Me voici de retour
Le roi que j'ai choisi
Désarroi
Quelque part dans les rues, Alibaba laissa la pluie tomber sur lui. Les gouttes coulaient dans ses cheveux, puis sur son visage. Elles continuaient inlassablement de lui tomber dessus. Mais ça, il s'en fichait complétement.
-Soyons amis !
Ces mots lui revenaient sans cesse en mémoire. Alibaba continua de courir le plus loin possible de cette rue, où il avait laissé Aladdin derrière.
Il voulait fuir, fuir cette vie misérable et ces moments difficiles. Il était minable, si faible qu'il se faisait honte lui-même. Il avait honte d'être qui il était. Il avait honte de se retrouver dans une telle position. Lui qui était censé être prince d'un grand royaume. Il n'en valait pas la peine, il était loin d'être un prince. Un prince…
Et c'était quoi être un prince au juste. Cela se résumait-il à suivre des cours jusqu'à pas d'heure, à se tenir convenablement en toutes circonstances, à montrer le bon exemple… Si c'était vraiment ça, … alors il était vraiment très loin d'être un prince.
Il n'était qu'un idiot qui s'était laissé avoir par des belles paroles, par l'illusion qu'il pouvait être quelqu'un. Quelqu'un de grand et de formidable. Quelqu'un qui pouvait faire bouger les choses dans ce monde.
C'était en tout cas ce qu'Aladdin croyait de lui. Qu'il était…
-Tu es quelqu'un de courageux Alibaba…
Quelles bêtises, lui, courageux… Lui qui avait fui son pays après que son père décède. Lui qui avait fui pour ne pas avoir à assumer ses erreurs… Comment pouvait-il être quelqu'un de courageux, il ne valait rien. Il se sentait si minable.
C'était pour ça, pour ça qu'il voulait fuir, … encore. Fuir le regard d'Aladdin qui plaçait tous ses espoirs en lui. Comment pouvait-il faire une telle chose, lui le simple homme qu'il était. Comment pourrait-il accomplir des choses aussi grandes et fabuleuses que les autres rois.
Eux, oui eux, ils savaient comment diriger un pays, comment le faire prospérer. Alors que lui, … il avait abandonné. Pourtant il avait essayé, il avait fait de son mieux… Mais son mieux ne semblait pas être assez, il ne valait vraiment pas grand-chose.
Désormais, il ne se passait plus une seule journée où il ne se posait pas des tonnes de questions sur le pourquoi il était né prince, batard en fait, vu que sa mère n'était autre qu'une prostituée et que son père, le défunt roi avait semble-t-il aimé mais abandonné malgré tout. Qui était-il réellement en fin de compte.
Il avait vécu pendant plusieurs années dans le bidonville du royaume de Balbad, son père avait pensé le faire monter sur le trône… Mais il mourut et c'était entièrement de sa faute, s'il n'était pas sorti du palais ce jour-là, alors le roi, son père, ne serait pas mort.
Il était un assassin, il avait laissé son peuple dans la misère et il avait fini par trouver exil chez Sinbad, … Lui c'était un vrai roi, Aladdin aurait dû le choisir comme candidat, ou le soutenir, il aurait tout à y gagner. Alors pourquoi l'avoir choisi lui, … il n'avait rien à offrir au monde, il n'était pas aussi intelligent que Kouen, il n'avait pas le charisme de Sinbad, il n'avait pas la détermination de Hakuryu, il n'était que lui, un simple humain qui vivait dans des rêves trop grands pour lui.
-Qu'est-ce que j'ai fichu jusqu'ici ?
Alibaba respira profondément, se sentant encore plus mal à chaque seconde qui passait. Il n'avait plus envie d'avancer, après tout, il était tellement plus facile de rester sans rien faire, laissant le travail aux autres. Après tout que pouvait-il apporter, lui il n'avait plus rien.
-Je suis désolé… tout le monde.
…
A suivre
