Disclaimer : tout l'univers de Saint Seiya que vous reconnaîtrez aisément appartient à Masami Kurumada. Les autres personnages sont à moi et ceux de la mythologie à tout le monde.
Résumé : un Sanctuaire inconnu va se retrouver mêlé, contre son gré, aux problèmes que va rencontrer celui d'Athéna à cause d'une nouvelle menace qui ne vient pas d'un des Dieux de L'Olympe.
Moon Shadow : la suite que tu attendais est là. Merci pour ton commentaire et ta fidélité à cette histoire. J'avoue que moi non plus je n'avais jamais lu d'histoires mettant Shura et Shaka ensemble. C'est peut-être ce qui m'a poussé à le faire à l'époque. La vie s'école lentement avec de petites soirées et parfois un souci Abarites mais ça fait partie de l'histoire. Mais surtout, ça me donne l'occasion de montrer des chevaliers qui combattent sans cosmos. Ils comprennent mieux la sauvagerie dont sont obligées de faire preuve les amazones pour survivre et protéger leur Sanctuaire. C'est violent et barbare mais ils devaient le voir pour réaction des oncles d'Athéna est pour bientôt. Et le baiser final, ben… il fallait bien une petite touche de douceur. Voici la suite, bonne lecture.
Kuro Neko : merci pour ta review et ta fidélité. J'ignore si ce genre de boite existe, mais j'en avais besoin. Shura et Saka, j'ai l'impression que j'ai surpris pas mal de mes lecteurs. Et le lemon tout en douceur, c'est normal. Je ne fais plus dans le graphique depuis longtemps et je n'aime pas quand c'est vulgaire. JE suis très contente du compliment sur le fait que cette histoire n'a pas pris une ride. C'est peut-être un eu exagéré, mais ça me touche beaucoup. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira. Bonne lecture.
Chapitre 15
Sanctuaire Sous-Marin, vendredi 17 avril 1998…
La grande salle de réception du Palais de Poséidon avait été décorée à la va-vite, mais le Dieu avait été pris de court. Pendant un instant, il avait fulminé contre sa nièce qui lui demander de l'accueillir avec Hadès et leur délégation respective. Il aimait le faste et organiser une soirée en moins de quarante-huit heures ne lui convenait pas du tout. Malgré tout, devant l'insistance d'Hermès qui lui avait transmis le message, le maître des lieux céda à contrecœur. De plus il n'avait pas la moindre idée du pourquoi de cette réunion. Hadès et ses trois juges venaient d'arriver et ces derniers tentaient de lier la conversation avec les Généraux de Poséidon.
— Il te manque ton Généralissime ! observa le Dieu des Enfers.
— Je l'ai autorisé à rester au Sanctuaire d'Athéna avec son frère jumeau, pour qu'ils puissent se connaître.
— C'est vrai que leur destin n'est pas des plus ordinaires. Ils sont quand même à l'origine des trois batailles précédant celle contre moi.
— Je suis trop sentimental, je sais. Mais que veux-tu, Kanon m'est très précieux ou plutôt, c'est Julian qui tient à lui.
— Ton bon cœur te perdra…
— Ah ! Je sens nos visiteurs qui arrivent !
Athéna escortée de Kanon, Saga, Camus et Milo venaient d'entrer dans le grand hall suivi de la Reine Lysia, de Kamryl, Kayla et Naralys. Les Chevaliers et les deux Amazones étaient en armures et Kanon portait son écaille du Dragon des Mers.
— Ma chère nièce, clama Poséidon avec emphase, sois la bienvenue dans mon Sanctuaire ainsi que ceux qui t'accompagnent. Ainsi donc voici… les redoutables jumeaux. Votre ressemblance est vraiment stupéfiante.
Les yeux de Julian Solo parcoururent Saga avec une gourmandise à peine voilée. Les deux… ensemble, voilà qui devait être très excitant. Poséidon eut un petit rire, ravi que cette réincarnation soit plus portée sur les plaisirs de la chair que la précédente.
— Poséidon, Hadès, je suis heureuse de vous revoir, rétorqua-t-elle avec un petit sourire sibyllin.
— Passons dans le salon, nous serons plus à l'aise pour discuter, les invita le maître des lieux.
Le luxe de l'immense pièce surprit les Chevaliers d'Or et les Spectres, mais pas les Amazones qui avaient, dans leur Sanctuaire des bâtiments du même genre. Le marbre était présent partout, mais également la nacre et le corail. Tout se déclinait en nuances de bleu, orange et argent. Les surfaces irisées scintillaient doucement sous la lumière du fond des mers. Le mobilier moderne contrastait avec l'aspect antique des lieux, mais s'y intégrait parfaitement. Cinq Océanides court vêtues servirent des rafraîchissements sous les yeux brillants des trois juges qui ne voyaient pas souvent de telles beautés vivantes aux Enfers.
Athéna prit une profonde inspiration, elle était un peu tendue. Même si elle savait que le pacte occulte qu'elle avait passé avec ses oncles mettait à l'abri tous ceux qu'elle décidait de prendre sous sa protection, ce qu'elle avait à leur annoncer n'était quand même pas rien.
— Avant de commencer, je voudrais savoir si vous avez entendu parler du Sanctuaire de Gaïa ? demanda-t-elle.
— Moi non, répondit Hadès
— Moi non plus… J'ignorais qu'une divinité primordiale pouvait en avoir un.
— J'aimerais vous présenter la Reine Lysia, son oracle Kamryl et deux des Guerrières Sacrées de Gaïa, reprit Athéna. Ce sont les Amazones.
Des murmures s'élevèrent parmi les Spectres et les Généraux vite réprimés par un regard glacial de leurs Seigneurs.
— Les Amazones… Je croyais qu'elles avaient disparu, fit Poséidon, une lueur dangereuse dans les yeux.
— Je n'ai jamais vu aucune d'entre elles se présenter à mon tribunal, renchérit Minos.
— Si vous le permettez, intervint Kamryl, je vais apporter une réponse à l'honorable Juge. Lorsqu'une Amazone meurt, peu importe la façon, elle est accueillie dans le "Cœur de Gaïa". C'est un peu comme le Paradis. Gaïa a manipulé, modifié, camouflé beaucoup de choses aux Dieux pour garder son Sanctuaire et ses habitantes invisibles et cela pendant des millénaires.
— Je suis curieux de savoir pourquoi, fit Hadès, vexé d'avoir été privé de résidentes d'une telle qualité.
— Gaïa sait lire l'avenir, Seigneur, poursuivit l'Oracle. Et ce qu'elle y a lu l'a enjoint à agir de la sorte.
Athéna et Lysia firent un résumé de l'histoire des Amazones à ceux qui ne la connaissaient pas encore. Quelques questions, de part et d'autre, interrompaient le récit régulièrement et au bout de presque deux heures, tous étaient informés de l'incroyable destin des Guerrières Sacrées de Gaïa.
— Eh bien, fit Poséidon en se levant pour faire quelques pas, voilà qui n'est pas courant.
— J'aimerais savoir en quoi tout ceci nous concerne Athéna ? s'enquit Hadès qui dévorait Lysia des yeux.
Poséidon, remarquant le manège, comprit soudainement la raison du regard assassin que Kayla posait sur le Maître des Enfers.
— Les Amazones m'ont prêté un serment d'allégeance que j'ai scellé dans une urne et que j'ai confiée à Hermès. Mon Sanctuaire et celui de Gaïa sont irrémédiablement liés par le sang. Le pacte que nous avons passé tous les trois inclut automatiquement les Amazones.
— Quoi ? firent les deux divins frères d'une seule voix.
— Athéna ! Comment as-tu pu faire une chose si importante sans nous en parler d'abord ? s'insurgea Poséidon.
— Tu as agi sans réfléchir, fit Hadès, soutenant son frère.
— Et pourquoi donc ? questionna la Déesse en haussant le ton. Bientôt Gaïa disparaîtra et les Amazones seront alors vulnérables. Mais peut-être auriez-vous aimé les savoir libres afin de vous les attacher ou préférez-vous prendre le risque qu'Arès les récupère et les retrouver en face de vos Spectres et de vos Généraux ? Croyez-moi, pour les avoir vus combattre, je peux vous dire qu'il vaut mieux les avoir comme alliées que comme ennemies…
Pendant cet échange, Kanon avait expliqué aux deux Dieux par télépathie comment ils avaient soumis les Amazones à la "Gemini's Illusion" pour les tester en précisant bien que personne hormis Athéna et les jumeaux n'étaient au courant. Un imperceptible signe de tête d'Hadès et de Poséidon lui confirma qu'ils avaient compris. Il entreprit de relater à voix haute la bataille à laquelle il avait participé contre les Abarites, vantant au passage leurs qualités de guerrières.
— Je veux les tester, fit Eaque du Garuda. Je veux voir ça de mes propres yeux.
— Je t'affronterai, fit la Kayla avant même que quiconque puisse émettre une quelconque protestation.
— C'est inutile d'en…
— Le défi lancé a été relevé, Reine Lysia, la coupa Hadès. Crains-tu que ton Amazone ne soit pas à la hauteur ?
Eaque et Kayla s'avancèrent sur une large esplanade et se firent face. L'Amazone savait à quoi ressemblaient les attaques du Spectre pour avoir entendu Kanon les décrire. Ils restèrent un long moment à s'observer. Ils enflammèrent leur cosmos presque au même instant.
— Restriction !
— Garuda Flap !
Kayla avait lancé son attaque pour freiner celle du juge parce qu'elle savait qu'elle ne pourrait pas l'immobiliser totalement. Elle la reçut de plein fouet, heureusement affaiblie. Elle se releva, le corps meurtri par la puissance de l'attaque d'Eaque encore paralysé.
— Scarlett Needle !
Elle lança quatorze coups de l'Aiguille Ecarlate qui touchèrent le Spectre à pleine puissance. Il fit un vol plané de plusieurs mètres avant de retomber lourdement, incapable de faire un geste. Son sang gicla de ses blessures. Plus rapide que les autres, Naralys se précipita vers lui, enflamma son cosmos et frappa Eaque à la poitrine pour stopper l'hémorragie. Kanon et Camus étaient près de Kayla pour s'assurer qu'elle allait bien tandis que Rhadamanthe et Minos s'occupaient d'Eaque qui reprenait vite des forces. Naralys croisa le regard du Wyvern et crut y déceler de la surprise et de la reconnaissance.
— Le test est concluant, fit Hadès. En ce qui me concerne, j'accepte d'inclure les Amazones et le Sanctuaire de Gaïa dans notre pacte.
— Il serait mal venu de ma part de faire la fine bouche après ce que je viens de voir, poursuivit Poséidon d'un ton condescendant. Je les accepte aussi. Et puis quand Arès refera surface, nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés pour le combattre.
Tous retournèrent au salon pour célébrer cet accord au champagne. Rhadamanthe s'approcha de Milo.
— Quel effet ça fait de découvrir que tes merveilleuses attaques sont utilisées par une autre alors que tu croyais être le seul à les connaître ?
Le ton était moqueur et glacial. Milo avait combattu le Spectre avec Mû et Aïolia et celui-ci s'était débarrassé des trois Chevalier d'Or comme s'ils avaient été des novices. La barrière de protection érigée par Hadès dans son château en Allemagne avait bridé le cosmos des Chevaliers.
— Quel effet ça fait de savoir que tu peux te faire démolir la gueule par des gonzesses et qu'en plus, elles sont descendues chez vous pour nous récupérer sans que vous vous en aperceviez ? Si elle avait continué, elle l'aurait tué, ton pote ! rétorqua le Scorpion sur le même ton avec un magnifique sourire d'une arrogance extrême, mais une dangereuse lueur meurtrière dans les yeux.
Rhadamanthe eu un mouvement agressif qu'il réprima de justesse. Ils se défièrent un instant du regard avant de s'éloigner l'un de l'autre. Ils connaissaient les termes du pacte qu'avaient passé les trois Dieux, mais les rancœurs étaient encore vives entre les Spectres, les Marinas et les Chevaliers.
En fin d'après-midi les trois Dieux se séparèrent. Kanon se chargea de mettre les Généraux de Poséidon au courant de la situation et Athéna avait encore Hilda de Polaris à rencontrer. Radamanthe fut désigné par Hadès pour accompagner la Déesse pour le représenter auprès de la prêtresse d'Odin et le Dragon des Mers fut prié de tenir le même rôle pour Poséidon. Athéna demanda à Camus de l'escorter avec les Amazones alors que Saga et Milo resteraient au Domaine Sacré. Le lendemain matin, la délégation se téléportait à l'entrée du Palais du royaume d'Asgard.
Sanctuaire d'Odin, samedi 18 avril 1998.
L'arrivée d'Athéna provoqua une grande agitation au Palais de la Princesse Hilda. Tous les Guerriers Divins se regroupèrent autour d'elle vêtus de leurs armures. Reconnaissant le cosmos de la Déesse, l'état d'alerte baissa d'un cran. Athéna pénétra dans la grande salle de réception. Après avoir présenté ceux et celles qui l'accompagnaient, elle fit à nouveau le récit de l'histoire des Amazones. Les Guerriers Divins ne demandèrent pas de preuves de la puissance des Amazones. Ils percevaient nettement celle-ci dans la cosmoénergie qu'elles dégageaient. Kanon sentait bien que des regards chargés de haine se posaient sur lui de temps en temps ce qui n'échappa pas au Spectre.
— On dirait que tu n'as pas que des amis ici, murmura-t-il à l'oreille du Dragon.
— Je suis à l'origine de la bataille d'Asgard et donc de la mort de tous ces braves Guerriers.
— T'as pas fait dans la dentelle sur c'coup là…
— J'ai horreur de faire les choses à moitié…
— Tu penses qu'ils croient à ta rédemption ?
— Je l'espère sinon, je sortirai jamais vivant d'ici !
— Douce musique à mes oreilles.
— Enfoiré ! Tu m'en veux encore parce que j't'ai vaincu ?
— Bien sûr, qu'est-ce que tu crois !
Ils s'éloignèrent l'un de l'autre, la colère commençant à les gagner. Mais Hagen de Mérak se glissa auprès du Marinas.
— À cause toi, je suis mort ainsi que mes compagnons. Aujourd'hui la femme que j'aime est plus âgée que moi et me regarde comme un gamin alors qu'elle était amoureuse de moi. Si je le peux, je te tuerai.
— Tu n'en feras rien Hagen de Mérak, fit la voix douce et dangereusement calme de Kayla.
Les deux hommes se retournèrent pour voir une Amazone au regard flamboyant de colère.
— Touche à un seul de ses cheveux et je broie ta jolie p'tite gueule entre deux doigts ! poursuivit-elle sur le même ton en lui montrant le geste. T'étais mort, aujourd'hui t'es vivant. Ça t'suffit pas ? Tu devrais être reconnaissant envers les Dieux au lieu de pleurnicher. Si tu veux qu'elle cesse de t'voir comme un gosse, alors conduis-toi comme un homme !
Hagen perçut la sauvagerie dans l'aura de l'Amazone et préféra opérer une retraite prudente en jetant un regard de dégoût à Kanon.
— Merci, fit celui-ci, toujours sur le ton de la confidence. Que m'vaut le plaisir de ton intervention ?
— Nous avons prêté serment à Athéna. Nous sommes frères et sœurs d'armes désormais. Et pour moi, la famille s'est sacrée !
— Je suis flatté princesse.
— Et t'as dit que tu m'emmènerais au "Free Love". Pour ça, faut qu'tu sois en vie.
Elle s'éloigna tranquillement. Kanon baissa la tête pour dissimuler le rire qui lui secouait doucement les épaules. Décidément, cette fille avait le don de le surprendre. Il l'avait cru sur point de dépecer à mains nues le Guerrier Divin de Beta alors qu'elle lui faisait la morale pour finir par plaisanter avec le Marinas. Il réalisa que c'était la première fois qu'elle lui adressait vraiment la parole depuis qu'il l'avait embrassée après leur combat contre les Abarites. La veille, il lui avait juste demandé si elle allait bien après son affrontement avec Eaque. À l'évocation de ce baiser qu'ils avaient échangé, une douce chaleur s'empara de son ventre et de ses reins. Il crevait d'envie de recommencer, de la tenir encore dans ses bras. Il l'avait senti consentante contre lui. Son corps ressentait toujours celui de l'Amazone à cet instant, souple comme une liane, désirable. Il observa la jeune femme qui discutait avec les jumeaux Sid de Mizar et Bud d'Alcor. Visiblement ils étaient sous le charme. Elle était pétillante, gaie, spirituelle tout comme Naralys qui était en grande conversation avec Siegfried, Albéric et Fenrir. Camus hochait la tête poliment en écoutant Thor et Mime alors que Lysia, Hilda et Athéna riaient ensemble. Il se sentit un peu seul, mais ça ne le dérangea pas plus que ça. Il s'approcha d'une des fenêtres de la salle et regarda dehors. Partout de la neige et de la glace. Du blanc et encore du blanc. Il trouva malgré tout une certaine beauté à ce paysage monochrome même si pour rien au monde il ne voudrait vivre ici.
— C'est un pays dur, mais c'est le mien et je l'aime, fit la voix douce d'Hilda à ses côtés.
Il ne répondit rien, ne sachant que dire à celle dont il avait emprisonné l'esprit grâce à l'Anneau des Nibelungen par l'intermédiaire de Poséidon.
— Je sais ce que tu as traversé, Athéna m'a tout raconté. Je sais aussi que tu t'es repenti, qu'elle t'a pardonné ainsi que tes compagnons et que tu n'as pas hésité à offrir ta vie pour stopper l'Ultime Éclipse. Je veux que tu saches que moi aussi je t'ai pardonné. Laisse un peu de temps à mes Guerriers pour faire la même chose.
— Merci Princesse Hilda, souffla-t-il après quelques secondes de silence, surpris par ces paroles. Vous n'imaginez pas à quel point c'est important pour moi. Désormais je me battrai pour vous aux côtés de vos Guerriers s'il le faut. Vous pourrez toujours compter sur moi.
— Je le sais. Espérons juste que ce ne soit pas nécessaire, répondit-elle en posant une main apaisante sur son bras.
Son armure d'écailles ne réagit pas à ce contact alors qu'elle aurait envoyé une violente décharge électrique si Hilda avait été une ennemie. Il songea que les quatre Sanctuaires étaient vraiment soudés les uns aux autres par des liens solides et francs. Il se mit à espérer en l'avenir, mais se rappela soudain qu'une catastrophe allait leur tomber dessus d'ici la fin de l'année 2000 et son regard s'assombrit. Kayla qui l'observait discrètement vit le changement dans ces yeux et se demanda à quoi il pouvait bien penser…
Sanctuaire d'Athéna...
Après avoir déjeuné à Asgard, Athéna et sa délégation rentrèrent au Domaine Sacré. La Reine estimait qu'elle avait négligé les devoirs de sa charge un peu trop longtemps et qu'elle avait beaucoup de travail à rattraper. Le lendemain Saori repartit pour Tokyo avec Seiya, Shiryu, Shunrei et Seika. Dans les jours qui suivirent, Fabio regagna le Brésil, Shaka et Shura avaient décidé de se partager entre l'Inde et l'Espagne, Aïoros, Aïolia et Marine retournèrent en Afrique. Shun et Hyoga s'occupaient de deux orphelinats en Russie et Ikki avait choisi de rester au Sanctuaire avec les Chevaliers d'Or. Entre leur entraînement le matin, ceux des apprentis l'après-midi et les petites soirées chez les uns et les autres, la vie s'écoulait paisiblement. Un beau jour, profitant que Saga était à Athènes et Kanon au Sanctuaire Sous-Marin, les Chevaliers se retrouvèrent chez Mû qui s'ennuyait d'Orlyna.
— On doit penser à l'anniversaire des jumeaux c'est dans dix jours.
— Mon p'tit Bélier, c'est pour ça qu'on est là, fit Milo en lui tapant sur l'épaule.
— Quel Temple accueillera la petite sauterie ? demanda Angelo, mettant le doigt sur un point crucial.
— On le fera chez moi, proposa Dohko.
— Merci papy, plaisanta Mikael, voilà un point de réglé.
— On devra aller en ville pour leur acheter leurs cadeaux.
— Et si on disait aux filles de venir ? suggéra Ikki.
— Toi t'as envie de terminer ce que tu as commencé au "Free Love", fit Camus avec un sourire en coin.
— Et alors ?
— Non rien, j'constate, c'est tout.
— J'suis d'accord pour les filles, s'exclama Milo appuyé d'Angelo.
— Alors c'est OK, conclut Dohko. Mikael, tu es volontaire d'office pour m'aider à tout préparer.
— Moi j'contacte les Chevaliers Divins et Athéna, proposa Camus, mais j'suis pas certain qu'elle puisse venir.
— J'vais au Sanctuaire de Gaïa pour avertir Kayla et les autres, décida Angelo.
— Et moi j'fais le tour des Bronze et des Argent qui sont ici pour les inviter.
— Tu peux les prévenir par télépathie Milo, lui rappela Mû. Moi j'aiderai Dohko et Mikael.
— J'préfère le leur dire de vive voix, comme ça je ferai un tour dans le Sanctuaire pour contrôler les patrouilles. J'ai l'impression qu'y a du relâchement parmi les gardes et depuis l'attaque des Berserkers, on doit être prudent.
— Allez, les gars ! On bouge !
Sanctuaire de Gaïa…
Angelo traversa le passage et se retrouva dans le bureau de Belta qui l'attendait. Après lui avoir expliqué la raison de sa visite, elle l'accompagna jusqu'aux arènes d'entraînements où elle pensait trouver les jeunes femmes, mais elles n'y étaient pas.
— Elles sont peut-être parties contrôler nos frontières. Un instant, je vais les avertir de ta présence.
Quelques secondes plus tard, elle lui confirma qu'elles étaient sur la lisière de l'est et qu'elles arrivaient.
— J'ai beaucoup de travail, il faut que je te laisse. Mais tu peux patienter ici, elles ne devraient pas tarder.
— Merci, Belta.
Elle inclina la tête et laissa le Cancer dans le jardin. Son regard se promena au hasard sur ce paysage. Il y avait des allées dallées bordées de massifs de fleurs odorantes et colorées. Des arceaux en bois pris d'assaut par des rosiers grimpants à rendre jaloux Mikael lui-même. Des saules pleureurs, des peupliers, des pins savamment plantés qui offraient l'ombre de leur feuillage à intervalles plus ou moins réguliers. Il entendait le chant des oiseaux et les crissements des insectes. Un sentiment de plénitude l'envahit, il se sentait bien, incroyablement bien. Il sourit un instant, lui le Masque de Mort, un des assassins de Saga lorsqu'il était Grand Pope, lui qui n'avait aucune pitié, aucun remord, lui dont la cruauté n'égalait que le plaisir qu'il prenait à tuer, voilà qu'il s'attendrissait devant la beauté simple d'un jardin. Un bruit de sabot le sortit de sa contemplation. Il regarda arriver les quatre Amazones au triple galop, en train de rirent comme des gamines, Naralys en tête. Ses cheveux blonds flottaient au vent, ses joues étaient rosies par la chevauchée, sa respiration haletante et ses yeux bleus brillaient d'excitation. Elle sauta de cheval en poussant un cri de victoire. Angelo la trouva divine. Elle se tourna et le vit. Un sourire lumineux éclaira son visage.
— Mais c'est mon p'tit crabe préféré ! s'écria la jeune femme en plaquant un baiser sur la joue d'un Angelo un peu dépassé par cette démonstration d'affection.
— Que nous vaut le plaisir de ta visite, mon ami ? lui demanda Kayla sur le même ton en l'embrassant elle aussi.
— Euh… je suis là pour vous inviter chez nous pour l'anniversaire des jumeaux. On va faire ça dans le Temple de la Balance. C'est le trente mai, ça tombe un samedi.
— Y aura qui ? s'enquit Mursia.
— Vous quatre, Djénia, Parésia, enfin toutes celles qui veulent venir. Dites-nous juste combien vous serez, qu'on puisse prévoir pour la bouffe.
— Et si on faisait d'une pierre deux coups, poursuivit Kayla. Le vingt-cinq, c'est l'anniversaire des jumelles.
— Génial ! bondit Angelo. On pourra le faire quand même samedi soir et ensuite on pourrait aller au "Free Love"
— Moi j'suis partante, déclara Naralys en regardant ses amies qui approuvèrent de la tête. On se charge de prévenir les autres.
— Ok ! On se voit le trente. Allez, j'y vais, les autres m'attendent pour les aider.
— Vous n'avez pas besoin d'un coup de main ? demanda Kayla alors qu'il s'éloignait.
— Non, c'est bon. Faut qu'ça reste un peu une surprise quand même ! Ciao ragazze !
Sanctuaire d'Athéna, samedi 30 mai 1998
Ils avaient décidé de commencer les réjouissances de bonne heure. Après tout, il y avait quatre anniversaires à fêter. Il ne manquait personne. L'arrivée des Amazones fut l'occasion d'une effusion d'embrassades. Dohko et Mikael avaient loué le matériel son et lumière au même magasin que Kanon le faisait toujours. Étant donné le nombre d'invités, ils avaient choisi de faire ça dans le Temple plutôt que dans l'appartement de Dohko qui malgré sa superficie aurait été trop petit. Shion avait renforcé la barrière de cosmos et ils ne risquaient pas d'être surpris par qui que ce soit même si les premiers Temples étaient vides.
Kanon et Saga avaient été gâtés ainsi que Mursia et Orlyna. Il restait un cadeau à ouvrir, une petite boîte. Les Gémeaux l'ouvrir ensemble. Kanon eut un hoquet de surprise et se retourna vers le mur derrière lui, la tête basse, les mains sur les hanches. Saga eut une réaction identique, mais resta face à ses amis. Des larmes brûlantes roulaient sur ses joues. Mikael s'approcha et le prit dans ses bras, mais il se dégagea. Dans l'écrin, il y avait deux pendentifs. En fait il s'agissait d'un pendentif brisé en deux parties. Les deux morceaux d'un cœur en or avec un S et un K gravés au-dessus d'un petit diamant. Saga prit celui avec le S et le passa au coup de son frère qui fit la même chose avec l'autre.
— Tu gardes la moitié de mon cœur et je garde la moitié du tien, Kanon !
Leur étreinte fut terrible. Personne ne parlait, beaucoup avaient les yeux humides devant cette scène d'émotion intense et magnifique.
— Qui a eu cette brillante idée ? sourit Kanon en essuyant son visage.
— C'est Camus, avoua Milo. C'est lui qui l'a dessiné.
Ils pensaient être remis de leurs émotions quand Kayla demanda le silence.
— Nous avons aussi un présent un peu particulier pour les jumeaux, enfin surtout pour Kanon, déclara-t-elle.
Les jumelles se dirigèrent vers une colonne de derrière laquelle elles sortirent une Pandora Box frappée de l'emblème des Gémeaux.
— Ne me dis pas que…, commença Kanon en s'approchant de la boîte. Kayla lui fit oui de la tête.
— C'est la seconde armure des Gémeaux ? demanda Saga, incrédule.
— Si Kanon est digne de la porter, elle le reconnaîtra, expliqua la jeune femme.
Il s'arrêta à deux mètres de l'objet sans que celui-ci réagisse. Il regarda la Pandora Box. Elle était en tout point identique à celle de Saga. Rien n'aurait pu les différencier l'une de l'autre.
— Vas-y Kanon, l'encouragea Milo à mi-voix.
— J'ai peur qu'elle ne m'accepte pas, murmura-t-il.
Kayla s'approcha du Gémeaux et posa une main sur son bras. Il sursauta à ce contact et sentit son courage revenir. Il enflamma son cosmos, la jeune femme s'écarta. Un éclair de lumière jaillit de la boîte qui s'ouvrit. L'armure d'Or s'éleva. Les éléments se séparèrent avant de recouvrir le corps de Kanon. Elle était splendide, brillante de mille feux. Il la ressentait vibrer sur lui, son pouvoir l'enveloppait et le pénétrait. Saga appela aussi Gemini. Les jumeaux se regardèrent. Ils sentaient une formidable puissance émaner de leur cosmoénergie.
— Tu es le premier à la porter, lui confia Kayla
Elles étaient parfaitement accordées, en harmonie. Les Gémeaux ne faisaient plus qu'un. Ils perçurent un autre cosmos se mêler au leur. Les jumelles venaient de les rejoindre.
— Vous allez devoir apprendre à combattre ensemble, leur dit Mursia.
— Vous n'imaginez pas à quel point ça va décupler votre puissance, vous devrez l'apprivoiser.
— J'ai rarement senti un cosmos aussi puissant, souffla Angelo.
— Ouais ! Faudra pas les faire chier ! lâcha Naralys, provoquant l'hilarité de tous.
Kanon et Saga retirèrent leurs armures et la fête continua. Les jumeaux allaient d'un groupe à l'autre, plaisantant, riant. De temps en temps, leurs regards se croisaient, ils se souriaient, ils étaient heureux. Kanon croisait aussi celui de Kayla, elle semblait l'appeler. Il s'approcha derrière elle et posa un bras autour de sa taille. Elle sursauta en sentant son souffle près de son oreille.
— Pourquoi avez-vous attendu ce soir pour m'offrir l'armure ? chuchota-t-il
— On s'est dit que c'était une bonne occasion.
— Qui a eu cette idée ?
— C'est important ?
— Je sais pas, peut-être…
— C'est moi…
Elle sentit le bras de Kanon la serrer contre lui pour l'embrasser sur la joue.
— Tu ne sais pas ce que ça représente pour moi, merci ! souffla-t-il contre sa peau. Kayla frissonna violemment et Kanon le sentit…
Le niveau de la musique augmenta incitant à la danse. Kayla et Mursia entamèrent un zouk torride, frôlant leur corps de façon suggestive. Mikael se plaça derrière la jumelle, récoltant un regard acéré de la part de Shion. Dohko, qui avait bien compris comment danser le zouk, fit de même avec Kayla. Saga attrapa Shaina tandis que Parésia mettait le feu à Ikki. Camus, mort de rire, dansait avec Hyoga qui poussait des cris de vierge effarouchée et Naralys se partageait une fois de plus Milo et Angelo. Orphée avait enlacé June pendant que Shun jouait les DJ. Mû avait adopté le rôle du photographe pour pérenniser la soirée sous l'œil attendri d'Orlyna qui ne le quittait pas des yeux. Finalement lassée, elle lui retira l'appareil des mains et l'entraîna avec elle au milieu des danseurs.
C'est un groupe passablement aviné que le patron du "Free Love" vit arriver. Il songea un instant à leur refuser l'entrée, mais la présence de Shion, Dohko et Mû qu'il savait être les plus raisonnables et capables de maîtriser leurs amis, l'en dissuada.
Ils occupèrent trois tables immédiatement garnies de coupes et de bouteilles de champagne. Ils ne restèrent pas longtemps assis. La piste de danse les attirait comme aimant. La musique battait dans leurs tempes, les basses résonnaient dans leur poitrine, l'alcool coulait dans leurs veines, perturbant leur sens. Ikki et Parésia avaient disparu ainsi que Camus et Djénia. Shun et Hyoga se rapprochaient de façon plus qu'amicale. Kayla, les jumelles, Naralys, Kanon, Milo, Angelo, Saga, Mikael, Shion, Dohko et Mû dansaient en solitaires. Les mouvements devenaient lascifs et très suggestifs. Au bout d'une heure, plusieurs couples s'étaient volatilisés. Soit dans l'un des salons du "Free Love", soit au Sanctuaire. Saga dit à son frère qu'il rentrait avec Mikael. Les Atlantes disparurent à leur tour. Il ne restait que Kayla, Naralys, Kanon, Milo et Angelo. Le DJ lança les slows et Kanon prit Kayla par la taille. La première chanson n'était pas terminée qu'ils s'aperçurent qu'ils étaient les derniers. Ils s'étaient tournés autour toute la soirée, se frôlant, échangeant des regards chargés de désir contenu. Maintenant ils étaient l'un contre l'autre, mais n'en continuaient pas moins leur petit jeu. Front contre front, leurs mains unies, les yeux fermés ils ondulaient l'un contre l'autre, lentement, au rythme de la musique. Kanon passa ses bras autour de la jeune femme qui noua les siens derrière de son cou. Ce contact arracha un soupir à Kayla qui n'échappa pas au Marinas.
— Et si on disparaissait nous aussi ? chuchota-t-elle tout contre son oreille.
— Où veux-tu aller ?
— Chut… c'est une surprise…
Kanon régla les dernières consommations et ils sortirent de la discothèque. Kayla tirait Kanon en marchant à reculons sans le quitter des yeux, un sourire mystérieux aux lèvres. Arrivés dans la ruelle déserte, elle les téléporta au Sanctuaire de Gaïa…
Ils étaient dans un lieu noir et glacial. Kayla n'avait pas maîtrisé la trajectoire à cause d'une alcoolémie assez élevée.
— On est où ? fit la voix de Kanon, tout près d'elle.
— Aucune idée !
— Tu t'es un peu manquée on dirait.
— Sans blague !
— Attends avec le cosmos on y verra plus clair.
Deux auras dorées les enveloppèrent, projetant une lumière autour d'eux. Les yeux arrondis de surprise, ils furent pris d'un fou rire inextinguible. Ils se tenaient les côtes, Kayla avait glissé au sol tellement elle riait. Kanon se tapait sur les genoux. Un fou rire comme on en a pas souvent.
— Alors là, chapeau ! T'as fait fort ! hoqueta le Marinas en reprenant son souffle.
— Pas étonnant qu'on s'gèle ! fit-elle en se tordant de rire entraînant Kanon avec elle.
— La chambre froide des cuisines du Palais Royal ! Remarque on crèv'ra pas d'faim !
Elle se releva et s'approcha de lui de façon câline et se coula dans ses bras.
— Ça pourrait très vite devenir un sauna, fit-elle d'une voix sensuelle.
— J'aime bien les endroits insolites, voire même un peu risqués, mais là j'avoue que c'est pas trop mon truc.
Il referma ses bras sur elle et l'embrassa. C'était un baiser chargé de désir inassouvi. Il n'aimait pas l'endroit, mais n'aurait pas non plus résisté bien longtemps si Kayla ne s'était pas reculée.
— T'as raison. Mais maintenant j'ai peur que…
— Kayla, ta fille est fiévreuse, fit la voix de Mirtha, le médecin de la clinique, dans sa tête.
— J'arrive! Mais c'est pas vrai ! ragea-t-elle en s'éloignant de Kanon.
— Qu'est-ce que t'arrives ?
— Ma fille est malade, je dois aller la voir.
— Ta fille ? Tu m'avais pas dit qu't'avais une fille.
— On n'a jamais eu l'occasion d'en parler, fit-elle d'une petite voix, se sentant un peu coupable de lui avoir caché ce "détail" de sa vie. J'en ai même deux. Écoute, je suis aussi frustrée que toi d'arrêter ce qu'on avait commencé. Mais je te…
— Y a pas d'soucis ma belle ! Va voir ta fille ! fit-il en prenant son visage entre ses mains pour déposer un baiser tendre sur ses lèvres. Sors-moi juste d'ici ! On se verra plus tard…
Elle réussit à les téléporter devant le Palais et ouvrit un passage vers le Sanctuaire d'Athéna par lequel Kanon disparut après l'avoir embrassé encore une fois. Elle se précipita au gynécée, au chevet de Nirana, l'aînée de ses filles qui avait quatre ans.
— Qu'est-ce qu'elle a ? demanda-t-elle à Mirtha en arrivant.
— Rien de grave, une rhinopharyngite. Sa fièvre est tombée, mais elle n'arrêtait pas de te réclamer.
Kayla s'allongea sur le lit aux côtés de sa princesse.
— Hé ben mon cœur, fit-elle doucement en embrassant le petit front moite. T'as mal à la gorge ?
— Oui, répondit l'enfant d'une toute petite voix.
— Je suis là, ça va aller mon trésor. Il faut dormir maintenant, demain ça ira beaucoup mieux. D'accord ?
La petite fille secoua légèrement la tête en signe d'assentiment et regarda sa mère avec ses grands yeux encore brillants de fièvre. Il n'y avait que dans le regard de sa fille que Kayla voyait qui elle était vraiment. Ce regard immense et profond, plein d'amour et d'innocence, de naïveté et de confiance aveugle. La mère et la fille s'endormirent rapidement et Mirtha sortit sans bruit pour ne pas les déranger.
Kanon se retrouva devant le Palais du Grand Pope et rumina intérieurement sa frustration. Décidément, le sort leur en voulait. Ils avaient envie l'un de l'autre, mais il n'y avait pas moyen de trouver quelques heures pour assouvir ce désir. Il descendit les escaliers jusqu'à son Temple pour calmer le brasier qui lui dévorait délicieusement les entrailles.
Toutes ses pensées étaient tournées vers Kayla. Il ne pouvait s'empêcher de penser à elle. Il voyait ses yeux verts pétillants, ses lèvres douces qui pouvaient distiller aussi bien des paroles tendres que des mots terriblement effrayant quand il repensait à la réaction de Hagen de Mérak. Il imaginait son corps parfait, délicat et puissant, ses courbes affolantes. Il l'avait senti vibrante dans ses bras, sauvage pendant les combats. Il avait été terrifié à l'idée qu'elle soit blessée par Eaque du Garuda. Il avait encore en mémoire le parfum de sa peau, de ses cheveux. Curieusement, cela ne lui semblait pas inconnu, il avait une impression de déjà-vu dont il n'arrivait pas à se débarrasser. Et il avait vu dans ses yeux son inquiétude pour sa fille, il espéra de tout son cœur que la petite n'avait rien de grave. Il avait beau retourner tout ça dans sa tête, il arrivait toujours à la même conclusion.
— Elle m'a harponné !
Il traversa rapidement le Temple du Scorpion où il perçut trois cosmos en pleine extase.
— Au moins, y en a qui s'amuse! songea-t-il en souriant.
Il eut une grimace de jalousie à l'idée que Camus avait passé une nuit avec elle. Mais il ne leur en voulait ni à l'un ni à l'autre, il n'en avait pas le droit. Chacun était libre. Il comprenait d'où venait cette complicité entre Kayla et le Verseau. Le gardien du onzième Temple lui avait clairement dit ce qui ce qui était arrivé entre eux, sans rentrer dans les détails, et que depuis ils étaient amis. Mais malgré tout, Kanon était jaloux.
Il arriva chez lui et, après avoir pris une douche à peine tiède, s'allongea sur son lit entièrement nu. Il croisa les bras derrière sa tête et regarda le plafond dans l'obscurité de sa chambre. Son visage apparut devant ses yeux à nouveau. Il la voyait danser au "Free Love" sur la piste, contre lui. Une puissante sensation embrasa son ventre et son sexe se raidit. Ses mains descendirent sur son corps pour apaiser ce feu qui le dévorait de l'intérieur, mais il obtint l'effet contraire. Il couvrit sa figure de ses mains, un peu honteux.
— J'vais quand même pas me palucher comme un ado sur la page centrale de "Playboy"! Mais qu'est-ce qui m'arrive? !
Pourtant, ses mains échappèrent à son contrôle. Il caressa son ventre et son entre-jambe en gémissant. Le plaisir l'emporta, il se mordit la lèvre inférieure pour ne pas crier son nom. Il essuya sa peau souillée de sa semence avec un mouchoir en papier et se retourna pour dormir. Si son corps était momentanément soulagé, son esprit, lui, restait en ébullition.
— Kayla, qu'est-ce que tu m'as fait? songea-t-il en sombrant lentement dans les bras de Morphée.
Il sursauta et se releva sur un coude. Il venait de comprendre.
— Je suis amoureux! Comme un gosse! Raide dingue de cette fille! Je suis fou d'elle!
Un sourire fendit son visage d'une oreille à l'autre et là il s'endormit. Son esprit s'était lui aussi tranquillisé…
À suivre…
