauf. La seule véritable loi valable en ce bas monde, celle du plus fort.

Loki avait peut-être la confiance de Stark, mais celui-ci n'avait pas la sienne. La méfiance et le doute étaient toujours là, discrets mais bel et bien présents. Néanmoins, contrairement à ce qu'il aurait cru possible quelques mois auparavant, il en venait à croire qu'il pourrait peut-être un jour la lui accorder. Peut-être. Et d'ici à ce que ce jour arrive, sans doute pourrait-il continuer à œuvrer ensemble dans un but commun.

« Tu bouges ton cul ? On a du boulot ! »

Ou peut-être pas. Piètre mortel…

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« Pas la peine de te déplacer d'accord ? Je t'assure que je vais très bien, les médecins sont très confiants à ce sujet : aucun risque de rechute ! Mais bien sûr que non je n'ai pas mal ! J'ai survécu à bien pire qu'une petite opération de rien du tout ! »

Assis – avachi – sur son siège, Tony soupira lourdement. Il n'avait pas besoin de voir Loki, installé à l'autre bout de la pièce, pour sentir sur lui son regard amusé. Il roula machinalement des yeux. Quant à dire si c'était en réaction au comportement du dieu ou aux mots de son interlocuteur, ça restait à déterminer. Tous deux étaient de bonne humeur – ce qui dans le cas de l'autre enfoiré méritait au minimum d'être crié sur tous les toits – et il tenait à profiter à fond de cette journée pour avancer. Heureusement donc que la conversation touchait à sa fin parce qu'ami ou pas, il allait l'envoyer chier !

« Ecoute, j'ai pas mal de boulot, tu sais ce que c'est, ça, s'arrête jamais. On se rappelle ? Oui promis, je te tiens au courant ! C'est ça, à plus tard ! »

Tony raccrocha et soupira, se tournant finalement vers le dieu.

« Après Rogers, voilà que Banner s'y met. J'aurais jamais imaginé que la conférence de presse pourrait avoir cet effet, surtout aussi rapidement ! Je te jure, même si c'est pas la première fois, avoir Cap qui se soucie de ma santé est toujours aussi perturbant ! Heureusement que j'ai limité les dégâts ! »

« Ne devriez-vous pas dire ''heureusement que je leur ai menti'' ? Après tout, n'était-ce pas censé avoir subi une opération cardiaque dangereuse avec des risques de complication non négligeables, une convalescence longue de plusieurs mois et des douleurs qui persistent encore aujourd'hui ? »

« Des détails ? » demanda-t-il innocemment, tout en sachant pertinemment que Loki n'était pas dupe une seconde. Rapidement, il laissa transparaitre son agacement. « J'ai pas besoin qu'on me couve, j'ai déjà assez de Pepper pour ça ! »

« Votre compagne approuve-t-elle le temps indécent que vous passez dans votre atelier malgré ladite convalescence, tout juste une semaine après votre intervention, et ce sans tenir compte des recommandations de vos médecins ? »

« Non, et vaut mieux pour moi que ça reste ainsi, elle serait capable de m'attacher au pieu et pas dans un délire BDSM si tu vois ce que je veux dire ! »

« Non, je ne vois pas et je préfèrerai qu'il en reste ainsi. Je ne tiens nullement à vous surprendre dans une quelconque position scabreuse, ce qui j'en suis sûr n'aurait d'autre effet que de me faire fuir et rompre tout contrat avec vous. »

« Dis donc, c'est ma fête aujourd'hui ? Pour rappel, j'ai quand même réussi à convaincre Bruce de ne pas se pointer ici pour prendre directement de mes nouvelles. Pas sûr que j'aurais pu te convaincre de rester au labo avec lui présent dans la Tour, même à plusieurs étages de différence, alors tu pourrais me remercier quand même ! »

« Je pourrais en effet être convaincu de vous formuler ma gratitude pour m'épargner la présence de cette créature, mais cela dépendra de vos arguments. »

« Puisque je ne peux pas me déplacer, ordre du médecin, » et ces mots suintaient d'ironie, « c'est Pepper qui est partie à Malibu pour superviser le lancement du projet de la reconstruction de la villa. Ce qui veut donc dire trois jours ensembles pour bosser non-stop, sans être dérangé par qui que ce soit puisque j'ai bouclé la tour. »

Et effectivement, présenté ainsi, c'était sans doute un peu extrême, mais il avait vraiment besoin qu'on lui foute la paix !

« Alors, qu'en penses-tu ? » demanda-t-il, croisant les bras sur sa poitrine. « Ça ne mérite pas tes remerciements ? »

Loki arbora tout à coup un air espiègle, et Tony savait que le même air se reflétait sur son propre visage.

« Cela devrait pouvoir se négocier… »

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Mais passés ces trois jours durant lesquels tous deux n'avaient que très peu dormi, et qui s'étaient déroulés dans une relative bonne humeur, les choses s'étaient rapidement dégradées. Comme c'était étonnant – soit dit en passant, c'était ironique. Karma de merde !

Le truc, c'est qu'il n'avait pas anticipé qu'étant désormais à New-York non-stop – et Pepper aussi par la même occasion – cela allait drastiquement réduire son temps de travail. Même dans les cas où elle passait ses journées à Stark Industries, elle était rentrée tous les soirs à la maison, et surtout présente toutes les nuits – parce que les insomnies, ça allait bien deux secondes, mais difficile de découcher un soir sur deux pour aller bosser avec Loki quand Pepper dormait à côté de lui.

Mais quoi qu'il puisse en dire – ou se plaindre, ça allait avec – il était content de la voir. Certes, l'entendre raconter ses journées et l'abreuver de détails inutiles sur S.I., il s'en passerait bien, mais ça faisait partie du packaging. Et pouvoir passer du temps tranquille avec elle, faire des trucs de couple normal pour une fois… c'était juste génial. Ils n'avaient pas réabordé les sujets qui fâche, ni l'un ni l'autre – et ce ne serait certainement pas lui qui ferait le premier pas ! – et se contentaient de se laisser porter, au fur et à mesure que les jours s'écoulaient pour devenir des semaines.

Sauf qu'il y avait inévitablement un revers à la médaille. Si depuis un mois son couple avait retrouvé un équilibre – relativement – stable et serein, sa relation avec Loki s'était au contraire très largement dégradée. Outre leur temps de travail qui avait très fortement diminué, le dieu commençait à très fortement s'agacer de devoir systématiquement se téléporter hors du labo à chaque fois que Pep' y faisait irruption, soit en moyenne une à deux fois par jour. Il la comprenait, tous les deux avaient manqué de mourir, et elle s'inquiétait pour lui. A raison d'ailleurs – comment dire qu'il avait respecté les consignes des médecins pendant approximativement quatre heures, rejoignant son atelier dès que Pepper était partie la première fois ?

Mais tout ceci n'aidait en rien à apaiser les choses entre le dieu et lui. L'ambiance chaleureuse et détendue des trois jours qui avaient suivis la conférence de presse n'était plus qu'un lointain souvenir, tout comme l'ironie mordante et les remarques piquantes de Loki. Certes, ça l'avait étonné qu'il se laisse ainsi aller en sa présence sans raison – piètre mortel inconséquent et futile, le baratin habituel… Toutefois, il devait avouer regretter cette facette du dieu, qu'au final il n'avait fait qu'entrapercevoir.

Merde, qu'est-ce que ça changeait au final ? Loki lui faisait la gueule, et alors ? Il n'en avait absolument rien à foutre. Bien sûr, les conditions n'étaient plus les mêmes, ce qui n'aidait pas. Mais ça importait peu. La seule chose qui comptait, c'était Omega.

C'était juste dommage qu'il n'arrive pas à s'en convaincre lui-même.

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C'était l'une de ces journées sans, comme on en faisait rarement. Les défaites cuisantes s'étaient enchainées, tandis que leurs divers prototypes avaient explosé les uns après les autres à chaque fois qu'ils étaient alimentés. Et Loki devait être foutrement en rogne contre lui, puisqu'il n'avait pas totalement jugulé le retour de flamme de la dernière explosion, et Tony avait été brulé. Pas grand-chose, mais ça aurait pu être bien pire s'il n'avait pas eu le réflexe de se jeter sous son établi à la dernière seconde.

De là s'était tout naturellement ensuivi une remarquable dispute, tandis que le niveau sonore augmentait à mesure que les insultes volaient. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas laissé aller à un tel déchainement de violence l'un envers l'autre. Trop longtemps peut-être ? Tony avait un tempérament explosif, et il ne voulait même pas parler du caractère de merde de ce crétin de dieu. Tenter de se contrôler à temps plein, retenir critiques et vacheries était tout sauf un bon plan sur le long terme. Ils s'étaient donc tous deux mis à se reprocher leurs tords et leurs faiblesses, qu'ils soient réels ou imaginaires, avant que Tony n'en vienne à claquer la porte, totalement à bout de nerfs.

C'est donc remarquablement exaspéré qu'il remonta au penthouse. Rien de bon de sortirait de cette journée, et il préférait quitter son atelier avant de commettre un meurtre – essayer d'en commettre un plutôt, car fallait être honnête deux secondes, contre Loki il avait juste aucune chance.

Jurant à voix basse contre cet emmerdeur de première avec qui il partageait son labo, il gagna le bar pour se servir un verre, qu'il avala cul-sec avant de s'en resservir un autre. Les recommandations des médecins ? Rien à foutre, ça faisait plus d'un mois qu'il avait été opéré, et c'est pas comme s'il les avait déjà respecté avant.

Son verre dans une main, un StarkPad dans l'autre, il alla s'installer sur un canapé. Même s'il avait quitté son atelier, il n'avait pas pour autant arrêté de réfléchir. Voilà longtemps que leurs expériences n'avaient pas si mal tourné, d'autant plus qu'il n'y avait eu que des changements minimes par rapport aux derniers prototypes. D'où provenait la défaillance ? S'agissait du câblage en argent, sensé mieux conduire la magie que le cuivre, qui avait surchauffé ? Les connectiques avaient-ils été mal alignés ? Y avait-il eu un défaut dans l'assemblage ?

Il délaissa peu à peu son verre, au fur et à mesure qu'il échafaudait ses hypothèses. Le schéma sur sa tablette se retrouva annoté dans tous les sens à mesure qu'il lançait des simulations virtuelles, tandis qu'il recalculait manuellement ses équations sur un papier à part trouvé sur la table basse. Il était tellement pris par ses calculs qu'il n'entendit pas Pepper s'approcher de lui, ni même ne la sentit se pencher par-dessus son épaule. En revanche, il entendit très nettement son cri, qui vint littéralement lui exploser le tympan. Et on s'étonnait qu'il ne soit pas déjà sourd.

« Tony ! Qu'est-ce que tu fais ? »

Il paniqua un bref instant, avant de se rendre compte que ce n'était pas le StarkPad qu'elle fixait – il aurait eu du mal à lui expliquer ce qu'il était en train de faire, avec qui il le faisait, et accessoirement survivre à l'inévitable explosion de sa copine – mais le papier barré de calculs en tous genre. Baissant à son tour les yeux, il ne put que constater que ce papier qu'il avait utilisé était en réalité un énième contrat pour Stark Industries, qu'il devait probablement signer. Ou du moins, qu'il aurait dû signer si seulement les lignes et autres colonnes de chiffres étaient encore visibles.

« Euh… désolé ? »

Ça ne devait pas être la bonne chose à dire, puisqu'au lieu de l'engueuler sévère, elle se contenta de soupirer avant de porter une main lasse à son front et de s'assoir à côté de lui sur le canapé.

« Tu es sûre que tout va bien ? »

« Franchement ? Non, ça ne va pas. »

Ça, il devait avouer qu'il ne s'y attendait pas à cette réponse. C'était censé être une question de politesse, elle ne devait pas répondre ça ! Merde, qu'est-ce qu'il faisait maintenant ?

« C'est le boulot ? Tu veux en parler ? »

C'était putain d'hypocrite venant de lui, ce qu'elle ne manqua pas de lui faire remarquer d'ailleurs.

« C'est drôle venant de toi ! On en parle des heures que tu passes enfermé dans ton labo et de tes projets secrets sur lesquels tu ne veux pas dire un mot ? »

Il détourna la tête, mal à l'aise. Que pouvait-il répondre à ça. Je suis désolé ? Il ne l'était pas. Je voulais t'en parler ? Pas avant de toucher au but, ce qui était encore loin d'être le cas. Je vais lever le pied ? C'était faux et tous deux le savaient pertinemment.

« Écoute, » reprit-elle finalement après quelques minutes de silence, que chacun avait passé à soigneusement éviter le regard de l'autre. « J'ai essayé de te laisser le temps et l'espace dont tu avais besoin. J'ai vraiment essayé, je te le jure. Mais à force de tourner autour du pot, d'éviter les sujets importants, on laisse pourrir cette situation qui est en train de nous éloigner. Alors je t'en prie Tony : parle-moi. »

Il hésita un instant. Lui dire la vérité ? Il en crevait d'envie. S'il avait soigneusement évité le sujet jusqu'alors, lui-même était bien obligé de reconnaitre qu'ils devaient en passer par là.

« Je vais être franc avec toi Pepper : je fais des efforts, mais tu ne les vois pas. » Il se leva et commença à faire les cent pas. « Tu trouves que je passe trop de temps à l'atelier ? Tu ne peux même pas imaginer le temps que j'y passais quand j'étais à Malibu. Tu en as une petite idée bien sûr, mais en réalité tu es loin du compte. Alors certes, les insomnies et les cauchemars jouaient. C'est toi-même qui me l'a dit, redit et asséné de toutes tes forces et sur tous les tons possibles, je souffre de syndrome de stress post-traumatique depuis des années, et New-York a juste empiré le bordel. Alors je prétends pas être totalement guéri, je ne le serais même probablement jamais, mais tu sais ce qui m'aide à me calmer, à passer au-dessus de tout ça ? Bricoler. »

Il s'immobilisa et se tourna alors vers elle.

« Je ne me sens jamais aussi bien, aussi vivant que lorsque je suis dans mon atelier à essayer de résoudre un problème, excepté quand je suis Iron Man. Ces projets, ces inventions, ces armures… Tout ça, c'est ce que je suis Pep'. Ça l'était déjà bien avant même qu'on se mette ensemble, et tu le savais à l'époque. Le Mandarin n'a rien changé à ce que je suis. Je n'ai pas changé. La seule chose qui m'importe, c'est de savoir si tu peux l'accepter. M'accepter moi, comme je suis. Parce que je t'aime Pep, et je veux que ça marche entre nous. Mais j'y arriverai pas tout seul. »

Elle se leva doucement, le regardant fixement. Un instant, il crut qu'elle allait quitter la pièce. Un instant seulement, avant qu'elle ne vienne l'enlacer avec force.

« Alors on y arrivera ensemble. »

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A partir de là, les choses reprirent peu à peu leur cours. Pepper acceptait plus facilement de le laisser à son atelier et à ses projets oh si secrets et ce sans venir le déranger, tant qu'il ne perdait pas pieds avec la réalité comme cela lui était déjà arrivé auparavant. En retour, Tony acceptait de délaisser un temps ses recherches quand il rejoignait leurs appartements. Un équilibre difficilement tenable, pour l'un comme pour l'autre. Mais toute relation était faite de compromis, la leur ne faisait pas exception à cette règle. Alors bien sûr, il demeurait une certaine tension par moment, et ils élevaient occasionnellement le ton. Mais même avant le Mandarin et toutes les emmerdes qu'il avait causé, ils n'étaient jamais parvenus à une relation sereine et sans conflits. C'était même pas possible d'abord, pour qui que ce soit, et celui qui dirait le contraire était un menteur !

Dans ce contexte, Pepper avait réussi à le convaincre de passer aux bureaux de Stark Industries pour régler quelques détails, de l'accompagner lors de sa tournée d'inspection de l'un de leurs ateliers de production au nord de l'état, et même de participer à l'une de ces foutues réunions du conseil d'administration, c'est dire ! Et il pouvait dire sans trop se forcer qu'il n'en avait pas détesté la moindre seconde, ce qui était tout de même un remarquable pas en avant. Mais autant il appréciait bosser dans son atelier, autant rester enfermé à l'appart des semaines durant – ordre du médecin, il avait compris, merci maman ! – était difficilement tenable.

Mais ce nouvel arrangement entre eux avait aussi eu d'autres conséquences appréciables, quoi qu'inattendues. Il ne passait pas beaucoup plus de temps au labo, non. Mais maintenant qu'il avait pu discuter franchement avec Pepper – et il pouvait nier, ou plutôt se mentir à lui-même autant qu'il le voulait, c'était nécessaire – il était maintenant pleinement concentré sur son travail. Et ce d'autant plus qu'il n'avait maintenant plus peur d'être dérangé pour un oui ou pour un non, les trois quarts du temps lors d'une phase de manipulation dangereuse.

Et cette volonté de se remettre sérieusement au travail avait visiblement eu un certain effet sur le dieu, qui se retrouvait lui aussi happé par cette nouvelle frénésie intellectuelle. Des heures durant, ils échafaudaient de nouvelles théories, discutant matériaux et conception, avant de mettre en pratique leurs meilleures idées et de les concevoir. Bien sûr, le résultat ne changeait pas vraiment – pourquoi cela changerait-il brutalement, ça faisait juste sept putains de mois qu'ils étaient là-dessus n'est-ce pas ? – mais au moins poursuivaient-il leurs efforts dans leur quête de l'alliage parfait. A leur connaissance, personne n'avait jamais réussi à allier magie et technologie, pour peu que l'expérience ait déjà été tentée. Et ils seraient les premiers à réussir.

Sauf que la situation était trop simple. Pepper, Stark Industries, Loki, les armures, l'atelier, il parvenait à gérer. Mais tout ça, c'était avant qu'Iron Man ne reprenne du service…

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Bras croisés et appuyé contre un établi, Loki attendait le retour de ''l'homme du jour''. Pour sa première mission depuis des semaines, Iron man avait fait fort impression parmi les médias. Jarvis avait eu l'amabilité d'afficher sur l'un des écrans de l'atelier les informations télévisées, ce qui lui avait permis de suivre en direct l'intervention de Stark. Et même si cette technologie était d'un grand avantage tactique, il avait également dû supporter avec un agacement certain les commentaires énamourés de l'une des journalistes, visiblement une fan de la première heure de l'homme de fer. Absolument pathétique.

Fort heureusement, Jarvis éteignit rapidement la télévision, lui signalant que son maitre était en chemin. Et effectivement, Stark pénétra d'un air conquérant dans l'atelier, paradant fièrement dans cette immonde combinaison noire qu'il enfilait sous son armure.

« Je vois que vous en être sorti indemne, » déclara-t-il d'entrée de jeu, ce qui ne parvint toutefois pas à faire diminuer le sourire du mortel. « De votre part, cela m'étonne grandement. »

« Je vais faire celui qu'a rien entendu ! »

« Votre compagne approuve-t-elle votre retour sur le terrain ? » dit-il, essayant un autre angle d'attaque pour le faire sortir de ses gonds. « Si ma mémoire est bonne, cela fait moins de deux mois que vous vous êtes fait opérer, alors que tel était le délai de repos que vous prescrivaient les médecins avant je cite ''une reprise progressive d'une quelconque activité physique''. »

« Des hommes avaient pris en otages les gosses d'une école et les flics étaient dans les choux, je pouvais pas laisser faire ! » s'insurgea-t-il faussement. « Et d'abord, comment est-ce que tu sais ce que m'ont dit les médecins au mot près, vu que même Pepper était pas là ? »

« Tony Stark, défenseur de la veuve et l'orphelin ! » persifla-t-il avec un sourire narquois, refusant de répondre à sa dernière question. Comme pouvait-il simplement la poser sans se douter de la réponse ?

« Foutu voyeur ! »

Pourtant, l'expression réjouie qu'il arborait venait amoindrir la dureté de l'insulte qui lui était faite. Sans nul doute possible Stark était heureux de recouvrer l'adrénaline du combat et les louanges du peuple après de longues semaines d'un repos forcé. Il le comprenait parfaitement, bien qu'il n'ait personnellement jamais eu droit aux seconds. Il avait à une époque dû garder le lit onze mois durant, suite à une bataille qui avait mal tournée. Bien sûr les compagnons de son frère n'avaient pas manqué de railler sa faiblesse, oblitérant soigneusement le fait que seule son intervention leur avait valu la chance de rentrer en vie et entiers à Ásgard. Il devait avouer n'être point mécontent de ne plus avoir à supporter leur présence indésirable. L'un des indéniables avantages de cet exil forcé sur Midgard.

« Loki ? Tu m'écoutes ? »

« Pour vous entendre déblatérer à propos de vos supposés exploits ? Non. »

La raison n'était pas celle évoquée, mais elle ferait bien l'affaire. Avouer s'être perdu dans ses souvenirs et en éprouver de la nostalgie devant un mortel ? Les Nornes en riraient ! Mais Stark avait été parfaitement dupe de son mensonge, et s'en retourna à babiller seul à propos du glorieux combat mené. Loki ne l'écoutait plus que d'une oreille distraite, se remémorant l'époque bienheureuse où il en faisait de même avec son frère. Que les choses avaient changé depuis…