J'ai écrit l'ensemble de la fic sur un seul fichier et je ne savais pas trop comment la découper ensuite. J'ai donc juste fait par skips, ce qui donne un découpage complètement aléatoire, mais on va dire que ça lui donne un certain charme.


.

Vous vous êtes réveillé et à l'entente de cette nouvelle, je me suis senti sourire réellement pour la première fois depuis la bataille.

En réalité, tout le monde est soulagé et ravi. Même Katchan, que j'ai aperçu avoir un sourire ému lorsqu'une partie de la classe est venue nous voir pour fêter la nouvelle avec nous.

Tout n'est pas totalement rose évidemment et il parait que votre corps est fortement endommagé. De manière irréparable, encore. Mais vu l'état dans lequel vous étiez déjà sans votre forme de « malabar », est-ce que ça change vraiment quelque chose ? Les autres n'ont pas d'autres infos à me donner et Aizawa ne veut pas me répondre. Il dit juste que vous irez sûrement mieux, « un jour ».

Depuis votre réveil, je suis dans un étrange état de joie et d'inquiétude constantes. Les jours défilent, je vais bientôt sortir de l'hôpital et malgré le fait que je sois rarement seul, je ronge mon frein.

C'est comme ça que je finis devant la porte de votre chambre un soir, à 21h passées, après m'être assuré que les infirmières aient terminé leur ronde. Je sais que vos visites sont encore limitées, autant pour vous laisser vous reposer que par mesure de sécurité quant à votre présence dans cet hôpital, mais... Je ne suis pas n'importe qui pour vous, n'est-ce pas ? Je suis votre élève, votre protégé, celui que vous avez personnellement formé à dompter le One for All, celui que vous avez suivi bon gré mal gré durant mon errance solitaire à la recherche de Shigaraki.

J'ai été dur avec vous durant cette période et maintenant que je me fais à l'idée que tout ça est terminé, j'ai grand besoin de me rattraper.

Je sens donc mon cœur se gonfler de joie lorsque vos yeux bleus se tournent lentement vers moi dans la pénombre de la chambre. Que votre légendaire sourire m'accueille.

— Mon garçon ! Je ne suis pas sûr que tu devrais être ici à cette heure...

De ma démarche encore un peu claudicante, je m'installe sur la chaise près de votre lit. Mes joues tirent tant mon sourire est grand, trop heureux de vous voir. De pouvoir vous parler. De constater que vous n'avez pas perdu votre bonne humeur.

— Désolé All Might, ça fait des jours que j'ai envie de venir vous voir... Comment vous vous sentez ?

Votre sourire se fane légèrement, imperceptiblement. Je me surprends à réaliser que je commence à bien vous connaître pour le remarquer, là où une personne lambda ne l'aurait même pas ressenti.

- Je suis content et même étonné d'être en vie, pour être honnête... Mais les médecins sont de plus en plus positifs avec les jours qui passent, je devrais donc simplement me réjouir d'être encore là.

Je ne peux qu'acquiescer, et je pense que vous le devinez dans mes yeux qui doivent briller de soulagement.

— Mais je suis surtout heureux que toi, tu ailles bien, mon garçon ! rajoutez-vous, rayonnant. Tu as triomphé, tu as réussi là où j'ai échoué... Je ne pourrais pas être plus fier de toi !

Mon cœur se gonfle. De fierté, de joie, de gêne, ou probablement un violent mélange des trois. Je suis tellement heureux que vous soyez là en personne pour me le dire, lorsque j'imaginais l'éventualité de devoir inventer ces phrases dans ma tête quelques jours auparavant.

— Tu as vaincu Shigaraki, et All for One n'est plus, pour de bon... Tu as ramené la paix sur notre monde, Midoriya !

— Je n'étais pas seul là-dedans, ce sont toutes nos forces combinées qui ont permis ce miracle... Mais même avec ça, je vous avoue que j'ai du mal à vraiment réaliser.

— Moi aussi j'ai du mal à réaliser, me précisez-vous et ça m'étonne malgré moi. Ce n'est pas encore le retour total de la paix dehors, il y a encore beaucoup à faire, mais nous avons triomphé du plus dur. Le reste est surtout entre les mains du peuple et des héros qui vont devoir redoubler de vigilance le temps que tout cela se stabilise... Pour atteindre cette paix durable que nous espérions tant. Et vu que je ne suis plus là pour aider... La voie est libre pour toi, mon garçon.

Je cligne des yeux à cette précision. Votre regard brille d'une fierté qui m'étouffe presque tant elle est imposante.

— Tu as encore du chemin qui t'attend, mais plus rien ne peut se dresser entre toi et ton rêve. Tu peux devenir le nouveau symbole de la paix, Midoriya mon garçon. En réalité, tu l'es même déjà après un tel exploit !

— Je... Je suis encore trop jeune et inexpérimenté pour pouvoir me vanter de vous remplacer... bafouillé-je, aussi ravi que décontenancé par ces encouragements qui me paraissent, à cet instant, irréalistes.

— Pour l'instant, peut-être. Mais un jour... Dans très peu de temps, même. Tu seras le plus grand des héros, Deku. Peut-être pas toi seul, mais toute votre génération de héros va construire un nouveau symbole de la paix. Un symbole encore plus rayonnant que celui que je n'ai jamais été !

— C'est impossible ça, All Might... ! m'amusé-je.

— Impossible n'est pas Midoriya, tu me l'as prouvé magnifiquement ces dernières années. Aie confiance, mon garçon ! Tu feras de grandes choses un jour... Tes exploits durant cette guerre n'étaient qu'un début !

J'avais du mal à imaginer un futur, ces derniers temps. Car les mois précédents ont été rudes et que l'avenir n'a jamais été aussi incertain. Car la réalisation peine à m'atteindre. Car ces épreuves ont été si difficiles que je me suis surpris à avoir perdu de vue mon véritable objectif.

Mais vous êtes là et vous me prouvez encore que même dans votre état, vous restez ce que vous avez toujours été : un exemple d'espoir. Un modèle à suivre. Un mentor exceptionnel. Vous êtes là pour me rappeler ce que j'ai toujours voulu être : un immense héros comme vous, qui sème la joie et l'optimisme partout où il passe. Pas un simple soldat dépourvu d'âme qui doit effectuer sa mission.

Vous êtes là pour rappeler que la vie continue et qu'elle est encore bien longue devant moi pour devenir comme vous. Aussi grand, aussi fort, aussi extraordinaire.

Vous me rappelez comme je vous admire d'être ce que vous êtes et à quel point je suis tellement, tellement heureux que vous soyez encore là avec moi pour admirer ce nouveau monde pour lequel on a tant sacrifié.