Hello girlz !
Tout d'abord, je tenais à vous souhaiter une excellente année 2023, du fond du coeur. Qu'elle vous apporte joie, épanouissement, amour, santé, argent. Pensez à vous et surtout, préservez-vous !
Pas de disclaimer, ni de résumé/teaser pour ce... DOUBLE chapitre, car oui, vu la longueur TENTACULAIRE de celui-ci, j'ai bien été obligée de le tronçonner en deux afin qu'il ne soit pas trop indigeste !
Voyez cela comme mon cadeau de Noël en retard !
J'espère d'ailleurs que vous avez été bien gâtées !
Pour celles qui auraient été tentées de se plaindre qu'il n'y avait pas suffisamment de c*l dans cette histoire, je pense que vous allez ravaler ces paroles (pas prononcées) ahaha à la lecture de ce double chapitre !
Sur ce ENJOY !
Je posterai le second chapitre demain très probablement, le temps de le relire et de le peaufiner
De toutes les choses qu'un coffre pouvait contenir ET qui pouvaient tenir dans un coffre, Haizaki ne se serait JAMAIS attendu à trouver celle qui se trouvait pourtant juste sous ses yeux.
Not even in a million years…
Ok pour les battes, Ryan avait déjà prévenu en ce sens. (et c'était justement la raison première de sa fouille.)
Pour la glacière aussi, cela pouvait sembler normal à première vue. Hmm… Ouais, Haizaki se souvenait vaguement avoir vu la bande de ricains se balader avec des bières fraîches sous le bras et leur en proposer durant l'après-midi à la mer. (A des mineurs donc, ah ben bravo le veau ! Et il allait sans dire qu'elles n'étaient pas dénuées d'alcool…)
Des affaires de plage : serviettes, parasol, de la crème solaire… Tout le nécessaire pour passer une bonne journée entre amis, mais sans oublier de protéger sa peau !
Encore une fois, la banalité absolue ! On restait sur du classique…
Cependant… courbée, recroquevillée au fond de ce modeste espace de stockage en forme de creux, se trouvait indéniablement une silhouette HUMAINE…
Et pas celle de n'importe qui, mais…
Ce corps, il semblait… inanimé ? Serait-ce un cadavre !? Le brun arrivait-il trop tard ?
Non… !
Sa mâchoire manqua de se décrocher pour tomber au sol et ses yeux menaçaient de subir le même sort également, tant Haizaki avait du mal à croire ce qu'il voyait, pourtant situé juste sous son nez. (Et sous sa barbe fraîchement rasée dans l'intérêt de cette petite virée nocturne.)
Au départ, il pensa même que la pénombre lui jouait des tours. Le parking était en effet très mal éclairé. Puis, il songea qu'il s'agissait sûrement d'une hallucination causée par l'alcool (il avait très peu bu, mais quand même un peu au bar après le départ de Kise et personne n'avait daigné lui demander sa carte d'identité pour vérifier s'il était bien majeur, ce qu'il n'était pas encore évidemment.) ou par les inhalations de fumée dégagée par les substances illicites consommées en grandes quantités au sein de la Rave Party.
Sauf qu'une fois de plus, le brun faisait fausse route.
Et la voix qui s'éleva de l'intérieur de la Maserati lui confirma à quel point…
Une voix familière, bien que légèrement différente.
Plus traînante, plus chantante aussi…
« Shogocchiiiiiii ! »
Nettement plus enjouée qu'à l'accoutumée.
Presque comme si son détenteur était content de le voir.
Oserai-je même dire… excité… ?
Car la voix en question appartenait à Kise Ryota.
Kise, la grande gigue de Kaijo, qui se trouvait présentement plié comme une valise dans ce coffre minuscule et déjà bien rempli, pour ne pas dire surchargé, où s'entassait par ailleurs tout le parfait attirail estampillé « Ken et Barbie vont à la plage ! » des Américains. Haizaki était même surpris que le blond soit parvenu à s'insérer et surtout à tenir dans un espace aussi exigu ! Hmm… comme quoi, Kise pouvait se montrer SOUPLE et adepte de la contorsion lorsque les circonstances l'exigeaient…
…
… Indéniable TALENT que le loup n'aurait pas manqué de trouver intéressant dans un certain contexte en particulier, cependant… cette pensée s'avérait extrêmement déplacée dans le contexte actuel…
Et Kise qui l'accueillait avec l'enthousiasme d'un jeune chien fou frétillant de la queue à la vue de son propriétaire, comme s'il ne l'avait plus vu depuis des jours, livré à lui-même.
Or, l'on sait à quel point les chiots indisciplinés sont enclins à faire toutes sortes de bêtises quand leur maître n'est pas dans les parages…
Exactement comme maintenant à peu de choses près, quoi.
« Dis… tu veux bien m'aider à sortir… ? » Demanda presque timidement le mannequin, d'adorables rougeurs de gêne aux joues.
Haizaki mit quelques secondes avant de réagir. Quelques secondes salutaires. Quelques secondes nécessaires à refaire le point dans son esprit, pour que son corps se décide à nouveau à lui obéir. Se penchant, il tendit les mains vers Kise et ce dernier les attrapa fermement pour que son sauveur providentiel puisse l'aider à se hisser hors de sa prison.
Le brun se montra étonnamment précautionneux et avenant, évitant de tirer trop fort. En effet, le but n'était pas d'arracher, ni même de déboiter un bras à son ancien coéquipier… Ce serait ballot quand même d'en arriver là à cause d'un geste mal dosé… Mais ce comportement en apparence anodin, était en réalité très révélateur. Haizaki avait toujours eu cette tendance à voir Kise comme plus faible et fragile physiquement qu'il ne l'était vraiment.
Et le contexte actuel ne faisait rien pour lui donner tort et arranger cette vision erronée qui était la sienne...
Les jambes en coton – ce qui était compréhensible après avoir passé un certain temps ou plutôt un temps certain figé, pétrifié presque, dans une position aussi contre nature qu'inconfortable – Kise ne put s'empêcher de trébucher une fois totalement extirpé de son cercueil de métal.
Droit dans les bras d'Haizaki.
Contre son torse viril et chaud.
Musclé.
Robuste.
Réconfortant…
Instantanément, Kise se sentit en sécurité et il comprit également qu'il n'avait plus rien à craindre à présent.
Malgré ces retrouvailles rassurantes, Haizaki hésita à passer ses bras autour du blond.
Un peu trop longuement, sans doute.
Au goût de Kise du moins, puisque le renard ne lui laissa pas le temps de lui retourner son étreinte maladroite, se redressant presque aussitôt pour remettre de la distance entre eux. Puis, il le fixa, l'air étrangement… « exalté », dirons-nous.
« Gnaaaaa je commençais à étouffer dans ce fichuuuu coffre ! Et puis, je n'pouvais même pas m'allonger en entier, quelle galère, j'te raconte pas les craaaaaaaampes et autres courbatures que je vais me taper demain à tous les couuuups ahahaha ! En tout cas, merci d'être venu me porter secours hihi ! »
Mais Haizaki ne l'écouta que d'une oreille et distraire en plus, l'oreille !
Car quelque chose clochait.
Dans la façon qu'avait Kise de gigoter dans tous les sens.
Exagérément.
Dans sa voix plus aérienne, aussi.
Il aurait dû frôler la crise de claustrophobie suite à cette désastreuse expérience, mais non, au lieu d'afficher un quelconque traumatisme, il sautillait sur place avec l'énergie (du désespoir… hmm non..) d'un cabri hyperactif, mais en gloussant comme une poule ! (drôle de chimère animale…)
C'était à n'y rien comprendre…
Un tel décalage entre son comportement et la situation dans laquelle il s'était fourré…
Ou plutôt, si.
Haizaki avait bien peur d'être parvenu à identifier les forces qui trouvaient à l'œuvre.
Il attrapa brusquement le menton du blond et le força à se tranquilliser l'espace de quelques instants, juste le temps de vérifier l'état de ses pupilles.
Or, c'était bel et bien ce qu'il pensait.
Bordel de merde.
Elles étaient dilatées.
« Qu'est-ce que tu as pris Ryota… ? »
Le ton employé était bizarrement calme. Posé.
Trop pour être honnête.
« Hmm ? » Fit mine de ne pas comprendre la pile électrique sur pattes. (Qui semblait avoir toutes les peines du monde à se tenir immobile va savoir, peut-être que ça allait le tuer d'arrêter de gesticuler plus de dix secondes ?)
De l'avis d'Haizaki, du moins.
Parce que bon, il était IMPENSABLE pour le lupin que Kise ait pu accepter de prendre quelque chose sans savoir de quoi il s'agissait précisément…
… N'est-ce pas… ?
Nan, même Kise n'était pas débile à ce point, pas vrai… ?
…
Hmm… Haizaki avait comme un GROS doute là…
« Ryan… m'a juste passé un petit quelque chose pour que je me sente bien. »
« Un 'PETIT' quelque chose ? » L'adolescent bagarreur haussa un sourcil, peu convaincu par 'l'explication' de son crush. « Et c'était quel genre de truc ? Il te l'a dit au moins ? »
Le brun avait bien sa petite idée sur ce que la nature du 'truc', 'machin', 'bidule' en question, appelez-le comme vous voulez, mais ça pouvait être tellement de choses… Toutes plus répréhensibles les unes que les autres. Pour autant, Haizaki manquait cruellement d'indication afin d'orienter sa réflexion.
« Baaah noooooooon. Pour quoi faiiiiiiire hihi ? »
« Parce qu'en plus, tu n'as même pas essayé de lui demander de quoi il s'agissait, avant de le prendre !? »
« Non pluuuuus ! » Sourit le blond, visiblement fier de sa réponse pour le moins inconsidérée.
OH LE CON.
Haizaki s'écrasa une main sur le visage, au bord de la consternation.
Il n'en revenait pas que Kise ait pu faire preuve d'un tel manque de prudence.
Pas étonnant que le blond se soit retrouvé empaqueté à l'arrière d'un coffre sordide, à la manière d'une vulgaire marchandise !
« Bon sang ! Mais ça aurait pu être n'importe quoi ! Enfin merde, Ryota ! Ça t'arrive de réfléchir parfois !? »
Or, si par malheur il était arrivé quelque chose au blond, ça aurait bien entendu été de sa faute, à lui ! Ben oui, puisque c'était LUI qui l'avait pour incité à faire le mur ! Et encore lui qui ne s'était pas trouvé auprès du dernier arrivé de Teiko pour empêcher qu'une telle tragédie ne se produise. Quand bien même c'était Kise en personne qui l'avait lourdé en premier lieu !
Et par conséquent, toute la GOM lui serait tombée dessus comme un seul homme, sans lui laisser la moindre chance de plaider pour sa défense ! Dire que cette réjouissante perspective ne l'enchantait que moyennement, relevait donc de l'euphémisme. Il ne tenait pas tellement à ce que sa joue gauche – jusque-là miraculeusement épargnée - vienne faire connaissance à son tour avec le poing vengeur d'Aomine…
« J'arrive pas à croire que t'aies pu te montrer aussi naïf… »
Putain… Ça ne lui ressemblait vraiment pas de jouer les Père la Morale… Déjà, parce que même si son inquiétude était légitime et avérée, sa crédibilité, elle, tutoyait le ras des pâquerettes… Donner des leçons, alors que lui-même prenait un malin plaisir à se TORCHER avec d'habitude, était bien malvenu…
C'était carrément l'Hôpital qui se foutait du cimetière de la Vieille Charité.
Et Kise ne s'y trompa absolument pas.
« Mouaiiiiiiiiis… J'suis sûr que tu dis ça uniquement parce que t'es jaloux… ! Après tout, j'ai refusé de me bourrer la gueule avec toi au bar ! Alors qu'à contrario, j'ai tout de suite accepté d'avaler le premier cacheton non-identifié, offert par un bel inconnu et ce, sans me méfier une seule seconde ! »
Owww ! Ça faisait fichtrement mal cette façon de tout déballer ainsi ! Et la sensibilité de son interlocuteur, l'espiègle goupil, il en faisait quoi !?
Haizaki sentit justement son cœur se faire transpercer sous les paroles acerbes du blondinet, mais il s'agissait hélas de l'implacable vérité, aussi douloureuse et pénible soit-elle à entendre : Kise n'avait aucune confiance en lui. Le jaune l'avait d'ailleurs avoué de lui-même un peu plus tôt au bar du village : il le détestait cordialement ! Oh, et comme si cela ne suffisait pas, il l'avait également clamé lors de leur balade dans la jungle de la veille. En bref, les preuves à charge s'accumulaient lourdement contre Haizaki…
Tandis que de l'autre côté du spectre, Kise avait sciemment fait le choix d'accorder ses faveurs au premier connard venu.
Et cela s'était soldé par une prise de drogue DURE en sa compagnie.
Sans pression.
Quelle drogue, au juste ?
Pfff… on s'en foutait bien, non ? Enfin, c'était ce que Kise affirmait en tout cas et d'une certaine façon, il n'avait pas totalement tort. Parce que c'était davantage le geste en lui-même et toute la symbolique l'entourant, qui importaient réellement.
Hélas, les affaires d'Haizaki n'allaient pas en s'arrangeant, puisque Kise n'avait de toute évidence pas terminé de marquer le coup. Et son manque d'intérêt flagrant pour le brun, par la même occasion. Ne dit-on pas que lorsqu'un cheval est à terre, il faut le transformer en lasagnes Findus sans attendre ? Enfin, l'achever de toute urgence, si vous préférez.
Par (mal)chance pour Haizaki dans le cas présent, Kise se vantait régulièrement de son altruiste exacerbé et abréger la souffrance d'un condamné faisait partie logiquement de ses prérogatives dans la vie :
« Gnnnnh bon sang… ce que j'peux avoir mal au dos hmm… » Il massa le bas de ses reins en compote et un craquement sinistre se fit entendre lorsqu'il s'étira. « … Qu'est-ce que ça aurait été s'il m'avait défoncé le cul en prime… non mais t'imagiiiiiiines ? »
« J'préfère pas, non. Mais ça me console quand même un peu d'apprendre qu'il n'a pas eu le temps de te baiser ce gros blaireau… » Répondit Haizaki, pince sans rire. « Et accessoirement, ça ne m'étonne pas de lui. »
« Aaaaaaaaaaaah parce que t'en aurais eu le temps toi, peut-être ? Si c'est une manière détournée de m'annoncer que t'es éjaculateur précoce, ben elle est vraiment de très, très mauvais goût ! »
…
Non mais QUEL rapport (sexuel)… !?
Kise frissonna tout de même de dégoût, persuadé de ses élucubrations hasardeuses.
Pas folle, la guêpe !
Sauf que, bien loin de prendre la mouche quant à la violence de cette accusation ou d'avoir le bourdon/cafard (lol métaphore animalière, le retour…), Haizaki ne l'avait toujours pas relâché. D'ailleurs, il n'y comptait pas dans l'immédiat, paraissant le scanner du regard. Pas avant d'avoir trouvé ce qu'il cherchait précisément.
« … J'vois pourtant aucune trace de coup… Ça t'dérangerait de m'expliquer comment il s'y est pris pour te coller dans le coffre de sa bagnole, sans devoir t'assommer au préalable ? »
« Il n'a pas eu à le faire, étant donné que j'y ai grimpé de moi-même ! »
PAAAAAAAAAAAAAAARDOOOOOOOOOOOOOOON !?
QUOIIIIIIIII !?
MER IL ET FOUUUUUUUUUUUUUUUUUU !
Kise avait donc agi VOLONTAIREMENT et non par coercition !?
Là, Haizaki commençait sérieusement à se demander si ce n'était pas LUI qui s'était laissé droguer par inadvertance… Ouais, c'était sûrement le cas. Une des filles avait dû glisser un truc dans son verre au café du village, pendant qu'il leur tournait le dos. A moins que ce ne soit le barman en personne.
Le pire étant que cette explication était autrement plus plausible ET rationnelle que tout le bordel avancé par Kise…
Mais avant même qu'Haizaki n'ait pu faire état de ses conclusions à voix haute, son camarade se jeta sur lui tel un fauve en rut et… lui fourra sa langue dans la bouche sans prévenir !
Le loup fut tellement surpris par l'attaque (surprise loul, vive les répétitions !) de l'autre prédateur qu'il ne parvint pas à l'éviter. Néanmoins, il s'en dégagea rapidement en contrepartie. Mais pas franchement ravi…
« Fuck ! Mais merde, qu'est-ce qui te prend encore !? » Hurla t-il en s'essuyant la bouche.
On avait méchamment frôlé la tentative d'étouffement avérée, là ! C'était quoi l'excuse de Kise, cette fois !?
« Hmmm hmmm… je pensais qu't'étais jaloux de n'pas avoir eu de pilule magique toi aussi… Alors je m'disais que… peut-être… avec un peu de chance, il m'en restait encore un chouia sur la langue pour que tu puisses y goûter également ! Et donc m'aider à déterminer de quoi il s'agissait ! »
OH LE CON. (Bis.)
Comme si Haizaki était un expert en drogues dures, en plus… (sympa la réputation…)
Mais voici que le jaune avait décidé de se mettre à bouder, n'appréciant guère se faire envoyer bouler de la sorte. Avec ses joues encore rouges et sa couleur de tifs, la ressemblance avec Pikachu était frappante.
Electrique, même.
Tout comme l'ambiance qui régnait sur ce parking sombre.
Haizaki devait calmer le jeu. Il avait en effet une toute autre priorité que se disputer dans l'immédiat… Malheureusement, tenter de raisonner Kise dans son état actuel, revenait peu ou prou à pisser contre le vent en pleine tempête de sable…
Pas franchement efficace, à part si on a pour objectif de se rincer les dents…
Cependant, Haizaki avait pour responsabilité d'essayer.
« Ecoute Ryota, l'urgence du moment, ce serait plutôt d'prendre nos jambes à nos couilles… » Non, raté Zaki, mauvaise expression, tu t'es trompé de partie anatomique... Enfin, comme dirait l'autre : 'Mieux vaut partir en couille, que revenir à pied !' « Heu, cou ! Parce que ton petit-copain n'va pas tarder à rappliquer, accompagné de tous ses sbires. Et j'ai la tristesse de t'annoncer que ce ne sont pas des perles qu'ils sont venus pour enfiler, mais ton CUL, si tu vois c'que j'veux dire… (Oui, j'aime beaucoup cette expression, puisque ça fait déjà deux fois en deux chapitres que je vous la sers, OU EST LE PROBLEME ?) Et à tour de rôle, pour ne rien arranger. » Prévint le bad boy de service.
Qui n'acceptait pas tellement d'avoir une concurrence aussi déloyale à ce niveau.
Aussi bizarre que cela puisse paraître mais bon vous me direz, à ce stade du récit plus rien n'est étonnant (quoique), cette mise en garde sembla faire fondre le petit cœur en guimauve de son compatriote :
« Awww… Et t'es en train d'm'dire que c'est la raison pour laquelle que t'es rev'nu m'chercher ? Naaan mais c'est troooooooooooooop meugnon ! »
Hein ? Quoi ? Mais non, pas du tout ! A la base, c'était uniquement dans l'optique de lui casser son coup… !
N'est-ce pas… ?
Mais de fil en aiguille, les circonstances particulières avaient fait que…
« Heu… ouais… ? » Hasarda le garçon aux cheveux ébènes.
Peu convaincu, certes, mais de toute évidence convaincant, puisque…
… Sa dulcinée se pendit une nouvelle fois à son cou, avant de lui rouler une pelle digne d'un acteur porno en fin de carrière.
Bien.
Baveuse.
Et chargée de promesses.
Qui ne demandaient qu'à être tenues le temps d'une nuit…
Lorsque Kise daigna enfin le lâcher, (c'est qu'il avait de la force, le bougre ! Sûrement l'un des effets secondaires de la drogue ingurgitée…) un filet de salive translucide reliait toujours leurs lèvres meurtries par la véhémence de leur joute buccale. Haizaki se sentait à la fois soufflé et à bout de souffle.
Sa première pensée fut qu'il venait de se faire attaquer par une sangsue à taille humaine.
Oh mais que voilà une description qui seyait à merveille au blond !
Du genre à aspirer votre âme, en même temps que votre bouche, votre langue, votre palais, tout y passait ! Même sa pomme d'Adam, Haizaki jurerait l'avoir sentie remonter dans sa gorge vers la fin !
Il s'autorisa à toussoter légèrement une fois que Kise se fut suffisamment éloigné pour le laisser respirer à nouveau. Mais ce baiser… il avait été… comment disent les Américains à ce sujet, déjà… ? Ah oui ! « Stunning »… Aucune place au doute : Kise était peut-être vierge au sud, mais le nord s'avérait loin d'être novice, lui. Il avait allègrement dû s'adonner à l'art du baiser pour atteindre un tel niveau de compétence et s'y entraîner longuement… Régulièrement… Jusqu'à en maîtriser parfaitement l'essence. Non, l'art même.
En tout cas, personne, jamais.
Ne l'avait embrassé comme ça.
Avec autant d'application ET d'implication.
De don de soi, dévotion, allant presque jusqu'à la dédication religieuse.
Waouh… ça laissait rêveur…
De toute évidence… il y en avait un qui savait se montrer reconnaissant !
Haizaki resta immobile quelques instants, encore sonné et tentant de recouvrer ses esprits. Décidément, Kise le déstabilisait beaucoup ce soir… Pas que ce soit foncièrement désagréable, mais les circonstances l'empêchaient d'en profiter pleinement.
Kise, qui justement, s'était déjà sagement installé sur le siège passager avant. Il avait même bouclé sa ceinture sans que personne n'ait rien eu besoin de lui dire, quel sérieux ! Si bien que ce fut lui qui rappela à l'ordre son camarade encore tout chamboulé par leur baiser, sifflant pour attirer son attention. Secouant la tête, Haizaki parut alors reprendre vie, émergeant de son état de stase ou plutôt, de sidération.
« Bon, tu bouges ou on s'encule ? Personnellement, et même si j'ai une nette préférence pour l'une de ces deux options dans l'immédiat, je n'ai rien contre le fait de mettre l'autre à exécution un peu plus tard, quand les circonstances le permettront enfin… » Précisa le top modèle.
Il n'en fallut pas plus pour qu'Haizaki décide de… se bouger justement et saute à son tour dans la voiture, en enjambant la portière. Pourquoi l'ouvrir quand on pouvait directement pénétrer dans l'habitacle de la sorte ? Et puis, c'était tellement plus classe comme entrée en scène ! Ce que sembla approuver Kise, puisqu'il l'accueillit en applaudissant avec entrain. Haizaki enclencha alors le contact et se retourna pour vérifier que rien ne gênait derrière eux afin de reculer. Evidemment, ce ne fut qu'à ce moment-là que Kise réalisa que…
« Quoiiiiiiiii, tu as ton permis de conduire !? » S'extasia t-il, sa bouche ouverte formant un 'o' parfait.
Quand on vous disait que ce soir, il battait tous les records de naïveté…
« J'ai que dix-sept ans, moi, idiot… Je te laisse donc faire le calcul tout seul concernant l'âge minimal qu'il faut avoir pour passer cet examen. Allez, comme je me sens d'humeur généreuse ce soir, je te donne un indice : c'est celui de la majorité et bien que tu sois complètement shooté, je suis sûr que même un demeuré comme toi peut y parvenir. Et si c'est toujours trop difficile malgré cela, sache qu'il suffit juste d'ajouter le chiffre « un » au nombre que je viens de te donner précédemment. »
Appuyant sur la pédale d'embrayage après avoir passé la marche arrière, Haizaki maugréa subitement.
« Putain fais chier… il aurait pas pu opter pour une bagnole avec boîte auto comme tous les connards de son pays, ton enfoiré de gobeur de Twinkies !? »
C'était largement plus chiant à piloter, mine de rien. Mais lorsqu'ils quittèrent le parking en trombe, Kise ne put s'empêcher de se sentir impressionné. Ça alors… Haizaki était tellement badass par moments ! Même s'il n'en avait probablement pas conscience. Ou pas. Le brun savait en effet vraiment tout faire, à un point tel que Kise s'en serait sûrement trouvé jaloux s'il avait été dans son état normal. Mais pour Haizaki, c'était avant tout un style de vie. Il adorait apprendre, copier et reproduire. Ou plutôt, assimiler et s'approprier, un peu à l'image de la Chose (pas celle de la « Famille Addams » hein…) de « The Thing », ce qui s'avérait nettement plus perturbant. Et puis, la mécanique le passionnait depuis tout minot aussi, il n'avait donc - de son propre avis - aucun mérite en la matière.
Le coupé sport filait à présent sur la route déserte, semblant avaler le bitume avec aisance. Pied au plancher, Haizaki menait leur course à vive allure. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'on avait la chance d'avoir un tel bolide entre les mains. Et probablement une bande d'Amerloques vénères au cul. La sensation de vitesse et de liberté était vraiment grisante. Jubilant, Haizaki aurait pu conduire ainsi jusqu'au bout de la nuit sans éprouver la moindre fatigue… et même plus encore…
L'appel irrésistible de l'aventure… Pas besoin de suivre une route précise, juste… de tracer la sienne.
Et Kise semblait partager cette vision également, comme il se leva soudainement de son siège pour se mettre debout et ainsi mieux profiter des sensations procurées par le vent qui jouait dans ses cheveux courts.
« Yahouuuuu ! » S'écria le Kitsune. « C'est troooop biiiiien ! On s'croirait dans 'Thelma et Louise' ! »
Haizaki s'empressa cependant de calmer ses ardeurs et… autres aspirations criminelles en devenir.
« Ouais, bah j'te signale qu'elles meurent toutes les deux à la fin, alors calme ta joie ! » Le rabroua t-il, en tirant sur le Kitsune pour le forcer à se rasseoir docilement.
Une telle attitude… Une telle absence de peur… c'était extrêmement dangereux...
Car…
« Ah booooooon ? T'es sûr ? » S'étonna l'éternel optimiste, une pointe de déception dans la voix.
C'est qu'il remettait en doute sa parole, le féru de vitesse…
« Affirmatif, je l'ai regardé plein de fois ce film, alors je sais de quoi je parle. Après une course-poursuite effrénée avec les tous les flics du pays collés au train, elles comprennent que jamais elles ne pourront leur échapper et elles finissent par se suicider ensemble, main dans la main, en faisant le saut de l'ange dans un ravin au volant de leur caisse… »
Ah.
Petit détail qui a son importance et change considérablement la perception de ce road trip, quand même…
Et désolée pour celles à qui je viens de spoiler sauvagemebt la fin de ce film culte au passage, mais au vu de son grand âge et des besoins de mon scénario, j'estime qu'il y a prescription !
L'intervention d'Haizaki avait jeté un froid.
Polaire.
Comme un ours. Ou comme un morceau de banquise échappée du Titanic. En espérant qu'il ne s'agisse nullement d'un mauvais présage pour la suite de leur escapade nocturne…
Et après que cette précision eut été précisée, un lourd silence s'installa naturellement entre eux et l'asphalte.
Honnêtement, ce fugace moment de répit était le bienvenu, surtout après les récents événements plutôt… agités de la nuit.
Une chose demeurait cependant certaine, surnageant dans cet océan de doutes :
Ils avaient bien fait de fuir la scène de crime…
… mais peut-être pas au volant de la voiture de la victime. Ce n'était d'ailleurs pas prévu au départ. Mais bon, il avait fallu improviser et ça restait quand même le moyen le plus sûr et le plus rapide de déguerpir, fissa. Et puis… de toute manière, Haizaki avait dans l'idée de froisser un peu de tôle… alors la dérober avant de passer à l'acte ne risquait pas de beaucoup aggraver ses affaires.
Surtout si l'on considérait la jolie surprise qu'il avait dénichée in extremis au fond du coffre de ladite voiture… Enfin… « surprise »… consentante, d'après ses propres affirmations… insipide détail qui était tout de suite moins plaisant aux yeux d'Haizaki... Sauf que la capacité de jugement de Kise avait clairement et délibérément été altérée.
Mais encore fallait-il réussir à le prouver.
Concentré sur la route, Haizaki n'osait pas regarder Kise…
Kise qui était si proche…
Et si réceptif, contrairement à d'habitude…
Non… il devait garder le regard rivé sur la route et ne pas laisser sa libido vagabonder.
Pour ne pas craquer et commettre l'irréparable.
Car de « béton » à « bâton », il n'y a qu'un pas…
« Dis… » L'interrompit un Kise étrangement penaud, le faisant se crisper sur le volant. « Si t'as pas envie de parler, est-ce qu'on pourrait mettre la radio au moins… ? Ce manque total de bruit… ça me stresse… »
Ouais, c'était compréhensible. Après tout, Kise sortait à peine d'une rave party de légende, à s'en faire péter les tympans ou à minima, se coltiner des acouphènes pendant au moins six jours de suite… Le changement d'ambiance était donc pour le moins brutal. Et alors que dire de son exercice d'apnée dans un espace exigu, qui tenait presque de la simulation de son futur enterrement… ?
Le jaune était passé de l'effervescence totale au vide absolu, soit d'un extrême à l'autre, en un battement de cil… N'importe qui en serait sorti traumatisé à sa place…
Et pour être parfaitement honnête, Haizaki commençait lui aussi à trouver le silence pesant…
Entre eux, ce n'était pas naturel.
Hmm… Mais il n'y avait pas que cela. En effet, le blond avait formulé sa requête d'une voix si peu assurée qu'Haizaki réalisa où se situait le problème : Kise devait être persuadé que le brun lui en voulait. Ouep, il devait fatalement penser qu'Haizaki était en colère contre lui à cause de la tentative de viol collectif à laquelle il s'était exposé par excès d'imprudence ET de zèle.
Si seulement il l'avait écouté au lieu de foncer tête bais(s)ée dans les ennuis…
Mais ce n'était pas du tout le cas, enfin ! Certes, Haizaki possédait bien quelques côtés monstrueux, cependant, il avait déjà dit le fond de sa pensée à Kise un peu plus tôt et il n'éprouvait nul besoin d'en rajouter.
Hélas, le silence qui s'était installé entre eux avait donc inévitablement fini par engendrer une sensation de malaise presque palpable dans l'habitacle.
« Ouais… vas-y, fais-toi plaisir… »
Ça ne pouvait pas leur faire de mal et puis, ça leur occuperait les oreilles et les pensées à défaut de discuter.
Sans se faire prier, Kise esquissa donc un léger sourire de gratitude, avant de se pencher pour pianoter sur l'écran tactile situé près du tableau de bord. Plaçant une main (pas si…) innocente sur la cuisse d'Haizaki, ce faisant… uniquement pour s'en servir d'appui et mieux pouvoir se tenir, hein, ne voyez pas le mal partout non plus ho ! Suite à ce geste pourtant banal, le brun se tendit instantanément. Sans faire attention, Kise l'avait posée… un peu haut sa mimine pleine de doigts, là non ? Mais le loup fit le choix de ne pas relever. Ou plutôt de faire mine de.
Semblant de rien.
Et il était champion dans cette discipline…
Presque aussitôt, la voix d'un type résonna, détournant son attention. Pas de musique, ok, bon, pas grave, mais un peu déçu quand même... Ça ressemblait plutôt à une émission de radio libre et…
« … De récentes études scientifiques ont démontré que la salive humaine possédait des propriétés antidouleur six fois plus puissantes que la morphine… »
Ah ouais, tiens ?
Intéressant, Haizaki n'aurait jamais parié là-dessus de prime abord mais…
Hmm… ?
Un rapide regard en coin adressé à son passager suffit à le perturber. Pourquoi Kise s'était mis à le fixer tout à coup ?
Il avait un truc collé sur la joue ou quoi ? Un insecte volant suicidaire, peut-être ?
…
… Mais surtout, pour quelle raison sa main remontait à présent le long de son entrejambe, telle une grosse mygale affamée !?
« Tu crois que qu'il s'agit d'une étude fiable ? »
« J'en sais rien… Probablement. S'ils en parlent à la radio, c'est que c'est vrai… »
C'est qu'Haizaki n'avait jamais réellement réfléchi à la question.
Bon, à sa décharge, il faut bien avouer qu'il n'en avait strictement rien à foutre aussi…
Donc forcément, hein…
Mais l'interrogation de Kise était loin d'être anodine, surtout lorsque sa main se referma sur une bosse qui se durcit instantanément comme de la glaise sous sa paume.
Et arracha un gémissement Haizaki au passage.
Il n'avait pas vu venir le renard et s'était laissé avoir comme un lapin de trois semaines…
Ce qui est putain d'ironique, vous en conviendrez, pour un loup…
« Ça tombe très bien alooooooooors… parce qu'il suffit de te regarder pour deviner que tu as justement trèèèèès MAL à la bite… En ce moment même. Regarde-moi ça, tu es tellement tendu… » *Tâte, tâte innocemment…* « … que tu t'exposes carrément à une déchirure musculaire là ! Je préconise donc que l'on vérifie sans plus tarder la véracité de cette théorie, qu'est-ce que tu en penses ? Rien que toi et moi… » Susurra le renard de sa voix la plus sensuelle.
Ok… cette fois, un fusible grilla dans le cerveau d'Haizaki. Vous savez, celui qui agit à la manière d'un garde-fou salvateur et empêche tout le système de partir en surchauffe… Ouep, celui-là même. Si bien que la voiture fit une soudaine embardée sur la route, tant Haizaki fut perturbé par les paroles (pas en l'air…) salaces du blond ! Enfin, il n'y avait pas que les mots employés qui suintaient la luxure : la proposition faite par Kise exhalait la même odeur insidieuse.
Tenace.
Et dangereuse.
Pour eux, pour leur relation bien entendu, mais pour leur vie également.
Parce qu'avec des paroles aussi tentatrices proférées de manière à ce point inconsidérée, Haizaki aurait tôt fait de les planter dans un poteau ou un palmier, il n'était pas spécialement regardant sur l'obstacle qui allait avoir raison d'eux…
Car un accident, une faute d'inattention, sont si vites arrivés.
Et fatals…
… Heu, « fataux » ?
Un chacal, des chacaux… ?
Une fois de plus, Kise semblait animé d'une inconscience crasse. La drogue avait pour effet de le désinhiber complètement et Haizaki n'était pas certain de savoir comment gérer ses excès de franchise mal placée…
« Bordel Ryota, je t'assure que le moment est vraiment très mal choisi pour… »
Pour heuuuuu…
… Terminer sa phrase… ? Haizaki n'y arriva pas en tout cas. Mais il n'était pas entièrement à blâmer pour ce brusque manque d'élocution, car déjà, les doigts habiles du jaune s'affairaient sur sa braguette.
Haizaki eut tout de même le réflexe de couper cette satanée radio du démon, avant d'attraper fermement le poignet de Kise pour l'interrompre dans sa quête SCIENTIFIQUE.
« Tu veux nous tuer ou quoi !? »
Il ne pouvait vraiment pas se permettre de lancer le moindre regard en direction de son turbulent comparse, même menaçant. Tout d'abord, parce que ce serait perdre la route des yeux et celle-ci était mortellement mal éclairée, mais ce serait surtout prendre le risque de céder aux sirènes… de la sirène blonde. Et Haizaki ne s'était pas donné la peine d'échapper à une bande d'amis de la NRA vénères, pour mieux aller se buter connement à cause d'une sombre histoire de fellation in vitro… heu in « carro » ! (Dédicace à mes compatriotes Portugais !)
« Steupléééééé ! Je suis certain de pouvoir encore remonter ma moyenne en biologiiiiiiiie grâce à ce TP improvisé ! »
« C'est pas un… ! » A ce rythme-là, Kise allait le comparer à un devoir de maths, bientôt… « Bon sang ! T'as vraiment besoin que je te balance un bon seau d'eau froi-… »
« SODO, tu as bien dit sodooooooo ? D'accord, ça me va ! » Le coupa l'enthousiaste Kise, fier de sa vanne tel un phallus en érection.
Celui de l'ex-argenté, en l'occurrence.
R.I.P. Haizaki.
Rest In Penis…
Bon, autant vous dire que la main qu'avait capturée celle d'Haizaki dans la sienne, fut serrée avec encore plus de force, pour éviter qu'elle ne vienne libérer le fauve en rut...
Et tant pis si ce n'était absolument pas pratique pour passer les vitesses…
« Gnaaaa lâche-moi tu m'fais maaal ! » Pesta l'excité du bocal. (et du slip.)
« Hors de question ! »
« Mais heuuuuuuuuuuuuuu ! J'vais l'dire à Aominecchi que t'as r'fusé d'me laisser te suuuuucerrr dans une voiture volée ouiiiiiin ! » Se mit littéralement à chialer le crocodile de service.
Pas sûr que ce type de déconvenue soit de nature à émouvoir le basané, cependant…
Pourtant, se faire sucer au volant d'un magnifique coupé sport de luxe figurait en bonne place sur la liste des fantasmes personnels d'Haizaki Shogo…
Et par Kise Ryota, son éternel rival par-dessus le marché, ajoutait un bonus non négligeable.
Sauf qu'Haizaki tenait à la vie. Ok, mourir de la sorte à l'aube de son passage à l'âge adulte serait indéniablement classe. A la James Dean et sa fameuse « Fureur de vivre ». Mais à la fois très con. Un incommensurable gâchis, même. Hélas pour lui, le blond demeurait vraiment intenable ce soir… et il ne comptait guère abandonner ses velléités d'accouplement sauvage sur la banquette arrière. (ou même avant, ne chipotons pas sur le lieu des réjouissances…)
Haizaki se savait donc condamné s'il ne trouvait pas TRES VITE de quoi détourner l'attention de l'incube doré.
Parce que pour ne rien arranger à l'affaire, l'état d'excitation avancée qui accaparait présentement Kise ne garantissait en rien la qualité du traitement dont il comptait faire bénéficier son cobaye. Je m'explique : Kise était tellement HIGH qu'il risquait bien de s'y prendre comme un manche… avec le manche d'Haizaki, justement.
Or, tout le matos de la racaille des bancs de Fukuda était d'ORIGINE et il ne tenait pas tellement à ce que le blondin le transforme en pièces… détachées, à la suite d'un coup de crocs mal placé. Car comme le disait le célèbre proverbe chinois (ou Bouchonois, c'est du pareil au même à ce stade…) : « Il vaut mieux un coup de boule dans les dents, qu'un coup de dent dans les boules. »
Comprenne qui pourra.
Après tout, il y avait de fortes probabilités pour que Kise soit totalement débutant en la matière et un exercice de dextérité buccale aussi périlleux ne devrait être pratiqué que par un professionnel, considérant la gravité de la situation. Oh que oui, surtout au vu de celle-ci, en fait. Or, Haizaki n'était pas du genre à transiger avec sa propre sécurité, ni par extension, avec celle de son excentrique passager.
Parce que mine de rien, c'était un tout autre type de tête-à-queue beaucoup moins agréable qui les guettait au détour d'un virage un peu trop RAIDE (comme lui…), si le pilote d'un soir succombait à la tentation…
« Mais j'ai troooooop enviiiiiiie ! » Continua à piailler le canard blond, la bouche en cul de poule. (Oui, c'est un tout concept.)
Et avant même que son indigne tortionnaire n'ait pu formuler la moindre objection, Kise inversa leurs rôles respectifs pourtant déjà bien établis à ce stade, guidant la main d'Haizaki qui tenait encore la sienne (ça va, vous suivez toujours ?) jusqu'à son propre entrecuisse. (oui, oui, on dit bien « un » et non « une », je sais, moi aussi, ça me choque !)
Douloureusement enflé.
Haizaki sursauta comme si on venait de s'électrocuter !
Bon sang, le moins que l'on puisse dire c'est que le Pikachu d'à côté avait accumulé beaucoup de JUS (ahaha c'est le cas de le dire ahem…) à cet endroit stratégique! A défaut de l'intérieur de ses joues, d'ailleurs, suite au refus d'Haizaki…
Pas de doute : Kise préparait une attaque « Fatal Foudre » imminente !
Ou plutôt… « Fatal FouTre »… (avec le « T » en forme de paratonnerre qui va bien…)
Haizaki devait sans plus tarder le contrer avec Pokémon de type sol !
Malheureusement pour lui, le brun ne disposait pas d'une telle immunité…
Au contraire, l'élément électrique était même TRES EFFICACE contre lui…
Et pour cause…
…
… Ben quoi, vous vous attendiez à ce qu'Haizaki soit de quel type ?
Feu ? Glace ? Roche ? Combat ? (Ça, ça aurait pu par contre… peut-être son type secondaire, du coup. Ou bien Ténèbres.)
Nan, il était de type VOL bien-sûr ! (… Vous avez compris ? Vol = voleur de techniques AHEM… Oui bon, désolée, je sais que c'est un peu léger comme justification mais… vous l'imaginez davantage de type EAU, vous !? VRAIMENT ?)
La seule façon de survivre à cette handicapante faiblesse était donc d'espérer que l'attaque échoue.
Et quel meilleur moyen qu'en retournant l'attaque contre son adversaire ? (En priant secrètement pour que ce dernier ne possède pas la capacité ABSORBE-VOLT !)
« C'est pas mon problème ! T'as qu'à te branler si t'as tant besoin que ça de décharger ! »
Décharger ? Electricité ?
Ouep, ça restait dans le thème.
Satisfait de sa répartie et espérant que cela suffirait à le calmer, Haizaki relâcha son étreinte sur le poignet de Kise, pour le convier et bien… prendre son propre problème en main, dans tous les sens du terme.
Mettre la main à la pâte quoi. Ou plutôt, au panier. Et pas celui de basket, cette fois.
Parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même ! (Non, c'est FAUX.)
Enfin, l'essentiel était que Kise y croit, lui… Et qu'il le laisse donc conduire tranquille.
« Bonne idée, tiens ! »
…
Attends, QUOI !? Non mais, il n'était pas SERIEUX là !?
A aucun moment, Haizaki n'avait pas prévu que Kise le prendrait au mot, pour ne pas dire « homo ». Car une fois que ces paroles fatidiques furent prononcées, le dossier du siège passager bascula vers l'arrière et le renard s'y prélassa le plus confortablement possible, pour mener à bien sa petite entreprise…
Qui ne connaissait pas la crise, d'après ce qu'Haizaki pouvait en observer du coin de l'œil.
…
'Tentation'.
Décidément c'était bel et bien le maître mot de cette nuit de débauche.
Mais Haizaki avait l'obligation morale de résister.
Ce qui impliquait de posséder la sagesse d'être fort et la force d'être sage… Oui, je sais, c'est très profond comme citation… Profond comme Kise aussi, sans l'ombre d'un doute…
Céder n'était pas une option viable.
Sa mission actuelle était en effet cruciale : il devait les ramener à bon port lui et Kise. Et en un seul morceau, de préférence.
Coûte que coûte et vaille que vaille. (Il n'y a que la maille qui m'aille…)
Ne pas regarder, surtout ne pas regarder.
Sous aucun prétexte.
Même si le désir de le faire était difficilement supportable…
Hélas, à nouveau hélas et comme on pouvait s'y attendre de la part de quelqu'un exerçant le métier de mannequin, Kise adorait se donner, non s'offrir même, en spectacle. Sa main plongea donc à l'intérieur de son bermuda, pour y pêcher le trésor de chair qui y somnolait paisiblement. Bon sang ! Rien que de l'imaginer se toucher sans vergogne tout près, Haizaki se mordit la lèvre inférieure.
Kise se trouvait alangui juste à côté de lui, totalement vulnérable et à portée de doigts… il serait si facile pour le loup de tendre le bras et de le tripoter lui aussi… juste un peu. Rien qu'un peu. Et l'aider à se délester ou… délasser, même… ? Haizaki ne savait plus très bien quel était le terme correct.
Ce qui était incorrect en revanche, c'était le comportement de l'excentrique blond.
Maudit Kise, il le faisait exprès… Testant constamment ses limites, pour mieux le rejeter ensuite et il y prenait du plaisir, le salop… Oh oui, comme il devait se sentir supérieur, à se la jouer accessible, alors qu'en réalité, il se situait tout bonnement hors de portée…
La sienne, en tout cas…
Essayant de chasser de son esprit le fait que l'objet de tous ses désirs les plus HARD était en train de se palucher joyeusement à seulement quelques centimètres de lui, YOLOOOOOO, Haizaki reporta toute son attention sur le bitume. A sa droite, il entendait les vagues venir mourir contre les falaises taillées par l'érosion.
Ils étaient seuls au monde, livrés en pâture aux éléments.
L'air s'était considérablement refroidi, d'ailleurs. On avait facilement perdu dix degrés à vue de nez depuis l'après-midi. Le vent frais soufflait comme pour les repousser, jouant dans les rubans de soie capillaire ébènes et dans les champs de blés dorés de son acolyte.
Le silence, à nouveau.
Reposant, propice à la détente et à la concentration.
Une sensation chaude entre ses jambes. Dans bas de son ventre et de ses reins.
Comme le feu d'un âtre réconfortant.
De même que la course de son véhicule, la respiration du conducteur s'accéléra pourtant subrepticement.
… Bientôt parasitée par les plaintes nasillardes de son voisin de siège…
« Hmmmpff ! J'sens riiiiien ! » Se lamenta l'exhibitionniste en herbe, de manière pour soudaine.
« … »
« Pourquoiiii j'arrive pas à prendre mon pied !? Ça marche plus ? C'est cassééééé ? » Insista Kise, en augmentant la cadence de ses mouvements secs du poignet.
A croire qu'il faisait un massage cardiaque à sa bite.
« … A tout hasard, peut-être parce que c'est pas ta queue que tu tripotes depuis tout à l'heure, mais la mienne… ? Enfin, j'dis ça, j'dis rien hein… Ça n'a probablement AUCUN rapport ! »
Pris sur le fait, les joues de Pikachu, enfin Kise, reprirent aussitôt leur belle teinte rouge Ash Ketchup… heu… 'Ketchum', caractéristique !
« Hahaha oups ! Quelle maladresse… »
Cette fois Haizaki tourna la tête vers lui, ralentissant légèrement. De toute façon, ils se trouvaient à présent sur une longue ligne droite qui s'étendait à perte de vue.
« Je croyais que c'était le levier de vitesse… » Murmura Kise, décidément jamais à court d'excuses.
Mais alors que l'angelot infernal délaissait ENFIN le sexe à présent bien stimulé de sa Némésis, Haizaki n'eut pas le temps de se sentir soulagé que brusquement, son siège partit vers l'arrière à son tour.
Courtesy of Kise Ryota.
« Putain, Ryo- ! »
Et le putain de Ryota en question, de venir s'asseoir à califourchon sur ses genoux, de face, lui bloquant ainsi la vue sur le pare-brise et… par extension, sur la route. Comme si de rien n'était, il passa ensuite les bras autour de la nuque d'Haizaki pour mieux s'y amarrer, à défaut d'être retenu par une quelconque ceinture de sécurité dont il venait, de toute façon, de se débarrasser.
Bordel, mais c'était hyper dangereux comme position !
« Je n'apprécie pas tellement ce que tu es en train de faire là… » Le prévint le mannequin, sourcils froncés.
« … Tu veux dire, essayer de nous garder en vie… ? »
« Non ! Je veux dire m'ignorer de la sorte ! Et préférer regarder autre chose en lieu et place de ma sublime personne ! »
Aka : la route, quoi. Non mais comment OSAIT-IL !?
« Wow… et moi, j'ignorai que la prise d'ecsta induisait des envies de suicide… »
Parce qu'il ne fallait pas se leurrer, tout bien réfléchi, c'était probablement ça que Ryan l'avait forcé à ingurgiter.
Haizaki n'avait que peu de doute quant à son intuition.
Mieux connue sous le nom plus qu'éloquent de « drogue de l'amour », l'ecstasy était principalement réputée pour rendre ses consommateurs tactiles et affectueux, en exacerbant leur appétit sexuel, mais surtout leur sens du toucher.
Dire que Ryan pensait que Kise avait besoin de ça… alors même que Kise n'était rien d'autre qu'un Golden Retriever ayant pris forme humaine…
Quel abruti…
D'ailleurs, Haizaki pouvait le sentir joyeusement remuer la queue contre son bassin, comme le bon toutou qu'il était. Et apparemment, il s'agissait de son point « G », comme « gémissement », puisque le renard en poussa toute une litanie.
A laquelle Haizaki se révéla (sans surprise) loin d'être indifférent… ne demandant même qu'à le rejoindre dans un concerto à deux de vocalises extatiques.
« Aaaah mais merde, descends de là ! C'est pas un perchoir ! »
« Make me… » Le mit au défi le blondin à la voix devenue rauque de désir. (et avec l'accent Japonais qui va bien.)
…
C'en était trop pour le pauvre (ou pas, tout dépend du point de vue adopté…) Haizaki. Chaque cellule de son cerveau et de son corps arrivait à saturation, lui HURLANT de neutraliser son assaillant au plus vite. En effet, l'attitude provocatrice de Kise menaçait de lui sortir, oui, mais pas par les yeux…
Et ce n'était pas non plus des larmes qui risquaient d'en jaillir, même s'il s'agissait bien d'une substance liquide et salée également…
« Bon mon chou, normalement, c'est à ce moment-là de l'histoire que tu es censé me faire le coup de la panne… Hihi il faut vraiment tout te dire à toi ! » Ricana le coupable, tandis qu'il repoussait quelques mèches brunes s'étant malencontreusement échappées de la queue de cheval de son canasson favori.
Et je ne parle bien entendu pas de celle qui se dressait orgueilleusement entre leurs deux ventres…
Mais pour achever de le convaincre, Kise tendit subitement le pied vers l'arrière et écrasa de toutes ses forces la pédale de frein.
Il ne lui donnait pas le choix…
Alors, n'y tenant plus, Haizaki profita de ce ralentissement imposé pour se déporter sur le côté de la chaussée et faire emprunter à leur bolide un discret chemin de terre mal entretenu. Le gravier sablonneux grésilla sous les énormes roues du véhicule, tandis que le délinquant de Fukuda accomplissait l'exploit non négligeable de garer son vaillant destrier tout en douceur. Pile au sommet d'une falaise qui surplombait (à pic) l'océan et offrait une vue imprenable sur les vagues étrangement déchaînées ce soir.
Psychologiquement éprouvé, ses ultimes réticences mises à mal par la tornade blonde qui avait élu domicile sur ses genoux, Haizaki s'autorisa enfin à fermer les yeux. Maintenant qu'ils se trouvaient à l'arrêt, sa main commença seulement à s'aventurer dans le dos de Kise afin de le rapprocher, profitant paisiblement du baiser humide octroyé par l'autre garçon en guise de trophée.
Décidemment, Kise l'ingrat notoire savait comment dire merci… lorsqu'il le désirait.
C'est-à-dire pas très souvent en général (surtout avec Haizaki, bizarrement…) et toujours aux alentours de la Saint-Glinglin.
Mais même s'ils ne risquaient plus de décéder bêtement dans un accident de la route maintenant que leur véhicule avait enfin été immobilisé, ce n'était pas une raison recevable pour simplement se laisser aller. En effet, Kise subissait toujours les effets pervers de la drogue et son consentement était donc toujours aussi douteux. Dans la zone grise. Ce avec quoi Haizaki ne sentait pas très à l'aise, contre toute attente…
Pourtant, Dieu (et son futon) sait que ce moment, il en avait rêvé pendant toute la durée de leur court séjour.
Littéralement…
Plusieurs cartes du Japon et parfois même de l'Australie, quand il se sentait moins inspiré, avaient été dessinées dans ses draps.
Mais ça n'avait pas la même saveur ce soir…
Il manquait quelque chose.
Peut-être qu'un Kise trop coopératif était de facto moins attirant… ?
Pourtant, on ne pouvait pas reprocher au blond de ne pas se démener comme un beau Diable sur les cuisses de son futur amant potentiel, se déhanchant, se frottant, se tortillant comme s'il avait des vers au cul ou comme s'il en était un lui-même, allez savoir, incapable de tenir en place plus de deux secondes d'affilée. Les lèvres toujours soudées à leurs jumelles et le bassin tout aussi invariablement collé à celui d'Haizaki, comme si le message n'était pas encore assez limpide.
Il en voulait.
Et il ne fallait surtout pas lui en promettre, mais lui en donner.
Jusqu'à plus soif.
Parce qu'il comptait bien tout avaler docilement jusqu'à la dernière goutte.
C'était comme si… Il avait marché durant des semaines entières en plein cagnard sans pouvoir boire la moindre lichée d'eau. Pas étonnant donc qu'Haizaki lui fasse l'effet d'une oasis dans le désert… Kise avait envie de le lécher partout… comme un gros glaçon appétissant. De le goûter, de le dévorer tout entier… En tout cas, à défaut d'avoir des vertus antidouleur, la salive de l'as de Kaijo possédait de puissantes propriétés anesthésiantes, car Haizaki sentait son corps s'engourdir peu à peu, en même temps que sa volonté. Le malchanceux (Parce que oui, il était à plaindre ! Farpaitement !) garçon aux cheveux noirs de jais tendit l'index jusqu'au tableau de bord, devant lequel le corps de Kise faisait toujours obstacle.
Mais Haizaki parvint tout de même à enclencher la musique, la radio ayant décidé de leur offrir une balade à la fois tendre et mélodieuse, sur fond de guitare sèche. Ça ressemblait à du Elvis Priestley. Et ç'en était peut-être. Sûrement même, à bien y réfléchir. Quoiqu'il en soit, cette soudaine atmosphère intimiste semblait plus que propice aux rapprochements corporels. Au-dessus de leur tête, la voûte céleste brillait de mille feux, comme autant d'étoiles veillant sur eux.
Et dans un élan de romantisme, Haizaki se sentit obligé de prendre la parole :
« On voit vraiment bien les étoiles ici… pas comme à Tokyo… La proximité de la mer fait qu'il y a moins de pollution… Bon, la circulation de voitures est moins importante aussi… » Enonça t-il difficilement, entre deux baisers mouillés.
Mais Kise ne lui lâchait les lèvres que pour le laisser reprendre sa respiration, pas pour parler.
Alors une telle initiative ne manqua pas de le vexer.
Et pour cause : il se moquait bien de ce que son loulou pouvait avoir à dire. Oh pas la peine de vous en offusquer, Kise s'était déjà montré extrêmement clair sur ce point au bar. Et même avant. Rien de nouveau donc sous le soleil, ou plutôt l'astre lunaire.
Sauf qu'apparemment, Haizaki ne l'avait pas encore compris ou à tout le moins, pas encore totalement intégré. Kise lui attrapa alors le menton, qu'il serra entre ses doigts fins pour obliger son partner in crime à le regarder dans les yeux et il prit la parole à son tour.
« Que ce soit clair : je m'en bats les reins des étoiles, de la lune, des chansons d'amour et des petits cœurs en guimauve. Je veux pouvoir m'empaler sur ton chibre dans un délai de cinq minutes et je ne m'arrêterai pas tant que tu n'auras pas fusionné avec ton foutu siège, tellement je compte t'enfoncer dedans ! »
…
C'était bien la première fois qu'un de ses partenaires (potentiellement) sexuels lui disait de la fermer avec un tel aplomb…
Et formulait une telle menace !
Mais remarque, c'était bien la première fois aussi que l'ex-natté cédait à l'ambiance romanesque d'une belle soirée d'été…
A sa décharge, avec Kise, la situation avait ce je, tu, il, nous, vous, ils… ne sais quoi de différent…
Ce n'était pourtant pas une raison suffisante pour se faire allègrement manquer de respect…
Enfin, maintenant que le moteur de la Maserati avait cessé de ronronner, Haizaki ne risquait plus rien à en descendre. Ses mains se postèrent donc fermement de chaque côté des hanches de son blond et il chuchota :
« Je crois avoir vu un extincteur dans le coffre, tu permets que j'aille le chercher pour éteindre le feu que tu as au cul ? Je ne voudrai surtout pas me brûler quand il deviendra hors de contrôle… »
« Tu ne préfères pas plutôt utiliser ta lance à incendie pour ça… ? » Rebondit immédiatement Kise.
Ouch…
Sacrément coriace le bougre. Il cachait bien son jeu sous sa blondeur angélique…
Haizaki ne s'attendait pas une telle réponse. Pas d'un niveau aussi remarquable, en tout cas.
Il était donc temps de changer de stratégie…
« J'croyais que ma simple vue t'insupportait ? Te dégoûtait ? C'est bien c'que tu m'as affirmé avec aplomb tout à l'heure pourtant, non ? Que tu préférerais encore te taper un chien errant rongé par la gale, plutôt que d'avoir à coucher avec moi ? » Attaqua Haizaki.
Touché !
Kise n'avait pas l'apanage de la rancune tenace.
Haizaki était très bien placé lui aussi, en la matière.
Et maintenant que le top model le chauffait comme une baraque à frites, l'occasion de riposter était parfaite !
Or, plus Kise clamait avoir envie de lui et plus ses assauts débridés avaient l'effet inverse, refroidissant inévitablement Haizaki.
« Alors qu'est-ce qui a changé tout à coup pour que ton discours se transforme aussi radicalement ? »
Hélas pour celui qui deviendrait joueur de poker professionnel quelques années plus tard, cet adversaire-là était de taille. Et pas du genre à lâcher le morceau. A plus forte raison lorsque le morceau en question arborait une belle forme phallique. Aussi, ne réussit-il pas à anticiper la contre-attaque du Pikachu ennemi. Il pensait l'avoir calmé, l'avoir séché sur place même, mais Haizaki n'aurait pas pu faire davantage fausse route, même en roulant à droite tel un Anglais paumé dans un pays étranger…
« Et bien, aussi bizarre et contre-nature que cela puisse paraître, sache que… tu me plaisais au collège… J'crois même que… ouais… j'avais définitivement un gros faible pour toi à cette époque-là ! »
!
QUOOOOOIIIII ?
*Bruit de verre qui se brise.*
Haizaki se figea, estomaqué.
Il avait bien entendu, là ? Ou était-ce le fruit de son imagination (aussi débordante que ses glandes séminales en cet instant.)
Première nouvelle !
Quel choc !
BRACE FOR IMPACT !
… Ah oui mais non, trop tard déjà en fait.
En tout cas, une chose était sûre : Haizaki n'était pas prêt à entendre cette révélation. Parce qu'il ne s'en doutait absolument pas.
…
Mais dites donc, Kise ne serait-il pas un tout petit peu en train de se foutre de sa gueule là, par hasard ?
Car d'après les souvenirs d'Haizaki… ce n'était pas la même histoire…
DU TOUT.
Sa version à lui différait totalement.
« Et Daiki alors ? Tu le pourchassais partout, sans arrêt, comme un bébé chiot en manque d'affection ! Et le genre de chiot qui finit par se soulager avec insistance sur ta jambe une fois adulte, hein. »
Pour toute réponse, Kise commença par hausser des épaules. Genre, il ne voyait pas du tout le problème légitimement soulevé par son compagnon.
« La vérité, c'est que j'ai toujours eu un cœur d'artichaut ! Et de la place pour deux, à l'intérieur. D'ailleurs, si tu veux tout savoir, depuis que nous sommes entrés au lycée, c'est Kurokocchi qui t'a remplacé ! »
Ah.
Ben super, dis-moi.
Youpi.
Trop bien.
Très flatteur, même…
« Pour quelqu'un de soi-disant si attaché à moi, t'es VITE passé à autre chose, on dirait ! » Le railla t-il.
Et Haizaki ne pouvait le nier : c'était vexant.
« A autre 'chose' ? » Répéta Kise. « Naaan, juste à QUELQU'UN d'autre ! » Le taquina t-il sciemment
Et constatant que la jalousie d'Haizaki ne faisait que croître (à défaut d'autre chose de bien plus appétissant…), il entreprit de la main gauche du brun sur ses fesses. User de son physique avantageux avait toujours été la solution de facilité pour lui. Celle qui l'avait souvent fait échapper à des punitions depuis sa plus tendre enfance.
Clever move…
Oui, Haizaki aurait sûrement eu beaucoup à apprendre du pouvoir de manipulation de Kise.
Mais là… c'était sa possessivité qui prenait le dessus. De même que sur sa libido, figurez-vous.
Qu'avait-il fait pour dégringoler à ce point dans le classement intime de Kise ? Allant même jusqu'à se faire dépasser par un nabot invisible ? On imaginait difficilement rival plus insultant que Kuroko en amour !
Quoique… tous comptes faits, ça aurait effectivement pu être pire : Akashi…
Petit ET hargneux !
Le combo imparable !
Car si Kise incarnait un Golden Retriever fidèle débordant d'affection, Akashi serait plutôt du genre roquet agressif.
Comment ça, Haizaki ne pouvait pas enquiller Akashi (dans tous les sens du terme) ? Mais pas du touuuuuuut ! Qu'allez-vous encore chercher ? Mais la priorité du moment n'était pas de discuter, ni même de repenser à celui qui, fut un temps pas encore si lointain, avait convoité le même garçon que lui. Kise ne le permettrait pas et puis, ça risquait de ruiner l'ambiance. D'ailleurs, en parlant de la ruiner… Haizaki possédait un talent inné pour le faire, seul…
« Alors comme ça… t'es un 'cœur d'artichaut' hein ? C'est le nouveau mot valise à la mode pour dire 'P*TE' ? Ou devrai-je plutôt dire, l'euphémisme du moment ? » Attaqua t-il presque nonchalamment.
Oh purée, si avec ça il ne se faisait pas envoyer sur les roses, ou plutôt droit sur les ronces de celles-ci, ce serait un miracle. Et on n'était pas à Noël. Enfin si, à la période à laquelle j'écris actuellement, c'est bien le cas, j'espère d'ailleurs que j'arriverai UN JOUR, dans un futur PROCHE, à vous sortir un épisode de Noël au moment adéquat de l'année. Gardons force et conviction. Mais en attendant et en parlant de « force », c'était plus fort que lui : Haizaki ne pouvait pas s'empêcher d'ouvrir sa grande gueule.
Ça lui avait déjà maintes fois causé préjudice par le passé et ce n'était pas près de s'améliorer dans le futur… Bien-sûr, il avait pourtant envie de sauter le blond comme ce dernier le lui réclamait à corps et à cri depuis environ une demi-heure à présent. Sauf que d'un autre côté, ça ne l'intéressait pas de cette manière-là. C'était presque… trop facile.
Et une part de lui, celle qui demeurait ouvertement rancunière, n'avait pas pu résister à l'envie de lui mettre un petit taquet, à défaut d'un coup de queue… Histoire de bien commencer quoi… Quels agréables préliminaires, il n'y avait pas à tortiller du popotin pour chier droit : Haizaki savait s'y prendre avec ses (futures) conquêtes ! Le verbe haut et l'esprit d'un poète, toujours prêt à se confondre en envolées lyriques du meilleur goût…
Et à première vue, sa stratégie sembla fonctionner, puisque le blond se redressa pour le fixer d'un air… mi-accusateur, mimolette, mi-figue, mi-raisin et… nan je déconne, mi-choqué. (Michoko ?)
Taquiner Kise, voire l'humilier dès qu'il en avait l'occasion, était un sport national pour Haizaki Shogo, qui s'érigeait en champion de la discipline. Bon, sûrement parce qu'il était le seul à la pratiquer aussi. Ça aidait forcément.
Toujours était-il que Kise avait cessé sa petite danse sur ses genoux pour le coup. Quel dommage… nan, vraiment, c'était ballot ! Hahaha… Mais ne dit-on pas très justement qu'il n'y a « que la vérité qui blesse » ? Or il était aussi indéniable qu'évident que Kise s'avérait être la catin des Miracles. D'où sa titularisation et son éjection à lui de leur équipe. Ahhhh il avait dû en voir (et en sentir également…) passer dans les vestiaires le pseudo ange d'or à qui l'on donnerait pourtant le Bon Dieu sans confession ! Ouais, Haizaki en était persuadé maintenant. Et oui, il venait également de se monter le bourrichon tout seul en deux-deux, sur fond de suppositions graveleuses et fantaisistes.
« … Je suis disposé à laisser passer, pour cette fois. Mais traite-moi à nouveau de catin et soit je te crame le pénis avec l'allume-cigare ou alors je te l'enfonce dans le seul endroit de ton corps qui ne voit jamais la lumière, au choix… » Murmura dangereusement Kise.
Et pour prouver l'étendue de son sérieux, il se saisit justement du petit ustensile rougeoyant.
Haizaki ne put réprimer le frisson qui remonta dans son échine.
Mais il ne s'agissait pas de peur, bien contraire.
Seulement d'excitation.
« Chiche. Ça pourrait peut-être même me plaire, qui sait ? » Le défia le brun de manière aussi inattendue qu'inconsciente.
Kise releva un sourcil, perplexe, mais avant même que le blond n'ait pu protester, Haizaki referma brusquement sa main sur celle de Kise, qui tenait toujours l'allume-cigare entre ses doigts.
« Shogo ! » S'écria Kise, paniqué, lorsque la partie brûlante vint se presser contre la paume d'Haizaki.
Or, contre toute attente, ce dernier ne cilla même pas d'un iota.
Il garda simplement son regard plongé dans le sien, sans se détourner.
Et plus étonnant encore, sans le moindre signe de douleur apparent.
« C-c'est quoi l'truc ? Il ne fonctionne pas, c'est ça ? Ou alors il s'agit d'un faux ! »
Pourtant, Kise aurait pu jurer sur la tête de sa grand-mère l'ex-Miss Suède, qu'il pouvait sentir de la chaleur s'échapper du bitoniau. Mais même s'il s'agissait d'un tour de la part de la racaille de service, Kise ne pouvait s'empêcher d'admirer la scène, fasciné.
« Mais non ducon, c'est un vrai. Tu ne vois pas la fumée qui en sort ? »
Et pile à l'instant où Haizaki avait lâché l'objet pour lui montrer la belle brûlure en forme d'anneau incrustée dans sa paume, Kise s'en saisit un peu trop brusquement.
« Han moi aussi, j'veux essayer ! »
Parce que ce n'était pas juste qu'Haizaki soit ENCORE le seul à s'amuser !
« Hein, quoi !? Mais puisque j'te dis que c'est pas-… ! »
Trop tard, l'index de Kise se glissa dans l'entrée des Enfers. Aka l'ouverture de l'allume-cigare et il couina aussitôt de douleur. Haizaki parvint heureusement à lui arracher des mains pour que son geste inconsidéré n'ait duré pas plus de deux ou trois secondes. Mais tout de même. Le mal était fait.
Quel sombre crétin !
« Abruti ! Je t'avais pourtant dit que ce n'était pas un jeu ! » Cria t-il avant de se calmer aussi sec. « Putain, c'est pas possible… pourquoi tu ne m'écoutes jamais… ? »
Et quand tu sais que la drogue décuple les sensations, Kise devait vraiment douiller sa race… Il en avait des larmes au coin des yeux, tremblant comme un petit animal terrorisé qui avait trop joué… avec le feu, justement.
Haizaki soupira avant de prendre délicatement la main de Kise et de souffler dessus pour calmer le feu.
Mais comme cela ne suffisait pas à apaiser la douleur, le brun opta pour une méthode plus radicale de son cru. En effet, tout d'abord, sa langue s'enroula autour de l'index endolori tel un boa constrictor, avant de le gober et de le sucer généreusement.
Presque… sensuellement.
A tel point que cette fois, ce fut au tour de Kise de se figer. Sa respiration se bloqua dans ses poumons.
Et comme par magie, après ce baiser magique, la douleur sembla s'évaporer.
Peut-être que… cette étude à propos de la salive humaine était véridique, en fin de compte… ?
« Ça va mieux ? » S'enquit son infirmier personnel d'une voix douce.
Kise hocha de la tête avec véhémence.
« Alors ne recommence plus, d'accord ? »
« Promis ! Mais toi… explique-moi plutôt comment tu as fait pour ne pas avoir mal ? »
« C'est un secret. » Fit-il en lui adressa un clin d'œil, suivi d'un sourire énigmatique.
Hmm.
Cette insolite absence de douleur n'inspirait pas confiance à Kise, mais il pouvait s'agir d'une hallucination engendrée par sa prise d'ecstasy. Dans tous les cas, Haizaki avait au moins réussi son coup, en faisant retomber la tension grâce à son petit tour de passe-passe. D'autant que le loup n'en resta pas là et en un geste typiquement canin, il vint lécher les larmes qui coulaient à présent sur la joue de Kise.
« Arrêteuuuuh ça chatouiiiiiilleeee ! »
« Je croyais que c'était justement c'que tu cherchais, non… ? »
Haizaki était même prêt à pousser le vice jusqu'à aller le « chatouiller » plus bas, d'ailleurs…
Quelle louable abnégation, que Kise eut cependant tôt fait de rembarrer.
« Oui, mais là j'ai plus envie, na ! »
« Ah ouais et de quoi t'as envie maintenant alors ? » Fit mine de s'intéresser le Grand Méchant Loup en pressant son bassin un peu plus contre celui de Kise, histoire de lui faire comprendre qu'il ne comptait pas rester sur la béquille encore longtemps…
« De me dégourdir les jaaaaaaambes ! »
Ouais, ça lui prenait un peu comme une envie de poser un bronze.
Mais ouais.
C'était normal, en fait.
Plus même, que de soudainement vouloir faire du tape-cul sur le chibrax de son pire ennemi.
Après tout, les guiboles du Kitsune étaient restées pliées comme du carton pendant un petit moment dans ce satané coffre étouffant. Sans surprise, il souhaitait donc les remettre d'aplomb, mais il aurait quand même pu s'y prendre un peu plus tôt… Disons, de préférence, avant de se mettre à ALLUMER le brun quoi…
Et déjà que Kise était réputé pour ses changements d'humeur légendaires qui passaient du COCA LIGHT (lol) ou plutôt, « du coq à l'âne » comme on le dirait en bon Français, avec une telle substance dans le sang à faire pâlir Keith Richards, c'était vraiment le bouquet là ! La drogue avait tendance à empirer la bipolarité de Kise et Haizaki soupira donc une fois de plus.
Mais si Kise tenait tant que cela à mettre ses muscles atrophiés en action, le délinquant connaissait la solution idéale…
Collant sa paume blessée contre celle de Kise pour mesurer la taille de leurs doigts, Haizaki reprit la parole :
« En fait… c'était pas pour te sauver que j'ai ouvert ce putain de coffre, à la base. Enfin, j'veux dire, j'savais même pas qu'tu t'trouvais d'dans… Même si tu étais indéniablement un appréciable bonus… »
« Ah ? Ce n'est pas Ryan qui t'a dit qu'il m'avait enfermé à l'intérieur alors ? Mais pourtant, tu avais ses clés de voiture, c'est que tu as bien dû le croiser, non ? »
« Entre nous, j'ai pas fait que l'croiser. J'lui ai mis la tête dans sa propre merde, littéralement. On peut même dire que je t'ai vengé, en quelque sorte. Mais ce n'était clairement pas suffisant… Pas pour moi, en tout cas. Il fallait que ce connard paie. Encore plus. »
Il serra le poing, tandis que son autre main se trouvait toujours contre celle de Kise, semblant se nourrir de sa douce chaleur corporelle. Quelle ironie. Les deux mains faisaient la même taille, s'épousant parfaitement…
« Tu comprends… ? »
Nouveau hochement de tête de la part de Kise. Ce qui le poussa à continuer son récit.
« J'lui ai piqué ses clés et comme il s'était vanté de constamment garder des battes de baseball dans son coffre, j'me suis dit, tant qu'à faire, que j'allais la fracasser sa putain de caisse ! »
Ah oui.
Quand même.
Une réaction somme toute légèrement… disproportionnée.
« Shogo, tu n'es pas sérieusement en train de me dire que tu… avais et as encore probablement l'intention de vandaliser cette superbe voiture innocente et hors de prix… ? » Récapitula t-il, à demi outré.
Vous avez bien entendu : c'était donc Kise qui menaçait de lui faire une leçon de morale, à présent.
Oui, oui dans son état de folie débridée, tout à fait…
Sympathique inversion des rôles.
« Mais heu… rassure-toi hein, je comptais quand même rev'nir te chercher après avoir réglé son compte à ce tas de tôle ! »
« Waouuuh ça, c'est du romantisme ! Prendre tous ces risques pour finalement laisser exploser ta rage, dans un déluge de violence gratuite uniquement pour venger mon honneur de princesse bafouée ! »
« Heu non, tu ne m'as pas écouté, je viens de te dire que… »
Il s'interrompit lui-même.
« … Toi, tu n'étais qu'un dommage collatéral et que je n'en avais rien à battre, réellement. Et qu'en fait d'honneur, c'était plutôt le mien que j'étais venu laver... »
Il s'agissait peu ou prou de ce que pensa Haizaki.
Mais d'une part, il se garda bien d'en informer Kise for obivous reasons et d'autre part, surtout, Kise ne lui en laissa de toute manière pas le loisir, puisque revoici notre serial bisouteur à l'œuvre ! Yeux ronds comme des paires de nibards, ceux étalés dans les magazines d'Aomine au hasard, Haizaki se laissa submerger par le nouvel excès de… « reconnaissance » de son ancien camarade de basket. Qui ne lui accorda pas plus le temps de se ressaisir d'ailleurs, comme déjà, il scandait :
« DEGLINGUONS-LA ENSEMBLE ! » Lança le renard, des cœurs plein les yeux !
De qui, de quoi ?
L-la voiture ?
Mais… !
Encore une belle tournure inattendue que personne n'avait vue venir...
Sauf que Kise l'avait déjà prévenu en amont de son envie de se dégourdir les muscles. Haizaki avait uniquement envisagé le pendant sexuel de cette activité, mais apparemment, cette envie était passée à Kise aussi vite qu'elle l'avait pris !
Ouep, il fallait suivre. Parce que ça allait TRES vite…
« Bah quoiiiiii ? Moi aussi, je veux pouvoir casser des trucs ! Y a pas d'raison que tu te réserves les meilleurs moments ! C'est toujours toi qui t'amuses le plus, c'est pas juste ! »
Et comme cela semblait être la règle depuis le début de cette soirée chaotique, Kise attrapa le poignet d'Haizaki pour le tirer hors du véhicule. Sans lui donner le choix. Ou même le temps de comprendre ce qui était en train de se produire devant lui. Et non content de faire la pluie et le beau temps, Kise semblait aussi excité qu'un méchant de cartoon… Ce qui laissait présager du pire.
« Mais… ta brûlure !? »
« Partie ! »
« Et ton envie de baiser… ? »
« Envolée elle aussi ! »
Oh Seigneur… Mais qu'avait-il fait ? Haizaki avait engendré un MONSTRE de désinhibition ! Quoique non, c'était exclusivement la faute de cet empafé de Ryan ! Droguer Kise, non mais, il fallait être taréééé pour oser ! Déjà qu'au le blond naturel possédait l'énergie de trois lapins Duracell, alors une fois shooté… c'était… L'APOCALYPSE.
ARMAGGEDON.
LE JUGEMENT DERNIER.
THE END !
« Ahhh trouvé ! » Se réjouit Kise, en mettant effectivement la main sur l'une de ces fameuses battes en acier.
« Oi ! A-attends au moins que j'ai coupé le contact ! La bagnole risque de nous péter à la gueule sinon ! »
« Mais c'est nuuuuuuuleuh j'voulais faire ça en musique mwaaa ! » Rouspéta l'impatient zoku en devenir.
Et voici qu'il se retrouvait encore à devoir courir après Kise, telle une mère-poule dépassée par le comportement de son poussin hyperactif. Haizaki décida donc de s'extraire de son siège conducteur après avoir coupé le contact, comme indiqué préalablement. Et tant pis s'il bandait toujours comme un mulet. Il contourna donc la voiture pour rejoindre Kise, qui se trouvait à nouveau plongé dans le coffre, la tête la première. Offrant une vue imprenable sur son train arrière en forme de cœur. Ou de pêche. Peu importe au final, mais Haizaki trouvait ce panorama extrêmement attirant. Il serait si facile de venir se placer derrière Kise et de lui mettre un petit coup de pare-chocs… Mais le brun s'en abstint à regret. Ils avaient mieux à faire. En tout cas, dans l'immédiat.
N'empêche… il ne comprenait toujours pas comment Kise avait fait pour tenir dans ce foutu trou pas plus grand qu'un coffre à jouets et il ne se gêna donc pas pour faire était de cette observation au blond.
« C'est grâce à des années de pratique du classique ! » Lança t-il, comme si cela coulait de source.
Le blond retroussa bien les manches de sa chemise ouverte et il prit en main l'une des armes, s'entraînant à parfaire son swing dans les airs, sous les yeux toujours aussi ébahis de son spectateur.
Et comme il fallait s'y attendre de sa part, Kise était étonnamment à l'aise, même avec une battre entre les doigts. Quand bien même il n'en avait probablement jamais tenu une auparavant.
« De la danse. » Précisa l'imprévisible tornade dorée, parce que ça n'avait pas l'air franchement clair pour son interlocuteur. « J'en ai pas mal fait dans mon enfance, ben, jusqu'au milieu du collège à peu près pour tout te dire. Mais j'ai laissé tomber pour me consacrer au basket. C'est dommage, parce que j'adorai ça et j'étais très doué, en plus ! Bon, après, il s'avère que j'étais également l'un des seuls garçons du cours, alors ça a peut-être joué en ma faveur… »
Wow ça alors, Kise était décidément plein de surprises ! Haizaki n'aurait jamais deviné que le blond fut adepte d'un tel hobby… pas franchement assimilé à la virilité dans l'imaginaire collectif… Et par conséquent, se le représenter dans un petit justaucorps rose moulant avait tendance à autant émoustiller le brun, que lui donner envie de se moquer, mais les danseurs de ballet étaient surtout réputés pour leur grande sportivité. Parce que mine de rien, il en fallait de la force pour soulever sa partenaire lors des portés ! Même lorsque celle-ci toisait à peine les cinquante kilos toute mouillée. Sur la pointe des pieds, les bras tendus, il fallait le faire quand même et ça, Haizaki le reconnaissait bien volontiers.
Mais surtout, cette petite confidence sans importance sur le papier, le fit se tendre un peu plus dans son jean parce qu'il venait d'apprendre une nouvelle information très inspirante, l'air de rien.
Car ainsi qu'il l'avait déduit un peu plus tôt, Kise possédait bien la souplesse d'une contorsionniste chinoise.
Il y avait donc là un sujet à creuser…
Constatant d'ailleurs qu'il était parvenu à captiver son auditoire et que celui-ci se trouvait en demande de détails, Kise enchaîna donc sur d'autres anecdotes :
« Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai... J'ai aussi et surtout arrêté en même temps que ma grande sœur… Parce que c'était avec elle que j'en faisais et encore elle qui m'avait incité à m'y mettre. Ça nous permettait de passer du temps ensemble, tu vois. Continuer sans elle n'aurait pas vraiment eu de sens, en somme… »
« Hmm… Ta sœur ? » Il ferma les yeux pour réfléchir et mieux se remémorer. « Si ma mémoire ne me joue pas des tours… tu en as deux, non ? Alors de laquelle s'agissait-il ? La blonde, celle qui est mannequin… Ryoko, ou… ? »
… L'autre, dont il réalisa qu'il ne connaissait pas le nom. Ni grand-chose d'autre. A part qu'elle était brune à lunettes rondes, avec des nattes genre Mercredi Addams et plutôt du genre petit génie… Tout le contraire du reste de sa fratrie, quoi.
« Awww je n'arrive pas à croire que tu aies sérieusement retenu le prénom de ma 'storasyster' adorée ! »
« Ben... On l'avait quand même aidée tous les deux au collège, tu te souviens ? Quand ce connard de photographe véreux lui avait cherché des noises, en lui faisant cet immonde chantage aux photos intimes volées… »
Or, quand Haizaki disait « intimes », c'était plutôt NUES… et tu parles que Kise s'en rappelait ! Cette sombre période avait été un cauchemar pour Kise comme pour sa sœur ! Au départ, il avait bien pensé requérir l'aide d'Aomine mais… c'était déjà au moment où l'ancien as des Miracle commençait à déprimer sévère… Alors Kise n'avait pour ainsi dire pas eu d'autre choix que de se tourner vers Haizaki… Enfin non, ce n'était pas l'exacte vérité mais… Disons que les circonstances avaient fait que… l'ex-argenté lui avait filé un coup de main bienvenu. Même si déjà, à cette époque-là, leurs rapports n'étaient plus franchement au beau fixe…
« Putain quel gros dégueulasse. Ça m'avait fait un bien fou de lui coller mon poing dans sa sale tronche porcine d'ado attardé ! » Confessa sans surprise Haizaki. Mais soudain une question essentielle vint le tarauder à l'évocation de ce souvenir commun : « … Est-ce que t'étais encore amoureux de moi à cette époque-là ? » Avant de se reprendre aussitôt. « Nan, t'sais quoi ? Ne m'dis rien. J'veux pas savoir, en fait. De toute façon, j'me doute de la réponse. Moi aussi, je me serai probablement détesté à ta place… C'était déjà au moment où j'avais viré de bord, si on peut dire. Je v'nais d'me faire virer d'l'équipe comme un malpropre, un bon à rien et j'en voulais à la Terre entière. Et toi l'premier d'ailleurs… Alors t'avais toutes les raisons du monde de ne pas m'aimer. Et légitimes, en plus. J'espère donc que tu ne t'en es pas privé... »
Confession à cœur ouvert à laquelle répondit Kise en déposant un doux baiser sur la joue de son ancien tortionnaire.
« E-en tout cas, t'es resté hyper souple malgré la pratique intensive du basket… La prise de muscle a pourtant tendance à atrophier la souplesse… » Tenta t-il de dévier le sujet.
« … Pour répondre à la question que tu es sur le point de me poser… » Le coupa Kise sans vergogne. « Oui, je pense toujours être capable de passer mon pied derrière la tête, pendant que tu me prendras comme une bête. Et j'espérai secrètement que ce serait sur le capot de cette Maserati, mais il va bien falloir que je me résigne, étant donné le sort peu enviable que nous sommes sur le point de lui faire subir, à ce malheureux tas de ferraille. »
Et bien heu… Haizaki n'en demandait sûrement pas tant, mais il s'agissait malgré tout d'une excellente nouvelle. Néanmoins, heureusement que sa mâchoire était bien accrochée, parce que sinon, elle aurait sans doute fini par terre avec une telle franchise dénuée de pudeur !
Mais Haizaki ne comptait pas laisser Kise fanfaronner à ses dépens sans en payer les conséquences. Il se plaça donc bien dans le dos de son ange blond, dont il ceintura la taille à l'aide de ses bras, avant de poser le menton sur l'épaule de Kise.
« Hmm… tu sais qu'à un moment donné, à force de m'aguicher comme tu le fais, il va falloir envisager de passer à la caisse… ? »
« Ouais, ouais, après nous être occupés d'la voiture. Juré, craché ! »
Et bien… le moins que l'on puisse dire, c'était que Kise avait envie d'en DECOUDRE !
Bon… pourquoi pas, après tout ? Chacun voit midi à sa porte… ou même à quatorze heures, lorsqu'il est question de surmonter un trauma. Et Haizaki restait persuadé qu'il s'agissait du cas de Kise.
Soit.
Haizaki s'arma à son tour d'une batte, mais il laissa à Kise le privilège de porter le premier coup.
« Vas-y, ouvre le bal. Elle est toute à toi. »
Kise se mordit la lèvre inférieure. Dans le fond, il avait une sacrée pression ! Repassant à l'avant, il commença en douceur, d'abord par caresser le capot brillant de propreté. Puis, brusquement, avec une violence inouïe de sa part, Kise abattit sa batte dessus. C'était comme un couperet qui tombait. Ou une guillotine, sur le cou d'un condamné. Ne lui laissant par la moindre chance.
La sentence fut expéditive.
Et pour Haizaki, franchement, jamais Kise ne lui avait paru si beau.
Si libre… Libéré des conventions sociales et morales.
Presque comme s'il découvrait une nouvelle facette de sa personnalité. Ou son autre profil.
Il allait sans dire que ce que le jeune homme voyait lui plaisait énormément.
Le véritable Kise Ryota…
…
Ou alors pas du tout.
Peut-être n'était-ce encore qu'un fantasme. Qu'un fantôme. Le fruit de son imagination fertile et bien fertilisée également par l'attitude séductrice de Kise… Bon sang, pour parler élégamment, Haizaki avait les burnes en FEU. A vrai dire, se taper Blondie n'avait jamais réellement été au programme. Ce qu'il espérait surtout avec leur petite escapade, c'était voir le désespoir (espérer… désespoir… vous y êtes… ?) s'emparer de celui qui lui faisait l'affront constant de se détourner de lui. De lui rappeler à quel point ils ne venaient pas du même monde. De lui marteler que jamais ils ne seraient ensemble. Ils ne pouvaient pas l'être, non ! Surtout pas, malheureux ! Quelle déchéance ! Haizaki n'était clairement pas assez bien pour Kise, selon ses propres dires… Et il l'avait déclamé avec un tel dégoût…
Alors…
Haizaki avait bien mérité son petit lot de consolation, non ?
Au point où il en était, il se satisferait de n'importe quelle vengeance…
Mais le beurre et l'argent du beurre ne l'intéressaient déjà plus…
Car Shogo était passé à autre chose : le cul de la crémière.
Celui-là même qui se dandinait à portée de main…
Avec insolence.
Irrésistible.
« Yaaah ! T'as vu ça Shoooogocchi ? Comment j'assure trooooooop ! »
« Mieux qu'en danse tout à l'heure au bar, ça c'est sûr. Bizarre d'ailleurs pour un mec qui a donné dans le ballet pendant tant d'année… En revanche, t'as l'air davoir un certain talent pour la destruction… »
Et Kise s'en donnait à cœur joie, s'amusant comme un petit fou. Tant et si bien qu'au train d'enfer où allaient les choses, il ne resterait bientôt plus qu'un tas de cendres fumantes et de la tôle froissée. Soit plus rien pour Haizaki. L'alarme de l'antivol venait d'ailleurs de s'enclencher, retentissant dans la nuit noire. Les phares s'allumèrent soudain. Peut-être… que Kise avait fini par heurter un câble ou un dispositif électrique…
En tout cas, quel entrain !
L'angélique blondinet semblait… infatigable ! C'était presque épuisant à regarder !
Mais comme Haizaki le comprenait. Ça faisait du bien de se défouler et dans ces rares et précieux moments-là, ils se ressemblaient. Tels deux frères. Presque des jumeaux. Leur capacité si similaire de copie aurait pu le faire croire en tout cas. Heureusement, ce n'était pas le cas, parce que sinon, bonjour l'inceste !
« Hey je crois que tu t'en es assez pris à l'avant de cette pauvre voiture. Et si tu continues comme ça, à ce rythme-là, il n'y en aura bientôt plus pour moi ! »
« Hmm… Tu as raison… ce serait effectivement… triste de te priver de ton dû, alors même que c'est toi qui en as eu l'idée. Alooooooooors… comment pourrai-je bien me faire pardonner, hein, j'me l'demande… ? »
Sourire coquin et bourré de sous-entendus salaces.
« Oh… toi… tu vas prendre encore plus cher que ce que vilain tacot… » Songea Haizaki. « Attends un peu que je m'occupe de toi, tout à l'heure. »
Ça lui donnait envie de fumer une clope, tiens. Mais pas tout de suite, ce ne serait pas prudent vu le… « recalibrage » en règle que la voiture était actuellement en train de subir. On ne sait jamais. La moindre étincelle pourrait tout faire péter… et eux avec, bien entendu.
« Oh je sais ! » Trépigna l'angelot. « Toi tu prends ce côté… » Il pointa vers la gauche. « … Et moi celui-ci. Comme ça, on aura chacun le sien ! »
« Pas con, ok, ça m'va. Faisons ainsi. »
Enfin ! Il était grand temps que le brun puisse en profiter et briller à son tour.
Kise allait en prendre plein les yeux !
Haizaki fit donc tournoyer sa batte avec aisance et… souplesse. Il avait toujours disposé d'un bon coup de poignet. Sans vouloir trop se vanter, ce qui n'était pas du tout son genre, clairement. En vrai, il se l'était surtout déboîté plusieurs fois, expliquant son mouvement ample et désarticulé, presque.
En se bastonnant, hein, pas à cause d'un autre type d'activité manuelle…
Kise le siffla, appréciateur.
Bingo.
« Pas mal. Un vrai futur gangster ! »
« Pas une lavette de joueur de baseball soit disant professionnel en tout cas, ça c'est sûr Bébé ! Tu sais… ton prince charmant n'a eu besoin que d'un seul coup de ma part pour tomber dans les vapes… »
Ouais enfin… il lui avait encastré la tronche dans un mur aussi… Et en traître, pendant que le pauv' gars pissait tranquillement sans se douter de rien ! Pas très fair play…
« Ça ne m'étonne guère. Les princes charmants sont très surfaits finalement… Tout bien réfléchi, je crois que… je préfère le Grand Méchant Loup. Il me verra mieux, m'entendra mieux et… me mangera mieux. »
Et vas-y que je me passe innocemment la langue sur la lèvre supérieure en récitant ces quelques lignes.
…
Dommage.
Haizaki aurait vraiment dû penser à demander au Ricain le nom de son dealer. Parce qu'incontestablement, c'était de la bonne…
De son côté, Kise avait déjà repris son entreprise de destruction massive. Alala… il y avait une telle joie enfantine illuminant son doux visage. Si Haizaki ne l'avait pas trouvé bandant jusqu'ici et bien que cela aurait été tout bonnement incompréhensible, là, il ne pouvait nier que Kise était plus beau et désirable que jamais. Il s'éclatait ! A… éclater des bagnoles… Bon ben… chacun son délire, après tout. Qui sommes-nous pour juger ?
« C'est génial Bébé ! On dirait une piñata géante ! Sauf que ce ne sont pas des bonbons qui en sortent, mais des boulons et des vis de toutes sortes hihi ! »
Bébé… ? Hmm… Ça sonnait bien… Haizaki se surprit même à se dire qu'il pourrait y prendre goût. Un peu trop rapidement même…
Le Joker avait trouvé sa Harley Quinn.
Une certaine conception du « romantic date »…
Enfin bon, c'était pas tout ça, mais… il ferait peut-être mieux de s'y mettre lui aussi avant qu'il ne reste plus rien !
Il frappa l'acier avec toute la férocité et la colère enfouie qui le caractérisaient. Une rage… contenue. Et déployée avec parcimonie. Chaque coup était savamment dosé, pour faire un maximum de dégât. Sans surprise, il se montrait bien plus efficace que Kise, dont les actions pouvaient paraître désordonnées. Or, lui il savait où taper pour que cela fasse mal. Vite et bien. Comme s'il en avait l'habitude. Si bien qu'au beau milieu de ce concert de percussions, il ne remarqua pas que Kise, quant à lui, commençait à montrer quelques signes de faiblesse évidents. C'est que… depuis le départ, l'intenable Kitsune n'avait pas ménagé ses efforts. Ahhhh la trépidante fougue de la jeunesse !
Et soudain, les rires aux éclats laissèrent place au silence.
Un silence… suspect.
Un silence de mort…
Haizaki haussa un sourcil. Kise avait-il déjà une baisse d'énergie ? Les deux garçons venaient pourtant à peine d'entamer les réjouissances… De l'avis d'Haizaki, ce n'était pas normal en tout cas.
Qu'est-ce qui lui prenait ? Il avait une panne ? Sa batterie était vide ? Peut-être avait-il juste besoin de faire une petite pause, afin de mieux repartir.
Mais tout à coup, le bruit sinistre produit par sa batte de métal heurtant le sol fit sursauter Haizaki.
« Merde Ryota ! »
Putain… ce n'était pas le moment de faire un « bad trip » ! Fils de p*te de Ryan ! Si ça se trouvait, Kise était allergique à la MDMA et… !
Chassant cette terrifiante idée de sa tête, Haizaki préféra aussitôt se précipiter auprès de son blond pour s'assurer de son état.
Merde, merde, chiotte, fais chier !
Kise était selon toutes probabilités en train de faire un malaise.
Et le mauvais pressentiment d'Haizaki se confirma.
Le renard paraissait essoufflé, une main appuyée sur la portière pour mieux se soutenir. Mais le plus inquiétant était qu'il tremblait violemment. Comme pris de spasmes.
Faites qu'il ne s'agisse pas d'une overdose, par pitié !
« Bébé… Chaton, regarde-moi, je t'en supplie, regarde-moi ! » Ordonna Haizaki d'une voix inquiète, en se saisissant de son visage entre ses mains.
Une crise cardiaque, peut-être ? A ce stade, Haizaki ne pouvait s'empêcher de directement penser au pire scénario ! Bordel, la panique était en train de le gagner.
Irrationnelle, brutale.
Fatale et sournoise.
Mais dès lors qu'il fut assez près pour pouvoir bien l'observer, Haizaki fut frappé par un éclair de lucidité.
Non, attends… cette réaction… Il devait forcément faire erreur, ça ne pouvait pas être… ?
Aucune trace de douleur sur son visage pourtant…
C'était plutôt comme si quelque chose… était en train de monter en lui.
Et sans prévenir, Kise attrapa fermement la main d'Haizaki pour la poser à un certain endroit tout aussi… inattendu…
!
Les pupilles du brun se dilatèrent à leur tour et son pouls s'accéléra en comprenant de quoi il s'agissait enfin. Kise aussi comprit que son partenaire avait compris (tout le monde a compris quoi) et son regard se planta dans le sien, afin de s'y amarrer. Leurs doigts s'entrecroisèrent, pendant que Kise se raidissait subitement. Haizaki aussi. Son visage de poupée se colora d'un beau rose tendre, tandis que son torse se soulevait à une cadence plus élevée. Il vacilla, perdant soudainement pied comme si le sol venait de se dérober sous lui.
Il était en train de sombrer dans un abysse sans fond… de se perdre dans le plaisir.
Heureusement, Haizaki le tenait bien. Ses entrailles semblèrent fondre et se dissoudre. A cet instant, quelque chose de chaud et poisseux vint éclabousser sa paume à travers même le tissu de son short (c'était dire l'abondance du geyser…) et Kise parut se tendre comme un arc prêt à céder. Ses muscles se contractèrent au point de se relâcher aussi sec, jusqu'à l'évanouissement pur et simple. Sans le quitter des yeux, incapable de détacher son regard de cette vision éthérée, Haizaki réalisa que le blond… venait d'avoir un ORGASME.
Là, maintenant, tout près de lui.
Et accessoirement, dans le creux de sa main.
Pas de doute possible, Haizaki avait déjà assisté à maintes démonstrations de ces symptômes (toujours les mêmes, il les connaissait donc par cœur.) de la part de certaines de ses anciennes copines, à l'occasion d'une petite session endiablée de sport à l'horizontale.
Mais bien loin de s'en montrer choqué ou même dégoûté, Haizaki attira son renard contre lui pour mieux l'empêcher de s'écrouler.
Ça alors… S'il s'était attendu à ce que Kise jouisse après avoir pulvérisé du cabriolet version luxe… !
Parce que c'était bien de cela dont il s'agissait.
Son extase avait été causée par leur démonstration conjointe de violence exacerbée.
De débauche dans la brutalité.
A moins que Kise ne soit mécanophile, mais à ce stade, Haizaki choisit de rejeter cette hypothèse un peu glauque. D'aucuns se seraient sans doute d'ailleurs offusqués d'un tel… épanchement et auraient lancé une « Alerte psychopathe » bien sentie, si chère à notre célèbre Antoine Daniel dans la foulée, mais pas le natté.
Mais bien loin de trouver cela sale, lui, il était littéralement en train de tomber amoureux.
Jamais Kise ne lui avait semblé aussi beau, le souffle court, avec le visage rouge DE plaisir et modelé PAR le plaisir également. Le voir ainsi, si vulnérable, si authentique, relevait presque du privilège.
« Waouh… c'était… le rendez-vous g-galant le plus ROMANTIQUE de toute ma vie… même… quand j'étais allé voir « Titanic » à l'occasion de son remaster au cinéma avec ma petite-amie du m-moment, je n'avais pas… ressenti q-quelque chose d'aussi fort ! » Confessa un Ryota bégayant en s'agrippant davantage à lui.
Bah tu m'étonnes !
Haizaki oser quand espérer valoir même mieux qu'un putain de bateau qui coule !
Enfin… de là à employer le terme « romantique »… (Ce n'était même pas la première fois de la soirée, en plus.)
Quoique…
Plus l'heure tournait et on avançait dans la nuit, plus l'air de la mer se rafraichissait. Pauvre Kise, il était trempé… de sueur et… du « reliquat » de son extase, pour parler de façon moins crue qu'à l'accoutumée.
« Ne bouge pas Sugar. Je reviens tout de suite. »
Ouais, Haizaki adorait donner des petits noms d'oiseau à ses poulettes. Pourquoi ce serait différent avec Kise ?
Par chance, les deux démolisseurs en herbe n'avaient pas encore eu le temps de toucher au coffre. Haizaki s'y dirigea donc et il en sortit toutes les vivres qui s'y trouvaient, les posant un peu à l'écart. De là, ayant trouvé ce qu'il cherchait dans les affaires parsemées des Ricains, il envoya à Kise une bouteille d'eau minérale pas encore ouverte et de quoi se changer. En espérant qu'il s'agissait bien de fringues propres. Mais bon, comme il les avait ramassées pliées, il n'y avait donc pas de raison. Nan parce que… sa bonté et son esprit chevaleresque avaient leurs limites : pas question de plonger le nez dedans pour les renifler afin de s'en assurer !
Kise attrapa tout l'attirail bien gentiment et il fit tranquillement sa petite affaire, planqué derrière le capot bien défoncé. C'est que… bizarrement… une bouffée de pudeur venait de le rattraper et se rincer la bistouquette à l'eau froide devant Haizaki pour la nettoyer… mouais, non, ça ne le faisait pas tellement. Par contre, lui éjaculer pour ainsi dire dans la main, ça, c'était parfaitement OK, hein... Notre cher Kitsune s'essuya donc rapidement pour se sécher avec les moyens du bord et il enfila un short kaki à grosses poches sur le côté. Ça va, côté look, ça restait acceptable, bien que cela aurait dû être le cadet de ses soucis à l'heure actuelle, mais que voulez-vous, on ne se refait pas lorsque l'on est mannequin ET fashion addict ! Le style, c'est important en toutes circonstances !
Bon bah tant qu'à faire, Haizaki décida de terminer le chantier.
Il éclata complètement l'ancienne prison de Kise, la pliant de tous les côtés.
Ouais… pas étonnant que Kise soit allé jusqu'à avoir un orgasme : jouer les casseurs possédait un puissant effet cathartique. Et vas-y que je mettais même des coups de pieds dans les jantes, comme un authentique mauvais garçon… Ah ouais, à la fin, la pauvre bagnole, elle allait ressembler à un vrai Tétris ! Le renard, de son côté, récupérait doucement, rassemblant ses forces. Il n'y avait pas de honte entre eux. Pas de malaise. Que ce soit leurs échanges de regards ou de paroles, tout était fluide et étrangement, Kise n'avait jamais connu un tel niveau de complicité avec qui que ce soit. Et alors, n'en parlons même pas pour Haizaki… Finalement, ils se complétaient admirablement bien tous les deux.
Le Ying et le Yang.
Bonnie and Clyde.
Minus et Cortex.
Enfin bref, je pourrai continuer encore longtemps la liste des duos célèbres, mais vous comprenez l'idée générale.
Ce soir, Haizaki avait vraiment l'impression de redécouvrir Kise ou plutôt de découvrir une nouvelle facette de sa personnalité. D'avoir trouvé son égal. L'homme digne de lui. Non parce que… le coup de l'excitation causée par un accès de vandalisme, on ne lui avait encore jamais fait. En général, ça avait même plutôt tendance à rebuter les nanas avec lesquelles il fricotait.
Un dernier coup de batte fit exploser le pare-brise, achevant leur œuvre conjointe.
Haizaki se sentait à présent dans un état proche de celui de Kise : exalté et à deux doigts (de pied) de grimper sur la carrosserie tordue de leur victime pour sauter à pieds joints dessus, à la manière d'un sauvageon sur la carcasse de la proie qu'il venait d'abattre. Kise, lui, resta légèrement en retrait, recouvrant toujours ses esprits, mais il trouva tout de même la force d'applaudir chaleureusement Haizaki.
Bon… au moins, Kise semblait aller mieux quand même, c'était un soulagement. En toute franchise, jamais le brun n'aurait prévu d'aller aussi loin. Causer quelques dégâts, ok, histoire de se défouler et de se venger, mais là… Il n'y avait plus qu'à espérer que l'ami de l'Oncle Sam possède une bonne assurance… Haizaki s'était quelque peu laissé emporter, il le reconnaissait bien volontiers. Mais en même temps, il avait une réputation à tenir et un spectateur à impressionner. Or, Kise semblait avoir plus qu'apprécié le spectacle ! Tu m'étonnes ! Il avait même JOUI dans son froc sans même qu'Haizaki ne le touche, ou plutôt, cela n'avait pas été nécessaire pour que le goupil atteigne son climax.
Et jamais…
Jamais la moindre fille ne l'avait regardé avec les mêmes yeux que Kise. (Normal, vous me direz, mais bon, vous avez compris où je voulais en venir !)
Pas même LUI ne l'avait fait.
Il y avait un mélange d'admiration et d'adoration à l'intérieur.
Alimenté par une flamme dévorante.
La même que la sienne.
« Si on allait se poser sur la plage située en contrebas maintenant… ? » Proposa Haizaki d'une voix veloutée, main caressante sur la joue de Kise.
Ils savaient très bien ce que cette invitation en apparence courtoise, signifiait vraiment. Maintenant qu'ils s'étaient suffisamment chauffés ET échauffés, la suite des événements était plutôt logique. Haizaki prit la main de son blond, prêt à le guider jusqu'à la petite crique, mais…
« Vas-y d'abord, je te rejoins tout de suite. Juste le temps de faire une micro pause technique… »
Euphémisme, quand tu nous tiens…
Bizarre. Dans son état déluré actuel, Kise ne ferait pourtant pas dans la dentelle pour un petit pipi sans importance. Mais soit. Haizaki n'insista pas. Il ramassa les affaires des Américains, quelques vêtements, des serviettes de plage et leur glacière également. Qui contenait encore quelques bières et une bouteille d'eau. Il descendit ensuite vers le banc de sable qu'il avait repéré et duquel on avait vue sur la falaise. De là, il étala bien les serviettes sur le sol, tentant de s'installer le plus confortablement possible pour ce qui allait suivre.
Merde… ça commençait sérieusement à cailler par contre. Pas grave, suffisait de faire un feu. Le brun se mit donc en quête de bois sec ou à peu près. Il trouva de gros cailloux également sur le chemin. La mer charriait tout un tas d'objets plus ou moins utiles. Après avoir constitué un foyer en forme de cercle bien délimité par les pierres ovales, il y disposa des bouts de bâtons et y mit le feu à l'aide de son briquet.
Hmm… Il avait peut-être encore le temps de s'en griller une petite avant que Kise n'arrive…
…
… Et si… Le blond décidait finalement de ne pas assumer et de ne pas le rejoindre ? Et si sa fameuse petite commission n'était qu'un prétexte pour le planter là ? Mais Kise n'irait pas bien loin à pied… Ah oui heu… d'ailleurs, lui non plus. Plus maintenant qu'ils avaient massacré leur moyen de transport privilégié. Enfin… d'après le brun, ils n'avaient probablement pas atterri très loin de leur auberge de jeunesse. Ah ça, ça allait leur faire tout drôle demain à Riz-Âne et à sa bande de retrouver leur précieuse caisse toute cabossée... C'était presque dommage qu'Haizaki ne puisse pas être présent pour en profiter… Il ne serait en effet déjà plus là pour voir et assister à leur désarroi.
…
Kise mettait un peu beaucoup de temps, là, non ? Il ne s'était quand même pas débiné ? Ou pire encore, perdu ?
Haizaki observa la paume de sa main meurtrie. Celle-là même qui avait pu toucher et recevoir l'offrande poisseuse de Kise….
Putain, merde…
Ça allait être difficile de retourner à la vie normale demain, après tous les événements de cette folle nuit. Ce quotidien dans lequel Kise ne voulait pas de lui… Ce quotidien dans lequel Kise le voyait comme un paria infréquentable… Non, Haizaki n'avait vraiment pas hâte de le retrouver ce monde-là et que Kise lui ferme son cœur à nouveau. Ce soir, le blond s'était montré sans fard. Ok, ouais, bien-sûr, la drogue l'avait complètement désinhibé et ça restait de la pure saloperie, mais sans cela, aucun rapprochement n'aurait été possible.
« Shogochiiiiiiiiii ! » Chantonna une voix dans son dos.
Aussitôt, les doutes du brun s'envolèrent comme par magie.
Directement, une main se referma sur la sienne, la tirant avec force.
« Viens vite, il faut absolument qu'tu vois çaaaa ! »
Ça ? Ça, quoi ? Il allait lui montrer quoi, encore ?
Son sexe ? Nan… ça, il en avait déjà eu un petit aperçu. A peine. Presque. Mais suffisamment pour rajouter de l'huile sur le feu pourtant bien vif de sa libido.
Se levant rapidement, Haizaki suivit donc Kise, s'attendant au pire comme au meilleur.
Mais certainement pas à ce qui allait se dérouler sous ses prunelles attendries.
« Regarde, j'en ai trouvé une ! » S'enthousiasma Kise, pointant du doigt une forme difficilement identifiable dans le sable.
Le manque de luminosité n'aidait pas. Pas plus que l'eau à marée relativement haute, dans laquelle se reflétait pourtant la pleine lune.
Mais « ça », quel que soit ce dont il s'agissait, bougeait. Enfin, se déplaçait même. Essayait, du moins. Maladroitement. Lentement. Lourdement.
U-un animal ?
Haizaki s'approche avec prudence.
Comment Kise était-il parvenu à dénicher cela dans le noir ? Il avait des yeux de chouette ou quoi ? Hmmm… Le brun sortit son téléphone portable pour s'éclairer.
Et à cet instant précis où la lumière fut, la magie également.
« Putain c'est… ! »
« Une tortuuuuuuuue de merrr ! »
Nan, sans déconner ? Avec ses nageoires avant proéminentes, Haizaki aurait plutôt cru qu'il s'agissait d'une variété arboricole, allons bon ! Quel grand intellectuel ce Kise ! Mais blague à part, celle-ci était plutôt énorme. Elle devait avoisiner les cinq cent kilos au bas mot. Un vrai mastodonte des océans ! Un tank aquatique !
« Mais qu'est-ce qu'elle fout sur la terre ferme ? »
« Elle s'est peut-être échouée ? » Proposa Kise avec un haussement d'épaules.
« Nan, regarde, elle ne cherche pas à retourner vers la mer… »
Au lieu de cela, elle avançait plutôt vers l'intérieur de l'île.
« On devrait la remettre à l'eau… » Fit Kise, un peu inquiet.
Combien de temps ça pouvait survivre à l'air libre, une tortue ? Est-ce qu'elle arrivait à respirer au moins ?
« Et comment tu comptes t'y prendre, espèce de génie ? »
Aussi délicatement que possible, Haizaki posa un pied sur le bord de sa carapace pour ne pas lui faire de mal et il poussa pour montrer que l'animal marin ne bougeait pas d'un pouce.
« Même si on s'y mettait à deux, de toutes nos forces, on n'arriverait pas à la soulever. »
« Ouais, t'as raison… elle a l'air sacrément lourde ! Pour ne pas dire carrément obèse… »
« Fais gaffe, tu vas la vexer pauvre petite mère… » Gloussa un peu Haizaki.
C'est que les femelles du règne animal pouvaient se montrer très susceptibles quand on critiquait leur poids. Il ne s'agissait pas de l'apanage des seules humaines et Kise devait en savoir quelque chose, puisqu'il travaillait dans un milieu où le physique était roi.
« Je me demande si… elle fait partie de la même espèce de tortues qu'on était supposé observer, tu sais, en cours ? »
« Han ouais, celle qu'on devait cherche sur l'île hier… mais dont au final on n'aura même pas aperçu l'ombre d'une carapace… »
« Mon téléphone a l'air de dire que c'est le cas. D'après lui, il s'agit d'une tortue Luth apparemment ! » Annonça fièrement Kise qui pianotait sur son smartphone pour consulter Gogol.
« J'vois pas trop l'rapport avec un luth, personnellement… Elle ressemble pas du tout à une mandoline… »
Soudain, la bestiole marqua un arrêt et elle se mit à creuser dans le sable, se servant de ses nageoires comme de pelles. Sable qu'elle envoya valdinguer sur Kise qui cria d'horreur.
« Mais heuuuuuuuu naaaan ! Qu'est-ce qu'elle fabrique !? »
« Elle n'aime peut-être pas ta sale gueule de pleureuse et elle essaie donc de t'enterrer vivant… ? » Ricana le charmant Haizaki, peu sensible à cette agression caractérisée.
« Mais j'en ai maaaaaarre, je fais que subir des séviiiiiices ce soiiiiiiiiiir ! »
« … Et encore, t'as pas eu droit aux miens… Patience, ça va venir… » Marmonna Haizaki, plus pour lui-même et par réflexe.
« Hein ? T'as dit quelque chose ? »
« Nan, nan, rien... C'était le vent. »
Pfff… Quel idiot ! Il aurait dû dire « les vagues », bien plus crédible vu l'endroit !
« Mouaiiiiiis… »
« Estime-toi heureux que ce ne soit pas son propre caca encore tout chaud qu'elle te balance à la place ! »
Et vas-y que je détourne la conversation like a chief.
Mais pourquoi on était toujours obligé d'aborder l'épineux sujet des excréments !?
Enfin, il fallait bien que cela arrive à un moment dans cette fanfiction…
Oupa.
On se dédouane comme on peut.
« Aaaaah ! » Lâcha t-il, dégoûté. « Brrr… c'est dégoûtant ! » … Tiens, bah qu'est-ce que je vous disais… ?
Présentement, il y avait bien quelque chose d'autre dont le brun crevait d'envie de l'asperger. Même si ce n'était pas des selles, il s'agissait bien d'un fluide corporel tout aussi chaud. Mais ça devrait attendre ça aussi…
Plus tard.
La nuit leur appartenait, après tout.
Haizaki ne comptait rentrer qu'au petit matin. Or, se précipiter était voué à l'échec. Ils avaient encore largement le temps pour prendre leurs aises.
« C'est un sacré trou qu'elle a creusé Jeannine… »
« Mpfff à croire que cette tortue a flairé un trésor enterré sous cette motte de sable… A ton avis, ça possède un bon odorat une tortue… ? »
Le blond se pencha, une main prenant appui sur son genou gauche, tandis qu'il tenait toujours son téléphone dans l'autre. Haizaki non plus ne lâchait pas le sien. Parce que… quoi que cette foutue tortue soit en train de foutre, c'était certainement… surprenant. Aussi, décida t-il de l'enregistrer. Ça ferait un beau souvenir à montrer à sa mère… Il n'avait rien trouvé d'intéressant dans les boutiques attrape-touristes du coin pour elle… La pauvre, elle ne voyageait jamais, elle. Et puis, elle s'était tout de même saignée aux quatre veines pour pouvoir l'envoyer ici… Alors il s'agissait du moins qu'il puisse faire. Lui ramener des images d'une belle tortue rare. Toutes les mamans du monde aiment les animaux, après tout.
« Et puis, comment tu l'appelée d'abord ? « Jeannine » ? Ça sort d'où ça ? T'aurais au moins pu faire un effort pour trouver un prénom qui rime ! »
« Qui rime ? Et ça doit rimer avec quoi au juste ? »
« Avec TORTUUUUUUUE ! » Cria Kise comme si ça coulait de source, bien entendu…
« Ben heu j'sais pas… Pourquoi pas « Lulu » dans ce cas ? »
« Lulu ? Hmmm… « Lulu la Tortue Luth ». Waoooh on sent que tu t'es encore défoncé pour nous la pondre celle-là… Niveau imagination et inspiration, on repassera… Mais bon, je suppose que ça fera l'affaire, faute de mieux… » Soupira Kise en roulant des yeux.
Et en parlant de « pondre »… (Admirez-moi cette magnifique TRANSITION/20 exécutée par une professionnelle ! Ne faites pas ça chez vous !) il semblait justement que cette activité soit à l'ordre du jour… heu… de la nuit pour Gisèle la Tortue. Sous les regards ébahis des deux voyeurs, l'animal se plaça au-dessus du trou fraichement creusé et… poussa, de toutes ses forces, les traits de son visage se contractant, tandis que de petits couinements de douleur étaient émis. La pauvre… ça avait l'air de faire mal…
« T'as vu ça ? Elle pleure carrément ! »
Mais oui, Kise avait raison, la malheureuse bestiole était couverte de larmes.
« Tu m'étonnes… Ça doit déchirer le trou de balle de pondre des machins pareils ! »
Et en parlant de déchirer un certain endroit… Haizaki avait de plus en plus de mal à attendre son tour et à prendre son mâl(e) en patience…
Tout à coup, Kise choisit de s'accroupir, continuant à filmer lui aussi. A sa manière, il décida de soutenir la poule pondeuse… heu… des mers… chuchotant des mots doux à son oreille. Mesdames et Messieurs, après « l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux », laissez-moi vous présenter « le garçon qui murmure à l'oreille des tortues ! » Cependant, Haizaki ne pouvait s'empêcher de trouver cette attitude mignonne…
« C'est ça, c'est bien ma belle ! Tu assures comme une grande fille ! »
Les prunelles de Kise pétillaient de joie et d'attendrissement. On aurait dit un fier daron encourageant sa propre fille lors de son accouchement… Ouais, nan, image bizarre… Un mari fier alors ? Hmm… non, toujours pas… Plutôt… un fier papa qui encourage son enfant lors d'une compétition sportive alors, oui, un truc dans ce genre-là ! Lui, n'avait jamais eu la chance de connaître cela, (pas pour rien que dans sa cité on le surnommait régulièrement « le Bâtard », façon Jon Snow) mais il se souvenait avoir repéré plusieurs fois le père de Kise dans les gradins lors de ses matchs. Son plus grand fan, toujours à trouver les mots pour remotiver son fiston.
Le père de Kise… ?
Le même, mais alors exactement quoi, le portrait crâché en plus âgé bien évidemment et en… brun. Ben tiens, les tifs aussi noirs que les siens depuis sa dernière teinture. Un très bel homme, assurément.
Kise tapota gentiment la tête de son enfant illégitime à écailles. Il souriait, émerveillé par le miracle de la vie. Ce n'était pas tous les jours – ni tous les soirs – que l'on assistait à un spectacle aussi féérique, en effet. Même Haizaki, le gros dur de service, se sentait étrangement ému. Et ce, alors même que ses pensées étaient davantage tournées vers le fiak de Kise. Pour ne pas dire complètement focalisées dessus. Donc bon hein, excusez du peu !
Dire qu'ils étaient présents pour une représentation aussi onirique, quelque chose qu'on ne voit selon toutes probabilités qu'une seule fois dans sa vie… si on a de la chance !
Oui, ils se sentaient comme des élus…
… Enfin, tout ça, c'était bien gentil et joli, mais sa patience avait des limites…
Posant donc une main sur l'épaule de Kise pour lui signaler à nouveau sa présence, il se baissa à son tour et lui glissa à l'oreille :
« On devrait peut-être la laisser finir seule… »
« Pas question ! »
« Et son intimité, tu en fais quoi ? Elle a peut-être pas envie que deux mecs lui matent la schnek avec autant d'insistance que nous ! »
« Si c'était pas le cas, elle ne serait pas venue pondre tout près de nous na ! Moi, je pense qu'au contraire, elle se sent en sécurité auprès de nous ! Et qu'il est de notre responsabilité de veiller sur elle, maintenant ! » Protesta vivement la sage-femme (le sage-homme… ?) en herbe.
Non mais qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre… Ce n'était même pas comme si elle était venue SCIEMMENT faire ses bébés à côté d'eux en plus, non, Kise avait tout faux, il s'agissait juste d'un hasard. Et puis, elle n'était même pas si proche de l'endroit où ils avaient prévu de s'installer ! Si Kise ne l'avait pas trouvée par hasard, elle aurait continué à mener sa petite vie pas si loin d'eux, certes, mais ils ne s'en seraient probablement jamais aperçus. Et maintenant qu'Haizaki avait quelques images dans la boîte, un besoin bien plus urgent demandait à être satisfait.
Lui aussi, il avait besoin de pondre, merde !
Enfin… de relâcher quelque substance accumulée dans son corps…
Mais dans Kise hein, pas dans un tas de sable, lui. Quoiqu'au rythme où allaient les choses, il aurait peut-être plus vite fait de creuser un trou lui aussi dans la tourbe humide et s'y plonger son zgeg… Parce que Kise pouvait se montrer extrêmement têtu lorsqu'il s'y mettait et à plus forte raison, lorsque des mélanges pas clairs circulaient dans son système sanguin comme c'était le cas présentement…
Hélas pour Blondie, Brunette n'était pas homme à se laisser abattre.
Et il avait plus d'un tour IMPARABLE dans son sac…
Soupirant, il fit mine d'abandonner, reculant quelques instants pour tapoter tranquillement sur son téléphone, à l'abri des regards indiscrets.
Non mais, on croirait rêver…
Après s'être retrouvé en concurrence directe avec un Amerloque partouzeur bourré aux hormones, voici qu'il se faisait VOLER la vedette par une tortue. Le comble ultime pour un malandrin dans son genre… Alors ooookkkk, c'est la Nature et c'est beau tout ça, d'autant plus quand il s'agissait d'une espèce en voie de disparation comme c'était le cas ici, mais bordel de merde, Haizaki voulait être le SEUL centre d'intérêt de Kise !
Ouais, parfaitement, il était jaloux d'une tortue et alors ?
Vous avez un problème avec ça ?
Le blond se serait sans doute trouvé plus vexé que lui, si les rôles avaient été inversés.
Alors, pour toutes ces raisons, Haizaki n'avait plus guère le choix que de dégainer son arme absolue.
Se raclant la gorge, il s'approcha à nouveau de Kise l'air de rien, lui mettant sous les yeux son téléphone. Allumé sur une certaine info. Le blond loucha aussitôt sur l'écran et…
Oh.
Voici qui changeait tout.
« …D-deux… DEUX heures !? » S'étrangla à moitié Kise, yeux exorbités à propos de l'information qu'il lisait.
Haizaki se contenta d'hocher de la tête avec énergie.
Ahahah dans le mille !
Même Kise le papa-poule ne pouvait pas avoir autant de patience !
« Ah non mais… c'est pas possible hein ! Deux cents minutes pour juste PONDRE quoi ! »
« … Ahem, ça fait cent-vingt minutes chaton, pas deux cents… » Corrigea timidement Haizaki. « T'as vraiment du mal avec les additions ce soir… »
« Quand même ! J'ai connu des escargots plus rapides que ça ! »
Le Kitsune se redressa à contrecœur et il soupira. Un sourire carnassier se dessina sur le visage d'Haizaki, mais mieux valait le dissimuler. Pas sûr que Kise apprécie de le voir ainsi jubiler… Il risquait de se douter de quelque chose après…
« Bon, ravis d'avoir fait ta connaissance Bichette, on va te laisser finir tranquillement maintenant ! » Sourit Kise en caressant sa tête écailleuse.
Il se leva et éteignit son téléphone, qu'il rangea soigneusement dans la porte du short qu'il avait emprunté.
« Tu nous as installés où ? » Demanda t-il ensuite.
Haizaki ressentit une très forte tentation de répondre « dans ton cul », mais encore une fois, Kise pourrait mal le prendre. Le brun restait un prédateur dans l'âme et le temps était venu d'obtenir sa récompense.
« Par-là. » Indiqua t-il simplement, droit devant.
Kise le précéda donc et une fois parvenu à leur campement de fortune, Haizaki décida que le moment était bien choisi pour se divertir encore un peu. Histoire de faire durer le plaisir. Bien-sûr, il avait hâte de plonger ses crocs dans la chair tendre et savoureuse de cette biche, mais… Il paraît que la viande a meilleure goût quand on se donne la peine de l'attendrir un peu avant.
Plongeant sa main dans sa poche, Haizaki en sortit un objet de forme rond, qu'il s'amusa à lancer et à rattraper habilement dans le creux de sa paume. Kise se tourna vers lui, intrigué.
Il était temps de lui faire une petite blague pour le punir de l'avoir ignoré…
Non mais… perdre face à une tortue, aussi mignonne soit-elle… la honte !
« Hmm… Je me demande quel goût ça a, une omelette de tortue… Ça te dirait de le découvrir avec moi ? »
Une nouvelle fois, les yeux de Kise parurent prêts à éclater, mais à cause du choc à présent.
« Naaaan ? T'as quand même pas osé lui piquer l'un de ses œufs !? »
« A ton avis ? »
« Ce serait bien ton style, ouais… Mais t'as fait ça quand ? J'ai rien remarqué ! »
« Grâce à une technique hyper avancée de pickpocket que j'ai appris dans mon quartier… ça ne m'étonne pas que tu n'y aies vu que du feu, faut posséder de sacrés réflexes pour capter l'entourloupe. Ou avoir des yeux bioniques, façon Robocop, au choix. » Ricana le brun.
Ouais, passer pour un monstre sans cœur, ça restait son kiff perso. Il ne faudrait pas trop que ça se sache qu'il était doué de sensibilité lui aussi… Ça ferait mauvais genre ! Enfin, chacun sa définition de ce vague terme, bien évidemment…
Un pourri reste un pourri.
« Hmppff… rends-le moi ! On doit le remettre à sa place, parmi ses frères et sœurs ! » Exigea Kise, poings serrés.
Il était adorable tout crispé comme ça, à faire son caca nerveux de défenseur des animaux.
Vraiment craquant.
« Tiens, attrape alors ! Et fais gaffe, c'est fragile ! »
Et de lancer la petite boule à pleine vitesse comme s'il s'agissait d'une vulgaire balle de baseball… Avec la position qui va bien et tout. Ah ça, Haizaki n'avait rien à envier à cette fiotte de Ryan en cet instant. Le geste était parfait, digne des plus grands lanceurs de ligue pro !
A voir comment Kise s'en sortait en tant qu'attrapeur, maintenant… et ça risquait de ne pas être triste, pompette comme il l'était toujours…
La sphère vola dans les airs, droit sur le renard, comblant rapidement la distance qui séparait les deux canidés.
L'enfoiré ! Kise n'en revenait pas que l'autre garçon ait osé piller le nid de cette pauvre tortue ! Et juste sous son nez, en plus ! Il plongea donc sans hésiter une seule seconde pour rattraper le fragile rond, qui… se mit à décrire un mouvement étrange en l'air. Vous savez… comme quand on effectue un tir brossé au foot. Haizaki avait comme conféré un effet à l'objet et celui-ci tourna brusquement ! Ah mais quel salop ! Haizaki se foutait de lui, non content de simplement le faire courir ! Trébuchant tête la première dans le sable, bras tendu au maximum, Kise parvint cependant à rattraper in extremis l'œuf Fabergé.
Ouf !
Pas de casse à déplorer !
… Pas de casse… ?
Attendez une seconde… mais ce n'était pas normal, ça ! Il y avait quelque chose de bizarre avec la texture de l'objet que Kise tenait. Sa surface était un peu rugueuse… comme du cuir et puis, il pouvait sentir des sortes de coutures sous ses doigts.
Redressant sa tête enfarinée de sable, Kise observa d'un peu plus près sa prise et…
HAN LE CONNARD !
Haizaki s'était bien moqué de lui !
Il ne s'agissait pas du tout d'un œuf !
Ça y ressemblait peut-être de loin, dans la pénombre, mais en réalité, ce n'était qu'une balle de baseball justement ! Sûrement trouvée à l'intérieur du coffre, avec tout le reste… Nan parce que, quel serait le but de se balader avec des battes mais SANS balle… ? Pas franchement ravi de s'être fait avoir comme un bleu (ce qui peut se comprendre…), Kise retourna la balle à l'envoyeur, c'était le cas de le dire.
Ne s'attendant pas à une riposte aussi rageuse, le brun n'eut que le temps de se tourner légèrement pour offrir son profil à l'objet. La balle percuta ses côtes, sans trop de mal heureusement, même si Kise l'avait paradoxalement balancée très fort. Mais Haizaki ne se trouvait pas au bout de ses peines pour autant, puisque déjà, le blond avait fondu sur lui, prêt à en découdre personnellement et de la plus physique des façons.
Avec ses mignons petits poings fermés qui tambourinaient adorablement sur le torse du brun.
Awww comme c'était chou, il espérait vraiment lui faire là… ? Ou s'agissait-il d'une nouvelle forme expérimentale de massage tantrique ?
« Un peu plus à gauche, stp. « Le provoqua t-il. « Je commence à avoir une crampe de ce côté-ci. »
« Ha ouaiiiiis, c'est bon à droite alors ? »
Ne goûtant que très peu le fait de voir sa force de frappe remise en question, Kise lui asséna soudainement un bon coup de poing dans la jugulaire… gauche.
« Et làààààà ça va mieux ? » Sourit cruellement l'ange de pureté, toujours prêt à rendre service.
Merde…
C'est qu'il avait un bon crochet du droit, le malandrin ! Ouais, il cachait décidément bien son jeu, sous ses airs un peu précieux. Haizaki vacilla même légèrement sous l'impact.
…
Mais de toute façon, il ne sentait rien aujourd'hui.
Pas de douleur. Ça dépendait des jours, en fait. C'était fluctuant et il n'avait aucun contrôle dessus. A croire qu'il était né avec un truc en moins. Ou en plus. Mais défaillant.
Et il y avait donc des jours avec et des jours sans.
Mais dans tous les cas, il ne comptait pas laisser cet affront passer sans réagir. Emprisonnant fermement les poignets de Kise qu'il rassembla, il l'attira d'un coup sec contre son poitrail.
Et là…
Il l'embrassa.
Pour la première fois de la soirée, il fut le premier à initier le baiser. Kise chercha bien à se débattre légèrement pour la forme, mais il en avait lui aussi, cela ne faisait aucun pli. Il y avait… cette tension permanente entre eux. Auparavant, elle était de nature violente. De la rivalité. De la haine de l'un des deux côtés, mêlée à une certaine amertume. Au besoin légitime de se venger. De reprendre le dessus sur l'autre et sa place. Mais… depuis quelque temps, le cœur n'y était plus. Oh, ce n'était pas nouveau.
Cependant, disons que ce séjour avait aidé Haizaki à en prendre conscience. Chez lui, dans sa chambre, son intimité, les posters de basketteurs célèbres, puis de filles callipyges dénudées pour ne pas dire complètement à poil, avaient peu à peu été décrochés, soit recouverts, laissant place à des publicités où apparaissait Kise Ryota, le célèbre mannequin adolescent. Même sous son lit, les revues de mode avaient remplacé insidieusement les magazines pornos et pour le même usage récréatif. Kise avait vraiment pris ses quartiers dans son foyer, son quotidien, sa vie… (et jusque dans son cœur aussi, apparemment.)
Gangsta love…
Mais Ryota, lui, ne se projetait sans doute pas aussi loin.
Demain, il serait submergé par les regrets.
Il aurait honte.
Alors Haizaki savait qu'il devait en profiter ce soir. Faire ses preuves. Essayer, au moins. Marquer le plus de points possible. Pour que la prochaine fois qu'ils se voient… Kise ait autre chose que du mépris pour lui au fond de ses beaux yeux de chat.
Car ce soir, le temps d'une nuit, le destin les avait réunis.
Bien entendu et comme il fallait s'y attendre de sa part, Haizaki ne croyait pas à ces conneries pour bonnes femmes ou mecs paumés. Sauf quand ça l'arrangeait. Bah quoi ? Il fallait bien se montrer pragmatique dans la vie ! Sinon, on n'avance pas… On ne progresse jamais. Et on stagne, pendant que les années défilent inlassablement et les autres nous passent devant. Doucement, mais avec fermeté, il poussa Kise vers les deux serviettes qu'il avait disposées sur le sable, près du foyer qu'il avait allumé tout seul comme un grand. Ils avaient tout pour être bien là : chaleur, confort et même… des bières fraîches ! Que demande le peuple ? Et puis, les filles adooooooorent les soirées cosy au coin du feu.
Quoi, comment ça Kise, n'était pas une fille ?
Pfff… mais c'était juste un détail ça et pinailler pour pas grand-chose !
Le renard se laissa guider jusqu'à la tanière d'amour du loup et il y prit place, face à la mer. Le bruit des rouleaux d'écume était tellement apaisant. Ils se sentaient seuls au moins, tels les deux uniques rescapés d'un naufrage. Les nouveaux Adam et Eve, à qui il revenait la lourde tâche de repeupler l'espèce.
Heuuu ouiiii Haizaki… c'est ça, ahem, biiiien-sûr ! Encore une fois, tu t'emballes en oubliant (volontairement) un léger DETAIL… mais bon !
Haizaki le rejoignit, s'asseyant à côté de son blond, qu'il trouvait bien plus fascinant et agréable à l'œil que des putains de vagues…
« Tu as soif ? Tu veux boire quelque chose ? »
« Je veux bien, ouais. J'ai méga soif depuis tout à l'heure… »
L'un des effets secondaires de la drogue… Quelle chance n'empêche qu'Haizaki ait pensé à prendre cette encombrante glacière ! Le brun en extirpa donc deux canettes de bière Asahi et il tendit son dû à Kise. Déclipsant en même temps l'opercule, un peu de mousse coula sur eux. Bah, pas grave… de toute façon, ils allaient bientôt enlever leurs vêtements non ? Kise rit doucement, amusé de se prendre un bukkake d'alcool pétillant. Il était encore plus séduisant quand il souriait… Raaah mais merde ! Ce n'était franchement pas le moment de tomber amoureux… même s'il était sûrement déjà trop tard…
« On trinque ? » Proposa le malicieux goupil.
« Heu d'accord… Mais à quoi ? »
« Je ne sais pas. A cette soirée, tout simplement ? »
« Ça m'va. »
Les deux canettes s'entrechoquèrent et Haizaki but une rasade, tandis que Kise lui… et bien… wow… il avait une sacrément bonne descente. Ou alors, il était tout bonnement assoiffé, pauvrette ! Haizaki fut obligé d'intervenir en lui confisquant sa Potion Magique, de peur que le blond ne se transforme en Obélix.
« Hey doucement, c'est pas d'la flotte ! »
Kise rouspéta un peu, mais il vint tout de même se coller docilement à Haizaki, épaule contre épaule.
« On est super bien là… »
« Ouais, carrément. Personne pour venir nous casser les couilles. »
Wow quel poète Haizaki… Et des lieux communs comme celui-ci, tu en as d'autres à déblatérer ?
« Mais… tu sais c'qu'il manque ? »
« Non ? Mais tu vas m'le dire ? » Fit-il en avalant une nouvelle gorgée de bière.
Lui, au moins, il savait boire. Pas comme l'autre tête blonde inconsciente…
« UN FEU D'ARTIFIIIIIIIIIICES ! »
Heu ouais… ? Quoique… c'était très Japonais d'utiliser des pétards l'été. Une sorte de tradition non officielle quoi. Pas étonnant que Kise en réclame, mais sur le coup, Haizaki se trouvait bien dépourvu de ne pouvoir exaucer son souhait.
« Désolé Angel, mais j'en ai pas sur moi… »
Dommage d'ailleurs, parce qu'avec son briquet, il aurait pu en allumer quelques-uns pour faire plaisir à sa conquête nocturne.
« Oh mais ne t'inquiète pas pour ça… J'ai tout prévu… »
« Hein ? »
Ouais, là par contre, cette mystérieuse affirmation l'inquiétait carrément !
Car il n'y a rien de plus flippant que quand on te dit de ne pas avoir peur, justement.
« Regarde l'océan, au niveau de la falaise… »
« Et j'suis supposé voir quoi ? »
« Patience, ça va arriver. »
Le Nautilus allait sortir de l'eau… ? Ou refaire surface accompagné de l'Atlantide et d'Ariel la Petite Sirène ? Lui laissant cependant le bénéfice du doute, Haizaki décida donc de se taire pour observer, à la demande de Kise. Mais il espérait que le truc en question allait vite se produire, parce qu'ils avaient déjà assez perdu de temps comme ça ! Du temps… qui aurait mieux investi autrement, si vous voyez ce que je veux dire. (et ce bordel de chapitre qui n'en finit pas ahaha ! Je vais me pendre à l'aide de ma souris sans fil.…)
Mais subitement, Haizaki perçut comme une forme… positionnée au sommet de la falaise… et qui se mit à dégringoler sans prévenir dans le vide. Il plissa les yeux pour mieux l'identifier et… OMG ! WTF !?
C'ETAIT LA DECAPOTABLE DE RYAAAN GOSLING ! (Ou Reynolds, celui que vous préférez, personnellement, je ne suis pas très regardante à ce sujet.)
QUI SE SUICIDAIT EN FAISANT UN PLONGEON DE LA MORT DANS LE VIDE, DIGNE DE LA BAGNOLE DE THELMA ET LOUISE !
Mais !? Comment !? Et surtout, POURQUOI !?
Haizaki se souvenait pourtant avoir bien serré le frein à main, avant de couper le contact !
Il ne lui fallut cependant pas longtemps pour comprendre de quoi il retournait, lorsque le véhicule s'écrasa lamentablement dans la flotte, suivi d'une explosion brutale, qui engendra un sacré feu de joie !
Haizaki se leva même par réflexe, sous le choc, le regard rivé sur la mer.
Cependant, ce furent les éclats de rire dignes d'un POSSEDE de son comparse, qui le mirent sur la voie. Kise applaudissait même à s'en rompre les mains, pendant qu'une goutte de sueur coula le long de la tempe gauche d'Haizaki.
MAIS LE FOUUUUUUUUUUUUUUUU !
Parce qu'il s'agissait à n'en point douter de l'œuvre de Kise !
Le chaotique blond ! Sous ses airs de ne pas y toucher ! Oui, ça ne pouvait être QUE lui ! Haizaki se tourna donc vers lui, accusateur.
« Ben quoi ? Je n'ai fait que desserrer le frein à main hihi ! Et comme la falaise était légèrement en descente… Mais honnêtement, je dois dire que je suis déçu… je pensais que la voiture tomberait bien plus tôt ! J'ai dû me tromper dans mes calculs quant à l'inclinaison de la pente… Enfin, heureusement, on a quand même pu assister à ce spectacle de pyrotechnie ! »
Oh fuck…
Un vrai psychopathe !
Non, parce qu'apparemment JUSTE se contenter de bousiller la caisse ne lui avait pas suffi, allons bon. Il fallait toujours que Monsieur Kise se démarque et fasse les choses en grand ! Du genre méga explosion, toute droit sortie d'un film de Michael Bay ! Maudit renard, à ne jamais rien faire comme personne ! Bon bah… il n'y avait plus qu'à espérer que les Gringos possèdent une assurance en béton… Cela dit, toute trace de leur méfait était effacée maintenant au moins, grâce à l'intervention de Kise. Jamais personne ne pourrait remonter jusqu'à eux.
Pas de cadavre, pas de suspect !
« Ah ben bravo, t'es fier de ta connerie, je suppose !? » Lança Haizaki. (Mais en vrai de vrai, il l'était lui aussi. Un peu.)
« Ouiiiiiiiii ! » Sifflota joyeusement celui-ci, en se balançant sur place.
Soupirant, Haizaki vint se réinstaller près de Kise.
Ce maudit blond était IRRECUPERABLE !
Et putain… c'était franchement con quand même, parce que…
« Non seulement, c'est hyper dangereux ce que tu as fait, parce que quelqu'un aurait pu être blessé… » Super, il se retrouvait donc en train de faire la morale à Kise pour la énième fois de la soirée… sans grande conviction cette fois, cependant. « Mais en plus, j'suis persuadé qu'il y avait des capotes dans la boîte à gants et… j'ai oublié de les prendre ! C'est trop con… »
« Oh… si c'est là ta seule préoccupation, alors oui, je te le confirme : il y en avait bien. Et un paquet ! J'en avais jamais vu autant ! »
« Putaiiiiiiin, j'en étais sûr, j'le savais… merde… et moi, j'ai pas pensé à en amener non plus… »
Or, pas question de faire sans…
Haizaki n'avait pas toujours fricoté en ayant revêtu son armure de chevalier… Surtout dernièrement. Il avait même dû accompagner une de ses « copines » prendre la pilule du lendemain. Par simple précaution, hein. Alors se passer de protection serait… réellement une grosse erreur.
C'est alors que Kise se mit à glousser dans sa barbe (inexistante) et il fouilla dans l'une des poches de son short, en sortant… un sachet argenté à l'aspect et à la forme familiers. Sachet qui se déplia jusqu'au sol.
« Tu me sous-estimes trop, Shogocchi… Ça devient vexant, à force… »
Haizaki en resta bouche bée.
Non… ne me dites pas que…
Et bien si.
Kise avait pensé à prendre les préservatifs AVANT d'envoyer la voiture faire le saut de l'ange… Et avant même que les infos aient eu le temps de monter jusqu'à son cerveau embrumé, Kise se rua sur lui, lui grimpant dessus, tel Herzog se lançant à l'assaut de l'Everest !
« … Tu peux pas être vraiment puceau. Impossible. Avoue, t'as juste dit ça par solidarité avec tes petits copains dans le car… »
Le sourire narquois que lui adressa Kise était digne de celui d'une éminence grise. Depuis le départ, il semblait avoir tout prévu, tout planifié. Plus que jamais, le garçon à la chevelure d'or ressemblait à un Kitsune en cet instant. L'esprit légendaire du renard espiègle et farceur.
« Crois ce que tu veux, mais moi, je commence à en avoir un peu marre de parler là, alors si tu me montrais plutôt ce que tu sais faire… ? Parce que je n'ai pas vu grand-chose pour l'instant… »
Kise avait toujours les pupilles dilatées.
Preuve que son cachet d'ecstasy faisait toujours effet.
Hmm…
Ça faisait bien longtemps qu'Haizaki n'avait pas tenu un autre garçon entre ses crocs. Il n'était plus vraiment sûr de savoir comment faire… Avec les nanas, c'était quand même plus facile, il fallait bien l'admettre. Et pour ajouter une difficulté supplémentaire, ce gars-là était supposément encore vierge… Super… Normalement, il n'aurait même pas dû s'en soucier et juste s'occuper de vider ses burnes.
Et basta.
Cela aurait appris à Kise de le chauffer autant.
Mais… il ressentait une certaine appréhension… Difficile à identifier et à comprendre.
Délicatement, il fit descendre Kise de ses genoux et il l'allongea comme une fleur fragile sur la serviette, accompagnante sa tête avec la main. Puis, il se plaça bien au-dessus de lui et il l'interrogea du regard. La lune et les étoiles leur en seraient témoins.
« Tu as peur ? » Souffla t-il avec douceur, entrecroisant ses doigts avec les siens.
Comme c'était à prévoir, Kise secoua la tête avec véhémence.
« Non. J'ai confiance en toi… »
Argh ! Il le faisait exprès ou quoi ? Il ne fallait pas sortir des trucs comme ça, le petit kokoro innocent d'Haizaki n'était pas prêt à les entendre ! Hmm… dire qu'il s'agissait du second mec dont il allait faire sauter la pastille… Le premier étant…
Non.
Ce n'était pas le moment d'y repenser.
Haizaki ferma les yeux un instant, juste pour rassembler ses esprits.
Tout ça… c'était ridicule…
Kise le réclamait depuis le début de la soirée alors… il était trop tard pour se défiler.
Ce que le garçon à la tête blonde lui confirma silencieusement, se mettant à déposer des baisers papillons sur ses mains.
Rien n'y personne ne viendrait les interrompre cette fois.
VOIR SECOND CHAPITRE POUR LES NOTES DE FIN HABITUELLES
