Salut ! Comment allez-vous avec ces chaleurs qui se profilent ? Heureusement que les journées sont plus courtes... le soleil chauffe moins longtemps.
Bee-gets : Oui, mon stage de fin d'étude. Bientôt diplômée. Alors, je n'ai peut-être pas été assez claire, mais Akashi ne pouvait pas participer à la cérémonie du samedi. Au Japon, il y a plusieurs cérémonies lors d'un décès. En l'occurrence, Masaomi disait qu'Akashi ne pourrait pas assister à celles du samedi, qui correspondait au moment où on se recueille, mais qu'ils pourrait être là le lendemain pour les autres cérémonies. MDR bien vu les jeux de mots. Non, je ne savais pas au sujet du téléphone de Nijimura ^^ Où l'as-tu appris encore ? XD La communication est toujours la clé ! Et les confits sont la base des histoires !
Shadow : Ah... bah moi j'ai un frère et une sœur ^^ Et pour info, on s'entend très bien tous les trois donc ce n'est pas ma relation avec eux que j'évoque ahah Difficile de donner des coups... la violence n'est pas censée régler les problèmes mais il faut avouer que c'est tentant... Je reste sur cette fic car il ne reste qu'un chapitre après celui-ci. Ensuite on retourne sur Damnatio Memoriae !
Akashi la fraise : Merci ^^ Honnêtement, je pensais que faire d'eux des frères aurait plus d'impact sur l'histoire... mais finalement, ça change surtout l'intensité de leur relation.
Bonne lecture !
Partie III
En moins d'une heure, le temps que l'orage déferle sur Teiko, Tetsuya perdit son meilleur ami et son grand frère.
Il savait qu'ils allaient mal. Concernant Aomine, il pensait comprendre pourquoi : le basket n'était plus qu'un fardeau. Un sport qu'il aimait de tout son cœur mais dans lequel il ne trouvait plus aucun plaisir. Il n'y avait plus d'adversaire assez puissant pour le faire vibrer.
Concernant son frère, il ne savait pas. Il avait tenté de lui parler afin de comprendre mais c'était peine perdue. Jamais Seijuro n'avouera de lui-même qu'il fait face à des difficultés.
Tetsuya vit son meilleur ami se briser sous ses yeux. Son regard bleu nuit et ces quelques mots : je ne sais même plus comment recevoir tes passes.
Son amitié avec Aomine reposait en majorité sur le basket. De même avec les autres. Alors maintenant ? Que va devenir leur groupe ? Que va devenir la génération des miracles ?
Déprimé, lessivé par la pluie, Tetsuya retourna au gymnase. Là l'attendait Seijuro qui lui tendit une serviette.
-Comment ça s'est passé ?
Tetsuya soupira et retint ses larmes.
-Je vois. Tant pis.
-Tant pis ? murmurât Tetsuya. Qu'est-ce que…
-Abandonne.
Le cadet écarquilla les yeux, incrédule.
-Une assiette ne pourra jamais être complétement réparée une fois cassée. Mais si elle reste utilisable, c'est suffisant.
Qu'est-ce qu'il était en train de raconter ? Tetsuya ne comprenait pas. Il ne reconnaissait plus son frère. Comment pouvait-il dire une chose pareille ?
-Seijuro…
Tetsuya sentait des frissons dans tout son corps. Ce timbre de voix ne lui était pas inconnu. Il ressemblait à leur père. Il était effrayant.
-Je ne peux pas croire que… Qui es-tu ?
Tetsuya fut surpris pas ces paroles qui sortaient de sa bouche. C'était stupide. C'était son frère… c'était Seijuro. Il avait le ton de son père, le regard fou, mais… comment cela pourrait être quelqu'un d'autre ? Pourtant son instinct ne lui mentait jamais. La personne face à lui n'était pas le grand-frère avec qui il avait grandi.
-Voyons, je suis Akashi Seijuro bien évidement.
oOo
Tetsuya avait longtemps pensé qu'affronter la mort de sa mère serait la pire période de sa vie. Pourtant il n'avait jamais autant pleuré que durant sa dernière année de collège. Son frère était devenu un empereur, assis sur la montagne de cadavres de ses adversaires. Il avait soumis et étouffé toute l'équipe comme un serpent constricteur.
Le soir, Seijuro restait plus longtemps au collège pour travailler. Aomine, tout comme Murasakibara, quittaient tôt le collège et n'allaient plus aux entrainements. Kise et Midorima s'éloignaient, participaient sans chercher à sauver le radeau. Ils avaient accepté qu'ils étaient en train de couler.
Tetsuya rentraient seul le soir. Momoi l'accompagnait de temps en temps mais elle aussi avait perdu sa joie.
Quand il recevait une lettre d'Ogiwara, Tetsuya mettait deux semaines à lui répondre car il était incapable de trouver quoi lui dire. Comment coucher sur le papier tous ses sentiments ? Même pour lui, tout n'était pas clair. Son frère n'était plus son frère. Son meilleur ami n'était plus son meilleur ami.
Il se sentait seul. Seul à tenter de sauver un radeau en train de couler. Peut-être devrait-il abandonner. Peut-être que Seijuro avait raison.
Le pire étant peut-être qu'à la maison, leur père semblait satisfait de ce Seijuro plus froid. Tetsuya qui n'avait toujours été qu'un fantôme rasant les murs, se contentant de réflexions rabaissantes de temps en temps, lui rappelant qu'il ne sera jamais à la hauteur de son ainé, devenait de plus en plus invisible.
La dernière fois que Masaomi Akashi lui adressa la parole, ce fut lors d'un de leurs tristes mais obligatoires dîners.
-J'ai vu que tu avais reçu une lettre de Rakuzan, Seijuro.
-En effet, père. J'ai été admis.
Leur père acquiesça. Tetsuya rentra sa tête dans ses épaules.
-Tetsuya ?
-… Père ?
Il vit l'adulte froncer les sourcils et son frère le toiser durement.
-Qu'en est-il de ton côté ?
-… je n'ai pas encore trouvé de lycée.
Il avait écouté les conversations pour savoir où ses amis allaient aller. Midorima à Shûtoku, Murasakiabra à Akita, Kise à Kaijo. Aomine venait de se faire recruter par Too Gakuen et Momoi prévoyait de le rejoindre. Il était hors de question d'aller dans un de leur lycée.
Il y avait bien un lycée qui lui faisait envie. Il possédait une petite équipe de basket, toute jeune mais soudée. Elle s'était arrêtée à la porte de l'Inter High cet été. Mais ce lycée n'était pas assez ambitieux pour Masaomi Akashi. Il allait d'ailleurs probablement le forcer à suivre Seijuro à Kyoto.
-Tu as intérêt à te dépêcher. Prend exemple sur ton frère.
-Oui, père.
oOo
Midorima lui avait toujours fait comprendre qu'il ne l'appréciait pas. Pourtant, depuis le changement de Seijuro, Tetsuya avait l'impression qu'il se montrait moins froid envers lui. Il n'était pas rare qu'ils échangent deux ou trois mots à la fin de l'entraînement.
Et sans surprise, le capitaine était leur principal sujet de conversation. Tetsuya n'avait aucun mal à comprendre pourquoi le tireur de l'équipe venait lui parler. Il tentait de le cacher mais lui aussi était inquiet pour Seijuro. Longtemps ils s'étaient considérés comme des amis proches et Midorima était son vice-capitaine.
-Tu vas encore jouer au shogi avec mon frère ?
-Il m'a fait comprendre que nous n'étions pas du même niveau. Comment ça se passe entre vous ?
-On… ne se parle plus.
Midorima prit sa gourde et avala quelques gorgées.
-Tu avais senti qu'il cachait cette part de lui ?
-Oui, je crois. J'avais remarqué qu'il pouvait se montrer très froid. Il l'avait déjà prouvé auparavant en renvoyant Haizaki. Mais… de là à songer que ce changement pourrait devenir permanent. D'ailleurs je…
Tetsuya sentait son cœur se serrer en songeant qu'il pourrait ne jamais revoir son grand-frère. Celui qu'il aimait, celui avec qui il avait joué enfant, celui qui avait pleuré avec la mort de leur mère. Ce Seijuro avait-il définitivement disparu ? Remplacé par cette copie terrifiante de leur père ?
-Je vois.
-Je le déteste, soufflât Tetsuya.
-Tu ne devrais pas. Il m'a dit que ce changement était nécessaire pour l'équipe.
-Il t'en a parlé ? demandât Tetsuya, surpris.
-Oui. Je lui ai fait part de mes désaccords. En tant que vice-capitaine. D'après lui, c'est nous qui l'avons forcé à changer.
-Je ne suis pas de cet avis. Seijuro a toujours caché cette chose en lui et n'attendait qu'un prétexte pour la faire sortir. C'était sa décision.
Il avait décidé de les abandonner, songeât Tetsuya.
oOo
Tetsuya pensait que l'entraînement pourrait l'aider à se défouler. Décharger ses émotions était quelque chose de vital, mais il n'était pas doué pour le faire. Le basket était d'une aide précieuse.
Ces entraînements le soir lui rappelaient ceux qu'il pratiquait avec Aomine en première année. Tant de chemin avait été parcouru depuis… Son frère avait reconnu son potentiel, il avait intégré la première équipe, s'était fait des amis, avait gagné de grandes compétitions… puis tout s'était effondré en quelques semaines. Il avait l'impression d'avoir tout perdu.
Que signifiait le basket pour lui désormais ? Ce n'était plus un moyen de se rapprocher de son frère, au contraire, plus un moyen de se faire des amis. Il avait l'impression que seule sa promesse faite à Ogiwara lui permettait de tenir le coup.
-Il est rare que tu t'entraînes au tir.
Tetsuya sursauta en reconnaissant la voix froide de son frère.
-Seijuro… Je…
-Un tel entraînement t'es pourtant inutile.
Tetsuya lui tourna le dos et dévisagea le panier.
-Seijuro, dis-moi… est-ce que tu t'amuses encore quand tu joues au basket ? Est-ce que tu aimes ce sport ?
-Je ne comprends pas le sens de ta question. Est-ce qu'aimer est nécessaire pour gagner ?
Tetsuya sentit son cœur se serrer. Ils avaient commencé le basket parce que leur mère leur avait proposé de le faire. C'était pour lui faire plaisir. Si Tetsuya avait fini par se tourner vers le streetbasket, écrasé par le talent de son frère, il savait que ce dernier avait continué, encore et encore, en hommage à leur mère. Mais jamais il n'avait douté qu'il aimait ce sport au moins autant que lui.
-Je le pensais. Je ne suis plus sûr…
Personne ne semblait plus s'amuser sur le terrain ou sur le banc. Ne régnaient dans le club de Teiko que la tristesse et la résignation. Aimer ne semblait plus être un indispensable.
Tetsuya fit face à son frère.
-Je ne te reconnais plus. Tu as changé.
Seijuro soupirât.
-Je n'ai pas changé. Il y a toujours eu deux « moi ». Nous avons seulement permuté.
-Non. Je n'ai qu'un seul frère.
Tetsuya sentit les larmes prêtes à déborder.
-Je n'ai qu'un frère, répétât-il. Mais je l'ai perdu.
Seijuro resta muet.
-Je veux retrouver le Seijuro d'avant.
-C'est impossible.
-Tu m'avais fait promettre de ne pas t'abandonner.
-Ah oui ? Et bien je n'ai plus besoin de toi, Tetsuya.
-Qu… quoi ?
-Tout comme Daiki apparemment. Tu es trop faible pour la lumière qu'il est devenu. Si déjà vous deux vous ne pouvez plus jouer ensemble, vous vous autodétruisez, imagine rassembler plusieurs lumières. La méthode actuelle est la seule qui nous garantira la victoire.
-Alors… rien n'est plus important que la victoire ?
-Non. Rien. C'est le crédo de cette école et de notre famille. Enfin, je ne m'attends pas à ce que tu comprennes ce genre de concept. Tu n'avais jamais cherché à correspondre aux attentes de père. Tu t'es contenté de tout mettre sur mes épaules.
-C'est faux ! J'ai vraiment fait de mon mieux !
-Si tu comprends cette philosophie, alors pourquoi viens-tu me couiner dans les oreilles ce soir ? ça me donne la migraine. Tu n'es pas assez conscient de ce qui se passe et tant que ça ne changera pas, tu ne pourras pas comprendre les enjeux. Une question vague comme la tienne en est la preuve. Est-ce que j'aime le basket ? Ce sont des préoccupations d'enfant.
Tetsuya s'essuya les yeux. Il ne pouvait plus retenir ses larmes, peu importe ses efforts. Jamais encore son frère le n'avait traité ainsi. Pourtant, il percevait un fond de vérité. En tant que cadet, il avait toujours considéré que c'était à Seijuro de prendre toutes les responsabilités. Est-ce que ce comportement passif l'avait empêché d'agir et de sauver l'équipe quand c'était encore possible ? Est-ce que ce comportement était la cause des tensions actuelles ?
-Tu as peut-être raison… Nous avons grandi et évolués et… peut-être que je dois juste l'accepter. Pourtant, j'aimerai qu'on redevienne comme avant notre victoire en championnat.
-Si tu veux quitter le club, je ne t'en empêcherai pas. Mais si tu restes, accepte la situation si tu souhaite rester le sixième homme fantôme.
Seijuro fit un pas pour partir, puis se retourna.
-Et, si tu souhaites rester mon frère.
Kuroko resta sous le choc.
-Comment peux-tu dire une chose pareille ?
Un sourire étira les lèvres de son ainé.
-La victoire est tout ce qui compte, Tetsuya. Je n'ai aucune pitié pour ceux qui se mettent en travers de mon chemin. Même ma propre famille.
oOo
Tetsuya avait l'impression d'être un robot au milieu d'autres robots. Il avait l'impression que toute humanité avait quitté le terrain. Leurs adversaires se faisaient écraser par le rouleau compresseur qu'ils étaient devenus.
Le dernier championnat national de leur scolarité approchait. Tetsuya avait reçu une lettre d'Ogiwara l'informant qu'il allait y participer, qu'il avait hâte de l'affronter. Il ne pouvait pas en dire autant. Ogiwara était une relique de son passé qui le confrontait à cette époque où il aimait le basket plus que tout.
Lors des demi-finales, il apprit que Meiji, l'équipe de son ami, s'était qualifiée et décida alors de se donner à fond et de jouer lui aussi alors qu'il se faisait discret ces derniers temps. Malheureusement, il fut blessé durant le match : un coup à la tête, et dû être emmené à l'infirmerie.
Il se réveilla une heure plus tard, entouré par Momoi et Seijuro.
-Comment te sens-tu ?
Tetsuya se releva mais Seijuro l'invita à ne pas se surmener.
-La finale… ?
-Celle commence dans quelques minutes. Ne te lève pas tout de suite. Le médecin a ordonné que tu te reposes.
-Mais…
-Ogiwara-kun, n'est-ce pas ? Je l'ai croisé dans le couloir. Tu m'avais caché cet ami de longue date.
-Je…
-Ce n'est rien. Je ne t'ai jamais obligé à tout me dire. Tu as droit à tes secrets.
Tetsuya baissa les yeux.
-Est-ce qu'il t'a dit quelque chose ?
Tetsuya vit le regard de son frère s'assombrir.
-« Nous jouerons la prochaine fois ». Et il m'a posé la même question que toi.
-Laquelle ?
-Si j'aime le basket. Vous vous êtes bien trouvés tous les deux.
Mais Tetsuya ne vit pas là un compliment. Loin de là. Il serra la couverture du lit de l'infirmerie.
-S'il te plaît… durant ce match, donnez tout ce que vous avez.
-Tu es sûr ? Quelques soit le résultat ?
-Il détesterait encore plus si vous décidiez de le ménager.
-Comme tu voudras. Je vais leur montrer la force de Teiko.
oOo
Tetsuya se rendormit, fatigué par sa commotion cérébrale. Il se réveillât au milieu de la dernière mi-temps et alla, avec Momoi qui était restée le surveiller, assister à la fin du match.
Dès qu'il vit les mouvements de ses coéquipiers, il comprit que quelque chose n'allait pas. Teiko menait largement, ce n'était pas cela le problème. Les stratégies actuellement en place n'étaient pas habituelles. La balle circulait beaucoup plus alors que d'ordinaire, celui qui avait la balle allait marquer sans attendre.
Tetsuya alla rejoindre le bord du terrain et assista, impuissant, à la dernière action. Shige Ogiwara, son ami d'enfance, avait le ballon et allait tenter, dans les dernières secondes, de marquer les deux points qui allaient leur permettre de passer la dizaine. Il parvint à passer Aomine mais rata son lancer. Tetsuya vit alors Murasakibara sauter pour mettre le panier.
Et ainsi se conclu le match. Victoire écrasante de Teiko, 111 à 11.
Seijuro avait guidé le jeu, avait manipulé les neufs autres joueurs sur le terrain, pour manipuler le score, comprit Tetsuya. Il perçu le regard brisé de son ami. Ses larmes firent écho aux siennes.
Son frère venait de ruiner la promesse qu'ils s'étaient fait enfants. Tout ça pour quoi d'ailleurs ? Pour s'amuser ?
Jamais victoire ne fut plus douloureuse et vide de sens.
oOo
-J'ai appris que vous aviez gagné.
-Oui, père.
-C'est bien.
Seijuro glissa un petit regard vers son cadet.
-Tetsuya n'a cependant pas pu jouer la finale car il a été blessé.
Masaomi Akashi releva quelques secondes les yeux vers le garçon.
-Je vois. Rien d'étonnant.
Tetsuya avait envie de fuir et qu'on le laisse tranquille. Jamais il ne sera aussi fort que son frère, aussi parfait. Il avait compris le message. Pourquoi vouloir à ce point enfoncer le clou ? Pourquoi continuer à le martyriser ? Briser la dernière amitié sincère qui lui restait n'était pas suffisant ?
Leur père pourrait au moins s'enquérir de l'état de sa blessure.
-D'ailleurs, nous avons affronté un ami de Tetsuya.
Non. Non, pitié, tais-toi.
-Tiens donc.
-J'ai eu l'occasion de parler avec lui. Une conversation fort ennuyeuse. Figurez-vous père qu'il pense que perdre est acceptable de perdre du moment qu'on s'amuse sur le terrain.
-Hum… une mentalité de perdant.
-C'est ce je lui ai dit.
Il détestait ces moments, depuis le changement de Seijuro, où il semblait tomber d'accord avec leur père. Avait-il à ce point besoin de son approbation ? De montrer qu'il était le fils parfait ?
-Mais il a persisté, continuât Seijuro en coulant un regard amusé vers son frère. Il faudra que tu lui demande, Tetsuya, s'il s'est amusé cet après-midi.
Je te déteste, voulu hurler Tetsuya. Mais il se retint. Devant leur père, cela ne servirait qu'à le ridiculiser encore plus. Il était coincé dans le rôle qu'il s'était choisi. Le fils cadet bon à rien, celui auquel on peut s'en prendre aux repas de famille pour mettre l'ainé en valeur.
À la fin du repas, alors que les deux frères montaient dans leur chambre, Tetsuya osa élever la voix.
-Je ne vais rien lui demander. À cause de ce que tu as fait, il ne va plus jamais m'adresser la parole. Tu l'as brisé. Pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi as-tu fait du mal à mon ami ?
-Nous contrôlions le match. C'est tout. Jamais l'équipe n'avait montré une telle motivation.
Tetsuya ferma les yeux pour retenir ses larmes. Il ne voulait pas se montrer encore plus pitoyable devant son frère. Celui-ci risquait de l'utiliser contre lui.
Kise, Midorima, Aomine et Muarasakibara… aucun ne s'était excusé auprès de lui pour ce qu'ils avaient fait. Ou aidé à faire.
-Ce n'est pas une justification. Tu savais que c'était mon ami. Tu savais que ça comptait pour moi. Pourquoi tu t'en fiche ? Pourquoi tu es aussi odieux ?
-J'ai agis pour l'équipe.
-Non. Tu as agi pour toi. Tu es égoïste et cruel.
-Égoïste ? Moi ? Non, je ne suis pas égoïste ! Je fais ce qu'on me demande ! On me demande de gagner, quoi qu'il en coûte, alors je gagne. Toi par contre… quand tu n'es pas concerné, tu baisses les yeux. Tu n'as rien fait pour arranger la situation. Alors, qui de nous deux est le plus égoïste ?
oOo
Après la finale, Tetsuya s'était décidé à arrêter le basket. Trop de souffrances. Il n'en pouvait plus de voir ceux qu'il appelait amis quelques mois auparavant suivre aveuglément leur capitaine et accepte de détruire les autres. Leur passivité les rendait tout autant coupable.
Pourtant, une part de lui lui soufflait qu'il prenait la mauvaise décision. Arrêter, c'était aussi les abandonner à leurs croyances. La victoire n'est pas l'absolu. Prendre plaisir au basket compte, n'en déplaise à son frère et son père.
Sans trop y croire, Tetsuya décida d'aller à Meiji pour tenter de discuter avec Ogiwara mais il apprit qu'il avait arrêté le basket. Son ami lui fit néanmoins part de sa volonté de voir Tetsuya persévérer. Lui seul pouvait rappeler à la génération des miracles ce qu'était la vraie victoire. Il récupéra ainsi son bracelet éponge et prit sa décision.
Le soir, il fit part à son père de sa décision de partir à Seirin.
-Seirin ? Ce lycée ne fait même pas parti des dix meilleures écoles de Tokyo. Il est hors de question que tu ailles là-bas.
-Je ne vous demande pas votre permission, père. J'ai déposé mon dossier et j'irai là-bas.
-Non. Ton frère retourne à Kyoto, alors tu iras là-bas toi aussi.
-Non. Je reste à Tokyo. J'irai à Seirin.
Depuis l'embrasure de la porte, Tetsuya vit Seijuro qui espionnait la conversation, à priori étonné de voir son cadet tenir tête à leur père.
-Tu comptes rester seul ici ?
-Grand-mère pourra venir vivre ici. C'est la maison de la famille de notre mère après tout.
-Si cela t'amuse de rester ici, de fréquenter un lycée médiocre, cela te regarde. Tu m'as déjà prouvé ta valeur.
-Qui a-t-il de particulier à Seirin ? demandât Seijuro quand leur père quitta la pièce.
-Tu n'y es pas.
Alors... c'est la conséquence du fait qu'ils soient frères, mais ça rend, je trouve, Akashi encore plus cruel que dans le manga (après je l'ai aussi écris comme ça, ahah... c'est de ma faute.) Mais je le trouve vraiment odieux avec son frère. Et Kuroko montre les griffes, mais pas trop non plus...
