Disclaimer : Nous ne tirons profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires. Nous ne retirons rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. En revanche, l'histoire nous appartient.
Rating : T
Genre : Romance / Drama / Angst / Comfort
Personnages : Tony Stark ; Loki ; la plupart des personnages vus dans les films du MCU
Situation temporelle : Démarre en 2012, après que Loki a récupéré le Tesseract dans Avengers Endgame


Bonjour tout le monde !

D'un côté, nous avons Tony et les Avengers qui se lancent à la poursuite d'Ultron. Et de l'autre, nous avons Loki qui n'apprécie que très peu le silence de Tony. Et l'absence de Tony. Et le projet Ultron de Tony. Et... Tony tout à court, à l'heure actuelle ! ;)

J'ai beaucoup d'affection l'avant dernière scène, la discussion entre Tony et Clint. Je n'en dirais pas plus, laissez-nous savoir ce que vous en pensez !

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Meranath, Egwene Al'Vere, Marguerite . Roxton - Jones, Makiang, merci beaucoup pour vos review !


Bonne lecture !

Ju' et Kae


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CHAPITRE 32

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La solitude. Elle n'est jamais plus prégnante que lorsqu'on se retrouve entouré par ceux qui nous sont proches, mais incapable de les atteindre. Quand les mots sont simplement entendus, à défaut d'être véritablement écoutés. Pire encore, quand ils pensent comprendre les tourments qui nous agitent… mais sont à mille lieux d'imaginer ce qui travaille notre esprit sans relâche. Ne nous laissant d'autre choix que d'opiner silencieusement en arborant un nouveau masque, plus solide que le précédent.

L'amitié, la compassion, l'empathie, l'affection de nos proches est une force, et non une faiblesse. Pour autant, ces mots ne sont pas toujours synonymes de compréhension.

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Quand le soleil se leva sur l'océan, Loki était prêt. Par ailleurs, au vu de la distance le séparant de New-York, le soleil devait s'être levé sur la Tour depuis un long moment déjà. Le dieu avait ainsi patienté de longues heures durant que le mortel se présente – ou tout du moins le contacte pour lui annoncer sa venue prochaine – mais en vain. Cela n'avait en rien amélioré son humeur, et sa colère n'avait fait qu'augmenter à mesure que sa patience s'effritait.

Comprenant que Stark n'avait aucunement l'intention d'assumer ses actes – en plus d'être un traitre, ce cancrelat était donc un lâche – Loki était bien décidé à prendre les choses en main.

« Jarvis ! » s'exclama-t-il d'une voix forte. Mais étonnamment, aucune voix ne lui répondit. « Jarvis ! » réitéra-t-il son appel.

Silence. Voilà qui n'était pas coutume, mais sans doute n'était-ce là rien de très surprenant. Probablement son maitre lui avait-il ordonner de ne pas lui répondre. Traitre, lâche et pleutre pour ne rien arranger. Qu'il ait pu ainsi se tromper sur la nature profonde du mortel était au-delà de son entendement. Malheureusement, il n'était pas en son pouvoir de modifier le passé. Seulement pouvait-il s'assurer de faire payer celui qui l'avait trompé.

Décidé à se rendre par lui-même à New-York, il commença par se rendre au préalable invisible. Il ne pouvait en effet être absolument certain que Stark serait seul lorsqu'il le trouverait. C'est pour cette même raison qu'il se téléporta dans l'atelier personnel de l'ingénieur et non dans celui qu'il avait visité un peu plus tôt et où se trouvait le sceptre. Après tout, ce dernier ne bénéficiait que d'une sécurité minime, et les Avengers y avaient un accès libre. Autant se faire discret, aussi longtemps qu'il en aurait la possibilité. Il ne gagnerait à rien à se précipiter et à se faire repérer.

Une fois certain que l'atelier était inoccupé, il se glissa silencieusement dans les couloirs, tous ses sens aux aguets. Fait bien inutile, puis qu'il ne rencontra pas âme qui vive. L'étage personnel de Stark étant vide, il se décida finalement à gagner les étages communs, plus précautionneusement encore. Mais cela s'avéra une nouvelle fois inutile. Il devait intérieurement avouer être mal à l'aise face à ce silence morbide. C'était… inadéquat, par rapport à ces lieux qu'il n'avait toujours connu que grouillants de vie. Il fallait toutefois avouer que la présence seule de Stark et de son verbiage odieux suffisait à donner l'illusion d'une occupation massive.

Ses réflexions furent toutefois mises à mal quand il parvint au grand salon. Car ce qu'il avait sous les yeux n'était pas le simple constat d'une pièce vidée de ses occupants, mais un véritable champ de bataille. Les meubles avaient été renversés, des verrières brisées, des rampes de métal tordues. Les murs étaient criblés d'impacts de balles, et le sol constellé d'éclats de verre. La seule chose un tant soit peu rassurante était l'absence de corps et de sang, hormis quelques rares gouttelettes incarnates.

« Jarvis ! » appella-t-il une nouvelle fois, se rendant du même coup visible.

Et si pas plus que les fois précédentes il n'obtint de réponse de l'intelligence artificielle, il n'était pas si prompt cette fois-ci à en imputer la faute à son créateur. De toute évidence, quelque chose de grave s'était passé ici, dans le laps de temps qui avait succédé à sa propre visite, et ce n'était pas sans l'intriguer.

Sa surprise se mua toutefois en inquiétude quand il avisa la présence de carcasses robotiques, qu'il reconnaissait comme appartenant à l'Iron Legion. Certes, la vocation première de ces armures était de protéger les civils – il avait peut-être ou peut-être pas écouté Stark tandis qu'il concevait leur code système – mais aussi et surtout de défendre les Avengers et leurs alliés. Des Avengers dont il ne voyait trace nulle part. Quel ennemi aurait pu détruire en si peu de temps l'Iron Legion, et faire disparaitre l'équipe par la même occasion ?

Il le reconnaissait à contre-cœur, mais les Avengers étaient une force à ne pas sous-estimer, pour des humains s'entend. Sauf qu'outre les humains, il savait que Thor avait été présent, de même que le Hulk. Quant à Stark, s'il savait se battre comme les autres, il était également relativement débrouillard. Que quelqu'un ait pu tous les terrasser alors même qu'ils s'étaient visiblement défendus était on ne peut plus invraisemblable. Qui que soit la personne derrière tout ça, elle n'était pas à sous-estimer.

Ce qui l'amenait à réfléchir à sa propre condition. Était-il toujours en sécurité sur Midgard ? Et surtout, qu'allait-il faire à propos de son frère et de Stark ? Le dieu réalisa alors qu'il était bien moins énervé qu'il ne l'avait été en posant le pied dans la Tour. Si, pour reprendre l'expression midgardienne, il avait toujours en travers de la gorge le manque de confiance de Stark à son égard et le secret autour de ce projet Ultron, - des faits qu'il lui restait encore à éclaircir – il était néanmoins satisfait de constater qu'il ne l'avait pas sciemment évité toute la nuit. Il voulait en effet croire que le combat était survenu avant même que Jarvis n'ait l'occasion de l'avertir de sa convocation. Et si cela s'avérait ne pas être le cas… et bien, il n'aurait aucun problème à revenir à son plan premier, à savoir l'extermination de l'indésirable.

Pour l'heure, il garderait la maitrise de sa colère. Stark ne serait pas épargné pour ses mensonges, mais pour cela encore fallait-il le retrouver. Loki essaya donc de le localiser magiquement. Mais, à sa plus grande surprise, il n'y parvint pas. Il devait donc avoir l'armure, puisque le réacteur ark était à l'heure actuelle la seule technologie de sa connaissance permettant de se soustraire à ses pouvoirs.

Ou peut-être était-il mort.

Loki écarta rapidement cette idée. Ce n'était pas… envisageable. Et puis, la scène trouvée dans la Tour ne correspondait pas, et que les Avengers aient tous été tués était plus invraisemblable encore que leur enlèvement. Il se refusait toutefois à pister Thor pour s'en assurer. Il ne risquerait pas sa liberté, sa sécurité, et par conséquent sa vie, en tentant de localiser son frère. Et il n'était pas assez proche des autres pour les traquer aisément, ce qui lui demanderait donc du temps et de l'énergie. Et il y avait bien d'autres façons d'avoir des réponses à ses questions.

Tentant par acquis de conscience de localiser Stark une dernière fois – et l'agacement face à cet échec venant alimenter sa colère dormante – il se dirigea vers le laboratoire. Cette fois-ci, il ne se contenterait pas d'effleurer en surface le dossier Ultron, il allait en extraire chaque fichier pour l'étudier en profondeur. Il voulait savoir exactement ce que Stark avait trafiqué dans son dos. Après tout, comment décider autrement du juste châtiment à employer envers cet impudent ? Et peut-être apprendrait-il par la même occasion ce qui était arrivé aux Avengers. C'était en tous cas un aussi bon point de départ qu'un autre…

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Le voyage vers l'Afrique du sud – et plus particulièrement vers un chantier de récupération navale non loin de Johannesburg, où avait été localisée l'actuelle planque d'Ulysse Klaue – devait durer plusieurs heures, leur laissant à tous le temps de récupérer. Mais si les conversations étaient limitées, ce n'était pas tant pour laisser se reposer ceux qui avaient la chance de pouvoir dormir, mais bien parce qu'aucun d'entre eux ne savait quoi dire, lui pas plus que les autres.

L'ambiance était pesante depuis qu'ils avaient fait face à Ultron. L'annonce de la collaboration entre l'IA destructrice et les jumeaux Maximoff, puis plus tard mort de Strucker, n'avait rien arrangé. Et ne parlons pas de l'implication potentielle d'Ulysse Klaue dans ce bordel. Tous prenaient conscience que ce Ultron serait un adversaire bien plus coriace qu'ils ne l'avaient cru de prime abord, bien loin de l'IA pacifiste que Bruce et lui avaient commencé à concevoir. Il se multipliait à toute vitesse, créait des répliques infinies de lui-même, dans une base opératoire jusqu'ici secrète. Et s'il mettait la main sur les réserves de vibranium… Ils courraient droit à la catastrophe.

Il fut tiré de ses pensées morbides par Natasha, qui vint s'assoir sur le siège voisin du sien. Elle ne prit toutefois pas la parole, se contentant de le regarder d'un air impassible.

« Oui ? » demanda-t-il au bout d'un moment, hésitant.

La voyant esquisser un petit sourire en coin, il comprit qu'il s'était encore fait avoir, et en beauté. Comme souvent avec elle, s'il devait être honnête. Mais son sourire retomba bien trop vite à son goût, tandis qu'elle le regardait avec sérieux.

« Que s'est-il passé exactement ? »

Retrouvant lui aussi son sérieux, il essaya – assez maladroitement, il devait l'avouer – de détourner son attention sans véritablement répondre à sa question.

« Quoi, tu veux vraiment qu'on épilogue sur ce désastre ? » dit-il d'une voix sèche.

« Non, » réfuta-t-elle aussitôt. « Je veux que tu me parles des raisons qui se cachent derrière ce désastre. »

Il envisagea un instant de mentir, de noyer le poisson et de changer définitivement de sujet. Mais non seulement il savait que ça ne prendrait jamais avec l'espionne, mais en plus il ressentait le besoin de se confier à quelqu'un qui ne le jugerait pas. Et Natasha pouvait être une oreille attentive, même s'il avait mis du temps à s'en rendre compte.

« Je voulais… je voulais juste nous protéger, est-ce que c'est si dur à comprendre ? »

« Nous ne sommes pas faibles. Aucun de nous ne l'est. »

« Je ne parle pas juste de nous six, je parle de tous ces gens dehors, tous les civils innocents. Tu te souviens quand ce connard m'a cité ? Je vois une super armure protégeant le monde, » répéta-t-il, ses mots à présent emprunts d'amertume. « Je n'ai jamais voulu autre chose que ça. Rescue, l'Iron Legion, ce n'était que des étapes intermédiaires. Et Ultron était dans la même lignée. Aurait dû être dans la même lignée. »

« Ça fait longtemps que tu y penses, n'est-ce pas ? » souffla l'espionne, arborant un regard concerné. « Je me rappelle le gala qui a suivi le premier anniversaire de la bataille de New-York. Tu me parlais du poids de tes actes et de choix, et du fait que tu ne savais pas si tes décisions allaient payer. Tout ce temps, tu l'as passé à travailler sur le projet Ultron ? »

Il voulut nier, mais comment aurait-il pu lui parler d'Oméga ? De tout ce qui entourait ce projet, et qui faisait sa vie depuis plus de deux ans ? Alors il hocha finalement la tête en détournant le regard.

« Plus ou moins. »

Et le pire, c'est que pas un instant elle ne remit sa parole en cause.

« Ecoute-moi Tony, et écoute-moi bien parce que je ne me répéterai pas. » Elle attendit de rencontrer son regard avant de poursuivre. « Tu es quelqu'un de bien Tony. Et c'est justement parce que tu es quelqu'un de bien que tu te laisses guider par tes peurs. » Elle leva la main, l'empêchant de l'interrompre. « Ce n'est pas un défaut, seulement qui tu es. Même si je dois admettre qu'il faut bien te connaitre pour le savoir. Moi-même je me suis laissée prendre par ton masque de playboy arrogant, quand je travaillais comme assistante de Pepper. »

« On croirait que c'était dans une autre vie… » ne put-il s'empêcher de commenter, un léger sourire aux lèvres.

« Peut-être que ça l'était, d'une certaine manière. Après tout, les aliens n'existaient pas à cette époque. »

Et comme ça, toute la légèreté et le confort de la discussion semblèrent s'envoler. Elle se leva finalement, posant brièvement une main sur son épaule avant de s'éloigner, non sans lui souffler un dernier conseil.

« Tu as le droit d'avoir peur. Mais ce qui importe, ce n'est pas la peur elle-même, seulement ce que tu choisis de faire avec. »

Tony avait toujours les mots de Natasha à l'esprit quand le Quinjet se posa dans une zone herbeuse, non loin d'un terrain vague au milieu duquel trônaient des carcasses de bateaux rouillées. Rien à signaler à l'horizon, mais il savait mieux que quiconque à quel point les apparences pouvaient être trompeuses.

Il fut unanimement décidé que Bruce resterait à l'arrière, le scientifique leur servant de plan B au cas où les choses tourneraient mal. Correction : au cas où les choses tourneraient encore plus mal qu'ils ne l'imaginaient. Thor, Cap et lui iraient affronter Ultron et les Maximoff en face, tandis que Clint et Natasha s'infiltreraient par l'arrière pour neutraliser les hommes que Klaue lancerait contre eux dès l'instant où ils seraient repérés. Ça restait malgré tout un plan un peu faible, d'autant qu'ils ne connaissaient pas les limites exactes des pouvoirs des deux optimisés. Mais y avait-il une autre option, n'impliquant pas de foncer tête baissée sans savoir exactement à quoi s'en tenir ?

C'est donc en silence qu'ils s'engouffrèrent tous les trois dans le cargo – vive les détecteurs de chaleur leur épargnant la peine de les visiter tous un par un ! – Et s'ils n'étaient pas certains de ce qu'ils cherchaient – après tout, qu'Ultron soit à la recherche de vibranium n'était qu'une hypothèse encore non vérifiée – ils obtinrent rapidement confirmation à l'entente de la voix métallique leur étant désormais familière.

« … mal à comprendre, ne me compare pas à Stark ! »

Ouais, ils étaient définitivement au bon endroit. Et c'est sans hésitation qu'ils se présentèrent sur la passerelle.

« Ça m'obsède, mais Stark est un virus ! »

« Oh Junior, tu veux briser le cœur de ton vieux père. »

Le robot se retourna lentement pour leur faire face, bien différent de celui qu'ils avaient affronté à la Tour, moins de vingt-quatre heures plus tôt. Si certaines lignes dans la conception faisaient bel et bien penser aux armures de l'Iron Legion, il constatait bien plus de différences que de points communs. Il avait donc affaire à une intelligence artificielle possédant des goûts esthétiques, qui plus est à chier. Formidable !

« Si j'y suis contraint. »

« On n'est pas obligé de briser quoique ce soit, » dit Thor, tentant d'apaiser les choses, et prouvant une nouvelle fois à tous que le second degré n'était pas sa langue première.

« Malheureusement, la glace est déjà brisée. »

Celle-là, il devait l'avouer, elle était bonne.

« Oh, il me l'a enlevé de la bouche, » ne put-il s'empêcher de commenter.

« Très drôle monsieur Stark, » ironisa l'optimisé.

Tony vit le gamin Maximoff s'avancer, arborant un air suffisant et vaguement dédaigneux. Il détestait déjà ce p'tit con. Sans compter qu'il était très drôle, non mais.

« Vous êtes dans votre élément, comme au bon vieux temps, » poursuivit-il en désignant les armes, juste en contre-bas. Un petit con, définitivement.

« Ça ressemblait pas à ça, » se justifia-t-il.

« Vous deux, vous pouvez encore faire demi-tour, » l'interrompit Steve, voulant écarter les Maximoff de l'équation. Comme s'il y croyait !

« Ça va aller, merci, » répliqua la fille.

Qu'est-ce qu'il disait ?

« Je sais que vous avez souffert. »

« Ah Captain America, l'homme de la justice divine. Tu fais semblant de pouvoir vivre sans te battre. Je crois que tu me ferais vomir si j'en étais capable, mais… »

« Et bien puisque tu crois à la paix, faisons donc la paix. »

« Tu dois confondre la paix avec le calme. »

Mouais… la discussion tournait franchement en rond, le robot tueur étant doté d'une sens du sarcasme et de la répartie assez désagréable. Peut-être – mais ce n'était là qu'une simple hypothèse, attention ! – était-ce en partie de sa faute. Après tout, il était la seule personne sur cette planète à créer des intelligences artificielles avec de la personnalité ! Et si Jarvis était – avait été, merde – doté de sarcasme et de répartie, c'était fondamentalement une personnalité positive, et protectrice. Ultron ? C'était tous ses pires travers, caricaturaux et poussés à l'excès.

« Hum… Et pourquoi le vibranium ? » demanda-t-il finalement. Il ne pensait pas qu'Ultron répondrait réellement, ce serait bien trop facile. Seuls les méchants de série B se risquaient à ce genre de choses, et par conséquent ne finissaient généralement pas très bien. Mais sur un malentendu ? Ultron avait un égo à la mesure du sien, et paraissait sûr de lui.

« Ravi que tu le demandes, parce que je voulais profiter de l'instant pour exposer mon plan diabolique. »

Et avant que Tony n'ait le temps de réagir – est-ce qu'il avait vraiment participé à l'élaboration d'une IA aussi stupide que ça ? – Ultron l'attira à lui avant de lui décocher un rayon d'énergie, l'envoyant percuter violemment la paroi du cargo.

Bon…

Fin des négociations.

Se précipitant à la rencontre d'Ultron, ils se heurtèrent violemment, son adversaire ayant décollé en même temps que lui. Il s'élança dans les airs à la poursuite de l'armure qui s'était envolée, laissant Steve et Thor gérer les sous-fifres d'Ultron – qui eux pour le coup ressemblaient bien plus à l'Iron Legion ! – en bas.

L'attaquant à coups de répulseurs, il se rendit toutefois rapidement compte que ça n'abimait guère l'armure. Aux grands maux les grands remèdes ! Mettant temporairement de côté les rayons d'énergie, il revint à la bonne vieille méthode dite du « foncer dans le tas ». Et le pire, c'est que ça marchait ! Coup de pieds et de poings, pour peu qu'il ne fonce pas directement dans son ennemi à la façon d'un rugbyman. Ou qu'il n'arrachait pas des morceaux de tôle rouillée pour les lui balancer à la figure. C'était loin d'être son combat le plus gracieux, et les dégâts autour d'eux étaient considérables. Heureusement qu'ils se trouvaient dans une zone désaffectée !

Tout changea quand, à la suite d'un coup parfaitement asséné, Ultron traversa la paroi du navire et s'éleva dans le ciel. Sans attendre, Tony le suivit à travers la brèche. Qu'ils foutent le bordel à l'intérieur de l'ancien navire était une chose, mais à l'extérieur, il y avait trop de risque que les choses dérapent. Johannesburg était à quelques kilomètres de là, une distance qui ne représentaient rien à la vitesse où les deux armures se déplaçaient. Il ne pouvait pas se permettre de le laisser s'échapper.

« Thor, au rapport, » résonna soudain la voix de Steve.

« La fille a essayé de m'embrumer l'esprit. Soyez prudents les gars, je doute qu'un humain puisse la dominer. Heureusement pour moi, je suis tout puissant. »

Merde. Ça, c'était pas bon. Malheureusement, il pouvait pas relâcher son attention et laisser Ultron pour leur venir en aide, ou il risquait de leur filer entre les doigts. Constatant néanmoins que ses précédents coups avaient laissé des traces sur le corps en face de lui, il remit plus d'ardeur dans ses attaques, usant de ses répulseurs et de ses lasers. Et cette fois-ci, ses armes parvenaient lentement mais surement à se creuser un chemin dans la carcasse métallique, sectionnant un à un câbles et connectiques. Et le fait d'être en extérieur lui permettait également d'utiliser un armement plus lourd, maintenant qu'il ne craignait plus qu'une explosion qu'il aurait déclenché ne vienne nuire à l'un de ses coéquipiers.

« Si vous êtes encore valide, foutez le camp. Y'a quelqu'un ? »

L'avertissement de Clint – de très mauvais augure, soit dit en passant – arriva au moment où une énième explosion envoyait Ultron au tapis tandis qu'il s'écrasait contre la coque d'un navire, incapable de s'envoler de nouveau. Il était fait comme un rat.

« Le vibranium part en voyage. »

En réponse, Tony éteignit son répulseur pour le pointer d'un missile à la place.

« Et toi tu n'iras nulle part. »

« Bien sûr que non, je suis déjà là-bas. » Mais avant que Tony ne puisse l'interroger sur sa déclaration, il poursuivit. « Tu comprendras, mais d'abord, tu devras capture le docteur Banner. »

Sans perdre davantage de temps, Tony laissa partir le missile, regardant avec une joie malsaine la carcasse métallique voler en éclats. Malheureusement, il n'avait pas le temps de savourer ce piètre triomphe. Ultron avait mentionné Bruce, et il avait peur pour le scientifique. Malheureusement, quand il parvint au Quinjet, il ne trouva aucune trace de son collègue. Juste d'immenses traces de pas dans la terre sèche. Des traces de pas qu'il associait à Hulk. Des traces de pas qui se dirigeait droit vers la ville.

S'envolant sans attendre en direction du nord et de la ville, il ne tarda pas à remonter la piste du gigantesque monstre vert.

« Info ou image, keyword Hulk. »

Et comme il s'y attendait, il vit apparaitre dans son casque des vidéos amateurs montrant un Hulk fou furieux dans les rues de Johannesburg.

« Nat, j'aurais besoin d'une berceuse. »

Tony compta avec appréhension les secondes dans l'attente d'une réponse. Et malheureusement, celle-ci ne vint pas de la personne qu'il attendait.

« Faut pas trop y compter pour le moment, » lui répondit Clint. « Tout l'équipe est à terre. Faudra vous débrouiller seul. »

Il était pas dans la merde…

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C'est dans un état de colère avancé que Loki revint à Malibu, de longues heures après son départ. Il s'était en effet rapidement rendu compte que l'essentiel des données sur Ultron avait été effacé dans les heures précédant son arrivé. Et s'il avait longuement vitupéré contre Stark et ses manigances, il avait pu constater qu'il en était de même pour nombre de dossiers sensibles du midgardien, comprenant entre autres les informations sur Hydra. Il savait que l'humain en avait des copies numériques ailleurs, mais ce pillage volontaire était une exaction supplémentaire de la part de cet ennemi inconnu. Probablement. Fort heureusement, il n'avait constaté aucun dommage à leur dossier relatif à Oméga. C'était bien là le seul point positif de cette journée oh combien déplaisante.

Mais ce qui avait scellé la colère du dieu avait été son incapacité chronique à localiser ce misérable ver, alors qu'il avait multiplié les tentatives au cours des heures. Et n'était-ce pas totalement impensable ? Le réacteur ark seul pouvait expliquer cette anomalie, puisqu'il avait fermement écarté l'autre hypothèse – Stark n'était pas mort ! – Mais que l'humain ait arboré son réacteur, et a fortiori son armure, pendant un temps si long et continu ? Tout bonnement invraisemblable…

Les questions et les problèmes s'accumulaient les uns à la suite des autres, sans qu'il n'ait l'ombre d'une solution pour résoudre l'un ou l'autre. Et il avait horreur de ça !

Jarvis muet.

Les Avengers quelque part dans la nature.

Un ennemi inconnu dont il ignorait tout.

Ce maudit projet Ultron dont il ne connaissait ni les origines réelles, ni les aboutissements concrets.

Et surtout, surtout Stark le traitre totalement intraçable, disparu sans laisser la moindre trace !

Tentant encore de le localiser, il échoua une fois de plus. Ce n'était pas la première fois, et probablement pas la dernière non plus. Mais c'était néanmoins la proverbiale goutte d'eau d'une coupe bien trop remplie. Il laissa jaillir sa magie avec un cri de rage, ravageant allègrement l'atelier, détruisant indistinctement ordinateurs, armures et prototypes divers. Mais cela ne lui suffisait pas, et il poursuivit son saccage volontaire en mettant le feu au débris. Et alors que la pièce toute entière se transformait en un gigantesque brasier, il fut surpris malgré sa rage de n'en tirer aucune satisfaction.

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L'embarquement à bord du Quinjet avait été silencieux. Un silence de plomb, morbide et malaisant que Tony n'avait pas eu le courage de rompre, comprenant un peu trop bien ce qu'étaient en train de vivre ses camarades. Clint, qui s'était installé d'office derrière les commandes, n'avait pas fait mieux que lui. Tout juste avaient-ils échangé un regard inquiet, avant de détourner mutuellement la tête. Car c'était quelque chose d'horrible que de voir les yeux vitreux de leurs amis, qui passaient sur eux sans réellement les voir. Et pire que tout, ne rien pouvoir faire contre ça. Il avait toujours détesté se sentir impuissant…

Ce n'est que bien après le décollage que Tony finit par se résoudre à appeler Maria Hill pour obtenir un point sur la situation à Johannesburg, qu'ils avaient rapidement quitté avant que la foule ne se déchaine.

« Les chaines d'infos vous adorent les amis, mais personne d'autre. Pas de mandat pour l'arrestation de Banner pour l'instant, mais ça lui pend au nez. »

Tony n'osait pas regarder Bruce. Il savait que le scientifique avait entendu, la voix de Hill résonnant dans l'habitacle silencieux. Comment la manquer ? Il ne pouvait pas imaginer comme il se sentait, lui dont non seulement l'esprit avait été violé comme les autres, mais qui sous le coup d'une rage qui n'était pas la sienne s'était transformé en arme de destruction massive.

« Et Rescue ? Ils ont été prévenus ? » demanda-t-il, s'efforçant de garder le fil de la conversation.

« Ils sont déjà sur les lieux, » lui répondit aussitôt Hill avec un hochement de tête, et c'était enfin une bonne nouvelle. La seule qu'ils auraient de la journée probablement. « Comment va l'équipe ? »

Étonnamment, c'était une question plus difficile qu'il n'y paraissait. Tony promena brièvement son regard sur ses camarades. Clint, qui comme lui s'en était plutôt bien sorti comparé aux autres, mais dont les traits n'en étaient pas moins tirés par la fatigue. Bruce, dont tout le corps devait être endolori, recroquevillé sur le sol et enroulé dans une couverture épaisse. Thor, qui ne parvenait pas à s'assoir, faisant les cents pas et jouant avec ses mains. Steve, la mine sombre et le regard si triste qu'il lui donnait envie de pleurer. Et Natasha qui n'avait toujours pas réagi, les yeux perdus dans le vide et cillant à peine.

« Tous le monde est… on a été secoué. On s'en remettra. »

Il avait conscience que sa voix sonnait bien plus comme un souhait que comme une affirmation, et que Hill l'avait également remarqué. Il lui était toutefois reconnaissant de pas insister là-dessus et d'embrayer sur la suite.

« Et bien pour l'instant restez en mode furtif, et ne revenez pas ici. »

« Alors on fuit et on se cache… » soupira-t-il.

Parce que c'est ce que c'était : une fuite en avant, sans possibilité de revenir à New-York ou même à Malibu, où ils seraient immédiatement repérés. Et il y avait trop en jeu pour qu'ils ne se permettent de perdre du temps avec les journalistes, ou pire : les politiciens et les institutions.

« Jusqu'à ce que nous retrouvions Ultron, je n'ai pas grand-chose d'autre à proposer. »

« Et nous non plus. »

Sur ces mots transpirant la joie de vivre et l'optimisme, il coupa la communication avec un nouveau soupir. Aucun de ses amis n'avait participé à la discussion, et jamais il ne s'était senti aussi seul alors même qu'il était entouré de ses proches.

Se levant péniblement de son siège – même s'il ne s'agissait que de blessures bénignes, il avait lui-même été pas mal esquinté lors du combat, et en serait quitte pour des hématomes dans le dos pendant quelques jours – il s'approcha de Clint, toujours aux commandes.

« Hey, tu veux que je te remplace ? » proposa-t-il finalement, avant de laisser le silence s'installer.

« Non, c'est bon. Si tu as besoin de dormir, c'est le moment, on en a encore quelques heures de vol. »

« Quelques heures de vol, » répéta-t-il. « Vers où ? »

« Un abri sûr. »

Tony n'insista pas, devinant qu'il n'aurait pas de réponse à ses questions. Où que soit cet abri sûr, c'était toujours mieux que n'importe quelle planque potentielle qu'il aurait pu proposer. Pour autant, il était loin d'être assez détendu pour aller dormir. A la place, il s'avachit dans le siège du copilote près de Clint pour avoir un peu de compagnie et ne pas avoir l'impression d'être tout seul à bord de ce putain d'avion. Au bout d'un temps incertain, il prit le risque de s'étirer, sifflant lorsque cela tira sur ses côtes blessés, grimaçant quand il sentit ses articulations craquer. C'était décidé, une fois ce bordel réglé, il se prenait des vacances loin de tout ça.

« Je suis désolé tu sais, » dit finalement l'archer à voix basse, comme s'il ne voulait pas qu'on les entende. Ils étaient restés si longtemps sans parler que Tony mit de longues secondes à réaliser que les mots lui étaient adressés.

« De quoi ? » demanda-t-il finalement sur le même ton.

« De pas avoir réalisé plus tôt. »

Si Tony ne comprit d'abord pas ce que ce que voulait dire Clint, il blêmit en le voyant désigner d'un air sombre mais entendu les autres et leurs visages toujours ahuris, plusieurs heures après l'incident.

« Comment est-ce que t'as su ? »

« Tes yeux. T'as toujours eu les yeux expressifs, même si tu as tendance à vouloir cacher tes émotions. Et quand tu es revenu au vaisseau avec le sceptre, tu avais un regard… hanté. T'as su donner le change et tout, tu jacassais de manière insupportable comme d'habitude, mais tes yeux… J'ai pas compris à ce moment-là, je voyais pas ce qui avait pu te bousculer à ce point-là, et les autres n'avaient rien mentionné de spécial une fois que j'ai été mis out. La dernière fois que je t'avais vu ainsi… » Il déglutit péniblement, mais ne termina pas sa phrase. Aucun d'entre eux n'avait oublié Tumaco après tout.

« Ça s'est vu tant que ça ? »

« Je pense pas que les autres s'en soient rendu compte, même pas Nat, et tu sais pourtant à quel point elle est observatrice. En même temps, tout le monde était plus ou moins occupé à vérifier que je ne leur claquais pas entre les pattes, alors que moi… »

« Tu étais la distraction, tu ne t'es pas laissé prendre par elle. Logique… »

« Ouais, » approuva Clint. « Mais je savais pas à quoi le relier. Même quand on a su pour les pouvoirs de Maximoff, j'ai pas fait le lien. C'est seulement en voyant les autres… T'avais exactement le même regard vide et brisé qu'ils ont tous les quatre à l'arrière. »

Il eut un nouveau silence, avant que Tony ne trouve la force de continuer.

« Ce qu'elle te fait voir… C'est peut-être pas réel, mais bordel quand t'es dedans, tu pourrais mettre ta main au feu que ça l'est, sans la moindre hésitation. T'oublies tout ce qu'il y a autour de toi pour ne plus voir que ce qu'elle te montre. Tu vois, tu entends, tu touches, et tout là-dedans est aussi tangible que toi et moi en cet instant. »

« T'as vu quoi ? » lui demanda alors Clint. Tony se rembrunit, aussi l'archer ajouta précipitamment : « T'es pas obligé de me répondre, mais je pense que ça pourrait te faire du bien tu sais… d'en parler… »

Tony envisagea effectivement de ne pas répondre, lui-même luttant encore avec le contre-coup de cette vision infernale des jours plus tard. Mais Clint ne le jugeait pas, ne le regardait même pas – se concentrant sur les commandes, alors que Tony savait très bien qu'il était capable de piloter les yeux bandés, sans la moindre exagération.

« Cette petite garce est douée, » finit-il par lâcher du bout des lèvres. « Parce qu'elle ne se contente pas de t'infliger des visions d'horreur, elle va chercher au fond de ta tête tes souvenirs, tes rêves brisés, tes peurs, tes cauchemars, pour les lier entre eux et leur donner corps. C'est une vision parfaite et sur-mesure de tout ce que tu hais, et de tout ce que tu crains à la fois. J'ai eu ma part d'horreur, comme tout le monde ici : l'Afghanistan, le Mandarin… New-York… Mais ça, ce qu'elle m'a montré, c'était tellement réel… »

Il s'interrompit, craignant de se mettre à pleurer. Ou à vomir, au choix. Clint lui se contenta d'opiner silencieusement.

« J'ai vu une psy deux fois par semaines pendant plusieurs mois, après la bataille de New-York, » dit-il finalement, tandis que Tony haussait un sourcil, surpris devant l'apparent changement de sujet. « Après tout ce qui s'était passé, je savais plus trop où j'en étais. Je doutais de tout en permanence, je ne savais plus vraiment si les idées que j'avais étaient véritablement les miennes, ou si elles m'avaient été soufflées par quelqu'un. Ce qui était réel et ce qui ne l'était pas. Mais tu sais ce qui était encore mieux que la psy ? »

« Je suppose que tu vas me le dire ? » ironisa-t-il, et il eut droit à un bref éclat de rire en retour. Le premier de la journée, hourra !

« Parler. Juste pouvoir parler de cette merde à quelqu'un. Et pas pour avoir des pseudo-conseils sur la façon dont j'étais supposé gérer le bordel. Juste parler à quelqu'un de confiance, qui sait écouter. Qui comprend. J'ai la chance de pas être tout seul dans ce merdier, d'avoir quelqu'un à qui raconter tout ça, depuis des années, et… enfin, tu comprendras bientôt. »

« Tu parles de la personne chez qui on va n'est-ce pas ? »

Clint ne répondit pas, se contentant d'hocher la tête avec un sourire presque tendre aux lèvres.

« Et toi, tu as quelqu'un à qui parler ? Depuis que Pepper et toi avez rompu… »

Tony fut surpris de cette question. S'il considérait chacun des membres de l'équipe comme des amis proches et qu'il pensait le sentiment réciproque, ils évitaient généralement de se mêler de la vie privée des uns et des autres. Mais il n'y avait là aucune curiosité mal placée chez Clint, juste un ami s'inquiétant sincèrement pour lui.

Alors Tony réfléchit sérieusement à sa question. L'archer avait mentionné Pepper, et il est vrai que son ancienne petite-amie était un soutien sans faille. Alors même qu'ils avaient rompu, c'est elle qui l'avait tenu à bout de bras après Tumaco. Pourtant, malgré toute l'affection qu'il avait pour elle, ils ne se parlaient plus vraiment. Pas des sujets importants en tous cas. Quant à Rhodey, ça n'avait tout simplement jamais été le genre de la maison.

Mais il y avait quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui l'accueillait avec des remarques sarcastiques et menaçait de le tuer quand il l'énervait. Quelqu'un qui pouvait disparaitre en un claquement de doigt sous le coup de la colère, mais qui revenait toujours à son atelier. Quelqu'un qui malgré tout savait écouter, et qui comprenait bordel, parce qu'ils avaient bien plus de points communs que de différences. Quelqu'un à qui il avait confié certains des moments les plus douloureux de sa vie, ainsi que ses souvenirs les plus précieux. Quelqu'un qui en avait fait de même avec lui.

Pouvait-il dire tout ça à Clint ? Non, pas vraiment.

« Ouais, j'ai quelqu'un à qui parler, » dit-il simplement. « En quelques sortes. »

« Tant mieux alors. Parce que je suis plutôt bien placé pour te dire que ce genre de merde, si tu la gardes pour toi ? Ça te détruit. Et toi et moi vallons mieux que ça, tu crois pas ? On n'est pas fait pour être seul… »

Et Tony n'avait rien à répondre à ça. Laissant finalement la conversation s'éteindre, il s'installa plus confortablement dans son fauteuil à la recherche d'un sommeil bien mérité, ne pouvant toutefois pas s'empêcher de se demander si Loki allait bien.

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Loki avait fini par reconstituer l'atelier et nettoyer magiquement les dégâts qu'il avait fait, si bien que nul n'aurait su deviner ce qu'il était advenu ici durant ces quelques heures. Et si mettre en pièce l'ouvrage de ce midgardien effronté n'avait pas provoqué la satisfaction escomptée, ça n'avait pas manqué d'être un défouloir certain à sa rage qui s'était quelque peu apaisée.

Il avait à présent regagné le salon immaculé et s'était installé avec un manque de grâce peu coutumier de sa part sur l'immense canapé en cuir, preuve s'il en était nécessaire de cet agacement profond qui ne le quittait pas. Il envisagea de poursuivre la lecture de l'un de ses grimoires – avant que tous ces déplaisants événements n'arrivent, il était sur la piste d'une plante aux propriétés fort peu communes qui ne poussait que dans la galaxie Andromède, et qui pourrait s'avérer être un objet d'étude en tous points passionnant – mais en lieu et place de son livre, sa main se referma sur l'une des innombrables tablettes que l'ingénieur laissait trainer en chacune de ses demeures.

Pris d'une inspiration subite, il s'en saisit plus fermement et l'alluma. Jarvis éteint, il s'était borné à fouiller dans les serveurs de Stark, sans penser à faire une recherche sur le réseau. C'était indubitablement une erreur de sa part. Les Avengers étaient des personnalités connues de ce monde, de nom comme de visage, et il était possible qu'il existe quelque part des informations sur ce qui leur était arrivé.

Contrairement à ce qu'il avait craint, il n'eut pas besoin de longues heures de recherches. A peine eut-il rentré le mot « Avengers » qu'une multitude de résultats sortirent, tous extrêmement récents. De fait, il ne lui fallut qu'une poignée de minutes pour se faire une idée relativement complète de la situation telle que présentée dans les médias. Et s'il avait pour habitude de ne croire une information qu'après en avoir eu la preuve formelle, l'abondance de témoignages et d'images tendant tous vers cette même explication la rendait aussi fiable que se pouvait.

Selon toute vraisemblance, les Avengers étaient intervenus dans un pays nommé l'Afrique du Sud, et un Hulk déchainé avait causé de lourds dégâts dans l'une des cités majeures du pays. Ceci étant dit, connaissant très bien la force de la bête, il ne pouvait pas dire en être étonné. Il était toutefois soulagé de voir quelques images d'Iron Man luttant contre Hulk dans le centre-ville – l'armure clairement abimée mais l'humain l'arborant bien vivant – et qu'à l'exception de cette altercation les divers médias ne mentionnaient aucun Avengers mort ou blessé.

Le plus surprenant résidait toutefois dans le fait que personne ne savait contre qui ou quoi les Avengers s'était battus ni même ce qui les avaient amenés en premier lieu dans ce pays, a fortiori situé si loin des États-Unis. Plus que la colère face à cette destruction qu'ils ne comprenaient pas, c'était davantage de la suspicion et de l'inquiétude qui semblaient régner parmi le grand public, qui craignait une attaque massive sortie de nulle part.

Cette inquiétude, le dieu la partageait, à une échelle bien moindre. Et si la trahison de Stark à propos d'Ultron lui laissait une certaine amertume et que la colère n'avait pas disparu, il prenait conscience qu'il y avait actuellement bien plus en jeu qu'il ne saurait le deviner avec les informations en sa possession. Et ça devait absolument changer.

Il n'essaya même pas de localiser magiquement Stark. Il savait à présent qu'ils étaient séparés par plusieurs milliers de kilomètres et que l'humain était en mouvement – qui pouvait deviner où il se trouvait en cet instant ? – Et si l'ingénieur n'arborait peut-être plus son armure, il en était suffisamment proche pour que, couplé à la distance et au mouvement, il ne puisse le situer avec suffisamment de précision sans risquer de se faire repérer par Thor.

A la place, il travestit ses vêtements et altéra ses traits. Puis, une fois certain qu'il ne serait pas reconnaissable pour quiconque ne le connaissait pas parfaitement, il se téléporta à Johannesburg. Si pour l'heure il ne saurait trouver Stark, c'était néanmoins là-bas qu'il avait le plus de chance de trouver des informations sur sa prochaine destination.