Disclaimer : L'univers de Kuroko no Basket que vous reconnaitrez aisément appartient à Fujimaki Tadatoshi. L'auteur de cette fanfiction ne retire aucun profit de son utilisation si ce n'est le plaisir d'écrire et d'être lue.

Bonne lecture.


Shadow : je ne me permettrais pas de mettre en doute ce que tu dis. ^^ La ruine d'Akashi est un prétexte, il en fallait bien un, mais c'est un peu plus complexe. ^^

Effectivement, Kagami est en train d'écrire une très belle histoire. La suite est là, j'espère que ça te plaira. Bonne lecture.


Le roman de notre histoire

Chapitre 06

La fin du mois de juillet avait été étouffante et août qui commençait, semblait vouloir lui emboiter le pas d'après les météorologues. L'humidité de l'air rendait l'atmosphère moite. Les vêtements collaient à la peau, le moindre geste provoquait une suée. C'était particulièrement désagréable. Assis sur le canapé de l'engawa, son ordinateur sur les genoux, Kagami sirotait une citronnade tout en pianotant. Bien que la maison soit climatisée, il préférait restait à l'extérieur tant que s'était supportable. Jade était affalée sur le sol. Elle aussi souffrait de la chaleur et venait plus rarement s'installer sur l'épaule de son humain. En regardant l'espace qu'il restait dans le jardin, l'écrivain songeait à une manière d'aménager la partie qui ne l'était pas encore. L'idée d'y faire un bassin de style onsen (1) et suffisamment profond pour pouvoir y faire quelques brasses lui plaisait bien. L'eau serait chauffée en hiver et rafraichissante l'été. Il décida d'en parler à son jardinier qui serait, il le savait, de très bons conseils.

Il n'avait plus de nouvelle de la brigade financière depuis plusieurs jours. Les inspecteurs étaient certainement bien occupés. Il avait eu Furihata au téléphone quotidiennement et les quatre autres auteurs du top cinq l'avaient contacté. Ils avaient découvert que les chiffres de leurs ventes avaient été en partie falsifiés et ils étaient furieux. Ils l'avaient assuré de leur soutien et qu'eux aussi porteraient plainte contre Rakuzan le moment venu. L'affaire semblait bien engagée et l'étau se resserrait autour d'Akashi. La sonnerie de son mobile le tira de ses pensées.

— Bonjour, inspecteur.

Bonjour, Monsieur Kagami. Je voulais vous dire que tout le protocole d'investigation est prêt. Nous n'attendons plus que les dépôts de plaintes pour lancer la machine, l'informa Otsubo.

— Vous avez trouvé assez de preuves ?

Plus que nécessaire. Quand pensez-vous pouvoir venir?

— Le plus tôt possible. J'vais contacter les autres et voir si nous pouvons passer tous ensemble et j'vous tiens au courant.

Ce sera parfait. J'attends votre appel ou votre SMS. À bientôt.

— Au revoir.

Il envoya immédiatement un message groupé à ses collègues. Après quelques échanges, ils tombèrent tous d'accord pour se rendre à la brigade le surlendemain où ils se donnèrent rendez-vous en fin d'après-midi. En regardant son chat, il repensa au docteur Araki, le vétérinaire. Elle avait dit qu'elle le rappellerait lorsqu'elle serait plus libre, mais elle ne l'avait pas fait. Inutile d'être devin pour comprendre qu'il ne l'intéressait pas tant que ça. D'un autre côté, il n'était pas convaincu que leur histoire ait une chance de fonctionner. Il sera, de toute façon, amené à la revoir quand il emmènera Jade faire sa prochaine visite. La réaction de la jeune femme sera alors révélatrice de l'attrait qu'elle éprouve pour lui. S'il était aussi élevé que le sien pour elle, ça ne les mènerait nulle part. Sa mémoire lui montra la soirée qu'ils avaient passée ensemble et leurs ébats sur le canapé du salon. Et le hasard faisait bien les choses puisqu'il était plongé dans l'écriture d'une scène érotique hétérosexuelle. Il s'inspira de ses souvenirs. Mais en apesanteur, c'était plus un peu plus compliqué.

Le lendemain, il appela Kuroko et lui expliqua toute l'affaire. Celui-ci ne parut pas surpris, mais c'était difficile de savoir ce que pensait le comptable. Il était si impassible qu'aucune émotion ne s'inscrivait sur son visage. Il fallait bien le connaitre pour pouvoir repérer la moindre variation dans le ton de sa voix ou la hauteur d'un sourcil.

En compagnie de Furihata, Kagami attendait les autres auteurs qui devaient les rejoindre au bureau anticriminalité pour déposer leurs plaintes. Le bâtiment était discret et assez ancien. Il n'était pas situé dans un quartier particulièrement animé. Il y avait un parking en sous-sol – chose rare au Japon – sur un seul niveau et dans les trente-deux étages qui le constituaient, la brigade financière, celle de la surveillance des jeux d'argent et celle de la lutte contre le piratage informatique se partageaient les locaux (2). Et tous étaient reliés à la section judiciaire de la préfecture de police de Tokyo. Certaines enquêtes nécessitaient parfois l'intervention des forces de l'ordre. Et ces trois départements cohabitaient plutôt bien.

Ils n'attendirent pas très longtemps dans le grand hall d'entrée équipé de nombreux sièges. Le lieutenant Kasamatsu vint les accueillir et les conduisit au dixième niveau. Kagami fit les présentations et tous écoutèrent les explications de l'inspecteur Otsubo. Ils firent la connaissance de deux autres officiers, Miyaji Kiyoshiet Kimura Shinsuke (3). Ceci fait, les policiers prirent en charge les plaignants. Peu après dix-huit heures, tout le monde ressortit satisfait. Alors qu'ils étaient sur le point de se séparer, Furihata les interpela.

— Que diriez-vous d'inviter Kagami au restaurant ? Après tout, c'est grâce à lui qu'on en est là. En plus c'est son anniversaire.

Ce dernier ouvrit de grands yeux et commença à protester.

— C'est pas grâce moi. C'est toi qui es à l'origine de tout ça, Koki.

— Mais tu nous as poussés et soutenus pour qu'on porte plainte, rétorqua Nakamura Shinya (4) qui figurait lui aussi dans le top cinq et écrivait des thrillers sombres et plutôt violents. Je suis d'accord. Fêtons ton anniversaire et notre rébellion contre cet escroc d'Akashi !

— Vous m'gênez, les gars. J'sais pas quoi dire…

— Alors tu dis rien et tu viens avec nous. Rakuzan n'aura que c'qu'il mérite, insista Tsuchida Satoshi(5), un homme plutôt discret qui écrivait des histoires vraies qu'il recherchait en voyageant à travers tout le Japon.

Akashi adorait ses histoires vraies appréciant que l'auteur fasse autant de recherches. Tout comme il aimait les contes pour enfant de Nakamura. De là à penser que le PDG de Rakuzan comblait peut-être un manque dans sa prime jeunesse, il n'y avait qu'un pas. Vaincu par le nombre, Kagami accepta. Ils allèrent dans un restaurant italien où le patron sortait parfois de derrière ses fourneaux pour jouer un air de son pays natal à la mandoline. Un petit plus particulièrement apprécié des clients. L'écrivain n'oublierait pas ce mercredi 2 août 2028, l'année de ces trente-deux ans. Et alors qu'il ne s'y attendait pas, il reçut en moins d'un quart d'heure quatre SMS qui venaient de Kuroko, Himuro, Akashi et Mibuchi. Si pour les deux premiers ça ne le surprit pas — ses amis n'avaient jamais manqué son anniversaire depuis qu'ils se connaissaient tout comme lui pensait toujours aux leurs — pour les deux autres, il était plus dubitatif vu qu'ils ne l'avaient jamais fait auparavant. Fallait-il s'inquiéter ? Son père et son grand-père l'avaient appelé dans la journée et c'était certainement leur coup de fil qui lui avait fait le plus plaisir.

Il regagna sa demeure vers minuit. Il se sentait las. Maintenant que les plaintes étaient déposées, les choses allaient s'accélérer. Lorsque son éditeur sera accusé, les difficultés débuteront vraiment. Akashi allait certainement commencer par ne plus approvisionner les librairies en rupture de stock de leurs œuvres à tous. À moins que le juge ne l'y oblige. Pouvait-il faire ça, ce cher homme ? Peut-être valait-il mieux se mettre en quête d'une nouvelle maison d'édition ? À première vu, Touou ne publierait pas ses romans historiques puisque ce n'était pas du tout leur créneau. Il allait devoir effectuer quelques recherches. Mais la concurrence était si rude que toutes, ou presque, étaient présentes sur Internet pour afficher leurs ambitions et leurs points forts sur leur site. Le tout était de savoir décrypter le vrai du faux.

La nouvelle fit l'effet d'une bombe dans le milieu japonais des affaires. Elle sortit même des frontières. Le groupe Rakuzan travaillait avec plusieurs pays dans le monde entier et son PDG, Akashi Seijuro, venait d'être mis en examen pour escroquerie aux droits d'auteur. Ça ne concernait que la maison d'édition, mais les répercussions sur l'image et la réputation de la compagnie entière allaient être considérables. Les policiers de la brigade financière l'avaient arrêté dans son bureau. Il passa un appel à son avocat et suivit l'inspecteur Otsubo et le lieutenant Kasamatsu dans un mutisme glacial. Mibuchi était effondré. Son compagnon lui avait murmuré avant de partir de téléphoner à Haizaki pour qu'il plie bagage et s'en aille le plus loin possible. Il ne fallait pas qu'on lui reproche également le piratage informatique même si le hacker lui avait sans cesse dit que ses actions seraient indécelables. Bien qu'on soit très bon dans un domaine, on trouve toujours meilleur que soi. Et Haizaki allait le découvrir à ses dépens.

Après avoir été informé de ses droits, Akashi fut emmené dans les bureaux de la brigade. Il ne prononça pas une parole hormis pour demander un verre d'eau et pour aller aux toilettes. Maintenant qu'il l'avait devant lui, Otsubo comprenait mieux les craintes de Furihata. Le PDG de Rakuzan avait une présence écrasante et dégageait une aura sombre et dérangeante. Il n'arrivait pas à le lire. Dans d'autres circonstances, il aurait certainement fait un excellent joueur de poker. Peut-être même l'était-il ? Accompagné de son avocat, il fut ensuite conduit au tribunal où le juge fixa sa caution à cent cinquante millions de yens (6), ce qui n'était vraiment pas grand-chose en comparaison de la colossale masse d'argent que brassait le groupe.

Akashi fut remis en liberté et retourna à son bureau. Il avait interdiction de quitter la ville. Sous peu, le juge le convoquerait pour lui donner tous les détails sur le délit dont il était accusé. Mais en attendant, il se demandait comment les choses avaient pu en arriver là. Il décida de prendre le risque de contacter Haizaki. Il brouilla sa ligne comme le lui avait appris le hacker, bien qu'après réflexion, la police n'espionnait pas les gens pour des faits comme ceux qui lui étaient reprochés. Ils surveillaient plutôt les trafiquants de drogue, les revendeurs d'armes ou encore les faux-monnayeurs.

Allo?

— C'est moi. T'es au courant ?

Ouais…

— Tu peux m'expliquer ? demanda-t-il d'une voix plus froide que les glaciers éternels de Sibérie.

Non. J'ai pas d'explication. Et c'est même pas certain qu'ce soit d'ma faute.

— Prouve-le-moi.

Dis donc, ça t'est pas v'nu à l'esprit que tes scribouillards ben y s'en sont peut-être aperçus tous seuls?

— J'y ai pensé, mais j'y crois pas un seul instant. C'est un peu trop technique pour eux.

C'est ça… Tu les prends vraiment pour des brêles, hein? D'ailleurs tu nous prends tous pour des brêles. Seulement y a des trucs que tu peux pas faire tout seul parce que la brêle, c'est toi! Alors tu fais appel à des types comme moi pour régler tes problèmes!

— De quoi tu parles ?

Ça va! Fais pas l'innocent! Tu crois que j'ai pas fouillé? Que j'ai pas trouvé tes soucis d'argent? Tes gros soucis d'argent?

— Qu'est-ce que tu vas faire ?

Rien du tout. C'est pas mon problème. Tant que les flics remontent pas jusqu'à moi, t'as rien à craindre. Par contre, s'ils me trouvent, je tomberai pas tout seul. Et n'oublie pas. Si moi j'ai trouvé, d'autres le peuvent également. T'es dans la merde Akashi!

— Ne t'avise pas de me trahir, Haizaki. Et parle-moi sur un autre ton. Tu sais pas de quoi j'suis capable.

T'es surtout capable des pires conneries si j'en crois c'que j'ai vu. Mais t'inquiète pas. Tant qu'je suis pas mêlé à tout ça, tu peux être tranquille. J'me fous de tes problèmes tant qu'ils deviennent pas les miens. C'est tout.

— Quitte le pays pendant quelque temps.

Eh! Me donne pas d'ordre. Tu crois que t'es mon seul client au Japon?

— Tant que t'as une connexion Internet, peu importe que tu sois au Groenland ou au fin fond du bush australien. Alors obéis sans discuter !

Akashi coupa la communication. Son ton frisait le zéro absolu et Haizaki l'avait bien senti. En apparence, le PDG de Rakuzan semblait comme d'ordinaire, froid et détaché. Mais à l'intérieur, il écumait d'une rage terrible que seul l'éclat meurtrier de ses yeux vairons trahissait. Il était certain qu'Haizaki avait commis une erreur permettant aux écrivains de découvrir le pot aux roses. Il n'en avait aucune preuve, mais il n'avait aucun doute non plus. Quelque chose lui disait que ça ne pouvait être que lui. Son intuition ou son instinct. Il demanda un état complet des ventes à l'un de ses subordonnés. Mais il ne se faisait aucune illusion. Maintenant que tout avait été dévoilé, son stratagème ne fonctionnerait plus. La police allait surveiller de près les mouvements de fonds des différents comptes bancaires. Ceux de Rakuzan et surtout les siens.

De son côté, Haizaki était effrayé. Jamais il n'aurait parlé à Akashi de cette manière s'ils avaient été face à face. L'homme avait une présence par trop étrange et inquiétante comme s'il menaçait en permanence ses interlocuteurs. Là, au téléphone, il s'était un peu emballé. Il avait adoré rembarrer le jeune PDG, mais il restait quelqu'un de prudent. C'était pour cela aussi que la police ne l'avait jamais arrêté. Il était passé maitre dans l'art du camouflage. Il trouva un coiffeur dans le quartier où il résidait. Deux ans plus tôt, il avait teint ses cheveux avec un pigment argenté. L'idée de redevenir brun et de se faire des tresses africaines plaquées sur le crâne lui plaisait assez. C'était décidé, il allait changer de tête. On n'est jamais trop prudent. Si Akashi crachait le morceau, les flics allaient chercher un bon moment un homme aux cheveux gris un peu longs.

Quelques jours plus tard, dans le bureau de son patron, Aomine faisait le point, avec celui-ci, sur les auteurs qu'il supervisait. Ils parlaient du dernier lorsqu'on frappa à la porte.

— Je ne vous dérange pas ? demanda l'homme qui venait d'entrer.

— Un problème sur une promotion, Kise ?

— Non, monsieur. Mais si j'en juge par votre calme, vous n'êtes pas au courant.

— De quoi ? s'enquit Aomine à son tour.

— Le PDG de Rakuzan vient d'être mis en examen pour escroquerie aux droits d'auteur. C'est tombé y a moins d'une heure. Plusieurs d'entre eux ont déposé une plainte auprès de la brigade financière.

— Quoi ? firent en chœur les deux hommes.

— La voilà son affaire déplaisante ! s'écria Aomine. Je lui envoie un mail immédiatement, fit-il en se levant.

— Aomine, tu sais ce que tu dois faire. Kise, utilise tes relations dans la presse pour essayer d'en savoir plus, ordonna Harasawa.

— Bien patron.

— Tu as travaillé pour Rakuzan, non ?

— Euh… oui. Pourquoi ?

— Tu pensais qu'ils étaient à même de faire ça ? Je parle de la maison d'édition.

— Akashi est quelqu'un de secret et d'imprévisible. C'est difficile de deviner à quoi il pense tant son visage est fermé. Mais je le crois capable de beaucoup de choses. Je suis bien content d'être parti.

— Pourquoi l'as-tu fait ? J'te l'ai jamais demandé, mais maintenant, je suis curieux.

— Eh bien… comment dire ? Lorsqu'un auteur commençait à perdre en notoriété, Akashi demandait de réduire la publicité au strict minimum. De ce fait, nombre de petits écrivains disparaissaient des rayonnages réservés aux nouveautés et aux promotions. Leurs ventes chutaient de façon drastique et leurs revenus avec. Ils allaient d'eux-mêmes vers d'autres maisons d'édition.

— Et ainsi on ne pouvait pas accuser Rakuzan, conclut Harasawa.

— Exactement. Pendant mes études de commerce, il y a une phrase qui m'a marqué : un produit qui ne se voit pas est un produit qui ne se vend pas. C'est vrai pour tout. J'ai fait ce qu'il m'a demandé à quelques reprises, mais j'ai fini par refuser et je suis parti. J'trouvais ça, et j'trouve toujours ça injuste envers les auteurs. On a un contrat avec eux, on se doit de tout donner pour les promouvoir. Ils sont gagnants et nous également.

— Il ne voulait pas investir au-delà d'un certain seuil. Quel salopard !

— J'bossais avec un gars que ça ne gênait pas le moins du monde. Hayama. Il doit être aussi pourri qu'Akashi.

— Comme tous ceux qui travaillent avec lui. Ils cautionnent de tels agissements. Merci Kise. Désolé de te rappeler de mauvais souvenirs.

— C'est rien. C'est du passé, sourit l'homme blond en se dirigeant vers la porte.

— Ah ! Dis-moi, si je t'amène un potentiel best-seller, tu feras quoi ? demanda le PDG de Touou, un rictus malicieux aux lèvres.

— Vous avez ça en réserve ?

— C'est possible…

— S'il devient un best-seller, je ferai ce qu'il faut pour lui faire atteindre les étoiles !

— J'm'en doutais… Dis à Imayoshi de venir, s'il te plait ! ajouta-t-il tandis que son collaborateur s'apprêtait à quitter la pièce.

Le PDG souriait encore lorsque Kise referma la porte du bureau derrière lui. Comme dit le proverbe "le malheur des uns fait le bonheur des autres". Il était possible que des auteurs de Rakuzan soient maintenant à la recherche d'un nouvel éditeur. Peut-être était-il temps d'élargir la gamme éditoriale de la maison. Il alla sur le site de son concurrent et regarda le catalogue de livres. Pourquoi ne pas créer un nouveau département ? Polars ou thrillers fantastiques ? Ou les deux ? Plus tard, peut-être dira-t-on de Touou qu'elle avait sauvé des romanciers de l'oubli ?

— Kise m'a dit qu'vous m'cherchiez, patron ? interrogea un homme brun qui portait des lunettes en entrant dans le bureau d'Harasawa.

— Imayoshi, oui. Assieds-toi. T'as entendu les infos ?

— Rakuzan et Akashi ? Bien sûr.

— Je veux que tu suives cette histoire d'aussi près que possible. Si t'as des contacts parmi les employés ou même les proches d'Akashi, essaie de découvrir c'qu'ils savent et quelle tournure peut prendre cette affaire.

— On y a un intérêt ?

— Récupérer un très possible best-seller. Et peut-être même d'excellents auteurs si on élargit les genres.

— Oh… C'est du sérieux, sourit le bras droit du PDG. J'vais faire de mon mieux. J'crois même que j'ai le gars parfait pour un nouveau département.

— Ah ? Alors, commence à t'en occuper et tiens-moi au courant.

— OK, patron !

À peine Aomine entra-t-il dans son bureau qu'il alluma la télévision sur la chaine d'informations. Après les nouvelles de la politique intérieure et les prévisions météorologiques, l'affaire Rakuzan était en tête du flash. Le reportage montrait Akashi qui sortait des bureaux de la brigade financière et le commentateur ne disait rien de plus que ce dont Kise les avait informés quelques minutes auparavant. S'il n'avait été question que de la maison d'édition, il eut été fort probable que la nouvelle n'aurait pas eu un tel éclat médiatique. Mais il s'agissait du PDG du groupe Rakuzan. Une société qui faisait partie des trente plus grosses entreprises du Japon et qui employait plusieurs milliers de personnes.

— Arnaque aux droits d'auteur, hein ? railla Aomine tout haut. Mais qu'est-ce que ce crétin a manigancé ?

En tout cas, ça mettait Mori Tora un peu plus à la portée de Touou. Il ouvrit son gestionnaire de courriers électroniques et chercha le message qu'il avait reçu de l'auteur pour le contacter à nouveau.

Bonjour Monsieur Mori.

Je viens de voir le flash infos et si j'ai bien compris, votre affaire déplaisante, comme vous me l'avez écrit, concerne votre éditeur Rakuzan et son patron, Akashi Seijuro. Croyez bien que je suis navré de ce qui vous arrive et profondément choqué.

Vous allez certainement penser que je profite de la situation pour réaffirmer ma proposition de collaborer avec Touou et je vous dis oui, sans aucune honte. Après tout, le monde continuera de tourner avec ou sans Akashi.

Je tiens à vous faire part de tout mon soutien et de celui de mon PDG dans cette affaire. Je comprends mieux votre hésitation et je la respecte. Vous voulez offrir un travail propre où vos soucis ne transparaitront pas derrière chacun de vos mots et c'est, à mon sens, une marque de professionnalisme que j'admire. Je suis persuadé que vous ne vous laisserez pas abattre et que vous ferez tout pour obtenir gain de cause. Je vous le souhaite sincèrement. De tels actes ne doivent pas rester impunis.

Dans l'attente de pouvoir vous rencontrer dans un moment plus serein, veuillez croire, Monsieur Mori, en l'expression de mes sentiments distingués.

AD

Envoyer.

Maintenant, il fallait attendre la réponse. Bien que le ton du message n'en réclame pas vraiment une. Il ne s'agissait que de faire savoir à l'écrivain que le petit monde de l'édition était au courant, qu'il condamnait les actions coupables de l'un des leurs et qu'il soutenait les auteurs spoliés de leur dû. Aomine relut pour la énième fois la dizaine de chapitres de Mori. Il ne s'en lassait pas. Il connaissait certains passages par cœur. Bien sûr, il y avait des corrections à faire. Mais pas tant sur la forme que sur le fond. Il avait déjà noté un bon nombre de suggestions pour rendre son univers encore plus réaliste, plus crédible. Il trépignait d'impatience de débuter le travail proprement dit sur ce manuscrit. Il avait l'impression d'avoir une pépite d'une tonne d'or pur dans son disque dur. Et Mori dans tout ça ? Que pouvait-il penser ? Quel était son état d'esprit ? Abattu ? Effondré ? En colère la bave aux lèvres près à déchiqueter son éditeur ? Quoiqu'il en soit, aucun de ces sentiments n'était bon pour l'inspiration.

Kagami relut plusieurs fois le mail d'Aomine. Touou ne perdait pas de temps. La bête Rakuzan était toujours vivante, aux abois et au loin on entendait l'hallali. Derrière les mots, il percevait le désir d'honnêteté de cet homme. Ainsi que son sens aigu de la réalité. Oui, le monde allait continuer de tourner. Cette affaire n'était pas la fin et la destination à atteindre restait la même. Ce n'était là qu'un changement imprévu d'itinéraire. Et les chemins pittoresques de la campagne ont souvent plus de charme que les autoroutes goudronnées et bien lisses. On arrive, certes, moins vite, mais on arrive quand même. Il lui tardait de rencontrer ce Aomine. Quel genre d'homme pouvait-il bien être ? La cinquantaine, avec au moins vingt ans d'expérience ? Plus jeune, plein d'enthousiasme ou encore plus âgé, proche de la retraite ? Kagami sourit. Il s'emballait un peu là, non ?

Il n'avait aucun doute quant au verdict de la cour, songea-t-il en recentrant ses idées sur le problème immédiat. Ils étaient dans leur droit et ils avaient fourni des preuves incontestables. Aucun juge ne pouvait innocenter Rakuzan. Brusquement, il se leva. Jade le regarda, surprise. Quelle mouche avait piqué son humain ?

— Himuro ? C'est moi ! s'écria-t-il quand son ami décrocha.

Ça va? Qu'est-ce qui t'arrive?

— Tu t'rappelles quand t'as effacé le nom de Furihata des destinataires du mail d'origine.

Euh… oui… Pourquoi?

— Il faut le remettre. Maintenant que l'affaire a éclaté, ils vont voir d'où vient leur erreur puisque notre avocat va donner au leur une copie des courriers qu'on a imprimés et ça ne correspondra pas à ce qu'il y a dans leurs ordinateurs. Ils vont se poser trop de questions !

Et ils pourraient dire qu'on les a piratés?

— Exactement.

Cette idée t'est venue comme un coup de pied au cul? plaisanta l'informaticien.

— Ouais et j'ai encore mal quand j'm'assois, sourit Kagami.

Bien vu. J'avoue qu'j'y avais pas pensé. Je te règle ça en moins de dix minutes.

— Merci ! T'es génial !

Tu l'ignorais encore? répondit son ami avec un petit rire. J't'envoie un SMS quand c'est fait.

— Salut.

Délai tenu. Moins de dix minutes plus tard, Kagami recevait le texto d'Himuro.

Furihata avait finalement accepté l'invitation de son ami. Il s'était installé dans l'une des chambres au premier et madame Yoshino était ravie de s'occuper des deux hommes. De son côté, Kagami avait exposé son idée de bassin de type onsen à son jardinier qui approuva mais il lui suggéra plutôt un bassin pour carpes Koïs. Les travaux seraient réalisés cet hiver et devraient en principe être terminés dans un mois, deux tout au plus. Son havre de paix allait vers son aboutissement. C'était un lieu hors du temps, presque coupé du monde avec tout le confort moderne. Un endroit qui invitait à la sérénité, au calme intérieur, à la relaxation. Son ami kinésithérapeute, Kiyoshi, était venu le voir quelques fois et lui avait appris quelques techniques de méditation. Il se servait de cette discipline lorsque l'inspiration lui faisait parfois défaut. Ça lui permettait de se recentrer sur la base de l'histoire et d'en distinguer plus clairement les fils de la trame.

Le procès de Rakuzan avait été arrêté pour octobre et bientôt des têtes allaient tomber. Kuroko lui avait donné le nom d'un avocat, un certain Midorima Shintaro, qui avait une réputation de pitbull lorsqu'il plaidait un dossier. Il avait reçu le groupe d'écrivains dans son bureau pour faire un premier point sur toute cette affaire et il était confiant au vu des éléments qu'il possédait. Pour lui, le cas était simple, mais il restait une question en suspens. Pourquoi. Pourquoi le PDG de Rakuzan avait-il agi de la sorte ? Lorsqu'il l'avait posé, tous répondirent qu'ils l'ignoraient. Sauf Kagami qui accrocha le regard de Midorima. Le message était bien passé entre les deux hommes. L'avocat l'avait appelé plus tard pour convenir d'un rendez-vous informel.

À la terrasse d'un café, Kagami observait l'homme qui se dirigeait vers lui. Vêtu d'un costume vert bouteille, il avait du charisme et une belle prestance. C'était important dans un tribunal.

— Veuillez excuser mon retard, fit celui-ci en s'asseyant, un coup de téléphone plus long que prévu au bureau.

— J'vous en prie, c'n'est pas grave. Vous prenez quelque chose ? proposa Kagami.

— Un thé glacé, s'il vous plait.

— Bonne idée par cette chaleur. Un thé glacé et un café frappé, commanda-t-il à la serveuse qui s'était approchée de leur table.

— Je n'irai pas par quatre chemins, Monsieur Kagami. Vous connaissez les raisons qui ont poussé Akashi à agir ainsi. Je vous écoute.

— Je dois d'abord vous dire que j'ai obtenu ces informations de façon illégale. C'est donc délicat d'en parler.

— Dites toujours, je verrai après si je peux m'en servir.

— Akashi a fait des investissements qui ont très mal tourné. Il est ruiné ou peu s'en faut.

— Et il a voulu tenter de s'en sortir en récupérant une partie des droits d'auteur qu'il ne vous versait pas en falsifiant les bases de données des librairies qui vous distribuent vous et les autres auteurs.

— Vous avez l'esprit vif. Ça semblerait être une bonne raison. Je voulais aiguiller les enquêteurs en leur faisant des suggestions, mais…

— Surtout, n'en faites rien ! le coupa l'avocat. Je connais quelqu'un à la brigade de lutte contre piratage informatique. Il m'est arrivé de travailler avec lui quand j'en recevais l'autorisation du tribunal. Je peux réclamer un état des finances de l'accusé en avançant comme argument que puisque c'est du détournement d'argent, que l'on peut assimiler à du vol parce que ces sommes vous appartiennent, il est logique d'en déduire qu'Akashi doit avoir des problèmes personnels de trésorerie et qu'il faut enquêter de ce côté pour faire toute la lumière sur ce point. C'est le mobile le plus évident qui viendrait à l'esprit de tous.

— Et de cette manière, mes informations illégales deviendraient légales, sourit l'écrivain.

— Vous aussi vous avez l'esprit vif. Demandez à votre ami pirate s'il connait un dénommé HawkEye. Le monde des hackers est minuscule.

Kagami éclata de rire. Sous ses airs guindés, Midorima était bouillonnant. Et ses méthodes flirtaient parfois dangereusement avec la limite de la légalité sans jamais franchir la ligne rouge. Il était vraiment l'avocat qu'il leur fallait. Ces honoraires n'étaient pas donnés, mais s'il leur permettait de récupérer les sommes dues, il serait largement payé.

— Comment connaissez-vous Kuroko ? interrogea l'avocat au milieu de leur conversation.

— C'est un ami de lycée. Nous avons suivi des études différentes dans la même université, mais nous sommes restés proches. Il est devenu mon comptable quand j'ai commencé à me perdre dans les chiffres. Et vous ?

— J'ai travaillé avec lui à plusieurs reprises. Des affaires de détournements de fonds aux dépens de sociétés dont il tenait le portefeuille. Il a un potentiel énorme. J'me demande pourquoi il ne travaille pas avec la brigade financière.

— Le privé paye souvent mieux que la fonction publique…

— Vous n'avez pas tort. Je reprends à mon compte l'idée des finances d'Akashi. Ainsi personne ne vous posera la question et notre conversation restera entre nous. Vous me semblez plus détendu qu'à notre première rencontre. Je m'trompe ? demanda soudainement l'avocat.

— J'avoue que votre présence à nos côtés est un soulagement. L'affaire est sur les rails, il n'y a plus qu'à vous laisser faire votre travail. Ce qui va me permettre de me concentrer à nouveau sur le mien.

— Un roman en cours ? s'enquit Midorima en buvant une gorgée de son thé glacé.

— Oui, mais tout ceci m'occupait trop l'esprit pour que mon inspiration soit efficace.

— Une affaire n'est jamais gagnée d'avance, mais nous avons de très bonnes chances de vous faire récupérer ce que Rakuzan vous doit plus un supplément pour le préjudice causé. Mais ne comptons pas trop sur ce dernier pour l'instant.

— Une dernière question si vous le permettez.

— Je permets, sourit Midorima.

— Connaissez-vous l'avocat de Rakuzan ? Enfin d'Akashi ?

— Shirogane Eiji (7) ? Un homme doué et retors. Il se battra comme un diable. Mais il ne me fait pas peur. Bien. Si vous n'avez rien d'autre à me dire, j'vais rentrer au bureau, déclara Midorima en se levant.

— Vous voulez que j'vous raccompagne ? proposa Kagami en laissant de l'argent sur la table pour payer leurs consommations.

— Je suis venu en voiture, c'est très aimable. J'vous tiens au courant des suites de cette affaire soit par mail, soit j'vous téléphone.

— Je compte sur vous. Merci maitre Midorima. À bientôt.

Après une franche poignée de main, les deux hommes se séparèrent et retournèrent à leurs occupations. Dans sa Lexus bi-tons noire et bleu saphir haut de gamme (8), Kagami envoya un SMS à Himuro lui demandant s'il connaissait le fameux HawkEye dont son avocat lui avait parlé. Puis il mit le contact et rentra chez lui. Pendant qu'il conduisait, ses pensées vagabondèrent. Il n'avait pas parlé de l'implication d'Himuro aux autres écrivains. Il n'en avait pas vu la nécessité. Ce n'était pas qu'il voulait leur cacher des informations, mais leur illégalité aurait pu mettre ses collègues sur la défensive. Peut-être même auraient-ils retiré leur plainte en comprenant que Rakuzan pouvait les accuser de piratage informatique. Quel retournement de situation ça aurait été ! Mais finalement, il s'en tirait à bon compte. Midorima avait l'air de savoir où il allait et ce qu'il faisait.

Il fut accueilli par un Furihata plutôt détendu. Ne pas être seul chez lui avait effectivement rassuré son collègue qui ne tarissait pas d'éloges sur la cuisine de madame Yoshino. Ils dînèrent de bon appétit et chacun vaqua à ses occupations, c'était à dire, écrire. Kagami appela Himuro qui avait répondu par l'affirmative à son texto.

— Donc tu connais HawkEye ?

On s'est connu sur des forums spécialisés et difficiles d'accès, tu t'en doutes. J'vais pas entrer dans les détails, mais il s'est fait piéger par un autre hacker il y a quelques années. Il doit être en taule à l'heure qu'il est…

— Qu'est-ce qu'il avait fait ?

Un truc trop débile! ricana Himuro. Il a piraté la logistique de la police et changé toutes les pointures des chaussures en trente-six.

— Quoi ? Mais c'est complètement con !

Ah ça c'est sûr! T'imagines la gueule des gars qui font minimum du quarante avec des rangers pour bébés?

— J'avoue que parfois j'ai du mal à vous comprendre.

Ça montre aux autorités qu'aucun système n'est parfait. Aujourd'hui, c'est des godasses, demain c'est les codes de lancement des missiles balistiques de la Russie ou de l'Amérique. Tu vois ce que je veux dire? Mais comment tu connais son nom?

— Mon avocat me l'a dit. Je lui ai parlé des problèmes financiers d'Akashi et…

T'as fait quoi? le coupa Himuro, complètement affolé. Putain! Taiga! Tu sais ce que je…

— La ferme et écoute ! J'ai pas parlé de toi. J'ai juste dit que j'avais obtenu ces informations de manière illégale et que c'est pour cette raison que j'en avais pas parlé. Midorima est très intelligent, il a vite compris. De toute façon, tu sais très bien que j'l'aurais pas fait.

Et il va faire quoi maintenant?

— Il va demander une enquête sur les finances d'Akashi. Comme ça tout le monde pensera que l'idée vient de lui et l'affaire est réglée. Puisqu'il nous a volé notre argent, c'est normal de croire que c'est son mobile. Ne t'inquiète pas.

Que je m'inquiète pas? Facile à dire. T'as d'la chance que j'ai une confiance aveugle en toi.

— Tu sais bien que jamais j'te trahirais. J'te tiendrai au courant de tout ça dans les moindres détails. D'accord ?

T'as intérêt. Bon, il est tard, j'te laisse. Bonne nuit.

— Je t'appelle dans quelques jours. Dors bien.

Kagami souriait encore en raccrochant. Himuro avait vraiment eu peur. Il ne l'avait pas fait volontairement et il ne s'attendait certainement pas à une réaction aussi paniquée. Il ouvrit ses mails, fit le tri et le vide puis son regard tomba sur le message d'Aomine. L'envie d'établir un premier contact le taraudait de plus en plus. Ce serait un premier pas pour son roman.

Bonjour monsieur Aomine.

Je suis navré de vous répondre si tardivement, mais ces jours-ci ont été assez tumultueux comme vous devez vous en douter. L'affaire Rakuzan était effectivement au cœur de toutes mes préoccupations. Mais maintenant que nous avons fait appel à un avocat, je peux dire que mon esprit s'est apaisé.

Avant tout, je tiens à vous remercier de votre sollicitude ainsi que celle de votre PDG. Ça me touche beaucoup. Même si pour l'instant, je ne veux rien vous envoyer de nouveau, peut-être serait-il intéressant de nous rencontrer pour faire connaissance afin que je puisse découvrir les éditions Touou et vos méthodes de travail.

J'ai une fâcheuse tendance à veiller assez tard le soir, donc si vous souhaitez que l'on se voie, j'ai une préférence pour l'après-midi à partir de quatorze heures trente n'importe quel jour de la semaine.

Cordialement, Mori Tora.

Aomine était sur le point de rentrer chez lui. Il travaillait souvent tard et n'arrivait jamais à son bureau avant dix ou onze heures du matin. Comme il excellait dans son domaine, Harasawa ne lui en tenait pas rigueur. Il regarda une dernière fois ses mails lorsqu'il vit arriver un nouveau message. Et quel message ! Il le relut à plusieurs reprises pour être bien sûr qu'il ne rêvait pas. Un sourire digne des plus dangereux prédateurs étira ses lèvres. Il cria un "Yes !" tonitruant en brandissant son poing en l'air. Le contenu de ce courrier était, pour lui, la preuve que Mori voulait définitivement couper les ponts avec Rakuzan. Le procès lui en donnait l'opportunité et Touou lui ouvrait les bras. Il consulta rapidement son agenda et cala le rendez-vous pour le surlendemain à quinze heures. Il envoya un SMS à Harasawa en lui disant que le poisson était ferré et qu'il fallait maintenant le ramener délicatement dans l'épuisette et l'installer le plus confortablement possible dans l'aquarium que représentait Touou. Il écrivit un nouveau mail à Mori pour se faire confirmer l'entrevue. Et il éteignit précipitamment son ordinateur. Si jamais l'auteur répondait, il serait capable de rester là toute la nuit à discuter avec lui par messages interposés. Il enfila la veste de son costume bleu cobalt, une couleur assortie à ses yeux et qui lui allait à la perfection, et quitta son bureau, heureux.

Kagami ne s'attendait pas à recevoir une réponse à cette heure avancée. Il ne pensait pas qu'Aomine travaillait encore. Fallait-il y voir une conscience professionnelle exacerbée ? Ça ne le dérangeait par du tout. Bien au contraire, ça lui plaisait. Il confirma la date et l'heure de leur rendez-vous et le nota dans l'agenda de son téléphone. Il était temps d'aller dormir. Jade le suivit et s'installa au pied du lit. Après une douche rapide, il se coucha sur les draps frais et laissa ses pensées vagabonder grâce à quelques techniques de relaxation apprises avec Kiyoshi. C'était efficace. Il avait l'impression de mieux voir et comprendre son esprit. La trame de son roman lui apparaissait avec clarté. Il savait ce qu'il devait écrire, comment le rédiger et il prenait lentement conscience de la tâche monumentale qu'il avait sur les bras. Il sourit et s'endormit d'un sommeil paisible peuplé d'images claires et nettes de son histoire…

À suivre…


(1) Onsen : ce sont des sources chaudes naturelles exploitées pour leurs bienfaits.

(2) Pure invention de ma part.

(3) Miyaji Kiyoshiet Kimura Shinsuke joueurs de Shutoku.

(4) Nakamura Shinya joueur de l'équipe de Kaijo

(5) Tsuchida Satoshi joueur de l'équipe de Rakuzan

(6) 150 millions de yens = un peu plus d'un million cent cinquante mille euros. Là encore, ne connaissant pas le système judiciaire japonais, je me base sur celui des États-Unis que je connais un peu mieux grâce aux séries télévisées. J'espère que ça ne vous empêchera pas d'apprécier cette histoire.

(7) Shirogane Eiji entraineur de Rakuzan.

(8) Voiture de Kagami Lexus bi-tons noire et bleu saphir haut de gamme

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