Bonjouuuuuuuur ! Ou Bonsoir ? Je ne sais plus ce qu'il convient de dire... Il est plus de minuit...

Et non, vous ne rêvez pas, j'ai bien posté mon dernier chapitre (enfin, avant dernier maintenant...) la semaine dernière ! Yeay, j'ai vraiment été productive cette fois ! Sûrement le combo "vacances + inspiration."

Je pense que cela se verra, du moins, je l'espère, mais j'ai réellement ADORE écrire ce chapitre !

En fait, si je devais trouver un avantage au fait de ne pas recevoir beaucoup de reviews, comparé à avant quand j'écrivais encore de l'AoKaga en "main pairing", c'est que je ressens beaucoup moins de pression et par conséquent, je peux davantage me lâcher. Je me sens plus libre et Haizaki est comme une page blanche, ce qui offre pas mal d'opportunité en terme de "character developpement".

Sans transition, je vous vois toujours dans mes stats chers lecteurs anglophones et je vous rappelle que cette histoire est également postée sur "AO3", où il sera plus simple pour vous de la lire, surtout si vous utilisez un traducteur automatique. Je me permets d'ailleurs de vous recommander d'utiliser "DeepL", c'est vraiment le meilleur outil de traduction en libre-service et gratuit, donc.

Sur ce, je vais vous laisser sur la seconde partie du "date". Attendez-vous à une troisième partie...

Je précise simplement qu'il y aura pas mal de "set up" dans ce chapitre, même par rapport à des éléments qui peuvent sembler à première vue insignifiants. Ouvrez l'oeil, donc, car il y aura des répercussions dans la suite de l'histoire ;)

ENJOY !


Un regrettable accident.

Tout ceci n'était qu'un regrettable accident.

Une pulsion.

Rien de plus.

Pas de quoi en faire toute une histoire hein.

Parce que ça ne se reproduirait pas !

Oui, il avait eu un moment de faiblesse dans cette foutue cabine d'essayage exigüe, quand un Haizaki nu et réceptif s'était pour ainsi dire offert à lui. Quoi que le terme « jeté dessus » serait plus adéquat. Sans pour autant clamer que son consentement avait été bafoué, Kise s'était retrouvé… fortement sollicité et incité à consommer la chair fraîche qui se dandinait alors de manière aussi obscène juste sous son nez. Non, ce n'était décidément pas de sa faute et puis, ça ne prouvait rien !

Mais si c'était le cas, alors pourquoi ne ressentait-il aucune colère à s'être laissé aller ? Et surtout, aucun regret ?

Leur petit corps-à-corps avait été bon, inutile de le nier, meilleur même que Kise l'aurait cru. Ils avaient une certaine alchimie sexuelle pour parler crument. Et encore, il s'agissait d'un euphémisme. Lui et Haizaki étaient tout simplement… compatibles.

Normalement, il aurait dû s'en réjouir, car ce n'est pas tous les jours qu'on tombe sur un partenaire aussi… efficace. Certains s'évertuent même à le chercher pendant toute une vie et s'épuisent avant de l'avoir trouvé. Même avec Aomine, il n'avait pas ressenti une tel niveau de connexion…

Ouais, pas de doute, ça craignait un MAX.

Or, c'était d'autant plus rageant que, d'après sa grande sœur Ryoko, ces situations-là demeuraient les pires… Et de loin. Un véritable piège à couillons ! C'était fou à quel point la perspective d'une bonne partie de jambes en l'air pouvait effacer tout le reste ! Il s'agissait d'un cercle vicieux, d'une boucle infernale, à laquelle il devenait impossible à échapper une fois qu'on avait eu le malheur de mettre le pied dedans. Tout résistance devenait alors futile et bien souvent, on restait avec la personne sans réellement l'apprécier ni même bien s'entendre avec, juste parce que le sexe était incroyable. Le plus souvent, heureusement, la relation s'avérait toute aussi positive et épanouissante.

Mais parfois, il arrivait qu'on s'enferme dans un couple toxique et qu'on se coupe de ses amis, sa famille, ses collègues, juste pour une histoire de cul extraordinaire ! Combien de ses copines mannequins Ryoko avait-elle vu sombrer de la sorte ? S'attacher au mauvais mec, celui qui les faisait souffrir, tout ça parce qu'il savait les faire grimper aux rideaux mieux que personne. Combien de ces brebis égarées, s'étaient imaginées construire un avenir avec le grand méchant loup, alors même que leur centre d'intérêts communs équivalait à la hauteur du Mur de Berlin ?

Et mur post année 1989, hein.

Par chance, Kise n'en était pas là encore.

Il pouvait encore tout arrêter.

Avant qu'il ne soit trop tard et qu'il ne lui reste que des regrets…

Et le top model en avait pleine conscience pourtant… au moment où il s'empressa de plaquer Haizaki contre la porte de l'appartement, dès que celle-ci s'ouvrit. Sa proie grogna contre ses lèvres chaudes et possessives. Bon sang, mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Le Kitsune venait de perdre la tête et de se transformer en Nogitsune ou quoi ? (La version maléfique du Kitsune.) Mais c'était comme si son corps lui échappait complètement depuis qu'Haizaki en était devenu le marionnettiste attitré. Et étonnamment, ce fut le loup qui se montra le plus raisonnable des deux canidés. D'abord, il répondit au baiser tendrement, avant de prendre le visage de Kise entre ses mains pour instaurer une distance de sécurité salutaire entre eux. Un mince filet de salive translucide reliait toujours leurs deux bouches humides quand il se mit à parler :

« Garde-en pour ce soir chaton. Là, on doit sortir je te rappelle… et ce genre de démonstrations d'affection risque de n'être que moyennement apprécié à l'endroit où on va. »

« Hein ? » N'arriva qu'à articuler Kise, l'air hagard et déçu.

Mais où Diable le brun comptait les emmener ? Visiter un couvent? En tout cas, s'il s'agissait d'un lieu où même s'embrasser était interdit, Kise n'était pas certain d'avoir envie de s'y rendre.

« Tu verras. Mais ça va te plaire, je le sens. J'en mettrai sans hésiter mon petit doigt à couper ! » Promit Haizaki.

« Enfin… celui qu'il me reste quoi… » Ajouta t-il mentalement pour lui-même.

Il caressa la joue de Kise pour le rassurer une dernière fois, avant de rompre le contact. Le blond réalisa alors qu'il avait passé un bras autour du cou de son brun afin de s'ancrer à lui, tandis que son autre main se baladait déjà sous la chemise d'Haizaki…

Merde…

Haizaki s'éloigna aussitôt de lui, allant poser les sacs de shopping dans le salon et Kise se mordit la lèvre inférieure. Ça… ne lui ressemblait pas d'agir ainsi… De se laisser submerger et contrôler par ses hormones… Sauf que son corps lui paraissait tellement en MANQUE avec tous ces mois d'abstinences… Ce qui était d'autant plus inquiétant que, d'habitude, Kise ne se retrouvait pas forcément dans la peau du plus demandeur des deux partenaires…

Mais qu'est-ce qui était en train de lui arriver, bon sang ?

Bon, bon, pas de panique…

Jusqu'ici, il passait plutôt un agréable rendez-vous. Haizaki se montrait gentil et avenant envers lui, alors fatalement, cela titillait son côté affectueux. Sans compter qu'il avait croisé Aomine ce matin… et du coup, ça avait sûrement contribué à foutre le feu à son boxer Gucci… Ouais, voilà, elle était là l'explication logique ! Ça n'avait rien à voir avec Haizaki, en fait. Ça aurait très bien… pu être n'importe qui d'autre, pour le même résultat. Enfin, peut-être pas n'importe qui non plus, faudrait voir à pas pousser Mémère dans le ravin, surtout si elle sait pas nager, mais vous avez compris l'idée générale quoi !

A présent rassuré sur sa santé mentale, du moins temporairement, cet état de grâce ne dura cependant pas bien longtemps… puisqu'aussitôt, ses pensées se remirent à vagabonder sur ce qui venait de se produire entre lui et son ancien rival. D'un point de vue strictement… « qualitatif », dirons-nous. Parce que, si lui avait sans conteste apprécié leur… « rapprochement physique », était-ce bien le cas aussi pour Haizaki ?

Un doute affreux l'assaillit brutalement.

Bon... Dans le contexte au sein duquel la « chose » s'était produite, il s'avérait plutôt normal qu'Haizaki n'ait pas donné beaucoup de voix… Dommage, parce que quand le tatoué jouissait, Kise était certain qu'il devait monter dans les aigus, comme un vrai soprano… MAIS BREF, LA N'ETAIT PAS LA QUESTION ! Tout d'abord, il paraissait étonnant pour le Copycat que son ex-Némésis l'ait laissé le prendre et surtout qu'Haizaki en ait tout simplement été l'instigateur. Bon ok, visiblement cette petite idée trottait derrière la tête de Monsieur depuis un bon moment déjà, vu qu'il était arrivé tout équipé. Cependant, il n'empêche que cet idiot n'avait pas fait le moindre commentaire sur la performance de Kise ! Même sur le chemin du retour, après être sortis du magasin !

Et c'était… vexant !

Inévitablement, Kise crevait maintenant d'envie de connaître son avis sur la question ! Qu'Haizaki lui laisse un commentaire, façon Tripadvisor ! Du style « Hôte très appliqué. S'est montré extrêmement respectueux du studio durant son séjour. N'a ni sali, détérioré ou déplacé le mobilier intérieur. En a même profita pour ramoner le conduit de la cheminée. A recommander les yeux fermés. Cinq étoiles. »

Admettez tout de même qu'une telle attitude pouvait paraître étrange ! (Nan Kise, c'est la tienne qui bat des records de bizarrerie, là…) Suspecte ! Inadaptée ! Et Haizaki n'avait rien tenté non plus pendant qu'ils rentraient, alors qu'il aurait été facile pour eux de s'éclipser dans une ruelle peu fréquentée pour y conclure leur petite affaire ! Bon, ça étonnait Kise mais peut-être qu'Haizaki avait soudain eu un regain (ou un gain tout court ?) de moralité et pudeur. La petite expérience de la cabine avait très bien pu lui refiler la peur de se prendre la queue dans le sac heuuu… Bref. Sauf que maintenant qu'ils étaient enfin arrivés, toujours pas l'ombre d'une pause câlin prévue !

Ah mais attendez, car voici qu'enfin son gros loup-loup revenait vers lui ! Kise jeta un coup d'œil rapide dans le miroir de l'entrée pour vérifier qu'il était toujours aussi désirable que Salma Hayek dans le film « Une nuit en Enfer » et rassuré sur ce point, il accueillit Haizaki donc avec son plus beau sourire de mannequin sur commande. Le célèbre sourire numéro cinq, oui, comme le parfum Chanel éponyme et pour cause. Car tout comme cet effluve légendaire, son pouvoir de séduction était sans commune mesure. Peut-être avaient-ils encore le temps pour un autre petit coup vite fait avant d'y aller… ? Oui, c'était d'ailleurs sûrement ce qu'allait lui proposer le grand piercé, vu qu'il semblait sur le point de s'adresser à lui :

« Hey Ryota, si t'as envie de pisser avant de partir, j'te conseille d'y aller maintenant. »

Hein, quoi, PARDON ?

Kise cligna des yeux, ne s'attendant pas à une invitation aussi décevante...

Il s'agissait forcément d'un malentendu…

Aahhh mais oui, ça y est, il avait compris !

Ben oui.

C'était du Haizaki tout craché !

« Ok, j'y vais ! »

Il passa devant le lupin en sifflotant et se mit à rouler des fesses de manière très… exagérée, dirons-nous afin de ne vexer personne.

Connaissant Haizaki, il avait sans doute fait exprès de préconiser une petite pause pipi à la place de la fameuse pause zizi tant espérée par Kise. Et pour cause, sans doute avait-il prévu de rejoindre Kise pour la lui tenir pendant qu'il se soulageait… Excellent prétexte. Le blond se rendit donc aux toilettes, persuadé que le brun allait le rejoindre…

C'est pourquoi il ne verrouilla pas la porte derrière lui.

… Enfin, ça commençait à faire long là, non ?

Est-ce qu'Haizaki avait mal compris ? Parce qu'il était IMPOSSIBLE bien entendu que ce soit Kise qui ait mal interprété ses paroles ! Le message était pourtant clair, limpide !

Après plusieurs minutes passées à attendre, la voix d'Haizaki fit finalement écho dans le couloir.

« Oi Ryotaaaa, dépêche ! T'es tombé dans l'trou où quoi ? Il faut que j'vienne te chercher ? »

Hélas non, malheureusement, Kise n'était tombé dans aucun trou et certainement pas celui qu'il visait… Soupirant de désarroi, le renard quitta donc son trône sans couronne et revint auprès d'Haizaki, sans rien laisser paraître.

« C'est bon, j'suis prêt… Alors, j'en conclus que tu t'es enfin décidé sur l'endroit où on allait ? »

« Ouais c'est bon, mais il s'agit d'une surprise, du coup j'peux rien t'dire ! »

« Et bah… j'suis gâté aujourd'hui niveau surprises ! C'est mon anniversaire ou quoi ? »

« Disons que… c'est ma façon à moi de compenser pour tous ceux que j'ai pas pu fêter avec toi. »

« Ah oui, carrément ? Et bien il va falloir assurer, parce que t'en as au moins dix de retard j'te signale ! » Répondit Kise, amusé.

« Au moins, j'en aurai pas à rattraper un onzième… puisque je compte bien être présent pour celui de cette année. C'est dans un mois à peu près, c'est bien ça ? »

« Trois semaines en fait. » Acquiesça Kise, néanmoins surpris que le brun s'en souvienne.

« Ça te fera combien ? Vingt-sept ans ? Fais gaffe, c'est l'âge mythique auquel sont morts plein de grandes stars de la musique… Le fameux « Club des 27 » : Janis Joplin, Jim Morrison, Jimi Hendrix, Kurt Cobain, Amy Winehouse

« Ouais bah, je vais tout faire pour éviter de venir grossir la liste alors… Quoique… de nous deux, m'est d'avis que c'est plutôt toi qui devrais te méfier… Après tout, tu mènes une vie bien plus rock n'roll que la mienne ! »

« Avant peut-être, oui. Mais j'me suis rangé à présent. » Mentit l'ancien argenté.

« Vraiment ? Et… qu'est-ce qui a fait office de déclic ? »

« Une nana… » Sourit énigmatiquement Haizaki.

Kise fronça les sourcils et gonfla les joues, tel un Pikachu regardant sa femelle se faire éclabousser par le gros canon à eau d'un Tortank. Mais il se garda bien de faire tout commentaire désobligeant. Parce qu'il y avait de fortes chances pour son ancien camarade de collège soit juste en train de se jouer de lui en le provoquant délibérément. Et puis, quand bien même ce serait le cas… Kise n'avait pas son mot à dire sur le sujet. Waouuh Haizaki avait donc un passé amoureux et sexuel, comme tout le monde, no shiiiit ! Il serait aussi malvenu qu'hypocrite pour Kise de lui faire un tel reproche, d'autant qu'il était déjà au courant… étant malencontreusement tombé sur de vieilles photos avec Nijimura.

« C'est toujours à cause d'une nana… Enfin, je devrai sans doute plutôt dire « grâce » dans le cas présent ! » Plaisanta Kise. Mais le cœur n'y était pas et à vrai dire, une question qu'il ne s'était jusqu'alors jamais posée vint le tarauder. « Et d'ailleurs en parlant de ça… Tu ne m'as jamais dit : tu préfères les femmes ou les hommes, Shogo ? »

Haizaki lui avait demandé la même chose avant qu'ils ne se rendent au Hot Hole. Ce n'était donc que justice que le tatoué ait à subir le même interrogatoire.

Cependant, Kise subodorait d'ores et déjà qu'il n'allait pas aimer la réponse...

« Tu ne m'avais jamais posé la question non plus. »

« Bah justement, j'te la pose maintenant. Alors ? » Exigea Kise.

Haizaki se gratta le menton en attrapant au passage ses clés de moto. Ok, donc le mystérieux lieu qu'ils allaient visiter ne devait pas être situé dans le voisinage.

« Hmm… difficile à dire… j'aime les deux comme tu dois t'en douter. Mais… si je devais choisir… je crois que je prendrai les filles. Parce qu'elles ont… ce petit truc en plus. »

« Des seins ? » Tenta Kise sans grande conviction.

« Non, un vagin. » Sourit Haizaki, comme si cet argument coulait de source.

Ah bah d'accord… Remarque, au moins, c'était sans équivoque.

Pas question pour autant de s'avouer vaincu, même si, en toute franchise, ce n'était pas la réponse que Kise aurait souhaité entendre. Il laissa donc Haizaki passer devant lui pour leur ouvrir la porte d'entrée et aussitôt, il en profita pour venir se presser dans son dos.

« Mais tu sais ce qu'il leur manque ? Une belle grosse queue… comme celle qui t'a fait jouir dans ma main tout à l'heure… »

… Et dont Haizaki pouvait sûrement sentir la présence… proéminente… contre ses reins. Cela le fit d'ailleurs ricaner. Mais il ne s'agissait pas d'un rire moqueur ni même nerveux. Il semblait davantage amusé.

« Je crois que le sperme a fini par te monter au cerveau à force de le garder à l'intérieur, pendant si longtemps… Tu sais, comme le champagne qui a tendance à remonter, quand on secoue un peu trop la bouteille… »

« Et je t'ai bien secoué tout à l'heure dans la cabine… Du coup, ne serait-ce pas ton cerveau à toi qui devrait être noyé ? »

« Pas encore assez, de toute évidence. » Fit Haizaki en lui échappant.

Il referma la porte derrière eux après être sortis et Kise rongea silencieusement son frein.

Pas le frein qui se trouvait sur son sexe (le blond n'était pas encore souple pour cela), mais c'était tout comme franchement !

Et sur le trajet en moto, Kise resta silencieux comme une tombe. Il s'arrima bien à la taille d'Haizaki et il tira profit de ce moment de calme pour réfléchir. Les palmiers, le bitume, les voitures, les passants, tout défilait sous son regard absent, caché derrière la visière de son casque.

Et si… Haizaki n'avait vraiment pas aimé leur moment d'intimité ? Au départ, Kise avait pris cette possibilité à la rigolade, mais à présent… il n'arrivait plus à se la sortir de la tête… Merde… sans vouloir se vanter (mais un peu quand même !) se serait bien la première fois qu'une telle situation lui arrivait et honnêtement, il ne savait absolument pas comment y faire face. Et pour la seconde première fois de la journée, Kise se sentait déstabilisé par l'attitude de son compagnon. D'ordinaire, c'était Haizaki qui lui courait après et non l'inverse !

D'ailleurs, il en avait toujours été ainsi avec ses amants, qu'ils soient hommes ou femmes. Alors, le Kitsune ne savait vraiment pas comment réagir. En général, Kise se contentait d'être beau, à défaut d'être intéressant et grâce à son métier, il connaissait toutes sortes de techniques secrètes pour attirer, mais surtout retenir l'attention de ses proies.

Enfin, ce n'était pas tout à fait vrai, puisque subsistait tout de même une panthère récalcitrante qui résistait encore et toujours au séducteur aux cheveux d'or…

Raaah foutu Daiki !

Kise n'avait aucune envie de repenser à son ancien colocataire en cet instant !

Déjà que tout ce bordel était de sa faute !

Pour commencer, si Aomine avait assumé leur coucherie d'un soir comme un adulte responsable, Kise ne serait pas allé trouver refuge sous les jupes (hawaïennes) du loup ! Mais surtout, si le blond n'avait pas eu le malheur de croiser le basané ce matin chez Kagami, jamais il n'aurait cédé à Haizaki !

Dire que maintenant, sa perfide Némésis avait enfin obtenu ce qu'elle désirait et allait donc se mettre à l'ignorer royalement !

… Attendez une seconde, mais ça devrait le faire BONDIR de joie ! Grâce à cette petite baise improvisée dans une boutique de luxe qui fleurait bon le cuir de qualité totalement hors de prix, (Kise avait toujours trouvé ce parfum particulièrement excitant… chacun ses kinks !) le mannequin était à présent débarrassé d'Haizaki et sans passer par la case « s'asseoir sur un cactus », aka devoir se prendre quelque chose quelque part, pour maintenir un langage politiquement correct.

Mais alors… pourquoi est-ce que ça ne le réjouissait pas ? D'autant qu'il n'avait qu'une hâte : remettre le couvert dès que possible !

Au final… Haizaki était comme tous ces mecs qui vous jettent sans le moindre égard, tel un mouchoir usagé une fois qu'ils se sont servis de vous et… ont obtenu ce qu'ils voulaient…

Honnêtement, Kise aurait dû le voir venir…

Haizaki était réputé pour son manque de stabilité. Déjà qu'il n'était pas suffisamment stable pour garder la même coupe, ni la même couleur de cheveux durant une décennie complète ! Et puis, Kise avait maintes fois assisté à la valse incessante des petites-copines du brun, par le passé. Il savait donc à quoi s'en tenir. Enfin, logiquement… Théoriquement. Mais ça ne lui plaisait pas. Il pensait être… différent. Oh, ce n'était bien-sûr pas comme s'il cherchait à entamer une relation suivie avec Haizaki ! Non, là, il faudrait carrément être suicidaire !

Cependant… disons que c'était une question d'amour propre avant tout. Kise n'avait pas pour habitude qu'on le délaisse après le sexe. En général, ses amants devenaient vite accros et en redemandaient même ! Et donc, accessoirement, si ce genre de petit interlude pouvait se reproduire à l'avenir… et bien, ce serait la tomate cerise sur le Mc Do. Parce que lui… inutile de le préciser mais… il avait vraiment apprécié. Or, Kise était persuadé qu'il pourrait d'autant mieux apprécier les caresses d'Haizaki, allongé dans un lit confortable et sans avoir à se presser la ou les prochaines fois… Enfin, si l'occasion se représentait et le mannequin allait mettre son savoir ancestral au service de sa libido pour que ce soit le cas. Comme on dit, il faut parfois savoir provoquer le destin et… bon d'accord, la dernière fois qu'il s'en était chargé, ça ne lui avait pas franchement réussi mais… Kise n'aimait pas rester sur une défaite.

Son passif avec Aomine, n'était pas le même qu'avec Haizaki.

Les choses pouvaient encore tourner différemment.

Bien vite, Haizaki se gara sur un parking et dès que Kise enleva son casque une forte odeur de… « jungle » assaillit ses narines. Il leva la tête et put lire : « Los Angeles Zoo and Botanical Garden » au dessus du grand portail qui faisait office d'entrée. Le blond passa une main dans ses cheveux pour les lisser et y remettre un peu d'ordre, avant de dégainer ses lunettes de soleil. Il ne s'attendait pas à ce qu'Haizaki l'emmène au zoo, mais pourquoi pas ? Parce que Kise avait beau habiter à L.A. depuis de nombreuses années, jamais il ne s'y était rendu.

« Le zoo, hein ? »

« Bah t'aimes les animaux, non ? »

Oh le bel euphémisme ! A vrai dire, ce n'était un secret pour personne, Kise adorait les animaux et se considérait même étant un fervent défenseur de leur cause. Mais s'il ne rechignait pas à porter occasionnellement du cuir, la fourrure par contre, c'était le refus catégorique ! A tel point que dans son pays d'origine, Kise avait la réputation d'être un genre de Brigitte Bardot au masculin et il avait également milité plusieurs fois à ce sujet. D'ailleurs, s'il s'écoutait et s'il en avait les moyens financiers, soit il s'achèterait une grande maison pour recueillir le plus d'animaux abandonnés possible, soit il ouvrirait son propre refuge.

« Quoi, j'me suis trompé ? »

« Non mais… disons que je suis surpris… »

« 'Surpris' comme dans… 'agréablement surpris' ? »

« Franchement, ouais ! »

« Tant mieux. A vrai dire, j'avais un peu peur de ta réaction. Pour moi c'était du fifty fifty, parce que tu aurais très bien pu me dire qu'il s'agissait d'un lieu barbare où l'on encage de pauvres animaux innocents, en les privant de liberté. »

« Les jardins zoologiques ont énormément progressé ces dernières années, tu sais. La plupart s'efforcent de reproduire les conditions de vie des animaux en milieu naturel, tout en respectant leur rythme biologique. »

« Exact. En tout cas, je suis content que ça te plaise. »

Kise se mit alors à le fixer. D'abord, Haizaki l'avait accompagné dans la mythique boutique de luxe de Donovan et maintenant ici, au zoo. Soit deux lieux que Kise appréciait. Etait-ce un hasard ? Parce que pour le moment, on atteignait le 100 % de réussite sans forcer. Kise serait-il donc si prévisible ? A moins que ce ne soit Haizaki qui l'ait déjà trop bien cerné. Mais ce n'était pas équitable, parce que… le blond ne se sentait pas au même niveau de connaissance que le brun. D'investissement, plutôt.

Après tout, qu'est-ce qu'il savait réellement d'Haizaki ?

Ils avaient joué au basket ensemble et le brun pratiquait la musculation, donc selon toute logique, il appréciait l'activité sportive. Enfin, certaines activités sportives, en tout cas.

Le brun préférait les femmes. (Selon ses propres dires…)

Il avait une mère et un frère plus jeunes, restés au Japon.

Il aimait les piercings et les tatouages.

Haizaki était sorti avec Nijimura à une certaine période.

Une fille l'avait incité à mettre de l'ordre dans sa vie décousue.

Haizaki adorait les grosses cylindrées et la mécanique.

Il vivait de petits boulots d'homme à tout faire et pratiquait le poker pour arrondir ses fins de mois, à défaut d'être devenu mécano avec son frère.

Et c'était à peu près tout… Quels étaient ses rêves, ses espoirs, ses opinions politiques et philosophiques ou encore ses goûts en général, Kise l'ignorait totalement. Etait-il allergique à quelque chose ? Que détestait-il (à part l'injustice ? Tout le monde déteste l'injustice…) ? Combien de conquêtes avait-il eu ? De relations sérieuses ? Avait-il déjà vécu en couple ? Savait-il surfer, faire du vélo ou encore nager ? Certes, le tatoué était loin également de tout connaître au sujet de Kise, mais… ça faisait toujours plus que lui ! Le mannequin devrait-il se sentir coupable pour autant ? Et s'il cherchait à combler ses lacunes en se renseignant ? Hmm… mais s'il le faisait de manière trop frontale, Kise risquait de braquer Haizaki. Dans ce cas, la meilleure stratégie consistait donc à en apprendre plus sur son compatriote tout en douceur. Par exemple, en lançant un sujet bidon pour l'amener à se confier progressivement.

Et faire la conversation, ça, Kise maîtrisait !

Tout d'abord commencer par des banalités et improviser selon ce qui en découlerait…

« Tu as vu Miss Robinson alors ce matin ? Comment va-t-elle ? »

« Bien. » Répondit Haizaki, en prenant leurs billets. « Je suis passé à sa villa avant que son secrétaire particulier ne m'aide à récupérer nos affaires restées dans l'ancien appart'. J'en ai profité pour lui mettre un p'tit coup… »

C'était dit avec un tel naturel, que Kise en fut presque déconcerté et immédiatement, il s'imagina le pire. Non… il ne se l'imaginait pas et il en pâlit même. Aucune place n'était laissée à l'interprétation et aussitôt, le petit nuage sur lequel il se trouvait depuis le début de leur rendez-vous, lui sembla exploser en plein vol.

Et Haizaki avait le culot de lui avouer ça, OKLM !

Alors qu'ils étaient en plein DATE !

En constatant l'air choqué et blême de son rayon de soleil personnel, Haizaki s'empressa de rectifier. Ou plutôt de compléter.

« … De sécateur, qu'est-ce que tu vas encore t'imaginer ? Tu sais, pour ses rosiers. Ils avaient grand besoin d'être taillés. »

« Oh vraiment ? J'ai l'impression que tu vas souvent leur mettre un 'petit coup', pourtant. »

Le brun ne se laissa pas déstabiliser et il tendit son ticket d'entrée à Kise, imperturbable.

« Ce sont des rosiers Ryota. Ça pousse vite par définition et pas de manière très disciplinée. »

« Un peu comme tes cheveux alors ! »

« Ouais voilà, si tu veux. Et c'est la raison pour laquelle un entretien régulier est nécessaire… » Expliqua t-il sérieusement, avant de remarquer la pique à peine masquée. « Attends, je rêve ou tu viens de critiquer mes précieux tifs l'air de rien ? Déjà que tu tenais à me les faire couper, sans la moindre considération tout à l'heure… »

« C'est amusant cette fixette que tu fais sur tes cheveux… J'trouve ça plutôt mignon, en fait. »

« Ah ouais, mignon ? »

« Hmm hmm ! » Approuva Kise, lorsqu'ils pénétrèrent enfin dans l'enceinte du zoo. « Aussi mignon qu'un bébé lapin ! Ça fait ton charme, en quelque sorte. »

« Un bébé lapin ? Rien que ça ? Sur l'échelle de la mignonnitude, on doit bien se situer à 9/10 non ? Et ça tombe bien, puisque tu me trouves charm-… »

« Pas toi, juste ta petite obsession capillaire ! » Corrigea Kise en le coupant.

« … j'allais te laisser choisir par où tu voulais qu'on commence notre visite. Mais vu c'que tu viens d'me bal-… »

« Oh ! Je sais ! » Le coupa à nouveau le blond, avant qu'Haizaki ne lui retire ce privilège. « Allons voir les lions en premier ! »

« Je ne savais pas que tu étais fan des gros chats flemmards et polygames… »

« C'est parce que je ne le suis pas spécialement. Mais ce doivent être les seuls animaux à pouvoir rivaliser avec toi, niveau crinière alors j'ai une soudaine envie d'aller vérifier qui a la plus belle ! »

Et sur ces belles paroles, Kise le planta là, se dirigeant en trottinant vers l'enclos du Roi des bêtes.

« Hey ! Ma crinière à moi est plus longue et plus soyeuse, j'te ferai dire ! Oiiii Ryota, attends-moi ! » Cria t-il en lui courant après.

La visite s'annonçait sur les meilleurs auspices et promettait donc d'être intéressante...


Kise avait donc décidé de s'amuser quoiqu'il puisse se produire entre lui et Haizaki. E si l'occasion lui en était donnée, il comptait bien continuer à grappiller des renseignements sur le mystérieux voleur de techniques. Mais pour cela, le blond savait qu'il devait instaurer une ambiance confortable entre eux. Or, le décor bon enfant du zoo se prêtait tout à fait cet exercice. Le temps était particulièrement clément aujourd'hui, sans pour autant qu'il ne fasse trop chaud. Il y avait même une petite brise marine agréable.

Sûrement un signe favorable, si la météo s'y mettait aussi…

Assommés par la chaleur, les lions prenaient un bain de soleil et ne semblaient guère intéressés par leurs spectateurs, aussi, Haizaki conseilla au blond de se lancer dans une interprétation toute personnelle du très célèbre « Hakuna Matata », afin de les inciter à se rapprocher. Il s'agissait sûrement d'une taquinerie dont seul l'ex de Fukuda avait le secret, mais Kise n'y vit que du feu et en bon fan de Disney connaissant ses classiques sur le bout des doigts, il s'empressa de pousser la chansonnette. Sans grand succès cependant. Mais bien loin de se laisse abattre par ce cuisant échec malgré son imitation sans faille de Simba, l'énergique Eurasien décida donc de continuer à passer en revue les animaux qui peuplaient le biome « Afrique. » Qui sait, il aurait peut-être davantage de succès auprès des suricates et des phacochères avec sa voix de crooner ?

Il se planta donc devant les éléphants (à propos de la trompe desquels Haizaki se targua d'une réflexion au sujet de la TAILLE…), puis les rhinocéros, (là encore, Haizaki le gratifia d'un commentaire sur la TAILLE de leur corne…) et enfin, les girafes. Mais là où Kise s'attendait encore à une comparaison phallique à peine voilée (car ce type avait vraiment un problème… de taille avec sa propre taille lol), Haizaki lança à sa grande surprise :

« On dirait toi. »

« PAAAARDON ? Quel est le rapport avec ma glorieuse personne ? »

« Ben elles sont grandes, jaunes et élégantes ! Ça n'te rappelle pas quelqu'un ? Les vrais top models de la savane, ce sont elles ! » Assura Haizaki.

Ah bon ? Kise avait toujours pensé qu'il s'agissait d'animaux plus graciles et souples dans leurs déplacements, tels que les guépards avec leur magnifique pelage tacheté et leur taille fine, par exemple.

« Heyyy ? Tu trouves qu'elles sont belles, toi ? » Il plissa les yeux, comme pour mieux voir ce qu'Haizaki pouvait bien apprécier chez ces bestioles montées sur des échasses. Mais bon, le comparer à une girafe revenait plus ou moins à le féliciter indirectement pour son port de tête princier, alors pourquoi pas au final. « Moi, j'ai plus de mal à me prononcer dessus… Désolé, mais je ne leur trouve rien de spécial, à part qu'elles ont juste un long cou quoi… »

Et toutes une tête à s'appeler « Sophie » et à faire pouet pouet

« Ah ! C'est toi qui l'as dit là, pas moi ! » Se moqua son compagnon en le pointant du doigt, l'air chargé de sous-entendus graveleux.

Kise roula des yeux. Non mais quel gamin…

« Ahaha… très drôle… Je vais finir par croire que tu complexes à force de toujours aborder la question de la taille… Et puis je croyais que j'étais un renard, d'abord ? »

« Y en a pas ici, c'est dommage. Le seul truc qui s'en pourrait éventuellement s'en rapprocher un peu, ce sont les fennecs de la zone « Sahara » du biome où nous nous trouvons actuellement… mais ça pue non ? J'veux dire, il existe même une expression consacrée qui dit 'ça sent le fennec', non ? Et… c'est pas du tout ton cas. »

« C'est vrai, ça ? Mon parfum te plaît ? »

C'était davantage une question rhétorique puisque Kise en connaissait déjà la réponse, mais le compliment d'Haizaki n'était pas passé pas inaperçu. Il s'agissait d'un bon début. D'habitude, Kise entendait souvent de la part de ses partenaires qu'il était beau, bandant, désirable… ou tout autre éloge en rapport avec son physique. Mais qu'on lui dise qu'il sentait bon, ou du moins qu'il n'empestait pas plus précisément dans ce cas, c'était déjà beaucoup plus rare.

Et aussi bizarre que cela puisse paraître vu la banalité de ce compliment… et bien… ça le rendait heureux, tout simplement.

Kise se sentait revenir en arrière, à l'époque du collège. Du temps des premières amours et des déclarations franches. Il y avait un peu de cette sincérité maladroite qu'il retrouvait dans les mots choisis par Haizaki. Pas les plus efficaces, certes. Pas les plus romantiques non plus. Juste ceux qui venaient du cœur et n'étaient pas encore passés par le filtre déformant d'une séduction plus… sophistiquée. Plus adulte. Moins spontanée et authentique.

« Toujours. Et à ce propos… laisse-moi te dire que tu sentais particulièrement bon ce matin quand tu es rentré... »

… Moins spontanée, mais plus raffiné heureusement !

« J'en étais sûûûûûr ! C'était bien le parfum du gel douche huit en un de Kagamicchi qui lui faisait de l'effet tout à l'heure ! Brrr… je me sens tellement sale tout à coup… »

Pauvre Kise… décidément, toute l'éducation d'Haizaki était à retravailler. Qu'elle soit olfactive ou vestimentaire, d'ailleurs. Ohhh oui, l'égérie des podiums avait du pain sur la planche s'il voulait faire du brun un honorable citoyen de Fashionville.

« … Rappelle-moi de ne plus jamais laisser un mec qui trouve l'odeur du cambouis excitante, me dire que je sens bon. Allez viens, il reste encore quelques animaux à voir dans le biome « Afrique » ! Les zèbres, les gazelles, les autruches, les singes et encore quelques fauves aussi ! »

Et de lui attraper le bras avant que le piercé de service n'ait eu le temps de protester.

En tout cas, Kise se montrait très énergique et enthousiaste depuis qu'ils avaient pénétré dans l'enceinte du parc animalier ! Ça faisait plaisir à voir. Il reprenait du poil de la bête comme on dit, ce qui semblait plutôt logique étant donné que le zoo en regorgeait. Pas de poils hein, mais de bêtes. Enfin de poils aussi, ceci dit…

Et en parlant de poils justement…

Voici qu'ils arrivaient devant l'enclos des singes…

Des babouins, apparemment.

Haizaki resta légèrement en retrait pour lire la fiche de renseignements de ces animaux, pendant que Kise observait une mère épouiller son petit, en décortiquant tous ses poils avec soin.

« Hé Ryota ! Tu savais que les femelles avaient le cul plus rouge, au moment de l'ovulation pour signaler leur fertilité ? »

« Heu non… mais je suis RAVI de l'apprendre ! La Nature est bien faite quand même ! »

Et d'ailleurs, en parlant du loup, (mais pas Haizaki hein) un singe femelle ( ?) passa devant un mâle (ça par contre, c'était certain…) et celui-ci la gratifia d'un doigt bien placé dans le… heu « rouge » avant de le renifler, puis de venir se placer derrière elle pour la gratifier à nouveau, d'autre chose qu'un doigt cette fois… Haizaki choisit bien entendu cet instant d'un romantisme absolu pour se glisser dans le dos de Kise et passa un bras autour de sa taille… tout en collant biiiiiien son bassin contre les reins de Kise.

« Je trouve ça assez sympa comme méthode pour se dire bonjour… Ça te dirait pas qu'on l'adopte ? Les primates sont très adeptes du sexe comme méthode de résolution des conflits et pour consolider leur groupe. »

« Je crois que t'as oublié de ranger ton sécateur après t'en être servi chez Miss Robinson. Parce que le sens contre moi, là. »

« Désolé de te décevoir, mais c'est pas un outil de jardinage que j'ai dans le pantalon bébé… »

« C'est ce genre de « petit coup » que tu as mis à Tatie Vivi ce matin, avoue-le ! »

Bien-sûr, Kise avait lancé cette boutade sur le ton de la plaisanterie, sans y croire une seule seconde…

« Peut-être bien… Nous aussi, nous sommes des primates après tout… il est donc important de renforcer nos relations. »

Il vint frotter son nez dans le cou de Kise et ce dernier bascula la tête en arrière, l'appuyant contre l'épaule d'Haizaki en fermant les yeux.

« Et si on allait faire un petit tour aux toilettes rien que tous les deux… ? On pourrait en profiter pour resserrer nos liens sociaux toi et moi… »

Sa voix était caressante, un peu hypnotique. Comme celle de Kaa, le serpent du « Livre de la Jungle ». Tiens, est-ce qu'il y avait des serpents ici, au fait ?

« Hmm… c'est tentant… d'autant que j'aurai pas été contre quand nous étions encore à l'appart', tu sais, juste avant de sortir… »

« Ohhh tu parles du moment où tu as « oublié » de verrouiller la porte ? »

« Alors tu avais remarqué, mais tu n'as rien fait ? Baka ! » Il lui donna une petite tape sur l'épaule, avant de se défaire de son étreinte. « Par contre, les chiottes du zoo… c'est vachement moins glamour qu'un trône en diamants avec siège chauffant à plus de dix mille dollars… Donc, je vais être contraint de décliner cette ô combien charmante invitation, non sans regret, je te l'assure ! Maintenant… si tu avais l'obligeance de bien vouloir me lâcher, je n'aimerai surtout pas être à l'origine d'un traumatisme pour les jeunes visiteurs… »

Sur ces bonnes paroles emplies de sagesse, Kise donna un petit coup de menton en direction du groupe d'enfants en sortie scolaire apparemment. Ils étaient trognons avec leurs chapeaux sur la tête et à se donner la main en rang deux par deux. Mais bien loin de se laisser attendrir par une bande de nains de jardin à peine sortis… du jardin d'enfants justement, Haizaki soupira lourdement.

« Rooooh c'est bon ! Ils viennent de voir deux singes baiser juste sous leur nez, j'te rappelle ! »

« Non ce n'est pas « bon » ! Il ne s'agissait pas de deux babouins 'mâles' ! »

« Qu'est-ce que tu en sais ? T'es allé soulever leur jupe ? Ou tu lui as mis un doigt toi aussi pour vérifier si tu arrivais à sentir ses ovaires ? »

« Ahahaha ça ne risque pas ! J'ai beau adorer les animaux, je ne me suis jamais rêvé vétérinaire, et encore moins gynécologue pour babouins ! »

« Tu crois que ça existe vraiment comme boulot ? Nan parce que ça a l'air dément en tout cas ! Hmm… j'ai p't'être bien raté ma vocation finalement… »

« Il n'est sans doute pas trop tard. Ils recherchent sûrement des stagiaires ici, tu devrais demander. »

« Pour passer mes journées à ramasser la merde des bestioles ? Non merci ! Je préfère encore aller mettre du fumier sur les rosiers de Viv', quitte à avoir les mains dans les excréments… »

« Et sinon, t'es au courant qu'il existe une magnifique invention humaine appelée 'gants' ? » L'informa Kise, en retroussant le nez par dégoût, avant de l'attraper par le bras pour l'éloigner de l'enclos des primates. « Ohhhh t'as vu, ça ? Il y a des hippopotames en face ! »

Kise était pire qu'un enfant hyperactif shooté au sucre, passant du Coca light heuuu du « coq à l'âne », bien que ces deux animaux ne sont malheureusement pas représentés ici. Il voulait TOUT voir !

« Regarde comme il est mignooooon le bébé ! Awww on dirait vraiment un petit veau d'eau douce ! »

Un veau… Mais bien-sûr !

Et pourquoi pas une grosse vache aquatique, pendant qu'on y était… ?

« J'en serai pas aussi certain à ta place… Tu sais quel est l'animal qui cause le plus de morts humaines en Afrique par an ? »

« Heuuu… les crocrodiiiles ? » :p Minauda Kise, se penchant pour mieux pouvoir les observer.

« Faux. Ce sont tes chers hippopotins ! »

« Tames. » Corrigea le fana des animaux.

« … Aspartame ? »

« HIPPOPOTAME ! Pas 'popotins' ! Tu ne penses vraiment qu'au cul, décidément. Et puis, j'n'te crois pas d'abord ! »

« Et pourtant, c'est la vérité. De vraies saloperies ces machins-là. Et agressifs en plus ! Même les crocos osent à peine s'y attaquer. D'ailleurs, petite anecdote amusante, le baron de la drogue Pablo Escobar en a fait importer plusieurs dans sa demeure en Colombie par caprice personnel. A sa mort en 1993, sa ménagerie a été laissée à l'abandon, mais quatre de ses pensionnaires ont réussi à s'enfuir jusqu'au fleuve le plus proche, où ils se sont établis et reproduits pour atteindre en 2020 le nombre de quatre-vingts individus, ce qui constitue la plus importante population d'hippos hors Afrique. Et en l'absence totale de prédateurs, ils foutent un dawa pas possible en Amérique du Sud et menacent la faune et la flore locale, en tant qu'espèce invasive, parce que les tonnes de caca qu'ils produisent asphyxient petit à petit les lits des rivières et empêchent même les algues d'y pousser. »

Kise siffla, impressionné. Il avait failli oublier qu'Haizaki pouvait se montrer très savant concernant des domaines… totalement improbables pour le reste du commun des mortels.

« Wow comment tu sais tout ça ? Tu viens d'aller chercher l'info sur Internet pendant que j'avais le dos tourné, avoue-le ! »

« Mais non, pour qui est-ce que tu me prends ? Je connais beaucoup de choses que tu ne soupçonnes même pas ! » S'indigna faussement Haizaki.

« Ben voyons. Et depuis quand es-tu officiellement devenu un puits de culture ? »

« Depuis toujours ! Et si tu n'avais pas toutes ces idées préconçues à mon sujet, tu le saurais ! »

Kise croisa les bras sur son torse et il se retourna vers Haizaki, pour le moins circonspect. Le brun vendit alors la mèche.

« … Bon d'accord, je viens de le lire sur le panneau situé près de leur enclos… Du reste, les hippopotames présents ici viennent justement de Colombie. »

« Oooohh ! A ton avis, ils ont déjà goûté de la drogue ? »

« J'en doute. Mais bouloté des cadavres de narcotrafiquants malencontreusement « tombés » dans leur bassin à l'époque, après s'être suicidés de trois balles dans le dos, ça, c'est bien possible en revanche… »

« Ewww… ben j'trouve plus ce petit hippopotamus aussi mignon tout à coup ! De toute façon, ça n'vaudra jamais un bébé lapinou ! »

« C'est vrai que c'est choupi. Surtout avec un peu de moutarde en accompagnement… Par contre, les lapins adultes… »

« Pourquoi, eux aussi ils mangent des narcotrafiquants ? » Gloussa Kise.

« Non, juste des Monty Pythons ! » Rit à son tour Haizaki.

« Tiens en parlant de pythons, tu crois qu'ils en ont ici ? »

« Sans doute et peut-être même des anacondas ! »

« Génial ! J'espère qu'on ne les ratera pas ! »

Il lui attrapa à nouveau le bras pour le guider dans les allées en terre battue.

« Tu aimes les reptiles ? »

« Ben ouais, pas toi ? » Répondit Kise, comme si cela coulait de source.

« Si, si… mais ça m'étonne un peu, c'est tout. »

« Sache pour ta gouverne que j'aime absolument tous les animaux ! Sauf les insectes. Mais en même temps, personne n'aime les insectes. Pas quelqu'un de sain, en tout cas. Enfin, j'aime bien les papillons quand même. Encore que ça dépend desquels. Mais bref ! Tout ça pour te dire que le seul moment où je n'aime pas les serpents, c'est quand ils se retrouvent en imprimés sur d'horribles vêtements ! Comme la chemise que tu avais mis au Hot Hole ! Bruh. Si j'avais été le videur, je t'aurai tout simplement interdit d'entrer ! Au nom de la Mode et du Bon Goût ! »

Et sur ces belles paroles, ils terminèrent leur tour de la zone Afrique en allant rendre visite aux derniers animaux du Biome.


Maintenant qu'ils se trouvaient en « Asie », Kise en profita pour passer voir les fameux pandas !

Le zoo en comptait deux, un couple. Ting-Ting et Fei-Huang, six ans au compteur et toujours aucun moutard à l'horizon… Leur manque de libido légendaire n'était donc pas un mythe, hélas.

« T'étais au courant que dans certaines réserves pour pandas, on leur passe des pornos pour essayer de leur filer la trique ? »

« Affolant… »

« P't'être que toi et moi on d'vrait se dévouer pour montrer à ceux-là comment on fait les bébés… » Souffla le garçon aux cheveux ébènes dans son cou.

« J'suis pas certain que ça les inspirerait… ils pourraient se tromper d'orifice s'ils prenaient exemple sur nous. » Répondit Kise avec un sérieux doctoral.

« Pas faux. Ahhh… Si j'pouvais… j'leur collerai un flingue sur la tempe à tous les putains de pandas qui refusent de baiser pour sauver leur espèce ! »

« Affolant… Bis. »

« Ouais, t'as sans doute raison… J'suis assez radical, comme mec. »

« Je m'en étais aperçu. Raaaah c'qu'ils sont mignons n'empêche ! On dirait des peluches géantes ! »

« Est-ce qu'il y a un seul animal en ce bas monde que tu ne trouves pas mignon ? Hors machins qui rampent, grimpent, sautent, tissent et volent en bourdonnant. »

« Hmmm… nan j'crois pas ! Mais les pandas, c'est différent ! Parce qu'ils me font penser à Murasakibaracchi ! »

« C'est vrai que la ressemblance est… frappante. Personnellement, je l'aurai plutôt comparé à un dangereux grizzli. Mais je vois c'que tu veux dire. Surtout le côté 'Je-reste-assis-sur-mon-gros-cul-toute-la-journée-à-m'empiffrer-comme-un-gros-tas-mais-uniquement-avec-des-trucs-qui-me-plaisent-hein !' »

« Un grizzli ? N'importe quoi ! » Répliqua le blond pour prendre la défense de son ami.

« On voit bien que t'as jamais tenté de chourer dans son assiette à la cantine… »

« En même temps, quelle idée de génie ! Tu cherches vraiment les ennuis, toi… La prochaine fois que tu le verras, essaie d'aller piocher de la nourriture directement dans son gosier, tant que tu y es, crétin. »

« J'y penserai ! Même si je suis à peu près certain de ne plus jamais le recroiser de ma vie ! » Haizaki se retint d'ajouter que deux Skittles à gérer aux U.S.A, c'était déjà plus que suffisant et qu'il ne tenait donc pas à voir débarquer le reste du paquet ! « N'empêche… » Reprit-il sur le ton de celui qui va sortir une blague douteuse. « … Les pandas doivent être les animaux les moins racistes de la Terre, quand on y pense : ils sont à la fois noirs, blancs ET asiatiques ! »

Décidément, quel humoriste ce Shogo…

Kise préféra n'émettre aucun commentaire, le dossier étant déjà suffisamment à charge contre le brun pour cela. Lassé des pandas bouffis (et je ne parle pas de Steven Seagal…), Kise ne perdit pas de temps et il se dirigea aussitôt vers le second enclos, qui était celui des…

« Ohh ! Regarde ça ! Des tanukis ! C'est trop bien, on va voir les cousins de Zébu ! »

Et hop, le mannequin le tira à nouveau à sa suite. Une fois posté devant les fameuses boules de fourrure, Kise s'émerveilla immédiatement.

« Haaan ! Ils sont albinos ceux-là ! Je les trouve encore plus beaux sans leurs rayures ! On voit vraiment que ce sont des canidés cette fois, sans leur masque de raton-laveur ! »

Ils étaient en effet magnifiques, avec une fourrure dense et immaculée comme de la neige tout juste tombée.

Ou un gros nuage de crème Chantilly.

Kise n'avait qu'une seule envie : glisser ses doigts dans leur pelage touffu pour sentir leur douceur.

« Ils ressemblent vraiment à des renards arctiques avec cette couleur. »

« Hmm… en parlant de renards… je t'ai dit qu'il n'y en avait pas ici mais… » Haizaki tourna la tête en direction de l'enclos qui se situait tout au bout du chemin. « … Je viens de repérer à l'instant l'animal qui pourrait le plus s'en rapprocher… Et rassure-toi, c'est pas un fennec. »

« Ah ? Montre ! »

« D'abord, une petite devinette… Je vais juste te dire un mot en anglais et tu vas me dire à quelle bestiole ça te fait penser. Sans tricher ! »

« Et comment tu veux que je triche au juste ? » Sourit Kise.

Il vint enlacer la taille d'Haizaki, décidément de bonne humeur aujourd'hui. Il paraissait comme… transformé. Comme à l'époque du collège et du lycée. Ça faisait plaisir à voir et Haizaki se fit la réflexion que Kise méritait bien son surnom spécial de « Sunshine ».

Mais le tatoué se devait tout de même de se montrer intransigeant. Aucun traitement de faveur juste sous prétexte qu'ils étaient en train de passer une bonne journée ensemble !

« Ton portable… »

« Quoi ? »

« Donne-le moi. » Exigea Haizaki. « Tu pourrais t'en servir pour regarder. Allez, sois raisonnable et n'prenons pas l'risque. »

« Comme si c'était mon genre de faire un truc pareil ! » Pesta Kise, avant de céder un peu trop vite pour être honnête… « Bon, d'accord. Tiens, le voil-… hmm ? »

Kise tâta sa poche dans l'espoir de sentir son précieux téléphone, mais rien ! Nada ! Niet ! Aussi vide que son compte en banque après être avoir dévalisé une enseigne Dolce and Gabanna ! La panique commença à s'emparer de lui.

« Réfléchis Ryota, réfléchis… Tu l'as peut-être laissé au penthouse quand vous y être repassés pour poser les sacs… Hmm… » Il ferma les yeux pour mieux se concentrer. « Non… je ne l'avais pas sur moi à la boutique, de ça, j'en suis certain. J'ai pas pu le perdre par inadvertance dans la rue… Dans ce cas, ça doit remonter à avant, parce que je suis à peu près sûr de l'avoir embarqué avec moi ce matin pour mon footing avec Kagamicchi et… ohhh c'est ça, bon sang, c'est forcément ça… J'ai dû l'oublier chez lui au moment de me changer et de prendre ma douche. Merde, ça veut dire qu'il va falloir que je retourne le chercher… Mais j'peux pas… planter Haizaki maintenant… Il s'est donné du mal pour organiser cette journée… Bon tant pis, ça attendra demain ! »

Quoi, demain ?

Oh bordel… mais qu'est-ce qu'il lui arrivait à la fin ? Ça ne lui ressemblait pas de se passer de son smartphone pendant toute une journée ! Et pourtant… tout au fond de lui… Son choix ne résultait pas que d'une question de politesse. Bien-sûr, il était reconnaissant envers Haizaki de s'être occupé de tout planifié, mais c'était son date après tout ! Cependant… la véritable raison était nettement plus… grave de par ce qu'elle impliquait… Car si Kise se retenait de courir chercher son bébé, c'était avant tout parce que… et bien… il ne se retenait pas du tout en vérité. Au contraire, même. Il avait ENVIE de rester avec Haizaki. Il voulait profiter de chaque minute, chaque seconde passée auprès de lui à l'occasion de parfait premier rendez-vous. Qui n'aurait sans doute pas pu mieux se dérouler.

« Oups je crois que… je l'ai laissé par inadvertance chez Kagamicchi… »

« T'en es sûr ? Il n'est pas perdu au moins ? En tout cas, je ne me rappelle pas l'avoir vu traîner à l'appart'. »

« Et moi je me souviens l'avoir pris avec moi ce matin. Donc, il est là-bas c'est sûr et certain. »

« Tu veux appeler Tigrou avec mon téléphone pour vérifier ? »

« C'est quel mot que tu n'as pas compris dans 'sûr et certain' ? Ça va, j'te dis ! J'irai récupérer mon téléphone demain. J'peux bien attendre quelques heures supplémentaires, y a pas mort d'homme… » Taquin, il décida cependant de tester un peu Haizaki. « … Ou ce soir, si toutefois on ne rentre pas trop tard. Parce que tu n'as prévu aucun programme pour la soirée, j'imagine ? J'aurai donc sûrement le temps de p-… ! »

« Non, non, non ! Ta nuit m'appartient aussi ! » L'interrompit Haizaki avec véhémence.

« Toute la nuit… ? Tu veux dire, dans son intégralité ? »

« Bah t'es mannequin alors… j'suis au courant pour cette histoire des huit heures de sommeil obligatoires afin de conserver le capital jeunesse de la peau et tout… Donc, je ferai en sorte qu'on ne rentre pas trop tard, rassure-toi. »

« Et qu'on ne s'endorme pas trop tard non plus ? »

« Ça, ça ne dépendra que de toi Sunshine… »

« Hmm… j'ai intérêt à me bourrer de caféine alors ! » Sourit Kise. « Vu que je ne bosse pas demain, je me disais que je pourrai exceptionnellement faire une entorse à ce précepte de beauté… enfin, si tu te sens d'attaque pour une nuit blanche, bien entendu… »

« Pour toi, je suis toujours d'attaque bébé. »

A ces mots, Kise ne put s'empêcher de frémir imperceptiblement d'excitation…

« Pari tenu. Dans ce cas, fais-moi penser à nous préparer un grand thermos de café quand on rentrera se changer pour la soirée ! Il nous faudra bien ça, surtout si on doit dépenser beaucoup d'énergie… »

« Mélange-le avec des boissons énergiques alors. Et quelques pilules bleues du bonheur aussi pour plus de fun… »

« Ne t'en fais pas, je connais un cocktail encore plus efficace pour tout ça réuni… C'est un secret de mannequins qu'on se passe dans les coulisses, j'te montrerai la recette tout à l'heure. »

« Ça tombe bien, parce que moi je connais justement un remède infaillible contre la gueule de bois ! On pourra échanger nos savoir respectifs comme ça… » Indiqua Haizaki, qui espérait que ce ne serait pas la seule chose qu'ils échangeraient cette nuit…

Excellente idée, ainsi Kise pourrait se mettre à picoler sans avoir à se soucier des lendemains difficiles !

En tout cas, une chose était sûre…

A défaut de passer une nuit complète dans les bras de Morphée, Kise comptait bien la passer dans ceux d'Haizaki… Et tant pis s'il n'avait pas son quota de sommeil, il comptait bien atteindre celui des calories à brûler…

Mais bon, ce n'était pas pour dans l'immédiat !

D'abord, le reste de la visite du zoo et ensuite seulement, celle de la tanière d'un tout autre type d'animal en rut…

« Bon alors… c'est quel animal que je dois deviner, déjà ? »

« 'Firefox' ».

« Hein ? C'est pas un navigateur Internet ça ? »

« Justement. L'animal que tu dois trouver en est le symbole. »

« Oh d'accord ! Dans ce cas... hmm… c'est pas un renard justement ? Ou un autre animal qui appartient à la même famille ? »

« Non, pas du tout. »

« Sérieux ? J'l'ai toujours cru pourtant… » Marmonna Kise un peu déçu.

« Et bah tu croyais mal ! » Haizaki lui tira la langue. « Allez amène-toi, j'vais te montrer celui qui se cache derrière ce mystérieux mot… »

Kise le suivit donc, intrigué. Il n'avait aucune idée de quelle bestiole il pouvait bien s'agir. Pour lui, l'emblème de Firefox ressemblait à un renard roux tout con et à rien d'autre. Mais lorsqu'il se positionna devant l'enclos dans lequel se trouvait justement une soigneuse, son regard s'illumina immédiatement et il sentit aussitôt son cœur fondre !

« Awww…. Des bébés pandas roux ! Comment ils sont trop adoraaaables ! »

« Je savais que ça te plairait. »

« Et tu ne t'étais pas trompé ! Tu sais que quand j'étais petit, ma grande sœur m'avait dit que c'était des ratons-laveurs asiatiques ? Et moi j'y croyais à fond, j'étais tellement naïf ! Mais en même temps, c'est vrai qu'ils ressemblent vachement à des ratons-laveurs, tu ne trouves pas ? Bien plus que Belzé, même ! En plus, ils grimpent aux arbres tout pareil ! »

« Ryoko ou l'autre ? Bah, elle avait pas totalement tort… Ils appartiennent à la même famille d'espèces. Mais ce sont des cousins hyper méga éloignés. Encore plus que les loups et les renards, par exemple. »

« Tu te souviens du prénom d'une de mes sœurs ? »

« Et je suis à peu près sûr de pouvoir retrouver celui de l'autre également, si je cherche bien. Pourquoi, ça t'étonne ? »

« N-non… »

Un peu, en fait si. Certes, ils avaient un passé commun tous les trois, mais Kise n'aurait jamais pensé qu'Haizaki, qui n'était pas réputé pour sa mémoire des prénoms, se serait donné la peine de retenir celui de sa sœur ainée… Il préféra cependant recentrer le sujet de conversation.

« Ils ont l'air si douuuux aaaaahhh j'en peux pluuuus, j'ai trop envie de les caresser ! »

« Est-ce que vous aimeriez les nourrir avec moi ? » Proposa alors la soigneuse, qui l'avait aperçu se dandiner sur place devant tant de mignonnitude.

« C'est vrai, je peux !? » S'extasia Kise en bon fan de kawaii.

« Venez par ici. »

Haizaki lui fit signe de la tête d'y aller et la soigneuse lui ouvrit alors la porte grillagée de l'enclos pour lui permettre de la rejoindre. La jeune femme aux cheveux noués en queue de cheval, cachés sous sa casquette, lui expliqua les consignes de sécurité et d'hygiène basiques, avant de lui passer une blouse et de bien lui désinfecter les mains. Cool ! Il aurait été dommage d'être obligé de porter des gants… et de ne pas pouvoir sentir leur pelage soyeux sous ses doigts, de se priver de leur contact apaisant avec sa peau… L'employée du zoo lui tendit un biberon de lait maternisé, sans doute le même que celui utilisés pour les chatons abandonnés et Kise l'attrapa en tremblant un peu. Il n'avait pas peur, il était simplement ému. Il se sentait tellement privilégié à cet instant et il réalisa la chance qu'il avait de pouvoir approcher au plus près ces sublimes animaux pourtant menacés d'extinction.

Haizaki de son côté, souriait. Il semblait heureux pour lui.

Et au moment où Kise prit le gros bébé tout roux dans ses bras pour le faire boire, Haizaki sentit son téléphone vibrer dans sa poche. Merde… ça ne pouvait être qu'une seule personne…

Il s'éloigna donc pour pouvoir répondre tranquillement et il consulta son écran.

Numéro inconnu.

Ben voyons... comme c'était étonnant… Pas du tout prévisible…

Il décrocha néanmoins et soupira.

« Putain, j'suis occupé là ! Dis à ton boss que… »

« … Bonjour Shogo, ça faisait longtemps. » Le coupa une voix de velours.

!

Bon sang, ce ton doucereux, mais ferme…

Qui respirait le danger.

Pas de doute, c'était…

« Asami… »

Haizaki ne s'attendait pas à ce que le « Boss » en personne prenne la peine de l'appeler…

Et il n'aimait pas ça…

Du tout.

« Alors, comment se passe la vie à Los Angeles ? Sea, sex and sun, comme on dit ? »

« Surtout les deux derniers, pour être honnête. Pas tellement le temps d'profiter de la plage en ce moment, avec le full time job que quelqu'un a eu la bonne idée de m'coller dans les pattes… »

« Je savais que tu te sentirais comme un poisson dans l'eau dans la Cité des Anges. Il semblerait que j'ai eu du flair en te choisissant personnellement pour mener à bien cette mission… »

« … Bon, viens-en aux faits. Je t'ai dit au début de la conversation que j'avais pas qu'ça à foutre et ta voix de faux-jeton commence déjà me filer la gerbe là. Surtout quand tu me déballes ton répertoire de compliments hypocrites. »

« Toujours aussi aimable à ce que je vois. Et moi qui croyais que le soleil adoucirait tes mœurs de corniaud mal éduqué... »

Haizaki s'alluma une clope.

« Si j'avais eu un bon maître, j'aurai peut-être pu devenir docile et obéissant avec le temps. »

« Mais au lieu de cela, tu as préféré mordre la main qui te nourrissait… »

« Désolé, mais j'ai jamais trop aimé me faire traîner en laisse… Et puis, t'as déjà tes gars pour ça. Ils adorent ça, eux. Et te lécher les couilles aussi. »

« Tu adorais ça toi aussi à une certaine époque. Les lécher d'abord et ensuite les gober dans ta jolie petite bouche de chienne… »

« … Dis-moi l'objet de ton appel, qu'on en finisse. Le téléphone, ça coûte cher connard. »

Même si ce n'était pas Haizaki qui payait.

« Et bien, l'on m'a rapporté que tu ne faisais pas beaucoup de progrès dernièrement. Et que tu esquivais un peu trop souvent tes rapports hebdomadaires. »

« Je sais pas qui c'est ce « on », mais c'est un sacré connard lui aussi, à l'image de son patron ! »

« Alors, est-ce bien la vérité ? Ou une simple rumeur ? J'aimerai connaître ta version avant de prendre les mesures qui s'imposent. Tu ne voudrais tout de même pas me décevoir Shogo ? J'ai placé de grands espoirs en toi et tu sais ce qui arrive quand je suis déçu… »

« Ouais, j'en ai parfaitement conscience rassure-toi. C'est… mon petit doigt qui me l'a dit. Enfin, celui qu'il me reste, du moins. »

« Alors dépêche-toi si tu ne veux pas perdre l'autre… Un accident est si vite arrivé de nos jours… »

« Va te faire foutre. »

« Hmm… je vois ce que c'est. Ce genre de défiance est typique des petits délinquants sans envergure dans ton genre… »

« Ne me confonds pas avec toi enfoiré ! » Cracha Haizaki, la bouche pleine de venin et pas décidé à se laisser impressionner.

« Tu te crois en sécurité uniquement parce que quinze mille kilomètres et un océan nous séparent ? Tu penses peut-être que ça te donne le droit d'oublier où est ta place, en t'adressant à moi comme tu le fais en ce moment. Mais n'inverse pas trop vite les rôles à ton avantage. Parce que si tu ne me donnes pas de preuves tangibles de ton avancement d'ici ce soir, sois sûr que dès demain matin à la première heure, tu trouveras l'un de mes hommes planqué dans ton bol de café, prêt à te plomber les molaires avec un calibre douze ! »

Un frisson d'effroi parcourut soudainement l'échine d'Haizaki et il sentit une peur primale, viscérale, naître au creux de son ventre. Asami ne plaisantait pas. Il était parfaitement capable de mettre ses menaces à exécution. Et la distance entre eux ne le protégeait absolument pas de son courroux. Il se pouvait même que le Japonais ait déjà dépêché des agents de liaison sur place pour le surveiller. Haizaki allait devoir se montrer beaucoup plus prudent à l'avenir. Car malgré sa désinvolture apparente, même lui craignait le Wakagashira de la famille.

Peut-être encore plus que n'importe qui d'autre, puisqu'il avait malheureusement déjà fait les frais de son mauvais caractère…

« D'accord… » Céda l'ex-racaille. « Ecoute, ce serait dommage qu'on se brouille toi et moi sur un malentendu. Alors… en gage de ma bonne foi, qu'est-ce que tu dirais que je t'envoie une photo ? Genre… maintenant ? Pour te prouver que j'ai la situation bien en main. C'est plutôt honnête comme proposition, qu'est-ce que tu en dis ? »

« Très bien. Je me sens d'humeur à te laisser une seconde chance. Mais j'espère de tout cœur pour toi que tu sais ce que toute nouvelle tentative de rébellion te coûtera. Alors veille également à ne pas oublier que s'il y a bien une chose que je déteste encore plus que la désobéissance, c'est qu'on touche à ce qui m'appartient. Tâche de le retenir dans le petit pois qui te sert de cervelle, si tu ne veux pas que ta vie sans aucune valeur ne soit prématurément écourtée, compris ? Ou pour parler dans un langage qui sera davantage à la portée de ton intellect primitif : garde la limace baveuse qui te sert de queue dans ton froc cette fois, si tu ne veux pas que je te la coupe elle aussi et que je te force à te balader dans les rues de Tokyo avec ta bite autour du cou, en guise d'exemple. »

« Ok, ok, je ferai ce que tu voudras, pas la peine de hausser le ton… » Déglutit difficilement Haizaki, la bouche sèche.

« Then, we're good. » Assura Asami, avec un accent Japonais à COUPER au couteau… « Bye, j'attends la photo. Alors ne me fais pas trop patienter, tu sais que ce n'est pas mon fort… »

Et sur ces belles… promesses (menaces ?), il raccrocha.

Haizaki se sentait tellement désemparé que ses genoux se mirent à trembler, comme s'ils allaient s'écrouler sous le poids des paroles d'Asami. Mais il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même au final. Il avait pris à Asami quelqu'un à qui il tenait énormément et il était donc normal qu'il remplace cette personne par une autre, si Haizaki voulait réussir à se faire pardonner un jour.

Et rester en un seul morceau. Enfin, plutôt conserver ceux qu'il lui restait.

Parce qu'Asami avait le pouvoir de faire disparaître son cadavre dans la rivière Sumida-Gawa et sans l'aide d'aucun hippopotame pour cela…

Et il en était plus que largement capable.

Le brun n'avait donc plus une seule minute à perdre.

Il se précipita auprès de Kise et il braqua son téléphone sur le photogénique ami des animaux.

Asami avait besoin de preuves et Haizaki comptait bien lui en donner.

« Ryota, regarde par ici chaton ! J'ai envie d'immortaliser ce moment. »

« Excellente idée ! Tu m'enverras la photo sur mon portable ensuite, hein dit ? »

« Promis. Maintenant, fais-moi ton plus beau sourire ! »

Le blond commença par lui tirer la jambe par jeu, avant de se… prêter au jeu avec un peu plus de sérieux. Et qui sait, si la photo était suffisamment réussie, il pourrait peut-être en faire son nouveau fond d'écran ? Parce que celui qu'il avait actuellement hmm… les représentait lui et Aomine. Et il avait envie d'en changer ! Ce petit panda-chou ferait un bien meilleur (et crédible) potentiel fiancé ! Ses collègues mannequins allaient tous être jaloux à coup sûr en voyant cette photo craquante !

Mais Haizaki avait des desseins bien moins innocents en tête…

Une fois les clichés pris, il les envoya à Asami, ou plutôt, au son « contact » habituel, agrémentés d'un petit texto :

« J'ai encore besoin de temps pour gagner sa confiance, mais c'est en bonne voie comme tu peux le constater. Mais si par malheur je me précipite trop, le plan échouera. Il se méfie encore de moi et tu le veux consentant, pas vrai ? Réfléchis, ce sera moins amusant si je dois le forcer. Pour toi également. »

Quelques secondes plus tard, la réponse d'Asami ne se fit pas attendre.

« De combien de temps as-tu encore besoin ? Dans l'intervalle, je te donne carte blanche. »

« D'ici deux ou trois mois, il sera mûr et la livraison pourra intervenir. »

« Coupons la poire en deux, dans ce cas. Je te de donne un mois et demi et pas un jour de plus. Tâche de faire avec si tu ne veux pas prendre sa place. »

Un mois et demi seulement !? Ce salopard se foutait de sa gueule ! Déjà qu'en trois mois, ce serait juste ! Merde… Il allait vraiment devoir mettre les bouchées doubles. Plus question de traînasser ou même d'hésiter… et ça le faisait chier… de devoir continuer à porter le masque du parfait petit-ami transi d'amour et bien sous tous rapports ! Celui qui a un passé sombre, mais qui cherche à expier ses fautes en se rachetant ! Tsss… bullshit ! Jamais Kise n'y croirait ! Jamais il ne tomberait dans le panneau en si peu de temps ! Haizaki secoua la tête. Non, il ne pouvait pas laisser cela se produire. Il allait devoir poursuivre son travail au corps sur le modèle.

L'intensifier.

Frapper au cœur.

Vite et bien.

Sans souffrance, même si Kise le méritait.

Et seulement alors, Haizaki parviendrait-il à regagner son indépendance.

Et à se venger au passage.

C'était le prix à payer.

Kise était sa porte de sortie. Son billet vers la liberté. Sa monnaie d'échange.

La victime collatérale inévitable.

Il ne pouvait tout simplement pas le laisser filer et ainsi, se condamner lui-même.

Or, ce n'était pas le sourire resplendissant de tendresse que lui adressa le renard qui allait le faire changer d'avis.

De toute façon, sa décision était prise depuis bien trop longtemps pour pouvoir encore faire marche arrière…


La zone « Amérique du Sud », se trouvait située sous immense dôme de verre. Une serre tropicale, humide et chaude, qui faisait également office de jardin botanique. Il y avait toutes sortes d'oiseaux, dont certains volaient même librement parmi les visiteurs. Perroquets et fleurs exotiques se disputaient l'apanage de la couleur la plus éclatante dans ce décor paradisiaque. Au gré de leurs pérégrinations, Kise et Haizaki s'étaient retrouvés devant l'espace réservés aux paresseux et une fois encore, le Copycat s'emballa.

« Regarde-les ! Ils sont tellement kikis ! On dirait qu'ils ont constamment un sourire sur le visage ! »

« Ouais bah t'as vu les griffes qu'ils ont ? Avec ça, ils pourraient te transformer en kebab en moins de deux et sans avoir besoin de broche ! »

« N'importe quoi… ils sont herbivores ! »

« Encore heureux, j'ai envie de dire ! Voyons ce que dit le panneau de renseignements peut nous apprendre d'autre à leur sujet... hmm… »

Haizaki se recula. Il y avait toutes sortes de petits macaques et autres marsupiaux qui ressemblaient à des peluches ici, mais évidemment, il avait fallu que Kise flashe sur l'animal qui avait l'air le plus crétin…

« Intéressant… Ok, je retire tout ce que j'ai dit ! Ils sont plutôt cool les cousins de Freddy Krueger en fin de compte… »

« Je me demande bien ce qui a pu retenir ton attention chez eux et te faire changer d'avis aussi vite… Je croyais que selon toi, ils avaient l'air de, je cite : 'singes qui auraient enculé une tortue narcoleptique !' »

« Ben d'après le panneau, leurs rapports sexuels peuvent durer jusqu'à quarante-huit heures d'affilée, tellement ils sont lents ! Quelle endurance, ça doit être le pied de pouvoir tenir aussi longtemps… »

« Heuu… tu peux m'expliquer à QUEL MOMENT et DANS QUEL MONDE une partie de jambe en l'air qui dure deux jours, est supposée être agréable !? Si ça t'arrivait, ta queue deviendrait tellement enflée qu'elle tomberait toute seule, tu peux m'croire ! Et je ne parle même pas de celui qui se trouve à l'autre bout ! Il aurait le cucul tellement irrité qu'il ferait caca tout liqu-… ! »

Mais Haizaki l'empêcha de terminer sa phrase. D'habitude, c'était plutôt le brun qui avait l'exclusivité des cochoncetés orales et apparemment, il n'apprécierait pas de se faire voler la vedette. Il se glissa dans le dos du blond et le bâillonna d'une main ferme.

« En parlant d'excréments, les paresseux risquent leur vie rien qu'en allant à la selle. Il paraît qu'ils peuvent perdre jusqu'à un tiers de leur poids total à chaque fois, c'est énorme… Enfin, tu n'dois probablement pas trouver ça si impressionnant, après tout, j'parie que tu vois tous les jours tes potes mannequins anorexiques accomplir la même prouesse, avec des laxatifs ! » Attaqua gratuitement Haizaki avant de le relâcher.

« Ahaha… je suis MDR PTDR XPTDR Trololol… C'est tellement drôle de se moquer du malheur des autres... Et puisque j'y suis moi aussi, en parlant de rire, y a pas ta famille qui te cherche justement à l'autre bout du zoo ? Je les entends ricaner ton nom d'ici… Tu sais, les hyènes de la zone 'Afrique'… Je crois qu'elles te réclament ! »

Ouch touché ! Haizaki fit mine d'avoir un mouvement de recul pour signifier qu'il était blessé.

« Bien tenté mais malheureusement pour toi, ma seule famille, c'est-à-dire ma mère et mon frère, n'ont rien en commun avec ces charognardes défoncées à l'ecstasy H/24… Mon père, par contre… C'est possible. J'en sais rien. Il s'est tiré quand j'étais gamin, du coup je n'me souviens pas suffisamment d'lui pour pouvoir me prononcer. Alors… si j'avais du sang de hyène qui coulait dans mes veines, ça viendrait sans doute de lui. »

« Ton père… il est toujours en vie tu crois ? » Demanda timidement Kise, en croisant les bras sur la barrière de sécurité.

« Probablement. C'était un coriace, à ce qu'il paraît. Enfin du moins, c'est que ma mère m'en a dit. Quand j'étais ado, elle aimait bien me le rappeler quand je faisais des conneries et ensuite invoquer que je tenais ça de lui aussi. »

« T'as une idée d'où il se trouve maintenant ? »

« Non, aucune. » Avoua Haizaki en l'imitant sur la rambarde. « Et je m'en tape. Pourquoi ? »

« Juste comme ça… Pour savoir. Mais si l'occasion se présentait, tu aimerais le revoir ? »

« C'est quoi ces questions de merde Ryota… ? » Il s'alluma une seconde clope.

« Des questions normales. Pour mieux te connaître. » Riposta Kise, en haussant des épaules.

Le Kitsune avait déjà compris que son loup n'aimait pas trop parler de lui, mais ça ne l'empêchait pas de demander. On ne savait jamais, un jour, peut-être se sentirait-il d'humeur plus bavarde ?

« Excusez-moi… » Les interpela soudainement une voix masculine (et virile) derrière eux. « Il est interdit de fumer dans la serre. » Fit l'intrus en pointant du doigt un panneau où était dessinée une cigarette barrée en rouge.

Kise et Haizaki se retournèrent.

Le type légèrement plus âgé qu'eux qui leur faisait face était… assez beau gosse, il fallait bien l'avouer.

Un bronzage parfait.

Une belle mâchoire carrée et des dents blanches parfaitement alignées.

Des cheveux blonds bien coiffés en arrière et un chapeau d'aventurier vissé sur la tête.

Le Californien typique dans toute sa splendeur.

Il portait un short et une chemise kaki assortis, était chaussé de boots de randonnée et un petit foulard rouge était même attaché autour de son cou. Mais à bien y regarder, ce n'était pas la seule chose qu'il gardait autour du cou, puisqu'un immense serpent s'y trouvait également accroché.

« Quel ringard… » Pensa aussitôt Haizaki.

Tout à fait le genre de bellâtre qui faisait tomber les filles comme des mouches… A moins que ce ne soit son odeur infecte, née de la rencontre entre un après-rasage bon marché et de la sueur bien aigre… Immédiatement, Haizaki décréta qu'il ne l'aimait pas ce gars.

Et cette première impression n'alla pas en s'arrangeant lorsqu'il le surprit en train de faire les yeux doux à Kise…

Kise qui lui répondit par un beau sourire.

Kise qui semblait intéressé.

Et pour fini, Kise qui… s'approcha de lui sans vergogne.

« Waoouuh ! Il est génial votre serpent ! Je parie qu'il pèse lourd ! »

« Près de trente kilos et c'est un anaconda. »

Il adressa un sourire séducteur à Kise, tout en caressant son phallus… heu son serpent, qui se « réveilla » à son contact. (Normal.)

« Ça vous dirait de le toucher ? »

Haizaki cligna des yeux et en fit tomber sa clope ! Ce mec avait un de ces culots de proposer à Kise de toucher son GROS anaconda, comme ça, OKLM ! Et devant des mômes en plus !

Et le pire, c'est que le blondin accepta !

« Mais avec joie ! »

« Parfait ! Les serpents de cette TAILLE ont tendance à faire peur aux visiteurs, mais ne vous inquiétez pas, DICK est très docile. »

« Attends, je rêve ou ce Ken de la Jungle a littéralement appelé son serpent « BITE » !? Non mais quel genre de gros beauf' fait un truc pareil !? »

Oh à ta place, je ne m'avancerai pas trop mon cher Zaki, parce que nous verrons d'ici quelques temps qu'il te viendra une idée très similaire et tout aussi dénuée de subtilité !

(Oui parce que pour les lectrices non-anglophones, « Dick » est un des nombreux synonymes de « Zizi ».)

En tout cas, Kise ne parut absolument pas rebuté par le prénom de la bestiole à sang froid et il la caressa sans hésiter de la façon la plus sexy et… chargée de sous-entendus qui soit. Sans doute de manière totalement inconsciente en plus. Après tout, c'était de Kise dont on parlait, même en train de couler un bronze après avoir mangé trop épicé, il parviendrait à rester sexy…

Du moins, selon Haizaki.

Haizaki, dans le jean duquel se joua instantanément un remake de Pearl Harbor

« Je ne vois pas pourquoi les gens éprouvent une telle crainte à l'idée de caresser un serpent… Il suffit juste de s'imaginer qu'on touche le cuir d'un sac à main et le tour est joué ! C'est un peu la même sensation ! » Sourit Kise.

Et voilà qu'il s'improvisait charmeur de serpent ET de cosplayeur raté de Crocodile Dundee

« Tu as vu comment il se redresse dès que je pose la main sur lui, Shogo ? C'est dingue, je n'avais jamais vu un serpent faire ça auparavant ! » S'extasia Kise.

Exaspéré, Haizaki décida de s'interposer entre les deux hommes avant que la situation ne dégénère…

« Ce n'est pas étonnant, Dick aime particulièrement les beaux garçons… Et il doit se sentir très flatté par votre courage. »

AH OUAIS IL PORTAIT VRAIMENT BIEN SON NOM LE CHIBRE GEANT !

« Vous savez, Ryota n'a aucun mérite en réalité. C'est grâce à moi qu'il n'est pas effrayé… Il faut dire que je l'ai habitué très tôt à tripoter mon propre reptile… Et c'est loin d'être un petit gabarit, croyez-moi… »

« Oh vraiment ? Et de quelle espèce s'agit-il ? » Tenta de le piéger l'oncle de Dora l'Exploratrice.

« Un boa. Constrictor. Vous devez sans doute connaître. Ceux qui tuent leurs proies en les étouffant. Et bien le mien, il fait pareil. Surtout quand on le met dans la bou-… ! »

« Ahahah ! Ne croyez pas tout ce qu'il raconte, c'est un blagueur ! » De mauvais goût, se retint d'ajouter Kise, qui avait plaqué sa main contre la bouche d'Haizaki pour l'empêcher de terminer sa phrase juste à temps, OUF ! « Il faut constamment qu'il cherche à attirer l'attention, lorsqu'il n'est plus au centre de celle-ci ! Au fait, je m'appelle Ryota et voici donc Shogo ! »

Kise lui décocha son plus beau sourire, paf, en plein dans le mille, telle une flèche tirée dans le cœur !

« Moi c'est Rick, enchanté de faire votre connaissance à tous les deux. »

Rick ? Sérieusement ? « Rick et Dick », donc ? Quel nom de merde pour un duo comique ! Ridicule ! Quoi qu'il en soit, ce cher Rick semblait davantage ravi de faire connaissance avec l'un des deux jeunes hommes, qu'avec l'autre… Comme il le prouva aisément, en se penchant pour serrer la main de Kise.

« Vous êtes Japonais ? »

« Tout à fait ! C'est rare qu'une personne le devine du premier coup ! »

« Oh, je n'ai pas beaucoup de mérite, je rencontre beaucoup de touristes ici. Avec le temps, j'ai appris à les différencier. Vous êtes en vacances ? »

« Non, nous habitons ici à l'année. »

Haizaki hallucinait. Est-ce que Kise était vraiment en train de draguer ce random…? Et juste sous ses yeux, en plus !?

« Bah vas-y file lui ton numéro de téléphone aussi, tant qu'tu y es et va diner avec lui ce soir à ma place ! »

Kise, de son côté, avait remarqué qu'Haizaki bouillonnait de jalousie. Et vous savez quoi ? Il trouvait cela H-I-L-A-R-A-N-T ! Oui, il était parfaitement hilarant de constater à quel point Haizaki ne savait pas cacher ses émotions. Pas étonnant donc, que cette incapacité chronique à se contenir amuse à ce point le mannequin.

Qui décida donc d'en rajouter une couche.

Mais Haizaki fut plus rapide.

« Moi ce qui m'intéresserait surtout, ce serait de savoir combien de ceintures on peut fabriquer avec la peau de votre charmant crotale, Nick. »

« Plus qu'avec le vôtre, ça c'est sûr. Les anacondas sont les plus grands serpents du monde. Ils peuvent mesurer plus de cinq mètres. »

« Wow ça laisse rêveur… » Rougit Kise.

« Pfff… Y a pas qu'la taille qui compte, vous savez Vick… »

« Y a l'goût aussi… » Ajouta mentalement Haizaki, ce qui ne manqua pas de faire naître un sourire carnassier sur son visage.

« Et puis, de toute façon, Ryota préfère faire mumuse avec les animaux à sang chaud… »

« Ah oui ? Je l'aurai parié. On voit tout de suite qu'il est nettement plus habitué à fréquenter des hommes de Cro-Magnon… Mais ça peut encore se corriger. Les reptiles sont vraiment des créatures fascinantes. J'en possède d'ailleurs une vingtaine chez moi. Des iguanes, des geckos, des caméléons, des serpents de toutes sortes et même un bébé alligator. Vous pourriez venir les voir à l'occasion et apprendre plein de choses incroyables à leur sujet, si le cœur vous en dit bien évidemment… »

Ton séducteur et œillade charmeuse en prime.

« Repeat after me les enfants ! 'Rick makes me Sick !' » Pensa Haizaki, qui vit même une petite Dora apparaître dans sa tête et prononcer cette phrase de sa voix nasillarde.

Et à côté de lui, Chipeur semblait sur le point de se faire choper… (Et je ne parle pas du renne de One Piece !)

Bordel, il ne se retenait pas de poinçonner Kise pour qu'un autre type sorti de nulle part lui grille la priorité ! Ses poings commençaient à le démanger, aussi, il préféra fourrer ses mains dans ses poches… avant de commettre l'irréparable en les fourrant… dans la tronche de cake de cet Indiana Jones version Wish. Ça n'en valait pas le coup. En coller une bonne à ce mec serait sans doute hautement satisfaisant sur le moment, mais… au final, cela risquerait de gâcher leur journée idyllique. Et son plan, ce qui retarderait encore l'échéance de la… « livraison » pour Asami…

Et franchement, si Kise avait la bêtise de se laisse séduire par ce Dom Juan de pacotille, so be it. C'est qu'il ne le méritait même pas. Alors qu'Haizaki s'apprêtait à partir la queue entre les jambes tel l'omega qui se soumet face à un mâle alpha plus dominant, il remarqua quelque chose qui retint tout son intérêt.

Ou plus précisément quelqu'un.

« Pourquoi pas ? Fiiiioouuu… il commence vraiment à faire chaud… j'aurai dû penser à prendre un éventail avec moi… ou mieux encore, un ventilateur de poche ! » Se plaignit Kise, en agitant une main pour tenter de se rafraichir.

« C'est normal. Les panneaux de verre du dôme concentrent les rayons du soleil pour la garder à température ambiante pour l'année. Nous avons essayé au mieux de recréer un climat tropical ici, le taux d'humidité est également très surveillé. C'est obligatoire pour le bien-être des animaux vivent ici. »

« Bon bah… c'est passionnant tout ça, mais j'viens d'me rappeler que j'avais un truc à faire, moi. Quel non-plaisir que de t'avoir connu Mick ! A un de ces quatre alors… ou pas ! » Prit soudain la parole Haizaki.

Et sur ce, il les planta là sans plus de justifications. Kise écarquilla les yeux, un peu choqué. Certes, il avait fait en sorte qu'Haizaki se sente exclu de la conversation en feignant de répondre aux avances de heu… comment s'appelait ce bel Américain déjà… « Lick »… ? Mais c'était simplement un jeu et Haizaki le savait, pas vrai ?

N'est-ce pas ?

Oh et puis qu'il aille se faire empapouater chez les Grecs, si son attitude le gênait ! Kise ne faisait rien de mal, après tout ! Il laissait seulement un gars acceptable physiquement flirter avec lui, mais sans pour autant faire preuve de répondant ou même de réceptivité. Non, Kise se contentait juste d'être poli et si Haizaki était trop possessif pour comprendre ça, et bien tant pis pour lui ! Qu'il aille taper sa crise, son caca nerveux, à l'écart et il reviendrait plus tard lorsqu'il se serait calmé !

Mais tandis que le reptiluminazi qui avait trop abusé de l'auto-bronzant continuait à lui faire une cour des plus assidues, Kise jeta un coup d'œil discret à Haizaki. Ce dernier s'était en effet pas mal éloigné d'eux. Ok, apparemment, le stratagème pour le rendre jaloux avait un peu trop bien marché et le lupin avait sans doute ressenti le besoin de s'isoler avant que la situation ne lui échappe. Haizaki était un sanguin. Combien de fois s'était battu au collège pour des questions « d'honneur » soit disant bafoué, à défendre ou à rétablir ?

Et même si le brun s'était largement assagi depuis, Kise avait du mal à croire que ce défaut ait pu totalement disparaître. Il décida donc de le surveiller du coin des yeux, juste au cas où. Parce que le loup était parti un peu trop brusquement à son goût, pour que ce soit complètement anodin. Presque comme si Haizaki avait repéré un truc tellement magnétique, qu'il aurait suffi à éclipser le top model… (Impossible qu'un tel machin existe !)

Et la réponse quant à l'origine de cette « mystérieuse chose », ne tarda pas à se faire connaître…

Cette fois, ce fut au tour de Kise de voir rouge.

Les mauvais souvenirs de la soirée improvisée chez Miss Robinson lui revinrent en tête sur le champ, à l'image d'un cauchemar que l'on peine à surmonter.

Car il ne s'y trompait pas : Haizaki était en train de draguer une fille.

Là, quasiment juste sous ses yeux.

De l'endroit où il se trouvait Kise ne parvenait cependant pas à entendre ce qu'ils se disaient. Mais pas besoin d'être doté d'un don de voyance pour le deviner…

Le rebelle de la forêt lui faisait le coup classique dit « de la clope », consistant à demander à ce qu'on la lui allume.

La nana portait un uniforme, il s'agissait donc d'une employée du parc. Et à en juger par le mignon petit tablier blanc noué autour de sa taille, elle était probablement serveuse. Il y avait en effet une petite terrasse aménagée avec quelques tables et chaises derrière elle, afin que les touristes puissent s'y restaurer.

Bien qu'il soit interdit de fumer dans la serre et que cet idiot l'ait déjà fait par ailleurs deux minutes auparavant, Haizaki quémanda du feu avec la jeune fille, tige au bec. Cette dernière n'y vit… et bien… que feu, mais elle refusa fermement et le renvoya au même panneau d'interdiction que Pick un peu plus tôt. Haizaki tourna la tête en sa direction et il en profita pour adresser un sourire à Kise.

L'enfoiré…

Il cherchait vraiment à s'attirer les foudres du Kitsune !

Ça ne faisait plus aucun doute !

Restait maintenant à ne surtout pas mordre à l'hameçon.

Si Kise en était capable…

Face à ce refus, Haizaki ôta donc la cigarette et la glissa derrière son oreille. Ça aurait dû lui donner l'air stupide comme ça aurait été le cas sur n'importe qui d'autre, mais au lieu de cela, ce geste semblait hurler à tous les passants « Regardez-moi, je pue la classe ». Il n'y avait vraiment que lui pour rendre cool ce genre de tours éculés… Raaaah qu'est-ce qu'il pouvait l'énerver quand il faisait ça ! Haizaki ne pouvait pas s'empêcher de jouer les bad boys où qu'il aille.

Et ça fonctionnait !

Enfin bon, cette guerre des nerfs était surtout l'occasion pour Kise de prouver qu'il demeurait plus mature que son comparse !

Il ne tomberait pas dans son piège !

Oh que non, parole de Miracle !

… Et en effet, puisqu'il ne se contenta pas d'y tomber, il y sauta carrément à pieds joints à l'instant même où Haizaki, pas du genre à rester sur un échec, commença à… enlever sa chemise !?

Non mais il était sérieux là ?

Car voici que maintenant, Monsieur se dessapait OKLM devant des inconnus ! Son manque de pudeur venait-il d'atteindre un nouveau pallier ? Et puis, qu'est-ce qu'il pouvait bien être en train de lui raconter à cette nénette ce… kuso yaro ? Oui, ça le foutait tellement en rogne que Kise en perdait même son impeccable anglais si durement acquis !

Sauf que s'il cédait le premier, cela voudrait dire qu'il aurait perdu.

Mais bon sang, pourquoi sa relation avec Haizaki était-elle constamment régie par des rapports de force ?

Tout simplement parce que ce débile d'ex-zoku ne comprenait que la violence, voilà pourquoi ! Et franchement, même la patience de Kise avait ses limites ! Il était d'ailleurs à deux doigts d'aller l'attraper par la tignasse afin de le ramener auprès de lui ! Ah ça, il pouvait faire le beau devant la gent féminine autant qu'il le voulait, mais il ferait beaucoup moins le malin dès lors que Kise lui aurait taillé un scalp

Au diable sa précieuse tignasse !

Ahh cette fois, il l'aurait bien mérité !

Mais pile a moment où Kise s'apprêtait à demander à Rick si son serpent aimait bien manger des cheveux, Haizaki revint à leur hauteur… deux appétissantes glaces à la main !?

MAIS WHAAAAT !?

Qu'est-ce que c'était encore que ce plan… ? Qu'est-ce que ça voulait dire ?

Où se situait l'arnaque ?

Ses pensées s'embrouillèrent encore plus quand Haizaki lui tendit l'un des deux cornets.

« Vanille, j'espère que tu aimes. »

Normalement, on ne se trompait jamais en choisissant la vanille. Tout le monde apprécie la vanille, même si en général, elle ne remporte la préférence de personne.

« Tu m'offres une glace ? »

« Ben ouais… apparemment. »

« A moi ? »

« Jusqu'à preuve du contraire. »

« Pourquoi ? »

« J'ai b'soin d'une raison maintenant pour te faire un cadeau ? » Il soupira, lassé. « Mais si tu veux tout savoir… Il me semble que c'est bien toi qui as dit que tu avais chaud i peine cinq minutes, non ? »

« Heu… et bien oui c'est vrai, mais… T'es allé me chercher un cornet juste pour ça ? »

Alors en vérité, Haizaki ne lui avait absolument pas faussé compagnie pour aller draguer, mais plutôt pour s'occuper de son coup de chaleur ?

« Je t'en devais une de toute façon, vu ce qui est arrivé à la précédente, non ? Mais écoute, si vraiment tu n'en veux pas, tu n'as qu'à m'le dire et je la donnerai à ce bon vieux Trick voilà ! Je suis sûr qu'il adorerait pouvoir se rafraîchir lui aussi ! » Haussa t-il un peu le ton.

« C'est Rick… » Sourit Ken, cherchant à nouveau à s'immiscer dans le dialogue.

Visiblement, il n'appréciait pas tellement qu'on l'ignore, Alan Grant

Mais déjà, Kise ne l'entendait plus. Il était beaucoup trop surpris et touché par le geste d'Haizaki. Là où le goupil se préparait à une nouvelle guerre froide à couteaux tirés entre eux, le tatoué avec désamorcé la situation, enfin, la bombe artisanale, en deux coups de cuillère à pot.

En fait, ça lui donnait même envie d'entraîner Haizaki derrière le buisson le plus proche pour le remercier de façon très… démonstrative.

Du style lui manger le cornet et les deux boules qui allaient avec aussi, pourquoi pas…

Mais un détail intriguait encore Kise néanmoins…

« Pourquoi ta chemise est à moitié débraillée ? »

Haizaki loucha sur son décolleté aussi plongeant qu'échancré. Il s'était peut-être un peu trop lâché sur le déboutonnage, en effet… car n'importe qui pouvait se rincer l'œil sur une bonne partie de son torse lisse… et nu. Et musclé. Et piercé. Et… pas franchement convenable à exhiber devant des enfants.

« Bah parce que moi aussi je commençais à avoir chaud, tiens, elle est bonne celle-là ! J'irai bien me mouiller les cheveux d'ailleurs… »

« Cherchons une fontaine à eau en libre-service pendant qu'on mange nos glaces et qu'on rend visite aux derniers occupants de la serre, dans ce cas. »

Et ils abandonnèrent d'un commun accord tacite le pauvre Georges de la Jungle à son sort. (Et ce, malgré ses demandes répétées pour obtenir le numéro de téléphone du mannequin…) Cheminant épaule contre épaule tout en mangeant leurs glaces, Haizaki lança à Kise sans le regarder :

« Tout à l'heure t'étais jaloux, hein ? »

« T'as commencé en premier… » Lui renvoya le jaune.

« J'avoue. J'étais grave jaloux en effet. Mais du serpent de Rick… »

Heuuu mouiiiiii… Pas tellement la réponse que Kise se languissait d'entendre, mais…

« … Se retrouver enroulé autour de son petit cou si fragile, sans rien tenter… Qu'est-ce que j'aurai aimé être à la place de ce sale reptile puant pour étrangler ce cher Dick pendant qu'il était en train de te parler ! »

Ah d'accord…

Psychoooooooopaaaathe ! *Voix de chanteur d'opéra.*

« Dick, c'était l'nom du serpent hein… »

« Ouais bah ça valait tout aussi bien pour son maître, si tu veux mon avis ! »

Pas faux. Haizaki marquait un point.

« … Mais la vraie question c'est plutôt… Pour quelle raison t'as essayé de me rendre jaloux, à la base ? Non parce que j'ai bien cramé ton p'tit manège... »

« Pour paraphraser un célèbre philanthrope : 'J'ai b'soin d'une raison, maintenant ?' » Rétorqua Kise, en se lançant dans sa plus belle imitation d'Haizaki.

« Ahaha comment tu déformes mes propos waaah j'le crois pas ! T'es nul à ce p'tit jeu-là en plus, ça fait pitié ! »

« Pas autant que toi quand tu fais semblant de draguer ! Non mais le coup de la cigarette quoi ! Ça n'se fait plus depuis 1999, j'te ferai dire ! Un peu plus et j'ai cru que tu allais l'inviter à un concert des East 17 ! »

Boys band surjouant l'image du mauvais garçon avec baggy et casquettes à l'envers, au sein duquel Haizaki aurait largement eu sa place. Ah ben non, parce qu'il aurait été obligé de se raser la tête pour l'intégrer…

« C'était pas le groupe de Mark Wahlberg, ça ? »

« Non, c'était les New Kids on the Block. » Fit Kise en lui piquant sa clope, toujours glissée derrière son oreille.

Il décida de se la garder pour lui et de la fumer plus tard.

« Celui de Robbie Williams alors ? »

« Toujours pas. Les Take That, mais au moins, ils étaient anglais eux. Tu te rapproches. »

« Wow tu t'y connais vachement dis donc niveau boys bands ! T'étais fan ? »

« Un poil trop jeune. Mais je l'aurai été, sinon. »

« Et tes sœurs ? »

« Carrément que ça aurait été leur cas aussi ! Surtout Ryoko, elle craque toujours pour les bad boys de service, hélas pour elle… »

Par moment, on pourrait croire qu'elle possédait un véritable radar configuré pour détecter les pires délinquants toxiques…

« Alors ça vous fait un sacré point commun, mine de rien ! » Sourit Haizaki. « C'est héréditaire tu crois ? Et ton père, il est du genre comment ? »

« Heu… normal. Je crois que le plus badass au sein du couple de mes parents, c'est ma mère justement… Elle s'est fait virer de son pensionnat de jeunes filles en Suède. Pensionnat catho, en plus. Tout ça, parce qu'elle passait un peu trop de temps à faire le mur pour aller taxer des clopes et traîner près de la gare avec des mecs du genre junkies et SDF. »

« Ah ouais ? Marrant, c'est plutôt le contraire en général, les filles ont tendance à être plus sages. Plus raisonnables. Quoique j'en ai connu une au collège… c'était un poème à elle toute seule... »

« Ouais, j'm'en souviens. Comment elle s'appelait déjà ? »

Une belle fille aux cheveux longs et à la frange épaisse, impeccablement bien taillée. Une délinquante en puissance, qui ne supportait pas l'autorité et avait un gros problème de gestion de la colère, adorant en prime tagger des murs de graffitis en ville pour marquer son territoire. Bref, pas vraiment ce qu'on pourrait qualifier de « bonne fréquentation… » Pas étonnant qu'elle se soit tout de suite bien entendue avec Haizaki à l'époque…

« Maki Harumaki. Mais je surnommais 'Maki Roll' et elle détestait ça ! Alors elle insistait toujours pour que je l'appelle juste 'Mak'. Sauf que ça faisait un peu proxénète et masculin et du coup, j'aimais pas trop. »

« Tout à l'heure, t'as dit qu'une fille t'avait incité à changer… c'était elle… ? » Interrogea Kise, craignant malgré tout la réponse.

« Ahahah ! Tu rigoles ? Si j'étais resté avec elle, je serai 100 % en taule à l'heure qu'il est ! Et j'aurai sûrement pris perpét'... »

« C'est vrai qu'elle était assez spéciale, je m'en rappelle… » Spéciale ? Quel bel euphémisme ! « Bon, on termine notre visite de la serre ? Je crois que le dernier animal à voir est la panthère ! D'après le plan, le zoo en possède un couple ! »

Kise trottina donc avec enthousiasme jusqu'à leur enclos. Il adorait les félins. Bon, d'accord, ça ne comptait pas vraiment, vu qu'il adorait tous les autres animaux aussi mais… les grands fauves en particulier. Il y avait une impression de majesté et de grâce qui se dégageait d'eux et Kise trouvait leur façon de se déplacer, fascinante.

« Alooooooors d'après l'écriteau, la femelle est tachetée et le mâle est noir… ? Hein ? »

« De quoi ? Qu'est-ce qui t'étonne ? » Demanda Haizaki en venant se poster à sa hauteur.

« Ben… c'est pas deux espèces différentes ? »

« Non. Les panthères noires sont juste issues d'une mutation génétique plus rare, c'est tout. Mais si tu observes bien, tu verras que notre ami n'est pas complètement noir, on peut voir qu'il a quelques tâches qui se fondent dans sa couleur. »

« Ah oui, tu as raison. Mais comment tu le savais ? »

Haizaki se contenta d'hausser des épaules.

« Je connais plein de trucs. Surtout inutiles… mais j'y peux rien, je les garde en mémoire sans même le chercher. »

« Je vois… »

Kise reporta son attention sur les deux panthères qui paressaient collées-serrées sur leur perchoir. Elles avaient l'air si proches… Est-ce que les animaux pouvaient tomber amoureux ? Son cœur se comprima à cette idée et il murmura, un peu tristouille, la main posée sur la vitre de protection :

« On dirait Daikicchi… »

En effet, le basané aussi adorait faire la sieste au soleil et s'il pouvait passer toute la journée allongée, il ne s'en privait d'ailleurs pas !

« Archi pas ! Tu te plantes complètement, on est déjà passés devant la cage de Daiki tout à l'heure… côté Biome « Europe »… Tu te souviens ? C'était le blaireau ! »

« Pfff… »

« Si si j'te jure, la ressemblance était frappante ! »

Les deux gros chats avaient l'air si heureux ensemble… Kise ne pouvait s'empêcher de les envier. Est-ce que sa relation avec Aomine redeviendrait ainsi un jour ?

« Daikicchi n'a rien d'un blaireau ! »

Kise s'attendait à entendre Haizaki protester.

Nier.

Argumenter.

Débattre.

Mais au lieu de ça…

« Tu dis ça parce que tu l'as vu aujourd'hui et que t'as complètement recraqué pour lui. »

« ! »

Kise sursauta. Haizaki se montrait… perspicace. Comment avait-il deviné ? Etait-il à ce point transparent ?

« Tu ferai mieux d'abandonner… les chats noirs, ça porte malheur Kitsune. Mais… j'te connais et t'es pas du genre à lâcher l'affaire… »

« Je n'vois pas d'quoi tu parles… » Démentit Kise.

« Ne te fais pas plus con que tu ne l'es. Et ne me prends pas non plus pour un abruti, c'est insultant. Tu vois très bien ce que je veux dire. »

Il se rapprocha de Kise et caressa le bas de son dos.

« Je sais qu'il s'est passé quelque chose entre vous, même si je n'en connais pas les circonstances exactes. Et je sais aussi que c'est la raison pour laquelle tu es très excité depuis ce matin. Pas la peine de me mentir, je suis très doué pour détecter lorsque quelqu'un d'autre que moi bluffe. Surtout quand ce quelqu'un, c'est toi. Ça t'a émoustillé de le revoir, avoue-le. Je l'ai bien senti de toute façon. A moins qu'il ne s'agisse simplement d'un futile besoin de vengeance personnelle. Mais tu sais quoi ? Je m'en fous complètement. Ça m'dérange pas que tu m'utilises, que ce soit pour satisfaire ta libido ou juste pour essayer de rendre Dai jaloux. »

L'as de Kaijo se crispa à ce contact, mais surtout, à ces mots.

Non, il ne voulait pas « utiliser » Haizaki ! Haizaki n'était pas un objet, bon sang !

Ok… bon… il fallait avouer que Kise ne l'avait pas toujours bien traité, surtout dernièrement. Bien souvent, le Copycat avait même sciemment ignoré ses états d'âme potentiels ou, pour parler de manière un peu moins dramatique, disons que Kise ne s'était pas beaucoup intéressé aux sentiments d'Haizaki. Il n'avait pensé qu'à lui, constamment.

Alors finalement… il n'était pas surprenant qu'Haizaki se considère comme un vulgaire outil à sa disposition et non plus comme un être vivant doué de sensibilité, lorsqu'ils se trouvaient ensemble. Le voleur de techniques semblait tellement vouloir plaire à Kise et satisfaire le moindre de ses caprices, qu'il venait quand même de lui proposer de se servir de lui pour parvenir à ses fins.

Waouh…

Juste waouh quoi…

Ça allait beaucoup trop loin tout à coup et Kise ne le réalisait que maintenant…

Mais même s'il s'en voulait de l'avoir négligé de la sorte, mieux valait s'en rendre compte tard, plutôt que jamais. Kise pouvait encore rectifier le tir et même s'il n'appréciait pas vraiment ce qu'insinuait Haizaki, il n'était pas en position de le nier.

Car oui, il en avait profité.

Indéniablement.

Le blond solaire et généreux n'avait pensé qu'à son propre plaisir.

Qu'à satisfaire sa propre libido.

Il n'avait cédé aucune parcelle de terrain à Haizaki, entrant même plusieurs fois dans une guerre ouverte contre le tatoué.

Jamais il n'avait accordé la moindre chance à Haizaki… Kise l'avait sans cesse repoussé, continuellement, toujours plus loin, toujours plus fort et il n'y avait que depuis leur arrivée au zoo, qu'enfin, il lui accordait le privilège de se rapprocher un peu. Mais trop quand même non plus hein.

Pas étonnant qu'Haizaki l'ait envoyé faire un plongeon forcé dans la piscine ce matin…

« Je ne suis pas dupe. Je vois très bien que je ne compte absolument pas pour toi et que tu te fiches éperdument de ce que je peux bien penser. Et je suis OK avec ça. Juste… j'aimerai qu'on arrête de perdre du temps à se bouffer le nez inutilement. Mes sentiments pour toi sont réels et je suis heureux de pouvoir te servir, à mon niveau. Mais je ne te demande qu'une seule chose en échange : que tu sois honnête envers moi et envers toi également. Juste… que tu l'admettes. Si je peux t'aider, je le ferai, alors continue à te servir de moi comme tu le fais en ce moment, pour surmonter ton chagrin. Je t'ai fait du mal par le passé et je veux pouvoir me racheter, quelle que soit la façon que tu jugeras être adéquate. Je l'accepterai. Même si… c'est sûr, je préférerai que mon amour pour toi soit réciproque. Mais qui sait, peut-être que cela viendra progressivement avec le temps ? Et puis, il y a des gens qui finissent par aimer leurs objets… Regarde tous ces gars accros à leur caisse… moi-même, je me suis vachement attaché à ma chère Hayabusa. J'ai même lu une fois qu'une nana s'était mariée à la Tour Eiffel ! Mais je t'en prie, use-moi, utilise-moi ! Laisse-moi continuer à te servir, c'est tout ce que je souhaite ! »

Kise eut un mouvement de recul lorsqu'Haizaki prit sa main dans la sienne.

Non… ce ne serait pas une relation saine ou équitable, même si c'était ce que semblait désirer Haizaki. Kise ne pouvait se résoudre à accepter d'utiliser Haizaki…

Ok, techniquement, le brun avait raison, c'était déjà ce que faisait le blond, même s'il ne voulait pas se l'avouer. C'était où il voulait et quand il voulait, Haizaki n'avait pas son mot à dire mais… ça ne signifiait pas qu'il s'agissait de la bonne chose à faire. Ni que c'était moralement… défendable.

Et puis ça ne lui ressemblait pas d'agir ainsi… même s'il le faisait déjà…

Raaah mais merde ! Pourquoi c'était aussi compliqué ?

En vérité, il en connaissait la raison…

Tout était de sa faute.

Parce qu'il n'arrivait pas à renoncer à Aomine…

Tout au fond de lui, il avait l'espoir que la situation s'arrange avec l'agent de sécurité. Que celui-ci quitte Kagami et réalise que depuis toujours, c'était Kise qu'il aimait.

Happy end.

Oui, tant qu'il ne parviendrait pas à aller de l'avant, il resterait bloqué dans cette spirale de souffrance dans laquelle il avait entraîné Haizaki également.

Alors, Kise préféra ne pas rentrer dans son jeu. Ne pas acquiescer. Ne pas se battre.

« Je suis désolé… j'ai besoin de temps. »

Il lui avait dit la même chose dans la boutique de Donovan, non ?

Au moins, le renard était constant dans ses propos, on ne pouvait pas le lui reprocher.

Mais encore une fois, du temps, Haizaki n'en disposait pas. Surtout après l'appel d'Asami, qui s'était montré très clair à ce sujet. Sauf que le brun avait conscience que s'il brusquait Kise, tous ses efforts seraient alors anéantis.

Sa vie était en jeu.

Il n'avait pas droit à l'erreur.

« Merde… j'aurai peut-être dû opter pour une autre approche. »

Non, cela n'aurait pas été en cohérence avec sa petite tirade précédente, quand ils se trouvaient encore à la boutique.

« Je comprends… Mais hmm… ne te prends pas la tête, j'suis pas en train d'te mettre la pression ou quoi. On fera ce que tu voudras, quand tu le voudras. J'attendrai que tu sois prêt. Continuons ainsi, alors. Juste… ne me repousse pas, d'accord ? J'irai à ton rythme, c'est promis. Je prendrai ce que tu voudras bien me donner sans rien attendre rien en retour. »

« Mais… ce n'est pas… équitable pour toi cette situation. »

« Genre tu t'en soucies maintenant ? » S'offusqua mentalement Haizaki, même s'il n'en laissera rien paraître.

« T'en fais pas, j'te dis. J'veux pas que tu te forces. Moi ça va, je me sens bien avec toi, je demande rien d'autre. Ça m'suffit, pour le moment. »

Kise n'y croyait qu'à moitié, mais… autant accorder le bénéfice du doute à Haizaki.

« Dans ce cas… Promets-moi que si un jour cette situation ne te convient plus, tu m'en parleras. Que tu ne le garderas pas pour toi. »

« Marché conclus. J'te l'ferai immédiatement savoir si je n'y trouve plus mon compte. »

Il lui serra la main qu'il tenait toujours comme pour sceller leur accord, avant de déposer un doux baiser dessus.

« Il ne nous reste plus qu'à voir la zone polaire, on y va ? »

Mieux valait changer de sujet. De toute façon, il n'y avait plus rien à dire d'autre. Plus rien à ajouter.

Juste à laisser faire le temps… En priant pour qu'il en reste à la fin.

« Bien entendu ! » Répondit Kise, qui semblait avoir retrouvé son enthousiasme habituel.


« Awwww ! Il est trop KIKI cet ours polaire ! »

Pour Kise, à peu près 90 % des animaux constituaient des candidats de choix pour avoir des peluches à leur effigie. Mais les ours remportaient la palme toutes catégories confondues ! Et celui qui se trouvait dans son enclos était vraiment trop chou, à lécher l'énorme pain de glace que le staff lui avait offert pour le soulager de la chaleur.

Du côté d'Haizaki cependant… pas de réponse…

Kise le chercha donc du regard et constata avec stupeur… que le brun ne se trouvait pas à près de lui.

En fait, il s'était éloigné, dos tourné et… accroupi au sol, se tenant la tête en tremblant de tous ses membres. Intrigué, Kise se déplaça jusqu'à lui, interrompant sa contemplation du gros nounours tout blanc.

« Shogo ? »

Le blond posa une main sur l'épaule de son compagnon, qui lâcha un petit cri aigu de toute beauté. Adieu, bien-aimée virilité !

Kise sursauta et enleva sa main aussitôt, comme s'il venait de se brûler !

« R-Ryota ! »

« Qu'est-ce qui se passe ? Tu ne veux pas venir voir l'ours avec moi ? »

« N-non ! »

« Nya ? Meuuu pourquoi ? »

« J'aime pas les ours ! » Vociféra Haizaki.

« Hmm… »

Kise pencha la tête sur le côté et il prit le temps d'examiner son ex-rival, afin de comprendre ce qui lui arrivait. Et il comprit assez rapidement.

« T'aimes pas les ours ou… t'en as peur ? »

« C'est la même chose ! »

Bizarrement, Haizaki n'avait pas eu l'air flippé devant les pandas... Alors que, techniquement, ce sont des ursidés eux aussi...

« Ah non, ça n'a rien à voir je regrette ! »

« C'est exactement pareil que toi avec tes insectes ! Est-ce que je t'ai obligé pour autant à venir voir les mygales avec moi tout à l'heure ? Non ! Alors fous-moi la paix ! »

« Mais ! Ça n'a pas de sens ! Qui a peur des ours, franchement ? Les araignées, encore je veux bien, c'est dégoûtant, elles ont plein de pattes velues et elles fabriquent des toiles avec une substance collante qui sort de leurs fesses ! Et après, ça se prend dans tes cheveux et t'as plein d'insectes morts à moitié dévorés coincés dedans ! »

« Ouais bah désolé que tu trouves ça ridicule, mais c'est comme ça ! »

« Je comprends juste pas ce qui peut bien te faire peur chez eux, c'est tout… Tu t'es fait attaquer pendant que tu dormais par ton ours en peluche quand t'étais petit ou quoi !? »

« … Pas quand j'étais petit, non. Je dormais pas non plus. Et c'était loin d'être une gentille petite peluche inerte… »

« Hein ? »

Kise haussa un sourcil, puis le second, au moment où Haizaki releva sa chemise. Oh putain. Il allait refaire le coup du striptease devant tout le monde, comme avec la serveuse ! Heureusement, le brun s'arrêta au niveau de ses pectoraux, dévoilant juste ses flancs.

Et sur l'un d'eux justement, le gauche plus précisément, Kise remarqua une énorme cicatrice en forme de… griffure !? Bon alors déjà, comment avait-il fait pour la LOUPER jusqu'ici ? Ça prouvait vraiment à quel point il n'en avait rien, mais alors RIEN à battre d'Haizaki, pour parler crument. Au point d'en rater une information aussi cruciale. Et pas n'importe laquelle. Du genre qui… saute aux yeux. Littéralement.

Et puis deuxièmement, quelle race de chat pouvait être assez GROSSE pour laisser des traces pareilles… ?

Parce qu'il ne pouvait s'agir que d'un chat, pas vrai… ?

« J'ai fait une mauvaise rencontre avec un ours noir. » Expliqua Haizaki, devant l'air dubitatif du mannequin.

« Heuuu excuse-moi mais à ce niveau-là, on a dépassé le stade de la simple mauvaise rencontre ! »

Il tendit timidement la main et comme Haizaki ne bougea pas, Kise se mit à caresser la marque du bout des doigts.

« Tu as encore mal ? »

« Non, plus maintenant. Quoi que… quand je passe devant un ours, ça me lance un peu. Mais c'est davantage une sensation désagréable qu'autre chose… »

« Comment c'est arrivé ? »

Haizaki ferma les yeux. Des flashs de l'attaque lui revinrent furieusement en mémoire…

Lui, allongé au sol… L'immense arène grillagée tout autour de lui… Les hommes en costumes dans les gradins, des billets plein les mains, qui criaient et riaient. L'odeur de la clope mêlée à celle du sang. Le goût du cuivre dans sa bouche. L'ours, d'abord enchaîné… qu'on avait lâché sur lui. Son hurlement. Ses crocs acérés. Ses énormes pattes qui l'avaient balayé comme une plume…

Puis le froid.

L'obscurité.

La Mort…

Il frissonna.

« … Lors d'une balade en forêt. Tu sais que ça peut être dangereux de s'y enfoncer trop profondément à certaines périodes de l'année. Il reste encore pas mal d'ours noirs qui vivent en liberté au Japon et ils ont tendance à se montrer agressifs envers quiconque pénètre sur leur territoire. Et ce jour-là, pas d'bol, c'était moi. »

« C'est vrai… J'en avais déjà entendu parler… et je me souviens encore des panneaux plantés dans les bois, lors de notre camp d'été. Ils déconseillaient de s'éloigner à cause de la présence d'ours sauvages… »

« C'est un miracle si j'ai survécu. D'après les médecins, j'ai eu beaucoup de chance de m'en tirer en un seul morceau… »

Et il s'agissait précisément de la raison pour laquelle il ne pouvait pas se permettre de décevoir Asami.

Nombreux sont les gangsters à organiser des combats clandestins impliquant des coqs ou des chiens. Et encore plus nombreux sont ceux appréciant les molosses de tous poils, en général, ceux dressés pour l'attaque. Asami possédait plusieurs chenils à Tokyo. Sa race préférée dont Haizaki n'avait pas retenu le nom, était même capable de tuer des lions adultes, mais le tatoué n'y croyait pas vraiment. C'était des conneries tout ça, des légendes urbaines pour impressionner les concurrents… Mais un jour, ses précieux toutous n'avaient plus suffit au fringuant homme d'affaires et il s'était offert… un ours.

Rien que ça.

Haizaki avait difficilement réchappé à la fureur de Winnie l'Ourson, mais son intuition lui disait qu'Asami pourrait très bien ne pas en rester là et qu'il serait capable de l'accueillir avec disons… Shere Khan, la prochaine fois qu'ils se verraient physiquement.

Ah oui, pour ça, Asami ressemblait énormément à sa proie du moment.

Ils risquaient de bien s'entendre sur ce point et pour cause, lui aussi, il adorait les animaux !

Mais pas sûr que ce soit de la même manière désintéressée que Kise…

« Je suis navré pour toi… Tu aurais dû me le dire… on aurait évité cet enclos-ci en particulier. Je ne voulais pas… réveiller des souvenirs traumatisants pour toi. Ce n'était pas le but. » S'excusa le beau renard.

« Tu n'pouvais pas le deviner… »

Encore une chose qu'il venait d'apprendre sur Haizaki…

Mais il en existait encore tant qu'il ignorait…

Et la liste ne faisait que s'allonger.

Après l'incident avec l'ursidé, Kise décida de reprendre la visite en main et d'emmener son compagnon près d'un enclos, qui, il en était persuadé, allait beaucoup lui plaire !

Oui, pas de danger avec celui-ci, il était spécialement adapté à Haizaki !

Kise ne lâchait plus la main du brun et ce simple geste sembla beaucoup l'aider à se tranquilliser.

« Tadaaaaaaaaam ! » Annonça l'espiègle blondinet.

« Je peux savoir pourquoi tu me montres un porno animalier… ? Tu m'as pris pour un panda ? Je ne t'ai pas convaincu dans la cabine d'essayage ou… ? »

Interloqué, Kise jeta un œil à l'enclos et…

OH PAR SAINT KARL LAGERFELD !

Deux loups arctiques étaient en train de copuler ! Frénétiquement. Et ça n'avait rien à voir avec le petit coup vite fait qui avait duré environ une seconde et demi, du côté des babouins ! Non, là c'était heuuu très, très explicite. Et vas-y que ça couinait en plus ! Près d'eux, des parents choqués et des enfants morts de rire. Enfin, pour ceux qui étaient assez âgés pour comprendre ! Certains adultes impuissants essayèrent tout de même de préserver la dernière once d'innocence de leurs marmots, en cachant leurs yeux mais…

« AAAHHH ! » Cria Kise et Haizaki éclata de rire.

Ce n'était pas prévu au programme ça ! Le boulard du dimanche soir de Canal + en clair et juste sous leurs yeux ! Kise se sentait… affreusement gêné ! Ce qui était complètement con quand on y réfléchissait bien, parce qu'il n'était en rien responsable. Et puis, il s'agissait de deux animaux, évidemment que les deux canidés n'avaient aucune notion de pudeur… Mais le renard ne put empêcher ses joues s'échauffer. Finalement, elle était bien là, la vraie famille d'Haizaki… Et ce n'était pas les hyènes. Mais ces deux espèces de cochons qui s'ébattaient en public ! Nan mais oser faire ça devant ses yeux sensibles, quoi ! Oh le culot !

Bon, au moins, ça avait rendu le sourire à Haizaki mais…

« Allons-nous eeeeeen ! »

Mais Haizaki le retint par le bras.

« Attends, tu vas louper le moment le plus intéressant… »

« Je refuse d'en regarder davantage, sale pervers ! »

« Regarde je te dis… »

Il se glissa derrière lui et murmura de sa voix caressante qui faisait fondre Kise.

Raaaaah foutues hormones ! (Mais ouiiii Kise t'as raison, c'est totalement de la faute des hormones !)

Kise ouvrit donc les yeux.

Devant lui, les deux loupiots avaient terminé leur petite affaire. Mais voici qu'ils se retrouvaient à présents comme soudés, dos à dos ! Jamais Kise n'avait vu cela de sa vie. Qu'est-ce qui était en train de se passer ?

« Heu… il a un harpon à la place de la queue ou quoi ? » Lâcha t-il naturellement, manquant de peu de faire partir Haizaki dans un fou rire.

« Ahaha ! Presque. T'es pas si loin de la vérité en fait. Les loups mâles, tout comme les chiens ET tes copains les renards, ont le pénis qui gonfle après l'accouplement. Ça leur permet de rester bloqués le temps que leur sperme atteigne les ovules de la femelle, afin d'éviter qu'un autre mâle ne passe juste derrière eux pour la féconde à leur place. C'est un peu comme un genre de… nœud qui les relie, si tu préfères. »

« Ça n'a pas l'air agréable de rester coincé comme ça en tout cas… regarde-les comment ils couinent… Ça se voit qu'ils souffrent ! »

Surtout le mâle. Ça devait être serré A MORT là-dedans et la femelle ne se révélait pas très patiente non plus, elle montra plusieurs fois les crocs et tenta même de mordre son compagnon.

« Quoi, ça ne t'est jamais arrivé de rester coincé dans une de tes copines ? »

« Ça va pas non !? » Pause. « … Attends, t'es en train d'insinuer que possible aussi pour les humains ? » Nouvelle pause. « … Me dis pas que ça t'es déjà arrivé !? »

« Si tu veux tout savoir, une fois. Mais bon, ça n'comptait pas vraiment. Elle était vierge et paniquée. »

« Bah c'est normal quand on est vierge de pas être niquée, non ? »

« Pas de « pas niqué » là, crétin ! Enfin bref, elle a tellement stressé au moment fatidique, qu'elle s'est resserrée d'un coup, en mode huître qui se referme, tu vois ? »

« Nan, je n'le vois pas. Mais je peux presque le sentir, par contre… Ouch ! » Il frémit. « Et comment t'as fait pour te décoincer ? … Non avoue, tu m'fais marcher là ? »

« Même pas ! J'te jure que ça s'est vraiment produit ! Et je sais plus… on a dû rester une heure comme ça peut-être ? Ce jour-là, j'ai vraiment cru que j'allais perdre mon chibre et qu'on allait devoir me la couper, c'était flippant. Imagine le gâchis que ça aurait été franchement… »

« Ouais bah ça t'apprendra à mettre ta queue n'importe où aussi, c'est bien fait pour toi ! » Trancha Kise, avant de s'éloigner un peu vexé.

Pour quelle raison ?

Il ne le savait même pas lui-même…

De toute façon, il ne leur restait plus qu'un seul type d'animal à voir.

Les manchots !

Haizaki lui courut après et il ne tarda pas à le rattraper. Aussitôt, quelque chose d'insolite attira leur attention à tous les deux.

« … Je rêve ou… »

« … Y a un couple qui est en train de couver un gros caillou…? »

Une telle synchronicité, c'est beau ! Ah, y avait pas à dire : ils se complétaient bien Caninos et Goupix !

« Nan parce que… c'est bien un gros caillou hein ? »

« Aucun doute. Les autres ont des œufs blancs. Et eux… ils ont un bout de parpaing qui fait le double de leur taille et qui est… noir. »

« Mais ils sont cons ou quoi ? » Poursuivit Kise. « Tu crois qu'ils sont capables de faire la différence ? »

« Bah c'est pas franchement réputé pour être très malin, un manchot. Et puis, s'ils s'en rendaient compte, tu crois vraiment qu'ils se casseraient le cul à le couver ? Nan, à mon avis, ils doivent être persuadés qu'un poussin va en sortir un jour… »

Un des soigneurs qui se trouvait près de là sembla les entendre converser. C'était un papy grisonnant, avec une belle barbe de Père Noël et de petites lunettes rondes sur le bout de son nez en trompette. Après l'explorateur, donc, rencontre avec le vieil ermite du coin !

« Excusez-moi… je n'ai pas pu m'empêcher de vous écouter, même si je ne comprends pas votre langue mais… je suppose que vous étiez en train de parler de notre couple de manchots, n'est-ce pas ? »

« Tout à fait Monsieur ! » Sourit Kise.

« Ah ça ne m'étonne pas, ce sont nos deux stars ! Ils sont vraiment incorrigibles, vous savez… »

« Incorrigibles ? »

« Et bien, ils ont tendance à aller voler les œufs des autres couples, alors pour les en empêcher, nous avons été obligés de leur fournir un… substitut. Nous utilisons donc principalement des pierres comme subterfuge. Tant que ça a vaguement la forme d'un œuf, ils n'y voient du feu. »

« Oohhh ça explique tout ! Très malin de votre part ! » Félicita Kise.

« Mais pourquoi des pierres ? La femelle du couple n'arrive pas à pondre ? »

A cette question fort pertinente d'Haizaki, le Professeur Tournesol partit dans une crise de rire monumentale. A tel point que le brun craignit pour sa santé cardiaque… même s'il n'apprécia pas trop qu'on puisse se payer sa gueule aussi ouvertement !

« Il n'y a pas de femelle voyons, mon garçon ! Ce couple, composé de Brandon et Dylan, est formé par deux mâles ! »

« Brandon !? »

« … Et Dylan ?! Dafuq, qui a choisi ces prénoms de merde ? C'est un concours à qui aura le pire dans ce zoo, ou quoi ? » Demanda Haizaki, en repensant au fameux « BITE » l'ananconda.

« Aaaah j'y suis ! Comme dans la célèbre série des années quatre-vingt dix : 90210 Beverly Hills ! »

« Bien vu jeune homme ! En effet, c'est bien une référence à ce fleuron de la télévision… après tout, le zoo se trouve tout près de ce quartier mythique, il était donc naturel que nous lui rendions hommage, à notre manière. Beaucoup d'acteurs Hollywoodiens comptent parmi les donateurs réguliers de notre ménagerie. Souvent, nous les remercions en donnant leurs noms aux animaux, en guise d'hommage. Par exemple, notre sanglier de Java s'appelle Leonardo Di Caprio ! »

« Plutôt « Di Carpaccio », oui ! On l'a vu tout à l'heure Ryota et moi votre Léo, bah c'est un sacré morceau ! M'enfin, comme l'acteur éponyme ces dernières années, vous m'direz… Ouais… finalement, c'est pas si mal trouvé… »

« Et donc, ces deux manchots-là sont… gays ? Comment ça se fait ? J'savais même pas que c'était possible chez les animaux ! »

« Il n'y a aucune raison particulière. Ils ne se sont jamais intéressés aux femelles disponibles et nos manchots sont extrêmement fidèles. Une fois qu'ils choisissent leur partenaire, c'est souvent pour la vie. »

« Mais noooon, c'est trop miiiiignooon ! Tu as entendu ça, Shogooooooo ? »

« Vu qu'tu viens d'me le gueuler dans les oreilles, oui, merci ! »

« Les pauvres quand même… » Se calma soudainement Kise. « Ils attendent sans doute avec impatience la naissance de leur enfant, mais elle ne viendra jamais… Je me demande combien de temps ils vont mettre avant de se lasser de couver ce faux œuf pour rien... et ils seront sans doute très malheureux quand ils comprendront que rien n'en sortira… »

« Ne vous inquiétez pas pour eux. Ce sont deux multi récidivistes ! » Sourit le vieux. « Ils n'en sont pas à leur coup d'essai ! Et ils recommencent toujours ! Sachez qu'ils ont même déjà élevé avec succès trois petits ! »

« Hein ? Comment c'est possible ? »

« Et bien, nous avons parfois des cas d'abandons au sein de la colonie. Parfois même, ce sont carrément des œufs qui sont délaissés par leurs géniteurs, avant même qu'ils n'aient éclos ! Et quand c'est le cas, nous confions les jeunes orphelins à Brandon et Dylan.»

« Mais nooon ? Mais c'est trop m-… ! »

« Trop mignon, oui, on sait ! » Le coupa Haizaki. Mais il ne put quand même s'empêcher d'acquiescer à son tour.

« C'est vrai que les couples homoparentaux ont le droit d'adopter ici… C'est pas demain la veille qu'une telle avancée se produira au Japon, hélas… »

Surpris, Haizaki fixa son blondie. Il ne s'attendait pas à entendre un tel discours dans la bouche de Kise. Est-ce que le mannequin serait un militant des droits de la communauté gay ?

« T'as envie d'avoir ton propre chiard ? »

« Non, pas spécialement mais me marier, pourquoi pas ? »

« Ah ouais, t'es comme ça toi ? »

« Tsss… qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ça encore ? » Se vexa le blond.

« Rien… c'est juste que… j'te voyais pas du genre à t'engager, c'est tout. »

« J'compte pas le faire demain non plus hein ! Mais dans un futur plus ou moins proche, ça ne me déplairait pas. Enfin… D'abord, encore faut-il trouver la bonne personne pour ce faire… »

Kise lui jeta un long regard appuyé.

Qu'essayait-il de lui faire comprendre ? Haizaki sentit son cœur s'emballer…

Parce que quand Kise le regardait comme ça… Il pourrait tout envoyer bouler dans la seconde…

Même son sursit.

Doucement, le piercé se pencha vers Kise et il vint l'embrasser avec une infinie tendresse. Il en avait eu envie pendant toute la visite. Les lèvres du top model international étaient douces et lisses. Pleines. Charnues. Elles avaient encore le goût de la glace à la vanille que le jaune venait de terminer. Après avoir cajolé la langue de son chéri avec la sienne, il prit le visage de Kise entre ses mains.

« Ok, je te propose de faire le pacte suivant : si arrivés à trente ans, aucun de nous n'est déjà marié, fiancé ou en couple avec quelqu'un, on n'aura qu'à se marier ensemble. »

« Ou mort… » Compléta t-il dans sa tête. Mais bon, ça, Kise n'avait pas besoin de l'entendre.

Le blond gloussa, amusé.

« Ça me va ! Et même pas besoin d'adopter, puisque nous avons déjà un fils en commun ! »

« Poilu comme il est, il provenait sûrement d'un orphelinat Portugais ! »

« Ahaha tu as raison, c'est probablement ça. Hmm… et si on allait lui adopter un petit-frère, dans la boutique de souvenirs ? »

Kise se mit alors à faire les yeux doux et Haizaki n'eut pas le cœur à lui dire non.

C'est ainsi qu'ils regagnèrent le Penthouse avec un membre supplémentaire pour agrandir leur famille.

Une peluche panda roux.

Mais si la journée venait de se terminer, le date, lui, ne devait s'achever que demain matin, aux premières lueurs du soleil…

Car comme on le disait ici, aux Etats-Unis : « The night is still young. »


CHAPTER END !

22000 yeay !

Comme d'habitude, j'espère que ça vous a plu, les reviews sont plus qu'appréciées, elles me motivent et m'inspirent etc... enfin, vous connaissez la musique maintenant !

En ce qui concerne les notes de fin de chapitre, à présent :

- Akashi en roi du porno, c'est évidemment une référence à ma fic "Pornstars". J'ai souvent l'impression que "No More Mister Nice Guy" est un pot-pourri de toutes mes fics réunies, parce que j'y pioche souvent des éléments à droite et à gauche.

- La réplique qu'Haizaki sort concernant les pandas qui refusent de copuler pour sauver leur espèce est bien entendu une référence au film culte "Fight Club".

- Première apparation (même si uniquement vocale pour le moment) du mystérieux Asami, dont l'ombre menaçante plane maintenant depuis plusieurs chapitres sur nos deux tourtereaux... Et au passage, on a eu un petit aperçu du passé (très gai) d'Haizaki à ses côtés.

- La peur des insectes de Kise est bien évidemment CANON.

- Ryoko et Haizaki semblent donc se "connaître" un peu plus que simplement s'être croisés dans les couloirs de Teiko...

- Toutes les informations que j'ai donné sur les animaux sont bien entendu réelles. J'espère que vous en aurez appris autant que moi ! Le règne animal est vraiment merveilleux et plein de surprises...

- Maki Harumaki est une référence à Danganronpa 3, même si les deux persos n'ont de commun que leur prénom. D'ailleurs, Danganronpa, c'est la VIE !

- L'anecdote sur les manchots est inspirée de faits réels, bien que je les ai romancés ici. Le zoo de Berlin possède un couple gay qui pique régulièrement les oeufs des autres.

- Le tristement célèbre "Club des 27"... Qui sera le prochain à y entrer ? Plus personne, j'espère...

- Oui, j'ai cité des Boys Bands que la plupart d'entre vous sont trop jeunes pour connaître, je sais !#VIEILLE

- Beverly Hills. La quintessence des 90's avec ALERTE A MALIBU ! (Baywatch)

- J'aime de plus en plus écrire les échanges entre Kise et Haizaki. Je les visualise comme un échange de balle au tennis.

- Je commence à retrouver Kise tel qu'il l'est dans le manga/anime. Ca aura pris du temps, mais il fallait d'abord que je le fasse surmonter (un peu) son chagrin pour cela. Et ça fait du bien de le voir plus joyeux !

- Zaki, aaaaah Zaki ! Zaki needs to be showered with LOVE, no doubt !

Je reprends le boulot jeudi, donc j'espère pouvoir encore un peu avancer sur le prochain chapitre avant !

A bientôt pour la partie 3 et le... fameux dîner !

Thanks for reading !