Skin white as snow, lips red as blood, hair black as ebony
-7-
Thranduil garda le silence, ses yeux gris-bleu posés sur ceux de Bard, d'ordinaire emplis de douceur et de bienveillance mais désormais saturés d'une colère froide. Il sentit les doigts de l'Archer quitter sa poitrine et en éprouva un grand vide sur lequel il ne put mettre de nom.
« Je ne comprends pas. Quel est le rapport entre ce que vous avez accompli et un mariage ? »
Thranduil pouvait sentir une rage contenue faire vibrer la voix de Bard.
Il détourna le regard et entreprit de reboutonner sa tunique.
Les doigts de Bard se refermèrent sèchement sur son poignet et l'Elfe manqua de tressaillir. Le geste avait été brusque et violent. Il nota que la force de Bard semblait décuplée.
Ou bien serait-ce la mienne qui commencerait à décroître ?
« Répondez-moi. Vous ne pouvez pas m'annoncer que nous allons être unis et me laisser ainsi. »
Thranduil baissa les yeux sur les doigts qui enserraient son poignet, affichant un air volontairement contrarié puis il les releva pour rencontrer ceux de Bard.
« Je réfléchis aux mots qu'il me faut utiliser pour vous expliquer cela », dit-il.
« Nous nous passerons de cet effort, Votre Altesse. Il me semble que vous m'avez tenu éloigné de vos secrets bien trop longtemps et j'exige désormais une explication. Vous me la devez. »
La voix de Bard était toujours aussi froide et dure, et il avait mis une intonation sarcastique dans l'emploi du titre de l'Elfe.
« Lâchez mon poignet et peut-être me siéra-t-il d'accéder à votre requête, Mon Seigneur », répliqua Thranduil d'un ton tout aussi sec, avec la même ironie quant au rang de Bard.
Il avait conscience que la réaction de Bard était justifiée. Il lui avait en effet caché une vérité bien lourde et en payait le prix ce jour. Cependant, non sans une certaine curiosité, il réalisait que sa légendaire patience lui faisait de plus en plus défaut au fil des jours. La fatigue était toujours là, accompagnée d'un mal de tête qu'il peinait à calmer.
Il se rhabilla avant de prendre la parole, son regard perdu sur le jardin qui les entourait.
« Je suis désolé, Bard. J'aurais dû vous avertir de cette… conséquence dès le début mais le moment idéal pour ce faire ne s'est pas présenté. J'ignorais de quelle façon vous annoncer une telle nouvelle. Pour être tout à fait honnête, j'ai moi-même eu besoin de temps pour accepter cette information. »
« Saviez-vous que nous devions… être ainsi liés avant de procéder au rituel ? »
« Oui. »
« Et malgré cela, vous êtes allé jusqu'au bout ? »
« Oui. »
« Juste pour me ramener à la vie ? Pour quelle raison ? Pourquoi moi ? »
« Je ne le sais pas. Je vous l'ai déjà dit. »
« L'auriez-vous fait pour quelqu'un d'autre ? »
Thranduil dévisagea Bard un instant, la question de l'Archer résonnant dans son esprit.
« Je l'ignore », finit-il par répondre. « Nous avons déjà eu une conversation similaire, Bard. Je vous le répète : votre heure n'était pas venue. »
Bard secoua la tête et Thranduil le vit nettement serrer les dents, la mâchoire contractée.
« On ne partage pas son cœur sur un coup de tête. Encore moins lorsqu'un tel geste implique un mariage, Thranduil. »
« Devons-nous réellement nous orienter dans cette direction ? » demanda Thranduil avec une lassitude presque palpable.
Il massa ses tempes du bout des doigts et à cet instant, n'eut cure de savoir si son agacement pouvait possiblement affecter Bard.
« Avez-vous agi par pure stratégie ? »
« Qu'entendez-vous par là ? » rétorqua l'Elfe, concentré sur ses tempes qui pulsaient contre ses doigts.
« Un mariage unirait nos deux royaumes de façon officielle et nous offrirait l'ascendant sur les territoires du Nord, de par votre puissance militaire et la position stratégique de Dale en tant que carrefour commercial. »
« Me pensez-vous calculateur à ce point ? » répliqua Thranduil d'une voix fatiguée. Il ne parvenait pas à croire ce que ses oreilles entendaient.
« Je ne pense rien du tout. Je ne vous connais pas. »
« Bard… Je ne suis pas celui qui a plongé une lame dans votre ventre. Je suis celui qui a fait le nécessaire pour vous sauver. Rien d'autre. »
« Mais à quel prix ? Au point de vous unir à moi de façon simplement désintéressée ? »
Thranduil laissa échapper un soupir. Bard avait tous les droits de se sentir trahi et furieux mais il perdait patience. Bard le poussait dans ses retranchements, cherchait à analyser le moindre geste, la moindre décision l'ayant mené à la situation actuelle et lui-même ne possédait pas toutes les réponses.
« Oui, à ce point-là. »
« Pourquoi ? » demanda encore Bard, les sourcils froncés.
« Je ne sais pas, Bard ! J'imagine que l'idée de vous savoir mort m'était insupportable parce que… parce que, en dépit de l'image que vous avez de moi, sachez que celle que j'ai de vous est bien différente. Je vous tiens en haute estime. Vous avez accompli des prouesses dont peu d'Hommes auraient été capables, vous en rendez-vous seulement compte ? Comment pouvais-je envisager un seul instant de priver le monde d'un être de votre trempe alors que vous avez encore tant à accomplir ? Cela aurait été du gâchis. »
Cet aveu parut faire l'effet d'une douche froide à Bard. Thranduil posa un regard las sur lui et constata que la colère avait déserté les prunelles vertes et brunes pour laisser place à un sincère étonnement.
« Vous avez donné la moitié de votre cœur et accepté l'idée de vous unir à moi parce que vous ne vouliez pas priver le monde de ma présence ? » reprit-il doucement, d'une voix où perçait l'incompréhension.
« Oui », admit Thranduil.
Au fond de lui, il avait toutefois bien conscience qu'il y avait sans doute une autre raison à son geste mais pour le moment, il était incapable de poser des mots sur ce qu'il ressentait.
Bard ne dit rien et le silence entre eux s'étira durant de longues minutes, uniquement rompu par le pépiement des oiseaux célébrant le printemps et le vent qui jouait dans les feuilles des arbres.
Ce fut Thranduil qui reprit la parole, sur un ton posé et bienveillant en dépit de la douleur qui martelait son crâne – débuter sa nuit de sommeil en milieu d'après-midi ne lui semblait pas une idée aussi incohérente tant il supportait de moins en moins la fatigue qui pesait sur ses épaules.
« J'ai connu un certain nombre d'Hommes au cours de mon existence et parmi eux, il y en a eu trop peu qui possédaient les valeurs que vous portez sans même vous en rendre compte. Il était absolument injuste de vous voir périr de cette façon et de ne rien essayer pour vous garder encore un peu. Arda a besoin d'une âme telle que la vôtre parce que vous avez la bravoure nécessaire pour changer les choses et rendre ce monde bien meilleur. Dale a besoin du souverain que vous êtes devenu parce que vous avez mérité ce titre au lieu d'en avoir simplement hérité sans n'avoir rien eu à faire d'héroïque pour cela. Vos enfants ont besoin de leur père parce qu'il est capable de les protéger des dragons et parce qu'ils ont déjà souffert de la perte d'une mère. »
J'ai besoin de vous, murmura une voix dans sa tête mais il refusa d'énoncer cette pensée tout haut car il ne savait pas pour quelle étrange raison il ressentait le besoin viscéral de savoir Bard en vie.
Ses yeux rencontrèrent une fois encore ceux de Bard et il fut soulagé d'y retrouver la douceur habituelle qui habitait les prunelles aux couleurs de la forêt. Le regard de Bard était celui d'une personne juste, dévouée et bonne avec autrui. Comment aurait-il pu accepter de le laisser partir ?
Des questions semblaient filer dans le regard de Bard, toutes plus essentielles les unes que les autres. Cependant, il sembla les mettre de côté d'un léger froncement de sourcils et n'en posa qu'une seule.
« En quoi consisterait notre union ? »
Thranduil sentit un léger soulagement l'envahir face à ce changement d'attitude de la part de Bard. Il avait trop peu côtoyé l'Archer pour appréhender ses réactions mais il n'avait pas omis de remarquer que Bard était un homme réfléchi et intelligent, prompt à peser tous les arguments portés à sa connaissance avant de rendre une décision.
« Mes recherches indiquent que dans le cas d'un tel rituel, puisque le cœur est scindé entre deux âmes, il est nécessaire que ces âmes deviennent sœurs à part entière par les liens du mariage. »
« Et que se passerait-il si nous n'étions pas unis par le mariage ? »
Thranduil comprit à son regard que Bard était déjà en train d'envisager toutes les options à sa disposition.
« Les écrits rapportent un cas où cela est arrivé. Les Elfes ayant partagé un cœur n'ont pas été unis par le mariage car l'un d'entre eux avait déjà lié son fëa à un autre Elfe. Ils avaient accompli le rituel sans avoir connaissance de cette condition et je présume qu'ils faisaient alors partie des premiers à l'avoir exécuté sinon ils n'auraient jamais agi de la sorte. »
« Que leur est-il arrivé ? »
« En l'absence d'union officielle, ils sont tous les deux morts car leur cœur a cessé de battre, le rituel n'ayant pas été respecté dans son intégralité. »
Thranduil marqua un silence volontaire, laissant à Bard le temps de digérer cette information. L'Archer avait froncé les sourcils, les lèvres légèrement entrouvertes.
« Alors si nous ne sommes pas unis par le mariage, nous mourrons tous les deux ? »
« Ainsi que je vous le disais, je n'ai trouvé trace d'aucun cœur partagé entre un Elfe et un Homme donc j'ignore si les conséquences sont précisément les mêmes que dans le cas de deux Elfes ou tout à fait autres… »
« Mais il serait plus sage de ne pas prendre ce risque, n'est-ce pas ? » questionna doucement Bard et Thranduil hocha la tête, pensif.
« Nous pourrions le prendre. Je tiens simplement à partager avec vous toutes les informations en ma possession. En aucun cas je ne vous obligerai à vous unir à moi alors que j'ai agi de façon impulsive et déraisonnée. »
La main que Bard posa sur la sienne manqua de faire sursauter Thranduil. Il releva la tête et croisa le regard de Bard, un regard uniquement empli de bienveillance à son égard.
« Êtes-vous en train de dire que vous êtes prêt à mourir si je refuse d'être uni à vous par le mariage ? Alors que vous avez sacrifié la moitié de votre cœur pour me laisser vivre ? »
« Oui », dit-il simplement car il ne savait pas quels mots ajouter à cela.
« Thranduil… » murmura Bard.
« Il ne s'agit pas de faire semblant, Bard », le coupa soudain Thranduil il lui fallait être honnête jusqu'au bout. « Il s'agirait d'une union officielle et les autres royaumes en auraient connaissance. Les règles sont strictes dans l'art de cette magie et nous ne pourrons pas leurrer les puissances qui m'ont permis de vous ramener. Vous devez en avoir bien conscience lorsque vous prendrez votre décision. »
Bard semblait abasourdi mais Thranduil devait poursuivre.
« Je vous laisse seul décisionnaire. J'accepterai votre choix, quel qu'il soit, car je suis le seul responsable de la situation dans laquelle vous vous trouvez aujourd'hui. »
« Vous accepteriez sans broncher de renoncer à cette existence millénaire si je décidais de ne pas honorer notre union ? » reformula Bard d'une voix plus basse, plus pour lui que pour son interlocuteur. « Vous seriez capable d'abandonner votre forêt, votre royaume et tout ce à quoi vous tenez ? »
« Mon fils deviendrait le roi de Vert-Bois-le-Grand », répondit Thranduil, pragmatique. « À l'exception de Legolas, il n'y a rien qui me retient ici. »
Un nouveau silence s'installa entre l'Elfe et l'Homme, l'un semblant réfléchir à la suite de la conversation, l'autre paraissant considérer les paroles échangées un peu plus tôt.
« Ai-je droit à un délai de réflexion ? » s'enquit Bard.
Thranduil croisa son regard et vit une légère rougeur teinter les joues si pâles de l'Archer.
« Dans le cas où vous me laissez le soin de prendre cette décision, s'entend », ajouta-t-il précipitamment.
Thranduil esquissa un sourire fatigué.
« Je ne reviendrai pas sur ma parole, soyez-en assuré. »
Il marqua une pause puis reprit sur un ton qu'il voulut le plus détaché possible :
« Chez les Elfes, les futurs promis échangent un anneau et ce jour marque le début de leurs fiançailles, qui durent alors une année. À l'issue de cette année, si les fiançailles n'ont pas été rompues, une date est choisie pour le mariage. »
Thranduil observa les réactions de Bard, anticipant les éventuelles questions. Néanmoins, l'Archer se contenta de hocher la tête, l'invitant à poursuivre.
« Je ne suis pas coutumier des traditions de mariage chez les Hommes. En ce qui nous concerne, une cérémonie a lieu au cours de laquelle des vœux sont échangés, ainsi que de nouveaux anneaux qui remplacent ceux des fiançailles et qui sont portés à l'index. »
À ces mots, Thranduil vit les yeux de Bard se poser sur ses mains et détailler l'anneau argenté qui ornait son index gauche. Quand Bard releva la tête, une question silencieuse dans les yeux, Thranduil esquissa un sourire empreint de tristesse.
« Il s'agit de l'anneau que m'a remis Mereneth, mon épouse. Je n'ai pas pu me résoudre à le retirer quand je l'ai perdue. »
Thranduil sut, à l'expression affectée qui s'inscrivit sur le visage de Bard, que son interlocuteur était en mesure de partager sa peine à l'évocation d'une épouse disparue. Il ignorait tout des circonstances entourant la mort de la compagne de Bard mais il devinait que cela avait dû être au moins aussi pénible et douloureux que pour lui.
Cet étrange moment de communion passé, Thranduil prit soin de s'éclaircir la voix, pleinement conscient que la moitié de son cœur battait beaucoup plus vite que d'ordinaire à la pensée des mots qui allaient franchir ses lèvres.
« Cela étant dit, ce ne sont pas les paroles échangées, ni les anneaux, qui lient deux âmes par le mariage chez mon peuple. »
Thranduil vit Bard froncer légèrement les sourcils, l'interrogeant du regard et lui-même prit une profonde inspiration.
« La consommation physique est une étape obligatoire pour reconnaître le mariage comme valide. Il n'y a qu'ainsi que nos fëar peuvent être liés l'un à l'autre. »
Thranduil put constater à quel moment précis ses paroles prirent tout leur sens dans l'esprit de Bard au rosissement qui s'étala progressivement sur ses joues pâles. Il vit ses lèvres former un « o » silencieux et son regard vert et brun éviter le sien durant quelques secondes.
« Le fëa est un mot qui, dans votre langue, s'apparente à l'esprit ou à l'âme. Quand deux Elfes sont liés, ils partagent une seule et même âme et c'est par l'union de leurs corps – le hröa – que leurs âmes s'entremêlent l'une à l'autre pour toujours – sauf dans de rares cas où « toujours » devient simplement « pour un certain temps ». »
« Comme dans votre cas ? » demanda doucement Bard qui avait retrouvé le courage de croiser le regard de l'Elfe.
Thranduil hocha la tête, s'interdisant toutefois de laisser ses pensées le ramener vers une époque lointaine et difficile.
« De manière générale, si l'un des deux disparaît, celui qui reste ne parvient pas à s'en relever tant la déchirure est violente. L'Elfe endeuillé peut alors quitter Arda et partir pour Valinor afin de retrouver l'âme de son conjoint ou de sa conjointe. »
« Vous n'êtes pas parti. Comment cela est-il possible ? »
Thranduil esquissa un faible sourire. En dépit de cette conversation des plus insolites, malgré les révélations qu'il venait d'entendre, l'esprit vif et curieux de Bard prenait le pas sur le reste et les questions de l'Archer s'avéraient à chaque fois inattendues, à l'exact opposé de celles que n'importe qui à sa place aurait posées.
« Pourquoi souriez-vous ? »
« Parce que vous êtes surprenant, Bard », répondit franchement Thranduil. « Je vous explique que nous allons devoir nous marier et avoir des rapports physiques pour que notre cœur continue de battre et vous vous inquiétez seulement de comprendre pour quelle raison je suis encore ici alors que mon épouse est morte il y a des siècles de cela. »
« Donc ? » répliqua Bard. « Comment avez-vous fait ? »
« Je suis le roi de Vert-Bois-le-Grand. Il m'a fallu mettre de côté l'époux que j'étais afin de veiller sur mon peuple et le protéger. Je suppose que cela a suffi à ne pas me faire perdre la raison. Avez-vous des questions en lien avec les sujets que nous venons d'aborder ? »
Par cette formulation, Thranduil espérait que la conversation prenne fin. Il se sentait fatigué et son mal de tête ne faiblissait pas. Du reste, il n'avait aucunement envie d'évoquer le souvenir de Mereneth avec Bard alors qu'ils n'étaient qu'aux prémices de leur (étrange) relation.
« Des dizaines », admit Bard dans un sourire. « Mais je vois que vous semblez ailleurs et… fatigué, si je peux me permettre. Je suis plutôt confus et il me faut un peu de temps pour mettre de l'ordre dans mes pensées. En toute franchise, j'ai l'impression de vivre dans un songe depuis quelques temps tant tout ce qui m'entoure me semble irréel… »
« J'en suis le premier navré, Bard, car je connais ma part de responsabilité dans ce qui vous arrive. »
Bard posa, une fois de plus, une main rassurante sur celle de Thranduil et secoua la tête.
« Cela remonte à bien avant votre arrivée dans mon existence. Les Nains, les Orques, le dragon, la bataille… J'ai parfois l'impression que tout cela n'est qu'un très long rêve et que je vais finir par me réveiller. Je n'aurais jamais cru que ma vie changerait à ce point. »
Puis, sans un mot supplémentaire à ce sujet, Bard ôta sa main de celle de Thranduil, se leva – l'Elfe ne put que remarquer combien l'Archer était plus gracieux qu'autrefois dans le moindre de ses gestes – et lança un coup d'œil vers le coffret posé à côté de Thranduil.
« Puis-je ? »
« Je vous l'ai dit », répondit Thranduil en suivant son regard. Il s'empara de l'écrin et le tendit à Bard avec soin. « Il est à vous. »
« Merci », répondit Bard et Thranduil nota l'imperceptible soupir qui souleva sa poitrine. « Nous nous verrons ce soir, lors du dîner ? »
Thranduil acquiesça d'un mouvement de tête, un regard qu'il voulut rassurant et bienveillant posé sur Bard. Il le regarda s'éloigner dans les jardins, en direction du palais, conscient que cette conversation avait été longue, décousue et éreintante.
Alors il mit ses propres pensées dans un coin de son esprit, là où elles ne pourraient pas le perturber, quitta le banc et regagna ses appartements, envahi par un harassement si profond que seule une très longue sieste pourrait faire disparaître.
