4 - épilogue

Tous deux assis à la table, dans la planque du métro, Harold Finch et John Reese profitaient d'un dernier verre après le debriefing. Finch accompagnait le tout d'une glace, un cône à la vanille que Reese lui avait apporté en revenant de mission (1). Ils étaient seuls avec Bear, Root et Shaw s'étant retirées pour aller « exploser quelques autres cibles » tant que la nuit était encore relativement jeune. Si on tendait bien l'oreille ces prochaines heures dans les rues de New York, on pouvait entendre quelques explosions, là où il y avait quelques criminels à mater. Ces deux-là s'étaient conçue une manière bien à elle de flirter qui leur réussissait à merveille.

« Finch, si vous m'aviez dit qu'un jour travailler avec vous me ferait collaborer avec des tortues... et bien, je ne suis même pas certain que ce soit l'affaire la plus bizarre que nous ayons eue. »

« La vie est plein de surprises, monsieur Reese. Dont certaines que même moi, je n'aurais pas été capable de prévoir. L'important étant que nous avons fait échouer le dernier plan en date de Decima. Nul doute qu'iels n'apprécieront pas notre implication dans les événements, mais je pense qu'iels laisseront de côté cette piste... du moins pour l'instant. Et je pense que mademoiselle O'Neil sera bien protégée par nos nouveaux amis, même après qu'elle aura fait remonter certaines informations à son journal. Et le détective Fusco m'a assuré qu'il avait bien pris livraison de monsieur Stockman. »

« Quelque chose vous chiffonne quand même, Finch. »

« Et bien, entre les informations que nous avons pu rassembler avec mademoiselle Groves et Donatello... » Finch s'interrompit un bref instant, comme pour savourer le fait incongru que plusieurs tortues portaient les noms d'artistes italiens de la Renaissance. Oui, il fallait vraiment qu'il fasse la rencontre de leur fameux père, un esprit pareil ne pouvait que s'avérer être un adversaire intéressant aux échecs. « ...il est fait mention de certains termes qui ont attiré mon attention. Il semblerait que Decima soit également en pourparler avec une organisation japonaise qui se fait connaître comme « le clan des Foot », mais je dois dire que je n'ai pas réussi à en apprendre plus : qui qu'iels soient, iels œuvrent dans les ombres, comme nous. Il est aussi question de quelque chose appelé « projet Shredder », mais là encore, je n'ai même pas de quoi faire des conjectures. Pour le moment : vous savez que je n'aime pas m'avouer vaincu, et il me reste quelques sources à contacter. »

« Nous avons aussi gagné des alliés de taille. Cela ne nous arrive pas souvent. Il est agréable de savoir que nous ne sommes pas les à veiller au grain sur la ville. »

« Nul doute que ce partenariat s'avérera gagnant pour nous toustes. Pas étonnant que nous n'ayons pas eu vent de leur existence plus tôt : ce n'est pas comme si elle avaient des numéros de sécurité sociale... Oh, en parlant de numéro... » Finch tendit sa glace à Reese qui s'en saisit, avant de se lever en boitant pour aller pianoter à son ordinateur : « Il semblerait que la Machine nous ait envoyé le prochain numéro... »

Reese se pencha par-dessus son épaule et, déchiffrant le nom accompagnant le numéro, fit : « Qui diable est Casey Jones ? »

Fin

(1) Où avait-il trouvé le cône à la vanille en pleine nuit ? D'aucun auraient pu dire qu'il gardait jalousement ce secret, et qu'il était prêt à l'emporter dans sa tombe. D'autres auraient mentionné la nouvelle baraque à glaces, maintenue par un certain Leon Tao (dans une énième tentative de reconversion), et que Reese n'avait aucune vergogne à venir le réveiller en pleine nuit pour servir un cône à la vanille (ainsi qu'un pot de crème glacée pour chien au beurre de cacahuètes que Bear était en train de déguster joyeusement sous le bureau).